Ce que nous avons entendu : Adapter les pêches du Québec aux changements climatiques
Remarque : Pêches et Océans Canada (MPO) a organisé une série de sept ateliers régionaux afin de discuter des répercussions des changements climatiques, des obstacles à l'adaptation et des mesures à prendre pour soutenir la résilience des pêcheurs et de l'industrie de la pêche sauvage au Canada.
Sur cette page
- Avertissement
- Résumé : principaux points à retenir
- Rapport
- Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
- Quels sont les effets des changements climatiques sur vos pêches
- Quels sont vos principaux défis et vos préoccupations? Qu’est-ce qui a le plus changé dans vos pêches
- Quelles mesures prenez-vous pour répondre ou vous adapter aux conditions changeantes
- Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à l’adaptation
- Regard vers l’avenir
- Quelle est votre vision de l’avenir pour les pêches de la région adaptées au climat? À quoi ressemble le succès
- Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives
- Quelle est la meilleure façon de poursuivre ces conversations
- Résultats de l’exercice de sondage
- Question no 1 : Choisissez, parmi tous les éléments suivants, ceux qui s’appliquent à vous et à votre rôle
- Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous
- Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs
- Liste des participants
- Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
Avertissement
Le rapport suivant contient les opinions exprimées par les personnes qui ont assisté aux ateliers régionaux et ne reflète pas nécessairement les points de vue de Pêches et Océans Canada (MPO).
Tout au long du présent rapport, les opinions des participants sont présentées telles qu’elles ont été reçues par le MPO. Cependant, dans certains cas, il existe des divergences entre les interprétations des participants et ce qui est autorisé par le MPO. Ainsi, les commentaires des participants ne sont pas toujours conformes au cadre légal, réglementaire et stratégique tel qu’il est entendu par le MPO. En outre, les recommandations des participants citées ci-dessous reflètent un consensus, mais ne doivent pas être interprétées comme ayant fait l’objet d’un consentement unanime.
Résumé : principaux points à retenir
Les participants ont mentionné plusieurs effets des changements climatiques, notamment :
- Changements environnementaux (augmentation des températures de l’eau, diminution des niveaux d’oxygène dans l’eau et modification de la couverture de glace).
- Changements dans la répartition des espèces, leurs cycles vitaux et les conditions et saisons de pêche.
- Augmentation des coûts pour les industries sur le plan de l’infrastructure et des investissements.
Les participants ont signalé plusieurs menaces pour les pêches du Québec attribuables aux changements climatiques, notamment :
- Des systèmes de gestion et de réglementation lents et rigides, ainsi que des préoccupations au sujet des données scientifiques qui orientent les prévisions et la prise de décisions pour les activités de pêche.
- Des défis liés à l’abondance des ressources (augmentation dans certains cas et diminution ou même fermeture de la pêche dans d’autres).
- Les modèles et les marchés propres aux espèces ne sont pas adaptés aux changements continus de l’écosystème.
- Des préoccupations pour la santé et la sécurité des pêcheurs qui font face à des conditions de pêche plus difficiles et passent de plus en plus de temps en mer.
Les participants prennent plusieurs mesures pour s’adapter aux changements climatiques, notamment :
- Le développement de nouveaux marchés afin d’améliorer la diversification des marchés.
- Chercher à diversifier les portefeuilles de permis afin de mieux s’adapter aux conditions environnementales changeantes.
- On met davantage l’accent sur la valeur des prises : pêcher moins, mais ajouter de la valeur au produit.
Les participants ont cerné plusieurs obstacles clés à l’adaptation, notamment :
- Une augmentation des coûts d’exploitation d’une entreprise de pêche, ce qui entraîne une culture de surpêche, des situations de faillite et des répercussions sur la santé mentale des pêcheurs.
- Un système de délivrance de permis et de réglementation lent et rigide, incapable de suivre le rythme des changements climatiques.
- Un manque de coopération entre le MPO et les nombreux autres intervenants du milieu de la pêche.
- Un manque de connaissances et de données essentielles sur l’écosystème et l’évolution des conditions environnementales.
Les participants ont cerné plusieurs mesures clés pour aider les pêches à s’adapter aux changements, notamment :
- Modifier les politiques et les règlements pour permettre la pêche simultanée de plusieurs espèces et de mettre au point des méthodes de valorisation des prises accessoires qui réduiront le gaspillage et encourageront la conservation.
- Améliorer la représentation des Autochtones dans le processus décisionnel, ce qui permettra un meilleur partage des connaissances afin d’améliorer l’état de la pêche.
- Accroître la collaboration entre le MPO et les divers intervenants du milieu de la pêche pour améliorer la collecte et l’utilisation des données, tout en augmentant le nombre d’observations en mer.
- Promouvoir les produits de la pêche du Québec et accorder la priorité aux marchés locaux.
- Prendre des mesures proactives pour réagir aux changements climatiques et atténuer l’incertitude.
- Développer le secteur de l’aquaculture pour réduire la pression sur les ressources et être plus résilient.
- Un meilleur soutien de la part du MPO pour accroître la valeur de la profession de pêcheur et assurer la sécurité des pêcheurs.
