Sélection de la langue

Recherche

Aperçu socioéconomique du site d’intérêt de l’île Southampton

Sur cette page

Résumé

L’objectif du présent rapport est de fournir un aperçu socioéconomique du SI de l’île Southampton. Plus précisément, ce rapport comprend un aperçu des activités économiques actuelles et potentielles liées au SI de l’île Southampton. Le rapport utilise les meilleures connaissances ou informations disponibles au moment de terminer la rédaction du rapport d’aperçu socioéconomique. Ce dernier vise à fournir des informations au MPO et à ses partenaires pour les aider à envisager la conservation marine à long terme dans le SI. Les renseignements supplémentaires fournis par les partenaires et les intervenants seront pris en compte lors des évaluations et des discussions futures sur la protection. Le MPO continuera à collaborer avec les partenaires et les intervenants afin de garantir une reconnaissance et une compréhension exactes des activités qui se déroulent à l’intérieur des limites du SI.

Les valeurs de référence (par secteur) ou l’ampleur des activités économiques liées au SI ont été estimées quantitativement ou ont fourni des descriptions qualitatives des écoservices. Ensuite, des rapports complémentaires et des consultations avec des experts en la matière ont été utilisés pour fournir un aperçu quantitatif ou qualitatif des futures activités économiques liées au SI.

Le rapport indique que le SI fournit des services directs et indirects inestimables à la société grâce au maintien des écosystèmes et de la biodiversité. Les services directs (par exemple, la récolte de subsistance) sont présentés avec les avantages directs correspondants pour la communauté. Le SI offre aux habitants de la région des avantages considérables sur les plans de la subsistance, la vie sociale, la culture et la spiritualité, et contribue de manière considérable à l’économie.

Le rapport décrit les activités récréatives et touristiques dans le SI. Celles-ci comprennent :

Le rapport souligne que les activités minières et d’exploration à proximité, ainsi que les activités des navires de tous types dans le SI, sont d’une importance capitale d’un point de vue socioéconomique pour les communautés adjacentes et le Nunavut dans son ensemble. Le développement de plusieurs projets d’extraction de ressources dans la région de Kivalliq au Nunavut est susceptible de créer de nouvelles possibilités d’emploi et de revenu pour les communautés autour du SI, à la fois directement et indirectement. En outre, le rapport souligne l’importance du transport par bateau dans le SI et les zones environnantes, car les autres solutions de transport sont limitées.

Introduction

Le site d’intérêt (SI) de l’île Southampton, et se situe dans la zone marine entourant l’île Southampton, l’île Coats et Chesterfield Inlet (voir l’annexe 1 pour l’échelle spatiale du SI de l’île Southampton) et couvre 93 087 kilomètres carrés (km2). Ce site pourrait être désignée comme nouvelle zone de protection marine (ZPM) en vertu de la Loi sur les océans du Canada. Elle comprend des portions importantes de 3 zones d’importance écologique et biologique (ZIEB) [Pêches et Océans Canada (MPO) 2011a] :

Le SI a été désignée en raison de :

Le SI se trouve à proximité de la région de la baie Repulse/détroit de Roes Welcome, en bordure du parc national Ukkusiksalik, une zone désignée par le plan du réseau des aires marines nationales de conservation (AMNC) de Parcs Canada comme étant une « aire marine représentative privilégiée », ce qui signifie que la zone n’a pas été sélectionnée pour un processus d’AMNC, mais qu’il pourrait y avoir un intérêt futur pour un processus d’AMNC dans cette zone. De plus, un pont de glace appréciable se forme parfois sur le détroit de Roes Welcome. Ce pont permet la migration des caribous entre l’île Southampton et le secteur continental et est considéré comme un élément important pour les Inuits et la faune (Babb et al. 2022).

Le SI de l’île Southampton présente un certain nombre de caractéristiques écologiques importantes (Loewen et al. 2020a). La zone marine autour de l’île Southampton offre une voie de migration pour les mammifères marins, d’importantes échoueries pour les morses et des aires de mise bas et des refuges d’été pour les ours blancs. La population de baleines boréales de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland se trouve également dans la région. La zone marine abrite des colonies d’eiders à duvet et d’autres oiseaux de mer en période de nidification. La majeure partie de la ZIEB de l’île Southampton est comprise dans le SI. La zone baie Repulse/ détroit Frozen est une zone d’alimentation estivale pour les mammifères marins et les oiseaux de mer. La zone côtière de l’ouest de la baie d’Hudson est particulièrement importante pendant la saison libre de glaces pour les bélugas, les oiseaux de mer et les stocks importants d’omble chevalier qui se nourrissent dans la région. Une partie sud de la ZIEB de baie Repulse/détroit Frozen est intégrée dans le SI au nord de l’île Southampton. La partie nord de la ZIEB de la côte ouest de la baie d’Hudson est également comprise dans le SI.

En plus des caractéristiques écologiques importantes du SI, celle-ci soutient la longue tradition des Kivallarmiut qui comprend des activités socioéconomiques qui ont une valeur immense pour ceux qui y participent ou en bénéficient. En plus des zones susmentionnées, les intervenants du SI ont exprimé le souhait que des efforts de conservation soient déployés dans la baie Duke of York, car cette baie a une valeur culturelle, économique et écologique importante pour les Kivallarmiut. La baie est largement utilisée pour la chasse sportive et la récolte de subsistance, ce qui lui confère une valeur socioéconomique importante pour les communautés situées dans le SI.

Une fois qu’un SI est déterminée, le processus de désignation d’une ZPM exige qu’une analyse socioéconomique soit menée aux étapes en cours de la sélection du SI et de la désignation de la ZPM pour permettre la précision des limites géographiques et l’évaluation des options réglementaires en matière de rentabilité, pour faciliter les consultations et pour compléter l’information écologique et d’autres renseignements pertinents (MPO 2016).

Objectif du rapport

L’aperçu socioéconomique du SI de l’île Southampton permet de déterminer rapidement les activités sociales et économiques passées, actuelles et potentielles (limitées à 10 ans dans l’avenir) liées à la zone géographique dans laquelle se situe le SI.

L’aperçu est inspiré du Cadre de MPO pour l’intégration de l’analyse socioéconomique au processus de désignation de ZPM, et du Guide d’analyse coûts-avantages pour le Canada : propositions de réglementation du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. MPO a consulté les communautés au sujet de ce rapport afin de s’assurer qu’il représente une description exacte des activités qui ont eu lieu et qui pourraient avoir lieu dans le SI.

Les informations contenues dans le rapport orienteront en partie l’énoncé de triage réglementaire, comme l’exige la politique de réglementation du gouvernement fédéral, et pourront être utilisées pour éclairer les consultations relatives à la désignation éventuelle d’une ZPM. En outre, ce rapport, conjointement avec le Rapport d’aperçu de l’écosystème (Loewen et al. 2020a), servira de référence politique et économique pour l’analyse coûts-avantages (ACA) dans les étapes ultérieures du processus de désignation de la ZPM. L’ACA, qui évalue les incidences différentielles (coûts et avantages) de l’intention réglementaire du projet de règlement sur les ZPM, sera réalisée et contribuera à l’élaboration du Résumé de l’étude d’impact de la réglementation (voir l’annexe 2). Le rapport d’aperçu des aspects socioéconomiques vise également à fournir de l’information aux partenaires pour les aider à envisager la conservation marine à long terme dans la zone.

Il convient de noter que le contenu du présent rapport repose sur les meilleurs renseignements disponibles au moment de sa rédaction. Ce rapport n’est pas un document ayant force exécutoire qui limite la collecte ou la prise en compte d’autres informations dans les analyses ou dans la mise en place et la surveillance de toute protection marine éventuelle.

Méthodologie

Le Cadre d’intégration de l’analyse socioéconomique au processus de désignation de zones de protection marines (MPO 2016) est aligné sur la politique de réglementation du gouvernement fédéral comprise dans la directive du Cabinet sur la réglementation et les documents d’orientation connexes élaborés par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (SCT 2007). Cela permet aussi de déterminer la portée et le contenu de l’aperçu.

En ce qui concerne l’évaluation, le présent rapport adopte la technique de l’évaluation économique totale (EET) [voir matrice 1 pour la définition], qui associe tous les avantages à des mesures du bien-être humain.

Pour déterminer les activités économiques au sein du SI, le rapport d’aperçu socioéconomique prend en compte les activités passées, présentes et futures. Les activités actuelles dans le SI sont celles qui ont eu lieu au cours des 5 dernières années environ. Toutefois, les activités historiques pertinentes ont également été incluses dans le rapport, le cas échéant. En outre, les activités économiques potentielles des 10 prochaines années pour lesquelles il existe une preuve d’intention (par exemple : baux, permis, présentation de plans pour approbation, etc.) ont été incluses dans le rapport lorsque l’information était disponible.

L’aperçu socioéconomique du SI de l’île Southampton a été élaboré en consultation avec le Programme de planification et de conservation marines de MPO, en ce qui concerne la portée de l’étude et les limites.

Sources des données

Les données utilisées pour élaborer les profils des communautés autour du SI proviennent principalement d’enquêtes démographiques menées par le Bureau de la statistique du Nunavut et du Recensement du Canada de 2021. Les autres sources d’information et de données proviennent :

La documentation existante ayant fourni des données limitées sur le SI, les renseignements disponibles sur des sites Web accessibles au public et dans la documentation ont été utilisés, au besoin, en tant que sources d’information secondaires pour le rapport.

Des rapports complémentaires et des consultations avec des experts en la matière ont été utilisés pour fournir un aperçu quantitatif ou qualitatif des futures activités économiques liées au SI. MPO, le gouvernement du Nunavut et la Kivalliq Inuit Association ont également recueilli des informations primaires sur les activités économiques pertinentes lors de consultations communautaires. En outre, des renseignements et des avis d’experts ont été obtenus auprès de diverses sources telles que les programmes de gestion des pêches de la région de l’Arctique et les programmes des directions de la Planification et la conservation marines et des Sciences de la région de l’Ontario et des Prairies de MPO.

Il convient de souligner que la pandémie de COVID-19 a entraîné des restrictions et a eu des répercussions sur les activités sociales et économiques dans le monde entier. Ces répercussions ont également été observées dans:

De 2020 à 2022, les restrictions gouvernementales et diverses préférences personnelles ont influencé la capacité ou le désir de participer à des activités. Ainsi, les données de 2020 à 2022 figurant dans le présent rapport peuvent ne pas être représentatives d’une année type. Par exemple, les restrictions de voyage en 2020 ont empêché la chasse sportive au morse de l’Atlantique d’avoir lieu, ce qui a entraîné une diminution de la participation et des pertes de salaire.

Pour tous les documents consultés ou cités dans le cadre de l’élaboration du présent rapport d’aperçu socioéconomique:

Profil démographique de l’aire d’étude

Communautés

Le SI est adjacente aux communautés de Coral Harbour et de Chesterfield Inlet. Les communautés situées à l’extérieur de la région de Kivalliq, mais qui en font également partie, comprennent :

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada (Statistique Canada 2021), 1 035 personnes vivent à Coral Harbour, dont 62 % sont âgées de 15 ans et plus et 94 % de la population est inuite (voir le tableau 1). La population de Coral Harbour augmente, présentant une hausse de 144 personnes (16 %) entre les recensements de 2016 et de 2021. Le revenu d’emploi médian est de 15 300 $, soit moins de la moitié du revenu territorial médian (38 000 $), avec un taux d’emploi de 37 %. La plupart de la population active travaille dans les secteurs :

Coral Harbour continue de s’appuyer sur des activités d’emploi autonome traditionnelles, telles que :

Les pourvoyeurs de la communauté s’impliquent de plus en plus dans les possibilités d’écotourisme.

Selon le recensement de 2021, 397 personnes vivent à Chesterfield Inlet, dont 68 % sont âgées de 15 ans et plus, et 93 % de la population est inuite. La population de Chesterfield Inlet diminue, présentant une baisse de 40 personnes (9 %) entre les recensements de 2016 et de 2021. Le revenu d’emploi médian est de 33 200 $ et est inférieur à celui du territoire (38 000 $), avec un taux d’emploi de 48 %. La plupart de la population active travaille dans les secteurs :

Parmi les communautés voisines, Rankin Inlet, un centre régional, est la plus importante et compte 2 975 habitants. Les communautés d’Arviat, de Baker Lake et de Naujaat sont toutes plus populeuses que Coral Harbour et Chesterfield Inlet, avec respectivement 2 864, 2 061 et 1 225 habitants. Whale Cove est plus importante que Chesterfield Inlet, mais plus petite que Coral Harbour, avec une population de 470 habitants. La population de Baker Lake reste relativement stable, avec une baisse négligeable (0,3 %) entre les recensements de 2016 et de 2021. Quatre de ces communautés ont connu une croissance démographique au cours de la même période :

Le Nunavut a connu une croissance démographique globale de 3 % entre les 2 recensements. La croissance au sein des communautés, et du Nunavut dans son ensemble, peut exacerber les défis et les lacunes en matière d’infrastructure auxquels elles sont déjà confrontées, notamment en ce qui concerne :

En l’absence d’infrastructures supplémentaires pour faire face à la croissance, les Inuits du Nunavut continueront à se heurter à des obstacles réels en matière de possibilités économiques, de santé et d’éducation (Nunavut Tunngavik Incorporated 2020).

Les populations du Nunavut et de toutes les communautés incluses sont relativement jeunes, puisque 30 à 42 % de la population a moins de 15 ans, par rapport à 16 % pour l’ensemble du Canada. Cette situation présente à la fois des possibilités et des défis pour le Nunavut et les communautés situées à l’intérieur et autour du SI de l’île Southampton. L’une des plus grandes possibilités réside dans le fait qu’il y aura une main-d’œuvre jeune et disponible lorsqu’elle atteindra l’âge adulte. Toutefois, compte tenu des taux d’emploi et d’activité relativement faibles de cette cohorte, il se peut qu’il n’y ait pas suffisamment d’emplois ou de formations professionnelles disponibles. En outre, l’un des plus grands défis auxquels est confrontée la jeune population du Nunavut est l’accessibilité au logement. Cet enjeu n’affecte pas seulement les jeunes, mais les populations plus jeunes sont confrontées à un problème d’accessibilité beaucoup plus important. En 2020, 76 % des ménages du Nunavut parmi la population plus jeune n’étaient pas en mesure d’obtenir un logement (SCHL 2022). La Société canadienne d’hypothèques et de logement a constaté qu’au Nunavut, en 2020, le revenu minimum d’un ménage nécessaire pour se permettre de louer un studio était de 70 000 $ et que le revenu minimum d’un ménage nécessaire pour se permettre d’acheter une maison individuelle était de 166 000 $ (SCHL 2022). Les problèmes d’accessibilité au logement persistent sur le territoire, en partie à cause des limites imposées au développement de nouveaux logements, ce dernier ayant été limité en raison des coûts élevés de construction et de la disponibilité insuffisante de terrains (SCHL 2022).

Les revenus médians sont inférieurs à la médiane du Nunavut :

Le revenu médian de Rankin Inlet (50 000 $) est supérieur qu’au Nunavut.

Les taux d’emploi à Coral Harbour et Chesterfield Inlet sont respectivement de 37 % et 48 %. Les 2 sont inférieurs à ceux du Nunavut (49 %). Baker Lake, Naujaat, Arviat et Whale Cove ont également des moyennes inférieurs à celle du Nunavut (40 %, 36 %, 40 % et 40 %, respectivement). Rankin Inlet (59%) est plus élevé qu’au Nunavut.

Dans les 6 communautés, la vente et les services, l’éducation, le droit et les services sociaux, communautaires et gouvernementaux, ainsi que les métiers, le transport et l’exploitation d’équipements sont les 3 catégories professionnelles les plus importantes et représentent la majorité des personnes employées.

Lors de l’évaluation du produit intérieur brut (PIB) des économies provinciales et territoriales entre 2021 et 2022, Statistique Canada a constaté que l’économie du Nunavut avait progressé de 1,6 % après une croissance de 7,9 % en 2021 (Bossé 2023), tels que :

Les communautés du Nunavut ont généralement une économie mixte qui comprend à la fois une économie de marché basée sur les salaires et une économie sociale d’activités rattachées aux ressources naturelles. Outre les salaires qu’ils tirent de leur emploi, les Inuits s’adonnent à des activités traditionnelles rattachées aux ressources naturelles, telles que :

Le prix élevé de l’importation de marchandises dans ces communautés en raison de leur éloignement signifie que les personnes complètent souvent leurs revenus et leur régime alimentaire avec des aliments traditionnels prélevés dans la nature et artisenaux.

Tableau 1 : Résumé des profils démographiques des communautés adjacentes au SI
  Coral Harbour Chesterfield Inlet Baker Lake Rankin Inlet Naujaat Arviat Whale Cove Nunavut Canada
Population (2021) 1 035 397 2 061 2 975 1 225 2 864 470 36 858 36 991 981
Population (2016) 891 437 2 069 2 842 1 082 2 657 435 35 944 35 151 728
15 ans et plus (%) 62 68 68 70 58 63 63 67 84
Inuits (%) 94 93 91 83 98 95 96 84 0,19
Taux de participation de la population active (%) 56 67 55 70 51 50 50 59 64
Taux d’emploi (%) 37 48 40 59 36 40 40 49 57
Revenu d’emploi médian ($) 15 300 33 200 39 200 50 000 17 600 20 200 20 200 38 000 37 200

Source : Statistique Canada 2021

Gouvernement et autres organisations

Il existe de plusieurs ordres de gouvernement et d’organismes gouvernementaux, non gouvernementaux et communautaires susceptibles d’être concernés par le SI. Les détails de la relation entre ces organismes et le SI sont décrits à l’annexe 3.

Il est important de prendre note que le 18 janvier 2024, le gouvernement du Nunavut, la Nunavut Tunngavik Incorporated et le gouvernement du Canada ont cosigné l’Entente sur le transfert des responsabilités relatives aux terres et aux ressources du Nunavut. Cette entente permettra de transférer les responsabilités relatives aux terres, à la gestion des ressources et aux droits relatifs aux eaux. Cette entente comprend des dispositions visant à :

Enfin, les redevances provenant de l’exploitation des ressources minérales, pétrolières ou gazières du Nunavut seraient versées au gouvernement du Nunavut. Les parties concernées continueront à collaborer pour achever le transfert des responsabilités d’ici le 1er avril 2027. Ce point est important, car les effets du transfert des responsabilités auront des répercussions socioéconomiques sur le Nunavut et le SI.

Infrastructure

Parmi les immobilisations typiques pour les activités de subsistance et commerciales dans ces communautés figurent :

Les immobilisations plus importantes, généralement utilisées à des fins de récolte, comprennent les :

Les défis liés à la construction dans l’Arctique font partie des facteurs qui limitent le développement communautaire des infrastructures. Par exemple, le manque de gravier pour les fondations des bâtiments et des logements a des effets en cascade sur l’économie territoriale (Canadian Ecotourism Services 2023).

Les infrastructures maritimes dans les centres de population du Nunavut sont très minimes et sont conçues principalement pour répondre aux besoins de base des communautés en matière de transport de marchandises. Cette infrastructure est essentielle, car les communautés dépendent de l’approvisionnement maritime annuel pour la nourriture, les véhicules, les matériaux de construction et d’autres marchandises qu’il n’est pas économiquement possible d’acheminer par avion (gouvernement du Nunavut 2012). Coral Harbour et Chesterfield Inlet disposent toutes 2 d’une certaine infrastructure maritime, notamment de quais (Aarluk Consulting Inc. 2010; Vard 2016); toutefois, les représentants du gouvernement territorial croient que ces services sont obsolètes et ne sont plus en mesure de desservir adéquatement la région. Chesterfield Inlet et Naujaat ont été spécifiquement désignées dans le rapport de 2006 sur les ports pour petits bateaux du Nunavut (gouvernement du Nunavut 2006) comme figurant parmi les 7 communautés qui disposeraient 1 port pour petits bateaux, mais prévoient également qu’éventuellement, toutes les communautés du Nunavut auront besoin d’une infrastructure portuaire. Des travaux sont en cours pour améliorer les rampes d’accostage pour chalands et les aires de dépôt à :

Toutefois, à l’heure actuelle, seules 7 communautés du Nunavut disposent de ports construits, en cours de construction ou projetés. Bien que la construction d’un port en eau profonde à proximité de la communauté ait pu être considérée comme un moyen de réduire les effets potentiels de l’augmentation du trafic maritime dans le passage (Nunatsiaq News 2020), la faisabilité de ce projet et les répercussions socioéconomiques subséquentes restent à déterminer. Une ZPM a le potentiel de développer l’écotourisme en raison de la préservation des écosystèmes naturels. On estime que l’écotourisme est l’un des secteurs les plus importants de l’économie océanique, représentant environ 50 % de l’ensemble du tourisme mondial (Morse et al. 2024). Pour que les communautés vivant dans la ZPM et des environs puissent tirer profit des avantages économiques de la ZPM, l’infrastructure des quais sera essentielle pour les activités touristiques comme le débarquement de touristes à la recherche de possibilités d’écotourisme.

Les communautés du SI étant principalement reliées par voie maritime ou aérienne, quelques projets routiers ont été envisagés. La route d’accès reliant Coral Harbour à la baie Duke of York est une route importante dans le SI – la route elle permet aux résidents et aux touristes potentiels d’accéder aux cabanes et aux terrains de chasse importants (Nunami 2008 et site Web de Coral Harbour). En 2012, les gouvernements du Nunavut et du Manitoba ont poursuivi les discussions concernant une route praticable en tout temps reliant le territoire à la province; cependant, une analyse de rentabilité réalisée en 2010 a montré que les coûts l’emportaient sur les avantages (Nishi-Khon et SNC Lavalin 2010; CBC 2012). En 2017, le gouvernement du Nunavut a examiné une proposition visant à relier le Manitoba et le Nunavut par une route d’hiver (Westhaver 2017). Il faudra tenir compte de la réduction des capacités d’aménagement et d’utilisation future de la route d’hiver en raison du réchauffement des températures causé par les changements climatiques. Malgré ce fait, aucune mesure n’a été prise pour mettre en place cette route d’hiver. En août 2019, Transports Canada a annoncé une étude de 4,5 million de dollars (M$) pour la conception d’une route toutes saisons de 450 km dans la région de Kivalliq. La route proposée relierait Arviat, Chesterfield Inlet, Rankin Inlet et Whale Cove (Nunavut News 2019). Pour relier Baker Lake à la zone de Rankin Inlet et Chesterfield Inlet, il faut traverser la rivière Thelon, le lac Baker ou le passage Chesterfield. La sélection du tracé initial et les évaluations techniques et environnementales devaient commencer en 2021 (Bureau géoscientifique Canada-Nunavut 2020). Si cette route potentielle devait se concrétiser, elle aurait probablement une incidence sur la fréquence du transport maritime dans le SI.

L’infrastructure de transport aérien constitue un élément essentiel de l’économie de la région. Elle permet les vols de passagers entre les communautés, le transport de marchandises et les ambulances aériennes (gouvernement du Nunavut, 2021a). L’infrastructure routière étant limitée et le transport maritime étant restreint à l’été et au début de l’automne, le transport aérien constitue la seule option fiable tout au long de l’année (gouvernement du Nunavut 2021a). Les aéroports d’Arviat, de Baker Lake, de Coral Harbour, de Naujaat, de Whale Cove et de Chesterfield Inlet ont des pistes en gravier qui conviennent aux petits avions (Aarluk Consulting Inc., 2010; Vard, 2016 et gouvernement du Nunavut, 2021a), alors que l’aéroport de Rankin Inlet est le seul aéroport de la région de Kivalliq qui dispose d’une piste asphaltée permettant de desservir de plus gros avions tels que les Boeing 737-400 Note de bas de page 3. La construction d’aérogares de remplacement à Naujaat, Chesterfield Inlet et Whale Cove a commencé, de même que celle d’un agrandissement majeur de l’aérogare de Rankin Inlet, dont la construction débutera en 2022 (Bureau géoscientifique Canada-Nunavut 2021). Outre la modernisation de l’aérogare de Rankin Inlet, le gouvernement du Nunavut et le ministère du Développement économique et des Transports ont publié une mise à jour de l’évaluation des besoins en immobilisations sur 20 ans (2020-2040) qui décrit les investissements nécessaires pour assurer la sécurité, l’efficacité et la fiabilité des systèmes de transport aérien (gouvernement du Nunavut, 2021a).

