R et D en aquaculture au Canada de 2011

Poissons – Marins

Développement durable de l'élevage des loups ocellés

Les couples reproducteurs de loups ocellés (Anarrhichthys ocellatus) adultes (années d'éclosion 1995 et 2001 résultant de croisements hétérogènes) élevés à l'Aquarium de Vancouver et au Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement du MPO n'avaient produit, dans le passé, seulement que des oeufs non fécondés. Pour chacune de ces années et à ces deux sites, les femelles semblaient ovuler puis pondre des oeufs normaux. Ainsi, l'échec de la fécondation a été attribué aux mâles qui n'avaient pas pleinement atteint la maturité. Durant la dernière période de frai (2009- 2010), on a implanté un comprimé OvaplantMC (Syndel Laboratories Ltd., Colombie-Britannique) à tous les loups ocellés mâles des deux sites deux semaines avant la période où le frai s'était produit au cours des années antérieures. Entre sept et dix jours après l'implantation, chaque couple avait produit une importante masse cohésive comptant environ 15 000 oeufs. Les masses d'oeufs ont été incubées en laboratoire dans un incubateur à venturi à débit élevé soutenant l'eau à des conditions ambiantes normales. Les alevins ont éclos en moins de trois mois et ont immédiatement été nourris selon un régime alimentaire artificiel. Les juvéniles font actuellement l'objet d'études portant sur le régime alimentaire et la densité. En bref, le développement de diverses techniques d'incubation et de sélection démontre que les loups ocellés peuvent être élevés avec succès en captivité. Ces résultats sont intéressants du fait qu'ils pourraient être applicables à l'élevage de loups ocellés pour le marché des produits vivants.

Avr. 2009 –Mars 2011 • Financement : MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Island Scallops Ltd.
Équipe du projet : Shannon Balfry (CRAE), Steve Macdonald (MPOISM), Jeff Marliave (UBC), Rob Saunders (Island Scallops Ltd.)
Information: Shannon Balfry ( balfry@mail.ubc.ca) • /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Loups ocellés

Variation génétique de la morue charbonnière

La morue charbonnière représente une industrie de 300 millions de dollars par année en Amérique du Nord et constitue une espèce émergente importante pour la Colombie-Britannique. Bien que la demande commerciale augmente rapidement, les stocks sauvages demeurent stables. Des outils génétiques sont requis pour faciliter le développement de l'élevage prospère de la morue charbonnière et améliorer la gestion des stocks sauvages.

Financé par Génome Colombie-Britannique, le chargé du projet de génomique de la morue charbonnière a développé un éventail préliminaire d'outils génomiques qui peuvent fournir des renseignements importants à des entreprises aquacoles et aux gestionnaires des stocks sauvages. Ben Koop, de l'Université de Victoria, en collaboration avec Sablefish Canada Ltd., a identifié et caractérisé la variation génétique chez la morue charbonnière, ce qui a permis d'identifier efficacement des individus aux fins de surveillance des stocks sauvages et de programmes de sélection génétique pour l'aquaculture. La caractérisation préliminaire de marqueurs génétiques chez la morue charbonnière a mené au développement d'outils génomiques pour l'analyse de l'expression génétique générale, ce qui a permis de cibler les pêches sur la sélection des gènes associés à la croissance, au succès de reproduction et aux caractères qui aideront à faire de l'élevage de la morue charbonnière une industrie durable et rentable pour la Colombie-Britannique.

Jan. 2009 - Mars 2010 • Financement : Génome Colombie-Britannique, Sablefish Canada Ltd., Université de Victoria (UVic)
Équipe du projet : Ben Koop (UVic)
Information: Ben Koop ( bkoop@uvic.ca) http://cbr.uvic.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=61&Itemid=83

Sélection en fonction de la résistance au stress et amélioration de la croissance chez la morue

L'un des sous-projets du projet « Génomique de la morue et amélioration génétique du stock de géniteurs » consistait à étudier si différentes familles de morues affichaient une variation dans leur réponse au stress (mesurée par la concentration de cortisol). Dans le cadre de cette étude, 30 poissons provenant de dix familles ont été mesurés, pesés et marqués à l'aide d'étiquettes à transpondeur intégré passif (TIP) puis soumis à un facteur de stress par manipulation normalisé (20 s à l'extérieur de l'eau), lequel a été appliqué une fois par mois durant cinq mois consécutifs. À la fin de l'étude, les poissons de chaque famille ont été classés selon leur réponse au stress, mesurée d'après leur taux de cortisol : réponse élevée et constante, réponse faible ou réponse non constante. La proportion des phénotypes présentant une réponse faible ou élevée était très variable entre les familles. En outre, la masse corporelle, le taux de croissance spécifique et la condition étaient beaucoup plus élevés chez les phénotypes présentant une réponse faible que chez ceux présentant une réponse élevée au stress ; leur masse corporelle moyenne était respectivement de 345,1 g et de 221,8 g à la fin de l'expérience. Ces résultats indiquent que la sensibilité au stress (mesurée d'après le taux de cortisol) pourrait être un trait important à prendre en considération au sein d'un programme d'amélioration du stock de géniteurs.

Août 2006 – Sept. 2007 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA)
Équipe du projet : Kurt Gamperl (MUN – OSC), Tiago Hori (MUN – OSC), Luis O.B. Afonso (CAHS C.-B.), Matthew L. Rise (MUN – OSC), Stewart Johnson (MPO)
Information: Kurt Gamperl ( kgamperl@mun.ca), Luis Afonso ( luis.afonso@cahs-bc.ca) http://www.codgene.ca

Alimentation de la morue charbonnière

La morue charbonnière (Anoplopoma fimbria), également connue sous le nom de goberge, colin noir ou merlan noir, est exploitée de façon durable en Colombie-Britannique depuis plusieurs années. Cependant, la forte demande enregistrée récemment a donné lieu à l'établissement d'une petite industrie d'élevage de l'espèce.

Le Centre pour la recherche sur l'aquaculture et l'environnement (CRAE), situé à l'Ouest de Vancouver en Colombie-Britannique, a réalisé un test de croissance dans le but de fournir de l'information sur la combinaison diététique optimale de protéines, de lipides et de glucides requise pour assurer l'efficacité de l'alimentation et la croissance.

Cette espèce se démarque par sa chair à forte teneur en matières grasses lui donnant une délicate texture butyreuse qui est fortement recherchée par les consommateurs. On s'attend à ce qu'une diète à teneur élevée en matières grasses fournisse le meilleur rendement. La morue charbonnière est un carnivore ; pour cette raison, on croit qu'elle requiert une diète à teneur élevée en protéines.

