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Plan de gestion intégrée de l’océan pour la zone de la côte nord du pacifique

Table des matières

2.0 Zone d’application du plan

« Le milieu océanique de la ZGICNP est unique sur les plans de la diversité de ses écosystèmes et des habitats indispensables qu’il procure à de nombreuses espèces. »

(Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012)

La ZGICNP est constituée d’une zone marine d’environ 102 000 km2 et occupe environ les deux tiers de la côte de la C.-B. (figure 2-1). Elle a été établie selon des considérations écologiques et des limites administratives. Sur le plan écologique, elle représente la biorégion du plateau nord du Pacifique, et elle s’étend de la base du talus du plateau continental à l’ouest jusqu’au bassin versant côtier à l’est (les bassins versants terrestres ne sont pas compris). Du nord au sud, la ZGICNP s’étend de la frontière canado américaine de l’Alaska jusqu’à la péninsule Brooks au nord-ouest de l’île de Vancouver et jusqu’à l’île Quadra au sud (ZGICNP 2011).

Les partenaires de la gouvernance concertée ont mis au point, en 2011, un atlas de la ZGICNP qui comprend 63 cartes montrant où les activités humaines ont lieu dans cette zone et exposant les principales caractéristiques écologiques, hydrographiques et océanographiques ainsi que les communautés présentes dans cette zone (ZGICNP 2011).

2.1 Milieu marin

La ligne de côte de la ZGICNP se caractérise par des montagnes côtières escarpées, d’abondantes îles situées au large, des rivages rocheux constitués de quelques plages de sable et de quelques plages de gravier, des vallées abruptes et des fjords qui s’étendent jusqu’au plancher océanique, et par un plateau continental érodé par les glaciers et présentant des dépressions transversales. La ZGICNP est située dans une zone transitionnelle entre la zone nord dominée par la plongée d’eau du courant côtier de l’Alaska et la zone sud dominée par la remontée d’eau venue du courant de la Californie. Le bassin semi-fermé, la topographie sous-marine variée et l’entrée d’eau douce de la ZGICNP distinguent celle-ci des autres zones de la côte ouest nord-américaine. Un fort mélange de marée dans les passages étroits et les chenaux augmente la productivité autour de la zone (Lucas et al. 2007).

Le milieu océanique de la ZGICNP est unique sur les plans de la diversité de ses écosystèmes et des habitats indispensables qu’il procure à de nombreuses espèces (Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012). Il procure des habitats essentiels de frai et de croissance aux populations locales de saumons et il constitue un couloir de migration marine pour les populations plus au sud (Irvine et Crawford 2011). La ZGICNP constitue également un habitat indispensable aux anciennes colonies de coraux et aux récifs spongieux. Le plan de conservation pour les coraux et les éponges d’eau froide de la Région du Pacifique (MPO 2010) a été conçu pour protéger ces rares et sensibles éléments vivant dans l’écosystème marin.

Un grand nombre d’espèces de mammifères marins vivent dans la ZGICNP pendant au moins une partie de leur cycle biologique. Par exemple, il existe trois écotypes d’épaulards dans la ZGICNP, soit les épaulards résidents du nord et du sud, les épaulards migrateurs et les épaulards de la population océanique. La loutre de mer, l’otarie de Steller, l’otarie de Californie, l’otarie à fourrure, l’éléphant de mer boréal, le phoque commun et les tortues luth se trouvent également dans la ZGICNP. De plus, la ZGICNP abrite une gamme d’invertébrés indigènes ainsi que des mollusques et crustacés et d’autres espèces d’invertébrés introduits, deux éponges non indigènes et deux espèces non indigènes de poisson marin.

L’écosystème marin favorise la diversité des espèces migratrices, soit les migrateurs en escale (comme les oiseaux migrateurs marins), les migrateurs de destination (comme les baleines) et les migrateurs environnementaux (comme le zooplancton pélagique et les poissons qui pénètrent dans la ZGICNP lorsque les températures de l’eau sont anormalement chaudes).