La Kivalliq Inuit Association et la Nukik Corporation développent le projet Kivalliq Hydro-Fibre Link. Il s’agit d’une infrastructure de transmission transfrontalière de 150 MW reliant le réseau de Gillam, au Manitoba, à la région de Kivalliq, au Nunavut. Cette liaison permettra de fournir une énergie renouvelable fiable à Manitoba Hydro et un service Internet à large bande aux communautés de Kivalliq (Nukik, site Web). Ce projet contribuera aux efforts concernant l’arrêt des moteurs diesel et à la vision de relier les communautés d’Arviat, de Baker Lake, de Chesterfield Inlet, de Rankin Inlet et de Whale Cove, ainsi que les mines Meliadine et Meadowbanks d’Agnico Eagle, à Manitoba Hydro (Above and Beyond 2019). La Kivalliq Inuit Association a reçu 1,6 M$ du gouvernement fédéral en février 2019 pour mettre à jour les travaux de faisabilité antérieurs du projet (Nukik, site Web). Le budget fédéral de 2021 comprenait une approbation du projet Kivalliq Hydro-Fibre Link pour relier Kivalliq au Manitoba et 40 M$ sur 3 ans pour soutenir les projets hydroélectriques et d’interconnexion des réseaux dans le Nord (Pameolik 2021). L’ajout d’énergie et d’infrastructures proposé a le potentiel d’accroître l’exploration et l’extraction minières dans la région. Un récent exercice de prospection a démontré qu’il existe des zones moins explorées dans la région de Kivalliq qui présentent un potentiel pour de futures mines dans un rayon de 50 à 100 kilomètres (km) de la ligne hydroélectrique et de fibre optique proposée (GeoVector 2020, 2022), ce qui démontre l’applicabilité et la nécessité de cette ligne. Le gouvernement du Canada a inclus ce projet dans le budget fédéral de 2023 comme étant un projet important; Nukik a l’intention de procéder à la construction prévue pour 2026, avec pour objectif de mettre en service et d’alimenter la ligne d’ici la fin de 2030 (Nukik, site Web). Il est possible que cette ligne traverse le SI, mais cette situation reste à confirmer et n’aurait qu’une incidence minime sur les coûts et avantages socioéconomiques du projet ou du SI lui-même.

Qulliq Energy Corporation a proposé au Conseil d’examen des taux des entreprises de services du territoire de moderniser la centrale électrique de Chesterfield Inlet, en proposant une modernisation de 35 M de dollars de la centrale de 1975. Sur les 35 M$ proposés, 22,4 M$ proviendraient du Fonds pour l’énergie dans l’Arctique, un programme fédéral; les 12,6 M$ restants seraient couverts par une demande d’augmentation des tarifs d’électricité (Nunavut News, 2022). Ce projet permettrait à la nouvelle centrale d’avoir la capacité d’intégrer les futures ressources potentielles d’énergie renouvelable (Quilliq Energy Corporation, 2021). Si l’adoption et l’intégration des énergies renouvelables ont lieu, il est raisonnable de penser qu’il pourrait y avoir une réduction de la demande d’énergie à base de combustibles fossiles, et donc une réduction des efforts de réapprovisionnement en combustibles pour répondre aux besoins énergétiques locaux.

Kivalliq Alternative Energy Ltd. propose un projet d’énergie solaire à Coral Harbour. Le projet a fait l’objet d’une période de consultation publique par la Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions (CNER) en septembre 2022. Le projet pourrait fournir jusqu’à 31 % des besoins énergétiques de la communauté, ce qui permettrait de détourner environ 360 000 litres de diesel par an et plus de 10 M de litres de diesel sur les 30 ans de durée de vie du projet (NEC 2022a). Le projet est proposé pour une superficie d’environ 6,5 acres et est situé à environ 10,3 km au nord-ouest de Coral Harbour. Le projet accueillerait 2 070 modules solaires à inclinaison fixe qui seraient connectés au microréseau de la communauté. La construction du projet devrait commencer en 2024 (NEC 2022b). Ce projet, s’il se concrétise, pourrait réduire les efforts de réapprovisionnement de la communauté par pétroliers, réduisant ainsi le trafic maritime potentiel dans le SI.

Quintillion Global Communications travaille actuellement sur un système de câbles sous-marins à fibres optiques (connectivité à large bande) [Quintillion, site Web]. Le projet prévoit l’installation d’un réseau de câbles sous-marins à fibres optiques de 15 600 km qui serait relié à l’Asie et à l’Europe occidentale par le chenal sud du passage du Nord-Ouest dans l’Arctique canadien, et sera réalisé en 3 phases (Gavrilchuk et Lesage 2014; Sponagle 2016) :

Un navire qui installera les câbles sous-marins devrait traverser les eaux du nord du Canada. La route proposée pour la phase 4 pourrait être construite dans les eaux situées au nord du SI de l’île Southampton, mais pourrait passer par la pointe est du SI. Quintillion n’a pas encore annoncé de calendrier pour la phase 4 ni les communautés qui seront connectées au réseau. Aucune demande n’a été soumise à la CNER à ce jour concernant ce projet potentiel. Le ministère des Services communautaires et gouvernementaux du gouvernement du Nunavut a proposé l’installation d’un câble sous-marin à fibres optiques reliant le :

Le réseau sous-marin à fibre optique permettrait de relier Iqaluit, Kimmirut et Kinngait à une connexion internationale vers Nuuk, au Groenland. L’installation permettrait la capacité future de se connecter au nord de l’île de Baffin et à la région de Kivalliq. Le projet comprenait :

Environ 2 400 km de câble à fibres optiques seraient installés, y compris toutes :

En 2021, le Nunavut a changé ses plans et se concentrera plutôt sur la connexion d’Iqaluit au Québec par le Nunavik. La première partie de ce réseau de câbles à fibres optiques a commencé à être installée en juillet 2021 et devrait être achevée à la fin de l’année 2021, le long de la côte est de la baie d’Hudson (Nunatsiaq News 2021; Arctic Today 2021). Le réseau à fibres optiques pourrait éventuellement s’étendre à d’autres communautés de la région de Kivalliq dans le SI.

Les corridors potentiels pour le câble sous-marin à fibres optiques comprendraient une installation depuis l’est du SI jusqu’à Coral Harbour, puis une installation depuis Coral Harbour vers le sud-ouest en direction de Chesterfield Inlet. Le câble à fibres optiques pourrait être à la fois posé à plat sur le fond marin et enfoui sous le fond marin. Du point de vue des coûts, l’enfouissement est beaucoup plus onéreux que la pose d’un câble sur le fond marin. Note de bas de page 4

Mesures de gestion de la base de référence

La faune et l’habitat marins dans le SI sont gérés par une combinaison de lois, de mesures réglementaires et non réglementaires, de plans de gestion intégrée des pêches (PGIP), de plans d’aménagement du territoire et d’autres mesures. Ces mesures et plans concernent :

Les principales lois et dispositions réglementaires fédérales qui régissent la gestion des eaux du SI comprennent de la:

Outre ces lois et règlements fédéraux principaux, les lois et règlements territoriaux désignés sont :

Il existe des PGIP pour le morse de l’Atlantique et le narval. Les PGIP contiennent généralement des mesures de gestion telles que :

La Commission d’aménagement du Nunavut (CAN) met actuellement en œuvre le plan d’aménagement des régions du Keewatin (PARK) approuvé. Le plan d’aménagement du territoire fournit des conseils et des orientations pour la conservation, l’aménagement et l’utilisation des terres dans ses régions de planification respectives. Le PARK contient un cadre politique qui reconnaît l’importance de la conservation des ressources naturelles et culturelles et de la création d’aires protégées. En juin 2023, un plan d’aménagement du territoire recommandé pour le Nunavut a été soumis pour l’approbation :

S’il est approuvé, il entrera en vigueur et remplacera l’application du PARK. Le plan recommandé comprend certaines restrictions sur l’utilisation des terres et du milieu marin dans certaines parties du SI.

La CNER contribue à l’évaluation des projets de développement dans la région du Nunavut. La CNER utilise les effets biophysiques et socioéconomiques potentiels des propositions et formule des recommandations et prend des décisions sur les projets qui peuvent être mis en œuvre. Les projets ayant des incidences potentielles sur la faune et l’habitat marins, tels que les projets miniers, nécessitent d’abord la réalisation d’un plan de gestion du transport maritime conformément avec :

La CNER a également le pouvoir d’imposer des conditions à un certificat de projet. Les promoteurs sont tenus de respecter ces conditions et de fournir des rapports réguliers. Ce processus vise à garantir que les effets négatifs des projets sur les plans social, économique et environnemental sont effectivement atténués.

Les traités, codes et accords les plus pertinents pour le SI de l’île Southampton sont les suivants:

En outre, en décembre 2016, le gouvernement du Canada a annoncé que la délivrance de nouveaux permis d’exploration pétrolière et gazière serait indéfiniment interdite pour l’océan Arctique canadien. Le gouvernement du Canada s’est engagé à revoir ce gel tous les 5 ans en adoptant une approche scientifique fondée sur le cycle de vie et en tenant compte des données scientifiques sur le milieu marin et les changements climatiques. Les consultations alimenteront l’évaluation quinquennale (premier ministre du Canada, 20 décembre 2016). Ce moratoire s’applique à la zone dans laquelle se trouve le SI. Le moratoire a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2028, date à laquelle il devrait être reconduit (DORS/2022-274).

Aperçu des activités économiques à l’intérieur et à proximité du SI par secteur

Pêches commerciales et nouvelles pêches

L’industrie de la pêche au Nunavut, qui comprend à la fois la pêche commerciale et la pêche de subsistance, est un aspect fondamental de la santé et du bien-être des Nunavummiut (gouvernement du Nunavut 2016).

Au Nunavut, les pêches commerciales à grande échelle du flétan du Groenland (turbot), de la crevette nordique et de la crevette rayée sont pratiquées dans :

Il n’y a pas de pêche du turbot ou de la crevette à l’intérieur ou à proximité de la limite du SI.

Il existe cependant des quotas commerciaux d’omble chevalier dans le SI (voir figure 1). Ces quotas sont fixés dans le cadre du Règlement de pêche des Territoires du Nord-Ouest, annexe V (articles 17, 18 et 19) et peuvent faire l’objet d’une ordonnance de modification.

L’omble chevalier anadrome est présent dans l’ensemble du SI pendant les mois d’été pour la migration et l’alimentation marine dans la région. Il n’existe pas de données scientifiques actualisées sur l’omble le long de la côte ouest de la baie d’Hudson (y compris le passage Chesterfield) malgré l’activité de pêche passée et présente dans la région, mais les modèles développés par Roff et al. (2020) prévoient une utilisation généralisée des côtes dans le SI (MPO 2020).

Plusieurs rivières dans le passage Chesterfield semblent favoriser les déplacements de l’omble anadrome des eaux douces vers les zones d’alimentation marines, d’après les activités de pêche de subsistance et commerciale dans la région (MPO 2020) (voir la figure 2). Ces plans d’eau douce sont probablement utilisés pour l’hivernage, l’élevage des jeunes et la reproduction dans la région et se déversent directement dans le SI de l’île Southampton. Dans le passé (fin des années 1980 et 1990), les pêches des rivières Uvajuq, Akuq, Qimatujuarvik, Qasigiarsiurvik et Sungaarnarsivik rapportaient 25 000 livres de poisson par an, mais ces chiffres ne sont plus observés (MPO 2020).

MPO a enregistré des données sur une pêche commerciale mineure de l’omble chevalier dans le SI, en particulier sur les rivières Cleveland et Thomsen et dans la région de Coral Harbour. Certains membres de la communauté ont exprimé leur intérêt pour l’établissement d’une pêche commerciale viable. Des efforts sporadiques de pêche expérimentale et commerciale ont été déployés dans la zone depuis 1988. On ne dispose que de peu de données, voire d’aucune, concernant le succès de ces efforts de pêche expérimentale et commerciale. Un rapport de 2011 sur la stratégie d’aménagement du territoire suggérait que l’achèvement de la route d’accès à la baie Duke of York pourrait potentiellement augmenter la viabilité économique de la pêche commerciale à l’omble chevalier (Coral Harbour 2011); cependant, cela ne s’est pas produit en février 2024.

En 2018, Kivalliq Arctic Foods a transformé 9 000 livres d’omble provenant des membres de la communauté de la ZIEB de la côte ouest de la baie d’Hudson. Note de bas de page 5 La plupart des ombles vendus à l’usine avaient une chair plus blanche, ce qui rend le poisson moins commercialisable (MPO 2020). L’usine de transformation de Kivalliq Arctic Foods à Rankin Inlet produit une large gamme de produits à partir de la viande et du poisson qui lui sont fournis par les pêcheurs du Nunavut. Les produits à base d’omble chevalier comprennent :

L’installation emploie de 7 à 12 découpeurs et transformateurs de viande locaux (Nunavut Development Corporation 2019).

La Direction de la gestion des pêches de la région de l’Arctique de MPO travaille actuellement avec des intervenants partenaires à la mise en place de journaux de bord commerciaux dans la région de Kivalliq afin d’améliorer les rapports sur les récoltes et les données grâce à la mise en œuvre de conditions de permis commerciaux. Les données recueillies dans les journaux de bord amélioreront la compréhension commune de la récolte commerciale et soutiendront la gestion durable. Note de bas de page 6 Cependant, en raison du manque actuel de données sur les prises commerciales, l’évaluation de la pêche commerciale dans le SI aux fins de l’étude est considérée comme non réalisable. Cependant, si le quota commercial réglementaire total Note de bas de page 7 de 73 100 kg pour l’omble chevalier dans le SI Note de bas de page 8 était récolté, la valeur totale estimée au débarquement (prix payé aux pêcheurs) et les valeurs marchandes (prix de détail) seraient respectivement d’environ 193 389,50 $ à 805 789,57 $ Note de bas de page 9 et 2,35 M$. Note de bas de page 10 En plus des quotas commerciaux vendus aux usines de transformation du poisson, conformément aux droits stipulés dans l’Accord du Nunavut, l’omble chevalier est également vendu (par exemple, au Nunavut Country Food Store situé à Iqaluit, par Facebook, etc.), troqué, échangé et donné.

Dans le passage Chesterfield et autour de celui-ci, la pêche de l’omble chevalier est pratiquée en hiver et en été. De novembre à décembre, la pêche hivernale est pratiquée au lac Josephine. En été, la pêche commence à la mi-juillet, après la débâcle, et se poursuit jusqu’au début du mois de septembre. La communauté pratique la pêche commerciale de l’omble chevalier au filet maillant dans la baie de Fish, les filets étant posés le long des rives est et ouest du passage. Il n’y a pas de possibilité d’utiliser une fascine. Note de bas de page 11 La biomasse et la population d’ombles n’ont pas été évaluées et on sait peu de choses sur l’omble dans cette région (tant sur l’abondance que sur le cycle biologique). Les membres de la communauté ont signalé une diminution de la capacité à capturer l’omble dans la baie de Fish (MPO 2020).

À Chesterfield Inlet, l’usine de transformation du poisson Iqalukpik, qui est essentiellement une installation d’entreposage Note de bas de page 12, est l’endroit où les ombles chevaliers fraîchement capturés sont congelés et préparés pour être expédiés à l’usine de transformation du poisson de Kivalliq Arctic Foods à Rankin Inlet. Une personne travaille à l’usine de transformation du poisson d’Iqalukpik (employée par Kivalliq Arctic Foods), achète le poisson local, puis le nettoie, le congèle, le met en sac et l’expédie à Rankin Inlet Note de bas de page 13.

La pêche alimentaire est souvent soutenue par la commercialisation à petite échelle d’aliments traditionnels, comme la vente d’omble chevalier à des usines de transformation et l’utilisation des revenus pour continuer à pêcher et à chasser. Les échanges commerciaux d’aliments traditionnels entre les communautés sont importants et en croissance. Un commerce territorial viable et croissant d’aliments marins traditionnels récoltés de manière durable représente une possibilité économique importante pour les pêcheurs du Nunavut (gouvernement du Nunavut 2016). Les coûts potentiellement élevés du transport des aliments traditionnels posent un défi à la viabilité de la transformation des aliments de l’Arctique au Nunavut (Aarluk Consulting Inc. 2005). En décembre 2023, Calm Air, une compagnie aérienne qui exerce ses activités dans la région de Kivalliq, proposera l’expédition gratuite d’aliments traditionnels aux communautés de Kivalliq, mais uniquement pour la consommation personnelle; aucune estimation de prix pour le transport commercial n’a été trouvée (Calm Air, site Web). Une autre compagnie aérienne, Canadian North, a fourni à MPO une estimation de 1,31 $ par kg pour expédier des aliments traditionnels sur tout itinéraire qu’elle dessert à l’intérieur du Canada. Les itinéraires non régionaux peuvent nécessiter des envois affrétés, ce qui implique un coût de fret plus élevé. Pour favoriser l’accès aux aliments traditionnels, le gouvernement du Nunavut a mis en place un programme de distribution d’aliments traditionnels. Ce programme aide les communautés à construire et à entretenir des congélateurs communautaires écoénergétiques et à soutenir l’infrastructure de récolte (gouvernement du Nunavut, site Web). Ce programme soutient à la fois la distribution commerciale et la récolte de subsistance des aliments traditionnels. D’autres programmes d’aide financière ont été mis en place au fil des ans pour soutenir la distribution des aliments traditionnels. On s’attend à ce que des programmes similaires se poursuivent en raison de l’importance socioéconomique de la récolte et la consommation d’aliments traditionnels au Nunavut.

À Coral Harbour, la pêche à l’omble chevalier est principalement pratiquée en hiver (gouvernement du Nunavut 2016). Coral Harbour a participé au Programme de surveillance de la communauté aquatique du Nunavut (PSCA-N) en 2013, alors que les membres ont rencontré des résidents de Coral Harbour qui ont exprimé leur intérêt pour une pêche commerciale. Le PSCA-N propose d’apporter un soutien en enquêtant sur la santé des stocks de poissons locaux et en formant les résidents aux procédures d’échantillonnage nécessaires au maintien d’une pêche (site Web du PSCA-N). Le programme devait durer 5 ans, mais en raison d’un manque de financement, l’intérêt des membres de la communauté pour ce dernier a diminué et il a cessé ses activités après l’année 2013.

Lors des réunions communautaires de novembre 2019, août 2022 et août 2023 concernant le SI de l’île Southampton, Chesterfield Inlet et Coral Harbour ont exprimé un intérêt particulier pour le développement de la pêche commerciale. Depuis la fin des années 1980, la pêche expérimentale (Phase 1 Faisabilité des permis de nouvelles pêches) est pratiquée dans les secteurs de Coral Harbour et de Chesterfield Inlet pour diverses espèces, dont :

Des possibilités de pêche aux pétoncles et aux moules ont également été relevées près du passage Chesterfield (gouvernement du Nunavut 2016). Au moment de la rédaction du présent document, on ne dispose d’aucune information sur le succès de ces pêches expérimentales. Les membres de la communauté de Coral Harbour ont également pêché le crabe des neiges à la turlutte. Note de bas de page 15 La communauté de Chesterfield Inlet estime que la pêche commerciale peut être une possibilité économique principale et durable, aujourd’hui et à l’avenir, comme le souligne le plan de développement économique de la communauté (Canadian Ecotourism Services 2023).

La Direction de la gestion des ressources de la région de l’Arctique de MPO s’est entretenue avec une personne (monsieur Voisey) qui a participé à la pêche expérimentale du pétoncle dans le passage Chesterfield au milieu des années 1990. Lors de l’entretien, M. Voisey a indiqué que le programme s’est déroulé chaque été pendant 3 ans, de juillet à septembre. Les pétoncles étaient présents tout le long du rebord de la plateforme continentale, mais le meilleur site de récolte se trouvait à 24 milles au large de Whale Cove, à des profondeurs de 30 à 35 brasses (55 à 64 m). Il pense qu’il y aurait une forte abondance dans le SI, car il y a de fortes concentrations de morses dans la zone, mais aucune pêche expérimentale n’a été menée dans la zone en raison des niveaux élevés de glace de mer. Tout au long de ces efforts, la prise par trait moyenne était de 21,8 kg, et 23 des 96 traits ont donné lieu à une prise de 40 kg ou plus (Keewatin Meat et Fish Ltd. 1994). Les prises accessoires se sont limitées à des :

M. Voisey a indiqué que de nombreuses holothuries étaient pêchées au large de l’île Marble. Interrogé sur l’intérêt actuel de cette pêche, il a indiqué que certains membres de la communauté souhaiteraient récolter des pétoncles, mais que le coût est prohibitif pour commencer (nécessité d’un grand bateau et de casiers coûteux).

Il convient de noter que les engins de pêche mobiles en contact avec le fond sont visés par la norme de protection des aires marines protégées (AMP) annoncée en 2019, dont la portée a été précisée en 2023 Note de bas de page 16. La précision de la portée comprend à la fois des exemptions générales et spécifiques, et l’application de la norme de protection des AMP à la ZPM potentielle du SI de l’île Southampton dépasse la portée de cet aperçu socioéconomique, mais sera développée et précisée lors de la phase de définition de la conception de la ZPM, c’est-à-dire dans la proposition de ZPM, qui s’appuie sur le rapport d’aperçu socioéconomique et sur d’autres évaluations de la zone.

Figure 1 : Quotas d’omble chevalier dans le SI de Southampton, janvier 2020. Source : Carte élaborée par les programmes de Conservation et planification marine et du SIG de la région de l’Arctique de Pêches et Océans Canada, janvier 2020.

Figure 1 : Quotas d’omble chevalier dans le SI de Southampton, janvier 2020

Source : Carte élaborée par les programmes de Conservation et planification marine et du SIG de la région de l’Arctique de Pêches et Océans Canada, janvier 2020.

Long description

Emplacement des secteurs du site d’intérêt de Southampton et quotas d’omble chevalier.

  • Secteur les lacs Canyon (y inclus les lacs Canyon 1, 2 et 3), omble chevalier (2 500 kg au total)
  • Lac Christie, Corégone, truite et omble chevalier, 900 kg
  • Lac sans nom (secteur de la baie Repulse), Corégone et truite, 1 100 kg
  • Lac North Pole, Corégone et truite, 500 kg
  • Secteur de la baie Haviland, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Baie de Gore, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Lac sans nom (secteur de la baie Repulse), Corégone et truite, 1 400 kg
  • Rivière North, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Snowbank, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Baie de Bennett, baie de Wager, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Brown, Omble chevalier (anadrome), 6 800 kg
  • Lac Alda, Omble chevalier (anadrome), 900 kg
  • Rivière sans nom (baie de Wager), Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Piksimanik (Douglas Harbour), Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Thomsen, Omble chevalier (anadrome), 4 200 kg
  • Rivière Cleveland, Omble chevalier (anadrome), 9 100 kg
  • Secteur de Cape Donovan, Omble chevalier, 1 000 kg
  • Coral Harbour
  • Ruisseau Kamarvik, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Gordon, Omble chevalier (anadrome), 1 400 kg
  • Havre Merles, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Baie Ranger Seal, Omble chevalier (anadrome), 9 100 kg
  • Pointe East, Omble chevalier (anadrome), 1 000 kg
  • Baie Robinhood, Omble chevalier (anadrome), 6 800 kg
  • Lac Baker, Corégone et truite, 22 700 kg
  • Secteur de Stoney Point, Omble chevalier (anadrome), 6 800 kg
  • Rivière sans nom, Omble chevalier (anadrome), 6 800 kg
  • Rivière sans nom, Omble chevalier (anadrome), 6 800 kg
  • Rivière sans nom (rivière Big, baie Barbour), Omble chevalier (anadrome), 900 kg
  • Rivière Hanway, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Baie Steep Bank, Omble chevalier (anadrome), 4 500 kg
  • Pointe Baker, Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
  • Rivière Josephine, Omble chevalier (anadrome), 4 500 kg
  • Passage Chesterfield (baie de Fish), Omble chevalier (anadrome), 2 300 kg
Figure 2 : Site d’intérêt de l’île Southampton et ZIEB. Source : Pêche à l’omble chevalier par année Source : Pêches et Océans Canada, Sciences des écosystèmes et des océans, région de l’Ontario et des Prairies, 2020.

Figure 2 : Site d’intérêt de l’île Southampton et ZIEB.

Source : Pêche à l’omble chevalier par année Source : Pêches et Océans Canada, Sciences des écosystèmes et des océans, région de l’Ontario et des Prairies, 2020.

Long description

Cette carte se concentre sur la région entourant l’île Southampton et l’ouest de la baie d’Hudson, avec une flèche indiquant le nord vers le haut.

  • Disposition géographique (de haut en bas) :
    • La zone en haut au centre à droite est le Bassin Foxe.
    • La zone en haut à gauche est Baker Lake.
    • Naujaat est une communauté située à l’est, dans le nord.
    • L’île Southampton est l’élément géographique central. Coral Habour se trouve sur sa côte est.
    • L’île Coats se trouve au sud-est de l’île Southampton.
    • Sur le continent, à l’ouest : Wager Bay se trouve dans la partie supérieure, et les communautés, de haut en bas, comprennent Chesterfield Inlet, Rankin Inlet, Whale Cove et Arviat.
    • La partie sud de la carte correspond à la baie d’Hudson.
  • Légende et descriptions des superposition :
    • Le site d’intérêt de Southampton est délimitée par une ligne noire en pointillés et remplie d’un motif hachuré gris en diagonale couvrant l’île de Southampton et une grande étendue d’eau environnante.
    • La ZIEB de la baie Repulse et du détroit Frozen est une zone vert clair située immédiatement au nord de l’île Southampton, dans le détroit Frozen.
    • La ZIEB de Southampton est une zone jaune-orange compacte qui englobe la partie sud-ouest de l’île Southampton et les eaux entourant le détroit de Fisher et le détroit d’Evans.
    • La ZIEB de l’ouest de la baie d’Hudson est une zone bleu clair qui longe la côte ouest du continent, à partir de la baie Wager jusqu’à Arviat.
    • Chevauchement : le site d’intérêt de Southampton (hachures grises) chevauche la ZIEB de Southampton (jaune-orange) sur une grande partie de la zone centrale.
    • La pêche à l’omble par année sont représentées par des petits cercles, avec un dégradé de couleur allant de 1979 (bleu clair/vide) à 2015 (bleu foncé/plein), montrant des concentrations d’activité le long de la côte de la ZIEB de l’ouest de la baie d’Hudson, notamment près de Whale Cove et d’Arviat.

