Rapport sur ce que nous avons entendu : perspectives régionales sur l’adaptation des pêches canadiennes aux changements climatiques
Sur cette page
- Avertissement
- Résumé
- Aperçu des ateliers régionaux
- Principaux points à retenir
- Recommandations pour l’avenir
- Améliorer la gestion des pêches pour mieux protéger les écosystèmes et assurer un développement durable
- Améliorer la disponibilité des données, la transparence et la capacité de planification stratégique afin d’appuyer des pêches modernisées
- Soutenir une industrie de la pêche adaptative et adaptée au climat
- Conclusion
- Rapport
Rapport sur ce que nous avons entendu
- Adapter les pêches de la Colombie-Britannique aux changements climatiques
- Adapter les pêches des Maritimes aux changements climatiques
- Adapter les pêches du Nord aux changements climatiques
- Adapter les pêches de l’est de l’Arctique aux changements climatiques
- Adapter les pêches de Terre-Neuve-et-Labrador aux changements climatiques
- Adapter les pêches du Golfe aux changements climatiques
- Adapter les pêches du Québec aux changements climatiques
Avertissement
Le rapport suivant contient les opinions exprimées lors des ateliers régionaux par les participants et ne reflète pas nécessairement les points de vue de Pêches et Océans Canada (MPO).
Tout au long du rapport, les opinions des participants sont représentées telles qu’elles ont été reçues par le MPO. Cependant, dans certains cas, il y a des divergences entre l’interprétation des participants et ce qui est autorisé par le MPO. Ainsi, les commentaires des participants peuvent ne pas correspondre au cadre législatif, réglementaire et politique tel qu’il est compris par le MPO. En outre, les recommandations des participants qui sont notées dans ce rapport reflètent un consensus, mais ne doivent pas être interprétées comme ayant fait l’objet d’un consentement unanime.
Enfin, comme le rapport représente les commentaires de toutes les régions sur tous les sujets de discussion, certains commentaires peuvent être spécifiques à une région et donc ne pas s’appliquer à toutes les régions.
Résumé
Aperçu des ateliers régionaux
De mai à décembre 2024, Pêches et Océans Canada (MPO) a tenu une série de sept ateliers régionaux pour discuter des effets des changements climatiques, des obstacles à l’adaptation et des mesures visant à soutenir la résilience des pêcheurs de poissons sauvages et de l’industrie de la pêche au Canada.
Principaux points à retenir
Les effets des changements climatiques et secteurs de grande inquiétude pour les participants comprennent :
- Changements environnementaux rapides et importants : Les participants ont observé des changements dans les facteurs environnementaux, comme l’augmentation de la température de l’eau, les courants changeants, la réduction du couvert de neige et de glace marine, le dégel du pergélisol et les fluctuations des niveaux d’eau et/ou les faibles niveaux d’eau.
- Effets sur les espèces : Au cours des sept ateliers, les participants ont fait état de divers degrés d’effet sur les espèces, y compris sur les mammifères marins. Les observations comprenaient des changements dans la répartition, la migration, l’abondance et le cycle de vie.
- Espèces envahissantes : La présence d’espèces envahissantes augmente sur les trois côtes.
- Santé des poissons : Effets perceptibles sur la santé des poissons, car les participants ont signalé des signes croissants de maladie, de faibles taux de reproduction et des changements dans la couleur et la texture de la chair de certaines espèces.
- Modification des régimes météorologiques : La prévisibilité des saisons de récolte et la sécurité des pêcheurs sont de plus en plus compromises par des tempêtes plus fréquentes et plus intenses, des changements dans la configuration des vents et des changements dans les périodes de gel/dégel et l’épaisseur de la glace marine. Sur la côte Ouest, les phénomènes météorologiques liés au climat, comme les dômes de chaleur, les inondations et les glissements de terrain, suscitent d’importantes préoccupations.
- Conséquences économiques : Les répercussions financières potentielles des fermetures de pêche, qui pourraient devenir plus fréquentes en raison des effets liés au climat sur la viabilité des espèces (répartition, abondance, maladies, etc.), suscitent d’importantes préoccupations.
- Répercussions culturelles : Les participants ont fait état de préoccupations sérieuses au sujet des menaces pour les espèces importantes sur le plan culturel et les pratiques de récolte traditionnelles.
- Sécurité alimentaire : Les participants se sont dits préoccupés par le fait que les changements climatiques pourraient constituer une menace réelle à la sécurité alimentaire, bien qu’il puisse également y avoir des possibilités d’améliorer la sécurité alimentaire.
- Gestion des pêches : Les participants sont largement préoccupés par le régime actuel de gestion des pêches, qu’ils jugent ne pas être assez souple pour réagir en temps opportun et d’une façon qui puisse soutenir les pêcheurs à l’évolution rapide des effets des changements.
Les efforts d’adaptation relevés par les participants comprennent :
- Recherche, surveillance et collecte de données : Les participants ont donné des exemples de leurs propres efforts de recherche, de surveillance et de collecte de données, en insistant sur l’importance d’une collecte de données normalisée pour réagir plus rapidement aux effets des changements climatiques.
- Nouvelles technologies et méthodes : Les efforts en cours comprennent l’adaptation des engins de pêche pour répondre aux changements dans la disponibilité des appâts, l’utilisation de dispositifs d’exclusion pour réduire les prises accessoires, la mise au point d’outils de prévision, ainsi que l’étude de différentes méthodes de récolte et de navires à faibles émissions.
- Communication, éducation et partenariats : Les participants ont souligné l’interdépendance de tous les utilisateurs de la ressource et l’importance de la collaboration entre les régions et les secteurs. Ils ont aussi cherché des occasions pour échanger des ressources et des connaissances. De nombreux participants continuent à préconiser les processus de cogestion et l’intégration du savoir traditionnel autochtone (SA) Note de bas de page 1 Note de bas de page 2 Note de bas de page 3 dans les processus scientifiques et décisionnels du MPO.
- Planification et logistique : Certains participants ont pris part à des évaluations de risques ou à des exercices de planification de l’adaptation (p. ex. planification par scénarios). Nous avons également entendu parler d’adaptations logistiques, comme le changement des périodes de récolte (p. ex. au début d’une saison de pêche) et la modification des pratiques de navigation en réponse aux changements des niveaux de l’eau.