Après 11 semaines d'alimentation, les sujets de référence affichaient d'excellents taux de croissance, ce qui montre que les conditions et les protocoles d'expérimentation étaient convenables.

L'un des aspects intéressants de ce test réside dans le fait qu'il s'agissait d'un mélange expérimental, ce qui est idéal pour les tests destinés à découvrir comment divers ingrédients alimentaires réagissent ensemble et donnent des résultats variables (habituellement la croissance ou l'efficacité de l'alimentation). On travaille toujours à regrouper les observations, mais il est évident qu'une diète à forte teneur en protéines et en huile de poisson au stade juvénile de la morue charbonnière est nécessaire à l'obtention un taux de croissance optimal.

Sept. 2010 – Déc. 2010 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Sablefish Canada Ltd.
Équipe du projet : Ian Forster (MPOCRAE), Briony Campbell (Sablefish Canada Ltd.), Jamie Bridge (Sablefish Canada Ltd.)
Information: Ian Forster ( Ian.Forster@dfo-mpo.gc.ca) /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Morue charbonnière

Méthode de mélange pour l'étude des aliments pour poissons

Les aliments modernes pour les poissons élevés dans des conditions intensives comme le saumon réussissent à combler très efficacement les besoins nutritionnels du poisson, tout en minimisant la production de déchets. Cette efficacité a été obtenue par l'application de résultats de recherches approfondies réalisées au moyen des méthodes modernes de science nutritionnelle. La méthode de mélange est une approche de recherche relativement nouvelle qui sert à déterminer les combinaisons optimales d'ingrédients. Dans les expériences de mélange, des combinaisons spécifiques des ingrédients testés sont combinés, d'une manière définie, dans une série d'aliments de façon à ce que leur somme résulte en une proportion fixe d'aliments, tandis que la portion restante de chaque aliment est maintenue constante. La réponse (habituellement basées sur la croissance ou sur un indice de conversion) des animaux nourris avec ces aliments est ensuite contrôlée. La méthode de mélange suppose que la réponse observée est fonction des proportions d'ingrédients étudiés. Au moyen de cette méthode, il est possible d'établir des relations précises entre les ingrédients ou les nutriments afin d'établir les combinaisons optimales. Les expériences de mélange permettent d'analyser de multiples combinaisons de composantes avec moins de ressources (poissons, bassins et maind'oeuvre) que les méthodes factorielles. Elles peuvent aussi servir à déterminer les taux de protéines et d'énergie qui maximisent la croissance ou à établir les combinaisons d'ingrédients satisfaisants les besoins nutritionnels du poisson à moindre coût.

Sept. 2010 – Déc. 2010 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Sablefish Canada Ltd.
Équipe du projet : Ian Forster (MPOCRAE), Briony Campbell (Sablefish Canada Ltd.), Jamie Bridge (Sablefish Canada Ltd.)
Information: Ian Forster ( Ian.Forster@dfo-mpo.gc.ca) /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Le sexe oublié : incidence du père sur la mortalité des embryons et des larves de morue franche

Il est important de comprendre l'effet parental sur les conditions des poissons au début de leur vie telle que la forme physique des descendants. Immédiatement après la fertilisation, la contribution des parents (génétiques et non génétiques) envers les embryons a une incidence sur l'ontogénie, la physiologie, la morphologie et la survie des larves. Dans le cas des poissons de mer, les taux de mortalité naturelle sont les plus élevés au début de la vie et présentent une corrélation négative avec les taux de croissance et la taille corporelle. Aux premières étapes de la vie (oeufs, larves, jeunes juvéniles), des différences subtiles dans la mortalité peuvent engendrer d'énormes différences au moment du recrutement et de la réussite au sein du groupe d'âge. Par conséquent, il est absolument essentiel de comprendre les facteurs qui contribuent à la variabilité du taux de mortalité au début de la vie. Cette étude consiste essentiellement à mesurer l'influence paternelle potentielle sur les taux de mortalité et sur le développement des oeufs et des larves de morue franche (Gadus morhua). La paternité a eu une incidence marquée sur la mortalité pendant les premières phases embryonnaires de la progéniture d'une femelle, qu'une autre femelle était responsable de la mort de ses embryons. Les taux de mortalités se sont stabilisés après le jour 6 (fin de la gastrulation), et le taux de succès de l'éclosion se situant entre 8 et 65 %, dans le cas de la progéniture d'une femelle et à près de zéro pour l'autre femelle. En conséquence, le choix du partenaire durant la période de frai peut jouer un rôle important sur la survie des rejetons (forme physique).

Mai 2009 – Avr. 2010 • Financement : Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique (COST)
Équipe du projet :Muriel-M. Kroll (Université Hamburg, Allemagne), Myron A. Peck (Université Hamburg, Allemagne), Ed Trippel (MPO)
Information: Ed Trippel ( Ed.Trippel@dfo-mpo.gc.ca)

Essai de croissance de loup tacheté dans des conditions pré-commerciales

De nombreuses études ont été réalisées sur le développement de l'aquaculture dd loup de mer au Québec. Ce projet rassemble toutes les connaissances zootechniques recueillies ces dernières années par des groupes de recherche canadiens, norvégiens et islandais, dans une perspective de cycle de production complet dans le but de maximiser les performances de croissance (densité, température optimale par taille, l'alimentation) et évaluer entièrement la rentabilité de la culture du loup de mer au Québec.

2008 – Mars 2011 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Société de développement de l'industrie maricole (SODIM), Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ)
Équipe du projet : Nathalie R. Le François (Biodôme de Montréal/UQAR), Denis Chabot (MPOIML), France Dufresne (UQAR), SODIM, MAPAQ
Information: Nathalie R. Le François ( Nle_francois@ville.montreal.qc.ca, Nathalie_le-francois@uqar.qc.ca) /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Effets des photopériodes prolongées et de l'intensité lumineuse sur la morue franche

