Ce que nous avons entendu : Adapter les pêches de l’est de l’Arctique aux changements climatiques
(Nunavut, Nunatsiavut, Nunavik et Baie-James)
Remarque : Pêches et Océans Canada (MPO) a organisé une série de sept ateliers régionaux afin de discuter des répercussions des changements climatiques, des obstacles à l'adaptation et des mesures à prendre pour soutenir la résilience des pêcheurs et de l'industrie de la pêche sauvage au Canada.
Sur cette page
- Avertissement
- Résumé : principaux points à retenir
- Rapport
- Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
- Quels sont les effets des changements climatiques sur vos pêches? Quels sont vos principaux défis et préoccupations? Qu’est-ce qui a le plus changé?
- Quelles mesures prenez-vous pour répondre ou vous adapter aux conséquences des conditions changeantes
- Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à l’adaptation
- Regard vers l’avenir
- Quelle est votre vision d’avenir pour des pêches de l’est de l’Arctique adaptées au climat? À quoi ressemble le succès
- Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives.
- Quelle est la façon la plus utile de poursuivre ces conversations
- Mobilisation continue et régulière
- Créer un plan d’action concret
- Intégration des sources de connaissances
- Engagement des Inuit
- Communication claire et accessible
- Résultats de l’exercice de sondage
- Question no 1 : Choisissez tous les éléments suivants qui s’appliquent à vous et à votre rôle.
- Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous.
- Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs?
- Liste des participants
- Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
Avertissement
Le rapport suivant contient les opinions exprimées par les personnes qui ont assisté aux ateliers régionaux et ne reflète pas nécessairement les points de vue de Pêches et Océans Canada (MPO).
Tout au long du présent rapport, les opinions des participants sont présentées telles qu’elles ont été reçues par le MPO. Cependant, dans certains cas, il existe des divergences entre les interprétations des participants et ce qui est autorisé par le MPO. Ainsi, les commentaires des participants ne sont pas toujours conformes au cadre légal, réglementaire et stratégique tel qu’il est entendu par le MPO. En outre, les recommandations des participants citées ci-dessous reflètent un consensus, mais ne doivent pas être interprétées comme ayant fait l’objet d’un consentement unanime.
Résumé : principaux points à retenir
Les participants ont déclaré que les changements climatiques avaient plusieurs effets sur leurs pêches, notamment :
- Divers degrés de changements dans la répartition des espèces, les habitudes migratoires et l’abondance; y compris des répercussions sur les mammifères marins.
- L’arrivée d’espèces envahissantes.
- Changements dans la santé des poissons, comme l’augmentation des maladies et les changements de couleur et de texture de la chair.
- La fréquence accrue des tempêtes modifie les régimes de vent et les effets importants sur l’état des glaces ont une incidence sur la prévisibilité des saisons de pêche et compromettent la sécurité.
- Certains effets des changements climatiques peuvent également être positifs.
Les participants prennent plusieurs mesures pour s’adapter aux effets des changements climatiques, notamment :
- L’utilisation de dispositifs d’exclusion pour réduire le nombre de laimargues atlantiques capturées comme prises accessoires.
- L’avancement de l’Indice de risque climatique pour la biodiversité, un outil pour prédire comment les espèces de poissons dans certaines régions seront touchées par les effets des changements climatiques.
- De nombreuses mesures communautaires ont porté en grande partie sur l’augmentation du volume et de la structure des communications, l’établissement de structures de communication, le soutien au partage de l’information, l’acceptation des possibilités d’apprentissage et de formation.
Les participants ont souligné ce qu’ils considèrent comme étant certains des plus grands obstacles à l’adaptation, notamment :
- Financement insuffisant ou peu fiable : Investissement limité dans la science, la collecte de données, les nouvelles technologies et l’entretien à long terme, en particulier dans les collectivités inuites. Un autre problème est le financement qui prend fin brusquement, ce qui entraîne l’effondrement de projets conjoints ou d’entreprises prioritaires.
- Lacunes dans les données et capacité prédictive limitée : Le manque de données de base et d’outils et de processus de prévision nuit à la compréhension des effets climatiques et à la capacité de planification future.
- Besoin de recherche localisée : Les études à grande échelle ne tiennent pas compte des pêches locales; il faut une meilleure intégration de l’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ), aussi appelé le savoir traditionnel inuit, aux données scientifiques.
- Nécessité d’améliorer la communication des renseignements : Manque de transparence et de communication de la part du MPO concernant l’application des résultats de la recherche à la prise de décision. Cela complique aux parties prenantes l’accès aux données et aux études du MPO, et leur application.
- Gestion réactive des pêches : La gestion pratiquée aujourd’hui est plus réactive que proactive, limitant la création et l’utilisation d’outils prédictifs et ralentissant la capacité du MPO à réagir efficacement.
- Structure du MPO : Le peu de coordination qui existe entre les régions et les secteurs du MPO complique la mise en œuvre d’une approche globale dans la gestion des pêches et les activités scientifiques.
- Manque d’infrastructure : Les ports et les installations de transformation des aliments inadéquats limitent la participation des Inuit et leur résilience aux changements climatiques.
Les participants ont cerné plusieurs mesures clés pour aider les pêches à s’adapter aux changements climatiques, notamment :
- Financement : Explorer d’autres modèles, investir dans des ressources proactives et assurer un soutien à long terme pour la collaboration, la recherche et les initiatives communautaires.
