Grand corégone (Coregonus clupeaformis)
Sur cette page
- Aperçu de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Avis scientifiques et recherche
- Sources
Aperçu de l’espèce
Description physique
Le grand corégone est un long poisson d’eau douce au dos variant entre le vert clair, le brun et le brun foncé, aux flancs argentés et au ventre argenté. Il a une légère bosse derrière la tête.
À l’automne, les femelles et les mâles développent des tubercules nuptiaux sur leurs écailles latérales ainsi que sur les côtés et le dessus de leur tête. Ces tubercules sont plus prononcés chez les mâles et on pense qu’ils ont les utilités suivantes :
- l’identification;
- la défense de nids et de territoires;
- la parade nuptiale;
- le contact entre les individus pendant la fraie.
Répartition
Le grand corégone vit dans des lacs d’eau douce frais et profonds et dans des grandes rivières dans la majeure partie du Canada, de l’Alaska et de certains secteurs du nord-ouest des États-Unis. La limite nord de son aire de répartition se trouve près de Cambridge Bay, dans les Territoires du Nord-Ouest. Cette espèce a également été introduite dans des cours d’eau en Alberta, en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve. Bien qu’elle occupe principalement des rivières et des lacs intérieurs, certains des cours d’eau qu’elle occupe sont saumâtres ou salés, comme la baie d’Hudson et la baie James.
Cycle biologique
Le grand corégone fraie à l’automne, entre septembre et décembre, souvent lorsque la température de l’eau descend sous 8 °C. La fraie se déroule généralement dans des eaux peu profondes (moins de 9 m) sur des substrats durs ou de pierre. Les œufs sont déposés au hasard et demeurent dans les frayères jusqu’à leur éclosion, en avril ou en mai.
Une fois qu’elles ont éclos, les larves se regroupent avec celles d’autres espèces, par exemple :
- la lotte;
- le cisco de lac;
- le chabot de profondeur;
- l’éperlan.
Les larves de grand corégone vivent le long de rives escarpées. Au début de l’été, les grands corégones qui sont jeunes quittent les eaux côtières peu profondes et se déplacent vers des eaux plus profondes, ce qui coïncide avec le changement du régime alimentaire du zooplancton devenu adulte.
Le grand corégone grandit rapidement et les mâles arrivent à maturité plus tôt que les femelles, vers l’âge de 3 ou de 4 ans. Sa croissance est plus rapide dans les régions du sud que dans celles du nord. Bien que le grand corégone vive généralement jusqu’à environ 19 ans, un individu de 28 ans a été capturé dans le Grand lac des Esclaves.
Dans la partie sud de son aire de répartition, le grand corégone se déplace vers des eaux plus froides et plus profondes à mesure que la température augmente en été. Dans certaines régions du Canada, le grand corégone est anadrome.
Historique de la pêche
Sur le plan économique, écologique et culturel, le grand corégone est l’une des espèces de poissons les plus précieuses et importantes au Canada. Il fait l’objet de pêches commerciales et récréatives, et de pêches autochtones à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR). On utilise les outils suivants pour le capturer :
- le filet maillant;
- le filet trappe;
- la ligne et l’hameçon;
- la senne;
- le harpon;
- l’arc.
Des peuples autochtones pêchent le grand corégone depuis des temps immémoriaux. Les colons français ont commencé à pêcher le grand corégone en 1623 et, dans les années 1800, l’espèce était fortement exploitée.
Dans les années 1900, ce poisson était fortement exploité dans les Grands Lacs. On a exploité des écloseries dans plusieurs provinces et États de l’Amérique du Nord pour compenser le niveau de récolte. Des années 1940 aux années 1960, on a commencé à intégrer des mesures visant la réglementation de la récolte à la gestion du grand corégone.
Grands Lacs
Le grand corégone a une longue histoire de pêche dans les Grands Lacs, qui date de 3 000 à 1 000 ans avant notre ère. Les pêcheurs autochtones fabriquaient des filets maillants qui ciblaient le grand corégone et d’autres espèces au début des années 1600. Les premiers colons récoltaient un grand nombre de grands corégones à l’aide de filets maillants et de sennes, à l’automne lorsque les poissons frayaient en zone côtière. À la fin des années 1700, la pêche commerciale de l’espèce a commencé. Entre les années 1880 et 1960, le grand corégone a connu un déclin considérable à mesure que les engins se sont spécialisés et que l’exploitation s’est intensifiée. Depuis, les populations de grand corégone ont connu un accroissement et soutiennent maintenant de nombreuses pêches, y compris des pêches commerciales dans les cinq lacs, dont une grande proportion se situe dans le lac Huron, le lac Michigan et le lac Supérieur.
