R et D en aquaculture au Canada de 2009

Pou du poisson

Rapports du BC Pacific Salmon Forum sur les résultats provisoires des recherches

L’équipe étend la senne coulissante qui servira
à la capture de smolts.

Le BC Pacific Salmon Forum est un organisme indépendant qui favorise le dialogue entre scientifiques et intervenants afin d’améliorer la gouvernance durable du saumon du Pacifique de la Colombie-Britannique. Trois objectifs ont été fixés pour guider un programme de recherche de deux ans, axé principalement sur l'archipel Broughton : 1) déterminer si les exploitations salmonicoles de l’archipel ont des répercussions sur la charge de poux du poisson des saumons sauvages et, dans l’affirmative, de quelle façon; 2) déterminer si l’augmentation de la charge de poux du poisson nuit à la survie des poissons sauvages; 3) déterminer si la réduction du taux de survie des saumons, quelle qu’elle soit, a des conséquences sur les populations de saumons et, dans l’affirmative, quelles mesures de gestion pourraient être mises en place pour réduire les risques pour le saumon sauvage?

En 2008, le Forum a financé 15 projets de recherche coopérative auxquels participent plus de 35 scientifiques. Ces projets ont permis d’acquérir un important bagage de nouvelles connaissances dans des domaines allant de la santé et de la physiologie des poissons jusqu’à l'océanographie, en passant par les interactions entre l’hôte et le parasite, ainsi que la biologie du pou du poisson. Bien que les recherches soient principalement axées sur la région de l'archipel Broughton, des projets ont aussi été entrepris dans d'autres régions de la côte de la C.-B., certains étant d’ailleurs toujours en cours. Les recherches de la période de 2008 misaient sur les résultats des saisons antérieures et aideront les scientifiques à mieux comprendre les interactions au sein de l'écosystème de l’archipel Broughton et même, probablement, au-delà. Les paragraphes qui suivent contiennent un bref aperçu des résultats préliminaires de la saison de travaux sur le terrain de 2008.

Modélisation des mouvements

Ajout de smolts dans la colonne d’eau

Les organismes aquatiques sont en relation étroite avec les écosystèmes dans lesquels ils vivent et les scientifiques commencent à peine à comprendre une partie des interactions complexes entre le poisson, les parasites et les pathogènes, ainsi que l’environnement dans lequel ils coexistent. En effet, puisque le milieu joue un rôle défini dans l’issue de ces interactions, il apparaît essentiel de mieux comprendre les mécanismes de transport et d'échange dans le milieu aquatique pour bien saisir la dynamique des populations de saumon de nos eaux.

Des modèles de la circulation océanographique et de la dispersion des poux du poisson ont été créés pour l'archipel Broughton et utilisés pour simuler les conditions océanographiques et les concentrations de poux du poisson pendant des périodes de prélèvement définies(1). Les courants océaniques, la salinité et la température utilisés pour la simulation au moyen des modèles ont semblé correspondre relativement bien aux données recueillies sur le terrain, ce qui porte à croire que ces modèles pourraient devenir des outils précieux pour l’étude des interactions du saumon sauvage/d’élevage avec le pou du poisson et pour l’examen des méthodes de gestion des exploitations salmonicoles pour l'avenir.

Origine des stocks

L’une des difficultés auxquelles se heurtent les scientifiques qui tentent de comprendre la dynamique du saumon découle du manque de connaissances quant à l’origine exacte des poissons. Lorsqu’ils connaissent l’origine de chaque échantillon, les scientifiques sont en mesure de déterminer les habitudes migratoires et de distinguer les différences éventuelles importantes sur le plan de l'infection des différents stocks. Il est bien connu que la constitution génétique de stocks d'organismes différents n’est pas la même, que les stocks peuvent avoir une résistance plus ou moins grande aux pathogènes et ces connaissances sont utiles pour déterminer les stocks qui courent plus de risque d'être infectés.

Des analyses microchimiques ont permis de démontrer qu'il est possible de déterminer l’origine natale des saumons roses et kétas échantillonnés dans l'archipel Broughton, à partir de la composition des otolithes(2). Les jeunes saumons qui grandissent dans différents cours d’eau sont soumis aux variations des caractéristiques chimiques de l'eau, qui peuvent être retracées par microanalyse. Les saumons d'origine connue ont été correctement identifiés dans à peu près 85 % des cas, ce qui laisse croire que cette recherche pourrait fournir un outil analytique valable dans le cadre des efforts entrepris pour mieux comprendre les voies migratoires du saumon dans l'archipel Broughton.

Surveillance marin

Mike Sackville examine des spécimens au microscope.

La dynamique des saumons juvéniles et des poux du poisson associés a été la source de multiples discussions. Même si les réponses nous échappent encore, certaines tendances commencent à transparaître. D’importants programmes d’échantillonnage entrepris par plusieurs groupes de recherche différents sur des périodes de cinq ans ou plus ont démontré que d’importants changements se dessinaient au sein des populations de saumons aussi bien que de poux du poisson, même s’il ne semble pas toujours y avoir de corrélation positive entre les deux. Le total des prises de jeunes saumons roses et kétas sauvages était élevé en 2003, mais il a diminué substantiellement pour les deux espèces en 2004. Même si le total des prises et des captures par unité d’effort (CPUE) est demeuré relativement constant pour les deux espèces de 2004 à 2008, le nombre de poissons capturés chaque année a varié largement d’une station d’échantillonnage et d’une année à l’autre(3). En 2008, un total de 622 traits de sennes de plage et de sennes coulissantes ont été effectués, l’échantillonnage ayant été étalé sur 8 à 10 jours, chaque mois, vers la fin de mars, d’avril, de mai et de juin. Ainsi, en 2008, un total de 22 995 saumons roses juvéniles et 9 394 saumons kétas juvéniles sauvages ont été capturés, soit à peu près le même nombre qu’en 2007.