Rapport
Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
Quels sont les effets des changements climatiques sur vos pêches
La discussion a permis de dresser la liste d’une variété d’effets des changements climatiques sur les pêches dans la région du Québec. Le changement environnemental le plus notable que les participants remarquent déjà est celui de la température de l’eau. Certains participants ont fait remarquer que l’augmentation de la température de l’eau semble entraîner une diminution des prises dans certains cas et semble être idéale pour le recrutement et le cycle vital d’autres espèces. Une diminution des niveaux d’oxygène dans l’eau a aussi été mentionnée. Ils notent également que le niveau d’acidité de l’eau a déjà changé, entraînant des difficultés pour la croissance de certaines espèces (p. ex. les bivalves qui dépendent du carbonate de calcium pour construire et maintenir leur coquille). Les pêcheurs ont également signalé que la couverture de glace semble généralement reculer plus tôt dans la saison, ce qui pourrait avoir des effets positifs (ouverture plus précoce des ports et des activités de pêche), mais aussi des effets négatifs sur certaines espèces et certaines pêches. Enfin, une augmentation de l’érosion côtière a été observée, ce qui a un effet sur l’habitat.
Les participants ont signalé qu’ils avaient remarqué des changements dans la répartition des espèces, ces changements ayant des effets positifs pour certaines espèces, mais négatifs pour d’autres. Le rendement et la population de certaines espèces ont augmenté (ce qui a donné lieu à des débarquements plus importants), tandis que d’autres espèces ont connu une diminution importante (certaines pêches ont même été complètement fermées). De nombreux pêcheurs ont déclaré que le déplacement des espèces a entraîné des changements dans les saisons de pêche, comparativement aux années précédentes. Cette redistribution des espèces a également un effet sur les relations prédateur-proie, et certains remarquent même l’arrivée de nouvelles espèces prédatrices, ce qui a une incidence sur tout l’écosystème. La redistribution des espèces aurait également affecté les principales pêcheries commerciales et leurs infrastructures, ce qui affecte à son tour les pêcheurs et leurs collectivités. Enfin, les participants ont souligné que les changements dans la répartition des espèces ont également des répercussions plus vastes, comme la présence de baleines qui influencent diverses activités de pêche dans la région.
Les participants ont noté que les répercussions climatiques dans la région accroissent l’incertitude au sujet de la saisonnalité, des conditions de pêche et des espèces qui peuvent être pêchées. Ils ont expliqué que l’abondance de certaines espèces peut varier d’une année à l’autre et que le manque de fiabilité des données complique la planification des activités de pêche. Ils ont souligné qu’il demeure difficile de dire si ces variations d’abondance sont réellement liées aux changements climatiques ou plutôt à d’autres changements normaux dans l’écosystème ou à d’autres facteurs. Les participants ont souligné que les habitudes de pêche ont changé ces dernières années, déplaçant les lieux de pêche de certaines espèces. Ils ont noté que le réchauffement des eaux, qui semble actuellement parfait pour attirer certaines espèces dans la région, pourrait éventuellement devenir trop important si la température de l’eau continue d’augmenter, ce qui pourrait entraîner une réduction des prises. En outre, les discussions de l’atelier ont révélé que les gens de la région voient un nombre croissant de tempêtes et que celles-ci sont également plus fortes qu’auparavant. Les pêcheurs doivent être vigilants en tout temps, car les conditions peuvent changer rapidement.
Les participants ont mentionné que les répercussions des changements climatiques se font sentir par le secteur à travers la hausse des coûts. Ils ont noté que les changements climatiques ont une incidence sur les espèces faisant l’objet d’une pêche commerciale, ainsi que sur l’infrastructure des pêches (comme les ports et les usines de transformation). Les participants ont également souligné que l’incertitude croissante complique les investissements qui nécessitent une grande prise de risque. Les pêcheurs notent que les navires sont plus imposants pour mieux s’adapter aux courants et aux vents plus forts découlant des changements climatiques, ce qui entraîne également une augmentation des coûts.
De plus, les participants ont mentionné que les effets des changements climatiques ont une incidence sur la croissance et le cycle vital de certaines espèces, qui ne semblent plus croître au même rythme ou qui pondent leurs œufs beaucoup plus tôt dans la saison. Ces changements affectent les pêcheurs, qui signalent des difficultés à trouver des stocks vers la fin de leur saison de pêche. De plus, les participants ont noté que certaines espèces ont plus de difficulté à s’adapter que d’autres, ce qui limite la capacité de faire des projections précises pour ces pêcheries. Les participants ont expliqué que dans certains cas, le déclin de certaines espèces affecte la capacité des communautés à pêcher toute la saison.
Quels sont vos principaux défis et vos préoccupations? Qu’est-ce qui a le plus changé dans vos pêches
Plusieurs défis et préoccupations ont été soulevés, principalement en ce qui concerne l’abondance de la ressource, les questions liées à la science et à la gestion des ressources, à l’adaptabilité de l’industrie et à la sécurité des pêcheurs.
Les participants ont parlé de diminutions importantes chez certaines espèces, ainsi que du réchauffement des températures de l’eau, ce qui les pousse à craindre un effondrement potentiel de certaines pêches. Les changements dans la couverture de glace sont également préoccupants, car ils ne sont pas prévisibles et peuvent varier d’une année à l’autre. Avec tous ces changements, les pêcheurs craignent de perdre plus d’engins de pêche (casiers fantômes).
