Ce que nous avons entendu : Adapter les pêches de Terre-Neuve-et-Labrador aux changements climatiques
Remarque : Pêches et Océans Canada (MPO) a organisé une série de sept ateliers régionaux afin de discuter des répercussions des changements climatiques, des obstacles à l'adaptation et des mesures à prendre pour soutenir la résilience des pêcheurs et de l'industrie de la pêche sauvage au Canada.
Sur cette page
- Avertissement
- Résumé : principaux points à retenir
- Rapport
- Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
- Regard vers l’avenir
- Quelle est votre vision d’avenir pour des pêches adaptées au climat à T.-N.-L.? À quoi ressemble le succès
- Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives
- Quelle est la façon la plus utile de poursuivre ces conversations
- Résultats de l’exercice de sondage
- Question no 1 : Choisissez tous les éléments suivants qui s’appliquent à vous et à votre rôle
- Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous
- Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs
- Liste des participants
Avertissement
Le rapport suivant contient les opinions exprimées par les personnes qui ont assisté aux ateliers régionaux et ne reflète pas nécessairement les points de vue de Pêches et Océans Canada (MPO).
Tout au long du présent rapport, les opinions des participants sont présentées telles qu’elles ont été reçues par le MPO. Cependant, dans certains cas, il existe des divergences entre les interprétations des participants et ce qui est autorisé par le MPO. Ainsi, les commentaires des participants ne sont pas toujours conformes au cadre légal, réglementaire et stratégique tel qu’il est entendu par le MPO. En outre, les recommandations des participants citées ci-dessous reflètent un consensus, mais ne doivent pas être interprétées comme ayant fait l’objet d’un consentement unanime.
Résumé : principaux points à retenir
Les participants ont déclaré avoir subi plusieurs répercussions en raison des changements climatiques, notamment :
- Changements dans la répartition des espèces.
- Des changements de température et de l’état des glaces.
- Changements apportés à la saisonnalité et au moment de la récolte.
- Variation dans l’abondance et la productivité des populations.
- Augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes.
- Espèces envahissantes et changements dans la prédation.
Les participants ont signalé plusieurs menaces pour les pêches de Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.) à l’ère des changements climatiques, notamment :
- Manque de données scientifiques et de données, y compris une solide évaluation des stocks et des sondages.
- Problèmes de gestion (manque de souplesse, cohésion, projections, modélisation…)
- Défis en matière de communication, d’éducation et de transparence.
- Difficultés de collaboration.
- Manque de ressources et de fonds.
- Plans stratégiques, normes et outils insuffisants.
- Incertitude quant aux effets des changements climatiques dans l’avenir.
- Menaces d’effets communautaires et socioéconomiques pour la région.
Les participants prennent des mesures pour s’adapter aux effets des changements climatiques, notamment :
- Examiner les navires électriques ou à faibles émissions.
- S’adapter pour aller récolter le plus tôt possible pendant la saison de récolte.
- Diversification des titulaires de permis.
Les participants ont cerné plusieurs obstacles clés à l’adaptation, notamment :
- Manque de données et d’information scientifique.
- Gestion des pêches lente et inflexible, incapable de suivre l’évolution rapide des conditions.
- Manque d’éducation et de communication dans l’échange d’information scientifique et la sensibilisation aux menaces des changements climatiques.
- Possibilités de collaboration limitées entre le MPO et les collectivités autochtones, les industries, les pêcheurs et les organisations de pêche.
- Manque de ressources et de fonds pour élargir la recherche et mieux aider les pêcheurs et les collectivités à s’adapter aux changements climatiques.
Les participants ont cerné plusieurs mesures ou possibilités à l’appui des efforts d’adaptation, notamment :
- Améliorer l’éducation, la communication et la collaboration entre le MPO et les collectivités autochtones, les pêcheurs, les industries et les organisations de pêche en ce qui concerne la collecte de données, la recherche, les décisions de gestion et la planification des politiques.
- Élargir la collecte et l’analyse de données pour inclure d’autres renseignements (comme les indicateurs des changements climatiques dans les évaluations des stocks).