Les obstacles à l’adaptation relevés par les participants comprennent :
- Soutien financier : Les participants ont souligné la nécessité d’un financement plus souple et accessible pour soutenir les coûts élevés liés à la transition des pêches, aux technologies vertes, à la restauration de l’habitat, à l’adaptation aux changements climatiques et à la recherche.
- Science et données : Nous avons entendu dire qu’un manque de données à long terme, exhaustives et fiables – y compris des données sociales, économiques et culturelles – limite la capacité de distinguer les effets des changements climatiques d’autres facteurs, comme la variabilité naturelle et nuit considérablement à la capacité de prédiction nécessaire pour la planification. Cela tend également à donner lieu à un régime de gestion des pêches réactif plutôt que proactif, qui utilise souvent de l’information désuète pour la prise de décisions.
- Infrastructure : Les participants ont souligné la nécessité d’une infrastructure portuaire qui est prête pour l’avenir et capable de soutenir des flottes vertes, résiliente aux effets des changements climatiques et stratégiquement située. Plus particulièrement lors de l’atelier de l’est de l’Arctique, les participants ont souligné que le manque d’installations de transformation des aliments constituait un obstacle important à la participation des Inuits à la pêche, ainsi que le besoin d’une infrastructure d’intervention d’urgence sur toute la côte arctique.
- Régime actuel de gestion des pêches : Les participants de toutes les régions considéraient le régime actuel de gestion des pêches comme un obstacle majeur à l’adaptation, citant sa nature lente, rigide et inflexible, qui nuit aux réponses en temps opportun aux conditions environnementales changeantes.
- Structure organisationnelle du MPO : Les participants ont fait remarquer que la structure en silos du MPO mène à une mauvaise coordination au sein du Ministère et entre les territoires. Cela entraîne des réponses lentes et fragmentées et nuit à une approche globale plus approfondie de la gestion des pêches.
- Inclusion et participation des Autochtones : Le manque de reconnaissance et d’inclusion du SA, ainsi que la participation limitée à la gouvernance et à la science de la gestion des pêches, sont perçus comme un obstacle par les participants.
- Transparence, collaboration et communication : Le manque de transparence, la mauvaise communication et le manque de confiance à l’égard du MPO, ainsi qu’entre les groupes autochtones et les intervenants, ont été désignés comme des obstacles. On a réclamé une collaboration et des partenariats améliorés, une communication plus claire et plus accessible, ainsi qu’un partage transparent des processus décisionnels, de la recherche scientifique et de l’information sur les changements climatiques entre les secteurs.
Recommandations pour l’avenir
Les participants ont recommandé plusieurs mesures pour appuyer un virage vers des pêches plus résilientes. Aux fins du présent résumé, elles ont été caractérisées de façon générale selon trois catégories :
- Améliorer la gestion des pêches pour mieux protéger les écosystèmes et assurer un développement durable;
- Améliorer la disponibilité des données, la transparence et la capacité de planification stratégique afin d’appuyer des pêches modernisées;
- Soutenir une industrie de la pêche adaptative et adaptée au climat.
Améliorer la gestion des pêches pour mieux protéger les écosystèmes et assurer un développement durable
- Approche écosystémique : Les participants ont recommandé de délaisser la gestion axée sur une seule espèce au profit d’une approche écosystémique. Bon nombre d’entre eux ont indiqué qu’il fallait tenir compte des interactions entre les espèces – comme les relations prédateur-proie – ainsi que des facteurs sociaux, culturels et économiques afin de soutenir la viabilité et la résilience à long terme des pêches.
- Habiliter les communautés autochtones : Les participants ont mis l’accent sur la reconnaissance de l’importance du SA et le soutien de l’autonomie gouvernementale autochtone dans la gestion des pêches. Les modèles de cogestion et d’autres possibilités pour les communautés autochtones de participer activement à la prise de décisions, aux activités scientifiques et à l’établissement des priorités ont été considérés comme des stratégies efficaces pour appuyer l’adaptation. Le renforcement du leadership autochtone et la promotion de la collaboration dans ces domaines ont été désignés comme une étape cruciale vers l’obtention de résultats d’adaptation plus efficaces et durables.
- Chercher des solutions novatrices : Compte tenu de l’incertitude actuelle et de la vitesse des changements, il est essentiel de soutenir l’exploration de solutions audacieuses, novatrices et collaboratives au sein du MPO et entre les secteurs.
Améliorer la disponibilité des données, la transparence et la capacité de planification stratégique afin d’appuyer des pêches modernisées
- Activités scientifiques et collecte de données : Afin d’appuyer une gestion des pêches tenant compte des données climatiques, les participants ont recommandé de normaliser la collecte des données, de cerner les lacunes, d’établir des bases de référence, d’établir des priorités pour trier le travail, d’élaborer des indicateurs sociaux et économiques, de se concentrer sur des solutions proactives et d’intégrer des considérations liées aux changements climatiques dans les décisions de gestion. De plus, les données devraient être facilement accessibles et partagées.
- Reconnaître les connaissances des Autochtones et des pêcheurs : Les participants aimeraient que l’expertise locale soit intégrée aux processus existants. Les participants ont souligné la nécessité d’intégrer le SA et les expériences vécues par les pêcheurs autochtones dans le processus scientifique et décisionnel du MPO, reconnaissant que le SA est fondamental et tout aussi précieux que la science occidentale pour la gestion durable des pêches. On a également reconnu que les pêcheurs non autochtones et les participants de l’industrie qui vivent et travaillent sur l’eau ont des connaissances précieuses à transmettre, car ils sont souvent les premiers à observer les changements. Leur expertise doit également être reconnue et prise en considération.
- Activités de planification à venir et renforcement des capacités : Les participants ont souligné la nécessité d’une planification prospective et du renforcement des capacités au moyen de discussions inclusives axées sur l’action qui favorisent la collaboration, génèrent des solutions et assurent la pertinence à long terme des efforts d’adaptation aux changements climatiques. On a soulevé à maintes reprises l’utilité de la planification collaborative par scénarios ou d’exercices de prévision pour accroître la capacité prédictive et déterminer les résultats convenus en matière de gestion des pêches.
- Collaboration, transparence et communication : Ces trois facteurs sont essentiels pour établir la confiance et bâtir des relations. Pour renforcer l’adaptation aux changements climatiques, il est important d’accroître la collaboration avec les collectivités autochtones et les pêcheurs, tout en améliorant la transparence des processus décisionnels. Des communications opportunes et accessibles devraient être assurées, de même que la facilitation du partage des ressources entre les secteurs. L’information sur la recherche et les risques climatiques doit être claire et accessible et doit tenir compte du public cible.