- IQ : Intégrer l’IQ à toutes les étapes de la recherche et de la prise de décisions; élaborer conjointement des questions et des méthodologies de recherche et communiquer clairement les résultats.
- Planification future et élaboration de scénarios : Élaborer des outils pour prévoir et planifier en vue des incertitudes écologiques, économiques et climatiques en utilisant le meilleur et le pire des scénarios. Élaborer des plans d’adaptation axés sur la collectivité.
- Science et données : Mettre l’accent sur les analyses des lacunes, la coordination entre les efforts de recherche, les outils novateurs (p. ex. drones, intelligence artificielle), l’intégration des connaissances et la planification proactive pour la gestion écosystémique des pêches.
- Renforcer la communication et le respect des cultures : Favoriser un dialogue permanent et un respect continu des normes culturelles, utiliser un langage clair et simple et intégrer les valeurs de l’IQ dans la recherche et l’engagement.
- Infrastructure : Investir dans l’infrastructure du Nord, planifier les besoins futurs de ports et soutenir les installations de transformation des aliments pour les collectivités inuites.
- Renforcer les collectivités et les capacités locales : Favoriser la surveillance des pêches par les collectivités, l’éducation, la recherche gérée localement et assurer l’équité dans la propriété des données et la prise de décisions.
- Favoriser l’innovation et la responsabilité partagée : Explorer des méthodes novatrices de collecte de données, comme les drones et l’intelligence artificielle, et élaborer des approches souples de gestion des pêches qui s’adaptent aux conditions changeantes.
- Intégration des sources de connaissances : Intégrer les renseignements provenant de sources multiples, y compris des exemples internationaux, pour éclairer la planification adaptative des pêches dans l’est de l’Arctique.
Rapport
Effets des changements climatiques et obstacles à l’adaptation
Quels sont les effets des changements climatiques sur vos pêches? Quels sont vos principaux défis et préoccupations? Qu’est-ce qui a le plus changé
Les effets des changements climatiques sur les pêches dans l’est de l’Arctique sont complexes et multidimensionnels. Les participants ont signalé des changements dans la répartition, la migration et/ou le cycle de vie, l’abondance et la santé des espèces. On a fait remarquer que ces types de changements sont également observés chez les mammifères marins, qui représentent les principaux prédateurs dans les chaînes alimentaires marines. Les participants ont signalé des changements importants dans les conditions météorologiques et l’état des glaces, ainsi que des préoccupations au sujet des effets du climat sur la sécurité alimentaire. On a noté une variation dans le degré des effets climatiques actuels, tout comme les secteurs préoccupants et les possibilités éventuelles. Dans l’ensemble, on s’entendait pour dire que le degré et la vitesse auxquels les choses se produisent devraient être considérés comme alarmants.
De nombreux participants ont signalé des changements observables dans la répartition et les comportements migratoires des espèces. L’augmentation des températures de l’eau contribue aux changements dans la répartition, avec un mouvement global vers le nord. Les espèces que l’on trouvait autrefois dans les zones plus tempérées du sud se déplacent vers le nord, tandis que les espèces des eaux plus chaudes deviennent plus abondantes dans les eaux arctiques. Cela s’ajoute aux préoccupations croissantes au sujet de la présence accrue d’espèces envahissantes et de la possibilité qu’elles déstabilisent davantage les écosystèmes locaux et menacent les espèces indigènes. Les comportements migratoires (p. ex. le moment et la durée du séjour) de certaines espèces semblent également changer, ce qui a une incidence sur les pratiques de récolte traditionnelles.
Certaines observations ont été faites sur des espèces en particulier :
- Augmentation des observations de poissons de fond, ce qui se traduit par d’excellents taux de prises pour le flétan.
- Le capelan a été signalé aussi loin au nord qu’à l’île de Baffin.
- On a signalé que l’omble chevalier était absent de certaines zones de pêche traditionnelles, tandis qu’il était présent à de nouveaux endroits. Les participants ont également observé la migration de l’omble en amont et en aval plus tôt.
- À l’heure actuelle, le turbot ne présente pas de grands changements.
- Les participants ont noté que la raie arctique ne montre actuellement pas de changements notables dans sa répartition, bien que des difficultés puissent apparaître à l’avenir en raison des variations de température.
- On observe que le sébaste est plus abondant. Bien qu’il puisse y avoir des possibilités qui en découlent, la menace que cela représente pour la crevette suscite également de vives préoccupations.
- L’abondance de la crevette a été décrite comme étant variable, les participants observant généralement une tendance à la baisse.
On nous a dit que les organisations de chasseurs et de trappeurs (OCT) et les Inuit sont particulièrement préoccupés par l’incidence que les changements climatiques semblent avoir sur les mammifères marins. La baleine boréale, le narval et le béluga ainsi que le phoque annelé ont été mentionnés. Les participants ont déclaré avoir observé une augmentation de l’abondance des mammifères marins, des changements dans la période de migration, des observations à de nouveaux endroits et des observations dans les zones attendues pendant de plus longues périodes. Cela soulève des questions sur ce que ces changements signifient pour d’autres espèces qui coexistent dans l’environnement marin, y compris les répercussions sur la relation prédateur-proie et si ou comment le ministère des Pêches et des Océans (MPO) intègre des changements parmi les prédateurs de niveau trophique supérieur dans des évaluations écosystémiques plus vastes.
