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Comité permanent de la Chambre des communes sur les Pêches et les Océans (FOPO)
Comparution de la sous-ministre

Table de matières

A - Notes d’allocution

Bonjour, Monsieur le Président.

C’est un plaisir d’être ici aujourd’hui.

Pêches et Océans Canada est déterminé à assurer la conservation de l’anguille d’Amérique, en accordant la priorité à la durabilité et à la gestion ordonnée de la pêche à la civelle.

Il s’agit d’une pêche extrêmement lucrative – ayant la plus grande valeur au poids au Canada – qui attire un nombre important de pêcheurs illégaux.

Ces activités de pêche illégales se déroulent dans des centaines de rivières du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, souvent durant la nuit et dans des endroits isolés et difficilement accessibles.

Il est donc très difficile de contrôler et de lutter contre la pêche illégale de la civelle.

Il s’agit en outre d’une pêche facile à pratiquer pour laquelle il existe peu d’obstacles à l’entrée. Il suffit d’une épuisette; aucune formation spécialisée, aucun navire, ni aucun autre équipement n’est nécessaire.

Par ailleurs, de vastes chaînes d’approvisionnement complexes et lucratives peuvent être empruntées après la récolte.

La civelle est donc une espèce extrêmement attrayante pour les personnes impliquées dans ces activités illégales.

Cette situation pose des risques importants et complexes pour la conservation de l’espèce et la sécurité publique.

Les inspections, les observations et les rapports adressés à Conservation et Protection indiquent que d’importantes quantités de civelles sont pêchées illégalement, et on estime que le total des prises dépasse de beaucoup le total autorisé des captures, ce qui compromet les objectifs de conservation de l’anguille d’Amérique au Canada et menace la conservation et la protection de la population.

La pêche à la civelle est devenue le théâtre de comportements inacceptables (harcèlement, menaces et violence) entre les pêcheurs et à l’égard des agents des pêches, un certain nombre d’affrontements et d’incidents violents constituant même une menace immédiate à la sécurité publique et à la gestion de cette pêche.

Conservation et Protection et ses partenaires chargés d’appliquer la loi ont reçu de nombreuses plaintes concernant des actes de violence, des intrusions, des dommages matériels, des infractions liées aux armes, le crime organisé, des séquestrations et d’autres risques importants pour la sécurité publique.

Face à ces défis uniques et complexes en matière d’application de la loi, mon ministère a affecté en 2023 plus d’agents des pêches à la pêche commerciale de la civelle qu’à n’importe quelle autre pêche commerciale.

Nous avons fait venir des agents d’autres régions du pays pour soutenir nos équipes dans les Maritimes, ce qui n’est évidemment pas une solution viable à long terme pour plusieurs raisons.

Finalement, pour garantir la sécurité de nos agents des pêches et du public et assurer la durabilité de l’espèce, la pêche à la civelle a été fermée en 2023 par un arrêté ministériel de gestion des pêches.

C’est la deuxième fois en quatre ans que la pêche est fermée.

Au cours des dernières années, les nombreuses discussions tenues entre le Ministère, les titulaires de permis et d’autres intervenants ont démontré la nécessité de se doter de nouveaux outils et de nouvelles approches pour gérer et contrôler efficacement la pêche à la civelle.

En l’absence de tels changements, il est très probable que la saison 2024 suivra la tendance inacceptable observée ces dernières années.

Depuis la fermeture de l’année dernière, mon ministère travaille avec l’industrie, les Premières Nations et d’autres intervenants pour définir la voie à suivre.

Au cours de cet examen, les changements à apporter sont apparus clairement, notamment l’amélioration de l’accès pour les communautés autochtones, un nouveau cadre de réglementation pour encadrer et autoriser la possession et l’exportation de civelles, ainsi qu’une série de changements opérationnels à la gestion de la pêche à la civelle.

Bon nombre des changements nécessaires reposent sur l’adoption de nouveaux règlements, notamment la conception et la mise en œuvre d’un nouveau système de traçabilité permettant de suivre les déplacements des civelles.

Bien que nous ayons réalisé des progrès considérables dans ces trois domaines, nous ne sommes pas encore parvenus à nos fins.

