Touladi (Salvelinus namaycush)
Sur cette page
- Aperçu de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Avis scientifiques et recherche
- Sources
Aperçu de l’espèce
Description physique
Le touladi est un long poisson dont le corps foncé est recouvert de nombreuses taches claires. Certains individus sont argentés, ce qui rend les taches plus difficiles à voir. Dans le nord du Canada, le touladi a des nageoires orange ou rouge orangé. Les jeunes touladis ont souvent de 5 à 12 bandes ovales sombres sur les flancs connues sous le nom de marques de tacon.
Le touladi peut atteindre 106 centimètres (cm) de longueur. Pendant la fraie, les mâles et les femelles développent de petits tubercules de reproduction autour de la nageoire anale.
Le touladi peut se reproduire avec l'omble de fontaine pour créer un hybride fertile appelé truite moulac.
Répartition
Le touladi est originaire du nord de l'Amérique du Nord, mais il a été introduit dans d'autres endroits tels que :
- Nouvelle-Zélande;
- Amérique du Sud;
- Suède;
- États-Unis.
Le touladi occupe presque toutes les provinces et tous les territoires du Canada. Au printemps, on le trouve souvent dans les eaux de surface après la fonte des glaces. À mesure que les eaux se réchauffent, le touladi se déplace dans des eaux plus profondes et plus fraîches (environ 10 °C). On le trouve souvent à des profondeurs de 18 à 53 mètres (m), mais on l'a trouvé jusqu'à des profondeurs de 467 m. Dans le nord, le touladi se trouve dans les zones peu profondes de lacs et dans des rivières.
Cycle vital
Le touladi fraie à l'automne, d'août à novembre. La fraie a lieu dans des lacs au-dessus de fonds composés de gros blocs rocheux ou de gravats à des profondeurs de 1 à 12 m. La température de l'eau pour la reproduction est habituellement de 8,9 à 13,9 °C. Les touladis retournent dans les mêmes frayères chaque année, un comportement connu sous le nom de philopatrie.
Les œufs fécondés tombent dans les crevasses entre les blocs rocheux sur le fond et couvent pendant 4 à 5 mois. Les œufs éclosent entre mars et juin. Dans certaines régions, les jeunes nouvellement éclos se déplacent vers des eaux plus profondes pour trouver de la nourriture. Dans les lacs nordiques, ils peuvent rester dans les eaux littorales pendant des mois ou des années avant de se déplacer vers des eaux plus profondes.
Les jeunes touladis se nourrissent principalement d'invertébrés, tandis que les adultes sont opportunistes et ont un régime alimentaire varié, notamment composé de ce qui suit :
- cisco;
- gaspareau;
- chabot;
- éperlan.
Le touladi atteint la maturité à l'âge de 6 ou 7 ans. Dans les régions nordiques, il atteint la maturité plus tard, jusqu'à l'âge de 13 ans. Les femelles peuvent frayer tous les 2 ou 3 ans. Le touladi vit en moyenne 21 ans, mais il peut vivre jusqu'à 51 ans.
Historique de la pêche
Le touladi est très important pour les pêches commerciales, récréatives et de subsistance toute l'année. Dans de nombreux lacs, il est pêché à des fins récréatives à la ligne (mouche ou lancer léger) au printemps et en profondeur en été. Dans les régions nordiques, la pêche à la traîne en profondeur n'est pas nécessaire, car le touladi occupe souvent des eaux moins profondes.
En raison de la popularité de la pêche à la ligne du touladi, des déclins de population sont observés dans une grande partie de l'aire de répartition de l'espèce. Le touladi est particulièrement vulnérable à la surpêche parce qu'il :
- a une excellente chair pour la consommation;
- forme de grands regroupements pour la fraie;
- a des périodes de migration et de fraie prévisibles.
Les pêcheurs commerciaux utilisent des filets maillants pour capturer le touladi. Les populations septentrionales ont été surexploitées pendant de nombreuses années, ce qui a entraîné des déclins, en particulier dans le Grand lac des Esclaves. La récolte totale au Canada a diminué de façon spectaculaire dans les années 1960.
Le touladi est un poisson précieux qui est pêché à des fins de subsistance dans la région désignée des Inuvialuit, dans les Territoires du Nord-Ouest. Le touladi du lac Husky est utilisé depuis des générations pour la subsistance. Il n'était autrefois accessible qu'en motoneige lorsque les conditions le permettaient; cependant, la construction d'une autoroute permet maintenant l'accès toute l'année.
Une mesure de gestion courante du touladi est l'élevage en écloserie de juvéniles qui sont ensuite relâchés. Par exemple, depuis 1892, on relâche des touladis d'écloserie pour repeupler des plans d'eau de la Nouvelle-Écosse. Les Grands Lacs et le lac Cayuga ont ainsi été repeuplés avec succès.
Contexte écosystémique
Les œufs de touladi sont sensibles à la prédation des espèces suivantes :
- corégones;
- barbotte brune;
- lotte.
Dans les années 1940 et 1950, la population de touladi du lac Supérieur était fortement affaiblie, et l'espèce a failli disparaître des lacs Michigan, Huron, Érié et Ontario. Ces déclins étaient attribuables à la surexploitation et à l'invasion de la lamproie marine, qui parasite le touladi. Les autres menaces sont les suivantes :
- pollution (p. ex. DDT)
- changements relatifs à la disponibilité des proies et aux populations de poissons-fourrages;
- dégradation de l'habitat;
- accès accru à l'habitat.
Le touladi est vulnérable au déclin de ses populations parce qu'il :
- a une longue durée de vie, une maturation tardive et une croissance lente;
- a un taux de remplacement lent;
- vit dans des habitats à faible productivité.
Avis scientifiques et recherche
Obtenez des avis scientifiques et des recherches sur le touladi
Sources
- Great Lakes Fishery Commission 1984. Strategies for rehabilitation of Lake Trout in the Great Lakes: Proceedings of a conference on Lake Trout research, August 1983. Tech. Rep. No. 40.
- Kissinger et al. 2019. Assessment of Lake Trout populations within the Inuvialuit Settlement Region of Northwest Territories and Yukon, 2014-2015. Can. Manuscr. Rep. Fish. Aquat. Sci. 3181: vi + 34 p.
- Kissinger et al. 2020. Community-based Lake Trout (Salvelinus namaycush) monitoring program in Husky Lakes NT, 2014-2015. Can. Data Rep. Fish. Aquat. Sci. 1302: v + 16 p.
- McPhail and Lindsey 1970. Freshwater fishes of northwestern Canada and Alaska. Fish. Res. Board Can. Bulletin 173.
- Scott et Crossman 1973. Poissons d'eau douce du Canada. Ministère des Pêches et des Océans. Bulletin (Office des recherches sur les pêcheries du Canada), no 184.
- Semple 1969. Hatchery plantings of Brown Trout, Lake Trout, Rainbow Trout and Lake Whitefish in Nova Scotia, and subsequent angling success. Resource Development Branch. Manuscr. Rep. 69-1.
- Siesennop 2000. Estimating potential yield and harvest of Lake Trout Salvelinus namaycush in Minnesota's Lake Trout lakes, exclusive of Lake Superior. Minn. Dep. Nat. Res. Invest. Rep. 487.
- Yaremchuk 1986. Results of a nine year study (1972-80) of the sport fishing exploitation of Lake Trout (Salvelinus namaycush) on Great Slave and Great Bear Lakes, NWT: the nature of the resource and management options. Can. Tech. Rep. Fish. Aquat. Sci. 1436: vi + 80 p.
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