Il y a des changements observables dans la santé du poisson individuel aussi. Les participants observent de plus en plus de poissons qui ont des problèmes de santé, comme des maladies, des blessures et des changements dans l’état corporel ou entendent des préoccupations à ce sujet. Par exemple, il a été dit de la chair de l’omble chevalier qu’elle était plus pâle et plus molle. Cette situation, combinée à la mortalité de plusieurs poissons au cours des dernières années, a soulevé des préoccupations quant à la santé et à la durabilité à long terme des populations de poissons dans la région.
L’évolution des conditions météorologiques et de l’état des glaces est devenue un sujet de préoccupation important. Les participants ont déclaré avoir vécu des tempêtes plus fréquentes et plus violentes. De plus, l’augmentation de la force du vent et les changements dans la direction du vent entraînent de hautes vagues et des conditions de récolte imprévisibles. Toutes ces conditions ont une incidence sur les saisons de pêche, car les pêcheurs sont forcés d’attendre plus longtemps que les conditions météorologiques changent, et mettent en péril la sécurité des pêcheurs en mer.
Des changements observables de l’état des glaces ont été soulevés à plusieurs reprises et se sont reflétés dans les trois groupes de discussion. Les commentaires se divisaient généralement en trois catégories : temps de gel/dégel, épaisseur de la glace et augmentation du vêlage.
La glace se forme plus tard et fond plus tôt, et il y a davantage d’incertitude et de désaccords quant au moment où la glace est suffisamment épaisse pour être sécuritaire. La variabilité des périodes de gel/dégel et des dates d’apparition et de disparition de la glace rend plus difficile de prédire quand les saisons de pêche peuvent commencer ou se terminer, ce qui perturbe les horaires de pêche traditionnels et crée des risques pour la sécurité de ceux qui comptent sur des conditions de glace sécuritaires pour la récolte. Certains participants ont signalé que des motoneiges s’étaient enfoncées dans l’eau.
L’augmentation du vêlage des glaces et la présence de plus gros icebergs présentent de nouveaux risques pour les navires, même ceux qui sont protégés contre les glaces. Cela rend la navigation plus dangereuse, particulièrement dans les pêches hauturières, et ajoute de l’incertitude aux opérations de pêche.
Certains participants ont souligné que pas tous les effets actuels et prévus des changements climatiques dans la région sont négatifs. Par exemple :
- À mesure que la répartition des espèces et les comportements migratoires continuent de changer, il pourrait être possible de pratiquer d’autres pêches ou d’accroître les gains économiques tirés des pêches existantes.
- La modification des périodes de gel et de dégel pourrait allonger les périodes de récolte et augmenter les prises. Toutefois, on a également fait remarquer qu’elle pourrait avoir des effets négatifs sur des choses comme les prises accessoires de laimargues atlantiques.
- Possibilité d’accroître la sécurité alimentaire dans le Nord.
Peu importe si les effets des changements climatiques étaient positifs ou négatifs, ils contribuent tous à un certain degré d’incertitude pour les pêcheurs au sujet de l’avenir des pêches, de la santé des écosystèmes et de la sécurité alimentaire dans l’est de l’Arctique.
Quelles mesures prenez-vous pour répondre ou vous adapter aux conséquences des conditions changeantes
Les participants ont parlé de certaines mesures prises par l’industrie, les communautés ou les particuliers pour réagir aux changements climatiques ou s’y adapter. Ces mesures comprennent des mesures d’atténuation visant à réduire les prises accessoires de laimargue atlantique, l’élaboration d’un outil conçu pour accroître la capacité prédictive, et de nombreuses mesures prises au niveau communautaire.
- Atténuation des prises accessoires de laimargue atlantique : Des efforts sont en cours pour mettre au point et déployer des dispositifs d’exclusion afin de réduire les prises accessoires de laimargue atlantique, et les participants non issus de l’industrie ont reconnu que les progrès réalisés par l’industrie sont louables. Cela dit, on a fait remarquer qu’il y a encore du travail à faire, surtout pour la pêche à la palangre et au filet maillant.
- Indice de risque climatique pour la biodiversité : Élaboré par Oceans North, l’indice de risque climatique pour la biodiversité est un outil qui permet de cartographier les zones à risque critique pour plus de 2 000 espèces marines et 90 stocks de poissons dans le nord-ouest de l’océan Atlantique. L’outil génère des données détaillées sur la façon dont les espèces de poissons dans des zones particulières seront touchées par des scénarios à émissions élevées et à faibles émissions au cours des 75 prochaines années.
- Mesures communautaires : Les participants ont signalé qu’une variété de mesures sont mises de l’avant au niveau communautaire, les communautés travaillant ensemble pour soutenir la mobilisation et l’échange d’information. Surtout pour assurer la sécurité des membres de la collectivité. Voici quelques exemples de mesures précises :
- Les collectivités désignent des personnes précises responsables de la sécurité sur la glace.
- Collaborer avec les usines de pêche et les OCT pour déterminer si la glace est assez épaisse pour qu’on se tienne dessus.
- Des conférences téléphoniques hebdomadaires sont organisées avec les OCT pour échanger de l’information sur des questions préoccupantes, comme l’état des glaces.
- Il y a eu une augmentation de la transmission de récits oraux, les aînés parlant davantage de l’état des glaces et des changements climatiques.
- Des gardiens sont maintenant présents dans chaque communauté, sur terre et en mer. La collaboration avec le MPO a également été renforcée, car ils se joignent aux patrouilles des agents des pêches.