Il est généralement admis que les petits poissons sont plus sensibles aux infestations par le pou du poisson. En 2008, un grand nombre de jeunes saumons ont été examinés afin de déterminer s’ils étaient infestés. On constate de grandes variations à la fois de l’incidence et de la gravité de l'infection par L. salmonis chez les jeunes saumons roses et kétas, d’une année à l’autre, de même que d’un endroit à l’autre au cours d’une même année(3.4). La prévalence et l'abondance de L. salmonis chez les jeunes saumons roses et kétas diminue de façon continue depuis 2004, même si l’on ne comprend pas encore tout à fait les facteurs qui sont à l’origine de ce déclin. Le pourcentage de saumons roses mortellement infectés a diminué, passant d’environ 1 % en 2005 à zéro en 2008. Des études en laboratoire démontrent que lorsqu’il a atteint environ 0,7 g, l’alevin devient très résistant aux effets du pou du poisson(4). 
La question à laquelle aucune réponse n’a encore été obtenue est la suivante : « D’où vient le pou du poisson? »0 Le saumon d’élevage n’est pas infecté lorsqu’il entre dans les parcs en eau salée. Par conséquent, il est logique de penser que le pou provient d’une source naturelle dans l’environnement. Cependant, personne n’a encore plus clairement cerner ce réservoir.

Gestion du pou du poisson

This catch: mostly herring, few smolt.

On accepte de façon générale qu'il existe une relation entre le pou du poisson chez le saumon sauvage et le saumon d’élevage, même si cette relation n’a pas encore été entièrement définie. Néanmoins, la prudence reste de mise en ce qui concerne la gestion de ces interactions. Des modèles mathématiques ont été utilisés pour établir un lien entre les données recueillies dans les exploitations salmonicoles et celles qui proviennent de l’échantillonnage de saumons sauvages. Il a été établi que le SLICEMD réduisait l’infestation par le pou du poisson dans les fermes salmonicoles et, par conséquent, la transmission aux jeunes saumons sauvages. Cette diminution de la transmission du pou permet de supposer qu’il y a amélioration du taux de survie du saumon sauvage, mais on ne sait pas encore si le SLICEMD est suffisant pour préserver et rétablir le saumon sauvage(6). Des études réalisées dans l’archipel Broughton montrent que l’infection commence en hiver. Au cours de l’hiver 2008, les fermes salmonicoles de la région du bras de mer Knight et du chenal Tribune ont été traitées au SLICEMD et, par conséquent, étaient à peu près exemptes de poux du poisson. À l’hiver 2007-2008, les épinoches qui se trouvaient autour de ces fermes étaient fortement (environ 70 %) infectées par C. clemensi, au stade chalimus, infection qui s’est produite pendant l'hiver et s’est poursuivie après que le SLICEMD ait été administré. La prévalence et l'intensité de l'infection avant et après le traitement ont indiqué que de C. clemensi était produit de façon continue par une source autre que les fermes salmonicoles(5).

La compréhension de l’étendue et de la densité des poux du poisson dans l’environnement est un facteur important de la gestion. Des traits ont été réalisés à toutes les deux semaines afin de recueillir du plancton dans tout l’archipel Broughton en 2007-2008(7) en vue de quantifier l’abondance des larves du pou du poisson et d’en cartographier la répartition. L’abondance de Lepeophtheirus salmonis et de Caligus clemensi aux stades de nauplius et copépodite était faible. L. salmonis était surtout abondant près des fermes d’élevage actives depuis peu, tandis que C. clemensi affichait une association limitée ou tout à fait nulle avec les fermes piscicoles, mais aurait été associé avec des bancs de harengs.

Interactions hôte-parasite

On sait depuis longtemps que le pou du poisson migre vers la surface la nuit et s’enfonce profondément pendant le jour. Cependant, de récentes recherches semblent indiquer que ses déplacements sont moins évidents qu'on ne l’avait d’abord cru. Lorsque les L. salmonis aux stades de nauplius et copépodite étaient maintenus dans une colonne d’eau de 10 m, en suspension dans l'océan, ils ne semblaient pas avoir de préférence pour une profondeur particulière et la période de clarté ne semblait avoir aucun effet apparent sur leur répartition verticale(8). En l'absence de pou du poisson, la répartition des saumons roses juvéniles a changé légèrement entre le jour et la nuit; les poissons qui avaient fait leur entrée en eau salée moins de trois semaines auparavant (jusqu'à ~0,5 g) occupaient généralement les 3 m supérieurs de la colonne d'eau. Lorsque les poux du poisson et les poissons se tenaient ensemble dans la colonne d’eau, le saumon se dispersait davantage pendant le jour, mais ses habitudes de répartition ne changeaient pas la nuit. On n'a observé aucune différence dans la proportion de poissons infectés ou non infectés par rapport à la répartition verticale du poisson, ce qui semblerait indiquer que les pressions exercées relativement à l’infection n’ont rien à voir avec la lumière du jour et la profondeur. Des propositions ont été faites à l’effet que le jeune saumon pourrait s’attaquer aux œufs de pou du poisson ou aux poux eux-mêmes. On ne sait toutefois pas si les poux au stade copépodite suivaient le poisson en tant qu’hôte potentiel ou si le poisson suivait les larves copépodites, comme source de nourriture potentielle. On sait seulement qu'il y a une corrélation entre leur répartition verticale dans la colonne d’eau, lorsqu’ils sont libres d’interagir(8).