Les participants ont également soulevé plusieurs défis et préoccupations liés à la science et à la gestion des ressources. Dans le contexte des changements climatiques, ils estiment qu’il devient encore plus important d’avoir une gestion adaptative des pêches afin de mieux s’adapter aux effets dans la région. Compte tenu de la diversité des répercussions dans la région du Québec, les participants ont estimé que la centralisation des décisions de gestion pourrait causer des problèmes d’adaptation. Ils ont noté que les mesures de gestion pratiquées par le passé ne semblent plus « faire l’affaire » et que l’importance relative des différents indicateurs est difficile à distinguer. De plus, ils ont insisté sur l’urgence de prendre des décisions pour permettre une bonne adaptation.
Les participants se sont inquiétés du fait que les changements environnementaux semblent se produire plus rapidement que la vitesse à laquelle le MPO peut adapter ses politiques et règlements. On se demande également si les facteurs climatiques, ainsi que d’autres facteurs incontrôlables, sont pris en considération dans l’approche du MPO (p. ex. les relations prédateur-proie et les renseignements sur les prises accessoires). En ce qui concerne la gestion, les participants craignent de devoir répéter tout le travail qui a déjà été fait pour adapter leurs pêches aux comportements des baleines noires de l’Atlantique Nord. Ils se demandent si tout le processus devra être répété chaque fois que de nouvelles espèces en péril arriveront dans la région (p. ex. le requin blanc). Concernant le système de délivrance de permis, ils ont noté que les changements climatiques se produisent à un rythme si rapide qu’on a le sentiment qu’ils aggravent les inégalités dans ce système. Ils ont ajouté que les prévisions à long terme et la planification des opérations sont difficiles et présentent un réel défi, surtout en ce qui concerne le dragage des ports. Certains ont également exprimé des préoccupations au sujet des pratiques de surpêche, ce qui, selon eux, est un facteur important expliquant l’état actuel de la pêche dans la région. Un pêcheur a fait remarquer que la pêche est devenue une activité de plus en plus complexe.
Les participants se sont également inquiétés du fait que le modèle monospécifique sur lequel s’appuie le secteur est mal adapté à l’évolution incessante de l’écosystème. Ils ont noté que lorsque de nouvelles possibilités se présentent, la responsabilité ne devrait pas reposer uniquement sur le MPO; le secteur doit aussi être prêt et adapter son infrastructure aux changements climatiques (p. ex., navires, équipements, usines de transformation). Les participants ont souligné que la rapidité du changement présente de nombreux défis, notamment la complexité des prévisions d’investissement et des profils de risque du point de vue des prêteurs. En particulier, les participants ont indiqué avoir du mal à décider des investissements à faire, tant en termes d’équipement que de permis.
Enfin, les participants craignent que de nombreux pêcheurs ne s’épuisent plus rapidement, étant donné que les conditions de pêche sont plus difficiles. Ils doivent souvent aller plus loin pour pêcher la ressource et passer plus de temps en mer, tout en se conformant à un plus grand nombre de règles. Ils ont aussi mentionné qu’une étude récente souligne que la santé mentale des pêcheurs du Québec est perturbée par les changements climatiques.
Quelles mesures prenez-vous pour répondre ou vous adapter aux conditions changeantes
Les participants ont fait part de diverses mesures qu’ils ont prises pour s’adapter aux conditions changeantes. Ils ont convenu que tous les acteurs de la chaîne ont une responsabilité à assumer dans le contexte actuel, peu importe ce qui a mené à cette situation, et qu’il faudra mettre en place des changements majeurs.
On a noté que le secteur a développé, ou est en train de développer, de nouveaux marchés pour favoriser la diversification des marchés et réduire sa dépendance à l’égard des marchés américains. Certains participants ont aussi indiqué qu’ils ajusteront leurs activités en raison des changements survenus dans les espèces récoltées. Les pêcheurs remarquent une prévalence accrue d’espèces qui n’étaient pas auparavant présentes dans leurs zones de pêche, ce qui pourrait donner accès à de nouvelles pêcheries pour certains pêcheurs. En conséquence, certains pêcheurs ont rapporté qu’ils travaillent à diversifier leur portefeuille de permis afin de mieux s’adapter aux conditions changeantes de leur environnement. En outre, les participants veulent se concentrer sur une meilleure utilisation de leurs prises : pêcher moins, mais ajouter de la valeur au produit.
Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à l’adaptation
Les participants ont relevé plusieurs obstacles à l’adaptation dans la région du Québec, qui touchent notamment l’industrie, les marchés, le gouvernement, les traditions historiques et la gestion.