C’est pourquoi, plus tôt aujourd’hui, la ministre a écrit aux titulaires de permis actuels, et notamment aux organisations autochtones et aux Premières Nations, pour leur exposer son opinion selon laquelle il n’est pas possible de garantir une pêche à la civelle sûre et durable en 2024 et que la pêche ne devrait donc pas être ouverte.

La ministre a également invité les titulaires de permis à lui faire part de tout commentaire pertinent qu’ils pourraient souhaiter formuler pour l’aider à prendre sa décision finale.

La décision de ne pas ouvrir la pêche cette saison favoriserait l’atteinte des objectifs à court terme en matière d’application de la loi et de conservation, et permettrait de concevoir et de mettre en œuvre des règlements, des mesures de gestion et des outils de traçabilité pour mieux contrôler la pêche illégale et non autorisée dans les années à venir.

À l’issue de la période de consultation de dix jours et après avoir analysé tous les commentaires, la ministre prendra une décision concernant la saison de pêche 2024.

Je suis optimiste quant aux résultats que nous pouvons obtenir grâce à la coopération de tous les intervenants concernés par cette pêche, en mettant l’accent sur la conservation de cette espèce, sur la réconciliation et sur un engagement collectif en faveur d’une pratique sécuritaire et ordonnée.

B - Notes d’eujeux

B1 - Application de la loi et mesures clés

Question 1 : Quel est le nombre de rivières dans lesquelles on trouve des civelles et dans combien de rivières les agents des pêches patrouillent-ils?

Question 2 : En 2023, quelles ressources d’application de la loi le Ministère a-t-il consacrées à la pêche à la civelle? Comment ces ressources se comparent-elles à la capacité d’application de la loi pour les autres pêches?

Question 3 : Quel a été le nombre total d’arrestations et d’inculpations liées à des infractions présumées relatives à la pêche à la civelle en 2023?

Question 4 : Depuis 2020, les agents des pêches ont-ils reçu des directives selon lesquelles ils doivent se contenter d’« observer, de noter et de signaler »?

Référence

Budget de conservation et protection par région

(exercice 2023-2024)

Exercice financier 2023-2024
Région Fonctionnement et entretien Salaires Immobilisations Total

Golfe

1 793 681

9 664 921

250 000

11 708 602

Maritimes

2 569 351

11 657 085

-

14 226 436

AC — y compris le SNRP

61 514 982

10 323 257

1 387 000

73 225 239

Terre-Neuve-et-Labrador

3 967 413

11 814 427

-

15 781 840

Ontario et Prairie

2 381 302

4 182 669

60 000

6 623 971

Pacifique

4 920 430

17 453 263

670 000

23 043 693

Québec

1 853 618

6 376 316

100 000

8 329 934

Total

79 000 777

71 471 938

2 467 000

152 939 715

Remarque : Le financement des salaires comprend le financement des services votés et le financement temporaire.

Effectifs de conservation et protection par région

(en date de décembre 2023)

Effectifs de Conservation et Protection par région
Région Nombre total de postes d’agent des pêches DOTÉS (GT-04, GT-05, PM-05, PM-06) Nombre total de postes d’agent des pêches VACANTS (GT-04, GT-05, PM-05, PM-06) Nombre total de postes autres que d’agent des pêches Nombre total de postes vacants autres que d’agents des pêches

Arctique

23

10

1

0

Golfe

93

10

38

5

Maritimes

131

21

29

1

Terre-Neuve-et-Labrador

107

12

35,5

4

Québec

55

9

15

1

Pacifique

160

59,5

34

10,5

Ontario et Prairies

33

27

5

Non disponible

AC (y compris le Service national de renseignements sur les pêches)

21

0

108

37

TOTAL

626

145,5

265,5

58,5

Nombre total d’accusations portées

(toutes les pêches au cours des trois dernières années)

Nombre d’accusations portées par année
Région 2021 2022 2023 Total
Centre et arctique

