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À propos des outils de conservation marine

Sur cette page

En bref

Les océans du Canada abritent de nombreuses espèces et de nombreux écosystèmes et habitats différents. La diversité biologique (ou biodiversité) de ces ressources :

Biodiversité

La biodiversité désigne la variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques, de même que les complexes écologiques dont ils font partie; elle englobe la diversité au sein des espèces, entre les espèces et entre les écosystèmes.
Source : Convention sur la diversité biologique, Article 2. Emploi des termes, 1992

L’une des priorités du gouvernement du Canada est de veiller à ce que les générations futures puissent jouir de ces avantages environnementaux, sociaux, culturels et économiques.

Pour répondre à cette priorité, le Canada désigne des aires marines à conserver. Nous protégeons la biodiversité pour les générations actuelles et futures. Nous atténuons les pressions exercées par les activités humaines en veillant à ce que la conservation prime sur l’utilisation humaine. Ces aires marines offrent également aux gens la possibilité de se rapprocher de la nature.

Les zones océaniquesNote de bas de page 1 mises en réserve à des fins de conservation sont les suivantes :

L’expression aire marine protégée ou AMP est un terme général et générique. Au Canada, les AMP fédérales sont créées à l’aide d’une variété d’outils de protection distincts :

Les autres mesures de conservation efficace par zone (AMCEZ), qui désignent les mesures par zone autres que les AMP, offrent des avantages à long terme en matière de biodiversité.

Trois ministères fédéraux (Pêches et Océans Canada, Environnement et Changement climatique Canada et Parcs Canada) collaborent avec les peuples autochtones, les intervenants, les partenaires et les communautés locales pour :

Les activités humaines sont gérées de manière à protéger et à conserver les espèces, les écosystèmes et les habitats qui se trouvent dans ces zones.

Conservation marine et réconciliation

Le Gouvernement du Canada est résolu à faire progresser la réconciliation avec les peuples autochtones grâce à une relation renouvelée de nation à nation, de gouvernement à gouvernement et entre les Inuits et la Couronne qui repose sur la reconnaissance des droits, le respect, la collaboration et le partenariat en tant que fondements d’un changement transformateur.

Le gouvernement du Canada reconnaît et respecte les droits inhérents des gouvernements autochtones en matière d’exploitation et d’utilisation des terres, conformément aux traités et aux accords d’autonomie gouvernementale. Le gouvernement souhaite en outre que la conservation marine favorise la réconciliation avec les peuples autochtones, conformément aux obligations énoncées dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones établie au titre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies (PDF, 151 ko). En ce sens, la conservation marine peut permettre de concrétiser les objectifs et les aspirations des populations autochtones et d’assurer la protection des zones qui revêtent pour elles une importance spirituelle, culturelle ou historique.

La consultation et l’engagement des gouvernements et des communautés autochtones sont des aspects importants de la création d’une aire marine protégée. Le savoir autochtone est combiné à la science occidentale et à d’autres types de données afin de dresser un portrait complet de la zone à protéger. Il existe des possibilités de gouvernance collaborative et de cogestion qui permettent de soutenir le leadership autochtone dans le domaine de la conservation.

Tous les outils de conservation marine offrent des possibilités de collaboration. Les ministères ou organismes fédéraux peuvent établir des partenariats avec les gouvernements autochtones pour la gouvernance des zones protégées et conservées afin de soutenir les écosystèmes vulnérables et la conservation des zones et des ressources revêtant une importance culturelle, ainsi que pour la gestion de ces zones en collaboration avec les communautés autochtones.

Partenariats relatifs aux APCA

Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance de la conservation dirigée par les Autochtones, et notamment des aires protégées et de conservation autochtones (APCA), et s’emploie à collaborer avec les partenaires autochtones pour faire progresser les objectifs de conservation communs. Le fait de collaborer dès le début afin d’explorer la manière dont les sites conservés peuvent bénéficier d’une double désignation (dans le cadre de mécanismes d’établissement fédéraux et autochtones) garantit l’adoption d’une approche inclusive qui témoigne d’un engagement commun à protéger la zone. Le gouvernement du Canada entend dialoguer ouvertement et consulter tous les intervenants et les parties lorsqu’il envisage de nouvelles initiatives de conservation, y compris de nouvelles possibilités de partenariat relatives aux APCA.  

Outils

À l’heure actuelle, le gouvernement du Canada utilise quatre principaux outils de conservation fédéraux pour garantir la protection efficace des espèces, des habitats et des écosystèmes marins. Pêches et Océans Canada, Environnement et Changement climatique Canada et Parcs Canada ont recours à leurs lois respectives pour établir des zones protégées et conservées :

Infographique : Comment protégeons-nous nos océans?