Au niveau de l’industrie, on a noté qu’il y avait un problème lié à la main-d’œuvre et aux nouveaux coûts d’exploitation. Les participants ont fait remarquer que les dépenses d’une entreprise de pêche ne sont plus les mêmes aujourd’hui que par le passé. Par exemple, ils doivent payer plus cher pour la sécurité, l’assurance et l’assurance-emploi. De plus, la situation actuelle du marché est une source de stress pour les pêcheurs. Selon les participants, étant donné que les pêches ciblent un très grand volume en peu de temps, il n’est pas possible de vendre tout ce volume localement en si peu de temps, même s’il y a un bon marché au Québec. Ils ont ajouté que cela démontre que le système semble davantage orienté vers l’exportation, même si le marché québécois croît rapidement. Les participants ont expliqué qu’il y a de la surpêche parce que les pêcheurs doivent rembourser leurs prêts. Tout cela a un effet sur la santé mentale et sur l’anxiété des pêcheurs, qui est palpable à l’heure actuelle, tout comme l’incertitude dans le secteur de la pêche, qui pèse également lourd sur les collectivités. Les participants ont indiqué qu’étant donné que le secteur est si étroitement lié au marché et à l’investissement, il a aussi un rôle à jouer dans l’adaptation aux changements climatiques.
Les participants ont souligné que les changements climatiques se produisent si vite qu’ils entraînent des inégalités dans le secteur, lesquelles sont exacerbées par la lenteur et la rigidité du système de délivrance de permis, et ont une incidence sur la capacité d’adaptation de l’environnement. Les pêcheurs ont fait remarquer que les permis propres à une espèce limitent l’accès à la ressource et créent un système qui fonctionne selon un modèle d’oscillation entre les cycles d’expansion et de ralentissement. Par exemple, on a dit que les pêcheurs de crevettes auraient dû être en mesure de transférer leur quota de crevettes directement au sébaste, mais ce n’était pas possible avec la structure actuelle du système. De plus, les pêcheurs ont noté que la valeur des permis a beaucoup changé; le rendement du capital investi n’est plus toujours là, et ils craignent que cette nouvelle réalité n’encourage pas la prochaine génération de pêcheurs à investir le secteur. Les participants ont également noté que les incitatifs financiers mis en place pour aider les nouveaux venus dans le secteur des pêches pourraient même contribuer au problème, car les « vendeurs » de permis ajustent leurs prix en fonction de ces incitatifs. De plus, ils ont noté que la cherté des permis et la hausse des prix de ces dernières années font en sorte qu’il est très difficile pour les nouveaux venus d’accéder à la pêche. Ils ont expliqué que le secteur a actuellement du mal à prospérer économiquement, car les espèces deviennent de plus en plus rares. Les participants ont estimé que la mise à jour de ce système de délivrance des permis obsolète constituerait une amélioration majeure qui profiterait au secteur, car elle permettrait une plus grande flexibilité et faciliterait l’adaptation et la planification commerciale.
En plus de ce fardeau financier, un plus grand nombre de pêcheurs cherchent à diversifier leurs activités, ce qui suppose un investissement supplémentaire dans leurs permis. Certains mettent même leur entreprise en danger pour diversifier leurs permis et leurs activités. Les pêcheurs exercent une pression supplémentaire sur la ressource en pratiquant la surpêche afin de pouvoir rembourser leur financement. Les participants ont souligné qu’ils ne savent pas si la ressource soutiendra encore longtemps leurs collectivités (les pêches fournissent souvent un soutien, par exemple, en ce qui concerne l’éducation et les programmes sociaux dans les collectivités). Ils ont également expliqué qu’ils se sentent assujettis à une réglementation excessive, ce qui coûte cher, et qu’il n’y a pas suffisamment d’observateurs en mer pour faire appliquer la réglementation. L’incertitude et la difficulté de prévoir ce qui s’en vient demeurent un obstacle majeur.
Les participants ont admis qu’ils se sentaient coincés par la réglementation; les espèces s’adaptent aux changements climatiques, mais le gouvernement doit s’adapter plus rapidement. Nous devons penser à partager la ressource. Les participants laissent entendre qu’apporter des changements plus rapidement aux règles de gestion est essentiel pour permettre l’adaptation et l’amélioration de la rentabilité (p. ex. les règles relatives à la flotte, les restrictions sur la pêche simultanée et l’obligation de remise à l’eau des prises accessoires). Ils ont fait également remarquer qu’il est important d’élaborer et de mettre en œuvre des plans d’intervention pour les espèces. Selon les participants, les politiques et les règlements du MPO doivent s’adapter plus rapidement pour permettre aux pêcheurs et au secteur de profiter des nouvelles espèces dans leur région.
Les participants ont noté qu’il existe une occasion pour le MPO de tirer parti de l’expertise des pêcheurs. Il a été suggéré que la création d’approches plus inclusives et accessibles pour recevoir et traiter l’information renforcerait la collaboration, faciliterait la création de nouveaux projets, réduirait la complexité de la bureaucratie et assouplirait le système actuel. Les participants ont également fait remarquer qu’il ne semble pas y avoir un nombre suffisant d’observateurs en mer pour couvrir adéquatement le territoire et la réglementation en place. Cela, combiné à un manque de données écosystémiques complètes, fait en sorte que les pêcheurs s’inquiètent qu’il pourrait y avoir trop de ressources pêchées à l’heure actuelle, plus que ce qui devrait en réalité être prélevé.
