Conseil canadien des ministres des pêches et de l’aquaculture (CCMPA)

Rapport sur le réseau d’aires marines protégées du Canada
Décembre 2018

Conseil canadien des ministres des pêches et de l’aquaculture (CCMPA) : Rapport sur le réseau d’aires marines protégées du Canada
Décembre 2018

Conseil canadien des ministres des pêches et de l’aquaculture (CCMPA) : Rapport sur le réseau d’aires marines protégées du Canada Décembre 2018 (PDF, 2.39 Mo)

Table des matières

Annexe : Résumé des études internationales sur l’efficacité des réseaux d’AMP

Il est généralement admis qu’il peut falloir de nombreuses années avant de pouvoir évaluer les effets et les avantages des réseaux d’AMP. De ce fait, les études qui démontrent l’efficacité des AMP et des réseaux d’AMP n’ont pu commencer à être produites que récemment dans les zones où ces AMP et réseaux d’AMP sont en place depuis un certain temps. De plus, ces études ont porté en majorité sur les avantages des réserves marines pour la reconstitution des stocks de poissons visés par des pêches.

Les expériences découlant d’AMP partout dans le monde offrent des exemples des avantages découlant de la création d’AMP.

Réserves marines et AMP aux États-Unis :

Le Stellwagen Bank National Marine Sanctuary, un sanctuaire marin établi en 1991, couvre l’estuaire de la baie du Massachusetts, dans le Maine, aux États-Unis. Les recherches socioéconomiques menées par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ont révélé qu’en 2008, les touristes ont dépensé 125 millions de dollars américains pour se rendre dans le sanctuaire et le visiter. Les excursions d’observation des baleines ont rapporté 24 millions de dollars américains par année en revenus, et la pêche récréative par bateaux de louage a entraîné des ventes directes de 2,5 millions de dollars américains par annéeNote de bas de page 19.

À Hawaii, une étude réalisée en 2005Note de bas de page 20 a porté sur un réseau de neuf zones de reconstitution des stocks de poissons (des AMP dans lesquelles la collecte de poissons destinés à l’aquariophilie est interdite), mis en place en 1998 pour essayer de résoudre les conflits entre les collectionneurs aquariophiles et les organisateurs d’excursions de plongée. Dans les cinq ans qui ont suivi la création des AMP, on a constaté des hausses importantes de l’abondance globale des espèces visées par les collectionneurs, le prix des poissons les plus recherchés avait augmenté de 33 % en moyenne et les conflits entre les collectionneurs et les autres utilisateurs de l’océan avaient diminué. Les auteurs de l’étude ont conclu que les AMP peuvent réellement favoriser le rétablissement des stocks de poissons et, ainsi, améliorer les pêches à proximité et contribuer à résoudre les conflits entre différents groupes d’utilisateurs.

Aires marines protégées au sein de l’Union européenneNote de bas de page 21 et en Australie :

Au sein de l’Union européenne (UE), les AMP couvrent 7 725 sites et 338 623 km2. Voici la définition donnée par l’UE d’une AMP pour la recherche : « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer la conservation à long terme de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés. » Dans les AMP de l’UE, il a été prouvé que le fait d’imposer des restrictions explicites sur la pêche ou sur différents engins de pêche (en fonction des objectifs de conservation) avait des effets positifs considérables sur la conservation des espèces.

Lamlash Bay, au Royaume-Uni, a été désignée comme réserve marine totalement protégée en 2008, où aucun type de pêche n’est autorisé. Bien que cette réserve soit relativement récente, les données indiquent qu’elle a été bénéfique pour les populations de pétoncles dans les lieux de pêche environnants. Une abondance plus importante de pétoncles juvéniles a été observée dans la réserve, par rapport aux zones environnantes, ce qui renforce l’idée que les AMP peuvent améliorer la reconstitution des stocks d’espèces exploitées commercialement près de la réserve, et ce, de deux façons. D’abord, la protection des habitats d’alevinage a augmenté les niveaux d’établissement de l’espèce, et ensuite, la protection de l’espèce a permis à un plus grand nombre d’individus de grossir et de vivre plus longtemps. Ces effets devraient s’accentuer avec le temps.

Une étude de 2010 a quantifié le nombre et la biomasse des homards débordant des îles Columbretes. Les individus étiquetés dans la réserve et repêchés dans les zones de pêche environnantes ont été utilisés pour déterminer l’origine des homards. Goñi et coll.Note de bas de page 22 ont constaté que la pêche aux homards de débordement compensait la perte de rendement causée par la réduction des lieux de pêche. Par ailleurs, les homards émigrant de la réserve étaient en moyenne plus grands que ceux qui vivaient à l’extérieur, ce qui s’est traduit par une hausse moyenne annuelle nette de 10 % des prises en termes de poids.

Une étude australienne de 2012Note de bas de page 23 a présenté des preuves que l’exportation de larves à partir d’une réserve marine bien établie avait été bénéfique à la reconstitution des stocks de pêches dans les récifs des zones adjacentes. La conclusion de cette étude est que les réserves, qui représentaient 28 % de la zone de récif locale, avaient produit la moitié de l’augmentation totale de juvéniles dans les récifs faisant l’objet de pêches dans un rayon de 30 km. Même si les avantages socioéconomiques pour les intervenants n’ont pas été mesurés, l’étude a conclu que la hausse des stocks en provenance des réserves locales prouvait que les réseaux peuvent être un outil efficace pour soutenir des générations de pêcheurs.

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