Soutenir une industrie de la pêche adaptative et adaptée au climat
- Examen des lois, des règlements et des politiques : Il a été déterminé qu’il s’agissait d’étapes essentielles pour améliorer la capacité des pêcheurs et des gestionnaires des pêches à faire preuve de souplesse en réponse aux changements rapides de l’environnement et de l’industrie.
- Possibilités de financement : Élaborer des mécanismes de financement plus souples, inclusifs et accessibles (p. ex. subventions et contributions) adaptés aux besoins locaux et à tous les utilisateurs des ressources, y compris des fonds d’aide en cas de catastrophe et des offices de prêts aux pêcheurs.
- Établir un mécanisme pour poursuivre les discussions : Les participants ont exprimé un vif intérêt pour des discussions continues axées sur l’action en matière d’adaptation aux changements climatiques qui sont collaboratives, qui incluent tous les secteurs, qui sont récurrentes au sein de comités existants ou de nouveaux groupes de travail et qui sont axées sur la mobilisation interactive plutôt que sur le partage d’information à sens unique.
- Éducation : Participer à des campagnes de sensibilisation du public mettant l’accent sur les effets des changements climatiques sur les pêches, la responsabilité partagée des efforts d’adaptation, et le rôle vital des pêches dans la sécurité alimentaire et leur importance en tant qu’industrie des ressources naturelles.
Conclusion
Les changements climatiques ont été largement perçus comme un enjeu majeur ayant une incidence sur tous les secteurs. Les participants étaient d’avis que l’une des façons les plus efficaces de soutenir la résilience et la viabilité à long terme des pêches et des collectivités côtières du Canada est de travailler ensemble pour élaborer et échanger des solutions qui profitent au plus grand nombre possible d’utilisateurs.
Dans l’ensemble, il y avait un sentiment d’urgence chez les participants pour que le MPO prenne des mesures, et une reconnaissance du fait que même s’il continue d’y avoir des lacunes, il y a suffisamment de données disponibles pour commencer à faire des progrès en matière d’adaptation. De nombreux participants ont fait remarquer que l’imprévisibilité actuelle, combinée à l’absence d’une vision à long terme et d’objectifs définis pour l’avenir des pêches du Canada au MPO, a une incidence sur leur capacité à planifier et fait en sorte qu’ils sont incertains des mesures à prendre pour mieux se préparer.
Les participants ont souligné à maintes reprises l’importance de faire passer le régime actuel de gestion des pêches d’un processus décisionnel réactif à un processus proactif et de renforcer la capacité d’adaptation et de planification future, et ils ont exprimé le désir de jouer un rôle dans la définition de l’avenir de leurs moyens de subsistance, leurs cultures et leurs traditions.
Rapport
Contexte
En novembre 2023, le MPO a organisé un atelier intitulé « Adapter les pêches canadiennes aux changements climatiques ». Les invités représentaient des organisations et des gouvernements autochtones, ainsi que des intervenants clés œuvrant principalement à l’échelle nationale. L’atelier a donné lieu à des discussions en petits groupes axées sur les effets des changements climatiques sur les pêches, les obstacles et les besoins en matière d’adaptation, ainsi que les façons de renforcer la résilience des pêches maritimes d’espèces sauvages du Canada.
Pendant la durée de l’atelier, il a été fortement recommandé que le MPO poursuive la conversation et organise des ateliers semblables à l’échelle régionale afin de mieux comprendre les diverses répercussions et considérations climatiques à travers le Canada. En réponse, le MPO a organisé une série de sept ateliers régionaux.
Ateliers régionaux
Les ateliers régionaux se sont déroulés du 31 mai 2024 au 4 décembre 2024 et ont largement suivi la structure, la composition et les sujets de discussion de l’atelier national. À l’instar de l’atelier national, les séances régionales se voulaient un exercice d’écoute et une étape importante vers la reconnaissance des défis que posent les changements climatiques pour les pêches. La répartition était la suivante :
- Le 31 mai 2024 : Adapter les pêches de la Colombie-Britannique (C.-B.) aux changements climatiques
- Le 30 octobre 2024 : Adapter les pêches des Maritimes aux changements climatiques
- Le 7 novembre 2024 : Adapter les pêches du Nord (Territoires du Nord-Ouest, région désignée des Inuvialuit et Yukon) aux changements climatiques
- Le 14 novembre 2024 : Adapter les pêches de l’est de l’Arctique (Nunavut, Nunatsiavut, Nunavik et Baie-James) aux changements climatiques
- Le 27 novembre 2024 : Adapter les pêches de Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.) aux changements climatiques
- Le 2 décembre 2024 : Adapter les pêches du Golfe aux changements climatiques
- Le 4 décembre 2024 : Adapter les pêches du Québec aux changements climatiques
Aperçu des ateliers
Les objectifs des ateliers régionaux étaient les suivants :
- Permettre aux participants de se réunir pour raconter leurs expériences et donner leurs points de vue sur les effets des changements climatiques, les mesures d’adaptation et l’avenir des pêches face aux changements climatiques;
- Mieux comprendre les effets des changements climatiques sur les pêches d’espèces sauvages; et,
- Recenser les obstacles et les possibilités d’action en matière d’adaptation, maintenant et dans l’avenir.
Les ateliers ont fourni une plateforme où les organisations et les gouvernements autochtones, les pêcheurs commerciaux et récréatifs, les organisations non gouvernementales de l’environnement (ONGE), les gouvernements provinciaux et territoriaux, et les dirigeants universitaires pouvaient se réunir pour discuter des effets des changements climatiques et des mesures d’adaptation possibles dans le cadre des pêches d’espèces sauvages gérées ou cogérées par le MPO.
Malgré les efforts déployés pour encourager la participation, plusieurs invités n’ont pas pu être présents, souvent en raison d’obstacles logistiques, tels que des conflits d’horaires ou des capacités limitées au sein de leurs organisations. Certaines organisations, en particulier celles directement impliquées dans la pêche, n’ont peut-être pas participé en raison d’une lassitude face aux consultations, car elles sont fréquemment invitées à participer à de nombreuses réunions pendant leur saison creuse. En outre, plusieurs participants ont fait remarquer que les pêcheurs préfèrent généralement les réunions en personne. Il a été suggéré que la tenue des ateliers en personne aurait pu améliorer la participation des personnes directement impliquées dans la pêche.