Récolte de subsistance

Lorsque le gouvernement du Canada est responsable de la mise en œuvre des obligations découlant des accords sur les revendications territoriales ou des accords d’autonomie gouvernementale, les ZPM établies en vertu de la Loi sur les océans sont mises en œuvre d’une manière compatible avec ces obligations. Sauf pour des raisons valables de conservation, de santé ou de sécurité publique, ou pour d’autres raisons fondées sur des traités, une ZPM ne doit pas interférer avec les droits de récolte des Inuits prévus par l’Accord du Nunavut.

Les principales espèces aquatiques récoltées dans le SI sont :

L’insécurité alimentaire est une préoccupation majeure au Nunavut : par rapport à la moyenne nationale, elle est 8 fois plus élevée dans le territoire (Conseil des académies canadiennes 2014). La récolte de subsistance offre une option alimentaire sans doute plus saine que les aliments achetés dans une épicerie (Chan et al. 2006). Cependant, on a constaté que les aliments traditionnels sont coûteux à acquérir par rapport aux aliments achetés en magasin, et ce, en raison de l’augmentation des coûts de l’équipement (essence, fusils, munitions et transport) et du fait que les aliments achetés en magasin sont subventionnés par les contribuables du pays, alors que les coûts des aliments traditionnels sont engagés directement par le chasseur individuel ou sa famille immédiate (Hoover et al. 2016). Le coût des aliments traditionnels peut être inférieur à celui des aliments achetés sur le marché si : 1) le chasseur dispose de fournitures et d’équipements de chasse ou 2) si les membres de la communauté partagent les coûts de la récolte ou reçoivent de la nourriture gratuitement. Dans ces situations, l’utilisation d’aliments traditionnels allonge les revenus, ce qui permet aux familles de consacrer leurs revenus limités à d’autres nécessités qui seraient autrement dépensés pour des produits alimentaires achetés dans les commerces (Chan et al. 2006). Les bénéfices de l’économie des aliments traditionnels du Nunavut sont évalués à plus de 200 M$ par an (Awan et al. 2023).

Pour lutter contre le coût élevé des denrées alimentaires, les communautés de l’Arctique telles que Chesterfield Inlet et Coral Harbour peuvent bénéficier du programme de subvention Nutrition Nord Canada.

Toutefois, on a constaté que cette subvention ne permettait pas de faire face aux coûts élevés des aliments, qu’elle n’avait pas permis d’améliorer la qualité des denrées périssables et le gaspillage alimentaire qui en découle, et que les objectifs du programme manquaient de clarté (Canadian Ecotourism Services 2023). Hoover et ses collaborateurs (2016) notent également qu’il existe un manque général de sensibilisation aux programmes de subventions alimentaires et que, souvent, les personnes qui pourraient en bénéficier ne le peuvent pas.

Malgré l’importance des aliments traditionnels et le désir de les consommer, les progrès technologiques ont augmenté le coût de l’équipement utilisé pour la chasse, ce qui, en fin de compte, accroît la pression sur les chasseurs et les communautés inuits. On estime que les coûts de démarrage, pour les des chasseurs saisonniers au Nunavut, se situent entre 20 000 $ et 30 000 $ et qu’un équipement de chasse toutes saisons peut coûter jusqu’à 70 000 $ (Awan et al. 2023). Les pêcheurs de Coral Harbour ont souligné l’importance du transport dans leurs efforts de subsistance; ils utilisent des bateaux lorsque la glace de mer le permet, des motoneiges lorsque la glace et la neige le permettent, et occasionnellement leurs véhicules tout-terrain tout au long de l’année.

Pour la chasse au béluga et au narval, il a été déterminé que les coûts les plus importants sont l’accès aux bateaux, suivi du carburant, des fusils et des munitions (Hoover et al. 2013) Note de bas de page 18. Cette préoccupation concernant l’augmentation des coûts de la chasse de subsistance a été notée par les membres des communautés lors des consultations du SI de l’île Southampton (Pêches et Océans 2022, 2023a). Cependant, pour soutenir la récolte, la distribution et la consommation d’aliments traditionnels, les communautés achètent souvent les animaux récoltés à des chasseurs locaux. Par exemple, en 2015-2016, le hameau de Chesterfield Inlet a payé 30 000 $ à des chasseurs pour la récolte d’aliments (Canadian Ecotourism Services 2023). Pour soutenir les communautés, au moment de la rédaction de ce rapport, Calm Air, un transporteur aérien régulier dans la région de Kivalliq, offre un service d’expédition gratuit sur ses itinéraires réguliers pour envoyer ou recevoir des aliments traditionnels vers ou depuis d’autres communautés de la région de Kivalliq (Calm Air, site Web). Ce service comprend :

En outre, Canadian North, une autre compagnie aérienne qui exerce au Nunavut, propose un tarif de 1,31 $/kg plus taxes pour l’expédition d’aliments traditionnels sur toutes les lignes aériennes qu’elle exploite.

Lors de consultations avec les membres de la communauté de Coral Harbour, l’un d’entre eux a souligné le cycle saisonnier des récoltes de la communauté. Au printemps, l’accent est mis sur le ramassage des œufs, la pêche au cabillaud et la chasse au phoque. Les mois d’été se concentrent sur la récolte de mammifères marins. En automne, l’attention de la communauté se porte sur la pêche et la chasse au caribou et en hiver sur les :

Les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont déclaré qu’environ 50 % des repas étaient composés d’aliments traditionnels (Newell 2018). Il a également été observé que les préférences variaient d’une communauté à l’autre; les jeunes générations mangent davantage d’aliments achetés en magasin, et même les générations plus âgées mangent moins d’aliments traditionnels que lorsqu’elles étaient plus jeunes. En outre, il convient de noter que les aliments traditionnels apportent une valeur culturelle qui est plus difficile à quantifier. Lors du sondage auprès des membres des communautés, ceux-ci ont indiqué que les aliments traditionnels leur procuraient :

Les statistiques de récolte présentées ci-dessous (annexe 4) sont ventilées par communauté et non par limite géographique du SI. Bien que ces statistiques de récolte puissent être une surestimation des récoltes qui ont lieu dans le SI, elles peuvent être pertinentes, car la ZIEB de l’île Southampton est un couloir de migration pour le béluga, la baleine boréale et le narval qui se déplacent entre les aires d’hivernage du détroit d’Hudson, de la mer du Labrador et de la baie d’Ungava vers les eaux côtières de l’ouest de la baie d’Hudson ou les régions près de la baie Repulse, du bras Lyon, du bassin Foxe et du détroit Frozen. Cette approche a été utilisée pour tenter d’estimer quantitativement les récoltes au sein du SI, au lieu de se fier uniquement sur une discussion qualitative. En raison des limites des données, l’approche susmentionnée a été jugée la plus appropriée.

Narval

Le narval a une grande importance économique, sociale, culturelle et nutritionnelle pour les communautés. L’espèce est un aliment de base important dans l’économie de subsistance traditionnelle. La défense en ivoire des mâles a une valeur économique et constitue une source importante de revenus pour certaines communautés (MPO 2011b).

Le narval est une source de nourriture pour les humains et les chiens, il constitue une source secondaire de revenus et une source de matériaux pour la vie quotidienne. La viande de narval est généralement utilisée comme nourriture pour les chiens, mais elle est également consommée par les humains, à moins qu’une autre viande ne soit disponible. Le narval est généralement chassé pour :

Outre sa valeur protéique et calorique, la peau est un aliment très apprécié en raison de sa richesse :

Les valeurs du poids brut des parties comestibles des débarquements de narval estimées dans ce rapport sont basées sur les débarquements de narval et les estimations les plus récentes du poids des parties comestibles se trouvent dans Ashley (2002).

Il convient de noter qu’en général, la valeur alimentaire de remplacement pour les espèces marines dans le présent rapport ne tient pas compte des autres avantages des récoltes de subsistance, comme :

La formule utilisée pour calculer le poids brut des parties comestibles est la suivante :

La valeur du poids brut des parties comestibles = débarquements x estimation du poids des parties comestibles (en kg par narval) x valeur du poids par kg Note de bas de page 19

Ashley (2002) a déclaré les estimations les plus basses et les plus élevées du poids des parties comestibles du narval, à savoir 191 kg et 595 kg, respectivement. Plusieurs facteurs expliquent la différence de poids des parties comestibles. Par exemple, certaines études ne prennent en compte que les estimations du poids des parties comestibles de mattaaq, à l’exclusion de la viande et des pertes.

Un autre facteur clé est la variation culturelle de la comestibilité. Contrairement aux rendements des récoltes de viande commerciale pour les consommateurs non traditionnels, les goûts des autochtones et leurs préférences culturelles de consommer des parties non carnées et des parties carnées entraînent un rendement plus élevé. Cette étude prend donc en compte la valeur estimée la plus récente Note de bas de page 20 du poids des parties comestibles déclarée par Ashley (2002). L’estimation du poids des parties comestible utilisée dans cette étude pour estimer le poids total des parties comestibles des débarquements de narval est de 496 kg par animal Note de bas de page 21 (MPO 2011b).

Dans le SI, le narval est souvent capturé dans la zone située juste au nord de l’île Southampton, dans la zone autour de l’île White et dans la baie Duke of York (figure 3). Les narvals présents dans le SI appartiennent à la population du nord de la baie d’Hudson, que les calculs d’abondance les plus récents estiment à 19 232 individus, ce qui représente une population moins abondante que celle génétiquement distincte de la baie de Baffin (MPO 2015, Watt et al. 2020). De 2017 à 2021, les communautés suivante ont déclaré une récolte totale de 526 narvals (voir l’annexe 4) :

La grande majorité a été récoltée à Naujaat, soit un total de 460 narvals, au cours de la période de 5 ans :

La récolte moyenne par an pour toutes les communautés combinées était de 105 narvals. Un total cumulatif de 147 représente le quota de narvals pour 2023 dans la zone de gestion du nord de la baie d’Hudson (ZGNBH), qui en plus des communautés susmentionnées :

Cependant, on ne sait pas combien de narvals de la ZGNBH se trouvent directement dans le SI.

L’utilisation du quota de la ZGNBH pour déterminer la valeur potentielle totale des récoltes de narvals dans le SI est difficile en raison du fait que le stock est migratoire et qu’il est récolté par d’autres communautés, probablement en dehors du SI. Cependant, le tableau suivant est une estimation de la valeur du poids des parties comestibles à partir des récoltes des communautés à l’intérieur et à proximité du SI. Une analyse de la documentation pertinente a révélé que 45 % du poids des parties comestibles du béluga peut être utilisé pour la consommation humaine et que les 55 % restants peuvent être utilisés comme nourriture pour chiens. du poids total des parties comestibles :

En utilisant une approche de remplacement alimentaire ou de coût de substitution, la valeur de la portion du poids des parties comestibles utilisée pour la consommation humaine s’élevait à 27,8 $/kg et la portion utilisée comme nourriture pour chiens à 4,36 $/kg (Symbion Consultants 2009, MPO 2017a). En l’absence d’informations propres au narval, en utilisant l’approche ci-dessus et un poids des parties comestibles de 496 kg, il a été estimé que la valeur totale du poids brut des parties comestibles de la récolte s’élevait à 4,63 M$ au cours des 5 années de 2017 à 2021 (0,93 M$ par an). Note de bas de page 22

La défense en ivoire du narval est également un produit de valeur et une source importante de revenus pour certaines communautés côtières (MPO 2011b). Il a été indiqué que la longueur moyenne de la défense des narvals tués en 2009 était de 168,5 cm (5,53 pieds). Une défense de cette taille, avec une pointe intacte, a une valeur estimée à près de 1 000 $ (MPO 2017a). Selon les reçus de 2013-2014 reçus par MPO pour les défenses de narval récoltées principalement dans la baie Repulse et à la lisière de la banquise et achetées par Naujaat Co-op, Taqqut Co-op et le Repulse Bay Northern Store, la longueur moyenne des défenses de narval était de 5,22 pieds. Une défense de cette taille a une valeur estimée à 633 $.

En utilisant une moyenne de ces 2 indicateurs de prix Note de bas de page 23 conjointement avec les quantités de défenses déclarées entre 2013 et 2017 Note de bas de page 24, et en ajustant selon l’inflation Note de bas de page 25, la vente de défenses de narval a rapporté un revenu annuel moyen de 265 000 $. D’autres sources varient sur le prix lors de l’évaluation de la vente des défenses de narval – en 2008, les chasseurs de la baie Repulse ont été payés 100 $ par pied pour les défenses de jusqu’à 6 pieds de long, plus 15 $ par pouce pour chaque pouce supplémentaire (Hoover et al. 2013).

Béluga

La récolte et la consommation du béluga procurent des avantages sociaux, culturels, sanitaires et économiques aux communautés depuis des temps immémoriaux (Symbion Consultants 2009).

La populations de bélugas se trouvent dans :

L’unité désignable de l’OBH du COSEPAC Note de bas de page 26 a une taille approximative de 54 473 animaux (Matthews et al. 2017) et est la population qui se trouve dans le SI. Certains bélugas restent dans le SI tout au long de l’été jusqu’à ce qu’ils migrent à nouveau au-delà du SI au début ou à la fin du mois de septembre, moment où ils sont rejoints par un plus grand nombre de bélugas qui reviennent de l’ouest de la baie d’Hudson. Lorsqu’ils sont présents dans le SI, les bélugas se nourrissent et migrent le long de la partie sud de l’île Southampton, dans les détroits de Fisher et d’Evans, y compris la baie Sud, et ont été aperçus autour de la baie Duke of York, de la baie East, de la baie Gordon et de la baie Junction jusqu’au lac Allinataaq (Loewen et al. 2020a, 2020b; Idlout 2020). La baie East, la Baie Duke of York et peut-être le détroit de Roes Welcome sont des zones de mise bas pour ces animaux (Idlout 2020). L’estimation recommandée du retrait biologique potentiel Note de bas de page 27 pour les bélugas de l’OBH serait de 753 animaux avec un facteur de rétablissement de 0,75 (MPO 2018). Cependant, la récolte de bélugas dans l’OBH n’est pas limitée par des quotas (Hammill et al. 2017).

De 2017 à 2021, les communautés d’Arviat, de Whale Cove, de Coral Harbour, de Chesterfield Inlet, de Baker Lake, de Rankin Inlet, de Naujaat et de Kinngait ont déclaré une récolte totale de 1 284 bélugas (voir l’annexe 4) au cours de la période de 5 ans:

La récolte moyenne par an pour toutes les communautés était de 257 bélugas. En utilisant la formule et les informations sur les bélugas mentionnées ci-dessus, et un poids des parties comestibles de 378 kg par animal (Symbion Consultants 2009), il a été estimé que la valeur totale du poids des parties comestibles de la récolte s’élevait à 8,51 M$ au cours des 5 années de 2017 à 2021 (1,7 M$ par an). Note de bas de page 28

Morse

Les Inuits récoltent le morse de l’Atlantique. Ils sont très appréciés en tant que source traditionnelle de nourriture et d’autres produits. Les communautés chassent le morse pour sa viande, ses défenses en ivoire et son baculum. Les mollusques présents dans l’estomac des morses sont considérés comme des mets délicats par les communautés inuites (MPO 2017b). La chasse inuite permet de maintenir les traditions culturelles et aux chasseurs expérimentés de transmettre leurs compétences et leurs connaissances aux jeunes générations. La défense et le baculum du morse de l’Atlantique sont des produits économiques de grande valeur et constituent d’importantes sources de revenus monétaires, en particulier pour les communautés de chasseurs (MPO 2013a). L’ivoire du morse est soit vendu brut, soit sculpté en pièces d’art comme des bijoux ou des sculptures. Certaines communautés pratiquent une chasse sportive à petite échelle menée par des chasseurs non inuits (MPO 2017b).

Le morse de l’Atlantique est géré par des zones de gestion. La zone de gestion qui se trouve dans le SI est le stock de la baie d’Hudson et du détroit de Davis (BHDD) (AW-05). Le stock de la BHDD a été distingué de 5 autres stocks en fonction des :

Les résultats des relevés aériens de 2017 ont permis de déterminer que le stock de la BHDD a une abondance totale de 12 100 morses (Mosiner et al. 2023). L’estimation du prélèvement biologique potentiel pour le stock de la BHDD est de 360, en supposant un facteur de rétablissement de 1 (Mosiner et al. 2023). Les morses sont présents dans le SI tout au long de l’année et effectuent principalement des déplacements locaux autour de l’île Southampton. Les échoueries terrestres connues dans les limites du SI comprennent les îles des détroits de Fisher et d’Evans (c’est-à-dire les îles Bencas, Coats et Walrus) et la côte sud de l’île Southampton, le nord-ouest de l’île Southampton et l’île Depot près de Chesterfield Inlet. On sait qu’ils occupent la banquise mobile et les polynies du détroit de Roes Welcome et à l’embouchure du passage Chesterfield en hiver. Il est à noter que ce stock est partagé puisqu’il est présent à la fois dans la région du Nunavut et dans la région marine du Nunavik (MPO 2013a) et qu’il s’étend jusqu’à l’est de l’île de Baffin. Un quota communautaire de 60 morses par an a été attribué à Coral Harbour (MPO 2013a). Le nombre de permis de chasse sportive au morse est revu et déterminé par le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) en fonction du nombre de demandeurs (voir l’annexe 7 pour le nombre de permis délivrés par le CGRFN).

De 2017 à 2021, les communautés d’Arviat, de Baker Lake, de Chesterfield Inlet, de Coral Harbour, de Kinngait, de Naujaat, de Rankin Inlet et de Whale Cove ont déclaré une récolte totale de 248 morses Note de bas de page 29 (voir l’annexe 4). La moyenne des récoltes déclarées par an, toutes communautés confondues, est de 50 morses. En utilisant la méthodologie précédente du poids des parties comestibles pour le narval et le béluga comme indicateur, et un poids des parties comestibles de 462 kg par animal (Loring 1996, Ashley 2002), il a été estimé que la valeur totale du poids des parties comestibles de la récolte s’élevait à 2,03 M$ au cours des 5 années de 2017 à 2021 (0,41 M$ par an). Note de bas de page 30

Baleine boréale

La baleine boréale représente une valeur de subsistance importante pour les communautés de l’Arctique, en particulier pour celles qui pratiquent la chasse. La baleine boréale est chassée pour sa viande et comme source de matériaux pour la chasse et la vie quotidienne (MPO 2013b). Outre le maktak, le lard était également récolté traditionnellement sur la baleine boréale et utilisé comme source de nourriture, de médicaments et d’huile pour le chauffage et l’éclairage. Les os servaient à fabriquer des outils, des maisons et des armatures de tentes, des patins de traîneau, des kayaks et des traîneaux, ainsi qu’à la sculpture. La chasse à la baleine était un aspect important de la culture inuite, et de nombreux Inuits s’inquiètent de la perte des connaissances et des répercussions culturelles de l’ancienne interdiction de la chasse à la baleine. Note de bas de page 31 À ce titre, ils ont souhaité renouveler la chasse à la baleine et y faire participer les jeunes, et utiliser à nouveau le maktak et les os de baleine, mais certains ne pensent pas que la chasse à la baleine soit toujours d’actualité. Il est généralement admis que la chasse à la baleine boréale doit être gérée avec soin et de manière appropriée pour que la population continue à augmenter (Hay et al. 2000).

Compte tenu de la présence de baleiniers commerciaux au début des années 1900, le nombre de baleines boréales a diminué. Les observateurs inuits ont toutefois remarqué une augmentation des baleines boréales dans les dernières années du 20e siècle, y compris dans la baie d’Hudson à l’intérieur et à proximité du SI, en raison de l’interdiction de la chasse à la baleine et du fait que les Inuits ont volontairement renoncé à leurs droits de chasse. Les membres de la communauté de Coral Harbour ont informé le CGRFN que des baleines boréales sont régulièrement observées à la fin de l’été et en automne à 2 endroits, Aqiarunnaq/baie Duke of York et la péninsule Bell au sud-est de l’île Southampton (Hay et al. 2000). Les observateurs inuits sont divisés sur la question de savoir si les motoneiges et les petites embarcations perturbent la baleine boréale, bien qu’ils pensent généralement qu’elles sont moins dérangées que le béluga et le narval. On craint que le trafic maritime, les marées noires et la chasse ne les perturbent (Hay et al. 2000).

La population de baleines boréales récoltée par les communautés à l’intérieur et à proximité du SI est la population de l’est du Canada et de l’ouest du Groenland (EC-OG). L’estimation de l’abondance entièrement ajustée pour la population de l’EC-OG était de 6 446 (Doniol-Valcroze et al. 2020, Higdon et al. 2023). La récolte totale autorisée actuelle pour les baleines de l’EC-OG au Nunavut est de 5 baleines par an, dont 2 aux régions de Kivalliq et de Qikiqtaaluk et une à la région de Kitikmeot (Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut 2015, Higdon et al. 2023). MPO et ses partenaires étudient actuellement la possibilité d’adopter une approche qui permettrait aux Inuits de reporter les quotas annuels de l’EC-OG non utilisés aux saisons de récolte suivantes (Higdon et al. 2023), Higdon et ses collaborateurs (2023) ayant constaté que cette approche était durable. Cette recherche est une première étape dans les discussions de gestion conjointe sur l’établissement d’un système de report.

De 2017 à 2021, les communautés de Baker Lake, de Chesterfield Inlet, de Coral Harbour, de Kinngait, de Naujaat, de Rankin Inlet, d’Arviat et de Whale Cove ont récolté un total de 6 baleines boréales :

Les récoltes de baleines boréales sont relativement rares par rapport à d’autres mammifères marins, mais en raison de leur grande taille, elles peuvent fournir une quantité importante de viande et de matériaux, même lorsqu’elles sont capturées en nombre limité.

Il n’existe pas de méthodologie reconnue pour calculer le poids des parties comestibles des baleines boréales, mais les valeurs suivantes sont basées sur les méthodologies utilisées précédemment. En utilisant les statistiques de récolte, un poids des parties comestibles de 31 500 kg (Whitford, 2006), il a été estimé que la valeur totale du poids des parties comestibles de la récolte s’élevait à 3,39 M$ au cours des 5 années allant de 2017 à 2021 (0,68 M$ par an). Note de bas de page 32

Omble chevalier

L’omble chevalier est pêché à la fois pour l’alimentation et comme activité sociale et culturelle traditionnelle. Il s’agit de l’un des poissons les plus recherchés par les Inuits pour leur subsistance. Environ 80 % des prises d’omble chevalier sont immédiatement réinjectées dans l’économie intérieure. Les avantages de l’omble chevalier en tant que source de subsistance sont les suivants :

La pêche de subsistance est généralement concentrée à proximité des communautés et est traditionnellement pratiquée dans des pêches estuariennes et côtières bien développées, à l’aide de filets maillants ou de fascines.

L’omble chevalier est une source d’alimentation de subsistance saine (c’est-à-dire généralement faible en contaminants tels que le mercure) [Evans et al. 2015] et nutritive disponible dans toutes les communautés du Nunavut (Priest et Usher 2004). Compte tenu de l’accessibilité générale des communautés du Nunavut, des ressources limitées nécessaires à la récolte de cette espèce et de la culture générale du partage au sein des communautés nordiques et entre elles, l’omble chevalier continue de favoriser la sécurité alimentaire dans le territoire, car il constitue une source d’aliments traditionnels fiable et de grande qualité. Note de bas de page 33

Pour les habitants de Coral Harbour, l’omble chevalier anadrome est un aliment important. Dans l’aire d’étude, l’omble chevalier est pêché dans les rivières Thomsen et Cleveland, au nord-ouest de l’île Southampton. Il est également récolté dans le passage Chesterfield et la baie Daly (Hurtubise 2016, Nunavut Coastal Resource Inventory [NCRI] 2014, Roux et al. 2011, Stewart et Lockhart 2005). La majeure partie de la pêche de subsistance dans le passage Chesterfield a lieu pendant la montaison automnale près de la rivière Josephine. Note de bas de page 34

La collecte de données sur les récoltes de subsistance est limitée en raison de l’éloignement des pêches, de l’absence d’accès à l’Internet pendant la récolte et du fait que les récoltes ne sont pas réglementées (aucune obligation de déclarer les récoltes). De 1996 à 2001, la récolte annuelle moyenne d’omble chevalier était :

Priest et Usher (2004) ont estimé que la valeur de remplacement alimentaire de l’omble récolté à des fins de subsistance dans l’ensemble du Nunavut était d’environ 5 M$; en ajustant cette valeur pour tenir compte de l’inflation, cette valeur en 2022 serait de 7,54 M$. Note de bas de page 36

Phoque

Les phoques (annelé, barbu, commun, à capuchon et du Groenland) sont chassés et utilisés pour l’alimentation, l’habillement, l’art et l’artisanat. Le phoque reste une source alimentaire précieuse et privilégiée pour les Inuits. La valeur monétaire des peaux de phoque en tant que sous-produits de la chasse est essentielle pour les chasseurs, car elle leur permet de financer la chasse de subsistance. Cet argent est utilisé pour acheter du matériel de chasse et d’autres équipements nécessaires. La chasse au phoque a toujours été un fondement important de la culture inuite et permet de maintenir les coutumes traditionnelles de partage. La chasse au phoque permet également d’acquérir une connaissance unique des ressources en phoques et de l’écosystème, et de transmettre les compétences et les valeurs des aînés aux jeunes. On estime que 40 000 phoques sont chassés chaque année au Nunavut (gouvernement du Nunavut 2021b). La valeur alimentaire de remplacement de la viande de phoque vaut d’environ 5 M$, et les produits de la peau de phoque représentent une valeur supplémentaire 1 M$ pour le secteur de l’art et de l’artisanat (MEAI Nunavut, inconnu).