Répercussions physiologiques de l'infection

Même si l’accent a été mis en grande partie ces dernières années sur les effets de la charge du pou du poisson sur les populations, on dispose de très peu de données sur les répercussions de l'infection sur chaque poisson. Des expériences ont été entreprises en 2008 sur 10 000 saumons roses juvéniles, certains aussi petits que 0,2 g. Ils ont été examinés sur le terrain, afin de déterminer les effets de L. salmonis sur l'équilibre ionique et la performance natatoire du poisson à des densités de 1 à 3 poux par poisson. Les effets sublétaux d’un pou par poisson sur l'équilibre ionique et la performance natatoire dépendaient de la taille du poisson, mais on a noté d’importants effets seulement sur les poissons ayant une masse corporelle inférieure à 0,5 g. Il fallait une densité de poux plus élevée (2 ou 3 par poisson) pour déclencher des effets sublétaux sur l’équilibre ionique et la performance natatoire chez les plus gros poissons (0,5 – 3,7 g). Dans tous les cas, les effets sublétaux ont été observés lorsque le pou avait atteint au moins le stade chalimus 3-4. Comparativement aux changements sublétaux observés chez les poissons de moins de 0,5 g avec un pou, l’augmentation de la densité des poux jusqu'à 3 par poisson n'a pas eu d’effet sublétal additif pour les poissons, quelle qu’ait été leur taille(9). Fait intéressant, les poissons infectés naturellement semblaient moins sensibles à la charge de poux que les poissons qui avaient été infectés de façon artificielle en laboratoire. Néanmoins, dans toutes les études physiologiques, le taux de mortalité était minime (<2 %) chez les poissons infectés par le pou au cours d’essais qui ont duré jusqu'à 28 jours. En outre, plus d’une étude montre que les saumons juvéniles posséderaient des mécanismes efficaces pour se débarrasser des poux(5,9).

Santé des poissons

La santé des poissons est un domaine complexe qui englobe beaucoup plus qu’une simple interaction hôte-parasite. La condition physique est influencée par les premières périodes de croissance, l’approvisionnement naturel en nourriture, la génétique, les conditions du milieu, etc. De nombreux facteurs mènent à un état que nous appelons maladie et un pathogène n’est qu’un des facteurs d’une équation complexe. Le seul fait de trouver un parasite ou un pathogène sur un organisme ou à l’intérieur de celui-ci ne doit pas être confondu avec l’état de maladie. Si le poisson est en santé, il sera tout à fait capable de relever un certain nombre de défis. Si sa santé est affectée par un facteur quelconque, biotique ou abiotique, le scénario pourrait être très différent. Pour cette raison, il est important d’acquérir des connaissances concernant la santé générale d'une population de poissons.

Les saumons roses juvéniles en dévalaison dans l'archipel Broughton en 2008 ont été évalués; on a analysé par exemple leur condition physiologique, la présence du pou du poisson, d'autres parasites, de bactéries, de virus et de lésions microscopiques. Des analyses histopathologiques ont permis de découvrir des lésions microscopiques qui sont considérées comme étant apparues dans le milieu d'eau salée, mais qui ne sont pas attribuables au pou du poisson(10). Ainsi, il y aurait d’autres facteurs, encore non définis, qui ont une incidence sur les jeunes saumons dans l’archipel Broughton. Dans la nature, la présence de ces parasites est normale et naturelle, mais une question demeure : est-ce que les saumons ne sont pas en santé parce qu’ils sont infestés de poux du poisson, ou est-ce qu’ils sont infestés de poux parce qu'ils ne sont pas en santé?

Dynamique des populations de saumon

Il est important d’attirer l’attention sur les importantes diminutions des populations de saumon tout le long de la côte de la Colombie-Britannique. Le déclin des populations ne se limite pas à l’archipel Broughton. Cependant, les recherches financées par le Forum ont été axées sur cette région et ont établi que la production de saumons roses hors du chenal Glendale correspondait à environ la moitié de celle de 2007, ce qui est vraisemblablement attribuable à la faible échappée d’adultes de 2007, par rapport aux nombres élevés observés en 2006(11).