Les migrateurs procurent de l’énergie et de la nourriture, mais ils peuvent aussi tirer de l’énergie de l’écosystème. Des descriptions détaillées des nombreuses espèces marines vivant dans la ZGICNP se trouvent dans l’atlas de la ZGICNP. Le document intitulé Identification of Ecologically and Biologically Significant Areas in the Pacific North Coast Integrated Management Area: Phase II – Final Report (Clarke et Jamieson 2006) contient d’autres renseignements sur les caractéristiques physiques de la ZGICNP qui produisent des communautés écologiques uniques et qui en permettent le développement et le maintien.

L’océan Pacifique tempère le climat de la ZGICNP, ce qui donne lieu à des hivers doux et humides et à des étés frais. Des configurations de pression atmosphérique très différentes dans le golfe d’Alaska en hiver et en été donnent également lieu à des hivers humides et venteux et à des étés plus secs et relativement plus calmes. Les tempêtes hivernales fréquentes accompagnées de vents forts du sud engendrent non seulement de hautes vagues, mais elles apportent aussi des eaux plus chaudes du sud et créent une profonde plongée d’eau et un mélange des eaux superficielles. En été, les conditions météorologiques relativement plus calmes accompagnées de vents du nord donnent lieu à des mers plus calmes et permettent aux nutriments présents dans les eaux profondes d’atteindre la surface. À la fin de l’automne et en hiver, les fortes précipitations le long de la chaîne Côtière apportent de grandes quantités d’eau douce de ruissellement sur le côté est de la ZGICNP. Les grandes rivières créées par la fonte des champs de neige et des glaciers à l’intérieur de la C.-B. constituent la principale source d’eau douce de ruissellement durant les autres saisons, surtout à la fin du printemps. Si ce changement des conditions météorologiques entre l’été et l’hiver est typique de la ZGICNP, des variations climatiques se sont manifestées au cours des dernières décennies, et elles ont eu des répercussions sur la zone (Irvine et Crawford 2011).

Figure 2-1 La zone de gestion intégrée de la côte nord du pacifique (ZGICNP)

Figure 2-1 La zone de gestion intégrée de la côte nord du pacifique (ZGICNP)

Renseignements supplémentaires

Le document intitulé Ecosystem Overview: Pacific North Coast Integrated Management Area (PNCIMA) (Lucas et al. 2007) présente un aperçu des caractéristiques physiques et biologiques des écosystèmes de la ZGICNP, ainsi que des descriptions des processus physiques, de la structure trophique, de la biomasse et des habitats de la zone.

Le rapport de 2011 sur l’état de l’océan pour la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique (Irvine et Crawford 2011) contient des renseignements sur l’écologie de la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique et des aperçus des changements qui ont eu lieu dans les écosystèmes marins de cette zone depuis la publication du document d’aperçu des écosystèmes en 2007.

« Les côtes nord et centrale de la Colombie-Britannique grouillent d’une vie marine abondante et diversifiée et offrent une merveille de la nature qui se trouve tout près de chez nous. »

(Extrait de la vidéo offerte par l’Aquarium de Vancouver et se trouvant sur le site Web de l’initiative de la ZGICNP)

Étude de cas : Gestion des espèces uniques de la ZGICNP

Il y a plus de 80 espèces de coraux d’eau froide en C.-B. et 250 espèces d’éponges sur la côte canadienne du Pacifique (Gardner 2009). En 1988, quatre grands récifs d’éponges siliceuses ont été découverts dans les détroits d’Hécate et de la Reine-Charlotte. Ces récifs sont les plus grands récifs connus du monde de leur type, chacun mesurant jusqu’à 35 km de long, 15 km de large et 25 m de hauteur, et ils existent dans les dépressions profondes et sillonnées par les icebergs de ces détroits depuis environ 9 000 ans.