7

4

5

16

GolfE

197

135

103

435

AC Ottawa - -

2

2

Maritimes

208

132

114

454

Terre-Neuve-et-Labrador

235

205

188

628

Pacifique

312

104

40

456

Québec

367

346

384

1 097

Total

1 326

926

836

3 088

Nombre total de condamnations

(résultant de poursuites à l’égard d’infractions liées à la pêche au cours des trois dernières années)

Condamnations par année
Région 2021 2022 2023 Total
Centre et arctique

3

5

-

8

GolfE

125

139

162

426

AC Ottawa - -

1

1

Maritimes

83

125

183

391

Terre-Neuve-et-Labrador

146

150

117

413

Pacifique

350

350

243

943

Québec

56

105

113

274

Total

763

874

819

2 456

Contexte

Conservation et Protection (C et P) est le programme d’application de la loi du ministère. Le Programme se compose de l’Administration centrale et chaque région dispose de sa propre division de C et P et de ses propres agents des pêches.

Les agents des pêches exercent leurs fonctions sur l’eau, dans les airs, sur les quais et à l’intérieur des collectivités, souvent celles dans lesquelles ils vivent. Ils remplissent un certain nombre de fonctions importantes, qui comprennent la promotion du respect de la loi, l’éducation et les activités d’application de la loi.

Dans l’exercice de leurs fonctions et de leurs pouvoirs d’application de la loi, les agents des pêches doivent tenir compte d’un large éventail de facteurs, y compris les points de vue contradictoires des pêcheurs participant à des activités de pêche réglementées, et éviter les violations illégales des droits autochtones et des droits issus de traités.

Les agents des pêches utilisent leur pouvoir discrétionnaire pour déterminer la mesure la plus appropriée à prendre en cas d’infraction présumée, notamment en évaluant la gravité de l’infraction, les antécédents du contrevenant présumé en matière de conformité, les facteurs aggravants ou atténuants qui peuvent être présents dans les circonstances, et l’efficacité prévue de la mesure pour parvenir à la conformité ou empêcher la poursuite ou la répétition de l’infraction.

B2 - Collaboration avec les organismes fédéraux, les provinces et à l’échelle internationale

Application de la loi

Question 1 : Comment Conservation et protection travaille-t-il avec les partenaires fédéraux et provinciaux pour appliquer la loi sur les pêches?

Question 2 : Le Comité croit comprendre que le Service des poursuites pénales du Canada n’intente pas de poursuite pour des infractions liées à la pêche à la civelle non autorisée. Le Ministère peut-il expliquer pourquoi?

Question 3 : Le Service des poursuites pénales du Canada influence-t-il la volonté de Pêches et Océans Canada de porter des accusations contre des Autochtones qui pêchent la civelle illégalement, comme il a été mentionné récemment dans les médias?

Question 4 : Les agents des pêches ont-ils fait tout en leur pouvoir pour appuyer l’application de la loi dans cette pêche?

Contexte

L’étendue géographique de cette pêche présente un défi important pour l’application de la loi en raison de la vaste zone que les agents des pêches doivent couvrir lorsqu’ils patrouillent et des priorités opérationnelles concurrentes qui mettent à l’épreuve la capacité de Conservation et protection (C et P) dans la région. C et P de la région des Maritimes a accueilli des agents des pêches d’autres régions pour tenter de surmonter certains des défis liés à la capacité.

La pêche et la vente non autorisées de civelles n’ont cessé d’augmenter récemment. On sait que la vente et l’achat illégaux de ce produit se font à grande échelle, à destination des marchés asiatiques par des points de sortie intermédiaires dans l’est du Canada, principalement par avion. Par surcroît, le transport terrestre de civelles à travers les frontières canadiennes/américaines a été observé.

Le marché illégal lié à cette pêche révèle l’implication du crime organisé à divers niveaux, tant au pays qu’à l’étranger. Il est par conséquent essentiel de planifier la sécurité des agents et de collaborer avec la GRC et d’autres partenaires fédéraux et provinciaux chargés de l’exécution de la réglementation.