Comment protégeons-nous nos océans?

  1. Les zones de protection marines (ZPM) établies par Pêches et Océans Canada au titre de la Loi sur les océans visent à protéger :

Pour en savoir plus sur les ZPM.

  1. Les aires marines nationales de conservation et les réserves d’aires marines nationales de conservation sont créées par Parcs Canada au titre de la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada afin de protéger et de conserver les aires marines emblématiques des océans Atlantique, Pacifique et Arctique et des Grands Lacs pour le bénéfice, l’éducation et le plaisir des Canadiens et des citoyens du monde entier. Les huit objectifs de gestion interconnectés et complémentaires suivants ont été fixés pour ces aires :
    1. Protéger les écosystèmes marins et la biodiversité (priorité absolue).
    2. Conserver le patrimoine culturel.
    3. Gérer l’utilisation de ces ressources de façon durable sur le plan écologique.
    4. Soutenir le leadership autochtone en matière de conservation marine.
    5. Contribuer au bien-être des populations autochtones et des communautés côtières.
    6. Favoriser la création d’une expérience enrichissante pour les visiteurs.
    7. Améliorer la connaissance et la compréhension des AMNC.
    8. Favoriser une collaboration efficace en matière de gestion.

Pour en savoir plus sur les aires marines nationales de conservation.

  1. Les réserves nationales de faune en milieu marin et les réserves nationales de faune abritant des composantes marines sont établies par Environnement et Changement climatique Canada au titre de la Loi sur les espèces sauvages du Canada.

Pour en savoir plus sur les réserves nationales de faune et les réserves nationales de faune en milieu marin.

  1. Les refuges marins sont des zones fermées à la pêche par Pêches et Océans Canada au titre de la Loi sur les pêches. Ces zones répondent aux directives du gouvernement du Canada concernant les autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ) :

Pour en apprendre plus sur les refuges marins

Avantage en matière de conservation de la biodiversité

Un avantage en matière de conservation de la biodiversité correspond à un changement positif net de la biodiversité ou à la prévention de sa perte, résultant des décisions de gouvernance et des mesures de gestion prises dans une zone (Directives relatives aux AMCEZ [2022]).

Aires marines protégées et autres mesures de conservation efficaces par zone

Les aires marines protégées (AMP) et les autres mesures efficaces de conservation par zone (AMCEZ) sont les deux principales catégories de mesures par zone utilisées par le Canada pour protéger et conserver les écosystèmes océaniques.

  1. Une AMP est une partie de l’océan qui bénéficie d’une protection légale et qui est gérée de manière à assurer la conservation à long terme de la nature. Certaines activités peuvent y être autorisées, en fonction de leurs effets sur les espèces, les caractéristiques écologiques ou l’habitat protégés. Au Canada, les AMP sont créées en vertu de diverses lois, chacune d’entre elles ayant pour objectif de protéger une zone.
  2. Les AMCEZ en milieu marin sont des zones géographiques définies (autres que les AMP) qui sont :

Source : Décision adoptée par la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, 2018 (PDF, 693 ko)

À ce jour, le seul type d’AMCEZ en milieu marin reconnu au Canada est le refuge marin. Un refuge marin est une zone de pêche fermée en vertu de la Loi sur les pêches qui répond aux critères des AMCEZ en milieu marin définis par le gouvernement du Canada en 2022, conformément à la définition de la Convention sur la diversité biologique (ci-dessus) et à l’avis scientifique du Secrétariat canadien des avis scientifiques de 2016.

En unissant leurs efforts, Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada continuent à préserver le territoire marin et côtier du Canada au moyen d’AMP ou d’AMCEZ.

Différences entre les AMP et les AMCEZ

Les AMP et les AMCEZ sont semblables dans la mesure où il s’agit de mesures axées sur des zones et qu’elles contribuent toutes deux à la conservation de la biodiversité en interdisant les activités humaines ou en les gérant d’une quelconque autre manière. Il existe cependant trois différences importantes entre les deux types de mesures :

  1. Les interdictions, les activités autorisées et les mesures de gestion prévues pour une AMP sont basées sur les objectifs de conservation établis (c.-à-d. ce que l’AMP est censée protéger). En revanche, une AMCEZ candidate peut être établie pour diverses raisons, dont certaines sans lien direct avec la conservation. Quand la zone est gérée de manière à fournir des avantages pour la conservation de la biodiversité à long terme, elle peut être reconnue à titre d’AMCEZ.
  2. Les AMP fédérales peuvent être établies au titre de différentes lois fédérales (p. ex. la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada, la Loi sur les océans et la Loi sur les espèces sauvages du Canada), et être désignées et gérées au moyen de règlements ou d’annexes. Par contre, une AMCEZ est une mesure de reconnaissance stratégique et scientifique adoptée à l’égard d’une zone qui répond aux critères énoncés dans les directives relatives aux AMCEZ en milieu marin (2022) du gouvernement du Canada.