De 1996 à 2001, la récolte annuelle moyenne de phoques était de :

Étant donné que la plupart des phoques récoltés entre 1996 et 2001 étaient des phoques annelés et qu’aucune donnée récente n’est disponible, la valeur estimée suivante du poids des parties comestibles utilise les phoques annelés récoltés entre 1996 et 2001 comme approximation de tous les phoques capturés Note de bas de page 38. Un poids des parties comestibles de 74 lb (33,57 kg) [Magdanz et al. 2010] a été utilisé. La valeur totale estimée du poids des parties comestibles de la récolte s’élevait à 8,84 M$ au cours des 5 années de référence (1,8 M$ par an) Note de bas de page 39.

Ours blanc

L’ours blanc continue d’avoir une importance culturelle considérable pour les Inuits. Les Inuits chassent les ours blancs pour leur viande et leur peau, et pour la tradition et les avantages économiques, tels que le revenu des guides et l’exportation de trophées de chasse. Une étude réalisée en 2009 a permis d’estimer à 169 000 $ la valeur annuelle des revenus tirés des vignettes de trophées de chasse à l’ours blanc à Coral Harbour (gouvernement du Nunavut 2009). La récolte du premier ours d’un chasseur est une étape importante dans sa vie (Co-Management Working Group 2016).

Les partenaires de la cogestion (Nunavut Tunngavik Inc., CGRFN, organisations régionales des ressources fauniques, organisations de chasseurs et de trappeurs et gouvernement du Nunavut – ministère de l’Environnement) travaillent ensemble pour déterminer une récolte totale autorisée (RTA) pour chaque sous-population d’ours blancs. Les ours blancs sont classés dans la catégorie « besoins présumés de l’espèce » dans l’Accord du Nunavut, ce qui signifie que la totalité de la récolte autorisée est attribuée aux Inuits. Les Inuits peuvent attribuer une partie de la RTA à la chasse sportive. Tous les ours récoltés, que ce soit à des fins de subsistance, de chasse sportive ou de défense de la vie et des biens (DVB), sont soustraits de la RTA (Co-Management Working Group 2016). En 2016, les communautés de la région de Kivalliq ont exprimé leur inquiétude face à l’augmentation de la DVB concernant les ours blancs, déclarant que cette augmentation réduit les possibilités d’obtenir des trophées de chasse et la connaissance de la chasse à l’ours blanc pour la nouvelle génération, ce qui pose un défi pour le maintien des traditions (Zerehi 2016a).

Les Inuits sont directement affectés par l’augmentation de l’abondance des ours blancs du point de vue de la sécurité personnelle et des dommages matériels (par exemple, les logements et les caches de nourriture). Les Inuits stockent la viande dans des caches traditionnelles, à l’intérieur de petits camps et des communautés. La perte d’aliments nutritifs en raison du saccage des caches par les ours blancs représente un coût important pour les Inuits (Co-Management Working Group 2016).

Globalement, tous les ours blancs se divisent en 19 « sous-populations »; il y a 12 sous-populations d’ours blancs reconnues au Nunavut. L’aire de répartition des ours blancs du bassin de Foxe se trouve à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du SI, et l’aire de répartition des ours blancs de l’ouest de la baie d’Hudson est adjacente au SI (Co-Management Working Group 2016). Les chasseurs de Coral Harbour récoltent l’ours blanc dans la sous-population du bassin Foxe. La communauté avait un quota de 44 ours pour 2017-2018 (gouvernement du Nunavut 2018), et 44 ours ont effectivement été récoltés :

Les chasseurs de Chesterfield Inlet récoltent l’ours blanc dans la sous-population du bassin Foxe et dans la sous-population de l’ouest de la baie d’Hudson. La communauté avait un quota de 5 ours blancs du bassin Foxe pour 2017-2018, et 2 ont été récoltés dans le cadre de la chasse de subsistance. Chesterfield Inlet avait également un quota de 4 ours blancs de la sous-population de l’ouest de la baie d’Hudson pour 2017-2018, et un ours blanc a été récolté dans le cadre de la chasse de subsistance. Les communautés de Baker Lake, Kinngait, Hall Beach, Igloolik, Kimmirut et Naujaat ont également récolté l’ours blanc dans la sous-population du bassin Foxe, tandis que celles d’Arviat, Rankin Inlet et Whale Cove ont récolté l’ours blanc dans la sous-population de l’ouest de la baie d’Hudson.

Pour estimer la valeur du poids des parties comestibles des prises d’ours blancs à Coral Harbour, les hypothèses suivantes ont été formulées : un poids des parties comestibles de 140 kg a été utilisé (Freeman et Wenzel 2006, Tyrrell 2006, Wenzel 2008), une valeur alimentaire de remplacement pour la consommation humaine de 31,99 $, et 100 % du poids des parties comestibles consommées par l’humain Note de bas de page 40. La valeur totale estimée du poids des parties comestibles générées par les récoltes de 2017-2018 à Coral Harbour (44 ours blancs) est d’environ 257 000 $ Note de bas de page 41. Outre la valeur du poids des parties comestibles, les peaux d’ours blancs constituent également une source de revenus importante pour les chasseurs inuits. La valeur des peaux a varié d’une moyenne de 895 $ en 2009 (ÉcoRessources Consultants 2011) à une moyenne de 5 164 $ en 2012 (Nunatsiaq News 2012). Le prix des peaux dépend fortement de la demande, de leur qualité et de leur taille. En appliquant cette fourchette aux récoltes de Coral Harbour, la valeur approximative de la vente de 44 peaux en 2022 se situerait entre 51 000 $ et 278 000 $.

Oiseaux de mer

Les oiseaux de mer sont également une élément clé du mode de vie des communautés autour du SI. Les oiseaux sont récoltés pour leur viande, la collecte d’œufs et l’utilisation du duvet dans les textiles et d’autres produits. Le SI accueille de grandes agrégations d’oiseaux de mer, comme 2 colonies de guillemots de Brünnich sur l’île Coats et la plus grande colonie d’eiders à duvet du Nunavut (Loewen et al. 2020). Le SI chevauche les parties marines des refuges d’oiseaux migrateurs de la baie East (Qaqsauqtuuq) et de Harry Gibbons (Ikkattuaq), qui abritent des colonies d’oiseaux au printemps et en été (Loewen et al. 2020). Priest et Usher (2004) ont constaté que les oies, les hareldes et les lagopèdes étaient des espèces récoltées relativement populaires dans les communautés observées entre 1996 et 2001. Toutefois, on ne sait pas si les résultats obtenus par Usher fournissent une estimation précise de la récolte moderne d’oiseaux de mer et d’œufs. Une évaluation plus approfondie de la récolte d’oiseaux et d’œufs dans la communauté est nécessaire pour déterminer les valeurs et l’importance culturelle.

Figure 3 : Coral Harbour et Chesterfield Inlet – Zones de récolte du narval et plans d’eau pour la pêche. Source : Carte numérisée des connaissances traditionnelles selon les endroits où les résidents de Coral Harbour et de Chesterfield Inlet pêchent le narval et le poisson à des fins de subsistance. Informations fournies à Pêches et Océans Canada dans le cadre de consultations avec les deux communautés.

Figure 3 : Coral Harbour et Chesterfield Inlet – Zones de récolte du narval et plans d’eau pour la pêche

Source : Carte numérisée des connaissances traditionnelles selon les endroits où les résidents de Coral Harbour et de Chesterfield Inlet pêchent le narval et le poisson à des fins de subsistance. Informations fournies à Pêches et Océans Canada dans le cadre de consultations avec les deux communautés.

Long description

Cette carte met l’accent sur la région autour de Coral Harbour et Chesterfield Inlet, avec une flèche indiquant le nord vers le haut. Le site d’intérêt de l’île Southampton est délimitée par un fin trait noir.

  • Disposition géographique :
    • Les principaux plans d’eau sont Coral Harbour (côté est) et Chesterfield Inlet (côté ouest).
    • La carte montre des terres au centre et à gauche (ouest).
  • Légende et description des chevauchements :
    • Les zones pour Coral Harbour (2022) sont indiquées en rouge.
      • Récolte du narval (rouge uni) : deux petites zones distinctes dans les eaux près de Coral Harbour.
      • Plans d’eau pour la pêche (hachures diagonales rouges sur fond rouge uni) : une grande zone irrégulière située au nord de la péninsule continentale, s’étendant sur l’eau.
    • Les zones pour Chesterfield Inlet (2023) sont indiquées en jaune/orange et en vert.
      • Récolte du narval (jaune/orange uni) : une vaste zone d’eau au nord de la péninsule continentale, à l’ouest des plans d’eau de pêche de Coral Harbour. Une petite zone est également indiquée près de l’entrée de Chesterfield Inlet.
      • Plans d’eau pour la pêche (vert foncé uni) : une zone d’eau allongée s’étendant de la péninsule continentale vers l’est, entre les zones de Coral Harbour et Chesterfield Inlet.
    • Chevauchement : Un chevauchement important se produit là où les plans d’eau pour la pêche de Coral Harbour (2022) (hachures rouges) intersectent la zone de récolte du narval de Chesterfield Inlet (2023) (jaune/orange), créant une région plus sombre avec des hachures croisées dans la partie nord de la carte.
  • Source : Carte numérisée des connaissances traditionnelles basée sur les endroits où les résidents de Coral Harbour et Chesterfield Inlet récoltent le narval et pêchent à des fins de subsistance. Information fournie à Pêches et Océans Canada lors de consultations avec les deux communautés.

Extraction de ressources

Exploration et extraction minières

La section suivante concerne les activités socioéconomiques liées à l’exploration et à l’extraction minières et à l’infrastructure de soutien entourant le SI. Ces activités sont des moteurs économiques clés pour la région de Kivalliq et dépendent fortement du transport maritime à l’intérieur et autour du SI. La conception des ZPM doit donc tenir compte de ce secteur économique précieux tout au long du processus de désignation de la ZPM, afin de garantir la poursuite de la croissance économique.

La région de Kivalliq, au Nunavut, couvre 445 109 km2. Elle est adjacente au Manitoba au sud, à la région de Kitikmeot et aux Territoires du Nord-Ouest à l’ouest, et à la baie d’Hudson à l’est, qui comprend l’île Southampton et le SI. La géologie diversifiée de la région de Kivalliq contient un certain nombre d’occurrences et de gisements minéraux importants, y compris :

La région a une longue histoire minière et comprend 2 des premières mines canadiennes au nord du 60e parallèle :

L’exploitation minière apporte des avantages socioéconomiques importants pour le territoire. En 2020, l’exploitation minière, les carrières et l’exploration pétrolière et gazière représentaient 40,4 % du PIB du Nunavut par industrie (Statistique Canada 2023). En novembre 2022, il y avait :

Ces chiffres représentent une légère diminution par rapport à 2018, alors que l’on comptait :

Il n’y a pas de projets miniers en cours dans le SI de l’île Southampton. Cependant, il y a eu récemment des activités d’exploration et des efforts miniers actifs dans l’arrière-pays, près de Baker Lake. L’or reste la principale cible d’exploration dans la région, et une augmentation importante récente de l’exploration du Ni-Cu-Co-EGP Note de bas de page 42 a été observée (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). Ces activités d’exploration et d’exploitation minières peuvent avoir des incidences directes et indirectes sur le SI et seront donc étudiées. Il convient de noter qu’aucune activité d’exploitation minière des fonds marins n’a eu lieu dans le bassin de la baie d’Hudson.

Résumé des activités d’exploration et d’exploitation minières dans la région de Kivalliq

Il existe un potentiel de gisements minéraux sur l’île Southampton et des activités d’exploration ont déjà eu lieu sur l’île.

En février 2009, Anglo American Exploration (Canada) Ltd. a acquis 19 permis de prospection sur l’île Southampton. Les permis concernent le :

En outre, en février 2009, Vale Inco Limited a acquis 3 permis de prospection sur l’île Southampton, également pour le nickel, le cobalt, le cuivre, le platine et le palladium (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2009). Aucune des 2 organisations n’est allée plus loin en ce qui concerne ces permis. Sur la base d’analyses et de données préliminaires issues de travaux de terrain réalisés en 2013, la présence d’un calcaire à haute teneur en calcium a été relevée dans la formation d’Ekwan River dans l’ouest de l’île Southampton (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2013). Selon le rapport Nunavut : aperçu de l’exploration minérale, de l’exploitation minière et des sciences de la Terre de 2013, « [c]ette nouvelle découverte pourrait stimuler le développement de la première carrière de calcaire industriel au Nunavut ». En 2014, Ressources naturelles Canada a publié une carte géologique détaillée de l’île Southampton. Cette cartographie suggère qu’il pourrait y avoir un intérêt économique pour le palladium-platine, l’or, les métaux communs et la pierre à sculpter (Sanborn-Barrie et al. 2014).

Bien qu’il n’y ait pas de projets ou de permis d’exploitation minière actifs dans le SI de l’île Southampton, les activités minières terrestres adjacentes au SI ont diverses incidences socioéconomiques sur la zone elle-même. Ces mines de l’arrière-pays situées dans le secteur continental nécessitent des efforts réguliers de réapprovisionnement par l’intermédiaire de navires qui passent souvent à proximité ou à l’intérieur du SI. Les mines Meadowbank/Whale Tail et Meliadine d’Agnico Eagle sont situées à proximité et les efforts de réapprovisionnement passent par le SI, soit par Baker Lake et Rankin Inlet (baie de Melvin), respectivement. Les efforts de réapprovisionnement de la mine Mary River sur l’île de Baffin passent près de la frontière est du SI. Ces mines ont également d’autres incidences socioéconomiques sur le SI, notamment :

Les informations suivantes représentent les activités minières à proximité du SI qui peuvent être touchées par les activités des navires ou par les incidences socioéconomiques de ces activités ou d’exploration ou d’exploitation minière.

ProductionNote de bas de page 43

Exploration Note de bas de page 45

Production

Agnico Eagle Mines Limited tient d’importantes activités minières à proximité du SI. Agnico Eagle possède et exploite 2 des plus grandes mines du Nunavut (la mine Meliadine et le complexe Meadowbank). Conformément à l’article 26 de l’Accord du Nunavut, Agnico Eagle et d’autres projets miniers sont tenus de négocier et de signer une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) pour pouvoir exercer leurs activités sur des terres appartenant aux Inuits. À titre d’exemples, les ERAI signées par la Kivalliq Inuit Association et Agnico Eagle Mines Limited stipulent que l’objet et les objectifs de l’ERAI sont d’apporter des avantages et de remédier aux effets préjudiciables sur les Inuits découlant du projet de développement, de veiller à ce que la façon dont le projet est construit et exploité respecte le mode de vie traditionnel, la langue et la culture des Inuits, et de promouvoir et de maintenir le développement économique et social des Inuits; également, que les 2 parties conviennent que leurs obligations respectives seront remplies en vue de maximiser les avantages pour les Inuits et les entreprises inuites dans les projets miniers par la participation aux possibilités d’affaires, à l’emploi et à la formation et par l’octroi d’une compensation financière et la limitation ou l’atténuation des répercussions des projets miniers (Kivalliq Inuit Association et Agnico Eagle Mines Limited 2017a, 2017 b).

Agnico Eagle est l’unique propriétaire de la mine Meliadine, dont la propriété s’étend sur 98 222 hectares. Grâce à la signature de l’ERAI, Agnico Eagle Mines Limited et la Kivalliq Inuit Association travailleront ensemble pour atteindre l’objectif de 50 % d’emplois inuits (site Web d’Agnico Eagle Mines Limited). La production commerciale de la mine Meliadine a débuté en mai 2019. La mine comprend des exploitations à ciel ouvert et des exploitations souterraines. En 2022, Meliadine a produit 372 874 onces d’or. En décembre 2023, la mine devrait avoir une réserve d’or de 3 766 000 onces et une durée de vie prévue jusqu’à 2032 (site Web d’Agnico Eagle Mines Limited). L’équipement, le carburant et les marchandises sèches sont transportés sur des navires de charge et par chaland jusqu’à Rankin Inlet par la baie d’Hudson. Le personnel, les denrées périssables et les marchandises plus légères arrivent à Rankin Inlet par l’aéroport régional. Une route d’accès de 25 km, praticable en tout temps, relie le camp Meliadine à Rankin Inlet (site Web d’Agnico Eagle Mines Limited). En 2022, la propriété Meliadine comprend 7 gisements d’or, dont 6 font partie du plan de mine actuel du site. En 2022, l’exploration de la propriété comprenait 50 500 mètres (m) de forage capitalisés et 17 500 m de forage passé en charges, pour un total de 212 trous de forage (Agnico Eagle Mines Limited 2023). Meliadine élargit actuellement l’exploitation de son usine afin d’augmenter le taux de transformation, les travaux devraient être terminés mi-2024 (Agnico Eagle Mines Limited 2023).

Agnico Eagle possède et exploite également le complexe Meadowbank. Le complexe est situé à environ 110 km de route au nord de Baker Lake. Les efforts de réapprovisionnement sont donc dirigés vers Chesterfield Inlet par des chalands et, de là, sont transportés par camions de Baker Lake jusqu’au complexe. En novembre 2023, le complexe disposait de réserves d’or estimées à 2 164 000 onces et sa fin de vie utile est prévue en 2026 (site Web d’Agnico Eagle Mines Limited). Le complexe Meadowbank comprend la mine et l’usine Meadowbank et le gisement satellite d’Amaruq (gisement Whale Tail). Comme pour le projet d’exploitation minière Meliadine, une ERAI a été signée par la Kivalliq Inuit Association et Agnico Eagle Mines en février 2017. L’ERAI vise à remédier aux effets préjudiciables sur les Inuits découlant du projet Meadowbank. La mine Meadowbank a commencé à produire en 2010 et les activités minières sur le site ont été achevées au quatrième trimestre de 2019. La mine à ciel ouvert d’Amaruq est entrée en production commerciale en septembre 2019 et l’exploitation minière souterraine a atteint la production commerciale en août 2022 (site Web d’Agnico Eagle Mines Limited). Le site d’Amaruq transporte son minerai jusqu’à l’usine de transformation du site Meadowbank et utilise l’infrastructure existante de la mine Meadowbank, à savoir :

Des infrastructures supplémentaires ont été construites sur le site d’Amaruq (atelier/entrepôt pour camions, stockage de carburant et un camp plus grand) [site Web d’Agnico Eagle Mines Limited]. Les efforts d’exploration à Amaruq se sont poursuivis en 2022 et ont permis de découvrir plusieurs intersections à haute teneur qui démontrent le potentiel d’extension de la durée de vie de la mine souterraine. En 2022, en raison des pratiques et des contributions d’Agnico Eagle dans les domaines environnemental, social et de la gouvernance, le complexe Meadowbank s’est vu décerner le niveau argent pour l’exploitation minière durable dans le cadre des prix de leadership de l’Association minière du Canada (Agnico Eagle Mines Limited 2023).

Au quatrième trimestre de 2022, la production d’or estimée pour Meliadine et le complexe Meadowbank était respectivement de 372 874 et 373 785 onces. Agnico Eagle prévoit que la fourchette de production d’or payable (en onces) pour 2023 sera de 355 000 à 370 000 onces à Meliadine et de 410 000 à 430 000 onces au complexe Meadowbank (Agnico Eagle Mines Limited 2023). Sur les 410 000 à 430 000 onces qui seront produites dans le complexe Meadowbank, la mine souterraine d’Amaruq devrait fournir 100 000 onces d’or (Agnico Eagle Mines Limited 2023). La société prévoit une production d’or d’environ 785 000 onces à 875 000 onces dans les mines du Nunavut jusqu’en 2025 (Agnico Eagle Mines Limited 2023). Outre la production d’or, 103 000 onces d’argent ont été produites au complexe Meadowbank en 2022 (Agnico Eagle Mines Limited, site Web).

En 2021, Agnico Eagle employait 1 763 équivalents temps plein (ETP), dont 319, soit environ 1 sur 5, étaient des Inuits. Meadowbank et Whale Tail comptaient 240 ETP inuits, tandis que Meliadine en comptait 79. La plupart des employés locaux (170) d’Agnico Eagle sont originaires de Baker Lake. Agnico Eagle employait également :

Pour favoriser la participation des Inuits au secteur minier, le ministère du Développement économique et des Transports du gouvernement du Nunavut, ainsi que d’autres intervenants, soutiennent et proposent des programmes d’éducation et de formation pour l’exploitation minière. L’un de ces programmes comprend la formation d’opérateur d’équipement lourd, qui se déroule à Arviat, une communauté de la région de Kivalliq située à proximité du SI de Southampton (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2021).

En 2021, Agnico Eagle employait 17 entrepreneurs inuits ETP au complexe Meadowbank et 36 entrepreneurs inuits ETP à Meliadine, soit un total de 53 entrepreneurs inuits. Ces chiffres représentent environ 3 % du total des entrepreneurs ETP. Les entrepreneurs suivant provenaient :

En 2021, Agnico Eagle a versé au total 27,74 M$ de revenus à ses employés inuits sur les sites (Meliadine et Meadowbank). Si l’on divise par le nombre d’ETP inuits, l’employé inuit ETP moyen a reçu environ 87 000 $ en salaire. Pour les communautés locales, les revenus de l’emploi se situent entre 15 000 $ et 50 000 $, ce qui représente un salaire nettement supérieur à la moyenne. Pour les 3 mines, Agnico Eagle a embauché pour 782 M$ dans des entreprises inscrites auprès de la Nunavut Tunngavik Incorporated et a dépensé 831 M$ dans des entreprises basées au Nunavut. Note de bas de page 51 Ces montants représentent respectivement 68 % et 73 % des dépenses totales d’Agnico Eagle en contrats pour ces mines, qui s’élevaient à environ 1,1 milliard de dollars. Le PIB nominal du Nunavut en 2021 était de 4,6 milliards de dollars (gouvernement du Nunavut 2023). Ce contrat représentait un peu moins de 1/5 du PIB du Nunavut pour cette année-là (Aglu Consulting 2022).

La mine Mary River de la Baffinland Corporation, située au nord de l’île de Baffin, expédie actuellement du minerai de fer vers le reste du Canada depuis le port de Milne Inlet, le long de la côte nord-est de l’île de Baffin, en passant par la baie de Baffin. La propriété du projet s’étend sur 411 949 hectares, dont 363 323 hectares de concessions minières de la Couronne et 3 accords d’exploration minière de la Nunavut Tunngavik Incorporated couvrant 48 626 hectares. La mine a commencé une production commerciale à partir du gisement numéro 1 à la fin de 2014 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). L’exploration régionale sur le site du projet a été suspendue en 2021 en raison des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19, mais l’exploration à l’échelle du gisement et les levés géophysiques se sont poursuivis. En 2022, Baffinland a réalisé des forages intercalaires et d’exploration sur l’ensemble de la propriété, dont les résultats seront utilisés pour mettre à jour l’estimation des ressources au titre de l’instrument national NI 43-101 et l’étude de faisabilité de Mary River (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). Les revenus tirés de la durée de vie de la mine pour les gouvernements et les organisations inuites à partir du seul gisement 1 dépassent 4,5 milliards de dollars (Baffinland Iron Mines Corporation 2023). Note de bas de page 52 Baffinland a reçu un certificat de projet en 2012, pour construire un chemin de fer allant vers le sud jusqu’à un port à Steensby Inlet (Nunatsiaq News 2019) afin de transporter les produits de la mine jusqu’au port pour pouvoir expédier ses produits par le détroit d’Hudson. En mai 2022, la CNER a recommandé au ministre des Affaires du Nord de rejeter la proposition de la phase 2 de Baffinland Note de bas de page 53 visant à accroître la production et l’expédition par la route du Nord en raison du risque d’effets néfastes importants sur l’écosystème; cette décision a amené Baffinland à travailler avec la CNER pour renouveler son permis pour les limites de production actuelles, permettant à Baffinland d’expédier jusqu’à 6 mt de minerai de fer par le port de Milne (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). La phase 2 n’ayant pas été approuvée, Baffinland travaillera avec le ministre et la Qikiqtani Inuit Association pour trouver une voie à suivre. Toutefois, Baffinland a déclaré que la partie du projet concernant le port de Steensby irait de l’avant, sous réserve de financement.

Quant au projet Mary River, il employait 232 ETP inuits en 2022 (13 % de la main-d’œuvre totale) [Baffinland Iron Mines Corporation 2023]. Un total de 24 082 687 $ a été versé en salaires aux employés inuits de Baffinland et des entrepreneurs en 2022 (augmentation de 18 % par rapport à 2021), dont 14 M$ ont été versés aux employés inuits basés dans la zone d’étude locale (ZEL) du nord de Baffin. Le salaire moyen des ETP inuits des entrepreneurs de Baffinland en 2022 était de 103 805 $ (Baffinland Iron Mines Corporation 2023).

