Centre d'expertise pour analyse des risques aquatiques (CEARA)

Les objectifs du CEARA :

  1. élaborer une norme nationale pour effectuer des évaluations du risque biologique causé par les espèces aquatiques envahissantes (EAE);
  2. informer les praticiens sur le processus d'évaluation du risque;
  3. élaborer un processus pour établir l'ordre de priorité des besoins en matière d'évaluation du risque;
  4. donner des conseils à l'administration centrale en matière de priorités nationales pour l'évaluation du risque;
  5. coordonner et faire un suivi des progrès en matière d'évaluation du risque national et s'assurer que les résultats visés soient atteints.

Contexte

De nombreux enjeux scientifiques auxquels le MPO est aux prises sont associés à des écarts de connaissances et des incertitudes importants. Toutefois, cela n'atténue pas le besoin du ministère de prendre des décisions concernant ces enjeux. Dans ces conditions, les décisions doivent équilibrer les risques et les incertitudes tout en assurant la durabilité des écosystèmes aquatiques du Canada. L'évaluation du risque consiste à estimer le risque présenté par une menace, en termes qualitatifs or quantitatifs, posée aux systèmes aquatiques, aux ressources halieutiques, à l'habitat du poisson et à l'aquaculture dont le MPO a le mandat de gérer et de protéger. Le MPO est présentement aux prises avec des menaces posées par les EAE, les changements climatiques et l'altération de l'habitat du poisson qui risquent d'avoir des répercussions sur les espèces en péril, la biodiversité, l'aquaculture ou les ressources halieutiques. Les EAE sont maintenant considérées comme les principales menaces à la biodiversité indigène (Sala et al. 2000, Dextrase et Mandrak 2006), entraînant des coûts économiques importants seulement avec 18 espèces envahissantes (aquatiques et terrestres). Les coûts estimés pour le Canada sont de 13,3 à 34,5 milliards de dollars par année (Colautti et al. 2006). La lamproie marine, pour illustrer un exemple de contrôle réussi, coûte présentement 20 millions de dollars (US) par année à la Commission des pêcheries des Grands Lacs afin de limiter l'impact de la lamproie marine dans les Grands Lacs, en tenant compte des coûts de la Commission des pêcheries des Grands Lacs pour contrôler la lamproie marine chaque année depuis les 30 dernières années.

Le Code national sur l'introduction et le transfert d'organismes aquatiques considère que l'évaluation du risque est essentielle au processus d'évaluation des propositions pour déplacer les organismes aquatiques. Le Plan d'action canadien de lutte contre les espèces aquatiques envahissantes considère que l'évaluation du risque est l'une des stratégies de mise en œuvre pour traiter la menace des EAE. Cependant, le MPO ne possède pas l'expertise étendue pour élaborer des outils et des méthodes d'évaluation du risque nécessaires pour donner des conseils scientifiques à l'aide d'une approche nationale constante. En formant le Centre d'expertise – analyse des risques aquatiques (CEARA), le MPO peut entreprendre les premières étapes vers l'acquisition de l'expertise nécessaire en matière d'évaluation du risque dans l'ensemble du pays, prenant appui sur l'expertise développée à Burlington au Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques (LGLPSA), et fournissant le bassin d'experts nécessaires pour stimuler l'étendue de l'expertise à d'autres régions. Le CEARA sera dirigé à partir de la Région du Centre et de l'Arctique, mais comprendra des membres de toutes les régions du pays et renforcera les relations professionnelles existantes entre les experts canadiens et américains en matière d'évaluation du risque.

Le Canada s'est engagé à contrôler, éradiquer ou prévenir l'introduction d'espèces envahissantes qui menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces lors de la Convention sur la biodiversité de 1992, donnant le mandat des EAE au MPO. Le CEARA aidera le MPO à remplir sa responsabilité en élaborant des méthodes et des outils valables d'évaluation du risque qui peuvent ensuite être appliqués au problème des espèces envahissantes afin d'identifier les points principaux dans la trajectoire de l'invasion et de maximiser l'utilisation efficace des ressources limitées pour atteindre le plus grand potentiel en matière de prévention, d'éradication ou de contrôle des EAE.

Mandat et objectifs

Le mandat du CEARA est d'élaborer des normes nationales et d'offrir une orientation pour l'évaluation du risque biologique qui est valable sur le plan scientifique. Le mandat sera accompli en élaborant des documents d'orientation, et en tenant des ateliers nationaux pour informer les praticiens sur le processus d'évaluation du risque. Le CEARA sera également responsable d'identifier les priorités en matière d'évaluation du risque et de faire un suivi des évaluations du risque nationales pour émettre des conseils scientifiques liés à des écosystèmes sains et productifs, ainsi qu'aux pêches et à l'aquaculture durables.

Les objectifs et les résultats visés pour le CEARA sont les suivants :

  1. élaborer une norme nationale pour effectuer des évaluations du risque biologique posé par les espèces aquatiques envahissantes, qui seront évaluées par les pairs à un atelier du CCST (tenu en juin 2006 et encore dedans juin 2008);
  2. convoquer un atelier national pour informer les praticiens sur le processus d'évaluation du risque (tenu en juin 2006);
  3. élaborer un processus pour établir l'ordre de priorité des besoins en matière d'évaluation du risque (ébauche accomplie de l'EF 2009/10); et
  4. coordonner le suivi des progrès en matière d'évaluation du risque national (en cours). Les évaluations du risque seront effectuées selon un ordre de priorité par des experts dans l'ensemble du Canada.