Au cours des dernières années, Conservation et protection a travaillé avec ses partenaires d’application de la loi (GRC, Agence des services frontaliers du Canada, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, police locale de l’administration compétente, etc.) pour échanger des renseignements et soutenir l’effort global d’application de la loi. En s’appuyant sur ce travail, une équipe d’intervention a été mise sur pied cette année afin de continuer à soutenir la coordination régionale des ressources et de l’expertise sur le plan tactique.

B3 – Pêche commerciale à la civelle

Question 1 : Que va inclure l’examen de la gestion?

Question 2 : Comment le Ministère aborde-t-il l’accès à cette pêche?

Question 3 : Un examen de la pêche sera-t-il terminé et des changements seront-ils apportés avant la saison de pêche de 2024?

Question 4 : Pourquoi le Ministère n’a-t-il pas offert de compensation à la diminution du quota associé aux permis? Pour tout changement lié aux accès à cette pêche, s’agit-il d’une mesure envisagée?

Question 5 : La saison dernière, pourquoi le Ministère a-t-il fermé la pêche?

Question 6 : Le Ministère a-t-il envisagé la possibilité de convertir des permis de pêche à l’anguille en permis de pêche à la civelle?

Contexte

Les civelles sont des anguilles d’Amérique juvéniles. Puisque toutes les anguilles d’Amérique proviennent du même lieu de fraie dans la mer des Sargasses et qu’elles ont toutes la même constitution génétique, elles sont considérées comme formant une seule population mondiale. Cette population a considérablement diminué dans l’est du Canada au cours des 40 dernières années. Le Canada étudie actuellement la possibilité d’inscrire cette espèce sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP); si tel est le cas, des interdictions seraient appliquées.

La pêche de la civelle est gérée au moyen de permis établissant un total autorisé des captures (TAC) et de limites de prises selon le site de pêche (rivières, cours d’eau, ruisseaux). Le TAC de 9 960 kg est demeuré le même depuis 2005. En 2023, on comptait huit permis de pêche commerciale, un permis de pêche commerciale communautaire et deux permis de pêche commerciale communautaire provisoires pour 10 communautés autochtones. Le quota des Premières Nations découle de la réattribution d’une partie du TAC des titulaires de permis existants. Le Ministère a participé à un contrôle judiciaire intenté par trois détenteurs de permis de pêche à la civelle non autochtones qui n’étaient pas d’accord avec l’approche adoptée pour réattribuer le quota de 2022; ces derniers ont eu gain de cause. De plus, trois autres contrôles judiciaires relatifs à la décision de 2023 ont été présentés au ministère.

Au cours des dix dernières années, la pêche à la civelle est devenue une activité extrêmement lucrative; la valeur des débarquements est passée de 450 $ par kilogramme (kg) en 2009 à 5 000 $ par kg en 2023, et une valeur record de 5 100 $ par kg a été atteinte en 2019. Par rapport à d’autres pêches commerciales, la pêche à la civelle nécessite des investissements relativement peu élevés.

En raison de la facilité de la pêche, de sa valeur élevée et de l’étendue limitée de l’accès que les Premières Nations ont actuellement, il y a un risque considérable que les communautés autochtones de la région et des Premières Nations de diverses provinces et de divers États continuent de revendiquer des droits et de pratiquer la pêche non autorisée, ce qui entraîne des répercussions sur la conservation et la gestion ordonnée. Pêches et Océans Canada (MPO) considère qu’un meilleur accès à la pêche de la civelle pour les Premières Nations pourrait contribuer à atténuer ces risques.

Les activités de pêche en dehors du cadre autorisé par le MPO pour la pêche commerciale à la civelle ont augmenté de façon constante au cours de la dernière décennie. Au cours des printemps 2020 et 2023, en raison d’une importante activité de pêche en dehors de la pêche commerciale à la civelle par des pêcheurs autochtones et non autochtones, la Ministre a pris un arrêté de gestion des pêches pour fermer la pêche.

La récolte non autorisée de civelles et la violence ou les menaces de violence qui en résultent constituent une préoccupation importante en matière de sécurité pour les pêcheurs, les agents des pêches et le public. Le MPO a reçu de nombreuses plaintes concernant des différends entre les pêcheurs et a répondu à des cas de falsification d’engins de pêche, de situations impliquant des menaces pour les pêcheurs et les agents des pêches et d’intimidation du public, notamment le vandalisme de biens.

