Système de laboratoire national pour la santé des animaux aquatiques

Les laboratoires de référence nationaux du SLNSAA sont des centres d'expertise qui ont pour mandat de mettre au point des analyses diagnostiques normalisées et reconnues à l'échelle internationale, pour des agents pathogènes désignés.

Le SLNSAA effectue des analyses diagnostiques et des travaux de recherche de qualité et offre des conseils scientifiques avisés pour la protection de la santé des animaux aquatiques au Canada.

Les programmes de santé des animaux terrestres ou aquatiques reconnus internationalement sont soutenus par des réseaux de laboratoires nationaux crédibles qui fournissent des résultats de tests précis, fiables et cohérents en ce qui a trait à la détection des agents pathogènes, sur la base des normes de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Cette capacité, renforcée par l'engagement continu envers le développement technologique et des études ciblées, fournit aux pays participants une base scientifique solide pour protéger leurs populations animales de l’introduction de maladies, pour créer des programmes nationaux de gestion des maladies et pour défendre leur mécanisme de certification des animaux et produits exportés.

Le Système de laboratoire national pour la santé des animaux aquatiques (SLNSAA) du MPO, dont la conception prévoyait cette capacité, se compose de quatre laboratoires au Canada :

  1. Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Station biologique du Pacifique (SBP-LSAA);
  2. Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Institut des eaux douces (Winnipeg, MB) (IED-LSAA);
  3. Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Centre des pêches du Golfe (Moncton, NB) (CPG-LSAA); et
  4. Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Unité de bioconfinement du Golfe (UBG-LSAA).

Les trois premiers laboratoires font des tests diagnostiques et des recherches et l'UBG-LSAA est un laboratoire de confinement de niveau 3 où l'on peut réaliser des recherches sur les agents pathogènes exotiques. Des tests de détection des pathogènes sont effectués sur les poissons, les mollusques et les crustacés sauvages ou d'élevage dans chacun des laboratoires diagnostiques, dans le cadre du Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA) et du Règlement sur la protection de la santé des poissons (RPSP). La SBP et le CPG réalisent tous deux des tests de détection des pathogènes, dans le cadre du déplacement des poissons, mollusques et crustacés en vertu du Code national sur l'introduction et le transfert d'organismes aquatiques, ainsi qu'à l'égard des poissons, mollusques et crustacés sauvages.

Le PNSAA réalise actuellement trois programmes de surveillance des agents pathogènes des poissons, des mollusques et des crustacés, soient deux en Colombie-Britannique (saumon du Pacifique, mollusques et crustacés) et un au Québec (poissons d'eau douce) pour lesquels le SLNSAA du MPO effectue les analyses diagnostiques. Une initiative distincte, touchant les analyses diagnostiques pour le secteur de l'aquaculture en Colombie-Britannique, se réalise sans l'apport du SLNSAA, par l'intermédiaire de la Division de la gestion des pêches et de l'aquaculture.

Le développement des sciences et des technologies est indispensable pour le rendement du Canada en ce qui concerne les méthodes de validation diagnostique relatives à la détection des agents pathogènes susceptibles de causer d'importants dommages aux poissons. Les scientifiques et les technologues des laboratoires du SLNSAA permettent au MPO s'accomplir ses obligations en matière d'analyses diagnostiques, de recherche ciblée et de recherches en vue d'améliorer les techniques de détection et la lutte contre les maladies. Chaque laboratoire de diagnostic du SLNSAA a été désigné comme laboratoire de référence national pour des agents pathogènes précis. Les autres peuvent effectuer le dépistage ou la surveillance de ces agents, mais seul le laboratoire national peut se charger de valider des tests positifs et les confirmer pour l'agent pathogène dont il est responsable. Les laboratoires du SLNSAA ne recherchent pas d'agents pathogènes pour l'homme, car cette responsabilité relève de l'Agence de santé publique du Canada.