Mesure de gestion par zone

Une mesure de gestion par zone est une mesure définie dans l’espace qui est mise en œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectifs. Par exemple, la fermeture d’une zone de pêche établie en vertu de la Loi sur les pêches est une mesure de gestion par zone qui peut être reconnue à titre d’AMCEZ si elle répond aux critères définis dans les directives relatives aux AMCEZ en milieu marin.

  1. Le gouvernement prévoit de mettre en œuvre la Norme de protection des AMP dans la plupart Note de bas de page 2 des AMP fédérales créées après avril 2019 afin d’interdire les activités industrielles suivantes :
    • Exploration, exploitation et production de pétrole et de gaz
    • Exploration et exploitation minières
    • Rejet en mer de déchets et d’autres matières
    • Déversement de remblais
    • Rejet de médicaments et de pesticides nocifs
    • Chalutage de fond

Conformément à la Norme de protection des AMP, Transports Canada formule des propositions réglementaires visant à renforcer les restrictions relatives à certains rejets des navires dans les aires protégées.

Norme de protection des aires marines protégées (AMP) fédérales

La Norme de protection des AMP uniformise et précise certaines activités que le gouvernement prévoit d’interdire dans la plupart des nouvelles AMP fédérales. Ces mesures concrètes et prévisibles s’inscrivent dans le cadre d’une approche équilibrée qui garantira une protection optimale de l’environnement.

La Norme de protection des AMCEZ en milieu marin offre plus de souplesse en ce qui concerne les refuges marins en exigeant que toutes les activités soient évaluées au cas par cas afin de garantir que les risques qu’elles posent pour les avantages en matière de conservation de la biodiversité sont évités ou atténués de manière efficace.

Pour en savoir plus sur les aires marines protégées

Zones de protection marine

Les ZPM créées par Pêches et Océans Canada afin d’assurer la conservation des écosystèmes, des habitats et des espèces marines.

Aires marines nationales de conservation

Réserves nationales de faune et réserves nationales de faune en milieu marin

Pour en savoir plus sur les AMCEZ

Création d’un réseau national de conservation

L’efficacité de chaque AMP ou AMCEZ est renforcée lorsqu’un ensemble de zones conservées fonctionne en réseau pour préserver d’importantes composantes écologiques de l’océan et soutenir la biodiversité marine dans son ensemble. Comme le décrit le Cadre national pour le réseau d’aires marines protégées du Canada de 2011, l’étendue géographique du réseau d’aires marines protégées du Canada et d’autres aires conservées couvre les eaux à marée de la partie canadienne des océans Arctique, Atlantique et Pacifique qui s’étendent de la laisse de haute mer jusqu’à la limite de la zone économique exclusive, ainsi que les Grands Lacs et toutes terres humides connexes.

Bien que cette page Web vise à fournir des renseignements sur les quatre principaux outils de conservation marine du gouvernement fédéral, il est important de noter que d’autres outils peuvent également être utilisés pour protéger les zones aquatiques. Les zones marines des parcs nationaux et des lieux historiques nationaux du Canada peuvent contribuer à la conservation, tout comme les zones marines des refuges d’oiseaux migrateurs. Les zones côtières protégées par les provinces et les territoires en vertu de leurs propres lois peuvent également produire des résultats en matière de conservation.

Une carte interactive illustre toutes les zones marines du Canada qui ont été protégées et conservées au moyen des outils disponibles.

Mobilisation et consultation

La prise en compte des intérêts des gouvernements, des peuples autochtones, des intervenants et du grand public dans la conception et la gestion d’une AMP permet d’accroître la sensibilisation et la compréhension et de favoriser la conservation et l’atteinte des objectifs de l’AMP.