La mariculture de la morue franche (Gadus morhua) dans la baie de Fundy remonte au début des années 2000 et la puberté précoce est toujours un problème. La présente étude a pour objet d'évaluer, sur des périodes distinctes de deux ans, si l'illumination des cages de mer pendant 20 et 24 heures, comparativement à la photopériode naturelle, (i) augmentera la croissance corporelle, (ii) arrêtera ou retardera la maturation sexuelle et (iii) aura une incidence sur la teneur en eau des muscles et des tissus du foie de la morue franche. On a observé une augmentation de la croissance lors du prolongement de la durée du jour (20 et 24 heures d'éclairement). Cependant, ces traitements à la lumière n'ont pas influencé l'incidence de la maturation sexuelle. L'intensité accrue de l'illumination n'a pas réduit l'incidence de la maturité. La proportion de spécimens échantillonnés qui avaient atteint la maturité était souvent supérieure à 90 %. On a signalé chez les deux sexes des spécimens immatures dont le taux de croissance était inférieur à celui des spécimens ayant atteint la maturité. Cependant, le prolongement de la durée du jour a eu pour effet de retarder d'environ trois mois l'atteinte de la maturité sexuelle. Il convient tout particulièrement de noter l'investissement reproductif plus faible (p. ex. valeurs GSI chez la femelle) observé après deux ans d'illumination à raison de 20 heures par jour. Le pourcentage d'eau dans le tissu musculaire des femelles adultes était supérieur à celui des femelles immatures. Les résultats obtenus suggèrent que le recours au prolongement de la durée du jour pour améliorer la croissance de la morue franche et influencer le moment ainsi que l'investissement dans la reproduction s'annonce prometteur pour la mariculture de la morue franche.

Mai 2007 –Mars 2010 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Cooke Aquaculture Inc.
Équipe du projet : Ed Trippel (MPO), S. Neil (MPO), O. Puckrin (MPO), L. Dickinson (MPO), F. Powell (Cooke Aquaculture Inc.)
Information: Ed Trippel ( Ed.Trippel@dfo-mpo.gc.ca) http://www.dfo-po.gc.ca/aquaculture/rp-pr/acrdp-pcrda/index-fra.html

Cryopréservation : effets de la composition du produit d'addition et de la vitesse de congélation sur le sperme de la morue franche

Des programmes de sélection de géniteurs pour la morue franche (Gadus morhua) sont présentement en cours. En guise de complément et de suite à ces programmes, nous devons élaborer des procédures de cryopréservation du sperme. Ainsi, on pourra congeler et conserver à perpétuité l'ADN génomique de certains individus mâles ou de stocks de mâles. Dans le cadre de notre étude, nous avons examiné les effets du produit d'addition (produit d'addition de Mounib à base de sucrose, solution balancée en sel de Hank ; et produit d'addition de Mounib à base de sucrose + jaune d'oeuf de poule et solution de sel balancée de Hank + jaune d'oeuf de poule), du cryoprotecteur (propylèneglycol, diméthylsulphoxyde et glycérol) et de la vitesse de congélation (-2,5, -5,0, -7,5 et -10,0 °C/min) sur la motilité des spermatozoïdes de morue qui ont été congelés, puis dégelés. La vélocité et les résultats des analyses morphométriques de la tête et des flagelles des spermatozoïdes ont également été évalués. Nous avons constaté que l'indice de récupération de la motilité des spermatozoïdes était fortement tributaire de la présence des interactions d'ordre supérieur des facteurs que nous avons soumis à des tests. La meilleure cryoprotection était constituée de produits d'addition qui contenaient des jaunes d'oeuf de poule. De façon générale, les produits d'addition contenant du propylèneglycol permettaient une plus grande motilité des spermatozoïdes après le dégel que ceux qui contenaient du diméthylsulphoxyde ou du glycérol. Comparativement aux spermatozoïdes provenant d'autres produits d'addition congelés, puis dégelés, les spermatozoïdes provenant de produits d'addtion auxquels du propylèneglycol avait été ajouté présentaient une vélocité curvilinéaire nettement supérieure. La cryopréservation ne semblait avoir aucune incidence sur la morphologie de la tête des spermatozoïdes ; cependant, nous avons constaté que les flagelles des spermatozoïdes qui avaient été congelés, puis dégelés, avaient subi des dommages considérables. Nous croyons que notre méthode expérimentale/statistique et ses résultats offrent de nouvelles données importantes pour l'étude de la biologie/cryobiologie du sperme des poissons. Nos observations ont aussi une grande importance pour le développement de la mariculture de la morue et pour le soutien des efforts de conservation de cette espèce marine de très grande valeur.

Jan. 2007 – Déc. 2010 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), Marguerite and Murray Vaughan Graduate Fellowship. La liste complète des partenaires qui ont appuyé cette étude est disponible à l'adresse http://www.codgene.ca/partners.php
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), M. Litvak (UNB), V. Kaspar (Université de la Bohême du Sud, République tchèque), E. Trippel (MPO – SBSA)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com) http://www.codgene.ca

Mesure de la motilité du sperme

Impact de la teneur en oxygène dissous sur la survie, la croissance et le métabolisme du loup tacheté

Les principaux objectifs de ce projet étaient de mesurer la tolérance à l'hypoxie du loup tacheté selon deux méthodes (seuil critique d'oxygène, PO2crit, et concentration létale pour 50 % des individus après 96 h) ainsi que l'impact de l'hypoxie chronique sur la croissance du loup tacheté et de l'hybride du loup tacheté et du loup Atlantique. Le loup tacheté est tolérant à des valeurs d'oxygène dissous supérieures à 26 % de saturation de l'air, mais le risque de mortalité devient significatif sous ce niveau (CL05,96h). Nos deux mesures de seuil létal sont similaires, soit 16,8 % selon le PO2crit et 21 % selon la CL50,96h. Des valeurs plus élevées d'oxygène dissous peuvent quand même nuire au loup tacheté : la croissance est significativement réduite à 40 % de saturation de l'air. La perte de croissance à 50 et 60 % de saturation de l'air n'a pas été confirmée avec les effectifs étudiés, mais une seconde étude avec des effectifs plus élevés est présentement en cours. Les analyses finales vont inclure le temps de survie à différentes valeurs d'hypoxie sévère pour permettre à l'industrie de connaître les risques associés à des pannes, ainsi qu'une comparaison de la croissance et de la tolérance à l'hypoxie chez le loup tacheté et l'hybride.

Avr. 2009 – Mars 2011 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Société de Développement de l'Industrie Maricole, Université du Québec à Rimouski (UQAR), Biodôme de Montréal
Équipe du projet : Denis Chabot (MPO), Martin Jetté (MPO), François Larouche (MPO), Nathalie le François (UQAR), Arianne Savoie (MPO), Pierre Blier (UQAR)
Information: Denis Chabot ( Denis.Chabot@dfo-mpo.gc.ca) /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Loups tachetés dans des respiromètres

Efforts déployés pour produire des stocks de morues d'un seul sexe

La morue (Gadus morhua) a été sélectionnée comme étant une espèce candidate potentielle à l'aquaculture au Canada et à l'étranger. Cependant, la maturation rapide de la morue et la perte d'embryons viables lors du fraie en captivité constituent des obstacles majeurs à la viabilité commerciale et à la gestion environnementale de ce projet. Pour ces raisons, des protocoles visant à produire des populations ne comportant qu'un seul sexe sont en cours de préparation afin de tirer avantage des taux de croissance différents entre les sexes, de prévenir la perte d'oeufs fécondés dans la nature et de contribuer à l'augmentation des stocks de morues femelles triploïdes (stériles).