De nombreux coraux et éponges d’eau froide procurent un habitat tridimensionnel à de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés qui revêtent une importance sociale et économique pour les Canadiens. Par exemple, les récifs d’éponges siliceuses vivantes procurent un habitat de croissance indispensable aux sébastes juvéniles, tandis que les récifs très complexes sont associés à une grande abondance et à une grande diversité d’espèces (Cook 2005 et Marliave et al. 2009). La protection et la conservation des coraux et des récifs d’éponges siliceuses d’eau froide et de leurs communautés connexes sont nécessaires pour préserver notre patrimoine naturel, protéger la biodiversité et maintenir l’essentielle dynamique des écosystèmes.

Dans les eaux de la C.-B., la pêche de fond exerce probablement le plus grand impact direct sur les coraux et les éponges d’eau froide en raison du retrait de ces organismes et des dommages que cette pêche leur cause. Par conséquent, depuis 2002, le MPO collabore avec le Comité consultatif sur les poissons de fond pêchés au chalut et la Canadian Groundfish Research and Conservation Society en vue d’interdire la pêche commerciale au chalut des poissons de fond et la recherche sur ces poissons dans la zone du détroit d’Hécate où se trouvent les récifs d’éponges siliceuses. En 2006, les limites originales de la zone fermée à la pêche ont été étendues, et la période de fermeture a été allongée pour comprendre la pêche de la crevette au chalut afin de mieux protéger les récifs. En 2010, dans le but d’accroître la protection et de prévenir les impacts des perpétuelles activités humaines, les récifs d’éponges siliceuses ont été reconnus comme étant une zone d’intérêt pour la désignation en tant que zone de protection marine en vertu de la Loi sur les océans. Aujourd’hui, les efforts se poursuivent pour désigner la zone d’intérêt en tant que zone de protection marine en vertu de la Loi sur les océans, et des recherches scientifiques sont menées pour mieux comprendre ces espèces vulnérables et uniques.

2.2 Usage humain

Les renseignements contenus dans cette section ne représentent pas nécessairement les opinions des gouvernements du Canada, de la C.-B. ou des Premières Nations.

« Des personnes vivent dans cette zone depuis des milliers d’années et s’alimentent de ses abondantes ressources marines et terrestres. Qui plus est, cette zone continue de façonner les valeurs sociales, économiques et culturelles de ces personnes. »

(Robinson Consulting 2012)

Sommaire des activités courantes en milieu marin dans la ZGICNP

Utilisation des ressources marines par les Premières Nations : exploitation des ressources marines par les Premières Nations.

Pêches sportives : pêche sportive à la ligne, cueillette de mollusques et crustacés, pêche à des fins personnelles de poissons et d’invertébrés par les résidents et les touristes.

Pêches commerciales : pêches de poissons et d’invertébrés sauvages à des fins commerciales.

Aquaculture : élevage de poissons, de mollusques et crustacés ou de plantes dans un milieu aquatique ou un conteneur fabriqué.

Transformation des poissons et fruits de mer : transformation des poissons et fruits de mer sauvages et d’élevage destinés aux marchés nationaux et internationaux.

Tourisme et loisirs nautiques : croisières touristiques, observation des baleines et pratique de la navigation de plaisance, des sports de pagaie (y compris le kayak) et de la plongée sous-marine par les résidents et les visiteurs.

Transport maritime : tous les navires de plus de 20 m partant de la ZGICNP, y arrivant ou y transitant (aucun document concernant les déplacements des navires de moins de 20 m).

Exploitation de l’énergie de la mer et travaux miniers sous-marins : exploitation des ressources énergétiques et minières existantes et nouvelles.

Tenure de terres submergées : octroi de tenure de terres situées audessous de la laisse de haute mer (l’octroi est souvent subordonné à une activité principale comme l’aquaculture, l’entreposage de grumes et l’amarrage).

Immersion en mer : immersion volontaire de substances approuvées dans des sites marins approuvés.

Défense nationale et sécurité publique : activités destinées à contrecarrer les menaces à la sécurité, à la souveraineté et aux ressources utilisées pour s’attaquer aux problèmes relatifs à la sécurité publique.