Tous les programmes d’AMP prévoient diverses possibilités de consultation et d’engagement du public dans le cadre de leurs processus de création et de gestion. Voici quelques exemples :

Les peuples autochtones et les communautés côtières, les pêcheurs concernés et les autres intervenants sont consultés avant la mise en place de fermetures de zones de pêche, y compris lorsque ces zones fermées sont appelées à être reconnues à titre d’AMCEZ et à devenir des refuges marins à long terme.

Mise en application des outils

Les outils de conservation marine du Canada sont conçus pour assurer la protection des écosystèmes, des habitats et des espèces, tout en offrant une certaine souplesse quant au déroulement des activités économiques lorsqu’elles ne compromettent pas l’atteinte des objectifs de conservation.

Un certain nombre de considérations peuvent entrer en ligne de compte au moment de choisir l’outil de conservation à utiliser :

Les exemples suivants illustrent comment ces considérations pourraient être prises en compte au moment de décider, premièrement, si la zone doit être désignée à titre d’AMP ou reconnue en tant qu’AMCEZ et, deuxièmement, si une AMP est nécessaire, quel outil précis de conservation du milieu marin serait le plus approprié. Il convient de noter qu’il ne s’agit là que d’exemples fictifs destinés à illustrer les processus grâce auxquels les décisions relatives aux outils peuvent être prises. Dans de nombreux cas, la réponse aux questions ci-dessus permettra de déterminer quels outils offrent la meilleure protection possible (voir les exemples 1 à 6 ci-dessous). Cependant, il n’existe pas de formule prédéfinie permettant de sélectionner les outils à utiliser, car chaque site est unique.

Exemple 1

Une zone de corail arborescent est découverte dans l’océan. Cette zone doit être protégée, car les structures coralliennes constituent un habitat important pour de nombreuses espèces. La principale menace qui pèse sur le corail est la pêche au moyen d’engins en contact avec le fond.

L’existence d’une seule menace pesant sur les éléments à protéger justifierait probablement le recours à une mesure ciblée, comme une fermeture de la zone de pêche. Une fois la fermeture instaurée légalement (en vertu des pouvoirs conférés par la Loi sur les pêches), les avantages en matière de conservation de la biodiversité apportés par la fermeture peuvent être évalués conformément aux Directives relatives aux AMCEZ et la zone peut être établie. Les fermetures de zones de pêches qui respectent les critères relatifs aux AMCEZ sont connues sous le nom de « refuges marins ».

Exemple 2

Une vaste zone biologiquement productive située au large de l’océan Atlantique et présentant diverses caractéristiques écologiques qui constituent des zones d’alimentation et de reproduction pour un certain nombre d’espèces importantes menacées ou en voie de disparition a été désignée. Les menaces qui pèsent sur les espèces et les habitats de la zone comprennent divers types de pêche et les perturbations causées par la présence de grands navires ou d’entreprises de tourisme commercial.

Un site vaste et complexe abritant de nombreuses espèces et de nombreux habitats justifierait probablement la création d’une aire marine protégée, soit une ZPM, une aire marine nationale de conservation ou une réserve nationale de faune en milieu marin.

Exemple 3

Une communauté autochtone a identifié une zone côtière comportant des îles et une zone océanique adjacente qui doit être protégée afin d’assurer la viabilité à long terme de sa pêche de subsistance, qui vise certaines espèces de baleines. Cette zone abrite également de nombreux oiseaux nicheurs et migrateurs, ainsi que d’autres espèces inscrites en vertu de la Loi sur les espèces en péril, dont l’ours polaire.

Étant donné que cette situation nécessite l’adoption d’une approche fondée sur les écosystèmes terrestres et marins, la désignation d’une réserve nationale de faune en vertu du Règlement sur les réserves d’espèces sauvages de la Loi sur les espèces sauvages du Canada serait un outil approprié.

Exemple 4

Une communauté autochtone a désigné un volcan sous-marin comme revêtant pour elle une importance culturelle et spirituelle particulière. Ce volcan est menacé par diverses formes de pêche et la communauté a demandé à ce qu’il soit protégé. Les eaux environnantes sont caractérisées par une grande biodiversité et une grande productivité qui résultent en partie de l’écosystème créé par le volcan.

L’ensemble de ces facteurs ferait en sorte qu’une ZPM serait l’outil le plus approprié pour protéger l’écosystème, l’habitat et les espèces de la zone, bien qu’une aire marine nationale de conservation puisse également être envisagée. Un accord conjoint entre le gouvernement du Canada et la communauté ou le gouvernement autochtone concerné pourrait être conclu pour assurer la gouvernance et la gestion de la zone.