Les participants ont également mentionné qu’ils encourageaient les membres de la collectivité à tirer parti des occasions d’en apprendre davantage sur des choses, comme la pêche côtière, comment utiliser l’équipement, etc. Certaines communautés veulent participer à des occasions de formation et des membres de communautés suivent de la formation en recherche scientifique menée au niveau communautaire. On a fait remarquer que les gens qui possèdent ces connaissances peuvent les transmettre et former d’autres personnes, et que les collectivités inuites pensent toujours à la prochaine génération.
Quels sont, selon vous, les principaux obstacles à l’adaptation
De nombreux thèmes sont ressortis durant cette discussion sur les barrières à l’adaptation climatique, notamment les obstacles financiers, les obstacles liés à la science et aux données, la gestion des pêches, l’échange et la communication de renseignements, la structure organisationnelle du MPO, et l’infrastructure essentielle.
Le manque de financement investi dans les activités scientifiques et de collecte de données pour combler les lacunes en matière de connaissances, ainsi que la planification à long terme, a été soulevé à maintes reprises. Cette contrainte de financement semblait être une priorité pour la majorité des participants. Outre les investissements insuffisants dans la science et la collecte de données, voici quelques-uns des autres obstacles financiers fréquemment cités :
- Le manque de financement pour appuyer l’investissement dans la recherche et la mise à l’essai de nouvelles approches. Les participants ont fait remarquer le prix élevé des nouvelles technologies, de l’équipement, etc.
- Le manque de budgets à long terme pour soutenir les coûts d’entretien, en particulier pour l’équipement installé dans les collectivités inuites (p. ex. congélateurs et matériel de transformation)
- Le manque de financement pour soutenir les petites organisations qui n’ont pas la capacité de comprendre les répercussions des effets climatiques sur les pêches et/ou de répondre aux questions et préoccupations des collectivités. L’exemple suivant a été donné, à savoir que les petites organisations n’ont pas l’infrastructure appropriée en place pour réagir aux risques associés au changement de l’état des glaces. Si quelqu’un reste coincé dans les glaces, ils n’ont pas l’infrastructure nécessaire pour le secourir.
- Financement non fiable (p. ex. non renouvellement à la fin d’un cycle de financement) qui entraîne l’effondrement de projets conjoints ou d’activités prioritaires (Ocean Tracking Network, Observatoire de la baie de Baffin). C’est particulièrement frustrant lorsque de l’argent, du temps et des efforts ont déjà été investis.
Les participants ont fait remarquer que les lacunes dans les données et le manque d’information de base rendent difficile la compréhension complète des effets des changements climatiques sur les pêches de l’est de l’Arctique, de même que la capacité à définir avec certitude le rythme des changements ou des répercussions. Les participants ont souligné que le MPO a la possibilité de reconnaître l’importance des données pour les comparaisons de base et de la surveillance à des niveaux suffisants pour fournir les données nécessaires pour détecter les changements au fur et à mesure qu’ils se produisent. Les participants ont souligné à maintes reprises l’importance d’effectuer une analyse des lacunes en matière de données et d’avoir accès aux données de référence non pas seulement pour suivre les changements climatiques, mais aussi pour appuyer la capacité de faire des prévisions futures. Ils ont noté qu’une augmentation des données et des connaissances scientifiques améliorera la certitude et renforcera la capacité prédictive des pêcheurs à s’engager dans la planification future et à prendre des décisions d’investissement. Les participants ont donné quelques exemples précis d’améliorations, en matière de science et de données, qui pourraient renforcer les actions d’adaptation : une meilleure compréhension des relations prédateur-proie et de l’échelle spatiale à laquelle la recherche est menée; le renforcement de la collecte prospective de données; une intégration plus efficace de la science occidentale et de l’IQ, ainsi qu’une transparence accrue. Plus particulièrement :
- Il faut une compréhension précise des relations prédateur-proie, ainsi que de l’incidence que les changements climatiques peuvent avoir sur ces relations.
- La recherche doit se faire au niveau de la collectivité locale et des pêches. À l’heure actuelle, on a tendance à formuler des hypothèses à grande échelle fondées uniquement sur la recherche effectuée dans certains domaines, en particulier ceux qui appuient les pêches commerciales. Cependant, l’est de l’Arctique est vaste, et ces conclusions ne s’appliquent pas à toutes les collectivités locales et à toutes les pêches.
- Il est important de reconnaître la valeur de l’IQ et de l’intégrer aux données scientifiques. Un participant a donné l’exemple suivant : les Inuit suivent le comportement et les déplacements des baleines ainsi que les changements qui les touchent depuis des générations, et ils les comprennent. Des désaccords sont survenus lorsque des étiquettes ont été placées sur quelques narvals dans certaines régions, entraînant ainsi la formulation de conclusions scientifiques plus larges à partir de données limitées (comme la question de l’échelle spatiale mentionnée ci-dessus). Les Inuit savent que les narvals se déplacent constamment en été, et leur aire de répartition est liée à la nourriture qu’ils mangent. Ils pourraient être un excellent indicateur de l’ensemble de l’écosystème et des effets des changements climatiques.
- Les lacunes dans les données empêchent de prévoir et de mesurer les changements à mesure qu’ils se produisent. Nous devons poursuivre la collecte de données prospectives pour appuyer la planification future. Pour ce faire, il faudra évaluer quels renseignements sont nécessaires pour accroître les capacités de prévision et comment nous pouvons mieux les gérer. Par exemple, il est nécessaire d’essayer de comprendre les solutions de rechange possibles pour la pêche. On a déjà observé une augmentation du sébaste. Il est donc important de suivre l’abondance accrue du poisson de fond, y compris le sébaste, pour planifier et s’assurer que toute pêche future est gérée de façon durable.