Le Centre d'expertise sur la recherche et la diagnostique en santé des animaux aquatiques, recherche et diagnostique (CERDSAA) du SLNSAA apporte son appui à certains projets de recherche ciblée prioritaires du PNSAA, qui ont été établis en collaboration avec l'ACIA. Ces projets portent notamment sur la mise au point et la validation de nouveaux protocoles d'analyse diagnostique pour la détection d’agents de maladies infectieuses chez les animaux aquatiques, sur des agents pathogènes hautement prioritaires et sur la vulnérabilité des animaux aquatiques à certains agents pathogènes.

D'autres programmes dans le cadre desquels sont financées des recherches sur la santé des animaux aquatiques ou qui nécessitent des analyses diagnostiques peuvent tirer parti de l'expertise scientifique des scientifiques et des techniciens du MPO affectés au SLNSAA ainsi que des installations de laboratoire, comme le Programme de recherche sur la réglementation de l'aquaculture et le Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture. Le MPO effectue aussi des analyses diagnostiques non réglementaires dans le cadre du Programme de mise en valeur des salmonidés; ce programme de recherche relève de la Direction de l'habitat et de la mise en valeur.

Station biologique du Pacifique

Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Station biologique du Pacifique (Nanaimo, BC)

La Station biologique du Pacifique à Nanaimo (C.-B.)
Source : Pêches et Océans Canada.

Fondée en 1908, la Station biologique du Pacifique (SBP) de Nanaimo, en Colombie-Britannique, est le principal centre de recherche de cette province, du Nord-Est de l’océan Pacifique et de l'Arctique Ouest. Plus ancien des centres de recherche sur les pêches de la côte du Pacifique, elle fait partie d'un réseau de grandes installations scientifiques relevant de Pêches et Océans Canada. Depuis 1960, la SBP offrent des services de diagnostic à une gamme variée de clients et de programmes, dont le système fédéral d'écloseries relevant du Programme de mise en valeur des salmonidés, les initiatives de recherche de la région du Pacifique du MPO, les Premières Nations, le public et, plus récemment, le Programme national sur la santé des animaux aquatiques.

Le laboratoire du SLNSAA à la SBP sont en mesure d'utiliser une gamme variée de protocoles d'essai pour la détection d'agents pathogènes (culture tissulaire, virologie, histologie, biologie moléculaire, etc.). La validité et l'uniformité des résultats sont assurées parla validation des techniques utilisées et la mise en pratique d’un solide programme d'assurance de la qualité. Les chercheurs participent au transfert des techniques de détection des agents pathogènes pour lesquels leur laboratoire de référence national est responsable aux autres établissements du SLNSAA et contribuent à la mise au point des normes de confinement et de quarantaine.

La recherche dans le cadre du SLNSAA à la Station biologique du Pacifique

À la SBP, la recherche sur la santé des animaux aquatiques cible principalement les agents pathogènes qui s'attaquent aux espèces sauvages et d'élevage habitant la région du Pacifique. On y effectue également des travaux pour appuyer le Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA). Les laboratoires de santé des animaux aquatiques utilisent une gamme variée de protocoles d'essai pour la détection d'agents pathogènes (culture tissulaire, parasitologie, bactériologie, virologie, histologie, biologie moléculaire, etc.). La validité et l'uniformité des résultats sont assurées par, une étape clé consiste à valider la validation des techniques utilisées, dans le cadre d'u et la mise en pratique d’un solide programme d'assurance de la qualité. Les chercheurs participent au transfert des techniques de détection des agents pathogènes pour lesquels leur laboratoire de référence national est responsables aux autres établissements du SLNSAA et contribuent à la mise au point des normes de confinement et de quarantaine. Les scientifiques de la SBP réalisent également des projets de recherche réglementaire (par exemple dans le cadre du Programme de recherche sur la réglementation de l'aquaculture) et de la recherche coopérative (Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture, etc.). Ils appliquent également la technologie de la génomique pour mieux comprendre la diversité des agents pathogènes et les interactions entre l'hôte et l'agent chez les poissons, les mollusques et les crustacés (projet Genome BC et Initiative de recherche et de développement en génomique).