Exemple 5

Une aire marine sert d’habitat d’alimentation à plus d’un million d’oiseaux de mer qui viennent y nicher chaque année. Certains des oiseaux migrateurs qu’elle attire sont menacés à l’échelle mondiale ou sont inscrits sur la liste de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Cette zone marine est riche en poissons et en zooplancton, dont se nourrissent les oiseaux de mer.

Les espèces à protéger et l’objectif de cette mesure cadrent avec le mandat d’Environnement et Changement climatique Canada et justifient le recours à la Loi sur les espèces sauvages du Canada en vue de l’établissement d’une réserve nationale de faune en milieu marin.

Exemple 6

Un vaste écosystème côtier unique composé de fjords, de plages, d’un archipel et d’une zone de haute mer abrite de fortes concentrations de mammifères marins et de grands peuplements d’algues brunes. Le bien-être des communautés autochtones est lié à la santé de cet écosystème marin, et les membres de ces communautés souhaitent protéger une partie de leur territoire côtier et marin et jouer un rôle actif dans la gestion du site.

L’importance et la portée des valeurs de la biodiversité dans cette zone, ainsi que les intérêts des Autochtones, feraient d’une aire marine nationale de conservation l’outil le plus susceptible d’être utilisé, avec l’étroite collaboration d’autres organismes de réglementation fédéraux comme Pêches et Océans Canada (pour gérer la pêche), Transports Canada (pour gérer le transport maritime et la navigation) et la Garde côtière canadienne (pour les activités de recherche, de sauvetage et de formation).

Bien que les choix d’outils dans les exemples précédents soient assez clairs, il arrive parfois que la décision ne soit pas évidente et que plusieurs options soient envisageables. Dans ce cas, ce sont généralement les objectifs définis dans une loi ou les objectifs de conservation fixés pour le site qui dictent l’outil à utiliser. Ces outils de conservation marine cadrent également avec le mandat du ministère ou de l’organisme fédéral qui les régit, mais il est possible, et c’est souvent le cas, que les mandats se chevauchent et doivent être gérés de façon appropriée.

Les exemples 7 à 9 illustrent comment les objectifs de conservation associés à une zone peuvent être en phase avec l’objectif des lois qui les régissent et avec le mandat de chaque ministère responsable d’une aire protégée.

Exemple 7

Les objectifs de conservation de la zone concernent :

  • les poissons ou les mammifères marins et les ressources halieutiques commerciales et non commerciales;
  • l’habitat des poissons ou des mammifères marins;
  • certaines espèces menacées ou en voie de disparition;
  • l’habitat essentiel des espèces en péril;
  • des habitats rares ou uniques;
  • certains espaces marins riches en biodiversité ou en productivité biologique;
  • le maintien de l’intégrité écologique.

Ces objectifs de conservation s’inscrivent dans le mandat de Pêches et Océans Canada, de sorte que la zone serait probablement désignée pour la création d’une ZPM.Il serait également possible de créer une aire marine nationale de conservation. Pêches et Océans Canada serait responsable de la gestion des pêches et de l’aquaculture dans les zones où elles sont autorisées, conformément aux principes fédéraux de gestion des pêches du gouvernement du Canada.

Exemple 8

Les mesures de protection de la zone visent à :

  • préserver les écosystèmes marins et la biodiversité;
  • conserver le patrimoine culturel;
  • gérer l’utilisation de ces ressources de façon durable sur le plan écologique;
  • soutenir le leadership autochtone en matière de conservation marine;
  • offrir des avantages aux populations autochtones et aux communautés côtières;
  • favoriser une collaboration efficace en matière de gestion.

Ces priorités s’inscrivent dans le mandat de Parcs Canada, de sorte que la création d’une aire marine nationale de conservation ou d’une réserve d’aires marines nationales de conservation pourrait être envisagée.

Exemple 9

Les objectifs de conservation de la zone concernent :

  • la protection des espèces sauvages d’importance nationale et de leur habitat;
  • les oiseaux migrateurs;
  • les espèces en péril.

L’outil le plus approprié serait probablement la Loi sur les espèces sauvages du Canada, car les objectifs de conservation relèvent du mandat d’Environnement et Changement climatique Canada. Si la zone abrite des espèces de poissons et de mammifères marins et des habitats marins préoccupants, Pêches et Océans Canada peut avoir recours à un outil prévu par la Loi sur les pêches pour atténuer les risques liés à la pêche, ou Environnement et Changement climatique Canada peut recourir à ses règlements en vertu de la Loi sur les espèces sauvages du Canada, en consultation avec le MPO et avec le soutien du ministre des Pêches.

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