B4 – Pêche non autorisée en Nouvelle-Écosse

Question 1 : Que fait le Ministère pour lutter contre la pêche non autorisée en Nouvelle-Écosse?

Question 2 : Quelles sont les tactiques d’application de la loi employées par Conservation et protection en Nouvelle-Écosse?

Contexte

Pêches et Océans Canada (MPO) est résolu à garantir des pêches sûres, ordonnées et durables pour tous les participants. Nous croyons fermement que le maintien d’un dialogue respectueux et constructif est la meilleure façon d’y parvenir.

Le MPO continue de collaborer avec tous ceux qui participent à la pêche à la civelle, qu’ils soient autochtones ou non, afin de gérer de façon responsable cette espèce qui revêt une importance particulière sur le plan social, historique et économique.

Le MPO collabore avec la Gendarmerie royale du Canada pour surveiller et contrer toute activité illégale, y compris le harcèlement et la violence. 

Nous allons continuer à prendre les mesures nécessaires lorsque des activités de pêche non autorisées et d’autres infractions à la Loi sur les pêches sont observées, tout en soutenant l’exercice des droits de pêche autochtones. 

B5 - Surveillance des prises des pêches maritimes du rapport du CEDD

Question 1 : Pourquoi le Ministère n’a-t-il pas été en mesure de mettre en œuvre la politique de surveillance des pêches?

Question 2 : Comment le Ministère s’assure-t-il que ses systèmes d’information sur les pêches sont modernisés rapidement?

Question 3 : Que fait le Ministère pour examiner ses programmes d’observation par des tiers ainsi que la capacité des programmes de fournir les données requises sur la surveillance des prises?

Contexte

B6 - Rapport sur la pêche pour assurer une subsistance convenable « Paix sur l’eau » 

Question 1 : Comment le gouvernement veillera-t-il à ce que les peuples autochtones aient les permis de pêche (« accès ») nécessaires pour exercer leurs droits? 

Question 2 : Pourquoi est-ce le ministère des pêches et océans qui supervise la mise en œuvre des droits de pêche et non Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada?

Question 3 : Le MPO s'engagera-t-il à utiliser l'article 4.1 de la Loi sur les pêches pour conclure des ententes de collaboration en matière de pêche avec les nations signataires de traités?

Question 4 : Que fait-on pour que les pêcheurs autochtones puissent exercer leurs droits de pêche en toute sécurité et de manière significative?

Contexte

Le 24 février 2023, le gouvernement a publié sa réponse dans le rapport du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, intitulé « Paix sur l’eau : Faire progresser la mise en œuvre complète des pêches fondées sur les droits des Mi’kmaq, des Wolastoqiyik et des Peskotomuhkati » (le « rapport »). 

Le rapport a été déposé au Sénat le 27 septembre 2022. Il examine la réponse du gouvernement fédéral aux arrêts Marshall rendus en 1999 par la Cour suprême du Canada et à la mise en œuvre des droits de pêcher comme moyen de subsistance convenable de 34 Premières Nations Mi’kmaq et Wolastoqiyik dans les provinces maritimes et dans la région de Gaspé au Québec, et de la Nation Peskotomuhkati de Skutik (« nations signataires de traités »).

Le rapport examine les réactions sur le plan des politiques et les ententes de nation à nation antérieures, et tire la conclusion que Pêches et Océans Canada (MPO) n’a pas pleinement mis en œuvre les pêches fondées sur les droits pour ces nations signataires de traités. Le rapport présente dix recommandations au MPO, à Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et à la Gendarmerie royale du Canada, y compris la réattribution des permis de pêche directement aux nations signataires de traités, dans le cadre des efforts de lutte contre le racisme et d’éducation à la pêche fondée sur les droits, et l’intégration du savoir autochtone dans les décisions de gestion des pêches. 