Rapports régionaux sur ce que nous avons entendu
La rédaction des rapports régionaux sur ce que nous avons entendu visait à refléter autant que possible les principaux points de discussion soulevés par les participants. On a apporté des changements à l’ordre du jour d’un atelier à l’autre, ce qui explique certains écarts dans le contenu des rapports. Les rapports sur ce que nous avons entendu renferment aussi les résultats d’un sondage et des commentaires écrits provenant de la plateforme Mural sur le Web lorsque ces outils ont été utilisés. Les commentaires supplémentaires reçus par l’entremise du sondage en ligne ont également été pris en compte dans la rédaction de ces rapports et se trouvent dans des chapitres distincts du présent rapport.
Analyse sommaire
Voici un aperçu des thèmes communs et des différences entre les sept ateliers régionaux. Cette section n’est pas une analyse exhaustive de tous les commentaires, mais elle s’inspire des réponses les plus courantes aux questions qui ont été posées dans l’ensemble des ateliers. Bien que plus détaillés, les commentaires issus de ces ateliers régionaux correspondaient aux thèmes soulevés lors de l’atelier national de novembre 2023.
Effets des changements climatiques et secteurs préoccupants
Les participants ont fait part des effets actuels des changements climatiques dans leur région respective et, dans de nombreux cas, ont souligné leurs principaux sujets de préoccupation. Les thèmes clés qui sont ressortis de cette discussion et les points les plus fréquemment soulevés sont présentés ci-dessous.
Changements dans la répartition des espèces, les tendances migratoires, l’abondance de la population, la productivité et les cycles vitaux
- Des observations de changements géographiques dans la répartition des espèces ont été signalées dans les sept ateliers. Ces changements étant principalement liés à un vaste éventail de facteurs environnementaux, comme l’augmentation de la température de l’eau, les courants changeants, la réduction du couvert de neige et de glace marine, le dégel du pergélisol et les fluctuations des niveaux d’eau et/ou les faibles niveaux d’eau.
- Les pêcheurs ont également noté des changements dans les cycles vitaux de diverses espèces, qui ont parfois une incidence sur l’abondance des populations, la productivité et la saisonnalité de leurs populations, lesquelles ne correspondent pas toujours aux dates de saison de pêche fixées par le MPO.
- Les régions n’ont pas toutes noté le même niveau d’impacts ni les mêmes effets sur les mêmes espèces. Dans l’ensemble du Canada atlantique, les participants ont remarqué que de nombreuses espèces se déplaçaient vers le nord, ce qui a soulevé des préoccupations quant au déclin de nombreuses populations indigènes.
- Au Québec, les participants ont fait état de nouvelles espèces prédatrices qui modifient les relations prédateur-proie et affectent l’ensemble de l’écosystème.
- Les changements environnementaux ont également un effet sur les mammifères marins et modifient les tendances de prédation. Par exemple, les participants de la région du Golfe ont signalé une augmentation de la présence de requins et de baleines en raison des changements des habitudes migratoires, ce qui a entraîné des fermetures de pêche et nécessitant des changements d’engins.
Espèces envahissantes
On a noté que les espèces envahissantes étaient de plus en plus courantes sur les trois côtes à mesure que la température des océans se réchauffe et que les espèces se déplacent pour suivre les changements de température ou y échapper. Par exemple :
- On voit davantage de crabes verts et de Didemnum dans la région des Maritimes.
- Les participants à l’atelier sur les pêches du Nord ont signalé la présence accrue des espèces envahissantes et l’expansion vers le nord de certaines espèces dans des régions où elles ne sont pas indigènes. Les castors d’Amérique du Nord, qui se sont répandus dans l’Arctique et construisent des barrages qui bloquent la migration des poissons, en sont un exemple frappant.
- Les participants à l’atelier sur la pêche en C.‑B. ont signalé des niveaux plus élevés d’espèces envahissantes, telles que les huîtres du Pacifique, et une augmentation des épidémies de poux de mer.
Santé du poisson
- Des préoccupations importantes ont été soulevées au sujet de la santé du poisson, en particulier parmi les participants aux ateliers sur les pêches de la C.‑B., du Nord et de l’est de l’Arctique.
- Les participants ont noté des signes de maladie et un faible taux de reproduction chez certaines espèces. En particulier, la santé des poissons a été signalée comme une préoccupation parmi les populations de saumon, en raison du réchauffement des eaux et des changements dans les conditions des cours d’eau.
- D’autres ont signalé plus de maladies et des changements perceptibles de la couleur et de la texture de la chair de certaines espèces (p. ex. l’omble chevalier).
Conditions météorologiques changeantes
- On nous a dit que l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes, le changement des régimes des vents et les changements dans la glace marine (cycles de gel/dégel et épaisseur de la glace) sont d’importantes préoccupations en matière de sécurité pour les pêcheurs. Ces questions ont été particulièrement soulevées par les participants aux ateliers des régions de l’Atlantique, du Québec, du Nord et de l’est de l’Arctique.
- Au Québec, les participants ont expliqué que les préoccupations en matière de sécurité pour les pêcheurs et l’incertitude entourant les changements climatiques pesaient également lourdement sur la santé mentale des pêcheurs.
- En C.-B., les participants ont fait part de leurs préoccupations au sujet de l’augmentation des phénomènes météorologiques liés au climat, comme les dômes de chaleur, les inondations et les glissements de terrain.
- Ces changements météorologiques ont également une incidence sur la prévisibilité des saisons de récolte (p. ex. le moment et la durée) et peuvent avoir des répercussions sur les niveaux de prises accessoires (p. ex. augmentation des prises accessoires avec des saisons plus longues). Le réchauffement des eaux et les changements de la glace marine ont souvent été mentionnés en lien avec les changements dans la coordination des saisons de récolte.
À plus grande échelle, les participants ont exprimé des préoccupations au sujet des répercussions économiques et culturelles des changements climatiques. Par exemple, les participants de la C.‑B. ont soulevé des préoccupations au sujet des difficultés financières causées par les fermetures de pêche, tandis que d’autres ont parlé des menaces qui pèsent sur les espèces importantes sur le plan culturel, les pratiques traditionnelles de récolte et la sécurité alimentaire. Au Québec, les participants s’inquiétaient des effets des changements climatiques sur les collectivités qui dépendent fortement du secteur de la pêche. Les participants de T.-N.-L. et de l’est de l’Arctique ont fait remarquer que certains effets des changements climatiques pourraient être positifs, comme la possibilité d’ouvrir de nouvelles pêches ou d’élargir des pêches existantes et d’améliorer la sécurité alimentaire.