Chercheurs du SLNSAA à la Station biologique du Pacifique du MPO

Institut des eaux douces

Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Institut des eaux douces (Winnipeg, MB)

L'Institut des eaux douces (IED) de Winnipeg, au Manitoba, est l'administration centrale de la région du Centre et de l'Arctique et abrite un programme de santé des poissons qui est exploité depuis 1973. Le laboratoire scientifique de l'Institut est chargé de réaliser des analyses diagnostiques relevant de différents protocoles (virologie, sérologie, tests biotechnologiques et génétiques) en plus des méthodes conventionnelles basées sur la microbiologie et la biochimie.

On y offre des services de diagnostic de haut calibre et y fait des recherches sur les maladies des animaux aquatiques pour appuyer les activités suivantes :

  • Services de délivrance d'attestation de santé des poissons aux établissements régionaux d'aquaculture, en vertu du Règlement sur la protection de la santé des poissons;
  • Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA)
  • Services de surveillance de la santé des poissons pour les écloseries régionales ou provinciales, dans le cadre de la mise en valeur des stocks sauvages;
  • Surveillance des maladies du poisson et relevés de populations sauvages à l'échelle régionale;
  • Préoccupations d'ordre général

Recherches effectuées dans le cadre du SLNSAA à l'Institut des eaux douces

Une analyste du MPO étudient les résultats d’un test qPCR.
Source : Pêches et Océans Canada

Les chercheurs et le personnel de l’IED qui travaillent au laboratoire de santé des animaux aquatiques réalisent un certain nombre d'initiatives qui portent sur les maladies à déclaration obligatoire, les maladies (notifiable) et d'autres maladies ayant une incidence sur la santé des poissons sauvages et d'élevage. Parmi ces initiatives figurent l'identification de nouveaux virus attaquant le poisson, notamment les espèces en danger, et la répartition et les liens génétiques entre ces virus, dans les populations de poissons sauvages. En corrigeant les lacunes de compréhension et de compétences constatées dans ces domaines, on pourra éventuellement mieux comprendre les caractéristiques biologiques de ces virus et leurs effets sur les populations sauvages.

Une nouvelle analyse basée sur la génétique, que l'on appelle la réaction en chaîne de la polymérase quantitative (qPCR), est de plus en plus pratiquée et reconnue dans le domaine du diagnostic moléculaire. La chercheuse Dr. Sharon Clouthier a pris la direction de projets destinés à mettre au point des analyses de ce type qui sont aptes à détecter le vNPI ou l'herpèsvirose de la carpe koï. On examine actuellement ces analyses, pour déterminer si elles conviennent à leur objectif, au moyen d'études de validation qui établiront le rendement analytique et diagnostique de chaque protocole. Ce sont des tests hautement sensibles, spécifiques et rapides. Ils peuvent reconnaître les isolats du vNPI et de l'herpèsvirose de la carpe koï courants en Amérique du Nord et analysent des échantillons en quelques jours, plutôt qu'en trois semaines comme l'exigent actuellement les techniques conventionnelles de culture cellulaire. Ces nouvelles analyses font partie d'une série de tests diagnostiques qu'utilisent les laboratoires du SLNSAA pour dépister les agents pathogènes infectieux dans les animaux aquatiques.

Pathogènes viraux des espèces de poisson indigènes et colonisatrices dans les écosystèmes arctiques

Ce projet a pour objectif à long terme d'évaluer la prévalence, la répartition et l'émergence de pathogènes viraux chez les espèces de poisson indigènes et colonisatrices dans un écosystème arctique et d'établir une référence normative pour les activités de surveillance ultérieures. Par ailleurs, en comprenant les effets de facteurs clés à l'échelle de la planète, comme les changements climatiques, sur les maladies infectieuses du poisson, on pourra plus facilement préparer une démarche systématique pour la gestion des maladies dans la région. Ces résultats permettront de mieux comprendre où les efforts de surveillance et d'atténuation des risques doivent être dirigés pour réduire la possibilité que les changements climatiques entraînent l'émergence de maladies dans l'ouest de l'Arctique.