- Les participants ont estimé qu’il leur serait utile d’avoir un meilleur accès aux résultats des études, aux projets de recherche et aux données recueillies par le MPO. Un accès complet et transparent à l’information, ainsi que des règles plus faciles à gérer en matière de gestion et de collecte des données, améliorerait les capacités d’analyse.
La nature réactive des régimes et des politiques de gestion des pêches a été évoquée à plusieurs reprises comme un obstacle. De nombreux participants sont d’avis que les capacités prédictives, la cohésion et les systèmes de gestion orientés vers l’avenir sont nécessaires de toute urgence. La gestion proactive des pêches pourrait être assurée par l’utilisation d’outils et de processus prédictifs et par l’augmentation des capacités.
Un grand nombre de commentaires pourraient être considérés comme reflétant un désir de clarté et de précision accrues lors de la communication de renseignements dans divers secteurs, y compris la communication et l’échange d’information entre les universitaires et les collectivités, les différents ordres de gouvernement, ainsi que l’industrie et les pêcheurs inuits.
L’importance de communiquer les résultats et les constatations aux personnes qui ont participé à la recherche a été citée comme un élément clé du succès. Selon les commentaires des participants, les pêcheurs et les membres de la collectivité qui contribuent aux efforts de recherche aimeraient recevoir des commentaires une fois la recherche terminée. La communication des résultats permettra de responsabiliser les participants en reconnaissant leur contribution. Lorsque les résultats et les rapports ministériels sont communiqués aux communautés, les participants ont estimé qu’il serait très utile de faire des suggestions pragmatiques sur la façon d’utiliser la recherche dans le rapport au profit des collectivités, du système alimentaire, des pêches ou des efforts de récolte.
Il est nécessaire de préciser comment le MPO et d’autres organisations utilisent l’information recueillie, et de quelle façon elle s’intègre à la situation dans son ensemble. Pour revenir à l’exemple du rôle des mammifères marins dans la discussion quand vient le temps d’évaluer les effets du climat sur les écosystèmes halieutiques, comment tient-on compte des mammifères marins – comme les principaux prédateurs ou grands consommateurs d’espèces? Si la recherche est axée sur les populations de crevettes, il faudrait aussi tenir compte d’espèces comme la baleine boréale, d’autres consommateurs de crevettes et des sources alimentaires dont dépendent les crevettes. L’expression « approche écosystémique » laisse entendre que tous ces éléments devraient être intégrés, mais il y a de l’incertitude quant à la façon dont cette intégration se fait réellement.
Les participants ont souligné qu’une collaboration accrue entre les régions du MPO (p. ex. Arctique/Golfe) et entre les secteurs (p. ex. Sciences/Gestion des ressources) permettrait d’améliorer la coordination et les liens entre les régions. Cela permettrait de garantir que les informations propres à chaque région sont intégrées dans une synthèse et un portrait global de la situation (p. ex. pour le Canada atlantique) afin de mieux renseigner les utilisateurs des ressources.
Les participants ont fait remarquer que l’infrastructure portuaire nécessaire n’est pas en place pour appuyer les changements à venir. Ce commentaire s’appliquait à la présence de ports ainsi qu’à l’assurance que toute infrastructure existante est résiliente aux changements climatiques (prête à résister aux tempêtes plus fréquentes, aux vents plus forts, etc.). L’absence d’infrastructure alimentaire dans les collectivités a été définie à maintes reprises comme un obstacle majeur à la participation des Inuit à l’industrie au niveau local. Les participants ont déclaré qu’il s’agit d’un défi du point de vue de la sécurité alimentaire et du développement économique. L’exemple suivant a été donné : lorsque des membres de la collectivité veulent vendre leur omble chevalier, ils doivent pouvoir le congeler immédiatement. S’ils n’ont pas d’usine de transformation ou de congélateur en activité, il n’est pas possible de congeler l’omble immédiatement.
Enfin, les participants ont fait remarquer qu’il n’y a pas toujours un système d’infrastructure en place pour soutenir les pêcheurs à mesure que l’état des glaces change. Par exemple, si une personne se retrouve coincée pendant qu’elle pêche, il est peu probable que la collectivité dispose de l’infrastructure nécessaire pour la secourir. De plus, la Garde côtière n’a pas encore modifié son calendrier pour tenir compte des changements dans les périodes de gel et de dégel des glaces.
Regard vers l’avenir
Quelle est votre vision d’avenir pour des pêches de l’est de l’Arctique adaptées au climat? À quoi ressemble le succès
- Comprendre les relations prédateur-proie et apprendre des autres administrations : Les relations prédateur-proie sont bien comprises pas les communautés, et ces connaissances ont le potentiel d’avoir une incidence importante sur la prise de décisions, en particulier dans le cas des mammifères marins. En travaillant directement avec les communautés pour s’assurer que les connaissances locales et l’IQ soient intégrées dans le processus décisionnel est essentiel. Il est aussi important de tirer parti des observations et des expériences d’autres administrations par rapport à la gestion des prédateurs pour comprendre les changements qu’elles apportent et les mesures de gestion qu’elles mettent en œuvre. Même à un niveau élevé, l’examen de ces mesures peut aider les pêcheurs de l’est de l’Arctique à envisager des changements potentiels dans leur propre région.