Il est clairement ressorti de tous les ateliers que l’on s’attend à ce que la gestion des pêches devienne plus compliquée. De nombreux commentaires portaient sur le fait que le régime actuel de gestion des pêches peine de plus en plus à suivre le rythme en raison des changements climatiques. Ces questions seront abordées plus en détail dans la section sur les obstacles, mais dans l’ensemble on relève un décalage entre les effets rapides des changements climatiques qui nécessitent des interventions rapides et les processus lents et rigides de gestion des pêches qui existent actuellement.
Enfin, certains participants ont exprimé un certain degré d’incertitude quant à savoir si les changements qu’ils observent sont précisément causés par les changements climatiques, citant l’absence de données à long terme pour appuyer cette position. Cependant, ces participants ont reconnu que des changements visibles se produisent, quelle qu’en soit la cause.
Mesures d’adaptation en cours
Les participants ont fait part de certaines des mesures individuelles ou collectives que leur organisation et/ou eux-mêmes prennent pour s’adapter aux effets des changements climatiques.
Recherche, surveillance et collecte de données
- Des participants nous ont dit qu’eux-mêmes ou leur organisation concentrent leurs efforts sur la recherche, la surveillance et la collecte de données. Par exemple, les participants en C.-B. ont déclaré avoir fait le suivi des échantillons d’eau, du phytoplancton et des stocks de poissons.
- Les participants ont également insisté sur l’importance d’une collecte de données normalisée pour réagir plus rapidement aux effets des changements climatiques. Par exemple, les participants à l’atelier sur les pêches du Nord ont indiqué qu’il s’agit d’un domaine d’intérêt dans certains de leurs travaux.
- Certains participants de la région des Maritimes ont mentionné l’amélioration de la collecte de données et des efforts de recherche à l’aide de technologies, comme la télémesure par satellite et l’intelligence artificielle.
- Dans la région du Golfe, les participants ont déclaré avoir effectué une modélisation de la présence des baleines.
Nouvelles technologies et méthodes
Les participants ont souligné le potentiel des nouvelles technologies et des nouvelles « façons de faire ». Par exemple :
- En C.‑B., les pêcheurs adaptent leurs engins de pêche pour tenir compte des changements dans la disponibilité des appâts.
- Les pêcheurs qui exercent leurs activités dans l’est de l’Arctique utilisent des dispositifs d’exclusion pour réduire le nombre de laimargues atlantiques capturées comme prises accessoires.
- Oceans North, une ONGE, a dirigé l’élaboration de l’Indice de risque climatique pour la biodiversité, un outil qui peut être utilisé pour prédire comment les espèces de poissons dans certaines régions seront touchées par les effets des changements climatiques.
- Les participants de plusieurs ateliers ont abordé les efforts visant à diversifier les pêches et les permis, à élaborer des outils pour des pratiques de pêche plus sécuritaires, à explorer d’autres méthodes de récolte afin de réduire les impacts environnementaux et de réduire au minimum les prises accessoires, et à expérimenter avec de nouveaux engins de pêche ou à en adopter. Par exemple, des engins sans cordage et de nouvelles technologies de chalutage.
- Certains pêcheurs ont également déclaré avoir exploré l’option d’utiliser des navires électriques ou à faibles émissions.
Partenariats, communication et éducation
- Plusieurs participants ont mentionné qu’ils encourageaient activement le recours à des processus de cogestion et la prise en considération du SA dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques dans les pêches.
- Les participants ont largement reconnu l’interdépendance de tous les utilisateurs des ressources dans le secteur des pêches et l’importance de travailler ensemble pour trouver des solutions communes. Les participants ont indiqué qu’ils souhaitaient travailler ensemble, partager des ressources et échanger de l’information entre les régions, les secteurs et les organisations.
- Par exemple, les participants aux ateliers sur les pêches dans l’est de l’Arctique et le Nord ont fait état de nombreuses mesures communautaires, y compris des mesures qui visent principalement à accroître les processus de communication pour appuyer la mise en commun de l’information.
- Les participants à T.-N.-L. ont fait la promotion de la recherche transdisciplinaire, faisant appel à tous les groupes d’utilisateurs comme moyen d’éliminer les silos et de réduire le chevauchement des initiatives.
- D’autres ont dit souhaiter poursuivre davantage de possibilités d’apprentissage et de formation au niveau communautaire.
Planification et logistique
- Certains participants ont dit être impliqués dans des activités de planification, comme l’élaboration d’évaluations des risques et la création de plans de résilience ou d’adaptation aux changements climatiques.
- D’autres ont mentionné prendre des mesures plus immédiates et pratiques pour s’adapter aux conditions changeantes. Par exemple, devancer autant que possible les périodes de récolte au cours d’une saison ou modifier les pratiques de navigation en raison des rivières moins profondes (faibles niveaux d’eau).
Obstacles à l’adaptation
Les participants ont discuté des obstacles les plus courants à l’adaptation. De nombreux commentaires portaient sur le manque de financement accessible pour élargir la recherche et mieux aider les pêcheurs et les collectivités à s’adapter aux changements climatiques.
Soutiens financiers
- Dans l’ensemble, les participants ont déclaré que les programmes de financement (p. ex. subventions et contributions) étaient rigides et ne correspondaient pas bien aux besoins des pêcheurs.
- On a dit qu’il fallait plus de financement pour atténuer les coûts élevés des éléments suivants :
- Transition vers de nouvelles pêches (p. ex. nouvelles exigences relatives aux engins).
- Écologisation des pêches existantes (p. ex. électrification de la flottille de pêche au homard).
- Mettre à l’essai des technologies comme les outils d’atténuation. Par exemple, les dispositifs d’exclusion utilisés pour réduire les prises accessoires de laimargues atlantiques dans l’est de l’Arctique et les engins sans cordage pour réduire les répercussions sur les baleines noires de l’Atlantique Nord.
- Des participants à l’atelier sur les pêches du Nord nous ont dit que le financement et la capacité sont insuffisants pour appuyer la restauration de l’habitat et les efforts stratégiques.