Structure de gestion et de rapport

Le CEARA sera composé d'une Direction, un Comité exécutif national et un Réseau d'experts.

Direction du CEARA

Le CEARA sera dirigé par une Direction composée d'un directeur général et d'un gestionnaire, résidant au Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques (LGLPSA) à Burlington, en Ontario. Dr Nick Mandrak sera le directeur général du CEARA, et siègera au Comité exécutif national. Le gestionnaire rendra compte au directeur général, et soutiendra le travail du Comité exécutif national. La Direction sera responsable d'élaborer des documents d'orientation, la tenue d'ateliers éducatifs à l'échelle nationale, la coordination du suivi des évaluations du risque nationales, d'offrir de conseils à l'administration centrale en matière de priorités d'évaluation du risque, la répartition de fonds aux régions, au besoin, et d'assurer que les résultats visés soient satisfaits.

Le directeur général du CEARA aura une double responsabilité en matière de rapport. Les rapports de supervision s'adresseront au directeur régional des Sciences, Région du Centre et de l'Arctique. Les rapports fonctionnels sur les activités et les résultats visés du CEARA s'adresseront au directeur des sciences de l'environnement et de la biodiversité. Le directeur régional des sciences, Région du Centre et de l'Arctique, sera responsable des rapports à l'intention du Comité national des directeurs des sciences (CNDS).

Comité exécutif national

Le Comité exécutif national du CEARA sera composé de la Direction du CEARA et d'un représentant scientifique provenant de chaque région, notamment l'administration centrale. Le Comité exécutif national sera responsable d'assurer que le CEARA atteint ses objectifs premiers dans les délais prévus. Il sera également responsable d'identifier les priorités annuelles en matière de l'évaluation du risque et d'élaborer un plan de travail annuel à soumettre au CNDS par le directeur régional des sciences.

Réseau d'experts

Le Réseau d'experts sera composé de scientifiques ayant une expertise en évaluation du risque et en EAE, à l'intérieur et à l'extérieur du ministère (p. ex., des chercheurs participant au Réseau sur les EAE du CRSNG), qui peuvent aider à traiter des enjeux importants pour le MPO. Le Réseau d'experts permettra une représentation élargie au sein du MPO, de même que des représentations nationales des autres ministères fédéraux, le cas échéant (p. ex., Transport Canada). Les scientifiques qui participent au Réseau sur les EAE du CRSNG devraient faire partie du Réseau d'expert du CEARA. Les rôles principaux du Réseau d'experts sont l'évaluation par les pairs de documents d'orientation et d'évaluation du risque, et l'offre de conseils au Comité exécutif national, au besoin.

Liaison, communication et sensibilisation du public

Le Comité exécutif national tiendra fréquemment des réunions par le biais de conférences téléphoniques et d'un atelier/réunion annuel. Les frais de communication et de voyage seront payés par les fonds d'exploitation fournis au CEARA. Le Réseau d'experts ne se rencontrera pas fréquemment, mais sera invité à participer par Internet, à des conférences téléphoniques ou des ateliers, selon le cas, lorsque le Comité exécutif national aura besoin d'une évaluation par les pairs et des conseils d'experts.

Les objectifs, les activités et les résultats visés du CEARA seront communiqués dans un plan de travail annuel présenté en février de l'année précédente et un rapport annuel présenté en juin de l'année suivante.

L'élaboration de normes nationales d'évaluation du risque sera examinée par les pairs à la suite du Processus de consultation nationale et sera communiquée dans les documents de consultation scientifique du Conseil consultatif des sciences et de la technologie (CCST). Les comptes-rendus des ateliers tenus pour informer les praticiens sur l'évaluation du risque seront publiés en tant que comptes-rendus du CCST. Tous les documents liés à l'évaluation du risque (p. ex., sommaires, évaluations, comptes-rendus) seront publiés en tant que documents du CCST. La publication de tous les documents du CCST sera effectuée à l'intérieur de trois mois suivant la tenue des ateliers du Processus de consultation nationale conformément aux lignes directrices du CCST. Le Comité exécutif national fera un suivi de toutes les évaluations du risque et les documents s'y rattachant, qui seront mis à la disposition du public sur le site Internet du CCST. Pour détailler davantage les procédures et les applications d'évaluation du risque, et pour élargir l'étendue de l'examen, les auteurs des documents du CCST peuvent aussi publier les résultats dans les grandes revues spécialisées, s'ils le souhaitent.

Le risque d'invasion des écosystèmes aquatiques par les EAE est une préoccupation pour tous les Canadiens. Une grande diversité de programmes de sensibilisation du public sont présentement planifiés par le MPO et ses partenaires. La sensibilisation du public, liée particulièrement à l'évaluation du risque des EAE, sera effectuée à l'aide d'un page traitant de l'évaluation du risque sur le site Web du CCST qui donnera un accès coordonné à tous les documents relatifs à l'évaluation du risque (p. ex., sommaires, évaluations, comptes-rendus) de projet en projet.

Évaluations du risque

Lignes directrices relatives aux méthodes d'évaluation du risque

Outils d'évaluation du risque

Évaluations des voies d'entrée

Documents sur l'évaluation des espèces

Végétaux

Références citées

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