Myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum)
Si vous pensez avoir vu un myriophylle à épis, consultez la section Caractéristiques d’identification et espèces semblables pour confirmer votre observation.
Signalez-le
Si vous pensez avoir découvert une espèce aquatique envahissante :
- prenez des photos
- notez :
- l'emplacement exact (coordonnées GPS)
- la date d'observation
- les caractéristiques d’identification
- contactez-nous pour le signaler
Sur cette page
- Caractéristiques d’identification et espèces semblables
- Origine et aire de répartition actuelle
- Habitat
- Voies d’introduction et propagation
- Répercussions
- Mesures gouvernementales
- Ce que vous pouvez faire
- Liens connexes
Caractéristiques d’identification et espèces semblables
Caractéristiques d'identification du myriophylle à épis
- plante submergée enracinée au fond qui forme des herbiers denses avec des épis de petites fleurs (période de floraison habituellement de fin juillet à début août);
- trois à six feuilles par verticille (souvent quatre), composées de 12 à 24 paires de folioles (petites feuilles formant une plus grande feuille);
- extrémité des feuilles souvent tronquée, formant une ligne droite;
- feuilles sont affaissées quand les tiges sont hors de l’eau.
Espèces semblables
Le myriophylle à épis est une plante submergée qui possède des feuilles constituées de 12 à 24 paires de folioles (petites feuilles formant une plus grande feuille). Lorsqu’il y a plus de 15 paires de folioles par feuille, il s’agit fort probablement du myriophylle à épis. L’identification de cette espèce reste toutefois difficile et est souvent réservée aux experts.
Il est possible de confondre le myriophylle à épis avec deux autres espèces envahissantes, le cabomba de Caroline et le myriophylle aquatique.
De plus, le myriophylle à épis peut ressembler à plusieurs plantes aquatiques indigènes qui sont naturellement présentes dans nos plans d’eau, dont :
- l’utriculaire vulgaire;
- les cornifles;
- les myriophylles indigènes.
Ces espèces sont naturellement présentes au Québec et en Ontario, mais elles peuvent également être observées dans d’autres régions du Canada.
Utriculaire vulgaire (Utricularia vulgaris)
L’utriculaire vulgaire se distingue du myriophylle à épis par ses fleurs jaunes, ses fruits émergents, et la présence de feuilles modifiées en forme de petits sacs (utricules) sur les parties submergées de la plante, lui permettant de flotter et d’attraper des insectes, des petits crustacés ou des larves aquatiques.
Cornifles (Ceratophyllum sp.)
Les cornifles se distinguent du myriophylle à épis par leurs feuilles verticillées, c’est-à-dire arrangées autour d’un point sur la tige, et subdivisées avec des épines sur leur marge, ainsi que par la présence de petits fruits à leur base. De plus, leurs feuilles sont rigides et conservent leur forme hors de l'eau.
Myriophylles indigènes (Myriophyllum sp.)
Il est possible de différencier le myriophylle à épis des myriophylles indigènes qui se trouvent naturellement dans nos plans d'eau. Toutefois, cette distinction est souvent réservée aux experts, qui examinent des caractéristiques spécifiques telles que :
- le type de fleurs et leurs localisations;
- le nombre de feuilles en verticilles (regroupées autour d’un point sur la tige);
- la disposition des folioles (petites feuilles composées) ressemblant à des plumes.
Si vous pensez avoir vu un myriophylle à épis ou une autre EAE, communiquez avec nous pour faire un signalement.
Origine et aire de répartition actuelle
Le myriophylle à épis est une plante aquatique originaire d’Europe et d’Asie.
Cette plante aquatique a été signalée pour la première fois au Canada en 1958 au Québec, dans le lac Saint-Pierre. En 1961, le myriophylle à épis a été observé en Ontario, dans le lac Érié. Depuis, elle s’est progressivement étendue dans d'autres provinces du pays.
Aujourd’hui, le myriophylle à épis est l'une des espèces aquatiques envahissantes les plus répandues au Canada, avec sa présence confirmée dans plusieurs milliers de plans d’eau à travers le pays.
Habitat
Le myriophylle à épis est une plante vivace qui s’établit dans les eaux peu profondes des étangs, des marais, des fossés, des canaux et des lacs, ainsi que dans les secteurs calmes des rivières et des fleuves. On le retrouve souvent entre 1 et 4 m de profondeur, mais il peut s’enraciner dans les sédiments (gravier, sable, vase et débris végétaux) jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur.