- Les participants du Québec ont soulevé la question des initiatives de financement insuffisantes pour les nouveaux entrants, surtout compte tenu du prix courant élevé pour certains permis, ce qui limite leur accès au secteur.
- Les participants ont également demandé une plus grande transparence dans le financement : qui le reçoit et comment il est attribué.
Science et données
- Des préoccupations ont été soulevées au sujet des lacunes avec les données existantes, en particulier le manque de données de référence qui permettent de suivre l’évolution au fil du temps et des données prospectives à des fins de planification. Un certain nombre de participants se sont dits préoccupés par le fait que les travaux scientifiques de base, comme l’évaluation et la cartographie des stocks, ont pris du retard. Par conséquent, bon nombre d’entre eux estimaient que les décisions en matière de gestion des pêches étaient prises à partir de renseignements désuets.
- Un financement insuffisant (p. ex. compressions budgétaires) combiné à des priorités concurrentes ou imprécises a généralement été établi comme étant la cause profonde de ces lacunes.
- Certains participants ont indiqué que l’absence de collecte de données à long terme rend difficile la comparaison entre les changements causés par les changements climatiques et d’autres facteurs, ce qui met en évidence le besoin de données de référence améliorées. Dans quelques régions, les gens étaient réticents à établir un lien direct entre les changements climatiques et leurs effets sans disposer de données à long terme.
- Les participants ont souligné l’occasion pour le MPO de prendre en compte davantage de facteurs sociaux, économiques et culturels en plus des données empiriques et scientifiques. Beaucoup étaient d’avis que la capacité de tenir compte de façon uniforme des variables au-delà de la science physique permettrait au MPO d’adopter une approche plus holistique pour appuyer les pêches et les collectivités côtières.
- De nombreux participants ont indiqué qu’une abondance de données et d’information scientifique leur permettrait de mieux comprendre l’état actuel des pêches et de prévoir ce qui s’en vient et de faire des plans éclairés.
- De nombreux participants estimaient qu’il faut davantage de projections liées aux effets climatiques, aux relations prédateur-proie et aux déplacements des espèces. Ils indiquaient aussi qu’une hausse des données contribuerait à une meilleure communication des projections à l’extérieur du gouvernement.
- Il est essentiel de commencer à examiner les données qui seront nécessaires dans l’avenir pour prendre des décisions éclairées (p. ex. suivi de l’arrivée de nouvelles espèces).
Infrastructure
- Les participants se demandent si l’infrastructure de pêche actuelle est prête à répondre aux besoins futurs. Plus précisément, les ports :
- doivent avoir la capacité d’accueillir des flottes plus écologiques (p. ex. en fournissant des bornes de recharge électrique);
- doivent être adaptés au climat, ce qui signifie qu’ils peuvent résister à des tempêtes de plus en plus violentes et fréquentes, aux changements du niveau de l’eau et aux conditions changeantes de la glace marine;
- devraient être élargis et situés à des endroits stratégiques pour soutenir la croissance dans les secteurs émergents.
- On a également fait remarquer que le manque de sites de transformation des aliments dans l’est de l’Arctique constitue un obstacle majeur à la participation des Inuit à certaines pêches.
Régime actuel de gestion des pêches
Des participants ont indiqué des domaines où le MPO pourrait améliorer le régime actuel de gestion des pêches. Ils ont relevé les sphères dans lesquelles le MPO pourrait améliorer la flexibilité et la rapidité des décisions de gestion. Par exemple :
- Au cours de l’atelier tenu en C.‑B., les participants ont constaté que l’approche de gestion des pêches axée sur une seule espèce est trop rigide et inflexible pour s’adapter aux conditions environnementales changeantes.
- Des opinions semblables ont été exprimées à T.-N.-L., où le système actuel était perçu comme un outil qui gagnerait à être amélioré grâce à une augmentation de la flexibilité et de la vitesse dans la prise de décision pour répondre plus rapidement aux conditions changeantes.
- Les pêcheurs de la région des Maritimes ont mentionné que des règlements rigides imposant des périodes de pêche et des types d’engins de pêche, ainsi que des processus réglementaires lents, constituaient des obstacles importants.
- Au Québec, les participants ont demandé des règles plus adaptables, notamment en ce qui concerne la délivrance de permis, les prises accessoires, les pêches simultanées et les saisons de pêche.
Structure organisationnelle
- Dans plusieurs ateliers, on nous a dit que la structure en silos du MPO causait des problèmes de coordination tant au sein des secteurs et des régions du Ministère qu’avec d’autres ministères fédéraux et administrations.
- Des participants ont signalé qu’une meilleure coordination entraînait de plus courts temps de réponse, de meilleures possibilités de collaboration et des mesures à petite échelle, ce qui favoriserait l’adoption d’une approche plus globale en matière de gestion des pêches.
Inclusion et participation des Autochtones
- Les participants ont souligné qu’il reste du travail à faire pour reconnaître et respecter pleinement les droits des Autochtones et des Inuit ainsi que le SA dans la gestion des pêches. Il faudrait notamment améliorer la collaboration ainsi que la représentation des peuples autochtones et du SA dans les processus scientifiques et décisionnels.
- Les approches de cogestion et de codéveloppement, où les communautés autochtones jouent un rôle central dans la prise de décisions, sont considérées comme essentielles à l’efficacité des stratégies d’adaptation.
Transparence, collaboration et communication
- Ces trois éléments sont étroitement liés à l’établissement d’un lien de confiance, non seulement entre le MPO et les utilisateurs des ressources, mais aussi entre les utilisateurs eux-mêmes.
- Beaucoup étaient d’avis qu’une approche fragmentée adoptée par le MPO pour communiquer les résultats de la recherche scientifique et expliquer clairement comment les décisions sont prises pourrait être améliorée par la communication des résultats de la recherche à ceux qui ont contribué aux efforts de recherche ou partagé leurs connaissances.
- Les participants de T.-N.-L. ont décrit qu’il est possible d’apporter des améliorations pour uniformiser la façon dont le MPO recueille et utilise les données, en acceptant régulièrement les données des pêcheurs pour éviter toute confusion et frustration.
- Les participants ont reconnu la nécessité d’une meilleure collaboration et d’un meilleur partage de l’information entre les ministères, les groupes autochtones, l’industrie de la récolte, les ONGE, le milieu universitaire et les collectivités locales.