Des morues juvéniles gynogénotes ont été produites afin de connaître le mécanisme génétique de la détermination du sexe pour cette espèce. La gynogénèse est un processus par lequel l'expression du génome paternel est bloquée dans les embryons viables. Si la progéniture issue de la gynogénèse est composée uniquement de femelles, il s'agit de femelles homogamétiques, comme dans le cas des salmonidés et du flétan de l'Atlantique. Le fait de connaître les fondements génétiques de la détermination du sexe permet d'adopter une approche endocrinienne appropriée pour produire des populations ne comportant qu'un seul sexe.

Des expériences endocriniennes directes de renversement de sexe ont eu lieu afin d'obtenir des géniteurs pouvant engendrer une progéniture d'un seul sexe. Par exemple, si les morues femelles sont homogamétiques, des populations composées uniquement de femelles peuvent être produites en masculinisant des femelles, puis en croisant ces « nouveaux mâles » avec des femelles normales.

Ces techniques ainsi que des géniteurs à sexe inversé pouvant produire des stocks de poissons du même sexe à des fins de production commerciale seront transférés aux entreprises d'aquaculture du Canada afin d'augmenter la production et la durabilité du point de vue de l'environnement.

Déc. 2008 – Déc. 2011 • Financement :MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), Fondation de l'innovation du Nouveau-Brunswick (FINB)
Équipe du projet : D. Martin-Robichaud (MPO), Tillmann Benfey (UNB), Song Lin (UNB/MPO), Jessica Whitehead (UNB/MPO), Cooke Aquaculture Inc.
Information: D. Martin-Robichaud ( Debbie.Martin-Robichaud@dfo-mpo.gc.ca) /aquaculture/acrdp-pcrda/index-fra.htm

Vérification du sexe des morues

Induction hormonale de l'ovulation et spermiation de la morue franche

Des morues franches (Gadus morhua) femelles sauvages, gardées en captivité, provenant de Banc Georges ont été réparties en fonction de trois groupes de référence fondés sur leur poids corporel et le diamètre de la plus grosse grappe d'ovocytes présente. Les traitements administrés consistaient en une injection intramusculaire de l'un de deux analogues d'hormones gonadotrobes – (D-Ala6, Pro9-NHEt)- LHRH éthylamide (LHRHa, 150 μg) et d'un analogue d'hormones gonadotrobes du saumon (sGnRHa, 150 µg, Ovaplant®) ou d'une injection d'une solution saline (contrôle). Au cours d'une période de 20 jours, 12 des 14 morues qui avaient reçu une injection et une morue du groupe de contrôle ont ovulé. Aucune variation significative n'a été observée dans les volumes d'oeufs et le taux de fertilisation entre les femelles ayant reçu une injection et celles qui avaient ovulé de façon naturelle ; cependant, on a noté une variation importante entre les deux groupes, en ce qui concerne le nombre estimatif de larves ayant éclos. Les morues franches mâles sauvages gardées en captivité qui ne libéraient pas de spermatozoïdes ont été répartis en deux groupes de référence (Ovaplant® et injection d'une solution saline) fondés sur leur poids corporel. Les cinq mâles ayant reçu un traitement à l'Ovaplant® ont commencé à produire des volumes élevés de laitance ayant une motilité et des spermatocrites élevés six jours après l'injection. Sur une période de 27 jours, les six mâles dans le groupe de contrôle ont produit au moins une laitance, mais en quantités moindres et celle-ci avait une motilité variable ainsi que des spermatocrites faibles. Les volumes de laitance des mâles traités à l'Ovaplant® étaient plus élevés que ceux des mâles ayant produit des spermatozoïdes de manière naturelle (P = 0,0002), mais ceux-ci avec une motilité et des spermatocrites similaires. Ces résultats montrent l'efficacité des injections de GnRHa pour l'induction de l'ovulation et la spermiation des stocks de morues franches sans incidence négative sur les gamètes.

2007 – 2009 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA), Centre de l'aquaculture marine de l'Atlantique du New Hampshire (AMAC), Station expérimentale agricole du New Hampshire (NHAES), Programme de subvention maritime du New Hampshire
Équipe du projet : Amber Garber (CSMH/SBSA), Susan Fordham (CSMH), Jane Symonds (National Institute of Water and Atmospheric Research Ltd., Nouvelle-Zélande), Edward Trippel (MPO), David Berlinsky (Université du New Hampshire, États-Unis)
Information: Amber Garber ( agarber@huntsmanmarine.ca) • http://www.codgene.ca

Collecte de la laitance d'une morue de l'Atlantique

Impact de la privation d'aliments sur la croissance compensatoire et sur l'activité de la morue franche juvénile

La croissance compensatoire est une période de croissance accélérée que connaissent les organismes recevant une abondance de nourriture après une période de privation partielle ou totale. Les taux pendant la croissance compensatoire dépassent ceux des poissons qui n'ont pas manqué d'aliments, ce qui montre que les poissons ne croissent habituellement pas aux taux physiologiques maximaux. On croit que l'hyperphagie est le principal mécanisme en cause dans la réaction de croissance compensatoire et que celle-ci est souvent accompagnée d'une augmentation de l'efficacité de croissance. La détermination des mécanismes et de la dynamique de la croissance compensatoire sur le poisson de mer offre des applications pratiques pour la production aquacole, car elle pourrait aider à élaborer des horaires d'alimentation optimale, à améliorer l'efficacité de l'alimentation et à réduire la charge en azote dans l'environnement. Cette étude a pour objet de déterminer si la morue franche juvénile affiche une réaction de croissance compensatoire à la suite de diverses formes de privation d'aliments (épisodique ou périodique) et de tenter d'établir des liens entre cette réaction physiologique et des aspects comportementaux (p. ex. changements dans l'activité locomotrice avant et après une période de privation d'aliments). Les morues juvéniles ayant été privées d'aliments pendant trois semaines présentaient des taux de croissance spécifiques plus élevés. L'efficacité globale de la croissance des poissons qui avaient été privés d'aliments était supérieure au moment de leur réalimentation à celle des poissons de contrôle même si, à la fin de l'expérimentation, ils n'étaient pas parvenus à atteindre la taille des poissons qui n'avaient pas été privés d'aliments. L'activité des juvéniles durant la journée différait de leur activité durant la nuit et dépendait du type de privation. Ces observations montrent qu'une compensation partielle de la croissance est possible pour les morues juvéniles et suggèrent que l'activité est directement liée à la quantité d'aliments. On pourrait tirer parti des avantages de la croissance compensatoire pour réduire les coûts de production et minimiser les impacts environnementaux.