Exploration

Northquest Ltd. (filiale de NordGold SE) a acquis la propriété Pistol Bay en 2010 et procède à des essais de forage depuis 2011 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2016). Norgold a transféré 100 % des actions de la propriété Pistol Bay à BG Gold Capital en décembre 2022 (Norgold 2022). Le site couvre plus de 78 000 hectares à l’ouest de Whale Cove. En 2018, Northquest s’est concentrée sur la cartographie détaillée, les levés géophysiques au sol et géochimiques afin d’identifier et de préparer des cibles de forage à fort potentiel pour 2019. Northquest a noté qu’un programme de forage intercalaire est prévu, qui se concentrera sur la vérification du potentiel des ressources souterraines (site Web de Norgold). En 2020, Norgold a publié une estimation révisée des ressources du gisement Vickers à Pistol Bay. La nouvelle estimation prévoyait une augmentation des ressources présumées conformes à l’instrument national NI 43-101 Note de bas de page 54 à 1,58 million d’onces d’or à une teneur moyenne de 2,2 g/t Au, doublant ainsi l’estimation précédente. Des forages supplémentaires ont été réalisés en 2021 pour élargir ces travaux (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). En janvier 2022, la CNER a rendu une décision positive concernant la proposition de Northquest de déplacer et d’agrandir son camp (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). De plus, Norgold a annoncé que la saison 2022 à Pistol Bay serait suspendue afin d’avoir plus de temps pour traiter les résultats des forages de 2021 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022).

Le projet Qaiqituq de Solstice Gold Corporation (anciennement connu sous le nom de projet Kahuna) est un projet d’exploration aurifère situé à environ 45 km au nord-est de Rankin Inlet. En 2018, la société a réalisé des travaux de cartographie géologique, d’échantillonnage de roches et de till sur l’ensemble de la propriété Kahuna (Solstice Gold, site Web).

Le projet Kahuna de Kodiak Copper Corp. (anciennement Dunnedin Ventures Inc.) est un projet d’exploration diamantaire à un stade avancé près de Rankin Inlet et adjacent à la mine Meliadine d’Agnico Eagle. Le forage initial a commencé en 2018, et d’autres cibles de forage seront expérimentées dans le cadre de programmes de suivi (Kodiak Copper Corporation, site Web). L’exploration a depuis cessé et aucun calendrier n’a été fixé pour la reprise des travaux (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2021).

En 2017, Auryn Resources Inc. a commencé à explorer l’or dans le cadre du projet Gibson MacQuoid. En 2018, Auryn Resources a réalisé un programme d’exploration estival. L’exploration a cessé de 2019 à 2021 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2021), mais a repris depuis (site Web de Junior Mining Network).

Les projets Cone Hill, Parker, Peter et Fox Lakes d’Agnico Eagle Mines Limited sont destinés à l’exploration aurifère au nord-ouest de Rankin Inlet. Diverses campagnes d’exploration ont été menées sur ces propriétés en 2017 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2018). Agnico Eagle Mines Limited et Aura Silver Sources ont des projets touchant l’or, l’argent, le zinc, le cuivre et le plomb au nord et au nord-ouest de Baker Lake. Des activités d’exploration ont été menées sur ces sites en 2017 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2018). Le projet aurifère Meadow River d’Agnico Eagle Mines Limited (adjacent à Amaruq) a fait l’objet de vastes activités d’exploration sur le site en 2017 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2018). En date de novembre 2023, ces projets n’ont pas fait l’objet d’autres explorations depuis 2017.

Le projet Greyhound est mené par Agnico Eagle et Gold79 Mines. Il est situé le long de la route praticable en toute saison qui relie la communauté de Baker Lake au complexe Meadowbank. Le projet consiste en 13 baux d’exploitation minière, couvrant 13 573 hectares de terres de la Couronne, et 2 concessions minières d’une superficie de 2 334,87 hectares. Les concessions minières sont gérées par une coentreprise entre Angico Eagle, en tant qu’exploitant détenant une part de 63,4 %, et Gold79 Mines détenant une part de 36,6 %. Les 2 concessions minières appartiennent entièrement à Gold79. En 2021, Agnico Eagle a réalisé 1 815 mètres de forage de diamant dans neuf puits (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). La cible principale du projet est l’or, mais il a également un potentiel pour l’argent, le zinc, le cuivre et le plomb. En 2022, Agnico Eagle a présenté son rapport annuel à la CNER qui incluait des plans pour un programme de forage de 5 trous pour l’été 2022 – aucune autre information sur le projet n’a été publiée (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022).

Le projet de mine de diamants Naujaat, exploité par North Arrow Minerals Incorporated (North Arrow Minerals Inc., site Web) en partenariat avec Burgundy Diamond Mines Limited, couvre 10 472 hectares de concessions minières. En juin 2020, North Arrow a signé une convention d’option avec Burgundy Diamond Mines pour qu’elle finance l’échantillonnage massif de la kimberlite Q1-4 et, en fonction des résultats, un échantillon massif de suivi de 10 000 tonnes (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). L’échantillon massif de 1 823 tonnes a été prélevé en 2021 et les résultats ont été publiés par North Arrow en juillet 2022; ils montraient des degrés variables de diamants qui justifient une exploration plus poussée. North Arrow et le hameau de Naujaat travaillent au prolongement d’un sentier de VTT existant à l’extérieur de la communauté, ce qui faciliterait la collecte de l’échantillon massif proposé de 10 000 tonnes; la proposition a fait l’objet d’une recommandation positive de la CNER (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022).

Le projet Ferguson Lake est détenu et exploité par la Canadian North Resources Incorporated. La propriété se compose de 11 concessions contiguës et de dix baux d’exploitation minière d’une superficie totale de 25 380 hectares (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). En 2021, le site a fait l’objet de 2 400 mètres de forage de diamant pour vérifier le gisement. Tous les trous ont recoupé des sulfures massifs à semi-massifs ou des filonnets de Ni-Cu-Co-Pd-Pt; ces résultats ont été utilisés pour planifier l’année 2022. En 2022, le site a fait l’objet de 18 144 m de forage répartis sur 68 trous. Une fois les résultats complets reçus, les données seront utilisées pour mettre à jour le modèle de gisement et l’estimation des ressources au titre de l’instrument national NI 43-101 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022).

ValOre Metals Corporation (anciennement Kivalliq Energy Corporation) a réactivé le projet Angilak en 2022 après que la faiblesse des prix de l’uranium et la pandémie de COVID-19 aient mis le projet en suspens. En 2022, ValOre a poursuivi l’exploration de la zone (forage, échantillonnage du till, géophysique électromagnétique au sol) [Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022]. La propriété couvre 59 483 hectares et se concentre sur le gisement du Lac 50 qui a fait l’objet d’une estimation au titre du NI 43-101 en 2013 de 2,38 millions de tonnes de minerai à une teneur moyenne de 0,69 % d’U3O8 (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2022). Au-delà d’Angilak, ValOre a également acquis la propriété d’uranium du bassin Baker (Bureau de géoscience Canada-Nunavut 2016).

Deux projets d’uranium à l’ouest de Baker Lake, Kiggavik et St. Tropez, devaient être développés par Orano Canada (anciennement AREVA Resources Canada), mais AREVA avait précédemment déclaré qu’il faudrait attendre jusqu’à 20 ans avant que la construction ne commence en raison de la faiblesse des prix de l’uranium. Le projet Kiggavik, qui comprend les 2 mines, a été rejeté sous conditions par la CNER en 2016, mais il pourrait être approuvé à l’avenir s’il était à nouveau soumis avec un calendrier plus ferme (Zerehi 2016b). Aucun travail n’a été réalisé sur le terrain en 2021, le projet est actuellement en phase d’entretien et de maintenance avec des inspections du site prévues, au minimum, tous les 5 ans (Orano 2022).

Potentiel minier de la région de Kivalliq

En 2022, GeoVector Management Incorporated a réalisé une évaluation du potentiel minéral de la région de Kivalliq (figure 4). Cette évaluation a utilisé un logiciel SIG qui a permis de définir les gisements de minéraux connus et de montrer les zones éloignées des gisements de minéraux connus qui seraient favorables à l’exploration minière. L’évaluation a montré que 5 zones d’or filonien, une zone de sulfure massif volcanogène (SMV) et 2 zones diamantifères ciblées se trouvaient dans les zones tampons de 50 km et de 100 km orridor d’infrastructure linéaire proposé. Note de bas de page 55 Les métaux trouvés dans la SMV sont principalement le cuivre et le zinc, mais on a également trouvé de l’argent, de l’or et du plomb. En outre, des minéraux accessoires tels que le gallium, le germanium, l’indium et l’étain ont le potentiel d’être trouvés dans des concentrations économiques. GeoVector conclut qu’avec la deuxième plus grande ceinture de roches vertes du Canada et une exploration limitée, il est raisonnable de supposer que la découverte de nouveaux gisements d’or et de métaux communs économiques aura lieu dans les dix à 20 prochaines années; en outre, la découverte d’autres diamants et d’ETR est également très possible (GeoVector 2022).

Bien que la région de Kivalliq ait un potentiel minéral élevé, l’effort d’exploitation minière se ferait principalement, voire entièrement, à l’extérieur du SI. Il n’est pas exclu que la création d’une ZPM n’ait aucune incidence sur les activités minières, car les voies de navigation pourraient être affectées. Une étude plus approfondie de l’activité des navires commerciaux à proximité et à l’intérieur du SI est présentée dans les sections suivantes du présent rapport.

Figure 4 : Potentiel minéral et corridor d'infrastructure dans la région de Kivalliq. Source: Potentiel minier de la région de Kivalliq pour l’or et les métaux communs (GeoVector 2022).

Figure 4 : Potentiel minéral et corridor d'infrastructure dans la région de Kivalliq

Source: Potentiel minier de la région de Kivalliq pour l’or et les métaux communs (GeoVector 2022).

Long description

Cette carte montre le potentiel minéral et les mines/projets avancés dans les régions de Kivalliq et Kitikmeot au Nunavut. La flèche nord pointe vers le haut.

  • Disposition géographique (de haut en bas) :
    • La limite nord de la carte correspond à la région de Kitikmeot. La baie Repulse et Doral Harbour (probablement Coral Harbour) se trouvent au nord-est.
    • La zone ouest correspond à la région de Kivalliq.
    • Communautés et projets du nord au sud/ouest à l’est : Whale Tail (or), Meadowbank (or), Baker Lake, Fergusen Lake (métaux communs), Meliadine (or), Rankin Inlet, Chesterfield Inlet, Mary Lake/Henings Geophone, Whale Cove, Gatuni (or), Arviat.
    • La côte est borde la mer.
  • Légende et description des superposées :
    • La carte comprend un corridor d’infrastructure linaire (ligne bleu) qui s’étend généralement du nord au sud, avec une courbe est-ouest entre Baker Lake et Rankin Inlet.
    • Ce corridor comporte une zone tampon : un tampon de 50 km (ligne verte intérieure) et un tampon de 100 km (ligne rouge foncé extérieure).
    • Le potentiel minéral est représenté par un gradient allant de faible (jaune) à élevé (rouge).
      • Les zones à élevé potentiel minéral (en rouge) suivent principalement la côte et la courbe du corridor d’infrastructure. Elles sont particulièrement intense autour de Gatuni, Meliadine et dans la zone située entre le lac Baker et le lac Fergusen.
    • Les zone à fort potentiel (en rouge) recoupent largement le corridor d’infrastructure tampon (lignes de 50 km et 100 km).
    • Mines/projets d’or sont représentés par des étoiles jaunes (par exemple, Whale Tail, Meadowbank, Meliadine, Gatuni).
    • Les projets liés aux métaux communs sont représentés par des carrés verts (par exemple, Fergusen Lake).

Exploitation pétrolière et gazière dans les eaux extracôtières

Le SI de Southampton comprend les eaux marines qui recouvrent certaines parties du bassin d’Hudson. L’intérêt pour le potentiel pétrolier de ce bassin a atteint son apogée au début des années 1970, lorsque l’industrie et la Commission géologique du Canada (CGC) ont acquis respectivement plus de 46 000 et 40 000 km linéaires de données sismiques profondes et peu profondes. Les données sismiques acquises par l’industrie étaient généralement de mauvaise qualité en raison de problèmes d’acquisition. D’après ces données, l’industrie a foré 5 puits extracôtiers dans la partie centrale du bassin entre 1969 et 1985 et 4 de ces puits ciblaient la zone d’exploitation. Aucune découverte de pétrole ou de gaz commercial n’a été consignée à partir de ces puits (Lavoie et Dewing 2022).

Les permis de prospection sont les licences, permis ou droits qu’une entreprise doit obtenir pour mener des activités d’exploration dans les zones d’exploitation accordées par un instrument gouvernemental. Note de bas de page 56 En décembre 2016, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il serait interdit, indéfiniment, de délivrer tout nouveau permis d’exploration pétrolière et gazière dans les eaux de l’Arctiquecanadien. Cette interdiction doit être revue tous les 5 ans au moyen d’une évaluation scientifique du cycle de vie. En août 2019, le Canada a pris un décret interdisant toute activité pétrolière et gazière dans les eaux extracôtières de l’Arctique canadien. Ce moratoire s’applique à la zone dans laquelle se trouve le SI. Le moratoire a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2028, date à laquelle il devrait être reconduit (DORS/2022-274).

En 2016, Shell et Repsol détenaient les 8 derniers permis de prospection dans le SI de l’île Southampton (RCAANC 2016), les 8 permis ont été rendus dans leur intégralité le 8 août 2017 (figure 5). Par conséquent, il n’y a actuellement aucun permis de prospection actif dans le bassin d’Hudson et, en raison du moratoire, il n’y en aura pas de sitôt.

L’évaluation la plus récente des ressources en hydrocarbures de la baie d’Hudson (Dewing et al. 2023) a conclu que « le bassin sédimentaire d’Hudson a une estimation moyenne de 67,3 millions de barils d’équivalent pétrole récupérables Note de bas de page 57 et une probabilité de 10 % d’avoir 202,2 millions de barils ou plus d’équivalent pétrole récupérables. La probabilité moyenne pour le plus grand pool attendu est d’environ 15 millions de barils d’équivalent pétrole récupérables (MMbep), et il n’y a que 10 % de chances qu’il y ait un champ supérieur à 23,2 MMbep récupérables. De cette estimation, 14 millions de barils récupérables sont répartis dans le SI de l’île Southampton (93 087 km2 d’eaux littorales autour de l’île Southampton et du passage Chesterfield dans la région de Kivalliq au Nunavut). » Une carte montrant la répartition du potentiel pétrolier dans le bassin d’Hudson est présentée à l’annexe 5.

Dewing et ses collaborateurs (2023) ont reconnu les limites des données disponibles… « Il n’y a que sept puits, et les affleurements sont dispersés sur le littoral. Il existe une grille sismique au centre du bassin, mais la qualité des données est médiocre par rapport aux levés sismiques modernes. Il n’y a pas de découvertes d’hydrocarbures ni de données de production permettant d’estimer la taille des gisements… » [traduction] Ils ont souligné que la plus faible possibilité de succès du système pétrolier dans le bassin d’Hudson repose sur la présence d’une roche mère viable et sa capacité à produire et à expulser du pétrole compte tenu des températures relativement basses dans le bassin. La taille potentiellement petite des accumulations dans le bassin constitue un autre facteur aggravant, ce qui les rend moins attrayantes pour l’exploration extracôtière. Bien que le rapport propose certaines méthodes pour recueillir davantage de données afin d’améliorer la compréhension des caractéristiques et de la répartition des roches mères, le risque lié aux roches mères et l’incertitude quant à la taille des champs ne peuvent être correctement traités que par l’acquisition de données sismiques tridimensionnelles de haute qualité et le forage ultérieur de puits pour analyser la zone pétrolière. Au cours des 50 dernières années, plusieurs évaluations des ressources ont été réalisées par différents services du gouvernement du Canada, d’autres institutions publiques et l’industrie dans le bassin d’Hudson. Les volumes d’hydrocarbures potentiels prévus pour la zone dans les différentes publications présentent de grandes différences. Les 3 publications les plus récentes du gouvernement du Canada présentent des estimations médianes (P50) allant de 63 MMbep à 1 346 MMbep récupérables :

Plusieurs rapports ont minimisé le potentiel de découvertes d’hydrocarbures économiques dans la baie d’Hudson. Par exemple, « les chances de découvrir des accumulations majeures et économiques d’hydrocarbures dans la baie d’Hudson sont si minces qu’une exploration supplémentaire coûteuse n’est pas justifiée. » [traduction] (Tillement 1975). D’autres sont plus prudents : « le nombre de forages et d’études géophysiques dans la baie d’Hudson est trop faible pour encourager une exploration plus active. » [traduction] (Procter et al. 1984).

Les recherches menées dans les années 2000 par la CGC, le Bureau de géoscience Canada-Nunavut (BGCN) et d’autres organismes publics pour mieux comprendre l’histoire géologique et le système d’hydrocarbures du bassin (résumées dans Lavoie et Dewing 2022) révèlent un certain nombre d’éléments positifs du système pétrolier, notamment d’éventuelles nappes d’hydrocarbures, des zones où l’intervalle de roche mère est probablement entré dans la fenêtre à pétrole, et des processus d’amélioration de la qualité des réservoirs. Bien que ces résultats soient inclus dans l’approche d’évaluation probabiliste utilisée par Dewing et al. (2023), la faible densité et la qualité médiocre des données géologiques font encore peser une incertitude sur le degré de confiance dans les volumes prévus dans l’une ou l’autre des évaluations des ressources.

Lors des consultations avec les membres de la communauté de Coral Harbour, les avis étaient partagés sur les possibilités de développement économique, en particulier celles liées à l’exploitation du pétrole et du gaz à proximité et autour du SI de l’île Southampton. Certaines personnes ont exprimé leur intérêt pour explorer le développement potentiel des ressources pétrolières et gazières, tandis que d’autres ont déclaré qu’elles espéraient qu’il n’y ait jamais de développement des ressources pétrolières et gazières à l’intérieur et autour du SI. Cependant, tous les participants partageaient le désir de protéger sa culture, son environnement et son mode de vie (MPO 2022).

Figure 5 : Cessions dans le secteur pétrolier et gazier au 31 décembre 2016. Source : Figure 5. Licences d'exploration cédées par Shell et Repsol en 2016.

Figure 5 : Cessions dans le secteur pétrolier et gazier au 31 décembre 2016.

Source : Figure 5. Licences d'exploration cédées par Shell et Repsol en 2016.

Long description

Cette carte montre les concessions pétrolières et gazières ainsi que la bathymétrie dans l’est de l’Arctique, avec un encart présentant les détails de la côte ouest de la baie d’Hudson et du Nunavut.

  • Disposition géographique (de haut en bas)
    • En haut à gauche, on voit le Groeland.
    • La principale étendue d’est est la baie de Baffin.
    • En bas à gauche, on voit une partie du Québec.
    • La carte est dominée par une vaste zone marine dont la bathymétrie (profondeur) est indiquée par différentes nuances de bleu.
      • <200 m (bleu clair)
      • 200−499 m (bleu clair à bleu moyen)
      • 500−999 m (bleu moyen)
      • 1000−1999 m (bleu moyen foncé)
      • 2000−2999 m (bleu foncé)
      • >3000 m (bleu le plus foncé)
    • La carte encartée : montre une zone détaillée le long du littoral du Nunavut.
  • Légende et descriptions des superpositions :
    • Ligne rouge : indique l’oléoduc/gazoduc (ancien).
    • Ligne verte : indique le pipeline proposé pour l’interdiction de travail.
    • Carré/rectangle marron : indique une licence de découverte importante ou une attestation de découverte important. Ceux-ci sont regroupés le long des zones côtières sur la carte encart.
    • Grande zone violet clair : indique la zone soumise à l’interdiction de travaux (Zone sujette au décret d’interdiction). Cette zone couvre toute la région côtière représentée sur la carte en encart et constitue une grande zone protégée sur la carte principale.
    • Les permis de découverte importante (carrés bruns) sont situés dans la zone soumise à l’interdiction de travaux (zone violet clair) le long de la côte.
  • Source : Rapport annuel CIRNAC sur le pétrole et le gaz dans le Nord, 2016
Figure 6 : Carte des lignes géologiques et sismiques. Source : Répartition des données sismiques acquises et des puits forés dans le bassin d'Hudson. (À noter qu'aucune donnée sismique industrielle n'a été acquise et qu'aucun puits n'a été foré dans le site d'intérêt de Southampton.)

Figure 6 : Carte des lignes géologiques et sismiques.

Source : Répartition des données sismiques acquises et des puits forés dans le bassin d'Hudson. (À noter qu'aucune donnée sismique industrielle n'a été acquise et qu'aucun puits n'a été foré dans le site d'intérêt de Southampton.)

Long description

Cette carte illustre la géologie, les lignes sismiques et les sites d'exploration dans la baie d'Hudson, le bassin Foxe et les zones environnantes.

  • Disposition géographique (de haut en bas) :
    • Région nordique : île de Baffin et bassin Foxe.
    • Région centrale : bassin du détroit d’Hudson (à l’est) et bassin des la baie d’Hudson (à l’ouest)
    • La masse continentale centrale est constituée de la péninsule d’Ungava (à l’est) et du Nunavut (à l’ouest)
    • Région du sud : bassin de la rivière Moose, à la frontière du Manitoba, de l’Ontario et du Québec.
  • Légende et descriptions des superpositions :
    • Ligne rouge (épaisse, solide) : schéma de la succession du Paléozoïque, qui couvre la grande majorité de la zone centrale de la carte (bassin de la baie d’Hudson, bassin Foxe, bassin du détroit d’Hudson).
    • Ligne rouge (épaisse, pointillée) : contour du schiste de l’Ordovicien supérieur (illustré dans le nord du bassin Foxe).
    • Ligne sismique de l’industrie (lignes fines orange clair) : nombreuses lignes qui sillonnent toute la région, concentrées au-dessus des principaux bassins.
    • Lignes sismique à haute résolution de la CGC (lignes fines vert clair) : également nombreuses, elles croisent les lignes orange au-dessus des principaux bassins.
    • Cercles bleu (petits) : puit d’exploration d’hydrocarbures, se trouvent en grappes dans le bassin de la baie d’Hudson (p. ex. N, PB, W) et le long de la côte (p. ex. K, C, AR).
    • Cercles roses/mauves (petits) : exploration minérale et forage stratigraphique. Se trouvent plus généralement le long des bords des bassins et dans le sud.
    • Étoiles jaunes : mine. Situées dans la région du bassin Foxe (R, Z), du détroit d’Hudson (AL, HP) et de la péninsule d’Ungava (A).
    • Flèches noires en pointillés : Indiquent la direction générale des arcs géologiques (p. ex. l’arche de Bell, l’arche de Cape Henrietta Marie).
    • Chevauchement : les différentes lignes sismiques (orange et verte) se chevauchement considérablement, et la plupart des puits d’exploration d’hydrocarbures et des trous de forages sont situés dans la vaste zone de schéma de ka succession du Paléozoïque.
  • Source : Lavoir et Dewing, Bulletin de la CGC 609.

Navigation commerciale et autres activités maritimes

L’infrastructure de transport du Nunavut se compose actuellement d’un système d’aéroports et d’un système de transport maritime saisonnier. Le territoire ne dispose pas de routes ou de voies ferrées reliant les communautés à l’intérieur du Nunavut ou aux autres provinces et territoires en raison des coûts extraordinaires (NPC 2016).

Les infrastructures maritimes dans les villes sont assez minimes et sont généralement conçues pour répondre aux besoins de base des communautés en matière de transport de marchandises (gouvernement du Nunavut 2012). Comme il n’y a pas de réseau routier dans la région de Kivalliq et dans l’ensemble du Nunavut, et que le transport aérien est coûteux, l’expédition de marchandises par bateau joue un rôle crucial pour les communautés, l’industrie et le gouvernement. En outre, l’infrastructure maritime est essentielle pour les communautés, car elles dépendent de l’approvisionnement maritime annuel pour la nourriture, les véhicules, les matériaux de construction et d’autres marchandises qu’il n’est pas économiquement possible d’acheminer par avion (gouvernement du Nunavut 2012). À ce titre, le SI est couramment utilisée par les navires engagés dans le réapprovisionnement des communautés et des industries, car elle offre une voie plus directe qui permet d’expédier des marchandises qui soutiennent l’activité économique terrestre (c’est-à-dire le transport de marchandises ou d’équipements lourds). Le fait d’opter pour des itinéraires plus longs afin d’éviter le SI pourrait entraîner des coûts plus élevés et une durée plus longue pour l’activité de transport maritime. Le transport maritime dans l’Arctique est saisonnier en raison des conditions de glace qui limitent le passage. Souvent, un seul navire dessert plusieurs communautés, mais s’il n’y a pas assez de temps pour s’y rendre, des navires peuvent être nécessaires, si disponibles. En raison de la fenêtre limitée pour les activités de transport maritime, de la coordination difficile pour répondre aux besoins de nombreux intervenants et du fait que le transport maritime dans l’Arctique est coûteux, la modification de ces itinéraires augmente les défis posés aux sociétés de transport maritime et à ceux qui en dépendent.