- Poursuivre la mise en œuvre d’une approche écosystémique de la gestion des pêches et mettre en œuvre des processus de gestion plus rapides et plus souples.
- Élaborer un plan stratégique avec les peuples autochtones, les intervenants et les collectivités pour assurer une planification et une prise de décisions plus cohésives.
Rapport
Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
Quels sont les effets des changements climatiques sur vos pêches
Les participants à l’atelier ont souligné divers effets des changements climatiques qui ont été remarqués à T.-N.-L. Les principaux effets mentionnés étaient : réchauffement des températures de l’eau, changements de l’état de la glace et une augmentation de la fréquence et de l’intensité des conditions météorologiques extrêmes (p. ex. tempêtes).
Un autre effet important mentionné par de nombreux participants tout au long de la réunion est le changement dans la répartition des espèces. Les participants ont expliqué que, même si ce changement peut avoir des effets positifs dans certaines collectivités, d’autres peuvent subir des effets négatifs, y compris des conséquences socioéconomiques. Ils remarquent également des changements dans les comportements migratoires, ainsi que dans les comportements de reproduction et le cycle de vie de différentes espèces. Les pêcheurs ont indiqué qu’il leur faut maintenant plus de temps pour avoir accès aux stocks qu’ils pêchent et aussi plus de temps pour capturer leurs quotas, en partie à cause de ces changements de répartition. Cela a une incidence non pas seulement sur leurs coûts (augmentation des coûts de carburant en raison des longues distances à parcourir), mais aussi sur leur sécurité (le fait d’avoir à parcourir de plus longues distances et de passer plus de temps sur l’eau).
Les participants ont également mentionné des changements dans l’abondance et la productivité de certaines espèces, ce qui entraîne des effets sur les stocks et les résultats des évaluations des stocks. La présence accrue d’espèces envahissantes et les changements dans la prédation compliquent davantage ces défis, avec des répercussions directes sur les moyens de subsistance et la pêche communautaire. Enfin, l’incertitude et l’imprévisibilité liées aux changements climatiques et à leurs effets ont été des thèmes récurrents au cours de la réunion. Des changements dans la période et la saisonnalité de diverses activités de récolte ont été signalés comme créant une complexité supplémentaire.
Quels sont vos principaux défis et préoccupations? Qu’est-ce qui a le plus changé
Les effets des changements environnementaux entraînent d’importants défis et préoccupations dans la région de T.-N.-L. L’une des principales préoccupations soulevées au sujet de la gestion des pêches était la suivante : comment les pêches peuvent-elles être gérées de façon durable avec ces changements, tout en tenant compte des aspects socioéconomiques des collectivités locales? Les participants souhaitent que les pêches soient gérées d’une manière qui protège les stocks tout en assurant la viabilité future de l’industrie de la pêche commerciale. Ils s’inquiètent des nouvelles espèces qui se déplacent vers le nord, y compris les espèces envahissantes, et de la capacité d’intervention de la gestion des pêches. Les participants ont également soulevé des préoccupations au sujet de la « compression spatiale », où un nombre croissant d’utilisateurs de l’océan limitent la capacité des pêches à s’adapter facilement.
L’incertitude est un autre défi important qui a été souligné à maintes reprises durant l’atelier. Les participants étaient d’avis que l’incertitude entourant l’effet réel des changements environnementaux sur les pêches est très difficile à vivre. Certains ont également exprimé des préoccupations au sujet de la communication de l’information scientifique, en particulier les projections à long terme (faisant référence à une étude particulière comportant des prévisions pour les 75 prochaines années). Les incertitudes entourant ces projections à long terme doivent être communiquées avec soin, car elles ont une incidence sur la capacité des pêcheurs à planifier et à vendre leurs permis dans l’avenir.