Entre mars et juin 2023, le Comité sénatorial a tenu six réunions avec des experts et des témoins de divers milieux pour étudier la réponse du gouvernement. Certains représentants des nations signataires de traités ont critiqué la réponse du gouvernement au sujet d’un manque perçu de volonté de modifier les règlements, les politiques, les lois ou les programmes liés aux pêches dans le but de respecter les obligations du Canada. Le MPO continue de mettre en œuvre la pêche fondée sur les droits au moyen d’une gamme de programmes, et d’ententes et d’accords de nation à nation. Toutefois, le droit de pêcher comme moyen de subsistance convenable n’est pas figé dans le temps et nécessite une mise en œuvre et un ajustement continus au fil du temps. Des travaux sont en cours à cette fin.

Conformément à l'article 4.1 de la Loi sur les pêches, la ministre peut conclure une entente avec une province ou un organe directeur autochtone établi en vertu d'un accord sur des revendications territoriales afin de faciliter la coopération entre les parties, de réduire les chevauchements entre leurs programmes respectifs, d'améliorer la communication entre les parties et de faciliter la consultation publique. [Les renseignements ont été retranchés, conformément à la Loi sur l’accès à l’information.]

Le 21 juin 2023, le ministère de la Justice a publié le Plan d’action du Canada pour la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il a réclamé que tous les ministres mettent en œuvre le Plan d’action et collaborent avec les peuples autochtones pour promouvoir leurs droits. Le MPO est responsable de 11 mesures du Plan d’action. Il convient de noter que le point 36 du Plan d’action porte sur la poursuite des modifications et des réformes de la loi, des règlements et des politiques sur les pêches en appui à l’autodétermination, et à la mise en œuvre et à l’exercice concrets des droits de pêche des Autochtones. Les efforts déployés pour la mise en œuvre du point 36 du Plan d’action concorderont avec la recommandation no 1 formulée par le Comité sénatorial dans son rapport.

B7 - Pêches autochtones pour une subsistance convenable

Question 1 : Comment le gouvernement veillera-t-il à ce que les peuples autochtones aient les permis de pêche (« accès ») nécessaires pour exercer leurs droits?

Contexte

En 1999, la Cour suprême du Canada a officiellement reconnu le droit issu de traités de chasser et de pêcher pour assurer un moyen de subsistance convenable à 34 Premières Nations Mi’kmaq et Wolastoqiyik du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince Édouard, de la Nouvelle-Écosse, et de la région de la Gaspésie au Québec, ainsi que la Nation Peskotomuhkati à Skutik au Nouveau-Brunswick (collectivement dénommés Premières Nations signataires de traités).

Au cours des 24 dernières années, le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a fourni les Premières Nations signataires de traités plus de 630 millions de dollars en permis de pêche, navires, engins et formation afin d’accroître et de diversifier la participation aux pêches commerciales.

En 2017, le MPO a lancé le processus des ententes de réconciliation et de reconnaissance des droits (ERRD) avec les nations signataires de traités, avec pour mandat de négocier une gestion collaborative des pêches, la gouvernance des pêches et un accès accru aux pêches, tout en reconnaissant le droit de pêcher pour assurer une subsistance convenable, sans le définir.

Le mandat des ERRD a pris fin en avril 2023, alors que le MPO avait conclu sept ERRD avec 15 Premières Nations (40 pour cent de la population des collectivités de nations signataires de traités).

En 2021, une nouvelle voie vers la mise en œuvre des droits de pêche visant à assurer une subsistance convenable a été annoncée dans le cadre de l’élaboration des plans de pêche à des fins de subsistance convenable. Ces plans sont exécutés dans le respect des saisons de pêche commerciale, prévoient des restrictions similaires à celles de permis commerciaux réguliers et doivent être exécutés uniquement par les membres de la communauté pour leur propre avantage. Il est à noter que ces plans constituent des ententes et non des accords formels. Jusqu’à présent, depuis 2021, 16 ententes ont été conclues avec 15 communautés signataires de traités.

Le MPO travaille sur une nouvelle voie pour soutenir au mieux la capacité des nations signataires de traités à participer à la pêche, en s'appuyant sur les leçons tirées du dialogue de nation à nation depuis 2017.