Plusieurs ont affirmé le fait que les façons de faire semblent encore fondées sur la tradition, malgré le fait que les conditions aient changé. Ils estiment que les engins de pêche et les saisons doivent changer, tout comme la quantité de poissons prélevée. Les participants ont fait remarquer qu’ils travaillent toujours dans une culture de quantité, où les acheteurs (dont la grande majorité est des Américains) veulent de grandes quantités de poisson plutôt que des produits plus petits et de meilleure qualité. Le Canada devrait se pencher sur les autres pays qui ont apporté ce changement à la culture, comme l’Europe, en particulier, l’a fait.
Regard vers l’avenir
Quelle est votre vision de l’avenir pour les pêches de la région adaptées au climat? À quoi ressemble le succès
La vision de l’avenir des pêches dans la région du Québec en est une de collaboration, d’adaptation et de mise en valeur. Beaucoup aimeraient que le MPO mette au point des méthodes qui permettraient d’ajouter de la valeur aux prises accessoires afin de réduire au minimum le gaspillage et d’encourager la conservation de toutes les prises accessoires. Ils aimeraient également que le MPO modifie ses politiques et règlements pour permettre la récolte simultanée de plusieurs espèces, ce qui maximiserait la rentabilité en équilibrant les coûts et les revenus et réduirait les coûts d’exploitation. Les participants veulent une adaptation plus rapide et plus de flexibilité, ainsi qu’une moins grande centralisation de la gestion. Enfin, les participants ont dit qu’il devrait y avoir une représentation accrue des Autochtones dans le processus de prise de décisions. Ils aimeraient être inspirés et travailler avec les peuples autochtones parce qu’ils croient que le système de récolte autochtone est dans une assez bonne position et semble offrir un modèle intéressant de récolte et de partage des ressources pour leurs communautés.
L’industrie souhaite accroître sa collaboration avec le MPO afin d’améliorer la collecte et l’utilisation des données, et aimerait voir augmenter le nombre d’observateurs en mer. Ses membres suggèrent d’explorer davantage la possibilité d’embaucher du personnel scientifique pour recueillir des données à bord des navires de pêche. Ils pensent que le déploiement d’innovations et de nouvelles technologies dans le secteur des pêches, comme les caméras et les journaux de bord électroniques, pourrait améliorer la collecte et l’échange de données entre le MPO et l’industrie. Dans l’avenir, et afin d’assurer la réussite, les régions devraient toutes travailler encore plus ensemble et avoir plus de discussions avec les peuples autochtones et les associations de pêcheurs. Les participants souhaiteraient en particulier avoir de meilleures capacités de prévision afin d’être plus proactifs et veulent voir des décisions davantage fondées sur la science plutôt que sur des politiques.
Selon les participants à l’atelier, un élément important pour assurer un avenir meilleur serait de mener une campagne de communication afin d’aider à changer la mentalité des consommateurs pour encourager le principe de « pêcher moins, mais pêcher mieux ». Les gens de l’industrie veulent que les produits québécois soient mis en évidence plutôt que les produits importés dans les différents points de vente. Ils souhaitent également une meilleure promotion des produits québécois dans les établissements provinciaux et fédéraux (p. ex. dans les centres de la petite enfance, les hôpitaux et les prisons).
À l’heure actuelle, la vision de la réussite de l’industrie serait d’avoir la capacité de couvrir toutes ses dépenses et d’être en mesure de se préparer pour la prochaine saison. L’industrie aimerait aussi que son image soit rehaussée, image qui semble avoir perdu du lustre au cours des dernières années. Les participants ont indiqué que, dans l’avenir, il pourrait être nécessaire d’envisager d’accroître la présence de l’aquaculture dans la province. Le Québec possède d’excellents plans d’eau, et l’aquaculture pourrait être un moyen de prolonger les saisons et d’être plus résilient, tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles. Les participants ont noté que de plus en plus de produits consommés proviennent de l’aquaculture. Il y a aussi la possibilité d’encourager une plus grande valeur marchande des produits sauvages comme produits de luxe par rapport aux produits d’élevage. On mentionne également que l’avenir pourrait reposer sur des espèces moins connues et qu’il pourrait être intéressant d’innover pour développer de nouvelles pêches (p. ex. l’étoile de mer). Une autre vision de la réussite consisterait à se concentrer sur les marchés locaux et à développer davantage l’autosuffisance alimentaire de la province. Les participants aimeraient également qu’il y ait des mesures incitatives pour réduire les émissions des navires, car ils font remarquer que la tendance semble aller dans le sens contraire avec des navires de pêche de plus en plus gros.
La santé et la sécurité des pêcheurs sont également une considération important pour l’avenir. Les participants veulent voir une amélioration de la santé mentale et une réduction de l’anxiété chez les pêcheurs pour qui l’incertitude de la pêche pèse actuellement lourd dans la collectivité. Ils aimeraient que le MPO les aide à rehausser la valeur de la profession de pêcheur, ainsi qu’à assurer leur sécurité et à adopter de nouvelles technologies.
Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives.