- Importance de la collaboration : La collaboration est essentielle pour relever les défis posés par les changements climatiques, qui touchent tous les secteurs, y compris les pêches commerciales hauturières, côtières et de subsistance. Une approche cohésive et collaborative garantit que tout le monde en profite. Un partenariat solide et significatif entre l’IQ et la science occidentale est essentiel à la prise de décisions éclairées. L’intégration des connaissances des pêcheurs et de l’IQ à la recherche scientifique mène à des résultats plus efficaces et inclusifs.
- Recherche, formation et leadership communautaire : Les participants ont souligné l’importance de déterminer les priorités en matière de recherche et de formation, en particulier celles élaborées avec et pour les communautés inuites. Cela comprend le travail sur les pêches nouvelles ou exploratoires. Ils ont souligné la valeur des efforts de formation axés sur la collecte de données et la normalisation des techniques d’échantillonnage physique, notant que l’introduction de méthodologies que les Inuits peuvent gérer localement leur permet de prendre l’initiative tandis que les chercheurs jouent un rôle de soutien.
- Transparence et échange d’information : Les participants ont souligné que la diffusion de l’information est essentielle à la réussite de la collaboration et à l’instauration d’un climat de confiance. Cela comprend la diffusion ouverte des données, les résultats du sondage et les résultats de la consultation publique. Ils ont indiqué que la transparence ne devrait pas se limiter à la simple diffusion des résultats, mais que les collectivités doivent également recevoir des conseils pratiques sur l’application des résultats de la recherche à leurs systèmes alimentaires, aux pêches et aux efforts de récolte. Les participants ont également souligné que la communication sans entrave entre les secteurs, tels que la pêche commerciale et le MPO, permet à toutes les parties d’avoir des attentes claires et de bien comprendre les plans élaborés pour l’avenir.
- Science, collecte de données et planification future : Les participants ont noté que, bien que les efforts entrepris en matière de science et de collecte de données soient robustes, il existe des lacunes identifiables qu’il faut combler en établissant un plan à cet effet. Des partenariats de collaboration ont été établis au besoin pour renforcer les efforts de recherche. Des outils d’évaluation de base ont été mis en œuvre pour appuyer la collecte de données et éclairer les décisions futures. Compte tenu de la rapidité des changements environnementaux, on a souligné le caractère essentiel de la planification proactive. Les participants ont bien admis que l’information disponible n’est pas nécessairement exhaustive, mais il existe suffisamment de données pour faire des prédictions raisonnables sur les scénarios possibles, comme le réchauffement des eaux et l’aggravation des menaces qui pèsent sur la sécurité en raison de la détérioration des conditions de glace et des phénomènes météorologiques extrêmes. Ils ont insisté sur le fait que les plans à venir doivent permettre aux collectivités d’avoir des stratégies en place pour réagir aux imprévus.
- Participation de la collectivité à la planification : Les participants ont souligné l’importance de faire participer les communautés aux processus de planification. Ils ont souligné que la mobilisation directe des communautés, par exemple au moyen d’exercices de cartographie collaboratifs, permet d’intégrer les connaissances locales aux processus décisionnels. Cette approche participative peut produire des stratégies plus efficaces et mieux équilibrées qui reflètent les besoins et les priorités des personnes les plus touchées par les changements dans l’environnement et les pêches.
- Durabilité et protection des générations futures : Les participants ont souligné l’importance de faire participer les communautés aux processus de planification. Ils ont souligné que la mobilisation directe des communautés, par exemple au moyen d’exercices de cartographie collaboratifs, permet d’intégrer les connaissances locales aux processus décisionnels. Cette approche participative peut produire des stratégies plus efficaces et mieux équilibrées qui reflètent les besoins et les priorités des personnes les plus touchées par les changements dans l’environnement et les pêches.
- L’avenir des pêches de la baie James : Les participants ont présenté leur vision sur l’avenir des pêcheries de la baie James, une vision qui contribue à l’économie locale et à sa sécurité alimentaire. Ils ont souligné la nécessité d’établir une connaissance de base des eaux côtières pour soutenir une prise de décision éclairée. Ils ont fait remarquer la nécessité d’une boucle de rétroaction solide pour la diffusion de l’information auprès des pêcheurs et des communautés, permettant une gestion des pêches adaptée et durable.
Quelles sont les meilleures occasions de soutenir l’adaptation pour y arriver? Celles-ci peuvent comprendre des mesures individuelles et/ou collectives
Financement :
- Explorer d’autres modèles de financement, y compris la recherche appuyée par l’industrie et les partenariats intersectoriels.
- Investir dans un accès équitable aux ressources et renforcer la capacité d’agir de façon proactive avant que des crises ne surviennent.
- Assurer un financement fiable et à long terme pour la collaboration soutenue, la recherche et les initiatives communautaires.
Intégration de l’IQ :
- Intégrer pleinement l’IQ à toutes les étapes de la recherche et de la prise de décisions, élaborer conjointement des questions de recherche et intégrer l’IQ dans l’analyse et les résultats.
- Faire participer les Inuit dès le début à la formulation des méthodologies et des cadres de recherche.
- Tirer des leçons d’exemples réussis où les systèmes de connaissances autochtones et scientifiques ont été intégrés.
Planification future et élaboration de scénarios :
- Élaborer des outils pour prévoir et planifier les changements écologiques, économiques et climatiques au moyen d’une planification collaborative par scénarios.
