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Information sur les dommages potentiels pour les espèces de poissons et de moules en péril associés à des applications de Bayluscide

Évaluation régionale par les pairs – Région du Centre et de l’Arctique

Du 28 février au 1 mars 2019
Burlington, Ontario

Présidente : Lynn Bouvier

Contexte

La lamproie marine (Petromyzon marinus), une espèce indigène de l'océan Atlantique, a été observée pour la première fois dans le lac Ontario en 1835 et a envahi les autres Grands Lacs entre 1921 et 1937. Depuis son invasion, la lamproie marine a causé une mortalité importante et généralisée chez les poissons qui soutiennent les pêches autochtones, commerciales et récréatives, y compris le touladi (Salvelinus namaycush), le grand corégone (Coregonus clupeaformis), le cisco (Coregonus spp.) et plusieurs autres espèces. En réponse, le Canada et les États-Unis ont créé la Commission des pêcheries des Grands Lacs en vertu de « la Convention sur les pêcheries des Grands Lacs entre le Canada et les États-Unis (1954) ». La Commission a été chargée d'élaborer et de mettre en œuvre un programme visant à éradiquer ou à minimiser les populations de lamproie marine dans les Grands Lacs. Elle administre le Programme binational de lutte contre la lamproie marine, tandis que Pêches et Océans Canada (MPO) et l'U.S. Fish and Wildlife Service fournissent leurs éléments opérationnels, avec le soutien de l'U.S. Army Corps of Engineers et de l'U.S. Geological Survey.

À l'heure actuelle, la principale méthode pour lutter contre la lamproie marine consiste à appliquer des lampricides sélectifs qui ciblent les larves dans leurs habitats de croissance. Il s'agit notamment du 3-trifluorométhyl-4-nitrophénol (TFM; Hubert 2003) et du 2', 5-dichloro-4'-nitrosalicylanilide ou du sel niclosamide éthanolamine (nom commercial Bayluscide; Dawson 2003). Diverses formules de Bayluscide sont utilisées pour évaluer et contrôler les populations larvaires de lamproie marine. En particulier, la formule granulaire du Bayluscide (gB) est utilisée pour évaluer et contrôler les larves en eau profonde, y compris dans les estuaires, les échancrures et les cours d'eau interconnectés, comme la rivière Ste-Marie, où l'utilisation du TFM ne serait ni efficace ni économiquement viable. 

Dans certains cas, le personnel du Centre de contrôle de la lamproie marine du MPO doit effectuer des évaluations et des traitements à l'aide du gB dans des plans d'eau qui contiennent des espèces de poissons et de moules actuellement inscrites en vertu de la Loi sur les espèces en péril, ainsi que des espèces évaluées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Les risques d'effets mortels et sublétaux pour les espèces de poissons et de moules en péril non ciblées, et les risques qui en découlent de compromettre leur survie et leur rétablissement, sont actuellement inconnus. Le manque de données quantitatives sur les effets létaux et sublétaux rend également difficile de déterminer : 1) si ou comment les applications de gB peuvent modifier la dynamique des populations de ces espèces; 2) comment les applications de gB peuvent être considérées dans le contexte d'autres menaces propres à une espèce; et 3) si l'étude des mesures d'atténuation potentielles est justifiée.

À la lumière des lacunes dans les connaissances indiquées ci-dessus, le programme des espèces en péril du MPO a demandé un avis scientifique afin de comprendre les incidences potentielles du gB sur les espèces de poissons et de moules en péril, et de déterminer les pratiques de gestion exemplaires et les mesures d'atténuation potentielles pour minimiser les incidences. Par conséquent, l'objectif de la présente réunion de consultation scientifique est d'évaluer les effets potentiellement létaux et sublétaux des applications de gB sur les espèces de poissons et de moules en péril dans le bassin des Grands Lacs.

Objectifs

Les objectifs de la réunion sont les suivants :

  1. Résumer les connaissances actuelles concernant les effets du gB sur les espèces de poissons et de moules en péril, et évaluer la portée des effets directs et indirects probables.
  2. Déterminer l'étendue spatiale et la fréquence temporelle de l'exposition des espèces de poissons et de moules en péril dans le bassin canadien des Grands Lacs à l'application du gB. La mesure dans laquelle les espèces seront exposées sera fondée sur les méthodes actuelles d'évaluation de la lamproie marine, la répartition connue des espèces aquatiques en péril, les préférences en matière d'habitat de la lamproie marine et des espèces de poissons et de moules en péril ainsi que la répartition actuelle (et proposée) des habitats essentiels.
  3. Évaluer la mortalité directe des espèces de poissons en péril dans la rivière Détroit, la rivière Sainte-Claire, la rivière Thames et la rivière Sydenham à l'aide d'un cadre de dommages admissibles (Vélez-Espino et Koops 2009), en fonction des associations connues de substrat des espèces en péril, des classes d'habitat de la lamproie marine et de l'exposition au gB qui en résulte.
  4. D'après les renseignements ci-dessus, déterminer les pratiques de gestion exemplaires et les mesures d'atténuation que le Programme de lutte contre la lamproie marine pourrait mettre en œuvre, ainsi que les avantages qui pourraient en découler pour les espèces en péril.
  5. Évaluer les incidences potentielles d'un traitement périodique de plusieurs hectares à l'aide du gB sur les espèces en péril dans la rivière Sainte-Claire et déterminer si les conseils de l'objectif 4 peuvent être pertinents pour les applications à grande échelle.

Publications prévues

Participation prévue

Références

Dawson, V. K. 2003. Environmental fate and effects of the lampricide Bayluscide: a review. J. Great Lakes Res. 29(Suppl. 1): 475–492.

Hubert, T.D. 2003. Environmental fate and effects of the lampricide TFM: a review. J. Great Lakes Res. 29(Suppl. 1): 456–474.

Vélez-Espino, L.A., and Koops, M.A. 2009. Quantifying allowable harm in species at risk: application to the Laurentian black redhorse (Moxostoma duquesnei). Aquat. Conserv.: Mar. Freshwat. Ecosyst. 19: 676–688.

Avis

La participation aux réunions d'évaluation par les pairs du SCCS est sur invitation seulement.

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