Recherche, surveillance et application : moyens d’en apprendre davantage sur les fonctions marines en vue d’une meilleure gestion grâce à la surveillance et à l’application, et conformité aux politiques et aux règlements.

Les écosystèmes marins de la ZGICNP procurent des habitats indispensables à de nombreuses espèces et ressources marines contribuant aux économies et aux communautés côtières. Des personnes vivent dans cette zone depuis des milliers d’années et s’alimentent de ses abondantes ressources marines et terrestres. Qui plus est, cette zone continue de façonner les valeurs sociales, économiques et culturelles de ces personnes (Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012).

La C.-B. est une importante porte d’entrée pour le commerce entre l’Amérique du Nord et l’Asie, et les trois ports compris dans la ZGICNP (Stewart, Kitimat et Prince Rupert) sont bien placés pour faciliter le commerce accru avec les marchés asiatiques (G.S. Gislason & Associates Ltd. 2007).

Un grand nombre d’industries de la C.-B. dépendent de l’océan, notamment l’industrie d’extraction de ressources, l’industrie de la transformation et de la distribution des aliments (p. ex. la transformation des poissons et fruits de mer), l’industrie de la construction et de la fabrication (p. ex. la construction navale) et l’industrie des services (p. ex. le transport maritime et les loisirs nautiques). Par ailleurs, les activités du secteur public (gouvernement) et du secteur non gouvernemental sont liées à la promotion et à la règlementation des activités commerciales nautiques, à l’enseignement et à la recherche axés sur l’océan, et à la gouvernance du milieu océanique.

Dans l’ensemble, le secteur océanique contribue de façon substantielle à l’économie de la C.-B. Ses diverses activités ont généré des revenus directs de plus de 11 milliards de dollars Footnote 2 en 2005, et le secteur océanique a représenté un total de 7 à 8 % de l’économie de la province (les données économiques en ce qui concerne la ZGICNP ne sont pas connues).

Il y a un potentiel important de croissance de l’économie maritime en C.-B., tant en ce qui concerne les secteurs existants qu’en ce qui concerne les nouveaux secteurs énergétiques possibles (G.S. Gislason & Associates Ltd. 2007).

Les cultures et les communautés des Premières Nations vivant dans la ZGICNP sont inextricablement liées au milieu marin. En effet, depuis des milliers d’années, les Premières Nations utilisent les ressources marines à de multiples fins. La gestion, la pêche (y compris la pêche saisonnière et la pêche par rotation), la préparation, la consommation et l’échange de ressources marines, qui ont lieu toute l’année, figurent parmi les activités traditionnelles des Premières Nations qui considèrent que les ressources marines jouent un rôle de premier plan dans le façonnement et la caractérisation de l’identité des gens qui en dépendent (Garibaldi et Turner 2004).

Divers engins et méthodes de pêche, y compris les modes traditionnels d’exploitation des ressources et les engins de pêche modernes, sont utilisés pour pêcher le poisson pour nourrir les familles et les communautés et à des fins commerciales. Les connaissances, comme la façon d’accéder aux ressources alimentaires, l’endroit et le moment pour le faire et la façon de transformer et de préserver les aliments durant l’année, sont transmises de génération en génération. Le savoir traditionnel des caractéristiques naturelles, du comportement des animaux et des conditions océaniques est souvent utilisé et il constitue une importante source d’information pour documenter les changements qui ont lieu dans les milieux marins (ZGICNP 2011 et Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012). Les Premières Nations nous apprennent que leurs modes de gouvernance et de gestion des ressources marines englobent des éléments comme les technologies halieutiques, les restrictions spatiales et sociales, l’évitement saisonnier, la pêche sélective, la gestion et la transplantation de stocks ainsi que la gestion et la mise en valeur des habitats, et que ces modes ont régularisé les niveaux de prises et ont permis une utilisation durable d’une vaste gamme de ressources marines durant des millénaires (McDonald 1991 et 2003, Jones et Williams- Davidson 2000, Turner 2003, Menzies et Butler 2007 et 2008, Menzies 2010, Mitchell et Donald 2001).