- Créer des scénarios reflétant les meilleures et les pires projections, en intégrant les données scientifiques, l’IQ et les valeurs communautaires.
- Concevoir des stratégies d’adaptation avec une souplesse stratégique pour réagir au changement, en assurant la pertinence et le soutien à l’échelle locale.
- Renforcer la collecte de données pour combler les lacunes en matière de connaissances et prévoir les développements futurs.
Science et données :
- Effectuer des analyses des lacunes afin de prioriser les investissements en ressources, d’améliorer la coordination et de réduire le dédoublement entre les efforts de recherche.
- Utiliser des méthodes novatrices de collecte de données comme les drones et l’intelligence artificielle et élaborer des modèles prédictifs pour la planification proactive.
- Favoriser l’intégration de l’IQ à la science occidentale pour guider des décisions éclairées et fondées sur la culture.
- Appuyer la gestion écosystémique des pêches en intégrant les variables socioéconomiques et en mettant l’accent sur la planification proactive et le partage transparent des données.
Communication et respect des cultures :
- Favoriser un dialogue continu et améliorer l’échange d’information entre les scientifiques, les collectivités et le gouvernement à tous les niveaux afin de renforcer la confiance.
- Respecter les traditions de la connaissance orale et les normes communautaires dans les stratégies de mobilisation et assurer des formats accessibles pour les résultats de recherche.
- Traduire des documents dans des langues inuites et communiquer les avantages pratiques de la recherche pour appuyer la prise de décisions et les systèmes alimentaires locaux.
- Encourager l’apprentissage mutuel au moyen d’espaces adaptés sur le plan culturel, en respectant les horaires locaux et les priorités communautaires.
Infrastructure :
- Investir dans l’infrastructure du Nord pour appuyer la surveillance locale, les interventions d’urgence et les besoins futurs de ports.
- Appuyer le développement d’installations de transformation des aliments dans les collectivités inuites afin d’améliorer la sécurité alimentaire et la durabilité économique.
Renforcer les collectivités et les capacités locales :
- Mettre l’accent sur l’application pratique de la recherche, en fournissant aux collectivités des renseignements exploitables pour améliorer les systèmes alimentaires et les pêches.
- Établir des relations solides et respectueuses sur le plan culturel entre la collectivité et les scientifiques au moyen d’engagements informels continus.
- Élargir l’éducation et la formation pour permettre aux jeunes d’acquérir des compétences en sciences, en collecte de données et en surveillance, et fournir aux collectivités les outils nécessaires à la recherche de pointe.
- Assurer l’équité dans la recherche et la propriété des données au moyen de partenariats qui garantissent que les collectivités conservent le contrôle de leurs renseignements.
Favoriser l’innovation et la responsabilité partagée :
- Explorer de nouvelles technologies de collecte de données (p. ex. drones, intelligence artificielle) et favoriser des partenariats intersectoriels pour combler les lacunes en matière de données et renforcer la durabilité.
- Élaborer des approches de gestion des pêches souples qui peuvent s’adapter aux conditions changeantes, comme l’ajustement des saisons de pêche, la réaffectation des quotas et l’intégration du savoir inuit dans le processus décisionnel.
Intégration des sources de connaissances :
- Intégrer les renseignements provenant de sources multiples, y compris des exemples nationaux et mondiaux, afin d’éclairer la gestion adaptative des pêches et de réagir aux nouvelles tendances.
- Utiliser des ateliers régionaux pour transmettre les connaissances et éclairer la planification future pour l’est de l’Arctique, en veillant à ce que les connaissances scientifiques et inuites soient incluses dans les processus décisionnels.
Quelle est la façon la plus utile de poursuivre ces conversations
Lorsqu’on leur a demandé comment poursuivre ces discussions, les participants ont indiqué que pour assurer la réussite des futures discussions sur les changements climatiques, il faudrait maintenir une communication régulière et créer des plans d’action clairs avec des résultats tangibles, intégrer les points de vue des travaux internationaux, nationaux et régionaux, assurer une participation significative des Inuit et communiquer de façon accessible. Ces stratégies aideront à faire en sorte que la conversation demeure productive et inclusive, avec une voie claire pour s’attaquer aux changements climatiques.
Mobilisation continue et régulière
Dans l’ensemble, il y a un consensus sur la nécessité de poursuivre ces discussions. Les participants ont suggéré qu’un forum permanent soit créé afin de garder les changements climatiques à l’esprit des gens. Certains participants ont également suggéré que les forums existants, comme les tables rondes et les comités consultatifs, servent à tenir d’autres discussions, comme ce qui a été fait dans l’atelier lui-même.
Créer un plan d’action concret
Les participants ont fait remarquer que maintenir l’élan exige de ne pas limiter aux discussions et de se concentrer sur des résultats concrets. Ils ont souligné la nécessité d’un plan de travail clair contenant des étapes concrètes, que ce soit pour améliorer l’analyse des données, combler les lacunes ou déterminer les options disponibles. Il devrait s’agir d’un processus itératif, qui comprend tous les intervenants et qui démontre des progrès clairs. Les participants ont rapporté que, sans cela, ces discussions risqueraient de perdre de leur élan.