- Il est nécessaire de communiquer en utilisant un langage clair et simple, et l’information doit être présentée d’une manière qui soit accessible et facile à comprendre par le public cible.
- Des efforts doivent être déployés pour accroître la sensibilisation et la compréhension des effets des changements climatiques chez les utilisateurs de ressources et le grand public, en particulier dans les collectivités côtières.
Regard vers l’avenir
Les participants ont nommé certaines des mesures individuelles et collectives qu’ils croient nécessaires pour appuyer les efforts d’adaptation et, de ce fait, favoriser la résilience des pêches et des collectivités côtières.
Possibilités de financement
Les participants ont souligné la nécessité d’un soutien financier accru pour s’adapter aux conditions changeantes, investir dans des pratiques durables et moderniser leurs opérations. Voici quelques exemples de mesures recommandées :
- Améliorer ou créer de nouvelles voies de financement dans les différents ordres de gouvernement qui sont plus souples, accessibles pour tous les utilisateurs des ressources et adaptées aux besoins locaux.
- En C.‑B., les participants ont suggéré la création de nouveaux mécanismes de financement, comme un fonds d’aide en cas de catastrophe et un office de prêts aux pêcheurs.
- Dans la région du Québec, les participants ont recommandé des modifications aux politiques de délivrance de permis et des incitatifs financiers pour faciliter l’accès au secteur pour les nouveaux entrants.
- Dans la région du Golfe, nous avons entendu le désir d’élargir l’accès aux programmes de financement inclusifs qui aident à couvrir les coûts élevés de l’adaptation pour tous les utilisateurs des ressources.
Collaboration et communication
Il s’agissait d’un thème fort et constant dans tous les ateliers. Les participants ont demandé une collaboration accrue entre le MPO, les collectivités et organisations autochtones, l’industrie, les organismes de pêche et les pêcheurs afin d’appuyer des efforts plus efficaces d’adaptation aux changements climatiques. Voici certaines des mesures suggérées :
- Établir des façons de partager les ressources entre différents secteurs, régions, ordres de gouvernement et organisations afin de renforcer la résilience collective. Cela exige de la confiance et une communication ouverte quant aux objectifs et aux attentes.
- Améliorer la communication du MPO avec les communautés autochtones, les pêcheurs, les industries et les organisations de pêche pour la recherche, les décisions de gestion, l’élaboration des politiques et l’information scientifique.
- Veiller à ce que les résultats de la recherche soient communiqués aux collectivités et aux participants à la recherche d’une manière qui met clairement en évidence le but de la recherche et l’application pratique des résultats.
- Présenter tous les renseignements en langage simple et fournir des traductions au besoin pour améliorer l’accessibilité.
- Communiquer les risques climatiques à court et à long terme, tout en élaborant des stratégies pour gérer efficacement ces risques.
- Les participants des régions des Maritimes et du Golfe ont suggéré de lancer une campagne de sensibilisation du public afin d’améliorer l’éducation sur les effets des changements climatiques sur les pêches, en soulignant la responsabilité partagée de l’adaptation dans tous les secteurs, et l’importance des pêches en tant que ressource naturelle et source vitale de sécurité alimentaire.
Planification prospective et renforcement des capacités
- Les participants ont souvent insisté sur les défis posés par le rythme des changements environnementaux et l’imprévisibilité de leurs effets. En particulier, l’atelier de T.-N.-L. a fait ressortir les préoccupations généralisées au sujet de la variabilité des pêches d’une année à l’autre et du manque de clarté quant à la façon dont les changements environnementaux influent sur les stocks de poissons et les écosystèmes. Ces facteurs rendent la planification difficile pour les gestionnaires des pêches et les utilisateurs des ressources.
- On a vivement réclamé une capacité accrue dans tous les secteurs – industrie, gouvernement et organisations environnementales – pour participer efficacement à l’adaptation aux changements climatiques. Les participants ont souligné l’importance de créer des connaissances, des outils et des ressources pour appuyer la prise de décisions proactives et éclairées.
- Lors de l’atelier tenu au Québec, les participants ont souligné l’importance de diversifier les marchés pour les pêches existantes et de trouver des façons de mieux utiliser les prises accessoires. Ils ont également recommandé de délaisser le système de récolte en fonction du volume et de mettre davantage l’accent sur la qualité des produits comme moyen d’accroître la résilience et la valeur.
Suite des discussions
- Dans l’ensemble, les participants ont dit souhaiter poursuivre les discussions sur l’adaptation aux changements climatiques. Ils ont souligné quelques caractéristiques communes qui devraient orienter les discussions futures.
- Faire des discussions sur l’adaptation aux changements climatiques un point permanent à l’ordre du jour des comités consultatifs et/ou de gestion existants.
- Le MPO pourrait envisager d’établir un groupe de travail sur les changements climatiques axé sur des discussions en groupes mixtes (membres de tous les secteurs).
- Inclure tous les secteurs dans les discussions visant à accroître la collaboration, à établir des relations et à trouver des solutions communes.
- Quel que soit le format, adopter une approche plus interactive qui appuie les discussions ouvertes, les débats et les séances de remue-méninges, plutôt qu’une communication unidirectionnelle du MPO aux participants, ce qui a été mentionné comme étant de plus en plus courant.
- Les participants ont également déclaré que les discussions en personne seraient encore plus avantageuses que les présentations virtuelles seulement.
- Il est important de noter que, dans le cadre de plusieurs ateliers, on a mentionné que les futurs groupes de travail doivent être axés sur l’action. Pour demeurer pertinents, ces groupes devraient se concentrer sur des résultats concrets, comme l’élaboration d’un plan d’action ou l’établissement de priorités claires, plutôt que de devenir une simple discussion ou un exercice théorique.
Pensée novatrice
Nous avons entendu que, dans l’avenir, il faudra faire preuve d’audace et chercher de nouvelles solutions, idées et façons de fonctionner. Comme les changements climatiques touchent tous les secteurs, le MPO et tous les partenaires concernés devraient chercher des occasions de travailler ensemble et être prêts à prendre des risques – même si cela signifie que certains efforts pourraient ne pas donner de résultats. Les domaines d’exploration pourraient comprendre :
- l’exploration de solutions novatrices pour aider à s’adapter aux limites de financement;
- l’utilisation d’autres méthodes de collecte de données, comme des drones pour les pêches éloignées ou peu accessibles;
- le recours à l’intelligence artificielle pour analyser les données existantes et prévoir les tendances dans les pêches pour lesquelles les données sont rares.