Les Premières Nations ont intégré la pêche industrielle dans leurs économies, elles ont substantiellement contribué au développement de la pêche en C.-B. et elles continuent de valoriser et de prioriser leur contribution à cette industrie. Elles ont activement participé à la croissance des industries maritimes comme la pêche commerciale, la chasse et la construction navale. Pour accéder aux ressources marines, elles doivent se déplacer considérablement dans leurs territoires et dans d’autres territoires en empruntant des routes qui ont été construites afin que ces déplacements soient efficients et sûrs. Elles considèrent que les routes de transport maritime, y compris celles utilisées pour les déplacements en canot et celles qu’empruntent les bateaux de pêche et les navires, sont importantes pour se déplacer entre leurs communautés côtières.

Les Premières Nations continuent de compter sur les relations commerciales parmi les Premières Nations de la côte et avec les communautés de l’intérieur de la province pour accéder à une plus vaste gamme d’espèces marines et terrestres (Turner 2003 et Menzies 2010). Elles cherchent continuellement à entretenir une interaction durable avec les ressources marines, interaction qui est renforcée par la cueillette coopérative des aliments et la responsabilité de maintenir et de protéger les écosystèmes marins indispensables et fragiles. Elles considèrent que leurs interactions historiques et actuelles avec les ressources marines servent de fondements essentiels à leurs lois, leurs coutumes, leurs pratiques et leurs traditions concernant les aliments, les sociétés, les cultures et l’économie, y compris à la gouvernance et à la gestion.

Le premier établissement non autochtone de la ZGICNP remonte à moins de 200 ans. La croissance d’un grand nombre des tout premiers établissements reposait sur de nombreux facteurs comme des alliances avec des Premières Nations et l’accès aux poissons et fruits de mer. Les bateaux de pêche sont rapidement devenus des moyens essentiels de participer à la pêche et à d’autres activités d’exploitation des ressources comme l’exploitation forestière et le battage de grève, et la possibilité de passer à d’autres activités d’exploitation des ressources durant l’année a permis aux communautés côtières de demeurer relativement stables.

La chasse, la pêche et la cueillette de plantes ont également contribué à la subsistance des communautés côtières. La construction locale de bateaux était très répandue dans les communautés des Premières Nations et les autres communautés et a suppléé au besoin de capital et d’importer des produits manufacturés. Le recours à cette industrie locale a permis d’établir des relations et des réseaux entre les familles et les communautés et de communiquer et transmettre les connaissances locales et techniques. Les réseaux et la formation d’organisations officielles ou informelles ont contribué à la répartition des crédits, des produits, de la main-d’oeuvre et des activités récréatives et culturelles.

Les premières économies de marché de la C.-B. reposaient sur les industries maritimes comme les industries de la construction de canots et de bateaux, de la pêche et de l’exploitation des forêts côtières. Au fil des ans, la croissance des secteurs axés sur les exportations, des produits miniers et forestiers à la production de produits agricoles et pétroliers, a été possible grâce au transport maritime qui a permis aux secteurs d’accéder aux marchés. Maintenant, les nouvelles industries, comme les industries du tourisme nautique et du développement de la technologie maritime, contribuent à stimuler l’économie (G.S. Gislason & Associates Ltd. 2007).

Aujourd’hui, les terres adjacentes à la ZGICNP contribuent à la subsistance de 14 communautés côtières constituées, de 18 communautés côtières non constituées et de 32 communautés de Premières Nations (tableau 2-1). La ligne de côte de la ZGICNP comprend cinq districts régionaux, soit les districts de Kitimat-Stikine, de Skeena-Queen Charlotte, de Central Coast, de Mount Waddington et de Strathcona. Les cartes montrant les communautés et les districts régionaux compris dans la ZGICNP se trouvent à l’annexe 4. Ces communautés mènent des activités tant terrestres qu’en milieu marin, bien que la portée du plan pour la ZGICNP se limite au milieu marin et à son utilisation Footnote 3