Le ministère continue de tenir des réunions régulières et fréquentes à divers niveaux avec les intervenants de l’industrie de la pêche non autochtone pour répondre aux questions concernant la pêche à des fins de subsistance convenable. Toutefois, l’industrie de la pêche non autochtone continue de critiquer le fait qu’elle est exclue des discussions avec les nations signataires de traités et le manque de transparence concernant l’approche à long terme du Canada en matière des activités de pêche fondées sur les droits.

B8 – Processus de réglementation

Question 1 : Pourquoi l’entrée en vigueur des règlements prend-elle plus de temps que prévu?

Question 2 : Qui le Ministère a-t-il consulté?

Contexte

Selon la Directive du Cabinet sur la réglementation : « Les ministères et organismes doivent mener une étude d’impact de la réglementation (EIR) pour chaque projet de règlement afin d’appuyer la participation des parties concernées et la prise de décisions fondée sur des données probantes. Au cours d’une EIR, les ministères et organismes doivent se conformer aux lois, aux règlements et aux politiques du Conseil du Trésor, et adhérer aux lignes directrices, aux directives et aux outils applicables. »

Dans la Directive du Cabinet, on insiste aussi sur le fait que « les consultations menées auprès de celles-ci [les parties concernées, y compris les peuples autochtones] sur la proposition d’un projet de règlement devraient être vues comme un dialogue; les consultations avant la publication préalable constituent un outil important parmi tant d’autres pour obtenir les commentaires des parties concernées ».

À ce jour, le MPO a consulté des Premières Nations, des pêcheurs, d’autres ordres de gouvernement et ministères fédéraux, et la population canadienne au sujet des règlements proposés sur la civelle.

C – Questions et réponses

C9 – Mesures de gestion pour la pêche à la civelle

Y a-t-il vraiment des préoccupations concernant la conservation de l’anguille?

C10 – Facteurs à prendre en considération liés à l’accès et à l’allocation pour les Autochtones

Pourquoi la pêche à la civelle est-elle importante pour les communautés autochtones?

À ce jour, quel accès a été attribué aux communautés autochtones?

Pourquoi n’adoptez-vous pas une approche de vente de gré à gré, la préférence déclarée, dans le cadre de l’accès accordé aux groupes autochtones?

Y a-t-il d’autres facteurs qui justifient les mesures et les décisions prises par le Ministère à ce jour en ce qui concerne l’accès et l’allocation dans le cadre de la pêche à la civelle?

Combien de groupes autochtones ont demandé d’avoir accès à cette pêche?

Quelles mesures ont été prises par le Ministère pour consulter et mobiliser les Premières Nations en tenant des discussions sur l’accès et l’allocation?

Quelles sont les obligations du ministère en ce qui concerne l’accès à cette pêche?

C11 – Contexte de l’application de la loi

La nature de la pêche

Augmentation exponentielle des activités

Pourquoi est-il plus facile d’assurer l’application de la loi lorsque la pêche de la civelle est fermée?

Chaîne d’approvisionnement

Poursuites

Visibilité (non-conformité)

Tensions

Facteurs internationaux

Mandat, rôle et pouvoirs des agents des pêches

Lacunes réglementaires

Quelle priorité le Ministère a-t-il accordée à cette pêche?

Les agents des pêches ont-ils fait tout ce qu’ils peuvent pour appuyer l’application de la loi dans cette pêche?

Le Comité comprend que le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) ne procède pas à des poursuites pour des infractions liées à la pêche non autorisée de civelles – Le MPO peut-il expliquer pourquoi?

Est-ce que Conservation et protection a l’intention de consacrer une capacité importante à cette pêche?

Que fait le MPO pour tirer parti des efforts qu’il a déployés au cours des années précédentes?

Coordination avec les partenaires

Échange de renseignement et d’information

L’ASFC a témoigné devant le comité qu’aucune civelle n’a été saisie aux points de sortie du Canada l’an dernier. Qu’en pensez-vous?

Sans donner de renseignements détaillés, comment les opérations seront‑elles structurées cette année?

Malgré les efforts du ministère, il faut clairement faire plus. Que fait le MPO à cet égard?