Intégration des connaissances des Autochtones et des pêcheurs
- Les participants ont souligné l’importance d’intégrer de façon significative et uniforme le SA et les expériences vécues par tous les pêcheurs dans les processus scientifiques et décisionnels du MPO. Ils ont insisté sur le fait que les connaissances de ceux qui vivent et travaillent en proximité avec l’environnement sont essentielles pour une gestion des pêches éclairée, réactive et durable. De nombreux participants ont demandé que le SA soit reconnu et utilisé parallèlement à la science occidentale. Le SA est enraciné dans des générations d’expérience et de liens profonds avec la terre, l’eau et les écosystèmes. Les participants ont l’impression qu’il doit être considéré comme fondamental plutôt que complémentaire dans la recherche et la gestion du MPO.
- Certains participants ont suggéré des mesures précises pour aller de l’avant. Par exemple, dans l’atelier de l’est de l’Arctique, des participants ont recommandé que le MPO :
- examine les modèles internationaux qui démontrent une intégration réussie du SA dans les politiques et les sciences halieutiques;
- fasse appel aux partenaires inuits dès le début du processus de recherche, y compris pour la création de questions et d’hypothèses de recherche.
- De nombreux intervenants ont souligné la valeur des connaissances des pêcheurs commerciaux et de leur rôle dans la recherche et la prise de décisions. Les pêcheurs sur l’eau tous les jours peuvent fournir des renseignements essentiels et des observations préliminaires des changements environnementaux.
- De nombreux pêcheurs commerciaux sont impatients de transmettre leurs connaissances « sur le terrain » et leurs observations en temps réel avec le MPO afin d’appuyer la prise de décisions et une gestion plus réactive des pêches. Toutefois, un mécanisme clair et accessible est nécessaire pour veiller à ce que cette information puisse être recueillie, valorisée et intégrée efficacement.
Activités scientifiques et collecte de données
Pour appuyer la gestion de pêches résilientes aux changements climatiques, les activités scientifiques et les efforts de collecte de données suivants ont été recommandés :
- Normaliser la collecte de données pour réagir plus rapidement aux effets des changements climatiques.
- Effectuer une analyse des lacunes et une analyse de référence, suivies d’un exercice d’établissement des priorités pour déterminer les domaines prioritaires.
- Élaborer des indicateurs sociaux, culturels et économiques mesurables pour permettre une compréhension plus holistique des pêches et des collectivités autochtones et côtières auxquelles elles contribuent.
- Mettre l’accent sur les activités qui appuieront la capacité prédictive et la prise de décisions futures. Par exemple, accorder la priorité à l’évaluation de l’abondance du sébaste, qui devient de plus en plus présent dans de nombreuses régions, y compris dans l’est de l’Arctique.
- Intégrer les indicateurs des changements climatiques dans de solides évaluations des stocks et tenir compte des données climatiques dans les décisions de gestion.
Gestion des pêches
- Dans l’ensemble, les participants souhaitaient des approches de gestion des pêches proactives et souples pour appuyer les pêcheurs, l’industrie et les collectivités en période d’incertitude et de changement rapide.
- Ils souhaitaient également que l’approche écosystémique de gestion des pêches soit mieux utilisée, en tenant compte des interactions entre les espèces et des conditions environnementales afin de protéger la productivité de l’écosystème de façon durable.
- Dans tous les ateliers, les participants ont mentionné la nécessité d’une plus grande souplesse en matière de réglementation, de politiques et de délivrance de permis qui appuiera la capacité du MPO et des pêcheurs à réagir à l’évolution rapide des conditions – en particulier la capacité de prendre rapidement des décisions et des mesures d’adaptation au fur et à mesure que les circonstances évoluent. Les participants ont fait des suggestions précises pour accroître la réactivité et l’orientation future des pêches. De plus amples renseignements sont fournis dans les rapports régionaux, mais voici quelques exemples :
- Augmentation de la capacité d’intervention :
- Diversifier les portefeuilles de permis et explorer de nouvelles possibilités économiques, notamment en ajoutant de la valeur aux prises accessoires de la pêche.
- Envisager des possibilités de récolte pour les espèces émergentes dans les eaux canadiennes et pour les pêches existantes qui s’installent dans de nouvelles zones.
- Évaluer les régimes actuels de délivrance de permis compte tenu des changements dans la répartition des espèces (p. ex. migration du homard vers le nord).
- Revoir la gestion des quotas pour améliorer l’adaptabilité.
- Explorer les possibilités d’assouplissements en matière de politiques et de délivrance de permis afin de réduire les coûts et les répercussions pour les pêcheurs, comme les systèmes de jumelage et les permis partagés ou communautaires.
- Orientations futures :
- Délaisser la gestion axée sur une seule espèce et mettre en œuvre une approche écosystémique de la gestion des pêches, conformément aux engagements publics.
- Exiger l’intégration des données sur les changements climatiques dans toutes les décisions de gestion des pêches.
- Améliorer la capacité locale de surveillance des ressources et d’application des connaissances.
- Établir des mécanismes d’intégration et de soutien de l’expertise locale en gestion. Il pourrait s’agir de réorganiser les réunions des comités consultatifs afin de favoriser un partage d’informations et des discussions plus efficaces ou d’organiser des ateliers en dehors des réunions des comités consultatifs industrie-MPO, ce qui pourrait contribuer à réduire les formalités administratives.
- Mettre davantage l’accent sur la restauration de l’habitat et la biodiversité.
- Planification proactive. Participer à des activités de planification futures, comme la planification par scénarios (ou la prévision) afin de se préparer aux changements futurs prévus et d’accroître la prévisibilité pour les pêcheurs.
- Augmentation de la capacité d’intervention :
Conclusion
Les ateliers ont permis aux organisations et aux gouvernements autochtones, ainsi qu’aux principaux intervenants des pêches qui exercent leurs activités dans les eaux canadiennes, de se réunir pour discuter et en apprendre davantage sur les défis posés par les changements climatiques. Les discussions et les points de vue échangés au cours des événements ont aidé le MPO à comprendre les effets des changements climatiques auxquels font face les utilisateurs des ressources sur chacune des côtes. L’engagement et le dévouement de tous les participants, qui provenaient de divers secteurs et collectivités, ont fait ressortir le besoin urgent de s’attaquer aux effets des changements climatiques sur les pêches.
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