Lutte contre les risques de maladie de l'esturgeon jaune au Manitoba

Le projet de recherche a pour but de rassembler des connaissances que l'on pourra utiliser lors de la conception et de la mise au point d'un plan de gestion des maladies infectieuses de l'esturgeon jaune au Manitoba. Il vise quatre objectifs : 1) analyse et identification de virus et séquençage de son génome; 2) mise au point et validation de méthodes de détection moléculaires susceptibles de reconnaître le virus; 3) répartition spatiale et temporelle du virus et établissement de ses liens génétiques parmi les populations d'esturgeons jaunes que le COSEPAC considère comme étant en danger au Canada; 4) études sur les facteurs de risque afin d'évaluer la prévalence du virus ainsi que les méthodes d'infection et de transmission dans une écloserie d'esturgeons jaunes.

Chercheurs du SLNSAA à l'Institut des eaux douces

Centre des pêches du Golfe

Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Centre des pêches du Golfe (Moncton, New Brunswick)

Le Centre des pêches du Golfe à Moncton, au Nouveau-Brunswick, est le siège de l'administration centrale de la région du Golfe du MPO. On y trouve également l'un des quatre laboratoires de référence du Système de laboratoire national pour la santé des animaux aquatiques du gouvernement canadien. Le laboratoire de santé des animaux du Centre des pêches du Golfe réalise des travaux de haut calibre en matière d'analyses diagnostiques et de recherche sur les agents pathogènes des animaux aquatiques, aux fins suivantes :

  • Attestation de santé du poisson délivrée aux établissements régionaux d'aquaculture, en vertu du Règlement sur la protection de la santé des poissons;
  • Programme national sur la santé des animaux aquatiques (PNSAA);
  • Évaluation de la santé des mollusques aux fins d'introductions et de transferts, ainsi que pour la récolte;
  • Évaluation de la santé des poissons aux fins des activités d'aménagement des stocks sauvages;
  • Essais menés à la suite de cas de mortalité de poissons et de mollusques sauvages.

Le laboratoire du Centre des pêches du Golfe relève de la Section de santé des animaux aquatiques de la Division de la santé aquatique, au sein de la Direction des sciences. Cette section comprend trois unités (santé des poissons, santé des mollusques et biologie moléculaire), dont chacun est responsable de l'exécution d'analyses diagnostiques différentes. Le laboratoire est chargé de mettre au point et de valider les nouvelles analyses diagnostiques permettant de déceler des agents pathogènes dans les animaux aquatiques dont il est responsable. Par ailleurs, les scientifiques et les chercheurs du laboratoire s'efforcent de développer les connaissances au sujet des interactions entre l'hôte et le parasite, de la vulnérabilité des différentes espèces aux agents pathogènes et des mécanismes de lutte à la maladie, en plus de distinguer les souches d'agents pathogènes.

Unité de santé des poissons

Cette unité s'intéresse aux poissons de la côte est du Canada depuis 1975. Elle a pour tâche de réaliser différentes analyses pour détecter les agents pathogènes s'attaquant aux poissons. Le plus souvent, elle réalise des autopsies, isole des virus et fait des analyses bactériologiques. Ses activités, régies par le Règlement sur la protection de la santé des poissons, sont destinées à plus de 30 établissements d'aquaculture du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve. Elle effectue également des analyses dans le cadre de l'amélioration des stocks sauvages de salmonidés au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Unité de santé des mollusques

Spécialiste des agents pathogènes des mollusques, cette unité réalise des autopsies et effectue des analyses histopathologiques au moyen de la microscopie photonique, mais utilise également d'autres moyens, notamment les analyses bactériologiques, pour détecter des agents pathogènes susceptibles de nuire à la santé de ces animaux. L'unité dirige depuis plus de dix ans un programme de santé de l'huître dans les Provinces maritimes.