Grand lac des Esclaves
Il existe des mentions de la pêche du grand corégone dans le Grand lac des Esclaves qui remontent à 1929, mais la pêche commerciale officielle a commencé en 1945. Cette pêche a fait l’objet d’une gestion dès son ouverture. Le taux d’exploitation a atteint un sommet en 1948 et en 1949, puis a diminué pendant 20 ans avant de se stabiliser au début des années 1990. La récolte a de nouveau diminué à partir de 1997, probablement pour des raisons socioéconomiques ou liées au déclin du touladi (quota combiné) plutôt que des stocks de grand corégone.
Lac Winnipeg
En 1875, le grand corégone était pêché dans le lac Winnipeg et expédié à Winnipeg aux fins de consommation locale. La pêche commerciale dans le lac Winnipeg a commencé en 1883 à l’aide de voiliers et, plus tard, de navires à vapeur. Une exploitation record a eu lieu en 1904, suivie d’un déclin attribuable à la surpêche. Une autre période de forte exploitation s’est déroulée entre 1940 et 1943, suivie d’un déclin aussi attribuable à la surpêche. On a mis en place une limite de prises en 1939, qui a été retirée en 1957. Le nombre de permis a été limité, et ceux-ci étaient délivrés en fonction de l’ancienneté dans le but de protéger l’espèce.
Depuis 1972, la gestion du doré jaune, du doré noir et du grand corégone est fondée sur un système de gestion des quotas. Au départ, le quota des trois espèces était combiné. En 2008, le groupe de travail sur l’examen des quotas du lac Winnipeg a recommandé un quota divisé pour le doré jaune, le doré noir et le grand corégone.
Fleuve Yukon
Au Yukon, le grand corégone était pêché par les peuples autochtones avant 1885 dans le cadre d’une pêche de subsistance. Après 1885, l’ouverture de la pêche commerciale a eu lieu lorsque des peuples autochtones pêchaient pour faire du commerce avec des personnes non autochtones. La pêche commerciale a été officialisée grâce à des permis de pêche en 1899. En 1902, le niveau de récolte était très élevé dans le lac Laberge. De 1908 aux années 1970, l’exploitation a diminué jusqu’à ce que de nombreux lacs soient retirés des permis de pêche commerciale en raison de préoccupations liées à la surpêche. Aujourd’hui, la pêche commerciale avec des quotas réduits se pratique dans les cours d’eau suivants :
- lac Atlin;
- lac Teslin;
- lac Bennet;
- lac Kluane;
- fleuve Yukon;
- rivière Teslin;
- rivière Six Mile.
Contexte écosystémique
Dans la majeure partie de son aire de répartition, le grand corégone est menacé par :
- la dégradation de l’habitat;
- le niveau de récolte non durable;
- la prédation par la lamproie marine;
- les espèces envahissantes;
- les changements climatiques.
Le grand corégone se nourrit de mollusques, de petits poissons et d’invertébrés benthiques. Des espèces envahissantes comme la moule zébrée et la moule quagga ont réduit la disponibilité de la nourriture pour certaines populations de grand corégone. Par conséquent, la croissance et l’état du grand corégone ont connu un déclin dans certaines régions.
Les œufs du grand corégone sont en incubation dans des eaux froides. Le taux d’éclosion augmente par temps froid, probablement parce que les œufs sont protégés par une bonne couverture de glace et que l’éclosion est retardée, ce qui fait en sorte que les larves sont plus grosses. Le taux d’éclosion et de recrutement du grand corégone sont également influencés par :
- les espèces envahissantes (p. ex., certaines moules réduisent la disponibilité de proies zooplanctoniques);
- les changements climatiques (p. ex., les températures hivernales qui perdurent retardent la fraie et les forts vents printaniers perturbent la répartition des larves).
Avis scientifiques et recherche
Obtenez des avis scientifiques et des recherches sur le grand corégone
Sources
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