L'installation d'un appareil de comptage par résistivité électrique dans la frayère artificielle de la rivière Glendale permettra de dénombrer de façon précise les poissons qui survivent, de l’œuf à l’alevin, au cours des années à venir, de manière à évaluer les tendances de survie avec le temps. L’évaluation préliminaire des échappées obtenue par des relevés aériens montre qu’il y a remplacement des géniteurs dans certains systèmes et des retours grandement réduits par rapport aux géniteurs dans d’autres systèmes. La tendance générale de l’échappée affiche une baisse importante pour ce qui est du nombre total, entre 2006 et 2008, le nombre d’adultes retournant dans la rivière Glendale ayant été inférieur de 91 % à celui de 2006. Les tendances sont semblables pour d’autres systèmes en dehors des bras de mer de la partie continentale (c.-à-d. les côtes centrale et septentrioanle) et ne semblent pas constituer un événement circonscrit comme ce fut le cas en 2002 et en 2003(11).

Dynamique du saumon et du pou du poisson dans les régions de l’extérieur de l’archipel Broughton

Inspection de la colonne d’eau

Même si les recherches financées par le Forum ont mis l’accent sur l’archipel Broughton, il y a des projets de recherche en cours dans d'autres régions qui ont été financés entièrement ou partiellement par le BC Pacific Salmon Forum. Les jeunes saumons de la région de Bella Bella, secteur où il n`y a pas de fermes salmonicoles, avaient des taux faibles (3,5 %) d’infestation par le pou du poisson, ce qui est considéré comme un niveau de référence naturel pour la région. Dans les zones où il y a des fermes piscicoles, les jeunes saumons étaient beaucoup plus nombreux à avoir des poux du poisson à proximité des exploitations, comparativement aux régions plus éloignées des fermes(12). Un taux élevé de poux près des fermes salmonicoles correspondait à une proportion beaucoup plus grande de L. salmonis, espèce propre au saumon, que de C. clemensi qui est davantage généraliste (c.-à-d.qu’on le trouve sur différentes espèces de poissons).

Le programme des pêches de Kitasoo a entrepris un projet de surveillance et a recueilli des jeunes saumons dans des zones proches et éloignées des fermes salmonicoles, entre 2004 et 2008, puis les a évalués en vue de déterminer s’ils portaient des poux du poisson. On a pu observer aussi bien C. clemensi que L. salmonis chez les poissons de toutes les zones échantillonnées. En 2008, le taux de poux du poisson était le plus faible de toutes les années au cours desquelles des données ont été recueillies. La prévalence et l'intensité de L. salmonis étaient faibles dans toutes les zones échantillonnées et pour toutes les années, aussi bien pour le saumon rose que pour le saumon kéta. Le taux d'abondance de L. salmonis était plus élevé chez les saumons capturés autour des exploitations salmonicoles en 2005 et en 2006, mais pas en 2007 ou en 2008, lorsque les données étaient comparées à la zone de référence(13).

La région des îles du Golfe, dans le détroit de Georgia est une importante zone de croissance pour toutes les espèces de jeunes saumons du Pacifique. Dans le cadre d’une autre étude réalisée en 2008, des chercheurs ont pu mesurer l’étendue du pou du poisson sur ces saumons juvéniles. L'infection représentait environ 70 % et était composée en grande partie de C. clemensi. Il n'y avait pas de fermes salmonicoles dans cette zone, ce qui porte à croire que de grandes infections naturelles par le pou du poisson peuvent aussi survenir(5).

Conclusions

Le but de la stratégie de recherche de l’archipel Broughton était de tenter d’éclaircir certaines interactions entre le saumon d’élevage et le saumon sauvage dans l'écosystème marin, en mettant l’accent principalement sur les populations de saumons roses et kétas sauvages, pour tous les aspects de leur cycle de vie. Les recherches ont porté sur les facteurs de l'écosystème qui pouvaient avoir des répercussions sur ces populations de poissons sauvages, sur le risque cumulatif, le cas échéant, associé à l'exploitation salmonicole et la façon dont les risques potentiels pouvaient être atténués. Même si de nombreuses questions restent sans réponse et que de nouvelles font leur apparition, à la suite d’un certain nombre d’études scientifiques rigoureuses, les résultats des recherches permettent d’élargir les connaissances existantes et continueront de servir de base aux études futures qui viendront jeter davantage de lumière sur les interrelations entre tous les facteurs.

Remarque : Cet article est basé sur différents résumés de recherches fournis au BC Pacific Salmon Forum. L'information n'a pas été soumise à un processus officiel d’examen par des pairs. Tous les résumés de projet décrits dans les paragraphes qui précèdent peuvent être consultés sur le site Web du BC Pacific Salmon Forum, au www.pacificsalmonforum.ca

Chercheurs ayant participé aux projets financés par le BC Pacific Salmon Forum :