Les discussions de l’atelier ont soulevé plusieurs possibilités d’appuyer l’adaptation dans la région du Québec. Qu’il s’agisse de nouvelles espèces, d’options de gestion ou d’industries, les participants ont proposé un vaste éventail de solutions possibles. Étant donné qu’il semble y avoir moins de ressources à pêcher, l’ajout de valeur aux prises pourrait être une façon de maintenir les revenus. De plus, les participants ont réitéré l’importance d’encourager la pêche responsable, locale et fière, tout en tirant parti des nouvelles possibilités qui peuvent également découler des changements climatiques (p. ex. avec l’arrivée de nouvelles espèces dans les eaux canadiennes et les activités de pêche dans de nouvelles saisons).
Plusieurs participants ont proposé des modifications réglementaires au système de délivrance des permis et ont mis l’accent sur la nécessité de remédier aux retards administratifs. Ils voudraient qu’on mette l’accent sur le développement des pêches et sur une plus grande souplesse de la réglementation, tant en ce qui concerne l’accès aux nouvelles espèces que l’ajustement des saisons de pêche. Les modifications devraient comprendre des mesures concrètes pour encourager des pêches multi-espèces et plus diversifiées, avec de petites quantités qui seraient prises en même temps pour une seule espèce. Plusieurs ont mentionné l’importance de la diversification du portefeuille et de la gestion des prises accessoires pour l’avenir. Ils indiquent qu’ils devraient être en mesure de conserver et d’évaluer les prises accessoires, comme c’est le cas dans certains autres pays. Des changements seraient nécessaires pour au contenu des permis et d’adapter les permis (p. ex. permis qui sont délivrés par espèces), afin de permettre la pêche simultanée et concurrente de plusieurs espèces.
Les participants ont aussi suggéré que le MPO devrait considérer la possibilité de mettre en œuvre un modèle de pêche où toutes les prises doivent être conservées et déclarées. Ce modèle pourrait permettre la commercialisation et l’utilisation de sous-produits provenant d’une diversité d’espèces. Le souhait de mettre en place des quotas de pêche pour toutes les espèces débarquées a également été mentionné. Les participants ont noté que la biodiversité d’un écosystème est essentielle à la résilience des collectivités et que ces dernières doivent être considérées dans l’examen de ces approches. Il y a aussi un désir d’explorer des voies qui facilitent la diversification et réduisent les pêches industrielles et les pêcheries monospéficique.
Les participants veulent également que l’on réfléchisse à la valeur des permis ou à la façon d’assurer une pension aux pêcheurs qui n’en ont pas, selon la valeur du permis. Il a également été suggéré d’explorer d’autres structures de pêche afin de maintenir les revenus de la pêche dans la collectivité. À titre d’exemple, les participants ont suggéré d’envisager un modèle collectif plurispécifique où les permis pourraient être loués à des flottes en difficulté ou à la prochaine génération pour les aider à démarrer. De plus, certains participants ont exprimé des préoccupations concernant le processus de cession volontaire visant à faire avancer la réconciliation. Ils ont noté que ce processus a une incidence sur la valeur des permis de certains groupes et ne permet pas au jeune successeur indépendant de racheter ces permis comparativement à certains groupes qui sont dans une situation financière plus favorable. Les participants ont proposé la nationalisation des permis, ce qui équivaut à un système de retour des permis au MPO pour les générations futures et les nouveaux venus. Certains participants ont suggéré que les permis soient rationalisés et rachetés afin de réduire le nombre de pêcheurs dans l’avenir, étant donné qu’il n’y a pas suffisamment de ressources pour soutenir tout le monde. Cependant, d’autres ont plutôt proposé de travailler encore plus ensemble pour distribuer la ressource à tous les pêcheurs, afin de garder le même nombre de pêcheurs dans les collectivités.
L’industrie aimerait que le MPO assouplisse ses règlements et les délais administratifs afin que l’industrie puisse effectuer des essais pour de nouvelles méthodes de pêche. Ils veulent également voir une accélération du processus d’une pêche exploratoire à une pêche commerciale dans le cadre de la Politique sur les nouvelles pêches. Les participants ont également recommandé l’utilisation d’une approche écosystémique pour le système de gestion des pêches et un système communautaire de délivrance de permis de pêche, y compris pour les peuples autochtones. Ils ont par ailleurs expliqué qu’une approche écosystémique de la gestion des pêches devrait être utilisée non pas en vase clos, mais plutôt de façon holistique, et devrait également être utilisée par les comités consultatifs. Compte tenu des changements climatiques et de la nouvelle répartition des espèces, les participants ont déclaré qu’il était important de promouvoir une approche écosystémique qui tienne compte du départ et de l’arrivée de différentes espèces, des changements environnementaux (comme la couverture de glace) et des défis que cela comporte pour les secteurs de la pêche de la région. Enfin, les participants veulent avoir un accès de facto à de nouvelles espèces avec leurs permis existants qui pourrait permettre la récolte de toutes les espèces au moyen de filets maillants.