Les participants ont attribué une partie de cette incertitude à ce qu’ils perçoivent comme un manque de données scientifiques et d’évaluations des stocks, ce qui pourrait mener à des décisions douteuses et nuire à l’adaptation, mettant en péril les moyens de subsistance des collectivités. Les participants ont expliqué que la prise de décisions et la gestion judicieuses exigent des données scientifiques solides pour bien comprendre ce qui se passe réellement. Des préoccupations ont également été exprimées au sujet de la nécessité d’avoir suffisamment d’information pour comprendre les interactions entre les espèces et les effets des changements climatiques sur les écosystèmes. Ils ont souligné qu’il est difficile de distinguer les effets des changements climatiques des changements résultant d’autres facteurs de stress dans l’écosystème (p. ex. les éoliennes qui ont un effet sur la température de l’eau et les effets des microplastiques sur certaines espèces). Le contexte politique actuel a également soulevé des préoccupations, surtout en ce qui concerne les compressions budgétaires prévues, particulièrement à la Direction des sciences.
Face à l’incertitude, certains participants ont exprimé des frustrations au sujet du régime de gestion des pêches du Canada qui, selon eux, a tendance à être trop prudent avec les quotas, en s’appuyant fortement sur l’approche de précaution. Outre le défi de l’incertitude, les participants ont fait part de leurs préoccupations concernant la gouvernance des pêches du Canada dans son ensemble. Les participants à l’atelier ont exprimé le besoin d’accroître la souplesse du MPO pour qu’il puisse apporter les changements nécessaires dans la gestion des pratiques de pêche et de l’allocation (p. ex. les modifications des périodes et des zones de récolte), ce qui permettrait également de réduire les préoccupations en matière de sécurité. Ils ont souligné que les pêcheurs sont très favorables à une augmentation des ressources consacrées à l’évaluation des stocks et à une plus grande transparence en ce qui concerne l’affectation des fonds, les bénéficiaires et la manière dont ils sont alloués. Ils ont également déclaré que la collecte cohérente de données par le MPO auprès des pêcheurs pourrait être améliorée, et qu’il faudrait veiller à ce que les communications soient claires pour toutes les générations, et notamment pour les pêcheurs plus âgés.
Enfin, la sécurité des pêcheurs en ce qui concerne les effets des changements climatiques a suscité de vives préoccupations. Compte tenu de la nécessité d’aller plus loin pour obtenir des quotas et de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes et des événements météorologiques extrêmes, les participants se sont dits préoccupés par la sécurité des pêcheurs sur l’eau.
Quelles mesures prenez-vous pour répondre ou vous adapter aux conditions changeantes
Quelques mesures clés en réponse aux effets des changements climatiques ont été soulevées au cours de l’atelier. Les participants à l’atelier ont mentionné qu’ils souhaitaient modifier le moment des saisons de pêche pour s’adapter aux conditions changeantes (c.-à-d. pêcher plus tôt dans la saison). Ils ont également noté l’acquisition active de permis supplémentaires pour diversifier leur portefeuille et planifier l’état futur de l’environnement. Les pêcheurs envisagent de passer à des navires électriques, dans l’espoir d’aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de faire face à la hausse du coût du carburant engendrée par les routes de pêche plus longues. Les participants souhaitent également que le MPO augmente la souplesse lorsque possible. Cela aiderait les pêcheurs à éviter de prendre des risques inutiles en mer (p. ex. des périodes de pêche plus souple, permettant aux pêcheurs de choisir des temps de sortie en mer plus sécuritaires).
En ce qui concerne la recherche et la prise de décisions, les participants souhaitent s’impliquer davantage. Ils cherchent des moyens de transmettre fréquemment et rapidement l’information directement des pêcheurs aux décideurs. Certains participants ont exploré des partenariats avec le MPO au sein de leurs collectivités pour faire de la recherche sur les changements qui se produisent et sur la façon dont leur collectivité pourrait s’y adapter et en tirer profit.
Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à l’adaptation
Pour bon nombre des participants, les principaux obstacles à l’adaptation à T.-N.-L. peuvent être résumés en deux grandes catégories, soit l’incertitude et le manque de données et de transparence.
L’incertitude a été établie comme l’un des principaux facteurs limitatifs de l’adaptation. Les participants ont expliqué que les changements dans la saisonnalité et le moment optimal de récolte pourraient changer d’une année à l’autre. Les participants ont fait remarquer qu’un alignement cohérent des dates de la saison sur ces variations réduira les difficultés liées à la planification des activités. Ils ont également souligné qu’il y a de l’incertitude quant à la complexité des changements écosystémiques pour ce qui est de savoir quels changements sont attribuables aux changements climatiques et quels changements sont dus à d’autres facteurs. Les effets cumulatifs d’autres facteurs environnementaux, en plus des changements climatiques, rendent également l’adaptation difficile pour tout le monde.