  1. Stucchi, D., M. Foreman, P. Czajko, et M. Guo. Oceanography (Projet A.1)
  2. DiBacco, C. Determination of Natal Origins of Pink and Chum Salmon in the Broughton Archipelago Using Otolith Signatures. (Projet A.2)
  3. Hargreaves, B. et S. Jones. Marine Monitoring of juvenile salmon and sea lice in the Broughton. (Projet A.3)
  4. Jones, S. et B. Hargreaves. Marine monitoring of juvenile salmon and sea lice in the Broughton; sea lice identification and lethal thresholds of L. salmonis: preliminary observations. (Projet A.7)
  5. Beamish, R., E. Gordon, R. Sweeting, C. Neville, K. Lange, B. Loos, et L. Fitzpatrick. Factors affecting the early marine survival of Pacific salmon – sea lice. (Projet A.9)
  6. Krkosek, M., M. Lewis, et J. Volpe. Sea lice management, transmission and wild salmon survival. (Projet A.4)
  7. Mackas, D. et M. Galbraith. Abundance of planktonic sea lice in Knight Inlet/Tribune Channel. (Projet A.5)
  8. Lewis A., C. DiBacco, S. Tang, A. Farrell, et C. Brauner. The vertical distribution of Lepeophtheirus salmonis planktonic larvae. (Projet A.6)
  9. Brauner, C., A. Farrell, M. Gardner, L. Nendick, et M. Sackville. Effects of sea lice on the physiology of pink salmon. (Projet B.1-5)
  10. Marty, G., S. Saksida, S. Jones, et S. St. Hilaire. Assessment of fish health in out-migrating juvenile pink salmon. (Projet B.5)
  11. Van Will, P. et B. Riddell. Pink and chum population dynamics in the Broughton. (Projet C.1-2)
  12. Reynolds, J. et M. Price. Out-group Program of the Broughton Ecosystem Project (Bella Bella Region). (Projet C.3)
  13. Saksida, S. et L. Greba. Kitasoo juvenile salmon sea lice analysis 2005-2008. (Projet D.1)

Durée: 2006 – 2009 
Financement: BC Pacific Salmon Forum
information: bcpsf@pacificsalmonforum.ca 

Site Web: www.pacificsalmonforum.ca

Mesure de l’état de santé général des jeunes saumons roses en dévalaison

On constate un écart considérable dans l’interprétation des résultats des études sur le pou du poisson réalisées en laboratoire et sur le terrain, en Colombie-Britannique. De plus, l’information sur les effets d’autres parasites et lésions sur le saumon rose sauvage est limitée, à l’échelle aussi bien individuelle que de la population.

Afin d’éliminer ces déficiences, des chercheurs ont étudié l’état de santé général des jeunes saumons roses pendant la dévalaison dans l’archipel Broughton, en 2007 et en 2008. Ils ont examiné l’état physiologique des poissons, ainsi que la présence de poux du poisson, d’autres parasites, de bactéries, de virus et de lésions microscopiques.

Cette étude a donné un certain nombre de résultats intéressants. Les jeunes saumons roses pris directement dans la rivière Glendale en mars 2008 ne portaient pas de poux du poisson, ni de lésions microscopiques, ce qui laisserait croire que toutes les lésions observées sur les poissons échantillonnés en eau salée seraient apparues après l’entrée en mer. En 2008, la plus forte incidence de poux du poisson motiles s’est manifestée en juin. Le coefficient de condition n’était pas largement associé aux poux du poisson. Le nombre maximal de poissons affichant des cellules hépatiques gravement atteintes (dégénérescence hydropique hépatocellulaire) était supérieur en 2007 (32 %) à celui de 2008 (12 %). Les poux du poisson ont été négativement associés aux réserves de glycogène du foie en 2008. Des parasites appartenant à divers groupes taxinomiques ont infesté les jeunes saumons roses, dans bien des cas, à des taux bien supérieurs à ceux du pou du poisson.

Durée: mars 2007 – novembre 2008
Financement: BC Pacific Salmon Forum
Équipe du projet: Sonja Saksida (BC CAHS), Gary Marty (BCMAL), Simon Jones (MPO), Sophie St-Hilaire (Idaho State U)
Information: Sonja Saksida ( sonja.saksida@cahs-bc.ca)

La surveillance révèle une diminution de la prévalence et de l’abondance du pou du poisson chez les jeunes saumons sauvages

Dans l’archipel Broughton, la prévalence et l’abondance de L. salmonis chez les jeunes saumons roses et kétas sauvages diminue de façon continue depuis 2004. Les raisons de cette baisse ne sont pas encore tout à fait comprises. Le MPO assure une surveillance du pou du poisson depuis 2003.

Dans le cadre d’un essai contrôlé en laboratoire, environ 35 % des saumons roses pesant moins de 0,3 g sont morts après une exposition à L. salmonis au stade copépodite. Cependant, quand ces jeunes saumons roses atteignent environ 0,7 g, ils sont devenus hautement résistants aux effets mortels de L. salmonis. À partir de cette étude, les chercheurs ont calculé le seuil d’infection létal comme étant de 7,5 poux par gramme de saumon rose pesant moins de 0,7 g.

La surveillance assurée dans l’archipel Broughton a révélé qu’au cours de toutes les années, presque tous les saumons roses sauvages (> 98,9 %) échantillonnés vers la fin de mars et le début d’avril avaient une masse inférieure à 0,7 g. Toutefois, en juin de toutes les années, moins de 1 % des jeunes saumons roses sauvages pesaient toujours moins de 0,7 g. La surveillance a aussi indiqué que le pourcentage de saumons roses sauvages pesant moins de 0,7 g infectés avec plus de 7,5 poux par gramme était de 4,5 % en 2005, de 0,8 % en 2006, de 0,4 % en 2007 et de zéro en 2008.