Selon le recensement de 2011 et excluant les communautés des Premières Nations énumérées, la population estimée des communautés constituées et des communautés non constituées présentées dans le tableau 2-1 s’élevait à 118 416 personnes (BC Stats 2011). De 1975 à 2009, les populations des districts régionaux compris dans la ZGICNP ont décliné, à l’exception de la population du district de Strathcona qui a augmenté, ce qui fait que la population totale de la ZGICNP a augmenté d’environ 9 % durant cette période, alors que la population totale de la C.-B. a augmenté d’environ 75 %. Le problème du déclin des populations et du déficit de l’assiette fiscale locale associé au déclin des secteurs de l’exploitation des ressources de la région ont posé de nouveaux défis aux communautés de la ZGICNP. Selon un indice provincial du bien-être socio-économique, ces communautés seraient aux prises avec une misère socio-économique relativement plus grande que les autres communautés de la C.-B. (Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012).

Le document intitulé Socio-Economic and Cultural Overview and Assessment Report for the Pacific North Coast Integrated Management Area (Robinson Consulting and Associates Ltd. 2012) contient un sommaire et une synthèse des renseignements sur les valeurs et les questions socio-économiques et culturelles, y compris les profils de la situation, des tendances et des perspectives des communautés côtières en bordure de la zone d’application du plan, le rôle du milieu marin dans le façonnement des valeurs culturelles de la région et sur l’utilité de l’océan à certaines activités économiques.

Tableau 2-1 Communautés présentes aux abords des bassins hydrographiques côtiers de la ZGICNP
Communautés constituées Communautés non constituées Communautés des premières nations
District Régional de Kitimat-Stikine
  • District de Kitimat
  • Ville de Terrace
  • District de Stewart
  • Thornhill
  • Du parc provincial Lakelse Lake à la région de Rosswood
  • Vallée de la rivière Nass
  • New Aiyansh (Nisga'a)
  • Gitiwinksihlkw (Nisga'a)
  • Laxgalts'ap (Nisga'a)
  • Gingolx (Nisga'a)
  • Village de Kitimaat (Haisla)
  • Kitsumkaylum (Kitsumkaylum)
  • Kulspai (Kitselas)
  • Gitaus (Kitselas)
  • Endudoon (Kitselas)
  • Klemtu (Kitasoo/Xai'xais)
District Régional de Skeena-Queen Charlotte
  • Village de Masset
  • Village de Port Clements
  • Village de Queen Charlotte
  • Village de Port Edward
  • Ville de Prince Rupert
  • Tlell
  • Sandspit
  • Secteurs non constitués restants 2
  • Anse Dodge
  • Rivière Oona
  • Masset (Haïda)
  • Skidegate (Haïda)
  • Hartley Bay (Gitga'at)
  • Lax Kw'alaams (Lax Kw'alaams)
  • Metlakatla (Metlakatla)
  • Kitkatla (Gitxaala)
District Régional de Central Coast
 
  • Lotissement urbain de Bella Coola
  • Hagensborg, Firvale, Stuie
  • Ocean Falls
  • Shearwater
  • Secteurs non constitués restants
  • Qu'umk'uts' (Nuxalk)
  • Walisla/Bella Bella (Heiltsuk)
  • Bras de mer Rivers (Wuikinuxv)
District Régional de Mount Waddington
  • Village d'Alert Bay
  • Village de Port Alice
  • Municipalité de district de Port Hardy
  • Ville de Port McNeil
  • Havre Coal
  • Hyde Creek
  • Sointula
  • Tsatsisnukwomi/New Vancouver (Da'naxda'xw et Awaetlala)
  • Gway'yi/inlet Kingcome (Dzawada'enuxw)
  • Réserve de Tsulquate (Gwa'sala-'Nakwaxda'xw)
  • Fort Rupert (Kwakiutl)
  • Gwa-yas-dums (Kwikwasut'inuxw)
  • Alert Bay (Namgis)
  • Réserve de Quatsino (Quatsino)
  • Bull Harbour (Tlatlasikwala)
District Régional de Strathcona
  • Village de Sayward
  • Campbell River
  • Baie Heriot
  • Quathiaski Cove
  • Île Read
  • Mansons Landing
  • Secteurs non constitués restants
  • Squirrel Cove (Klahoose)
  • Réserve de Campbell River (Wei Wai Kum)
  • Réserve de Cape Mudge (We Wai Kai)
  • Quinsam (We Wai Kai)
  • Homalco (Xwemalhkwu)