Voies d’introduction et propagation
Probablement introduit sur la côte est des États-Unis dans les années 1860 par les eaux de ballast des navires, le myriophylle à épis a aussi été volontairement importé à des fins ornementales, par l’achat en magasin ou en ligne. Cette plante, capable de se multiplier par fragmentation, s'est rapidement propagée à travers diverses activités humaines telles que l’aquariophilie, la pêche récréative et les sports nautiques. Comme plusieurs espèces de plantes aquatiques envahissantes, elle peut s’établir et se propager naturellement grâce à des fragments qui se déplacent vers l’aval des plans d’eau.
Répercussions
Répercussions écologiques
Le myriophylle à épis est une plante envahissante qui se développe et se propage rapidement. Cette plante forme de grandes et denses colonies qui modifient les communautés de phytoplancton (qui forment la base des réseaux ou chaînes alimentaires) et remplacent les plantes aquatiques indigènes, ce qui diminue la biodiversité du milieu, rend les plages moins attrayantes, nuit à la baignade, aux activités de pêche et à la navigation de plaisance.
Répercussions socioéconomiques
En nuisant aux activités récréatives telles que la navigation de plaisance, la pêche et la baignade, la présence de grandes colonies de myriophylle à épis dans un plan d’eau peut affecter négativement la valeur des propriétés riveraines et nuire au tourisme. Aussi, les coûts associés au contrôle et l’éradication de la plante peuvent être élevés.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur l'impact des plantes envahissantes, consulter les menaces pour l'environnement, l'économie et la société.
Mesures gouvernementales
Prévention et gestion
La prévention contre son introduction et sa propagation constitue le meilleur moyen de lutter contre cette plante envahissante.
Il existe diverses façons de contrôler les plantes aquatiques envahissantes :
- le retrait mécanique (à la main, avec des outils ou de la machinerie);
- l'assèchement (abaissement du niveau d’eau);
- le bâchage (recouvrement avec un matériau opaque pour limiter la croissance);
- l'application d'herbicide.
Les mesures de contrôle peuvent varier selon l’espèce, des précautions doivent donc être prises avant de tenter de contrôler une espèce aquatique envahissante pour éviter qu’elle ne se propage davantage. Si vous désirez développer un projet de contrôle d'espèces aquatiques envahissantes, contactez le ministère pour vous assurer de répondre aux exigences des lois et règlements qui protègent les milieux aquatiques.
Ce que vous pouvez faire
Une fois une EAE installée dans un lac ou un cours d’eau, il est difficile et coûteux de la contrôler et l’éradiquer. Empêcher son introduction et sa propagation est la meilleure façon de la combattre. Des gestes simples, mais efficaces, peuvent faire une différence pour protéger les plans d’eau :
- Apprenez à reconnaitre les EAE et signalez leur présence;
- Nettoyez adéquatement les embarcations ayant été en contact avec l’eau ainsi que les équipements utilisés dans les activités nautiques et de pêche récréative. Suivez les étapes de nettoyage décrites sur la page Lavez, videz, séchez et décontaminez;
- Évitez de naviguer dans les herbiers de plantes aquatiques afin de ne pas contribuer à leur propagation. Il est possible de faire installer des bouées (PDF, 2,9 Mo) afin d’indiquer les principaux herbiers de EAE et de limiter la circulation;
- Ne jetez jamais les restes de plantes, l’eau et les organismes de votre jardin d’eau ou de votre aquarium dans la nature.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires concernant la lutte contre les espèces aquatiques envahissantes.
Liens connexes
- Carnet d’identification d’espèces de plantes envahissantes d’eau douce du Québec
- Fiches pour identifier les plantes aquatiques exotiques envahissantes et pour les distinguer des espèces similaires : Myriophylle à épis (PDF, 1,1 Mo)
- Eurasian Watermilfoil – Profile and Resources | Invasive Species Centre (Anglais seulement)
- Eurasian Water-Milfoil | Ontario's Invading Species Awareness Program (Anglais seulement)
- Water Milfoil, Eurasian - Alberta Invasive Species Council (Anglais seulement)
- Field Guide to Aquatic Invasive Species for British Columbia (PDF, 6 Mo) (Anglais seulement)
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