Intégration des sources de connaissances
Les participants ont souligné l’importance d’intégrer des analyses et des résultats provenant de multiples sources. Ils ont souligné la nécessité d’une exposition continue à ces enjeux, et ont noté que l’intégration des observations et des changements provenant d’autres administrations peut aider à mettre en évidence les changements potentiels et inspirer une réflexion qui donne lieu à des idées réalisables. La diffusion d’exemples provenant d’autres administrations, même à l’échelle mondiale, peut encourager la réflexion sur les changements possibles et les types d’interventions nécessaires. Les participants ont mentionné que le travail, les réussites et les leçons tirées d’autres pays pratiquant la pêche (p. ex. l’Australie et la Norvège) et d’organismes internationaux peuvent servir de point de départ.
- Les six autres ateliers régionaux que le MPO a tenus ont également été mentionnés. Les participants voulaient savoir si les rapports sur ce que nous avons entendu des autres séances seraient accessibles. Ils voulaient voir comment les autres discussions se comparent à celle-ci. Les participants ont fait remarquer que l’examen de tous les rapports ensemble peut révéler des défis communs et des domaines d’entente entre les régions du Canada, tout en reconnaissant les différences régionales et en en tenant compte.
- En outre, certains participants ont fait remarquer que toutes les parties intéressées devraient saisir toute occasion d’échanger des savoirs traditionnels autochtones (SA) et scientifiques. On fait remarquer que cela n’a pas à se faire dans un cadre officiel, comme une grande conférence ou dans le cadre d’une étude particulière. Le partage des connaissances peut se faire sur le terrain, et en fait, certains des meilleurs échanges se font sur le terrain.
Engagement des Inuit
Les participants ont souligné l’importance d’une mobilisation permanente et concrète auprès des communautés inuites, conçue et dirigée par ces communautés. Ils ont noté que la réussite de ces mobilisations devrait être évaluée en fonction de la façon dont elles répondent aux besoins de la communauté et de l’efficacité avec laquelle elles permettent de communiquer de l’information pertinente.
Communication claire et accessible
Les participants ont mis en évidence la nécessité de rendre les communications sur les changements climatiques claires et accessibles, surtout pour les communautés inuites qui pourraient faire face à des obstacles linguistiques ou à un accès limité à l’information technique. Ils ont suggéré que l’utilisation d’un langage simple et la traduction des documents dans les langues pertinentes peuvent améliorer la compréhension et la participation.
Résultats de l’exercice de sondage
Au cours de l’atelier, on a demandé aux participants de répondre à un sondage anonyme. Les réponses des participants sont affichées ci-dessous. Veuillez noter que la question 3 demandait aux participants de fournir une réponse écrite; les réponses reflètent les textes tels qu’ils ont été soumis.
Question no 1 : Choisissez tous les éléments suivants qui s’appliquent à vous et à votre rôle
Figure 1
- 2 participants étaient des chercheurs ou des scientifiques
- 2 participants travaillaient dans la gestion de la pêche
- 2 participants représentaient une organisation ou un gouvernement autochtone
- 1 participant représentait l’industrie de la pêche commerciale
- 1 participant était directement impliqué dans les pêches
Question no 2 : Sur une échelle de 1 à 5 (1 étant la valeur la plus faible et 5 la plus élevée), veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord ou en désaccord avec les énoncés ci-dessous
Figure 2
- Je pense que le changement climatique a un impact sur les pêches de l’est de l’Arctique. Réponse moyenne : 4,3
- Je pense que le régime de gestion des pêches actuel peut s’adapter et répondre rapidement aux conditions environnementales en évolution. Réponse moyenne : 2,0
- Les règlements empêchent les pêcheurs de s’adapter à l’évolution des conditions climatiques. Réponse moyenne : 2,0
- Le changement climatique nuira aux générations futures. Réponse moyenne : 4,7
- Dans 20 ans, il n’y aura pas assez de poissons pour continuer à exploiter ma principale ressource de pêche. Réponse moyenne : 3,5
- Il est inutile de se préparer au changement climatique puisque nous ne savons pas exactement ce qui va se passer. Réponse moyenne : 1,3
Question no 3 : Qu’est-ce qui pourrait accroître l’agilité et la souplesse du régime de gestion des pêches pour répondre aux défis futurs
Réponses écrites :
- Communication accrue
- Les collectivités de l’Arctique ont besoin d’investissements dans les capacités et l’infrastructure. Les pêches commerciales ont besoin d’une certaine souplesse en ce qui concerne les périodes de pêche et les quotas. Les chercheurs ont besoin d’une plus grande normalisation de la collecte de données.
Liste des participants
Des représentants des organisations, groupes, ONGE, institutions et/ou gouvernements suivants ont participé à l’atelier. Par ordre alphabétique :
- Administration régionale Kativik (KRG)
- Association régionale des trappeurs cris
- Association régionale des trappeurs cris
- Atlantic Groundfish Council
- Conseil de gestion de la faune de Kivalliq
- Conseil de gestion de la faune du Qikiqtaaluk
- Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine d’Eeyou
- Conseil mixte des pêches des monts Torngat
- Corporation de développement du Nunavut
- eOceans
- Fédération canadienne de la faune
- Gouvernement du Nunavut
- Makivvik
- Marine Institute de l’Université Memorial
- Nature United
- Northern Coalition Corporation
- Nunavut Fisheries Association (NFA)
- Oceans North
- Qikiqtaaluk Corporation
- TriNav Fisheries Consultants
- Université de Guelph
- Université de la Colombie-Britannique
- Université de Victoria
- Université de Windsor
- Université du Québec à Rimouski
- Université Laval
- Université Memorial
- Wild Ocean Research
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