C12 – Traçabilité des activités de pêche de civelles

Question 1: Pourquoi un système de traçabilité est-il nécessaire?

Question 2: Pourquoi le système de traçabilité n’est-il pas déjà en place?

Contexte

À la fin de novembre 2023, des discussions ont été entamées sur la création d’un nouveau système de gestion de l’information pour soutenir les nouvelles réglementations en cours d’élaboration pour les pêches de civelles. Le nouveau système permettra au ministère de suivre les civelles de la récolte à travers les différentes installations de traitement jusqu’à l’exportation finale.

Le système fera partie de la mise en œuvre de nouvelles réglementations proposées qui donneraient l’autorité pour autoriser et exiger des rapports pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la pêche aux civelles.

Afin de minimiser les risques associés au développement d’un système de licences complexe, le MPO a travaillé sur deux approches en parallèle: (A) Analyse du marché en utilisant une demande d’information, et (B) développement d’une application interne, en tirant parti des systèmes de licences déjà en place.

Demande d’information (DI)

Une demande d’information, incluant toutes les spécifications techniques pour les réglementations proposées, a été publiée sur CanadaBuys le 5 janvier 2024 et a été clôturée le 26 janvier 2024.

Le MPO a l’intention de revoir les résultats de la demande d’information dans les prochaines semaines et d’inclure les conclusions dans le développement de la solution à long terme pour le système de traçabilité.

Développement interne du système de traçabilité numérique

Compte tenu de la combinaison d’un calendrier agressif et des détails finaux des réglementations en attente, le MPO a initié le développement d’une solution interne en tirant parti, dans la mesure du possible, d’autres systèmes déjà en place pour gérer les informations sur les pêcheries. La portée initiale de la solution interne couvrira le système de licences et de rapports des pêcheurs.

C13 – Fiche de période de questions : sébaste et crevette

Si l’on insiste

Si on insiste - pourquoi la pêche n'a-t-elle pas été ouverte plus tôt?

Contexte

Il existe deux espèces de sébastes, Sebastes mentella et Sebastes fasciatus, gérées comme un seul stock biologique.

Ce stock est géré dans deux unités de gestion, l'unité 1 dans le golfe du Saint-Laurent et l'unité 2 dans le chenal Laurentien.

L'unité 1 fait l'objet d'un moratoire commercial depuis 1995. Une pêche indicatrice annuelle de 2 000 tonnes est en place depuis 1999. Cette pêche permet de continuer à collecter des données de pêche et des données biologiques.

Les stocks de sébastes du golfe du Saint-Laurent ont connu une croissance importante de leur biomasse grâce à trois fortes classes d'âge de recrutement, nées en 2011, 2012 et 2013. Les évaluations des stocks de 2018, 2020 et 2022 placent Sebastes mentella dans la zone saine et Sebastes fasciatus dans la zone prudente, alors qu'ils étaient auparavant désignés comme zone critique dans l'unité 1 depuis une vingtaine d'années.

Une pêche expérimentale annuelle est en place depuis 2018, allant de 2 500 t à 5 000 t, afin de permettre la collecte de données pour informer les mesures de gestion d'une future pêche commerciale. Les captures ont été faibles chaque année de la pêche expérimentale. Parmi les défis à relever, citons la faible valeur marchande, la taille du sébaste et les préoccupations relatives aux prises accessoires.

L'évaluation la plus récente du stock (2022) indique que la croissance des poissons a été faible au cours des trois dernières années et qu'il n'y a pas eu de recrutement significatif (nouveaux bébés poissons) depuis les fortes cohortes de 2011-2013. En outre, la mortalité naturelle pourrait être plus élevée que prévu ces dernières années, ce qui pourrait réduire la durée de la pêche.

La prochaine évaluation du stock de sébaste est prévue pour 2025. Le ministère prévoit que les deux stocks resteront dans une zone saine.

C14 – Renseignements supplémentaires

La faible disponibilité de la civelle en raison des diminutions et des restrictions dans d’autres pays exerce une pression sur la demande de civelles en Amérique du Nord.

Anguille d’Europe

Anguille de la Méditerranée

Contexte supplémentaire

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