Mai 2009 – Avr. 2010 • Financement : Coopération européenne en matière scientifique et technique (COST)
Équipe du projet : Ed Trippel (MPO), Maja Walter (Institue des sicences de l'hydrobiologie et de la pêche, Allemagne), Myron Peck (Institue des sicences de l'hydrobiologie et de la pêche, Allemagne)
Information: Ed Trippel ( Ed.Trippel@dfo-mpo.gc.ca)

Le projet sur la Génomique de la morue franche et l'amélioration génétique du stock de géniteurs

Le projet sur la Génomique de la morue franche et le projet sur l'amélioration génétique du stock de géniteurs, d'une valeur de 18,1 millions de dollars, vise à créer un programme de sélection et des outils génomiques fondamentaux en vue de fournir à l'industrie de la gadiculture, qui est en développement au Canada, un meilleur stock de géniteurs. Des programmes de sélection fondés sur les familles ont été entrepris à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick, en s'assurant que l'on utilisait les stocks locaux au profit des partenaires de l'industrie. Les données du projet semblent indiquer que les programmes de sélection auront énormément de succès pour ce qui est de l'amélioration du taux de croissance, ainsi que d'autres traits connexes comme le rendement de filets. Des variantes génétiques ont aussi été observées en ce qui concerne la réaction au stress, la tolérance thermique et les traits de résistance à la maladie. On a détecté peu de différences sur le plan de la maturation sexuelle ou de la qualité des filets au moment de la capture.

Le projet a grandement amélioré les ressources génomiques de cette espèce, contribuant à 85,8 % de l'information sur la séquence d'ADN publiquement disponible pour la morue. Plus de 100 000 marqueurs génomiques ont été définis et rendus accessibles dans GenBank. Une carte génétique a pu être créée pour déterminer les loci à caractère quantitatif (QTL) liés aux principaux traits de production, comme la croissance, la résistance à la maladie et la résistance au stress de la manipulation. Un microréseau ou « puce de la morue » a pu être mis au point et utilisé pour plusieurs études sur la réponse des tissus et les premiers stades de développement. Une combinaison de microréseaux et de données du séquençage d'ADN a facilité la sélection des gènes à inclure dans la cartographie génétique et a permis de faire des comparaisons génomiques en vue de déterminer quels seraient les gènes candidats potentiels dans les intervalles des QTL. La recherche en génomique, ajoutée aux données du programme de sélection, aidera l'industrie de la morue à poursuivre la sélection des poissons au moyen de séquences de marqueurs précises, plutôt que de mesurer et de sélectionner en fonction des phénotypes des différents poissons.

Jan. 2006 – Sept. 2010 • Financement : Génome Atlantique, Centre de génomique de l'Atlantique, Centre des sciences de la mer Huntsman, Agence de promotion économique du Canada Atlantique – Fonds d'innovation de l'Atlantique, Ministère des pêches et de l'aquaculture de Terre-Neuve et du Labrador, MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), MPO – SBSA, NRC – IMB, La Fondation de l'innovation du Nouveau-Brunswick, Nouveau Brunswick, Terre-Neuve et Labrador, Nouvelle-Écosse, l'Université Mémorial de Terre-Neuve (MUN) Ocean Sciences Centre, Université de la Colombie-Britannique (UBC), Université de Guelph, Université du New Brunswick, Cooke Aquaculture Inc., Great Bay Aquaculture, Newfoundland Cod Broodstock Company, The Newfoundland Aquaculture Industry Association, Northern Cod Ventures, RPC
Équipe du projet : Sharen Bowman (Génome Atlantic), Ed Trippel (MPO), Keith Culver (UNB), Kurt Gamperl (MUN – OSC), Stewart Johnson (MPO), Matthew Rise (MUN – OSC), Andy Robinson (U Guelph)
Information: Shelley King ( sking@genomeatlantic.ca)

Caractéristiques des spermatozoïdes de la morue franche et prédiction de leur potentiel de cryopréservation

Les biomarqueurs ou indices pouvant être utilisés pour prédire la qualité des échantillons de spermatozoïdes des poissons suivant un cycle de congélation-dégel sont pratiquement inexistants. Dans le cadre de cette étude, nous avons soumis à des essais une série d'indices de la condition des spermatozoïdes pour déterminer s'ils permettent de prédire avec exactitude le potentiel de cryopréservation des spermatozoïdes de morue franche. Les variables entourant l'activité de spermatozoïdes frais et de spermatozoïdes congelés-dégelés ont été comparées et les liens entre l'activité des spermatozoïdes congelés, puis dégelés, et le succès de la fertilisation ont été examinés. Comparativement aux spermatozoïdes frais, nos résultats montrent clairement une diminution de l'activité des spermatozoïdes cryopréservés. Sur les 18 mâles qui ont été examinés, la moyenne (± SEM) du spermatocrite était de 40,7 ± 4,23 %, l'osmolalité du plasma séminal était de 366,3 ± 4,95 mOsmol kg-1, pH 8,3 ± 0,04, la concentration de protéines était de 1,1 ± 0,08 mg mL-1, l'activité antitrypsine était de 153,8 ± 19,25 μ L-1 et la capacité antioxydante totale était de 0,2 ± 0,03 µmol équivalents de Trolox mL-1. Le succès de la fertilisation variait énormément d'un mâle à l'autre, allant de 18,5 à 90,2 %. Les régressions ont montré des liens positifs importants aux chapitres de la motilité, de la vélocité, de la fréquence des changements de piste et du succès subséquent de la fertilisation par des spermatozoïdes congelés, puis dégelés. Les régressions séquentielles multiples expliquaient jusqu'à 95 % de la variation dans l'activité des spermatozoïdes congelés, puis dégelés. Un lien négatif existait entre le spermatocrite et le pH, tandis que l'osmolalité et la capacité antioxydante présentaient un lien positif avec la motilité et la vélocité des spermatozoïdes congelés, puis dégelés. Comme il est possible de mesurer chacun de ces indices dans les minutes qui suivent la collecte de spécimens de spermatozoïdes frais, ceux-ci constituent des indicateurs précoces de la survie des échantillons de spermatozoïdes à la cryopréservation. Ces résultats présentent de nombreux avantages pour la conservation de stocks sauvages, la production aquacole et la compréhension de la biologie et de la cryobiologie des spermatozoïdes de poisson.