Maerospace (2019) a déterminé que le trafic maritime dans le SI se compose généralement des types de navires suivants :

En utilisant les données disponibles du système d’identification automatique Note de bas de page 58, Maerospace (2020) a constaté que les navires se trouvent généralement dans le SI de juillet à octobre et occasionnellement en juin ou novembre. En moyenne, jusqu’à 25 navires transitent par le SI chaque année (2012-2019) et ce nombre augmente les années suivantes (Maerospace 2019). Il convient de noter que les catégories de navires qui connaissent la croissance la plus rapide dans l’Arctique sont les navires gouvernementaux et les brise-glaces, les navires de passagers, les bateaux de plaisance et les vraquiers (Dawson et al. 2014). Lors d’un atelier de l’Inuit Qaujimajatuqangit concernant le SI de l’île Southampton, les Inuits ont noté que les navires miniers, les navires de croisière, les navires de recherche, y compris :

Le réapprovisionnement des pétroliers dans la région est essentiel pour répondre aux besoins énergétiques des communautés, car l’infrastructure énergétique actuelle dépend de la production d’électricité à partir de diesel.

Étant donné la position géographique du SI au nord de la baie d’Hudson, près du détroit d’Hudson et du passage du Nord-Ouest, un trafic maritime considérable vers la région de Kivalliq (y compris vers le lac Baker par la voie navigable du passage Chesterfield) navigue habituellement à proximité ou à l’intérieur du SI. La figure 7 montre les données disponibles du système d’identification automatique des navires du SI de l’île Southampton.

Lors des consultations avec les communautés de Chesterfield Inlet et de Coral Harbour, les membres des communautés ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les activités des navires présentent des risques accrus de bruit et de pollution pour les mammifères marins et pour les récoltes de mammifères marins. En outre, les membres de la communauté ont exprimé des inquiétudes concernant l’absence d’avertissement lorsque les navires passent dans la zone, et lorsque les navires prennent des raccourcis par l’île Walrus et l’île Coats vers Chesterfield Inlet, Baker Lake et Rankin Inlet, ce qui pourrait accroître la détresse des mammifères marins dans la zone (MPO 2022, 2023a). Pour remédier à ces raccourcis, les représentants de Chesterfield Inlet ont consulté les sociétés de transport maritime et d’exploitation minière responsables des efforts de réapprovisionnement minier. Lors de cette réunion, il a été recommandé, et convenu, que si les conditions météorologiques étaient favorables, les navires contourneraient (iraient au sud de) l’île Coats, ce qui pourrait réduire les nuisances sonores pour les mammifères marins qui se trouvent souvent dans la zone (MPO 2023a). Les membres de la communauté pensent que les sociétés de transport maritime respectent cet accord, car de plus en plus de navires voyagent au sud de l’île Coats (MPO 2023a). Les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont souligné que les chasseurs ont remarqué une diminution du nombre de mammifères marins pendant la saison de navigation, car ceux-ci sont effrayés par le bruit; les chasseurs doivent donc se déplacer plus loin pour que la chasse soit fructueuse, ce qui augmente les coûts de la chasse (Canadian Ecosystem Tourism 2023, MPO 2023a). Les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont fait savoir qu’ils se sentaient coincés entre la nécessité de maintenir des navires pour soutenir l’exploitation minière de l’arrière-pays (et les avantages économiques qui en découlent) et la protection de l’environnement et des mammifères marins (MPO 2023a). Afin d’apaiser les inquiétudes concernant le trafic maritime dans le passage Chesterfield, les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont discuté de la possibilité d’avoir des observateurs sur tous les navires pour aider à guider et à réduire les dommages causés aux mammifères marins par le trafic maritime (MPO 2023a). L’exploration des restrictions possibles à la transport maritime doit être envisagée avec les communautés durant la phase de conception de la ZPM du processus de désignation de la ZPM (MPO 2022).

Les activités de transport maritime dans l’Arctique consistent généralement en des activités de transit liées aux ressources et au réapprovisionnement. Le trafic de transit ne traverse l’Arctique que comme un raccourci pour relier les marchés du sud entre eux. Ce type d’activité comprend 2 types d’activités de transport maritime : le transport de vrac (comme les minerais, les céréales et les produits pétroliers) et les produits manufacturés (généralement expédiés dans des conteneurs) (graphique 1) (Guy et Lasserre 2016). 

Les activités de transport maritime liées aux ressources sont des activités axées sur la destination qui se rendent dans l’Arctique pour charger ou décharger des marchandises. Généralement, les plus gros volumes de ce type de transport maritime consistent à transporter les ressources minérales extraites de la région de l’Arctique (Guy et Lasserre 2016). Ce transport se fait généralement par le biais de vraquiers pour les minéraux plus lourds et volumineux tels que le minerai de fer et d’autres gisements de métaux communs (nickel, cuivre, plomb et zinc), mais ce n’est probablement pas le cas pour la région de Kivalliq où l’exploitation minière de l’or est prédominante. Une fois l’exploitation minière terminée, l’or est transporté par avion hors de la région.

Les navires sont également utilisés pour réapprovisionner les projets miniers en divers matériaux, ce qui peut inclure des navires polyvalents destinés au transport de marchandises sèches et des pétroliers (Agnico Eagle Mines Limited 2018). S’il est réalisé, le projet Kivalliq Hydro-Fibre Link pourrait accroître les possibilités d’extraction de minéraux dans la région et augmenter le nombre de navires traversant le SI. On peut raisonnablement le présumer puisque la région de Kivaliq contient la deuxième plus grande ceinture de roches vertes, la ceinture de roches vertes Rankin-Ennadai, qui a été peu explorée (GeoVector 2020).

La mine d’or Meliadine et la mine d’or Whale Tail ont besoin d’une livraison annuelle de carburant diesel par un maximum de 10 navires de marchandises et de 6 pétroliers. Note de bas de page 59 Pour la mine d’or Whale Tail, les navires arriveront sur des itinéraires qui traversent le SI depuis le détroit d’Hudson et dans le lac Baker. L’itinéraire se trouve à la fois sur les côtés nord et sud de l’île Coats, mais sera principalement dirigé vers le sud (Agnico Eagle Mines Limited 2018). Pour la mine d’or Meliadine, l’itinéraire maritime passe par le détroit d’Hudson, par le SI, au nord de l’île Coats, et par la baie Melvin, adjacente à Rankin Inlet (Agnico Eagle Mines Limited 2019).

Agnico Eagle Mines respecte les mesures générales de gestion du transport maritime prévues par les plans de gestion du transport maritime de Meadowbank et de Meliadine. Ces plans sont nécessaires pour répondre aux règlements fédéraux et à la certification de projets délivrée par la CNER (Agnico Eagle 2018). Les mesures de transport maritime les plus importantes se présentent comme suit :

On a estimé que depuis l’ouverture de la mine Meadowbank en 2010, le transport maritime estival annuel dans le passage et au port de Chesterfield Inlet a augmenté d’environ 30 à 40 navires; les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont déclaré qu’avec l’augmentation du trafic maritime, il y a eu une diminution subséquente des mammifères marins dans la communauté et les environs (Newell 2018, MPO 2022, MPO 2023a). On croit que l’augmentation du trafic maritime est à l’origine de la diminution perçue des captures de phoques et de bélugas, ou qu’il y a une augmentation des coûts de la récolte (distances plus grandes à parcourir, ressources plus importantes requises, plus de temps nécessaire, etc.) [Newell 2018, MPO 2022, 2023a]. Pour réduire les répercussions du transport maritime sur les mines près de Baker Lake, les membres de la communauté de Chesterfield Inlet ont suggéré :

  1. l’aménagement d’un port en eau profonde;
  2. de débuter le trafic maritime le long du passage en août pour éviter de nuire à la montaison de l’omble;
  3. de réduire la vitesse des navires;
  4. d’avoir un guide inuk à bord de chaque navire pour limiter les incidences sur le passage et la voie navigable (Newell 2018).

Lors de l’examen de ce document, un représentant d’Agnico Eagle a déclaré que la présence d’un guide inuk à bord de chaque navire est une option qui pourrait être mise en œuvre, car une surveillance est déjà en place sur les chalands qui traversent le passage. Note de bas de page 60

Les activités maritimes de réapprovisionnement (« transport maritime ») consistent à transporter les fournitures nécessaires aux communautés locales de l’Arctique. Les fournitures comprennent généralement :

Parmi les autres articles fournis aux communautés par transport maritime, mentionnons:

Les navires de transport maritime peuvent transporter des centaines de conteneurs équivalents 22 pieds (EVP). À titre d’exemple, 1 navire de transport maritime peut transporter jusqu’à 665 EVP (Arctic Sealift, site Web). La valeur des groupes de marchandises par conteneur EVP peut varier de 3 500 $ (CA) à plus de 600 000 $ (CA) [HIS Markit 2017]. À titre d’exemple, un navire chargé de 665 EVP, dont la valeur moyenne des conteneurs est de 3 500 $, transportera des marchandises d’une valeur économique d’environ 2,3 M$. En fonction de la valeur des marchandises par conteneur, et dans l’hypothèse d’un chargement complet des conteneurs, les estimations de la valeur économique des marchandises transportées par navire peuvent être encore plus élevées. En général, les navires de transport maritime sont susceptibles de transporter des marchandises d’une valeur de plusieurs millions de dollars par navire et par expédition. Il convient de noter que la conteneurisation communautaire du fret de réapprovisionnement représente environ 20 % des besoins totaux, le reste étant transporté par caisse Note de bas de page 61; les estimations ci-dessus sont utilisées à titre indicatif en raison du manque d’informations sur les valeurs en caisse.

Les activités de réapprovisionnement sont essentielles pour de nombreuses communautés de l’Arctique canadien dont l’accès routier est limité, voire inexistant, et dont les infrastructures sont insuffisantes pour accueillir des avions lourds (Arctic Council 2009). Les navires de marchandises quittent les ports du sud du Canada avec des chalands et des remorqueurs chargés sur le pont. Pour décharger, les navires jettent l’ancre près d’une communauté nordique, puis utilisent les remorqueurs et les chalands pour décharger les marchandises sur une rampe de rivage (Guy et Lasserre 2016).

Les sociétés maritimes Nunavut Sealink and Supply Inc. (NSSI) et Nunavut Eastern Arctic Shipping (NEAS) fournissent des services de transport maritime et des services connexes à toutes les communautés de l’est du Nunavut, y compris celles de la région de Kivalliq (Qikiqtaaluk Corporation, site Web et NEAS, site Web).

La flotte principale de NSSI se compose de 8 navires de marchandises polyvalents et pétroliers (Arctic Sealift, site Web). D’après le résumé de la saison de transport maritime de NSSI de 2021 :

Au total, 38 navires se sont rendus dans ces 7 communautés en 2021 (Arctic sealift, site Web).

La flotte de NEAS se compose de 5 navires de marchandises polyvalents. D’après la saison préliminaire de transport maritime 2022 de NEAS :

Soit un total de 26 navires de la flotte de NEAS passant à l’intérieur ou à proximité du SI de l’île Southampton (NEAS, site Web).

En outre, Coastal Shipping Limited (Woodward Group) possède une flotte de petits pétroliers qui transportent des produits pétroliers pour les communautés du Nunavut, y compris celles de la région de Kivalliq. Cette société gère également les besoins en carburant d’Agnico Eagle Mines en utilisant des pétroliers battant pavillon étranger (Woodward Group, site Web). Desgagné, quant à elle, répond aux besoins du Nunavik et de l’île de Baffin par l’intermédiaire de sa filiale, PetroNav (PetroNav, site Web).

À l’été 2019, le port de Churchill a été utilisé pour charger un navire de céréales destinées à l’étranger, pour la première fois depuis 2015 (CBC 2019). Toutefois, en raison des réparations nécessaires, les expéditions de céréales ont cessé et ne reprendront pas avant 2024. Le chemin de fer, propriété de l’Arctic Gateway Group, restera ouvert aux passagers et aux marchandises jusqu’à ce que toutes les réparations soient terminées (Manitoba Cooperator 2021).

Arctic Gateway, propriétaire et exploitant du port de Churchill, fait également office de plaque tournante pour le transport dans l’Arctique. Depuis 1929, le port de Churchill joue un rôle important dans les exportations internationales de céréales du Canada et dans le développement de la région de Kivalliq. Depuis 2021, les efforts de réapprovisionnement du Nunavut par Churchill ont augmenté de plus de 250 %. Note de bas de page 62 En décembre 2023, Arctic Gateway a signé un accord avec Hudbay Minerals Inc. pour expédier du concentré de zinc à partir du port de Churchill (Lefebvre 2023). D’importants investissements dans le réseau ferroviaire d’Arctic Gateway, qui est relié au port de Churchill, sont en cours. On s’attend à ce que cet investissement dans l’amélioration de l’infrastructure permette à Arctic Gateway d’accroître ses activités grâce à une plus grande accessibilité à de nouveaux marchés et clients; toute restriction éventuelle de la navigation dans la ZPM de l’île Southampton pourrait avoir une incidence sur les activités et la croissance d’Arctic Gateway. Note de bas de page 63

Figure 7 : Données du système d’identification automatique (SIA).

Figure 7 : Données du système d’identification automatique (SIA).

Long description

Emplacement des navires disposant de données du système d’identification automatique (SIA) par rapport aux site d’intérêt de l’île Southampton et aux zones prioritaires (données de 2012 à 2019; adapté de Maerospace 2020).

Graphique 1: Activité des navires et type de navigation commerciale.

Graphique 1: Activité des navires et type de navigation commerciale.

Long description

Organigramme complet intitulé Activité des navire dans l’Arctique, illustrant plusieurs types de navires exploités dans la région de l’Arctique et leur activités respectives. La carte est organisée en plusieurs catégories, chacune mettant évidence différents types de navires et leurs rôles spécifiques.

Transport maritime (marchandises générales, vrac, pétroliers et porte-conteneurs)

Cette catégorie est divisée en 3 sous-catégories en fonction de la nature de leur activités :

  • Transit : navires traversant les zones pour se rendre à destination. Les opérations comprennent le transport de vrac et de produits manufacturés (minerais, céréales, marchandises en conteneurs).
  • Transport lié aux ressources : les navires chargent ou déchargent des marchandises dans l’Arctique. Le transport maritime lié aux ressources consiste généralement à transporter les ressources minérales extraites de la région.
  • Réapprovisionnement : les navires transportent les fournitures nécessaires aux communautés locales de l’Arctique. Les fournitures expédiées comprennent généralement des véhicules, du mazout et de l’essence.

Navires gouvernementaux

  • Brise-glace
  • Recherche navire

Navires de passagers

Bateaux de plaisance

  • Yachts à moteur
  • Bateaux à rames

Activités récréatives et touristiques

Les activités récréatives et touristiques du SI comprennent l’observation de la faune (par exemple, l’observation des baleines et des oiseaux), les sports de pagaie, les croisières, la pêche, la chasse, le traîneau à chiens, le camping et la randonnée.

Il existe 2 refuges d’oiseaux migrateurs (ROM) sur l’île Southampton Note de bas de page 64 : le ROM Harry Gibbons (Ikkattuaq) et le ROM de la baie East (Qaqsauqtuuq) qui protègent les habitats de douzaines d’espèces d’oiseaux. Les 2 refuges d’oiseaux comprennent des eaux marines et composante terrestre et les valeurs de conservation marine au sein du SI s’étendent à ces 2 ROM d’Environnement et Changement climatique Canada.

En 2003, une étude de faisabilité sur le développement d’attractions autour de Coral Harbour a été réalisée. Dans cette étude, les auteurs ont utilisé les aires d’étude suivantes :

Ces aires présentent une grande importance environnementale et sociale et pourraient être utilisées dans le cadre d’activités touristiques (gouvernement du Nunavut 2003). L’étude suggérait l’exploration de trois concepts qui mettraient en valeur les caractéristiques uniques autour de Coral Harbour :

  1. Southampton Heritage Rim Park (axé sur la faune sauvage et le patrimoine);
  2. baie Duke of York (axée sur la faune sauvage éloignée);
  3. Kirchoffer River (axé sur l’aménagement d’un terrain de camping communautaire) [gouvernement du Nunavut 2003].

Bien que ces zones aient été soulignées comme ayant un fort potentiel, les possibilités touristiques faisant actuellement l’objet de promotion autour de l’île Southampton comprennent le sentier Fossil Creek, qui contient la plus grande concentration connue de fossiles marins au Nunavut (Travel Nunavut, site Web[a]). En outre, il existe 2 sites archéologiques répertoriés sur l’île, Native Point et Ruin Point, qui contiennent les vestiges d’établissements thuléens et peuvent être visités (Travel Nunavut, site Web[b]). Note de bas de page 65 Native Point est l’un des plus grands sites archéologiques de l’Arctique canadien. Il s’agissait autrefois du principal établissement des Sadlermiut avant que la tribu ne disparaisse à la suite d’une épidémie survenue en 1902-1903 (PRP Parks 1987). Bien que ces destinations touristiques actuelles soient mises en avant par Travel Nunavut, les autres aires explorées dans l’étude de faisabilité conservent une valeur importante pour la communauté de Coral Harbour. En outre, les pourvoyeurs et les guides peuvent utiliser ces zones pour offrir leurs services aux touristes.

Au-delà des zones indiquées ci-dessus, il existe également un certain nombre d’attractions naturelles dans l’ensemble du SI. L’île offre des vues sur des paysages naturels et sur diverses espèces d’oiseaux et de mammifères marins et terrestres. Outre le tourisme environnemental, les communautés à l’intérieur et à proximité du SI offrent un potentiel important en matière de tourisme culturel. Les touristes recherchent des expériences culturelles uniques et précises et les communautés proches du SI pourraient profiter des avantages d’offrir ces expériences d’activités quotidiennes (chasse, préparation des peaux, cuisine traditionnelle, couture de mitaines et parkas, etc.) [Canadian Ecotourism Services 2023].

Arts et artisanat

Le secteur des arts et de l’artisanat apporte une valeur économique importante au Nunavut et à la région de Kivalliq. En 2010, on estimait qu’environ 3 000 à 4 000 résidents du Nunavut ont tiré un revenu de la vente d’œuvres d’art et que les artistes ont reçu plus de 27,8 M$ en revenus directs (Nordicity 2010). En outre, il a été estimé que les ventes d’objets d’art et d’artisanat au consommateur final représentaient plus de 50 M$, dont plus de 30 M$ générés par les ventes au détail à l’extérieur du Nunavut (à l’échelle mondiale) [Nordicity 2010]. Les retombées du secteur créé se sont élevées à 10,5 M$ et ont créé environ 240 ETP supplémentaires (Nordicity 2010). La production d’art et d’artisanat a généré environ 1,6 M$ de recettes fiscales supplémentaires pour le gouvernement du Nunavut (Nordicity 2010). Les ventes totales aux consommateurs finaux ont été estimées à 52,1 M$ (Nordicity 2010). Les sculptures, et probablement d’autres objets d’art et d’artisanat, sont achetés directement par les magasins coopératifs communautaires auprès d’artistes locaux, puis Arctic Co-operatives Limited commercialise l’art sur les marchés de gros et de détail, vendant les objets d’art et d’artisanat aux marchands d’art, aux distributeurs et au grand public (Nordicity 2010 et Hoover et al. 2013). Northern Images, la branche de l’Arctic Co-operatives chargée de la commercialisation de l’art au détail, soutient et promeut les artistes nordiques et leurs produits en commercialisant l’art et l’artisanat inuit et déné dans une galerie de Yellowknife et sur le site Web de Northern Images. Le site Web de Northern Images expédie des objets d’art dans le monde entier et propose des sculptures de Coral Harbour dont le prix varie entre 120 $ et 3 800 $ (Northern Images, site Web). Le site Web du hameau de Coral Harbour indique également que la communauté vend des :

En outre, il est possible d’acheter des objets d’art et d’artisanat à Coral Harbour, au Leonie’s Craft Shop et au magasin Katudgevik Co-op; de plus, les artistes locaux se rendent souvent dans les hôtels locaux pour rencontrer les visiteurs et vendre leurs objets d’art et d’artisanat (Coral Harbour, site Web).

Pourvoyeurs et guides

Les excursions de pourvoyeurs et de guides constituent une part importante du tourisme de l’Arctique et sont une composante appréciée des économies communautaires (MPO 2022, 2023a). Les particuliers et les entreprises qui y participent proposent des excursions, des activités de chasse et pêche guidées, ainsi qu’un soutien général aux touristes qui viennent dans le Nord. Le gouvernement du Nunavut tient un registre des établissements touristiques et des pourvoyeurs agréés. Il convient de noter que tous les fournisseurs de services de pourvoyeurs ou de guides ne figurent pas dans ce registre. De 2020 à 2023, 35 entreprises et établissements appartenant à ces entreprises se sont inscrits auprès du gouvernement du Nunavut (annexe 6). Note de bas de page 66

Grâce à la consultation communautaire et à l’examen du site Web de la communauté de Coral Harbour, on sait qu’il y a actuellement 9 pourvoyeurs qui offrent des services de pourvoyeurs et de guides à partir de Coral Harbour (Coral Harbour, site Web; MPO 2023 c). Comme mentionné précédemment, il existe une industrie de la chasse sportive populaire qui attire les voyageurs internationaux dans le SI. Entre 2011 et 2021, des personnes originaires de 25 pays différents ont demandé un permis de chasse sportive au morse pour chasser avec les guides de Coral Harbour (voir l’annexe 7 pour la représentation totale des demandes internationales de chasse sportive au morse). Coral Harbour compte également 2 entreprises qui proposent des excursions :

On y trouve également de nombreux artisans et 3 boutiques proposant des vêtements, des sculptures, des poupées et des bijoux traditionnels inuits (Coral Harbour, site Web).

La chasse sportive guidée à l’échelle locale est d’une grande importance pour l’économie de Coral Harbour. Les consultations avec les membres de la communauté de Coral Harbour ont indiqué que les guides et les assistants gagnent une somme d’argent importante auprès des voyageurs qui participent à une chasse sportive. En outre, ces voyageurs contribuent à l’économie locale en dépensant de l’argent dans la région, soutenant ainsi l’économie de Coral Harbor (MPO 2022).

Les 9 pourvoyeurs et guides de Coral Harbour proposent la chasse au morse, au bœuf musqué, à l’ours blanc et au caribou (MPO 2023a). En consultant les guides, les pourvoyeurs et les membres de la communauté de Coral Harbour, on a constaté que les guides organisent environ 14 chasses à l’ours blanc par an, environ dix chasses au caribou par an et 8 chasses au morse de l’Atlantique par an (MPO 2022, 2023a). Toutefois, l’examen des quotas de chasse sportive au morse de l’Atlantique et des approbations de permis (annexe 7) a révélé que, pour la moyenne quinquennale (2016 à 2021), une moyenne de 13 permis ont été délivrés à Coral Harbour. En fonction de la chasse, le guide principal engage généralement 1 à 5 personnes locales pour l’assister. Tous les guides qui ont répondu à un questionnaire ont indiqué que la chasse sportive est cruciale pour leur famille et qu’ils souhaitent voir les possibilités de chasse sportive se développer (MPO 2022). Cependant, les activités des guides de chasse sportive demandent entre 40 et 120 heures par chasse, ce qui peut affecter le temps personnel et les efforts de récolte de subsistance des guides (MPO 2022). Il est à noter que les guides offrent leurs services de manière sporadique en fonction de divers aspects tels que la demande de chasse, le désir d’obtenir plus de revenus, l’emploi du temps et la capacité à mener des chasses traditionnelles, entre autres – le nombre de guides de chasse sportive peut varier d’une année à l’autre.

Des chasses sportives à l’ours blanc ont lieu chaque année dans la région de la baie Duke of York et emploient des pourvoyeurs et des guides de la communauté. La région de la baie Duke of York comprend d’importantes aires de mise bas des ours blancs (Coral Harbour 2011).

À titre d’exemple de la valeur de la chasse sportive, selon une étude réalisée en 2011 (ÉcoRessources Consultants), la valeur de la chasse sportive à l’ours blanc pour un pourvoyeur local, par chasse, ajustée en fonction de l’inflation, s’élevait en moyenne à 12 600 $ (dollars CA, 2022) Note de bas de page 67. La valeur pour le chasseur, par chasse, était de 415 $ (dollars CA, 2022; ÉcoRessources Consultants 2011). De 2014 à 2019, les pourvoyeurs de Coral Harbour ont guidé avec succès les chasses sportives d’un total de 84 ours blancs (gouvernement du Nunavut 2019). À titre d’indication, la chasse sportive à l’ours blanc a représenté une valeur totale estimée à 1 M$ pour les pourvoyeurs de Coral Harbour pour les saisons de 2014 à 2019.

Les guides de chasse sportive sont l’un des principaux fournisseurs communautaires de viande de gibier, qu’ils donnent pour la consommation. Cependant, certains membres de la communauté de Coral Harbour s’inquiètent du fait qu’une partie de la viande est peut-être mise au rebut et non donnée (MPO 2022). Les chasseurs sportifs font également des dons en nature aux guides de chasse sportive, souvent sous la forme d’équipements tels que des fusils et des jumelles. De plus, les guides de chasse sportive peuvent utiliser les revenus de la chasse pour acheter et entretenir leur équipement de chasse, souvent coûteux, ce qui profite indirectement à l’ensemble de la communauté (ÉcoRessources Consultants 2011).