En ce qui concerne le manque de données et de transparence, les collectivités veulent travailler en partenariat avec le MPO pour effectuer des recherches sur les changements qu’elles observent et sur la façon d’améliorer la situation de leurs collectivités. La mise en place d’un processus efficace pour le partage des observations avec le MPO contribuera à améliorer l’exhaustivité des données. Les participants ont également indiqué qu’un partage accru des informations et des données par le MPO améliorerait la capacité d’adaptation des pêcheurs, des industries et des collectivités.
Le financement était un autre obstacle mentionné pendant l’atelier. Pour avoir de meilleures données scientifiques fondamentales et suffisantes, améliorer les données et améliorer la gestion, il faut faire des investissements. Les participants ont fait remarquer qu’il y a une demande croissante d’information scientifique avec des budgets réduits, et ont expliqué que, bien qu’il y ait eu de nombreuses études et de nombreux changements de politique, il y a encore de grandes possibilités de renforcer la mobilisation en consultant les pêcheurs.
Regard vers l’avenir
Quelle est votre vision d’avenir pour des pêches adaptées au climat à T.-N.-L.? À quoi ressemble le succès
Les participants à l’atelier ont fait part de différents éléments de leur vision d’avenir et de ce à quoi ressemblerait le succès de pêches adaptées au climat dans leur région. Un élément clé était l’objectif d’avoir dans l’avenir des pêches bien gérées qui soient à la fois rentables et durables. Pour ce faire, il faudrait avoir la capacité, les ressources et l’information nécessaires pour prendre des décisions éclairées, s’assurer que les pêches commerciales peuvent produire de la nourriture pour le monde et offrir des possibilités économiques aux pêcheurs et à leurs collectivités.
La gestion des pêches aurait besoin d’une plus grande souplesse, d’une participation accrue des pêcheurs à la prise de décisions et des processus qui permettraient une prise de décisions plus rapide. Cela pourrait comprendre des points de référence dynamiques et des systèmes en place qui sont conçus pour s’adapter par défaut, plutôt que d’avoir à passer par les cadres réglementaires pour apporter des changements. Les participants ont fait savoir que leur vision idéale pour l’avenir comprendrait un plan qui minimiserait les risques pour les pêcheurs et réduire les préoccupations de sécurité (p. ex., celles liées au calendrier, aux zones de récolte et aux événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes).
Une approche écosystémique pour la gestion des pêches a été mise en avant comme étant une action importante pour l’adaptation des pêcheries au climat. Les participants ont souligné qu’il faudrait notamment disposer des outils et des cadres appropriés pour une meilleure planification, en plus d’une définition commune d’une « approche écosystémique » pour établir une base solide. Cette approche doit aussi prendre en compte les interactions entre espèces et les conditions environnementales, afin de protéger la productivité des écosystèmes de façon durable.
Les participants ont également envisagé un avenir pour les pêcheries canadiennes qui comprendrait des évaluations et des modélisations de base à la fine pointe de la technologie et robustes tenant compte des variables environnementales. Ils ont souligné que les indicateurs climatiques devraient être intégrés dans les évaluations des stocks et les processus de gestion afin de mieux comprendre les changements en cours et de distinguer les tendances à court et à long terme. Les participants ont noté que le fait de mesurer les mêmes paramètres dans toutes les évaluations et la capacité à soutenir ces évaluations robustes des stocks permettraient une gestion tournée vers l’avenir qui prenne en compte la durabilité à long terme des pêches.
Parmi les autres éléments de la vision que les participants ont de l’avenir, mentionnons : les navires qui utilisent des sources d’énergie renouvelable (y compris les navires électriques ou à faibles émissions); la stabilité de l’accès et de l’attribution; une plus grande transparence et une collaboration accrue dans le domaine des pêches pour la prise de décisions; les investissements dans l’éducation des générations futures de pêcheurs; l’amélioration de l’accès aux marchés intérieurs; la protection de la sécurité alimentaire; et le fait de permettre une diversification des pêches.
Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives
L’un des principaux points discutés était la nécessité de travailler en collaboration pour résoudre ces problèmes complexes. Les participants ont fait remarquer que cela signifie que les collectivités doivent travailler en partenariat avec le MPO pour mener des recherches, que l’industrie doit collaborer à la collecte et à l’analyse des données et à la recherche, et qu’il faut accroître les activités scientifiques, les projets de recherche et les possibilités dirigés par les peuples autochtones. Ils ont également souligné l’importance d’un dialogue continu avec les représentants de divers intérêts liés à la pêche pour discuter des priorités et du partage des ressources et de l’information entre toutes les parties concernées (MPO, industries, etc.) Pour ce faire, il faudrait investir à la fois de l’argent et des ressources afin de mieux communiquer l’information et comprendre les effets des changements climatiques. Les participants à l’atelier ont également souligné l’importance de la transparence dans le financement, par exemple en montrant quels fonds sont disponibles, comment l’argent est dépensé et quelle capacité scientifique existe pour des stocks particuliers dans diverses régions. Les participants ont indiqué que la transparence permettrait l’établissement d’un climat de confiance entre les parties, et la prise en compte des observations et des considérations des peuples autochtones, des pêcheurs, des industries et des communautés. Il favoriserait également une recherche transdisciplinaire plus poussée et contribuerait à réduire les chevauchements entre les initiatives.
En plus de ce travail de collaboration, les participants à l’atelier ont mentionné qu’il serait également important d’élaborer un plan stratégique pour assurer des décisions plus cohérentes. Ce plan stratégique devrait être élaboré en collaboration avec les peuples autochtones, les pêcheurs, les industries et les collectivités. En outre, il a été suggéré que la planification par scénarios et les projections cartographiques devraient être poursuivies pour mieux comprendre la variabilité naturelle et les changements d’orientation. Le fait de disposer d’une plus grande information permettrait aux intervenants de réagir plus efficacement à des changements soudains. Des outils comme l’intelligence artificielle pourraient aider à traiter les données disponibles. Les participants ont également insisté sur la nécessité de mettre en œuvre une approche écosystémique pour appuyer l’adaptation.
Enfin, les participants ont exprimé le besoin de continuer à penser au long terme. Cela signifie, par exemple, que le MPO devrait examiner le type d’engins dont les pêcheurs auront besoin et les investissements économiques qui pourraient être nécessaires pour faire face aux effets des changements climatiques. La sécurité a également été désignée comme un facteur clé de l’adaptation. Les participants ont discuté comment une politique pourrait aider à atténuer les préoccupations en matière de sécurité ou d’économie pour les pêcheurs. Ils ont noté que, dans ce cas, une plus grande souplesse de la part du MPO et des pêcheurs serait nécessaire en ce qui a trait à la saisonnalité, aux options d’intervention pour les pêcheurs et à la diversification des titulaires de permis.
Quelle est la façon la plus utile de poursuivre ces conversations
Par-dessus tout, les participants ont convenu qu’il faudrait davantage d’occasions de tenir des ateliers et des réunions semblables comme celui-ci et que des discussions en personne seraient encore plus bénéfiques que des ateliers virtuels. Beaucoup ont souligné que la représentation de l’industrie à l’atelier était faible et qu’une plus grande présence de l’industrie serait bénéfique pour les discussions. Les participants ont aimé entendre un large éventail de personnes et de points de vue.
Les participants à l’atelier ont ajouté que la participation aux plans et priorités stratégiques serait également un moyen utile de poursuivre ces conversations, en veillant à ce que toutes les voix soient incluses et entendues dans le processus.
Résultats de l’exercice de sondage
Au cours de l’atelier, on a demandé aux participants de répondre à un sondage anonyme. Les réponses des participants sont affichées ci-dessous. Veuillez noter que la question 3 demandait aux participants de fournir une réponse écrite; les réponses reflètent les textes tels qu’ils ont été soumis.