Jan. 2009 – Déc. 2010 • Financement : Conseil de recherche de la Norvège, Académie des sciences de Pologne, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Dr. John S. Little International Study Fellowship, Marguerite and Murray Vaughan Graduate Fellowship, Génome Canada, Génome Atlantique, Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APECA)
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), I. Babiak (Collège universitaire de Bodø, Norvège), A. Ciereszko (Académie des sciences, Pologne), M. Litvak (UNB), M. Stowinska (Académie des sciences, Pologne), C. Soler (Université de Valencia, Espagne), E. Trippel (MPO)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com) • http://www.codgene.ca

Collecte de la laitance d'une morue de l'Atlantique

Compétitivité au moment du frai et fertilité de la morue franche triploïde mâle

On a craint que la morue franche (Gadus morhua) d'élevage pose un risque pour l'environnement naturel si des individus ou leurs gamètes devaient s'échapper de leur cage en mer. Le recours à des morues triploïdes stériles a été envisagé comme moyen d'empêcher le frai de morues d'élevage, que les individus se soient échappés de leur cage ou qu'ils s'y trouvent toujours. Cette étude en laboratoire a porté sur le potentiel de reproduction de la morue triploïde mâle, tant in vivo que in vitro. Nous avons démontré que des mâles triploïdes en compétition avec des mâles diploïdes de même taille parvenaient à se reproduire. Les spermatozoïdes des mâles triploïdes étaient plus gros que ceux des mâles diploïdes, mais leur vélocité et leur capacité à fertiliser des oeufs ne différaient pas. Par ailleurs, les taux d'éclosion et de survie des larves étaient plus faibles dans le cas de la progéniture des mâles triploïdes. Ces caractéristiques d'identification de l'aneuploïdie portent à croire que, même si une morue triploïde d'élevage mâle peut livrer concurrence à une morue diploïde sauvage pour avoir accès aux femelles sauvages, sa progéniture ne survivra pas.

Avr. 2008 – Déc. 2010 • Financement : Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)
Équipe du projet : Nathaniel Feindel (UNB/MPO), Tillmann Benfey (UNB), Ed Trippel (MPO)
Information: Ed Trippel ( Ed.Trippel@dfo-mpo.gc.ca)

Développement des gonades de la morue franche triploïde (Gadus morhua)

La morue franche (Gadus morhua) constitue une candidate de premier choix pour la diversification de l'aquaculture des poissons de mer. Cependant, les divers problèmes liés à sa culture entravent la progression de l'industrie. L'élevage de morues stériles par l'induction de la triploïdie est l'une des techniques envisagées pour résoudre les problèmes associés à la puberté précoce. Cette étude a pour objetif d'examiner le développement des gonades de morues triploïdes adultes avant et pendant la saison de frai annuel, comparativement aux morues diploïdes. Des morues ont été sacrifiées à trois reprises : avant le frai et pendant deux saisons de frai subséquentes (morues de 3 ans et de 4 ans). Les ovaires des morues triploïdes étaient moins développés, ce qui a été démontré aux échelles macroscopique et microscopique. Des différences importantes ont été observées dans les indices gonadosomatiques entre les femelles diploïdes et les femelles triploïdes durant les trois périodes d'échantillonnage ainsi que dans les rendements en chair consommable au cours des deux périodes de frai. Par ailleurs, le développement des testicules des morues diploïdes et triploïdes ne présentait pas de distinction lors de l'évaluation macroscopique et histologique. Les indices gonadosomatiques et les rendements en chair consommable des mâles (éviscérés mais tête comprise) ne présentaient aucune différence marquée de la ploïdie, exception faite d'un rendement en chair consommable légèrement supérieur chez les mâles triploïdes durant la saison de frai. En conséquence de la suppression de l'oogénèse, il conviendrait d'utiliser davantage les morues femelles triploïdes que les mâles triploïdes pour faire progresser le développement de l'industrie de l'élevage de la morue franche.

Mai 2009 – Déc. 2010 • Financement : Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)
Équipe du projet : Nathaniel Feindel (UNB/MPO), Tillmann Benfey (UNB), Ed Trippel (MPO)
Information: Ed Trippel ( Ed.Trippel@dfo-mpo.gc.ca)

Morue de l'Atlantique

Biochimie du plasma séminal et caractéristiques des spermatozoïdes de la morue franche

Nos objectifs étaient de comparer l'activité des spermatozoïdes de la morue franche (Gadus morhua) sauvage, leur morphologie et la biochimie du plasma séminal à celles de la morue d'élevage. Les spermatozoïdes de la morue sauvage nagent à une vitesse beaucoup plus élevée que ceux de la morue d'élevage. La grosseur, le périmètre, la longueur et la largeur de la tête des spermatozoïdes des mâles sauvages sont nettement supérieurs, tandis que la tête des spermatozoïdes des mâles d'élevage était plus ronde. La quantité totale d'acides gras monoinsaturés et le ratio d'acides gras n-3/n-6 étaient nettement plus élevés dans les spermatozoïdes des mâles sauvages, tandis que la quantité totale de n-6 chez les mâles d'élevage était plus élevée que chez les mâles sauvages. On a observé des concentrations nettement plus élevées d'acides gras C14 : 0, C16 : 1n-7, C18 : 4n-3, C20 : 1n-11, C20 : 1n-9, C20 : 4n-3, C22 : 1n-11 et C22 : 6n-3 chez les mâles sauvages, tandis que les concentrations de C18 : 2n-6, C20 : 2n-6 et C22 : 5n-3 étaient plus élevées chez les mâles d'élevage. L'osmolalité, la concentration de protéines, l'activité de lactitodéshydrogénase et de superoxyde dismutase du plasma séminal des mâles sauvages étaient de beaucoup plus élevées que chez les mâles d'élevage. La capacité antioxydante du plasma séminal était nettement supérieure chez les mâles d'élevage, tandis que le pH et l'antitrypsine ne différaient pas selon l'origine des poissons. Au total, quatre bandes d'activité de l'antitrypsine et neuf bandes de protéines ont été décelées dans le plasma séminal. L'analyse discriminante des données sur la morphologie et les acides gras a fait ressortir des différences importantes entre la morue sauvage et la morue d'élevage. Les résultats sont pertinents pour les programmes de reproduction et le développement de l'aquaculture.