Unité de biologie moléculaire

Les scientifiques du Centre des pêches du Golfe ont depuis 2001 la possibilité de réaliser des analyses diagnostiques de biologie moléculaire, qu'ils réalisent actuellement en collaboration avec les unités chargées des poissons et des mollusques. L'Unité de biologie moléculaire se spécialise dans l'utilisation de la réaction en chaîne de la polymérase (PCR) pour déceler la présence d'agents pathogènes particuliers dans un échantillon. Le personnel a surtout recours à la PCR quantitative pour découvrir l'acide ribonucléique (de certains virus) ou l'acide désoxyribonucléique (ADN) d'un agent pathogène. Ce genre d'analyse est parfois utilisé pour confirmer les résultats obtenus dans une autre analyse diagnostique, mais peut aussi servir de test de dépistage. L'unité dispose également d'autres outils issus de la biologie moléculaire.

La recherche dans le cadre du SLNSAA au Centre des pêches du Golfe

Au Centre des pêches du Golfe, la recherche en matière de santé des animaux aquatiques s'intéresse particulièrement aux agents pathogènes des poissons, mollusques et crustacés sauvages et d'élevage de la région de l'Atlantique et appuie le Programme national de santé des animaux aquatiques (PNSAA) grâce à des travaux qui ciblent la mise au point et l'amélioration des processus diagnostique. Dans le cadre du SLNSAA, le Centre des pêches du Golfe utilise une gamme variée de protocoles d'essai pour la détection d'agents pathogènes (culture tissulaire, parasitologie, bactériologie, virologie, histologie, biologie moléculaire, etc.). La validité et l'uniformité des résultats sont assurées par, la validation des techniques utilisées et la mise en pratique d’un solide programme d'assurance de la qualité. Les chercheurs du SLNSAA participent au transfert des techniques de détection des agents pathogènes pour lesquels leur laboratoires de référence national est responsable aux autres établissements du SLNSAA du MPO. Les scientifiques du Centre effectuent également des travaux de recherche sur la santé des animaux aquatiques pour appuyer l'aquaculture (par exemple, dans le cadre du Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture). Les technologies relevant de la génomique sont aussi utilisées pour mieux comprendre la diversité des agents pathogènes, les interactions entre ceux-ci et les poissons, mollusques et crustacés hôtes et les effets variables de différents isolats sur les animaux.

Les parasites qui affectent le développement de l'aquaculture de l'Atlantique

Chercheurs du SLNSAA œuvrant au Centre des pêches du Golfe

Unité de bioconfinement du Golfe

Unité de bioconfinement du golfe sur la santé des animaux aquatiques

Laboratoire pour la santé des animaux aquatiques - Unité de bioconfinement du Golfe (Charlottetown, P.E.I)

L'unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiques (UBG-LSAA) loge dans un laboratoire de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et est affilié au Centre des pêches du Golfe. L'UBG-LSAA contribue à la recherche, à la mise au point d'analyses diagnostiques, aux avis scientifiques et à la réalisation d'essais se rapportant aux agents pathogènes à risque élevé. En 2009, l’ultramoderne UBG-LSAA a reçu l’attestation officielle de laboratoire de confinement de niveau 3 pour ses travaux sur des animaux aquatiques vivants; il est donc l'un des rares établissements du monde à pouvoir entreprendre des études portant sur les agents de maladies exotiques ou graves. Cette attestation est une étape essentielle qui permettra au MPO de réaliser en toute sécurité les travaux de recherche réalisés sur pratiquement tous les agents pathogènes et toutes les maladies qui touchent les animaux aquatiques, en particulier afin d'étudier les interactions dans un environnement contrôlé et d'enquêter sur les maladies nouvelles ou émergentes. Cet établissement est le seul du SLNSAA qui ait l'autorisation de se livrer à des essais sur des animaux vivants en utilisant des agents pathogènes exotiques.