La chasse sportive du morse peut constituer une importante source de revenus pour les communautés, grâce à l’embauche de guides locaux et à l’achat par les chasseurs de divers services, tels que la nourriture et l’hébergement. Les chasseurs sportifs sont autorisés à conserver les défenses, la tête et le baculum du morse, mais la viande reste au sein de la communauté pour son utilisation (MPO 2017b). Le morse est chassé pour le sport, ce qui apporte des avantages économiques aux pourvoyeurs et aux guides de Coral Harbour (Coral Harbour 2011). Il est à noter que si Coral Harbour a été la seule communauté à organiser une chasse sportive au morse ces dernières années, un guide et pourvoyeur de Chesterfield Inlet a commencé l’exploitation et souhaite organiser des chasses sportives dans les années à venir (MPO 2023a). En outre, les communautés d’Arviat et de Naujaat ont demandé des permis de chasse au morse au CGRFN, mais les chasses n’ont jamais eu lieu (voir l’annexe 7 sur la chasse sportive au morse). Enfin, aucune activité connue de pourvoyeur ou de guide n’a été menée par d’autres communautés dans le SI. La possibilité qu’il y en ait eu dans le passé ne peut être écartée, mais il n’y a aucune trace de cette activité.

Autre exemple de la valeur de la chasse sportive, un article paru en 2002 dans le New York Times indique qu’« après déduction des frais de réservation par les pourvoyeurs, chaque chasse rapporte entre 3 500 $ et 4 100 $ à Igloolik, dont les guides principaux reçoivent entre 1 200 $ et 1 750 $ et les assistants entre 300 $ et 500 $ » [traduction] (New York Times 2002). Note de bas de page 68 En prenant la moyenne, en la convertissant du dollar US de 2002 au dollar CA de 2002 Note de bas de page 69 et en tenant compte de l’inflation Note de bas de page 70, on peut estimer, à titre indicatif, que la valeur totale de la chasse au morse à Coral Harbour de 2016 à 2021 (à l’exclusion de 2020) Note de bas de page 71 était de 371 000 $ (74 000 $ par an) (tableau 2). De 2016 à 2021, Coral Harbour a connu une moyenne quinquennale (à l’exclusion de 2020) de 9 chasses sportives au morse réussies par an et de 45 chasses sportives réussies au total (voir l’annexe 7).

Bien qu’il soit difficile de les ventiler à l’échelle communautaire, les produits de la peau de phoque représentent une valeur supplémentaire de 1 M$ pour le secteur des arts et de l’artisanat au Nunavut (gouvernement du Nunavut 2017). Il est probable que les communautés qui participent à ces activités recevront une partie de ce bénéfice.

Tableau 2 : Valeur estimés de la chasse sportive au morse à Coral Harbour (CAD)
  2021 2019 2018 2017 2016 Total Moyenne
Coral Harbour 41 245 $ 107 237 $ 57 743 $ 90 739 $ 74 241 $ 371 205 $ 74 241 $
Coral Harbour Guides 15 738 $ 40 920 $ 22 034 $ 34 625 $ 28 329 $ 141 646 $ 28 329 $
Coral Harbour Assistant 4 342 $ 11 288 $ 6 078 $ 9 552 $ 7 815 $ 39 075 $ 7 815 $

Source : données tirées du New York Times, 2002

Bateaux de croisière

La plupart des bateaux de croisière d’expédition opérant dans l’Arctique canadien sont membres de l’Association of Arctic Expedition Cruise Operators (AECO). L’élaboration de lignes directrices et de normes que tous les membres de l’AECO doivent respecter et qui vont souvent au-delà des exigences réglementaires constitue le pilier de l’AECO Note de bas de page 72. L’AECO et le gouvernement du Nunavut ont signé un protocole d’entente pour travailler ensemble sur le tourisme de croisière dans le territoire. Le protocole d’entente prévoit la mise en œuvre de Nalunaiqsijiit : l’initiative de formation d’Inuits au travail sur les bateaux de croisière pour les Inuits du Nunavut, qui vise à accroître la participation et l’emploi des Inuits dans le secteur des croisières d’expédition en leur offrant une formation en compétences techniques et non techniques, et placement à bord de navires membres de l’AECO, en collaboration avec le gouvernement du Nunavut. En outre, le ministère offre une formation aux communautés – hameaux, artistes et diverses entreprises – afin de les préparer à optimiser les avantages des visites de navires de croisière. Le programme s’appelle Cruise Ready! et est mis en œuvre dans 2 communautés par an, selon la demande. Les protocoles de partage de données avec le ministère de la Culture et du Patrimoine du gouvernement du Nunavut font également partie du protocole d’entente.

Le trafic des navires de tourisme et de plaisance dans l’Arctique canadien et le passage du Nord-Ouest a considérablement augmenté au cours des dernières années (Johnston et al. 2016). Les navires de croisière d’expédition sont inclus dans la catégorie des navires de passagers; le nombre de navires de croisière dans l’Arctique au cours des dix dernières années a eu tendance à augmenter. Les itinéraires des navires dans l’Arctique ont plus que doublé entre 2005 et 2013 (Dawson et al. 2014). Bon nombre de ces itinéraires prévoient de franchir le passage du Nord-Ouest dans une certaine mesure (Johnston et al. 2016). En juillet 2023, le navire de croisière Silver Endeavour, détenu et exploité par SilverSea Cruises, était le premier navire de croisière à accoster au port de Churchill depuis 2002. Il amenait environ 100 passagers dans le nord du Manitoba la baie d’Hudson Note de bas de page 73. En 2024, SilverSea Cruises prévoit de lancer 4 croisières sur le Silver Endeavour qui partiront du port de Churchill ou accosteront à celui-ci. La capacité du Silver Endeavour est de 220 passagers et 207 membres d’équipage (Silversea Cruises, site Web). Il n’y a pas suffisamment de renseignements pour estimer le nombre de passagers de croisières récentes qui ont participé à des activités récréatives et touristiques, et la valeur de ces activités dans le SI, mais quelques exemples peuvent fournir un aperçu général de la valeur et des dépenses de certaines activités. En tenant compte de l’inflation, les résultats du rapport final du Sondage de fin de voyage à l’intention des visiteurs du Nunavut (Insignia Marketing Research Inc. 2016) élaboré pour Tourisme Nunavut, le voyageur moyen (par personne) au Nunavut aurait dépensé Note de bas de page 74 environ 3 145 $, sans compter les billets d’avion, pour un voyage de 7 jours. Sur ces 3 145 $, 1 803 $ ont été dépensés pour des forfaits et des voyages organisés, 488 $ pour l’hébergement, 336 $ pour les restaurants et la nourriture, et 273 $ pour les œuvres d’art et les sculptures. Les activités les plus populaires auxquelles les voyageurs ont participé (en pourcentage) sont :

Le sondage a estimé que 16 750 visiteurs non-résidents ont visité le Nunavut en 2015 et ont dépensé un total de 37,9 M$, à l’exclusion des billets d’avion et de croisière (Insignia Marketing Research Inc. 2016), et en tenant compte de l’inflation, cette valeur serait de 45,9 M$ en 2022. Le voyageur moyen sur un bateau de croisière (par personne) au Nunavut a dépensé environ 838 $, à l’exclusion des billets de croisière et des billets d’avion, pour un voyage de 7 jours. Sur les 838 $, 492 $ ont été dépensés pour des forfaits et des voyages avec guide, 18 $ pour l’hébergement, 18 $ pour les restaurants ou la nourriture, 67 $ pour les divertissements, 80 $ pour d’autres achats et souvenirs, et 70 $ pour l’art et les sculptures. Les activités populaires auxquelles les voyageurs ont participé (en pourcentage) comprenaient :

Autres activités touristiques

Les exemples ci-dessous donnent une idée de la valeur de l’observation de la faune. Il convient de noter que ces exemples concernent des zones géographiques beaucoup plus vastes que le SI. Les valeurs attribuées au SI seraient proportionnelles à ces exemples.

Whitford (2006) a relevé quelques excursions axées sur l’observation du narval et a calculé les coûts de ces voyages. Les résultats des entrevues ont montré que les voyages duraient plusieurs jours et que leur coût variait entre 5 995 $ (incluant le billet d’avion au départ d’Ottawa, Ontario) pour un voyage de 9 jours et 6 395 $ pour un voyage de 16 jours. Le nombre de touristes se situe entre 8 et 30 par an. Dans l’est de l’Arctique, la valeur récréative totale des voyages d’observation du narval, avec ou sans hébergement (incluant les billets d’avion et l’hébergement), est estimée entre 500 000 $ et 550 000 $ par an. La marge brute a été estimée à environ 35 % des recettes totales des voyagistes. Les excursions dans le cadre de projets spéciaux comprennent des voyages personnalisés pour des études scientifiques, la photographie et la télévision (MPO 2011b).

La valeur commerciale du morse est largement associée au secteur du tourisme (Whitford 2008). En utilisant l’approche des coûts de voyage et les communications personnelles avec des organisateurs d’excursions d’observation des baleines dans l’Arctique, Whitford (2008) a estimé la valeur récréative totale des voyages tout compris et à la carte (incluant les billets d’avion et l’hébergement) associés au morse à une fourchette de 429 000 $ à 437 000 $ par an. Le nombre relativement faible d’observateurs de baleines dans le nord du Canada peut être attribué au coût relativement élevé du voyage et aux frais d’exploitation des entreprises d’observation des baleines dans les régions nordiques (Whitford 2008).

Whitford (2006) a estimé que la valeur récréative totale des voyages tout compris (incluant les billets d’avion et l’hébergement) et à la carte associés à la baleine boréale dans l’est de l’Arctique se situait dans une fourchette de 50 000 $ à 55 000 $ par an. Note de bas de page 75

Les activités récréatives et touristiques génèrent également des retombées économiques au sein et autour des communautés, car les personnes ou les groupes qui participent à ces activités dépensent de l’argent pour l’hébergement, la restauration, les fournitures, le transport, etc. Ces dépenses créent des emplois et des possibilités d’emploi et de revenus pour les résidents. On estime que le tourisme communautaire au Nunavut est actuellement évalué à environ 96 M$ (Awan et al. 2023).

Bateaux de croisière

Coral Harbour est le siège de la station de surveillance des radionucléides atmosphériques, qui contrôle les rayonnements dans l’air et les précipitations. En outre, plusieurs camps de recherche permanents appartenant à Environnement et Changement climatique Canada se trouvent sur l’île Southampton. Ces camps servent pour des projets de recherche continus visant à surveiller l’écologie de diverses espèces d’oiseaux et à poursuivre la surveillance des rayonnements. Note de bas de page 76 Des recherches scientifiques sont en cours à l’intérieur et à proximité du SI, notamment :

Les 2 refuges d’oiseaux migrateurs (ROM) de l’île Southampton, Harry Gibbons et East Bay, comprennent tous 2 des éléments marins et sont des zones centrales pour la recherche aviaire dans la région.

Les avantages socioéconomiques des activités de recherche comprennent l’emploi local direct (guides, observateurs, interprètes, collecteurs d’échantillons, etc.) et d’autres retombées telles que l’hébergement, les vols, la nourriture, entre autres. Une étude a révélé qu’entre 2000 et 2009, la recherche financée par des fonds publics au Yukon, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest a totalisé un montant estimé à 284 M$ (Carr et al. 2013) en tenant compte de l’inflation, ce total peut être estimé à 321 M$ en 2022. Note de bas de page 77 En outre, les communautés acquièrent un sentiment de contrôle et de compréhension de la région grâce aux résultats de la recherche. Lors des consultations concernant le SI de l’île Southampton, les membres des communautés de Coral Harbour et de Chesterfield Inlet ont exprimé le souhait que les données de recherche soient détenues et gérées localement et qu’elles jouent un rôle accru dans la recherche régionale (MPO 2022, 2023a).

Chesterfield Inlet, Coral Harbour et Naujaat sont toutes des communautés participantes de la société Sapujiyiit. La Sapujiyiit Society est une organisation inuite qui s’associe à divers instituts de recherche tels que des universités, des organisations privées, des organismes à but non lucratif et des institutions gouvernementales pour mener des activités de surveillance et de recherche à l’échelle de la communauté (Sapujiyiit Society, site Web). Les 3 piliers de la Sapujiyiit Society sont :

  1. un programme de surveillance des gardiens;
  2. des programmes de recherche internes;
  3. des services de consultation communautaires (Sapujiyiit Society, site Web).

Les efforts de recherche de la Sapujiyiit Society sont un exemple positif de la mobilisation et du leadership accrus des Inuits dans les activités de recherche régionales.

Aperçu des écoservices

(Voir la matrice 1 pour les définitions)

Écoservices

Les écoservices Note de bas de page 78 sont des fonctions indirectes de l’environnement qui fournissent des biens et des services de valeur utilisés par l’humain (Loomis et al. 2000). Ces services comprennent la nourriture, les fibres et le carburant, mais aussi les services largement non tarifés que sont l’air pur et l’eau propre, la protection contre les risques naturels, la pollinisation et la subsistance spirituelle (World Resources Institute 2008). La valeur économique d’un écosystème est générée par la combinaison des services fournis par l’écosystème, qui comprennent :

Le SI fournit des services directs et indirects inestimables à la société en maintenant les écosystèmes et la biodiversité (NCRI 2014). Les services directs (par exemple, la pêche de subsistance) sont relevés selon les avantages directs correspondants pour la communauté.

Il est plus difficile de définir les services indirects des écosystèmes et de la biodiversité, car ils sont beaucoup plus intangibles (Krantzberg et de Boer 2006, 2008). Par exemple, le SI offre un air propre et respirable grâce à sa fonction de régulation des gaz tels que le dioxyde de carbone et préserve l’habitabilité de la planète grâce à sa fonction de régulation des conditions météorologiques et climatiques de la région. Dans la documentation, ces services sont généralement classés comme suit Note de bas de page 79:

Dans l’océan Arctique, les écoservices comprennent la circulation et l’échange d’eau, ainsi que la régulation des gaz et du climat. Les écoservices vitaux de l’Arctique comprennent :

Le stockage du carbone entre en jeu lorsque le réchauffement climatique réduit la quantité de neige et de glace sur la terre. En raison du réchauffement des mers polaires, la surface de la mer est moins gelée en hiver et les glaciers se retirent, ce qui crée plus d’eau libre de glace. La diminution de la glace de mer allonge la période de croissance des plantes marines appelées phytoplancton et élimine davantage de carbone, sous forme de dioxyde de carbone, de l’atmosphère. La croissance du phytoplancton génère plus de nourriture pour les animaux qui mangent les algues et stockent ce carbone par la croissance de leur corps. Ce stockage de carbone par la vie marine est appelé carbone bleu. Lorsque les animaux marins meurent, une partie du carbone bleu est enfouie dans les fonds marins et ce carbone est retiré du cycle du carbone. Ce piégeage du carbone dans les fonds marins ou à d’autres endroits est appelé séquestration (Barnes 2020). Dans un environnement arctique en mutation, on peut s’attendre à une augmentation de l’absorption du carbone en raison d’une augmentation de la production primaire et d’une réduction de la couverture glaciaire. Actuellement, une initiative relative au « carbone bleu » encourage une plus grande reconnaissance des océans en tant qu’environnement atténuant le climat et fournissant des services de régulation vitaux pour le bien-être de l’humanité (Armstrong et al. 2019). Il convient toutefois de noter que l’absorption accrue de dioxyde de carbone par les océans a entraîné une modification de leur chimie, par une acidification accrue des océans. L’acidification des océans peut avoir des effets potentiellement néfastes sur les écosystèmes marins (Armstrong et al. 2019). Les efforts potentiels de réduction du carbone par une approche de carbone bleu peuvent devenir un facteur économique dans le SI. En date de mai 2022, il n’y a aucun plan pour des activités économiques de carbone bleu dans la région géographique du SI.

L’échange de droits d’émission est un outil fondé sur le marché qui permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Il n’existe actuellement aucun marché pour le stockage du carbone dans les océans, mais les valeurs liées au stockage du carbone peuvent être tirées des marchés du carbone, des taxes nationales sur le carbone ou des estimations déduisant la valeur du carbone stocké (ou les coûts du carbone pour la société) [Armstrong et al. 2019. À titre d’exemple, un document d’évaluation a tenté d’estimer la valeur annuelle du stockage de carbone dans l’océan Arctique selon le prix du marché de 2019 de 19,42 euros par tonne de gaz à effet de serre (Armstrong et al. 2019).

Le SI contient une grande diversité de mammifères marins tels que les:

Elle abrite également des oiseaux de mer, des poissons et des oiseaux aquatiques (NCRI 2014). La ZIEB de l’île Southampton est un couloir de migration pour le béluga, la baleine boréale et le narval qui se déplacent entre les aires d’hivernage :

Vers :

La migration de ces espèces marines dans le SI peut profiter à ceux qui participent à la pêche de subsistance des mammifères marins dans le SI, en particulier à Coral Harbour et à Chesterfield Inlet. Outre la valeur alimentaire des récoltes de subsistance, elles offrent également aux communautés la possibilité de :

Il n’est pas possible de quantifier la valeur monétaire des écoservices liés au SI dans ce rapport en raison d’un manque de données, d’une méthode viable applicable à l’écosystème unique du SI, ou d’une approche cohérente suggérée dans la documentation existante. Bien qu’il ne soit pas possible d’estimer et d’attribuer une valeur monétaire aux écoservices, l’étude a inclus une discussion qualitative des écoservices pour souligner l’importance de ces écoservices fournis par l’aire d’étude.

Valeur d’option

Ni la théorie économique ni la documentation empirique ne fournissent d’informations adéquates pour quantifier la valeur d’option Note de bas de page 81 de l’utilisation future des ressources du SI (par exemple, la possibilité d’une pêche commerciale ou récréative à l’avenir) [Hayder 2014]. Toutefois, il convient de noter que les actifs dont les substituts sont moins parfaits sont susceptibles d’avoir des valeurs d’option plus importantes pour compenser la différence de valeur (Marbek 2010). Le SI et les caractéristiques uniques de la biodiversité qui y sont associées pourraient constituer un cas concret.

Valeur de non-usage

Les valeurs de non-usage Note de bas de page 82 sont les valeurs que les gens tirent d’un bien ou d’une ressource, indépendamment de l’usage qu’ils pourraient en faire, y compris la conservation de l’écosystème pour les générations futures (par exemple, la biodiversité future), également connue sous les noms de valeur de legs et de valeur d’existence découlant de la valeur intrinsèque que les gens accordent à l’existence de l’écosystème indépendamment de son utilisation. Note de bas de page 83 La valeur d’existence comprend aussi l’avantage de savoir que d’autres gens utilisent les ressources et les valeurs culturelles pour une économie.

Coral Harbour, Chesterfield Inlet, les communautés voisines et les personnes résidant ailleurs au Canada tirent une valeur de non-usage considérable des services fournis par la région. À titre d’exemple, O’Garra (2017) a estimé la valeur annuelle d’existence par habitant des populations de bélugas à 96 $ (dollars US de 2016), pour les nations arctiques abritant des populations de bélugas. La même étude a également estimé la valeur annuelle d’existence par habitant pour les populations d’ours blancs à 317 $ (dollars US de 2016) pour les résidents canadiens.

Les exemples ci-dessous donnent un aperçu des valeurs de non-usage pour les mammifères marins. Il convient de noter que ces exemples concernent des zones géographiques beaucoup plus vastes que le SI. Les valeurs attribuées au SI seraient proportionnelles à ces exemples.

Whitford (2006) a examiné la métaanalyse de Loomis et White (1996) sur la volonté de payer (VDP) des ménages américains pour les espèces en voie de disparition et les baleines du Pacifique, ainsi que les travaux d’autres chercheurs. Selon Whitford, l’estimation de Loomis et White de 43 $US par ménage représentait une estimation acceptable de la VDP moyenne pour la conservation de certaines espèces de baleines et a suggéré que la VDP des ménages canadiens pour les baleines boréales soit de l’ordre de 495 M$ canadiens. Il convient de noter que les travaux mentionnés par Whitford (2006) portaient sur plusieurs espèces de baleines et qu’ils doivent donc être utilisés avec prudence. Une approche conservatrice consisterait à utiliser l’estimation de 495 M$ canadiens comme référence pour la volonté des Canadiens de soutenir les efforts de conservation pour toutes les baleines, y compris le narval (MPO 2011b).

En appliquant la formule utilisée par Whitford (2008) à une valeur de la volonté de payer (44 $ par ménage), la présente analyse estime la valeur d’existence totale du morse à 802,9 M$ au Canada en 2021. Note de bas de page 84 Le morse apporte également des avantages considérables à la société en ce qui concerne l’exploration scientifique et la recherche, par le biais de financements directs et indirects de la recherche et des partenariats et de consortiums (Whitford 2008 et MPO 2013a).

D’autres utilisations du SI ont été soulevées lors de la consultation, telles que :

Chaque activité a été soulignée par l’importance culturelle des modes de vie traditionnels dans :

Ces activités sont réputées pour offrir des avantages pour la santé des participants, notamment en matière de bien-être mental et émotionnel et de sentiment d’accomplissement (MPO 2022).

Bien que quelques études aient estimé les valeurs de non-usage pour différentes zones au Canada en utilisant des méthodes directes de préférences déclarées (évaluation des contingences, expériences de choix discret), la valeur de non-usage pour le SI n’a pas été étudiée jusqu’à présent. Il n’existe pas non plus d’étude pouvant servir de valeurs de substitution pour la région. Malgré la difficulté de saisir les bénéfices des valeurs de non-usage, on peut noter que même si les valeurs de non-usage des attributs du SI peuvent être négligeables au niveau individuel au sein des communautés, les valeurs agrégées pour l’ensemble d’une économie peuvent être considérables.

Aperçu des valeurs sociales et culturelles

Fikret Berkes, écologiste marin définit le savoir écologique traditionnel (SET) comme la culture et les connaissances continuellement transmises par les peuples autochtones grâce à leurs expériences historiques et actuelles sur la terre et sur l’eau (MPO 2008). Les Inuits, les Premières Nations, les Métis et les autres rassembleurs de longue date des communautés côtières représentent un ensemble de connaissances collectives partagées, mais différentes, combinant des éléments environnementaux, culturels, sociaux et économiques (MPO 2008).

L’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) est souvent traduit par savoir traditionnel inuit, une source d’informations et de sagesse fondée sur des observations et des expériences historiques des Inuits, qui ont eu lieu lors de conversations et de discussions orales (Agence Parcs Canada 2018). Donald Uluadluak Sr et Gwen Frankton (gouvernement du Nunavut 2007) notent que les Inuits ont véhiculé et guidé les valeurs, les connaissances et les compétences de l’IQ qui sont continuellement transmises par les générations précédentes pour construire et mener les enfants vers l’indépendance et la préparation en faisant l’expérience de divers défis de la vie. Un aspect essentiel de l’IQ est qu’il est transmis continuellement. L’utilisation par les Inuits de la zone maritime autour de l’île Southampton dans la baie d’Hudson rend cette transmission possible.

Les valeurs et priorités particulières au sein du SI ont été déterminées, décrites et cartographiées lors d’un atelier sur l’IQ de l’île Southampton qui s’est tenu en février 2020.

Le SI offre aux habitants de la région des avantages considérables en matière de subsistance, de vie sociale, de culture et de spiritualité. Il contribue de manière considérable à l’économie. Aucune information ou donnée quantitative complète n’était disponible sur les bénéfices issus du SI. Cependant, cette section présente une discussion qualitative des valeurs socioculturelles du SI.

L’île compte 2 sites archéologiques, Native Point et Ruin Point, qui contiennent des vestiges d’établissements thuléens.

L’utilisation traditionnelle par les Inuits, y compris la récolte de subsistance, a lieu dans le SI. Les mammifères marins et d’autre ressources marines, sont abondants et font l’objet d’une utilisation traditionnelle, telles que :

Pour les habitants de l’Arctique, la chasse, la cueillette, la pêche et la transformation des aliments sont des éléments essentiels de la vie sociale, culturelle et économique dans le Nord (Berkes et al. 2005). L’accès à des aliments prélevés dans la nature et leur consommation sont importants pour les valeurs culturelles. La distribution des récoltes de subsistance aux parents et aux voisins est un exemple de valeurs culturelles importantes (Berkes et al. 2005). Les aliments traditionnels sont très précieux pour les communautés, car ils sont :

Parmi les avantages de la récolte de subsistance figurent :

Les membres de la communauté de Coral Harbour ont exprimé le besoin et le désir d’éduquer les jeunes générations sur les pratiques traditionnelles et la surveillance des ressources naturelles (MPO 2022).

La chasse au béluga permet d’acquérir :

La chasse au narval et le partage des produits constituent toujours une importance sociale et culturelle pour les communautés. La chasse et le partage des produits de la chasse entre les membres de la communauté garantissent non seulement une coopération future, mais renforcent également les relations entre les membres de la communauté. Mondialement, le narval suscite beaucoup d’intérêt, car il est considéré comme un animal mythique en raison de sa défense unique de « licorne » (MPO 2011b).

Les os du narval sont utilisés pour la sculpture, les tendons pour le fil à coudre et la peau pour les lacets. Les défenses de narval sont utilisées pour fabriquer des instruments artisanaux pour la médecine traditionnelle. Elles sont également utilisées pour la fabrication d’armatures de tentes, de bâtons de marche et d’équipements de chasse. Le mattaaq peut être :

La chasse au morse et à la baleine boréale est célébrée par des chants et des danses traditionnels, la consommation de parties comestibles de l’animal renforce la santé physique et spirituelle, et les os sont utilisés pour des sculptures et des bijoux (Whitford 2008, MPO 2013a, MPO 2013 b). Note de bas de page 85

La participation à la chasse au morse et à la baleine boréale, le partage des produits et des connaissances sur les 2 espèces entre les générations plus âgées et plus jeunes parmi les membres de la communauté garantissent non seulement une coopération future, mais renforcent également les liens de parenté et la cohésion de la communauté (MPO 2013a, 2013)

Bibliographie

Annexes

Annexe 1 : Carte du SI de l’île Southampton

Annexe 1 : Site d'intérêt et zone de protection de l’île Southampton.

