Sélection de la langue

Recherche

Carpe de roseau, crapet vert et gardon rouge

Les envahisseurs aquatiques : Carnet d’identification d’espèces envahissantes d’eau douce du Québec

Les envahisseurs aquatiques : Carnet d’identification d’espèces envahissantes d’eau douce du Québec (PDF 4,6 Mo)

Table des matières :

Les espèces aquatiques envahissantes au Québec

Carpe de roseau

(Ctenopharyngodon idella)

Carpe de roseau

Crédit photo : Ryan Hagerty, U.S. Fish and Wildlife Service

Caractéristiques

Carpe de roseau

Crédit photo : Dan O’Keefe, Michigan Sea Grant

Origine

La carpe de roseau est originaire des rivières allant du Sud de la Russie au Nord du Vietnam. C'est l'une des quatre espèces de carpes envahissantes introduites en Amérique du Nord dans les années 1960 et 1970. L'évasion de spécimens de centres d'aquaculture, des relâchements intentionnels et les marchés de poissons vivants ont fait que ces carpes se sont retrouvées dans des cours d'eau du nord-est américain. Au Canada, la carpe de roseau a été capturée une première fois dans le lac Érié en 1985. Au Québec, il y a eu quelques observations depuis 2016 dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu.

Habitat

La carpe de roseau préfère les grands plans d'eau où les courants sont faibles et les fonds sont recouverts d'herbiers, des grandes plantes aquatiques dont elle se nourrit à l'âge adulte. Elle vit près des berges dans des profondeurs d'eau de 3 m ou moins. Elle tolère une grande gamme de températures (0 °C à 38 °C) ainsi que de faibles concentrations d'oxygène.

Espèces semblables

La carpe de roseau ressemble à plusieurs espèces présentes dans nos plans d'eau, dont la ouitouche (Semotilus corporalis), la carpe commune (Cyprinus carpio), et une espèce en péril, le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi). La ouitouche mesure entre 15 cm et 30 cm, ce qui la distingue de la carpe de roseau. La carpe commune possède une paire de barbillons près de la bouche et une longue nageoire dorsale. Le chevalier cuivré possède une bouche en suçoir pourvue de lèvres charnues, caractéristique unique aux chevaliers et aux meuniers qui sont souvent identifiés à tort comme des carpes.

Ouitouche

Ouitouche, une espèce semblable à la carpe de roseau Crédit photo : Marc Bourret

Chevalier cuivré

Chevalier cuivré, une espèce semblable à la carpe de roseau Crédit photo : N. Vachon Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec

Crapet vert

(Lepomis cyanellus)

Crapet vert

Crédit photo : S. Normand, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec

Caractéristiques

Crapet vert

Crédit photo : Fredlyfish4

Origine

Le crapet vert est un poisson d'eau douce originaire du centre et du Nord-Est des États-Unis. Il a été introduit dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Europe en lien avec l'aquaculture, l'aquariophilie et l'usage d'appâts vivants. Au Canada, le crapet vert est une espèce indigène de l'Ontario (bassins des Grands Lacs et de la baie d'Hudson), mais il est considéré comme étant non indigène partout ailleurs au pays. Il a été observé une première fois au Québec en 2007 dans la rivière Yamaska.

Habitat

Le crapet vert vit dans les eaux calmes comme les étangs et les lacs peu profonds. On le retrouve aussi bien dans les eaux claires que dans les eaux turbides, étant souvent la seule espèce de crapet que l'on peut capturer dans des eaux boueuses.

Espèces semblables

Le crapet vert peut être confondu avec d'autres espèces de crapets, dont le crapet-soleil (Lepomis gibbosus), très répandu au Québec, le crapet arlequin (L. macrochirus) et le crapet du Nord (L. peltastes), 2 espèces rares dans les eaux québécoises, mais présentes au sud de l'Ontario. Le crapet du Nord est une espèce en péril dans les Grands Lacs et dans le haut du Saint-Laurent. Ces crapets se ressemblent quant à leur aspect général, mais ils diffèrent par la couleur de leur opercule.

Crapet-soleil

Crapet-soleil

Crédit photo : Ontario Freshwater Fishes Life History Database, R. J. Eakins

Crapet arlequin

Crapet arlequin

Crédit photo : Fredlyfish4

Crapet du Nord, une espèce en péril

Crapet du Nord

Crédit photo : Ontario Freshwater Fishes Life History Database, R. J. Eakins

Gardon rouge

(Scardinius erythrophthalmus)

Gardon rouge

Crédit photo : Peter van der Sluijs

Caractéristiques

Gardon rouge

Crédit photo : Robin Gáspárdy, Pêches et Océans Canada

Origine

Le gardon rouge, aussi appelé rotengle, est originaire de la région de l’Europe centrale. Observé une première fois aux États-Unis à la fin des années 1880, il aurait été disséminé accidentellement en Amérique du Nord par son utilisation comme poisson-appât pour la pêche et son élevage en aquaculture. Au Canada, il a été observé une première fois en 1990 dans la portion ontarienne du fleuve Saint-Laurent. L'espèce s’est ensuite propagée dans les lacs Saint-Pierre, Champlain, Ontario, Érié et Michigan ainsi que dans leurs bassins versants.

Habitat

Le gardon rouge habite des milieux où les eaux sont calmes et les fonds sont recouverts d'une épaisse végétation aquatique (étangs, lacs, rivières). Il s'adapte à toutes sortes de conditions environnementales, modifiant son régime alimentaire en fonction des ressources disponibles. Comme ce poisson tolère des températures entre 10 °C et 22 °C, les températures froides de nos hivers sont vraisemblablement un facteur limitant pour son établissement dans nos eaux.

Espèces semblables

Au premier coup d'œil, le gardon rouge ressemble beaucoup au méné jaune (Notemigonus crysoleucas). Cependant, ce méné est plus petit (entre 8 cm à 12 cm, parfois 23 cm). Il n'a aucune écaille sur le ventre et ses nageoires sont habituellement de couleur jaune-verdâtre, pouvant devenir orange vif lors de la reproduction (mai à août). Une hybridation possible entre ces 2 espèces inquiète les biologistes.

Méné jaune

Méné jaune

Crédit photo : Ontario Freshwater Fishes Life History Database, R. J. Eakins

Date de modification :