Du point de vue de l’industrie, les participants croient qu’il faudrait mettre l’accent sur les marchés intérieurs et développer davantage les marchés provinciaux. Les participants aimeraient voir une réduction des exportations et être en mesure de trouver un meilleur équilibre entre les marchés d’importation et d’exportation. Les participants veulent également que l’industrie mette l’accent sur la qualité du produit débarqué et le commercialise afin d’en maximiser la valeur au lieu de se concentrer sur la quantité de produit débarqué. La vision de l’industrie est d’avoir une meilleure valeur ajoutée du produit. L’avenir des pêches passe aussi par la transformation. L’industrie veut être plus proactive dans ses actions pour répondre aux changements climatiques et veut être mieux informée sur les risques et les conséquences des changements climatiques, particulièrement en ce qui a trait au processus de renouvellement des permis. En fait, certaines entreprises et industries de pêche fonctionnent actuellement à perte et proposent la mise en place d’un système pour les aider à mieux résister aux changements climatiques afin de surmonter certains facteurs, comme le coût des permis. Les participants ont mentionné qu’il serait possible de s’inspirer du modèle utilisé par les agriculteurs avec la mise en œuvre d’un outil réglementaire comme « Financement agricole Canada », qui est en place pour aider les entreprises agricoles à faire face aux changements climatiques en contribuant à leurs investissements. Les pêcheurs sont également soumis à une énorme imprévisibilité, comme la nouvelle répartition des espèces, les mesures de gestion et l’influence des politiques fédérales. La mise en place d’une telle structure pourrait vraiment aider les entreprises et les industries de la région à être plus résilientes. Les participants ont exprimé le désir de voir une valeur ajoutée aux prises accessoires et la mise en place d’une infrastructure adaptée aux changements environnementaux. Ils expliquent également qu’ils aimeraient voir plus d’incitatifs pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, afin de contrer la tendance actuelle à avoir des bateaux de pêche de plus en plus gros. Enfin, en prenant l’exemple de l’Île-du-Prince-Édouard, certains ont expliqué que l’aquaculture pourrait être une autre solution à envisager afin de réduire la pression sur la ressource, d’augmenter certains stocks, de prolonger les saisons de pêche et d’être plus résiliente avec d’autres espèces.
La collaboration et la communication sont également deux thèmes qui ont été soulevés avec force au cours des discussions de l’atelier. Les participants ont expliqué que les pêcheurs ont beaucoup d’expérience dans leur collectivité, et qu’il serait avantageux de voir une plus grande collaboration entre le secteur et le MPO dans le contexte des changements climatiques. Ils ont ajouté que le secteur souhaite participer davantage et contribuer davantage au recueil des données scientifiques. Il a été souligné que les pêcheurs, dotés des bons outils, surveillent l’eau et devraient être en mesure de contribuer à la collecte de données, surtout lorsque plusieurs rapports publiés au cours des dernières années indiquent un manque de données du MPO. Ils soulignent qu’il est important de pouvoir quantifier les effets des changements climatiques afin d’être en mesure d’ajuster les modèles et d’obtenir les bonnes données. Dans l’ensemble, les participants souhaitent une plus grande collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux, les industries, les différents organismes de pêche et les pêcheurs. Ils ont déclaré qu’une meilleure éducation, une meilleure reddition de comptes et une meilleure communication pour les pêcheurs, mais aussi entre les différents groupes, seraient également nécessaires et permettraient d’imposer plus rapidement des sanctions à ceux qui ont de mauvaises intentions. Certains ont suggéré d’encourager la collaboration entre les pêcheurs afin de compenser la réduction actuelle de la main-d’œuvre dans la région.
Quelle est la meilleure façon de poursuivre ces conversations
Plusieurs participants ont souligné l’importance de tenir des réunions en personne avec le MPO, le secteur et les peuples autochtones. Des ateliers en dehors des réunions du comité consultatif industrie-MPO pourraient également être organisés pour réduire les formalités administratives. Certains ont suggéré que la meilleure façon de poursuivre ces conversations serait dans un environnement plus informel, avec des mises à jour, afin d’encourager une bonne collaboration et le libre échange d’idées. Les groupes de discussion devraient comprendre des représentants du gouvernement, de l’industrie, mais aussi du public. Les participants ont ajouté que des comités devraient également être organisés et que le niveau de prise de décisions devrait être rapproché des pêcheurs, en particulier dans les secteurs maritimes. On s’entend généralement pour dire qu’il devrait y avoir plus d’occasions de tenir ces conversations, et pas seulement au sein du MPO. Ces conversations pourraient également servir à sensibiliser certains pêcheurs et le public au rôle des pêcheurs et de l’industrie, ainsi qu’aux pêches autochtones, afin de mieux représenter la réalité et d’éliminer les idées préconçues.
Résultats de l’exercice de sondage
Au cours de l’atelier, on a demandé aux participants de répondre à un sondage anonyme. Les réponses des participants sont affichées ci-dessous. Veuillez noter que la question 3 demandait aux participants de fournir une réponse écrite; les réponses reflètent les textes tels qu’ils ont été soumis.
Question no 1 : Choisissez, parmi tous les éléments suivants, ceux qui s’appliquent à vous et à votre rôle
- 17 participants étaient directement impliqués dans les pêches
- 16 participants représentaient une industrie de la pêche commerciale
- 15 participants travaillaient dans la gestion de la pêche
- 15 participants représentaient une organisation ou un gouvernement autochtone
- 5 participants ont choisi « autre » comme rôle
- 3 participants étaient des chercheurs ou des scientifiques
- 2 participants représentaient une ONGE
- 1 participant a choisi comme rôle « préfère ne pas répondre ».
Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous
- Je pense que le changement climatique a un impact sur les pêches du Québec. Réponse moyenne : 4,8
- Je pense que le régime de gestion des pêches actuel peut s’adapter et répondre rapidement aux conditions environnementales en évolution. Réponse moyenne : 2,4
- Les règlements empêchent les pêcheurs de s’adapter à l’évolution des conditions climatiques. Réponse moyenne : 3,8
- Le changement climatique nuira aux générations futures. Réponse moyenne : 3,8
- Dans 20 ans, il n’y aura pas assez de poissons pour continuer à exploiter ma principale ressource de pêche. Réponse moyenne : 3,3
- Il est inutile de se préparer au changement climatique puisque nous ne savons pas exactement ce qui va se passer. Réponse moyenne : 1,7
Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs
Réponses écrites :
- Une plus grande flexibilité.
- Accroissement de la participation des communautés et des nations autochtones aux processus décisionnels.
- Approche écosystémique, diversité et augmentation de la valeur du quota actuel.
- Rapprocher les décisions des bureaux régionaux.
- Collaborer avec un comité de l’industrie.
- Explorer comment les pêches sont gérées ailleurs. Il faut une réglementation plus souple; une approche écosystémique, qui tient compte entre autres des relations prédateur-proie, est essentielle.
- Une approche écosystémique, plus inclusive et moins clivante entre les pêcheurs autochtones et commerciaux; un meilleur accès aux ressources, etc.
- Revoir plus rapidement les mesures de gestion.
- Revoir les règles qui régissent la récolte. Éviter le gaspillage causé par la récolte axée sur la quantité plutôt que sur la qualité.
- Simplifier les processus réglementaires et essayer de prévoir l’avenir.
- Surveillance continue de l’environnement et des écosystèmes.
- Collaboration avec la science du poisson.
- Écouter les pêcheurs et leurs besoins.
- Meilleur partenariat entre les pêcheurs et le MPO.
- Modifier les règlements et encourager la prise de décisions à l’échelle locale et régionale.
- Changement dans la gestion des permis, souplesse, inclusion des pêcheurs dans les modèles d’acquisition de données.
- Collecte de données accrue en collaboration avec l’industrie pour permettre une adaptabilité rapide.
- Planifier pour s’adapter au changement et diversifier.
- Meilleures connaissances et outils électroniques.
- Réunions fréquentes avec les pêcheurs et les associations pour comprendre les réalités sur le terrain et travailler ensemble à trouver des solutions.
- Une meilleure connaissance scientifique de l’écosystème marin, en tenant compte des connaissances sur le terrain, permet la conservation des prises accessoires.
- Diversité et acceptation des prises accessoires.
- Récolte simultanée, assouplissement des règles administratives, zéro rejet.
- Une approche écosystémique.
- Meilleures sources de données dans le temps et l’espace.
- Collaboration avec des pêcheurs qui « surveillent les eaux ».
- Un comité régional de pêcheurs de chaque région côtière, avec des règlements sur la souplesse de gestion.
- Latitude dans la prise de décisions. Les effets des changements climatiques sont locaux et ne peuvent pas être traités de façon uniforme. La souplesse et la contextualisation sont nécessaires.
- Une décentralisation basée sur les différentes réalités régionales.
- Écouter les pêcheurs : ils ont de bonnes idées et observations sur les changements climatiques. Leurs observations sont tout aussi précieuses que celles des scientifiques.
- Meilleure prévisibilité de l’état des stocks.
- Flottes multi-espèces et approche de gestion.
- Conserver les ressources pour les générations futures.
- Diversification des activités de pêche et de la technologie.
- Gestion plus souple et adaptative par le Ministère. Un changement de paradigme, éviter le gaspillage et rationaliser les flottes, parce qu’il y a déjà trop d’acteurs.
Liste des participants
Des représentants des organisations, groupes, ONGE, institutions et/ou gouvernements suivants ont participé à l’atelier. Par ordre alphabétique :
- Agence Mamu Innu Kaikusseht
- Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Wolastoqey
- Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie Inc.
- Association des crabiers gaspésiens (ACG)
- Association des pêcheurs de crabe de la zone 17
- Association des pêcheurs de la Basse-Côte-Nord
- Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine / Association of inshore fishermen of the Magdalen Island (Inshore)
- Comité de gestion de la zone 16 inc.
- Conseil de la Première Nation des Innus d’Essipit
- Conseil des Innus d’Unamen Shipu
- Conseil des Innus de Ekuanitshit
- Conseil des Innus de Nutashkuan
- Conseil des Innus de Pakua Shipu
- Conseil des Innus de Pessamit
- Conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani Utenam
- Groupe de pêcheurs de la zone F Inc.
- Listuguj Mi'gmaq Government
- Micmacs of Gespgapegiag Band
- Municipalité régionale de comté de Côte-de-Gaspé
- Première Nation Micmac de Gespeg
- Première nation Wolastogiyik (Malecite) Wahsipekuk
- Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des Côtes des Iles
- Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPIM)
- Regroupement des pêcheurs professionnels de homard du sud de la Gaspésie (RPPSG)
- Regroupement des pêcheurs professionnels de la Haute et Moyenne Côte-Nord
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