Durée: mars 2003 – novembre 2008
Financement: BC Pacific Salmon Forum, MPO-PCRDA. Cofinancement: Marine Harvest Canada, MPO. 
Équipe du projet: Simon Jones (MPO), Brent Hargreaves (MPO)
Information: Simon Jones ( simon.jones@dfo-mpo.gc.ca)

Une équipe pluridisciplinaire étudie la génomique du pou du poisson et du saumon

Une nouvelle équipe de recherche pluridisciplinaire de Colombie-Britannique a entrepris un projet sur la génomique du pou du poisson et du saumon. Étalé sur trois ans et réalisé grâce à la collaboration de trois universités, de partenaires de l’industrie et des gouvernements fédéral et provincial, ce projet vise quatre grands objectifs.

Premièrement, les chercheurs s’attendent à élucider l’aspect de la réponse génétique des saumons de l’Atlantique et du Pacifique, à la suite d’exposition, en laboratoire, au pou du poisson Lepeophtheirus salmonis, au moyen d’une technologie à micro-réseau pour le saumon. Ces connaissances devraient leur permettre de prédire les réactions de défense des espèces hôtes réceptives et réfractaires.

Deuxièmement, l’équipe cherche à découvrir les réponses génétiques des parasites en vue de mettre au point des traitements antiparasitaires efficaces. Pour ce faire, ils prévoient dresser une liste exhaustive des gènes de L. salmonis. et Caligus spp. et constituer une puce de gènes qui leur permettra d’examiner les tendances de l’expression génétique, à la suite d’une exposition aux effets environnementaux ou biologiques.

Troisièmement, l’équipe a l’intention de confirmer et de définir la population nouvellement identifiée de L. salmonis dans le Pacifique. Elle a recours à des marqueurs microsatellites existants et nouveaux et à des polymorphismes de nucléotides simples, afin d’étudier la quantité de variations génétiques et leur répartition chez les populations de poux du poisson du Pacifique.

Enfin, la quatrième composante du projet amènera les chercheurs à analyser le potentiel d’application efficace des connaissances scientifiques en vue de comprendre et, en bout de ligne, d’arriver à résoudre la controverse au sujet du pou du poisson/saumon.
L’article complet sur les résultats de ce projet peut être consulté à l’adresse suivante: http://www.springerlink.com/content/xr1p1541g00v/?sortorder=asc&p_o=10

Durée: novembre 2008 – octobre 2011
Financement: Genome BC Cofinancement: U Vic, MPO, SFU, VIU, Marine Harvest Canada, Mainstream Canada, Grieg Seafoods, Microtech Research and Development Ltd., BCMAL 
Équipe du projet: Ben Koop (U Vic), Simon Jones (MPO), Willie Davidson (SFU), Grant Murray (VIU)
Information: Ben Koop ( bkoop@uvic.ca)

Le SLICEMD peut-il avoir des effets sur les organismes non ciblés? Le SLICEMD peut-il avoir des effets sur les organismes non ciblés?

Les infestations de poux du poisson dans les fermes d’élevage du poisson en cages en mer en Colombie-Britannique sont souvent traitées au moyen de l’agent chimiothérapeuthique antiparasitaire SLICEMD. Un certain nombre de préoccupations ont été soulevées par des groupes d’intervenants au sujet des effets possibles de l’ingrédient actif de ce produit, le benzoate d’émamectine (BE), sur les organismes non ciblés.

Afin de trouver des réponses à ces préoccupations, les chercheurs étudient le sort du BE et de son métabolite déméthylé, à la suite de l’application du SLICEMD dans certaines fermes piscicoles, dans le milieu environnant. Ils mesurent les concentrations dans des sédiments localisés et dans la colonne d’eau, afin de fournir une évaluation des effets possibles sur le fonctionnement de l’écosystème. L’équipe étudie aussi l’absorption du BE et de son métabolite déméthylé par la crevette tachetée du Pacifique, Pandalus platyceros, aussi bien en laboratoire que sur le terrain.

Cette double approche fournit un cadre normalisé pour l’évaluation de la toxicité et des conditions environnementales du « monde réel » auxquelles les mesures de toxicité peuvent être comparées. Les résultats de l’étude en laboratoire constitueront un cadre auquel les mesures obtenues sur le terrain pourront être comparées. En outre, les concentrations mesurées de BE dans l’environnement sont utilisées pour analyser, calibrer et mettre en application le modèle DEPOMOD, afin qu’il puisse être utilisé pour prédire le comportement du BE dans les écosystèmes aquatiques pertinents. Ces résultats se révèlent utiles pour l’élaboration d’une politique de réglementation du SLICEMD.

Durée: septembre 2008 – août 2009
Financement: BC Pacific Salmon Forum Cofinancement: MPO-PRRA, ME C.-B.
Équipe du projet: Michael G. Ikonomou (MPO), Jon Chamberlain (MPO), Graham van Aggelen (EC), Caren Helbing (U Vic), Eric McGreer (ME C.-B.), Chris Sporer (Pacific Prawn Fishers Association)
Information: Michael G. Ikonomou ( Michael.Ikonomou@dfo-mpo.gc.ca)

Les chercheurs évaluent des pièges lumineux pour la surveillance et le contrôle du stade planctonique du pou du poisson

Des chercheurs de l'Université Simon Fraser et du MPO étudient de nouvelles techniques de surveillance et de contrôle du pou du poisson au moyen de pièges lumineux. Les poux du poisson sont des copépodes parasites qui se fixent au poisson et qui s’y nourrissent. Les exploitants aquacoles s’efforcent de réduire au minimum l'infection par le pou du poisson dans les fermes aquacoles afin d’empêcher sa transmission du poisson d’élevage au poisson sauvage. Les poissons sauvages et d’élevage sont infectés lorsqu’ils rencontrent des poux du poisson au stade larvaire, pendant le bref stade de plancton libre de leur cycle biologique.