2.3 Avenir de la zone d’application du plan

L’AVENIR du milieu marin de la ZGICNP est entaché d’incertitudes. En effet, depuis 1993, les observations par satellite indiquent que les niveaux de la mer à l’échelle de la planète montent de 30 cm par siècle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat prévoit que les niveaux de la mer monteront de 20 à 60 cm au cours du XXIe siècle, mais les récentes observations de la fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique laissent croire que ces prévisions pourraient être trop faibles. Par conséquent, il se pourrait que l’élévation du niveau de la mer sur les côtes de la C.-B. soit plus importante dans les prochaines années que ce qui a été prévu. En raison du réchauffement de la planète à long terme, on s’attend à ce que les taux d’élévation du niveau de la mer soient encore plus élevés après 2100. Des études récentes des prévisions mondiales de l’élévation du niveau de la mer et de ses effets sur les côtes de la C.-B. montrent qu’à Prince Rupert, le niveau de la mer pourrait monter de 20 à 30 cm au court du XXIe siècle (Irvine et Crawford 2012).

Les changements climatiques vont probablement aussi entraîner des modifications des régimes de productivité biologique et de ruissellement dans la ZGICNP. La productivité de l’ensemble des écosystèmes marins dépend de l’importance de la remontée d’eau et des vents favorables. Si ces vents changent en raison des changements climatiques, comme cela s’est produit par le passé, ils auront un impact sur la productivité de l’ensemble des écosystèmes. Le régime spatial de la productivité du plancton subira les effets des changements du régime hydrologique. Si le moment de l’arrivée d’eau douce de ruissellement ou la quantité de cette eau changent, le taux d’entraînement des nutriments dans les zones supérieures de la colonne d’eau par les processus estuariens et les endroits où se produisent ces processus pourraient changer.

L’augmentation de l’acidification des océans causée par de plus grandes concentrations de dioxyde de carbone dans les eaux océaniques est une autre tendance importante à l’échelle mondiale, ce qui pose une menace aux organismes produisant des coquilles ou des structures composées de calcite ou d’aragonite tels que les ptéropodes, les coraux et les bivalves. Tous les impacts de l’augmentation de l’acidification ne sont pas connus, mais l’on sait que les concentrations accrues de dioxyde de carbone sont causées par les activités humaines (Lucas et al. 2007).

BC Stats (2011) prévoit que la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique affichera une augmentation de 8 800 résidents entre 2009 et 2036. Il s’agit d’une augmentation d’un peu plus de 7 % comparativement à l’augmentation de 36 % prévue au sein de la population provinciale. La croissance prévue devrait être concentrée dans le district régional de Strathcona de la zone de gestion intégrée de la côte nord du Pacifique (ZGICNP).

Les Premières Nations comptent sur les pêches et les ressources marines à des fins alimentaires, sociales, rituelles et commerciales, mais un déclin des stocks de diverses espèces sur lesquelles les Premières Nations ont compté et continueront de le faire, dont les stocks d’ormeaux, d’eulakanes, de sébastes côtiers et de certains saumons, a été observé.

Un grand nombre de communautés de la ZGICNP font face à la détérioration de leurs infrastructures, qui nécessiteront d’importants investissements dans le futur, et ont connu un déclin de la pêche commerciale, ce qui fait qu’elles doivent relever le défi de participer aux nouvelles économies. Des renseignements plus détaillés au sujet des activités stratégiques en milieu marin dans la région sont présentés à l’annexe 3.

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