Les analyses diagnostiques mises au point et validées par l'UBG-LSAA sont ensuite transmises aux trois laboratoires diagnostiques du SLNSAA, où on les intègre dans les protocoles de diagnostic réguliers.

L'installation est pourvue de systèmes de sauvegarde sophistiqués pour appuyer les travaux effectués sur table, de plusieurs méthodes de garde des animaux et de processus de stérilisation extrêmement exigeants pour les eaux usées et les déchets de laboratoire. Les modèles de provocation élaborés à l'UBG-LSAA ont leur utilité quand il n'y a pas de possibilité de se procurer des animaux naturellement touchés pour la mise au point et la validation des essais. Les installations de garde des animaux peuvent être utilisées dans des conditions variables convenant à des soins optimaux, allant de l'eau douce à l'eau tout à fait salée et d'une température allant de l'eau très froide à l'eau tiède (entre 5 et 35 ºC), en combinaison avec l'éclairage contrôlé et des paramètres de qualité d'eau étroitement surveillés (et modifiables). L'UBG-LSAA peut accueillir des crustacés, des poissons et des mollusques bivalves.

Pour plus d'information: Normes relatives au confinement des installations manipulant des agents pathogènes d'animaux aquatiques de l'Agence canadienne d'inspection des aliments

Bioconfinement

Avant leur évacuation, toutes les eaux usées de l'Unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiquessont déversées dans des réservoirs scellés avant d'être stérilisées à température élevée dans un appareil à pression de grande capacité (ou cuiseur, comme ci-dessus). Ce procédé n'utilise aucun produit chimique.
Source : Pêches et Océans Canada.

Le personnel du Laboratoire de bioconfinement des agents pathogènes propres aux animaux aquatiques de Charlottetown manipule les matières infectieuses à l'intérieur de structures spécialisées de confinement telles que cette enceinte de sécurité biologique (ESB), installée à même un laboratoire de confinement. Le fait de travailler dans une enceinte de sécurité biologique accroît la rigueur du bioconfinement déjà appliqué dans la pièce en combinant des caractéristiques physiques et opérationnelles, y compris des méthodes de travail normalisées appliquées par des employés compétents, des modèles sophistiqués de circulation de l'air, des barrières physiques et la microfiltration de l'air présent dans l'enceinte.
Source : Pêches et Océans Canada.

Le terme « bioconfinement » désigne l’utilisation d’installations, de procédures et d’équipement spécialisés qui forment des barrières en couches multiples empêchant la libération de matériel infectieux tout en permettant au personnel de travailler avec des agents pathogènes vivants. Un bioconfinement de haut niveau fait appel à des stratégies physiques sophistiquées, comme la circulation et la filtration de l'air, la stérilisation de l'eau et des rebuts de laboratoire et une conception spéciale des planchers, des murs et des plafonds, utilisant un aménagement complémentaire et redondant afin de contribuer à la prévention de la libération d'agents potentiellement dangereux dans l'environnement extérieur. Les barrières physiques se combinent à des protocoles spécialisés auxquels doivent se soumettre les personnes, le matériel, les animaux, les échantillons et les déchets qui entrent ou sortent des lieux de confinement.

L’expression « bioconfinement de haut niveau » est un terme général couramment attribué aux laboratoires de confinement de niveau 3 (L3) et de niveau 4 (L4). La désignation L3 s'appliquant aux installations où les travaux ont trait aux agents pathogènes des animaux aquatiques (« AQC3 ») est octroyée par la Sous-section du confinement des biorisques et sécurité de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. L'attestation est accordée sur la base des lignes directrices énoncées dans le document intitulé« Normes relatives au confinement des installations manipulant des agents pathogènes d'animaux aquatiques ». La désignation AQC3 (in vivo) permet à l'établissement de faire des recherches sur des agents pathogènes à risque élevé et sur des animaux vivants et l'autorise à préparer des échantillons inactivés (c'est-à-dire qu'ils ne sont plus infectieux) en vue de travaux sur table supplémentaires bien sécurisés. Dans les laboratoires de niveau 3 (L3) où s’effectuent des travaux sur des animaux vivants, les exigences spécialisées relatives aux déplacements des agents pathogènes, des animaux et des personnes dans l’établissement, de même que les procédures de désinfection et de traitement des déchets, sont considérablement plus complexes que celles des laboratoires où les travaux n'utilisent pas d'animaux. Les laboratoires du SLNSAA de la Station biologique du Pacifique, de l'Institut des eaux douces et du Centre des pêches du Golfe sont tous des laboratoires de confinement de niveau 2.