Les méthodes actuelles de lutte visent à réduire la production du stade planctonique du pou du poisson en limitant la densité de la population mère parasite. Actuellement, on ajoute le pesticide SLICEMD à la nourriture du poisson quand les parasites sur les poissons en parcs dépassent un seuil d’abondance prédéterminé. Cependant, ce traitement est coûteux et ne peut être administré à l’approche de la date de récolte.

L’élimination des poux au stade planctonique pourrait être une autre mesure de contrôle. Les planctons et les adultes du pou du poisson ont un comportement phototactique positif : ils sont attirés par une source lumineuse ponctuelle. Ce comportement peut être exploité pour piéger physiquement les poux. Des pièges lumineux sont installés à l’intérieur et à proximité des parcs de poissons dans l'archipel Broughton. En comparant le taux de capture de ces pièges avec la densité ambiante de planctons du pou du poisson, échantillonnés au moyen d’une pompe, il est possible d’évaluer le taux de mortalité ou de retrait par le piège.

L'équipe procède aussi à un nombre limité de traits de filets dans une zone où les poux, au stade planctonique, étaient relativement abondants en 2007 et en 2008, afin de savoir si le traitement amélioré au SLICEMD et la jachère en 2009 ont eu l'effet désiré.

Durée: septembre 2008 – mars 2009
Financement: MPO-PRRA
Équipe du projet: David Mackas (MPO), Moira Galbraith (MPO), Brian Riddell (MPO), Iñigo Novales Flamarique (USF), Christina Gulbranson (USF)
Information: David Mackas ( Dave.Mackas@dfo-mpo.gc.ca)

La modélisation à l’appui de la production coordonnée pour la gestion de l’archipel Broughton

Concentration de poux du poisson infectant (Log10 [copepods/m3]) provenant de fermes. Les cercles blancs montrent l’emplacement des fermes et la taille des cercles représente l’ampleur de la source

L’industrie de l’aquiculture dans l’archipel Broughton a récemment proposé un plan de production coordonnée pour la gestion de la région, selon lequel l’utilisation combinée de traitement au SLICEMD et de jachère servirait à réduire au minimum les infections possibles par le pou du poisson chez les jeunes saumons sauvages en dévalaison, à proximité des exploitations piscicoles.

Dans le cadre d’un projet du BC Pacific Salmon Forum, les chercheurs Dario Stucchi et Mike Foreman ont mis au point deux modèles informatiques pour l’archipel Broughton. L’un est un modèle de circulation numérique tridimensionnel qui, moyennant forçage approprié pour des périodes déterminées, peut simuler les champs de courants, de salinité et de température dans toute la région. Le second est un modèle de dispersion, de développement et de comportement du pou du poisson. Les chercheurs y appliquent le modèle de circulation des courants en 3D pour prédire la dispersion des larves planctoniques et modéliser les champs de température et de salinité qui influent sur le développement et la mortalité du pou du poisson.

Servant de guides à la mise en œuvre future du plan de production et en collaboration avec l’industrie, les deux modèles sont utilisés pour examiner la manière dont les pressions exercées par les parasites en 2008 auraient pu changer selon différents scénarios de traitement/jachère.

Durée: septembre 2008 – mars 2009
Financement: MPO-PRRA Cofinancement: BC Pacific Salmon Forum
Équipe du projet: Dario Stucchi (MPO), Mike Foreman (MPO), Ming Guo (MPO), Piotr Czajko (UVic), Gabe Wiebe (U Vic), Brent Hargreaves (MPO), Simon Jones (MPO), Marine Harvest Canada, Mainstream Canada, Grieg Seafood BC Ltd.
Information: Dario Stucchi ( Dario.Stucchi@dfo-mpo.gc.ca)

Le pou du poisson pourrait-il être un vecteur d’autres pathogènes?

Dissection de pou du poisson pour échantillonnage bactériologique / Colonies de bactéries isolées à partir du pou du poisson (Photo : D Barker)

Le rôle potentiel du pou du poisson dans une association vecteur-pathogène touchant le saumon d’élevage n’a pas été étudié. À l’aide de protocoles normalisés d’évaluation bactériologique de l’OIE, un chercheur de l’Université de l’île de Vancouver et ses étudiants ont échantillonné la carapace externe et le contenu stomacal interne de poux du poisson motiles (Lepeophtheirus salmonisCaligus clemensi) prélevés sur des saumons atlantiques d’élevage, entre mai 2007 et avril 2008, en Colombie-Britannique.

Cette étude pilote a notamment permis d’isoler, pour la première fois, trois bactéries pathogènes potentielles (Tenacibaculum maritimumPseudomonas fluorescens et Vibrio spp.) des poux du poisson et des saumons hôtes sains correspondants. Les variations spatio-temporelles de l’incidence des bactéries étaient évidentes dans les échantillons extérieurs (58 à 100 %) et intérieurs (12,5 à 100 %) de poux. On a aussi noté une augmentation de la prévalence des bactéries cultivées à partir de poux recueillis à des températures d’eau de mer supérieures, et selon l’âge du pou (90 à 100 % chez les poux adultes, comparativement à < 40 % chez les pré-adultes).

