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L’ascidie jaune dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador

L’ascidie jaune dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador

L’ascidie jaune dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador (PDF, 2.71 MB)

Les tuniciers sont des animaux aquatiques dont le corps en forme de sac est protégé par une couche extérieure désignée « tunique ». Les tuniciers peuvent être solitaires ou coloniaux (intégrés à une colonie). Chaque animal se nourrit en filtrant l'eau de mer à travers son corps.

L'ascidie jaune (Ciona intestinalis) est un tunicier solitaire qui serait originaire du nord est de l'Atlantique. Sa présence en Amérique du Nord a été signalée pour la première fois dans l'est des États Unis en 1850; cette espèce a ensuite été découverte sur la côte Est du Canada (Nouveau-Brunswick), en 1852. L'ascidie jaune a été signalée pour la première fois dans les eaux de Terre-Neuve-et Labrador le 19 septembre 2012 (voir la carte).

L'ascidie jaune a un corps translucide allongé (souvent de couleur jaune pâle, verte ou orange), qui peut atteindre 15 cm (6 pouces) de longueur. L'ascidie jaune peut se fixer à presque tous les substrats durs, autant naturels qu' artificiels, souvent en larges colonies; cette espèce contribue donc largement à l'encrassement biologique. L'ascidie jaune peut se reproduire de façon continue dans des eaux dont la température est supérieure à 8 °C, libérant du sperme et des œufs qui sont fécondés et qui forment des larves nageuses. Les larves doivent se déposer dans un intervalle de un à six jours pour survivre - ceci limite donc la dispersion naturelle de cette espèce sur de courtes distances.

La température et la salinité jouent un rôle important dans la croissance et la reproduction de l'ascidie jaune. Dans les régions tempérées ou peu profondes, l'ascidie jaune peut vivre de 12 à 18 mois et produire deux générations par année; toutefois, cette espèce peut vivre de deux à trois ans et se reproduire une fois par année ou moins dans des environnements plus froids et plus profonds.

Groupe d'ascidies jaunes incrustant la coque d'un bateau à Little Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador. Source : Faculté des sciences de l'ocean, MUN.

Groupe d'ascidies jaunes incrustant la coque d'un bateau à Little Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador. Source : Faculté des sciences de l'ocean, MUN.

Ascidie jaune sur une zostère à Little Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador. Source : Faculté des sciences de l'ocean, MUN.

Ascidie jaune sur une zostère à Little Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador. Source : Faculté des sciences de l'ocean, MUN.

Incidences environnementales de l'ascidie jaune

Comme l'ascidie jaune est un animal qui se nourrit par filtrage, elle est un compétiteur naturel des autres filtreurs (dont les moules et autres bivalves commerciaux). Des exploitations aquacoles des Maritimes (principalement de la Nouvelle Écosse et de l'Île du Prince Édouard) ont observé une diminution de la taille et de l'état des moules d'aquaculture commerciale, ainsi qu'une augmentation des coûts de récolte dus à la nécessité d'éliminer les tuniciers et des problèmes liés à la qualité de l'eau. L'ascidie jaune se compose principalement d'eau; elle peut donc transporter un poids considérable lorsqu'elle forme de denses colonies. Or ce poids supplémentaire peut entraîner une hausse des coûts d'entretien des bateaux, en plus de réduire la vitesse des bateaux et leur maniabilité.

Découverte et résultats des relevés

L'ascidie jaune a été identifiée pour la première fois à Terre-Neuve-et-Labrador le 19 septembre 2012, durant un relevé en plongée des quais et des brise lames, effectué par Pêches et Océans Canada à Burin, dans la baie Placentia. Il s'agissait de la première découverte de l'ascidie jaune dans les eaux de cette province. Des relevés subséquents effectués en octobre et novembre 2012 ont révélé la présence de l'ascidie jaune à Little Bay et à Marystown. Les plus fortes concentrations ont été observées à Little Bay, sur des piliers de quais, des coques de bateaux, des câbles, des bouées, du varech et des frondes de zostère. L'espèce a aussi été détectée en plus faibles concentrations sur des structures de quai à Burin et à Marystown. Jusqu'à maintenant, cette espèce n'a été signalée dans aucune exploitation aquacole de Terre-Neuve-et-Labrador.

Répartition du l'ascidie jaune dans les eaux de Terre-Neuve

Zones visées par les relevés aquatiques de 2006 à 2012

  • Burin : Baie Placentia
  • Little Bay : Baie Placentia
  • Marystown : Baie Placentia

Méthodes de lutte contre la propagation de l'ascidie jaune

L'ascidie jaune est considérée comme l'espèce envahissante qui menace le plus la mytiliculture dans les provinces Maritimes; aussi faut il tout mettre en œuvre pour éviter que cette espèce se propage aux installations de mytiliculture de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les tuniciers peuvent se propager facilement par le déplacement d'engins de pêche, de mollusques et de bateaux de pêche commerciale et récréative. Afin de lutter contre la propagation de l'ascidie jaune, il faut faire une inspection visuelle des coques des bateaux et des engins de pêche et les nettoyer régulièrement en les laissant sécher à l'air pendant au moins 48 heures. De plus, tout matériel végétal et animal et toute eau présents sur ces bateaux ou engins de pêche doivent être éliminés sur terre, en évitant qu'ils soient réintroduits dans l'eau. La peinture antisalissure est efficace pour prévenir l'incrustation d'ascidie jaune et elle doit être appliquée régulièrement. Tout doit être fait également pour éliminer les populations qui se trouvent sur les quais et les structures adjacentes.

Les relevés et la surveillance pour ce qui est de l'ascidie jaune à Terre-Neuve-et-Labrador constituent des outils efficaces de détection précoce. La détection précoce des populations nouvellement établies peut offrir la possibilité de maîtriser, de contenir ou, idéalement, d'éradiquer les nouvelles populations avant qu'elles se propagent.

Les recherches se poursuivent en vue d'en apprendre davantage sur la biologie de cette espèce dans l'environnement de Terre-Neuve-et-Labrador et d'élaborer des stratégies d'atténuation et de communication visant à limiter et à prévenir la propagation de l'ascidie jaune dans l'ensemble de la province.

Références

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2013
MPO/2013-1896
N° cat. : Fs23-555/5-2013F
ISBN : 978-0-660-21105-3

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