« Nous voulons toujours empêcher les agents pathogènes à l’étude de s'échapper du laboratoire, ce qui explique que les procédures d’entrée et de sortie du personnel, de l’équipement et des fournitures soient aussi rigoureuses », affirme Phil Byrne, chef de section de l’Unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiques. « Nous faisons des copies de sauvegarde de nos systèmes de sauvegarde et appliquons divers procédés pour désinfecter et stériliser l’eau qui entre au laboratoire et les eaux usées qui en ressortent ».

La recherche dans le cadre du SLNSAA à l’Unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiques (UBG-LSAA)

Pour contribuer aux efforts faits en vue de garantir aux partenaires commerciaux du Canada que les crustacés qu'ils importent (principalement le homard) sont exempts d'agents pathogènes exotiques graves, les chercheurs de l’Unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiques effectuent des travaux sur la crevette et le homard afin de mettre au point des protocoles d'essai et d'évaluer la vulnérabilité à différents agents pathogènes. Il est essentiel de savoir que, dans tout commerce visant des animaux (ou des plantes), la simple présence d'un agent pathogène acquiert une grande importance, même s'il ne se manifeste pas par une maladie.

Mise au point d'analyses diagnostiques pour le poisson et vulnérabilité à la maladie

En plus de s’intéresser aux aux agents pathogènes affectant le homard, l'UBG-LSAA a également réalisé des recherches sur différentes maladies virales graves du poisson. Parmi celles qui sont considérées comme des maladies émergentes dans les eaux canadiennes ou des maladies exotiques pour le Canada figurent respectivement la septicémie hémorragique virale (SHV) et le virus de la maladie du pancréas du saumon (vMPS). Plusieurs souches de la SHV ont été signalées au Canada, en eau douce comme en eau salée et affectent de nombreuses espèces. Le vMPS s'attaque au saumon de l'Atlantique. Les souches de ces deux agents viraux ont fait l'objet de recherches grâce à des modèles expérimentaux mis au point au laboratoire de Charlottetown pour le saumon et la truite. Ces projets s'inscrivent dans le cadre d'autres initiatives dirigées par le PNSAA et confiées à d'autres installations et chercheurs du MPO. L'UBG-LSAA compte établir ultérieurement d'autres systèmes de modèles expérimentaux relatifs à l'interaction hôte-agent pathogène; ils serviront notamment à des études sur les agents pathogènes exotiques suivants : l'iridovirose de la daurade japonaise, l'herpèsvirose de l'Oncorhynchus masou et la nécrose hématopoïétique épizootique.

Services d'autopsies et d'analyse moléculaire

Les projets de recherche et de mise au point d'analyses n'utilisent pas tous des animaux vivants. L'UBG-LSAA est également pourvu d'un matériel de pointe pour les travaux d'analyse moléculaire en laboratoire et les services d'autopsie, tous exploités dans les zones de bioconfinement de l'immeuble. L'expertise pathologique confirme les résultats de l'analyse moléculaire et constitue souvent le point de départ de projets étudiant des maladies se présentant sous une forme inhabituelle et qui pourraient ne pas être immédiatement reconnues ou signalées par les analyses moléculaires courantes.

Chercheurs du SLNSAA œuvrant à l’Unité du bioconfinement du Golfe – Laboratoire de la santé des animaux aquatiques

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