Annexe 1 : Site d'intérêt et zone de protection de l’île Southampton.

Long description

Cette carte montre le site d’intérêt de l’île Southampton par rapport au limites régionales et aux zones protégées établies.

  • Disposition géographique (de haut en bas) :
    • La carte est dominée par la grande masse terreste du Nunavut, divisée en régions : Kitikmeot (nord-ouest), Qikiqtani (nord-est) et Kivalliq (sud-ouest).
    • L’île Southampton occupe une place centrale. Coral Harbour se trouve sur sa côte est.
    • Communautés situées le long de la côte du Kivalliq (du nord au sud) : Naujaat, Baker Lake, Chesterfield Inlet, Rankin Inlet, Whale Cove, Arviat.
  • Légende et descriptions des chevauchements :
    • Le site d’intérêt de l’île Southampton est délimitée par une épaisse ligne noire en pointillés et remplie d’une grande zone rouge unie, englobant une vaste partie de l’ouest de la baie d’Hudson et la zone marine autour de l’île Southampton.
    • Le parc national Ukkusiksalik de l’APC est une zone vert clair, située au nord-ouest du site d’intérêt, principalement sur le contient dans la région de Kivalliq, près du Baker Lake.
    • Les zones de refuge d’oiseaux migrateurs d’ECCC sont représentées par de petites zones de forme irrégulière remplies d’une couleur jaune/orange unie. Ces zones sont situées près de Coral Harbour et le long de la côte près d’Arviat.
    • Chevauchement : Le refuge d’oiseaux migrateurs d’ECCC sont toutes situés à l’intérieur des limites du site d’intérêt de l’île Southampton (zone rouge). Le parc national Ukkusuksalik de l’APC (vert clair) ne chevauche pas le site d’intérêt.
  • Source : Carte élaborée par Pêche et Océans Canada, région de l’Arctique, programmes de conservation et de planification marine et SIG, 2018.

Annexe 2 : Processus de désignation d’une ZPM

Annexe 2 : Processus de désignation d’une ZPM

Annexe 2 : Processus de désignation d’une ZPM

Long description

Annexe 2 illustre le processus de désignation d’une ZPM. Il comporte 5 étapes séparées en colonnes. Les étapes 3 et 4 comprennent également une «négocier une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI)».

Étape 1 : Recommandation du Conseil d’administration de la Kivalliq Inuit Association sur le SI:

  • Création d’un comité d’élaboration conjointe : le comité d’élaboration conjointe sera composé de représentants de la Kivalliq Inuit Association, du gouvernement du Nunavut et des communautés concernées, et contribuera à toutes les étapes du processus.

Étape 2 :

  • Aperçus et évaluations écologiques et socioéconomiques : les représentants des communautés participeront à une réunion d’examen par les pairs visant à examiner les rapport d’évaluation et d’aperçu écologique. La Kivalliq Inuit Association, le gouvernement et les communautés fourniront des informatinos pour les rapports d’aperçu socioéconomique.
  • Ateliers sur l’IQ : les information recueillies lors des ateliers sur l’IQ contribueront à définir les buts et les objects de conervation les limites et l’appoches réglementaire. Elles seront ensuite soumises à la consultation par les communautés. Les participants compredront des organisations de chasseurs et de trappeurs (OCT).
  • Évaluation des resources : ressources naturelles Canada dirige les évaluations des ressources.

Étape 3 :

  • Rédaction des buts et objectifs de conservation : identifier les objectifs de conservation et réaliser une analyse des risques sur la base des informations recueillis lors de l’évaluation.
  • Ajustement des fontières et élaboration de l’approche réglementaire : la limite finale et l’approche réglementaire basés sur l’évaluation, les objectifs de conservation et l’analyse des risques déterminent la manière dont la ZPM doit être conçue.

Négocier une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) : les négociations de l’ERAI commenceront à l’étape 2; le SI ne passera pas à la désignation de la ZPM sans ERAI.

Étape 4 : Approbation du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut

  • Processus réglementaire (y compris l’élaboration d’une analyse coûts-avantages) et désignation de la ZPM : les étapes gouvernementales internes pour transformer la proposition de ZPM en un règlement basé sur les travaux effectués dans les étapes précédentes. Elles comprennent la réalisation d’une analyse coûts-avantages (ACA).

Étape 5 : Congestion de la ZPM

Annexe 3 : Gouvernement et autres organisations

Gouvernement fédéral

Les ministères et organismes du gouvernement fédéral comprennent MPO et la Garde côtière canadienne, Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs Canada, Transports Canada, Ressources naturelles Canada, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et Services aux Autochtones Canada (SAC).

MPO Note de bas de page 86 est le principal organisme fédéral responsable de la gestion des pêches et de la protection des eaux du Canada. Il assure la conservation et la protection :

MPO désigne des ZPM en vertu de la Loi sur les océans (article 35, Zones de protection marines). La Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril sont d’autres textes législatifs clés de MPO.

La Garde côtière canadienne Note de bas de page 87 est responsable de la sécurité des ports, des eaux et des voies navigables, et elle gère et réglemente le transport maritime.

Environnement et changement climatique Canada (ECCC) Note de bas de page 88:

La Loi sur les espèces sauvages du Canada, la Loi sur les espèces en péril et la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs sont des textes législatifs pertinents pour ECCC.

L’Agence Parcs Canada (APC) Note de bas de page 89 :

La Loi sur les aires marines nationales de conservation est l’un des principaux textes législatifs de l’APC.

Transports Canada Note de bas de page 90 est responsable des politiques et des programmes de transport. Le Ministère favorise un réseau de transport sûr et sécuritaire, efficace et respectueux de l'environnement.

Ressources naturelles Canada Note de bas de page 91 est responsable du développement et de l’utilisation des ressources naturelles du Canada et de la compétitivité de ses produits.

Services aux Autochtones Canada (SAC) soutient les peuples autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis) dans le cadre de programmes sociaux, de santé, de logement et d’infrastructures communautaires.

Gouvernement du Nunavut

Les principaux ministères du gouvernement du Nunavut sont le ministère de l’Environnement et le ministère du Développement économique et des Transports.

Le ministère de l’Environnement du Nunavut Note de bas de page 92 est responsable de secteurs de programmes tels que :

La Loi sur la faune et la flore du Nunavut et la Loi sur la protection de l’environnement figurent parmi les principaux textes législatifs.

Le ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut Note de bas de page 93 a pour principal objectif de veiller à ce que les Nunavummiut participent aux bénéfices liés à la croissance économique. Ce ministère est chargé :

Institutions publiques du Nunavut

Les institutions publiques compétentes du Nunavut sont la Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions (CNER), la Commission d’aménagement du Nunavut (CAN), l’Office des eaux du Nunavut (OEN) et le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut.

Le Conseil du milieu marin du Nunavut (CMMN) donne des conseils et formule des recommandations concernant les zones marines de la région du Nunavut en coordonnant les connaissances communes de la CNER, de la CAN, du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et des conseils de gestion des ressources fauniques du Nunavut.

Communauté

Les organisations communautaires comprennent l’Organisation de chasseurs et de trappeurs (OCT) et les conseils de hameau. Les OCT communautaires sont dirigées par un conseil d’administration élu et gèrent la récolte parmi leurs membres, qui comprennent tous les Inuits de la communauté. Note de bas de page 94 L’Accord du Nunavut stipule que les OCT, ainsi que les ORRF (voir ci-dessous), supervisent l’exercice de la récolte par les Inuits et définissent les pouvoirs et les fonctions des OCT. Les conseils de hameau sont élus en tant qu’organismes dirigeants des corporations municipales et ont la garde de leurs pouvoirs administratifs et législatifs (Municipal Training Organization 2005).

Organisations inuites

Les 3 organisations inuites compétentes pour le SI sont :

La Kivalliq Inuit Association et le Conseil de la faune de Kivalliq (CFK) sont respectivement l’AIR et l’ORRF pour la région de Kivalliq.

La Nunavut Tunngavik Incorporated Note de bas de page 95 représente les Inuits dans le cadre de l’Accord du Nunavut et veille à sa mise en œuvre. Elle coordonne et gère les responsabilités des Inuits définies dans l’Accord du Nunavut et veille à ce que les gouvernements fédéral et territoriaux remplissent leurs obligations.

La Kivalliq Inuit Association représente les Inuits de la région de Kivalliq. Rankin Inlet est le centre de la région de Kivalliq, qui comprend :

L’Accord du Nunavut stipule que les ORRF, ainsi que les OCT, supervisent l’exercice des activités de récolte par les Inuits et définit les pouvoirs et les fonctions des ORRF. Le CFK a les 4 obligations principales suivantes : réglementer les pratiques et techniques de récolte entre les membres des OCT, répartir les niveaux de besoins de base régionaux entre les OCT de la région, attribuer les niveaux de besoins de base régionaux à toute personne ou organisation autre qu’une OCT, et gérer la récolte entre les membres des OCT de la région.

Annexe 4 : Statistiques sur les récoltes de subsistance communautaires

Narval
Emplacement 2017 2018 2019 2020 2021 Total Moyenne
Arviat 0 0 0 0 1 1 0
Baker Lake 1 0 0 1 0 2 0
Chesterfield Inlet 3 2 3 4 3 15 3
Coral Harbour 2 1 5 11 8 27 5
Kinngait 0 0 0 0 0 0 0
Naujaat 100 62 73 125 100 460 92
Rankin Inlet 6 0 1 10 3 20 4
Whale Cove 1 0 0 0 0 1 0
Béluga
Emplacement 2017 2018 2019 2020 2021 Total Moyenne
Arviat 120 30 150 60 NR 360 90
Baker Lake 1 0 4 6 NR 11 3
Chesterfield Inlet NR 15 NR 21 NR 36 18
Coral Harbour 79 25 35 40 27 206 41
Kinngait 12 10 9 37 17 85 17
Naujaat 19 7 18 20 13 77 15
Rankin Inlet 200 0 61 0 45 306 61
Whale Cove 50 37 50 16 50 203 41
Morse
Emplacement 2017 2018 2019 2020 2021 Total Moyenne
Arviat 3 0 0 0 NR 3 1
Baker Lake NR NR NR NR NR NR NR
Chesterfield Inlet NR 4 NR 2 NR 6 3
Coral Harbour 31 15 37 14 27 124 25
Kinngait 4 5 4 5 12 30 6
Naujaat 16 15 17 10 13 71 14
Rankin Inlet 2 NR 4 NR 2 8 3
Whale Cove 2 1 2 0 1 6 1
Baleine Boréale
Emplacement 2017 2018 2019 2020 2021 Total Moyenne
Arviat 0 0 0 0 0 0 0
Baker Lake 0 0 0 0 1 1 0
Chesterfield Inlet NR NR NR NR NR NR NR
Coral Harbour 0 1 1 0 1 3 1
Kinngait NR NR NR NR NR NR NR
Naujaat 0 1 1 0 0 2 0
Rankin Inlet 0 0 0 0 0 0 0
Whale Cove 0 0 0 0 0 0 0

Sources : Pêches et Océans Canada, personnel du secteur Politique et économie de la région de l’Ontario et des Prairies et de la Gestion des pêches de la région de l’Arctique.

Remarques :

  1. Les statistiques de récolte sont présentées par communauté, et non par limite géographique du SI. Par conséquent, les rapports statistiques sur les récoltes sont probablement une surestimation des récoltes qui ont lieu dans le SI.
  2. Bien que Kinngait ne soit pas visé par ce rapport, les données sur les récoltes ont été incluses pour s’assurer qu’il n’y a pas de sous-représentation des récoltes dans le SI.
  3. NR représente les années où les données de MPO sont inexistantes. AD (aucune donnée)
  4. Zéro (0) signifie qu’il n’y a aucune récolte animale selon la communauté.
  5. Les moyennes sont calculées en arrondissant aux valeurs animales complètes.
  6. Les statistiques sur le morse comprennent les prises de la chasse sportive, car la viande est destinée à être partagée avec la communauté et consommée à des fins de subsistance.
  7. On pense que les données de la période de 2020 à 2022 ont été potentiellement affectées par les restrictions imposées par la pandémie de COVID-19 d’une manière ou d’une autre.
  8. Au moment de la rédaction du présent document, les données de 2022 n’étaient pas disponibles.

Récoltes de subsistance historiques pour l’omble chevalier et les phoques

Omble chevalier
Emplacement 1996-1997 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 Total Moyenne
Arviat 3 270 4 408 4 333 5 380 3 919 21 301 4 262
Baker Lake 1 157 622 352 442 187 2 760 552
Chesterfield Inglet 3 222 3 405 1 252 1 091 3 434 12 404 2 481
Coral Harbour 4 066 5 709 7 228 9 473 6 816 33 292 6 658
Kinngait NR 13 321 11 296 13 951 16 211 54 779 13 695
Naujaat 5 345 4 503 4 537 4 486 2 543 21 414 4 283
Rankin Inlet 6 413 1 227 1 514 2 361 1 244 12 759 *2 552
Whale Cove 1 494 114 1 408 2 093 1 006 6 115 1 223

Source : Priest et Usher 2004.

*La moyenne pour Rankin Inlet est calculée. La moyenne fournie dans le sondage était de 2 618, mais ne correspondait pas à la moyenne réelle, qui a été calculée en divisant par 5 la somme des 5 années.

Phoques
Emplacement 1996-1997 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 Total Moyenne
Arviat 346 406 489 689 329 2 259 452
Baker Lake 8 0 2 0 4 14 3
Chesterfield Inglet 159 117 45 40 161 522 104
Coral Harbour 863 722 878 1 198 460 4 118 824
Kinngait NR 1 404 930 1 304 953 4 591 1 148
Naujaat 694 510 410 380 173 2 167 433
Rankin Inlet 291 95 82 398 87 953 *191
Whale Cove 29 38 83 75 55 280 56

Source : Priest et Usher 2004.

*La moyenne pour Rankin Inlet est calculée. La moyenne fournie dans le sondage était de 228, mais ne correspondait pas à la moyenne réelle, qui a été calculée en divisant par 5 la somme des 5 années. Les espèces de phoques prises en compte sont :

Annexe 5 : Potentiel pétrolier dans la baie d’Hudson

Code de couleur – la barre de gradation va de l’absence de potentiel (gris) ou un potentiel très faible (rose pâle), à un potentiel faible (rouge) ou au potentiel le plus élevé (vert foncé, compétitif à l’échelle mondiale pour l’exploration). L’aire d’étude (contour noir) contient des aires à potentiel pétrolier faible à moyen. Il faudrait acquérir davantage de données cartographiques interprétatives, de données sismiques modernes et de données de terrain potentielles pour obtenir une représentation plus précise du potentiel pétrolier. Le potentiel pétrolier de l’est de la baie d’Hudson et de la baie James est examiné dans Dewing et al. 2023.

Code de couleur – la barre de gradation va de l’absence de potentiel (gris) ou un potentiel très faible (rose pâle), à un potentiel faible (rouge) ou au potentiel le plus élevé (vert foncé, compétitif à l’échelle mondiale pour l’exploration). L’aire d’étude (contour noir) contient des aires à potentiel pétrolier faible à moyen. Il faudrait acquérir davantage de données cartographiques interprétatives, de données sismiques modernes et de données de terrain potentielles pour obtenir une représentation plus précise du potentiel pétrolier. Le potentiel pétrolier de l’est de la baie d’Hudson et de la baie James est examiné dans Dewing et al. 2023.

Long description

Cette carte illustre le potentiel géothermique d’une vaste région du centre et de l’est du Canada, y compris le bassin de la baie d’Hudson, en mettant l’accent sur l’aire d’étude de la CGC.

  • Disposition géographique (de haut en bas) :
    • La limite nord comprend le Nunavut.
    • La zone ouest est bordée par le Manitoba.
    • La zone est est bordée par le Québec.
    • La zone du sud est bordée par l’Ontario.
    • Le site d’intérêt principale est une grande masse d’eau/terre au centre.
  • Légende et descriptions des chevauchements :
    • L’aire d’étude de la CGC est délimitée par une ligne noire épaisse, qui englobe la grande majorité de la carte thermique colorée.
    • Le potentiel géothermique est indiqué par un dégradé de couleurs :
      • Très faible (rouge foncé/orange) : couvre la plus grande partie de la carte, en particulier les zones sud et périphériques de la région étudiée (p. ex. la majeure partie du Québec, l’Ontario et du sud du Manitoba).
      • Faible (orange) : forme une bande de transition autour de la zone très faible.
      • Modéré (jaune) : forme la partie centrale principale de la zone potentielle, couvrant la majeure partie de la région de la baie d’Hudson.
      • Élevé (vert clair) : se trouve sans trois zones distinctes, allongées et plus petites, dans l’extrême nord de la carte, situées au Nunavut.
      • Chevauchement : les zones à potentiel modéré et élevé sont presque entièrement situées dans l’aire d’étude de la CGC.

Annexe 6 : Pourvoyeurs et sites touristiques inscrits

Communautés ayant des pourvoyeurs et des sites touristiques inscrits
Emplacement Années d’inscription/demande Nombre total d’entreprises ou de sites touristiques inscrits par communauté
Arviat 2020-2023 14 (3 P + 11 T)
Baker Lake 2020-2022 6 (4 P + 2 T)
Coral Harbour 2020 1 (T)
Naujaat 2020 1 (T)
Rankin Inlet 2020-2023 12 (T)
Whale Cove 2020 1 (T)

Source : Liste des établissements touristiques et des pourvoyeurs agréés en vertu de la Loi sur le tourisme et les voyages, gouvernement du Nunavut. Établissements touristiques et pourvoyeurs/gouvernement du Nunavut

Remarques :

  1. P représente le nombre de demandes de pourvoyeurs; T représente les demandes d’établissements touristiques. Le tableau représente le total des demandes présentées au gouvernement du Nunavut. Toutes les demandes ne sont pas approuvées, certaines sont encore en attente. Les années indiquées sur le site Web du gouvernement du Nunavut vont de 2020 à 2023. Le nombre total de demandes pour les communautés énumérées est de 35.

Annexe 7 : Chasse sportive du morse

Chasses approuvées par le conseil de gestion des ressources faniques du Nunavut
Emplacement 2017 2018 2019 2020 2021 Total Moyenne sur 5 ans
Chesterfield Inlet 0 0 0 0 0 0 0
Coral Harbour 24 29 35 32 23 143 29
Kinngait 0 0 0 0 0 0 0
Naujaat 4 5 0 0 0 9 2
Rankin Inlet 0 0 0 0 0 0 0
Arviat 0 0 0 2 4 6 2
Whale Cove 0 0 0 0 0 0 0

Source : Données fournies par Pêches et Océans Canada, Gestion des pêches, région de l’Arctique.

Nombre de permis de chasse sportive délivrés
Emplacement 2016 2017 2018 2019 2021 Total Moyenne sur 5 ans
Chesterfield Inlet 0 0 0 0 0 0 0
Coral Harbour 15 11 9 18 8 61 13
Kinngait 0 0 0 0 0 0 0
Naujaat 0 0 0 0 0 0 0
Rankin Inlet 0 0 0 0 0 0 0
Arviat 0 0 0 0 0 0 0
Whale Cove 0 0 0 0 0 0 0

Source : Données extraites des feuilles de calcul du Système d’information sur la gestion des pêches et les captures (SIGPC) et du suivi des récoltes de MPO.

Remarques :

  1. Le nombre de permis dans le SIGPC de MPO n’indique pas si une chasse a été menée ou si elle a été fructueuse. Le tableau ci-dessous indique le nombre total de récoltes réussies.
  2. En raison des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19, aucune chasse sportive n’a été pratiquée en 2020. C’est pourquoi l’année 2020 a été exclue du tableau. Une moyenne quinquennale utilise les données de 2016 à 2019 et de 2021.
Table: Nombre de permis par pay
Nombre de permis par pay Total de 2011 À 2021
Coral Harbour (lieu de chasse) 97
Autriche 2
Belgique 1
Brésil 1
Bulgarie 3
Canada 17
Chine 1
République tchèque 4
Danemark 3
France 4
Allemagne 6
Hongrie 2
Inde 1
Italie 2
Kazakhstan 1
Lituanie 1
Pays-Bas, les 1
Pologne 2
Roumanie 2
Russie 14
Afrique du Sud 1
Espagne 3
Suède 1
Ukraine 2
Royaume-Uni 1
États-Unis 21

Source : SIGPC de Pêches et Océans Canada

Remarques :

  1. En 2012, un chasseur canadien a reçu 2 permis. L’agent ayant délivré les permis ne faisant plus partie du Ministère, il est difficile d’en vérifier les raisons.
  2. Les totaux sont présentés afin de respecter la confidentialité des données des demandeurs de permis de chasse.
  3. Aucun permis de chasse sportive n’a été délivré en 2020 en raison des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19.
Nombre de chasses sportives réussies
Emplacement 2016 2017 2018 2019 2021 Total Moyenne sur 5 ans
Coral Harbour 9 11 7 13 5 45 9

Source : SIGPC et feuilles de calcul sur le suivi des récoltes. Les prises sportives correspondent au nombre d’animaux récoltés dans le cadre de chasses sportives autorisées. Les site suivantes ont déclaré aucune chasse sportive entre 2016 à 2021 :

Remarques :

  1. Aucune chasse sportive n’a eu lieu en 2020, une moyenne sur 5 ans a été calculée à partir des données de 2016 à 2019 et 2021 afin de représenter plus fidèlement la récolte.
  2. Pour ces données, une chasse réussie est définie par le retrait d’un morse de la population par le biais de la chasse sportive.

Matrice 1 : Organigramme d’évaluation économique totale et définitions

Source : Hayder, 2014

Source : Hayder, 2014

Long description

Il s’agit d’un organigramme hiérarchique illustrant la répartition de la valeur économique totale en ses différents composants.

  • La valeur économique totale (case bleue) conduit à deux branches principales : la valeur d'usage (case bleue) et la valeur de non-usage (case bleue).
  • La valeur d'usage conduit à deux sous-branches : l'usage actuel (case bleue) et l'usage futur (case bleue).
  • La valeur non utilitaire donne lieu à deux sous-branches (boîtes vertes) : la valeur d'existence et la valeur de legs.
  • La valeur actuelle donne lieu à deux sous-branches : l'utilisation directe (boîte bleue) et l'utilisation indirecte (boîte bleue).
  • L'utilisation future conduit à deux sous-branches (boîtes vertes) : la valeur d'option et la valeur de recherche.
  • L'utilisation directe conduit à deux sous-branches (boîtes vertes) : extractive et non extractive.
  • L'utilisation indirecte conduit à une sous-branche (boîte verte) : l'écosystème.
  • Le graphique comprend une note de source : Source : Hayder, 2014
Valeur d’usage
La valeur liée à l’utilisation d’un bien.

Valeur d’usage actuelle

Utilisation directe
Biens et services que l’on peut consommer directement à travers les écoservices.
Écoservices
Comprennent aussi les services d’approvisionnement en nourriture et en eau (Évaluation des écoservices pour le millénaire, 2005).
Utilisation extractive
Utilisation extractive (prélèvement) des produits fournis par le SI (par exemple, la pêche commerciale).
Utilisation non extractive
Utilisation non extractive (sans prélèvement) des produits fournis par le SI (par exemple, observation de la faune et de la flore).
Usage indirect
Biens et services que l’on peut consommer indirectement à travers les écoservices.
Écoservices
Comprennent les services d’approvisionnement comme les services de régulation (par exemple, climat, inondations, maladies, qualité de l’eau, etc.) et les services de soutien (par exemple, la formation du sol, le cycle des éléments nutritifs), [Millennium Ecosystem AssessmentMillennium Ecosystem Assessment, 2005].

Valeur d’usage future

Valeur d’option
le montant que quelqu’un est prêt à payer pour garder l’option d’un usage futur des ressources (par exemple, la possibilité de la pêche commerciale ou récréative à l’avenir).
Valeur d’information
potentiel lié à la recherche scientifique qui pourrait mener à de nouvelles découvertes ou connaissances ou à de nouveaux progrès qui pourraient avoir une application plus large à l’avenir. Parmi les des effets bénéfiques potentiels, on peut mentionner les connaissances sur la biologie et l’écologie de la zone, une meilleure compréhension des interactions et de la compétition interspécifiques ainsi que de nouveaux produits chimiques ou médicaments avec une application plus importante.
Valeur de non-usage
La valeur que les gens tirent d’un bien ou d’une ressource indépendamment de l’usage qu’ils peuvent en faire.
Valeur de legs
Conservation pour les générations à venir (par exemple, la biodiversité future). La valeur de legs considère la VDP pour l’usage futur des générations à venir.
Valeur d’existence
La valeur d’existence tient à la valeur intrinsèque de l’existence du site d’intérêt (SI) indépendamment de l’usage qu’on en fait. La valeur d’existence comprend aussi l’avantage de savoir que d’autres gens utilisent le SI et les valeurs culturelles pour l’économie.

Contactez-nous

Pour toute question ou demande de renseignements, veuillez communiquer avec :

MPO – Région de l’Ontario et des Prairies
501, croissant Université, Institut des eaux douces
Winnipeg, MB R3T 2N6
867-645-4621

Détails de la page

Date de modification :