Ces résultats préliminaires ont mené à la présentation d’une proposition au CRSNG en vue de réaliser une étude exhaustive à long terme dans le cadre de laquelle l’équipe a l’intention d’examiner, dans un contexte écologique, le rôle du pou du poisson comme vecteur de pathogènes du saumon. Où (géographiquement) et quand (selon la saison) le pou du poisson pourrait-il transporter des pathogènes importants du saumon? Un autre sujet d’examen consisterait à déterminer si le pou du poisson peut être utilisé comme indicateur de pathogènes dans un environnement donné?

Durée: mai 2007 – mai 2008
Financement: VIU. Cofinancement: Marine Harvest Canada, BCMAL. 
Équipe du projet: Duane Barker (VIU), Laura Braden (VIU), Mark Sheppard (BCMAL), Maria Coombs (BCMAL), Brad Boyce (Marine Harvest Canada)
Information: Duane Barker ( Duane.Barker@viu.ca)

D Barker et L Braden dans le laboratoire de bactériologie (Photo : D Barker)

Les jeunes saumons roses doivent atteindre un poids critique pour supporter le pou du poisson

Une exposition à contrôlée en laboratoire L. salmonis a été utilisée pour évaluer l’effet de la taille de l’hôte et de la dose parasitaire sur la sensibilité et la survie des saumons roses d’origine sauvage et l’élevage. Les chercheurs ont effectué trois essais avec de jeunes saumons roses dont le poids de départ était d’environ 0,3, 0,7 et 2,4 g. Au cours de chaque essai, les poissons ont été exposés à 0,25 (seulement pour les 0,3 g) 50 ou 100 parasites au stade copépodite par poisson.

Selon les résultats, quel que soit le stock de saumon rose, environ 37 % des poissons de 0,3 g sont morts après l’exposition à 50 ou 100 poux au stade copépodite. Le nombre moyen de jours avant la mort était de 16,1 et plus de 80 % des poux du poisson sur le poisson mort étaient au stade chalimus. Le taux de mortalité était considérablement moindre lorsque des poissons plus gros étaient exposés aux poux du poisson. Les chercheurs en déduisent que la peau du saumon rose de 0,3 g est peu développée sur le plan histologique et ne comporte pas suffisamment d’écailles, comparativement à celle des saumons roses de 0,7 g et de 2,4 g.

Les résultats montrent que le risque d’infection par L. salmonis pourrait être élevé chez des saumons roses postémergents en migration, pendant une période relativement brève, avant que le poisson n’atteigne 0,7 g.

L’article complet sur les résultats de ce projet peut être consulté à l’adresse suivante : http://www3.interscience.wiley.com/journal/120751387/issue

Durée: avril 2007 – juin 2008
Financement: MPO-PCRDA Cofinancement: Marine Harvest Canada
Équipe du projet: Simon Jones (MPO), Eliah Kim (MPO), William Bennett (MPO) 
Information: Simon Jones ( Simon.Jones@dfo-mpo.gc.ca)

La technique écossaise éprouvée des cages sentinelles peut-elle être appliquée dans l'archipel Broughton?

Les mesures de gestion de la santé du saumon d’élevage en Colombie-Britannique comprennent une surveillance régulière du pou du poisson parasite, dontLepeophtheirus salmonis. Le stock en élevage sera traité si l’infestation dépasse le seuil défini dans le plan d'action provincial contre le pou du poisson. Même si les infestations chez les saumons atlantiques d’élevage perdurent, la maladie associée au parasite est jusqu'ici à peu près absente de la province et le parasite est considéré comme une nuisance.

La mesure dans laquelle les facteurs environnementaux (par exemple salinité, température, courants) et les biologiques (par exemple abondance, répartition et diversité des hôtes sauvages) locaux indépendants de l'élevage du saumon influent sur le taux de risque que présente le pou du poisson dans l'archipel Broughton est mal comprise. Étant donné que l’information dont on dispose sur l’abondance et la répartition des salmonidés sauvages dans l'archipel Broughton, surtout en hiver, est très limitée, le saumon atlantique d’élevage continue d’être considéré comme l’hôte le plus abondant.

Il est donc nécessaire de trouver une méthode de quantification de l’abondance des larves planctoniques (stade copépodite) du pou du poisson pendant l'hiver, particulièrement pendant les semaines et les mois qui précèdent la migration vers la mer des jeunes saumons roses et kétas. La recherche proposée dans le cadre de ce projet pilote consiste à déterminer la faisabilité de la technique écossaise éprouvée des cages sentinelles pour mieux caractériser la répartition du pou du poisson aux stades infectants dans l'archipel Broughton.

Durée: décembre 2007 – septembre 2009
Financement: MPO-PCRDA. Cofinancement: Marine Harvest Canada 
Équipe du projet: Simon Jones (MPO), Sonja Saksida (BC CAHS) 
Information: Simon Jones ( Simon.Jones@dfo-mpo.gc.ca)