Jan. 2009 – Déc. 2010 • Financement : Conseil de recherche de la Norvège, Académie des sciences de la Pologne, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Dr. John S. Little International Study Fellowship, Marguerite and Murray Vaughan Graduate Fellowship, Atlantic Cod Genomics et Broodstock Development Project
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), I. Babiak, (Collège universitaire Bod, Norvège), A. Ciereszko (Académie polonaise des sciences, Pologne), M. Litvak (UNB), M. Stowinska (Académie polonaise des sciences, Pologne), C. Soler (Université de Valencia, Espagne), E. Trippel (MPO – SBSA), S.M.H. Alavi (Université de Bohême du Sud, République tchèque)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com) http://www.codgene.ca

Cryoconservation du sperme de la morue franche dans des paillettes à grand volume : production commerciale et le stockage des gèness

Nous avons utilisé dans notre étude une approche entièrement basée sur l'analyse de la variance factorielle pour déterminer les effets du diluant (diluant à base de sucrose de Mounib + jaune d'oeuf de poule et solution saline équilibrée de Hanks + jaune d'oeuf), de la vitesse de congélation (- 2,5, - 5,0 et – 7,5 °C min-1) et de la vitesse de décongélation (2,5, 5,0 et 7,5 °C min-1) sur la motilité et la vitesse de déplacement des spermatozoïdes de morue franche cryoconservés dans des paillettes cryogéniques de 2,5 mL. Nous avons constaté que la performance du sperme après la décongélation était influencée par les interactions d'ordre supérieur des facteurs testés. Pour tous les modèles ventilés selon le diluant, la vitesse de décongélation de 2,5 °C min-1 donnait le plus faible indice de recouvrement de la motilité des spermatozoïdes. À toutes les vitesses de décongélation, l'indice de recouvrement de la motilité des spermatozoïdes le plus élevé a été obtenu avec le diluant à base de sucrose de Mounib + jaune d'oeuf de poule. La motilité moyenne en pourcentage pour le sperme frais (87,7 ± 2,9 %) et le sperme cryoconservé dans du diluant constitué de diluant à base de sucrose de Mounib + jaune d'oeuf de poule, congelé à une vitesse de -2,5 °C min-1 et décongelé à une vitesse de 5,0 °C min-1 (77,1 ± 2,9 %), n'était pas significativement différente. Dans le cas du diluant composé de diluant à base de sucrose de Mounib + jaune d'oeuf de poule, la vitesse de déplacement des spermatozoïdes était significativement plus élevée lorsque le sperme avait été décongelé à une vitesse de 7,5 °C min-1 qu'à 2,5 °C min-1, alors que la vitesse de décongélation n'avait aucun effet lors de l'utilisation du diluant composé de solution saline équilibrée de Hanks + jaune d'oeuf de poule. Nos résultats seront utiles pour l'élevage de la morue et les efforts de conservation de cette espèce marine dominante.

Jan. 2010 – Déc. 2010 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Agence de promotion du Canada Atlantique (APECA), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Marguerite and Murray Vaughan Graduate Fellowship.La liste complète des partenaires est disponible au http://www.codgene.ca/partners.php
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), N. Feindel (UNB/MPO), S. Neil (MPO), É. Kovács (Université Szent István, Hongrie), B. Urbányi (Université Szent István, Hongrie), E.A. Trippel (MPO)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com) http://www.codgene.ca

Sperme de morue

Variations saisonnières dans les caractéristiques du plasma séminal et du sperme de la morue franche

L'objectif de la présente étude était de déterminer les changements, tout au long de la période de fraie, dans les attributs de taille corporelle et les caractéristiques quantitatives du sperme chez la morue franche (Gadus morhua) d'origine sauvage et d'élevage. La vitesse de nage des spermatozoïdes a augmenté significativement tout au long de la période de fraie chez les morues des deux groupes. Au début et à la fin de la période de fraie, la vitesse curvilinéaire moyenne (± erreur-type) des spermatozoïdes des morues d'origine sauvage a augmenté de 78,9 µm s-1 (± 6,5) à 128,2 µm s-1 (± 6,5), respectivement. Dans le cas des morues d'élevage, la vitesse curvilinéaire moyenne (± erreur-type) a augmenté de 26,6 µm s-1 (± 2,4) en janvier à 48,9 µm s-1 (± 3,1) en mars. Le spermatocrite n'a pas subi de changements saisonniers significatifs chez les morues d'origine sauvage, mais il a augmenté chez les morues d'élevage (de 24,6 % ± 4,2 en janvier à 40,5 % ± 4,4 en avril ; P < 0,01). La grosseur, le périmètre, la longueur et la largeur de la tête des spermatozoïdes ont diminué significativement à la fin de la période de fraie chez les morues des deux groupes (P < 0,01). L'osmolalité du plasma séminal et la concentration de Na+ suivaient une courbe en forme de dôme tout au long de la période de fraie chez les deux groupes (P < 0,05). Chez les morues d'élevage, le pH du plasma séminal était significativement moins élevé au début de la période de fraie (P < 0,001), alors que la concentration de Ca2+ a augmenté pour ensuite diminuer (P < 0,05). Les attributs de taille corporelle, le spermatocrite et les constituants du plasma séminal montraient des relations significatives avec les variables de l'activité des spermatozoïdes. Ces relations variaient en fonction du temps après l'activation, du mois et de l'origine des morues.