Question no 1 : Choisissez tous les éléments suivants qui s’appliquent à vous et à votre rôle
Figure 1
- 9 participants représentaient une organisation ou un gouvernement autochtone
- 8 participants étaient des chercheurs ou des scientifiques
- 8 participants représentaient l’industrie de la pêche commerciale
- 7 participants travaillaient dans la gestion de la pêche
- 6 participants étaient directement impliqués dans les pêches
- 1 participant représentait une ONGE
- 1 participant a choisi « autre » comme rôle
Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous
Figure 2
- Je pense que le changement climatique a un impact sur les pêches de Terre-Neuve-et-Labrador. Réponse moyenne : 4,5
- Je pense que le régime de gestion des pêches actuel peut s’adapter et répondre rapidement aux conditions environnementales en évolution. Réponse moyenne : 2,6
- Les règlements empêchent les pêcheurs de s’adapter à l’évolution des conditions climatiques. Réponse moyenne : 3,2
- Le changement climatique nuira aux générations futures. Réponse moyenne : 3,9
- Dans 20 ans, il n’y aura pas assez de poissons pour continuer à exploiter ma principale ressource de pêche. Réponse moyenne : 2,3
- Il est inutile de se préparer au changement climatique puisque nous ne savons pas exactement ce qui va se passer. Réponse moyenne : 1,5
Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs
Réponses écrites :
- Points de référence dynamiques.
- Une stratégie nationale sur les changements climatiques pour les pêches, plus de ressources (financement, ressources humaines) et une volonté politique de s’attaquer aux changements climatiques.
- Recueillir plus de renseignements auprès des pêcheurs. Ils sont sur l’eau ou à proximité chaque jour et sont donc bien placés pour voir les changements qui se produisent dans le milieu marin.
- Outils de décision axés sur la productivité.
- Commencer à discuter et à faire plus de recherche avec les pêcheurs et les peuples autochtones.
- Les équipes multidisciplinaires en sciences, y compris en sciences sociales comme les pêches, sont à la base des ressources socioéconomiques dans les collectivités côtières du Canada. La planification par scénarios est également une option viable.
- Travailler à la gestion écosystémique des pêches et utiliser un indice de risque climatique pour déterminer dans quelle mesure les espèces ou stocks commerciaux sont vulnérables aux différents scénarios climatiques futurs.
- Intégrer les connaissances écologiques locales.
- Réponse plus rapide et inclusion des données d’observation dans les évaluations des stocks. Mettre davantage l’accent sur les pêches expérimentales pour déterminer si les données d’observation sont persistantes et reproductibles.
- Ressources accrues pour les travaux fondamentaux en science halieutique (par exemple, élaboration de l’évaluation de stratégies de gestion, enquêtes sur les navires de recherche, disponibilité et planification de la succession pour les experts en évaluation des stocks, etc.).
- Transparence, plus de levier pour la science.
- Suivi des mouvements et saisonnalité. Il ne faut pas se fier à un seul relevé fixe dans le temps (navire de recherche) ou dans l’espace (maquereau) sans d’autres données. Écouter et respecter l’expérience en mer. Ne pas prévoir 50 ans à l’avance.
- La gestion adaptative, mais elle sera gravement limitée/empêchée par l’approche de précaution et les limites des données qui menotteront la gestion du MPO.
Liste des participants
Des représentants des organisations, groupes, ONGE, institutions et/ou gouvernements suivants ont participé à l’atelier. Par ordre alphabétique :
- Association canadienne des chasseurs de phoques
- Association canadienne des producteurs de crevettes (ACPC)
- Atlantic Groundfish Council
- Fish, Food and Allied Workers Union
- Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador – Pêches, Forêts et Agriculture
- Marine Institute de l’Université Memorial
- Nation innue – Ueushuk Fisheries
- Nature United
- Newfoundland Resources Ltd.
- NunatuKavut Community Council Inc.
- Ocean Choice International (OCI)
- Oceans North
- Première Nation de Miawpukek/Netukulimk Fisheries Ltd
- Première Nation Qalipu
- Professional Fish Harvesters Certification Board (St. John’s, T.-N.-L.)
- Secrétariat du Congrès des chefs des Premières Nations de l’Atlantique
- Wild Ocean Research
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