Jan. 2007 – Déc. 2010 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Programme de développement de la génomique et du stock de géniteurs de la morue Atlantique, MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Dr. John S. Little International Study Fellowship, Marguerite and Murray Vaughan Graduate Fellowship.
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), M. Litvak (UNB), E. Trippel (MPO)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com)

L'effet du rapport et du temps de contact entre les gamètes sur le succès de fertilisation de la morue

Actuellement, la morue (Gadus morhua) est la principale espèce de poisson faisant l'objet d'une mise au point aux fins d'aquaculture dans l'Atlantique Nord. Malgré l'importance de cette espèce, aucune recherche n'a été effectuée pour évaluer les effets de la densité du sperme et du temps de contact entre les gamètes sur la fertilisation des oeufs. Dans le cadre de deux expériences distinctes, des gamètes mâles et femelles ont été jumelés selon un plan à facteurs emboîtés. Pour chaque combinaison de mâle et femelle, nous avons étudié des rapports entre les spermatozoïdes et les oeufs variant de 1 × 103 à 5 × 106 pour L. Nous avons également étudié deux périodes de contact entre les gamètes : une période de 5 minutes et une autre de 30 minutes. Les analyses de variance de modèle mixte ont révélé que la densité du sperme et le temps de contact entre les gamètes ont un effet important sur le succès de la fertilisation. Pour un rapport inférieur à 1 × 105 spermatozoïdes pour L oeuf, le succès de la fertilisation est significativement inférieur. Par conséquent, un rapport de 1 × 105 pour L est recommandé pour la fertilisation chez la morue. Pour les rapports de 1 × 103, de 5 × 103 et de 1 × 104 pour L, la fertilisation maximale est survenue après 30 minutes de contact. Le temps de contact entre les gamètes n'a pas eu d'effet significatif pour les rapports de 1 × 105 et de 1 × 106 pour L. Les composantes de variance paternelle et maternelle étaient significatives pour le succès de la fertilisation. Cette information a des conséquences importantes pour l'optimisation de la production de familles dans le cadre de programmes de reproduction sélective, de conservation des spermatozoïdes de meilleures généalogies dans les banques génomiques, de maximisation de l'utilisation des gamètes disponibles en écloserie ou dans les installations de recherche et de compréhension du succès de reproduction dans le milieu naturel.

Jan. 2007 – Déc. 2009 • Financement : Génome Canada, Génome Atlantique, Programme de développement de la génomique et du stock de géniteurs de la morue Atlantique, MPO Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA), Fondation de l'innovation du Nouveau-Brunswick, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG)
Équipe du projet : Ian A.E. Butts (MPO – SBSA/UNB, U Windsor), M. Litvak (UNB), E. Trippel (MPO)
Information: Ian Butts ( iana.e.butts@gmail.com)

OEufs de morue 26 heures après la fertilisation

Optimisation de bassins terrestres pour l'élevage du flétan de l'Atlantique au Canada

Au cours des prochaines années, Canaqua Seafoods Ltd. améliorera l'efficacité de la production de flétans de l'Atlantique par l'intégration de nouveaux outils de gestion et d'installations d'élevages à leur site de grossissement terrestre à Advocate Harbour (N.-É.). La phase initiale de ce projet était axée sur la capacité de Canaqua Seafoods Ltd. à classer mécaniquement les flétans. Pour ce faire, l'entreprise a dû apporter des améliorations à son infrastructure et construire de nouvelles installations. Une fois ces travaux réalisés, les gros flétans produits à la ferme ont été classés. Après le classement, les populations ont été surveillées pendant plusieurs mois afin d'évaluer l'effet du classement par taille sur le rendement. Les préparatifs pour le classement des petits flétans ont également été lancés. Le classement a clairement eu l'effet désiré, soit la réduction de la variabilité dans les bassins de production. La réduction de la variation de la taille des populations augmente l'alimentation en réduisant les hiérarchies et elle améliore la gestion des stocks de poissons en améliorant l'exactitude des estimations sur la biomasse et la taille moyenne des poissons. Elle facilite la détermination des rations alimentaires, l'allocation d'aliments de taille optimale ainsi que la surveillance du rendement et de la santé des poissons. Peu après le classement des poissons, les taux de croissance ont semblé augmenter, notamment de manière soutenue durant l'hiver. L'effort et le temps nécessaires au classement des flétans ont été réellement réduits par rapport aux techniques de classement manuel antérieures, qui n'auraient probablement pas été réalisables à ce stade de la production.

Juil. 2009 – Mai 2010 • Financement :MPO Programme d'innovation en aquaculture et d'accès aux marchés (PIAAM), CanAqua Seafoods Ltd., Scotian Halibut Ltd.
Équipe du projet : Paul Merlin (CanAqua Seafoods Ltd.), John Bailey (CanAqua Seafoods Ltd.), Hugh Snow (Scotian Halibut Ltd.), Brian Blanchard (Scotian Halibut Ltd.), Melissa Rommens (Scotian Halibut Ltd.), Philip Nickerson (Scotian Halibut Ltd.), Forest Merlin (Merlin Fish Farms Ltd.), Roland Cusack, Scotian Halibut Ltd., MPA N.-É., IBM/CRNC
Information: Paul Merlin ( meraqua@msn.com) /aquaculture/sustainable-durable/index-fra.htm

Propriétés des effluents d'une installation d'aquaculture de la morue franche : utilisation potentielle en aquaculture multitrophique intégrée (AMTI)

L'aquaculture multitrophique intégrée (AMTI) a recours aux moules pour réduire les déchets et augmenter la production des fermes aquacoles. Les propriétés physiques et biochimiques des déchets de la morue (Gadus morhua) ont été analysées et le potentiel d'atténuation des déchets des moules bleues (Mytilus edulis) a été évalué. Les déchets produits chaque jour par la morue représentaient 24,9 % des aliments ajoutés au système. L'effluent était composé de particules d'une taille supérieure à 70 μm (36 %), d'une taille entre 70 et 500 µm (31 %) et d'une taille inférieure à 500 μm (33 %). Puisque les particules plus petites que 70 μm comprenaient considérablement moins de matière organique, de lipides et d'acides gras, on s'attendait à ce que les moules se nourrissent davantage des plus grosses particules. Les principales catégories de lipides présentes dans l'effluent étaient des acides gras libres, des triacylglycérols, des phospholipides, des AMPL (acetone mobile polar lipids) et des stérols. L'effluent contenait deux acides gras essentiels, le DHA et l'EPA, un marqueur de diatomée (16 : 1ω7), ainsi que deux marqueurs de zooplancton (22 : 1ω11 et 20 : 1ω9) s'accumulant dans les moules et servant de marqueurs pour les déchets d'aquaculture. Même si seulement 36 % des particules rejetées sont d'une grosseur adéquate à l'ingestion par les moules, ces particules sont celles qui ont le plus grand potentiel de dispersion dans les aires avoisinantes. Le profil en acides gras de l'effluent suggère que le rendement des moules risque d'être altéré si elles sont cultivées uniquement à partir de l'effluent ; cependant, l'effluent peut être utilisé comme source alimentaire de remplacement lorsqu'il y a peu de seston naturel.

Fév. 2008 – Fév. 2010 • Financement : Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), Ministère des Pêches et des Océans (MPO)
Équipe du projet : Chris Parrish (MUN), Adrianus Both (MUN), Randy Penney (MPO), Ray Thompson (MUN)
Information: Chris Parrish ( cparrish@mun.ca)