Panope du Pacifique (Panopea generosa)
Sur cette page
- Aperçu de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Avis scientifiques et recherche
- Plan de gestion intégrée des pêches
- Liens connexes
Aperçu de l’espèce
Description physique
La panope du Pacifique est la plus grande palourde fouisseuse du monde. C’est un bivalve, c’est-à-dire qu’elle possède deux coquilles. Ces dernières sont blanches et rectangulaires. Son siphon, une structure en forme de tube qui s’étend à partir de son corps, est trop long pour être contenu par les coquilles. Sa coloration va du blanc au brun.
La panope du Pacifique croît rapidement pendant les 10 à 15 premières années de sa vie, ses coquilles pouvant atteindre une longueur supérieure à 20 centimètres. Par la suite, les coquilles ne s’allongent généralement plus beaucoup, mais elles s’épaississent, ce qui fait augmenter le poids de la panope du Pacifique. Cette dernière peut atteindre un poids de trois kilogrammes, mais le poids moyen est d’environ un kilogramme.
La panope du Pacifique peut vivre plus de 180 ans. C’est l’un des animaux qui vit le plus longtemps au monde.
Répartition
La panope du Pacifique est présente de l’Alaska au Mexique. Elle vit dans la zone intertidale basse à une profondeur d’au moins 110 mètres. Elle s’enfouit à une profondeur pouvant atteindre un mètre dans un substrat.
Cycle de vie
La panope du Pacifique fraie de mai à juillet lorsque les eaux se réchauffent. C’est une espèce qui expulse ses produits sexuels dans la colonne d’eau; en effet, le sperme et les œufs sont libérés dans l’eau en vue de la fécondation. Les femelles peuvent libérer de 7 à 10 millions d’œufs. Les panopes du Pacifique sont fertiles entre les âges de 2 à 107 ans; elles peuvent donc se reproduire pendant plus d’un siècle.
Les larves sont pélagiques pendant 40 à 50 jours, flottant librement dans les eaux profondes, avant de s’établir sur le fond marin et de s’enfoncer jusqu’à un mètre de profondeur dans un substrat meuble.
Historique de la pêche
En anglais, la panope du Pacifique s’appelle « Geoduck », un mot des Premières Nations des Salish de la côte qui signifie « creuser profondément ». La panope du Pacifique peut être pêchée à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR) par les Autochtones sur l’ensemble du littoral, sous réserve d’analyses de détection des biotoxines. Il existe également une pêche récréative. La pêche à des fins ASR et la pêche récréative sont ouvertes toute l’année, sauf lors de la fermeture de zones et de périodes en raison de la contamination par les biotoxines. L’effort de pêche à des fins ASR et de pêche récréative est faible, car il est difficile d’accéder à ces palourdes vivant en eaux profondes.
La pêche commerciale de la panope du Pacifique est l’une des plus rentables en Colombie-Britannique, et a débuté en 1976. En 1979, les permis ont été limités et des quotas ont été introduits. Les débarquements sur l’ensemble de la côte ont atteint leur apogée en 1987, soit 5 735 tonnes. En 1989, des mesures de gestion supplémentaires ont été mises en place afin de soutenir une exploitation durable. Depuis 1995, la majorité des débarquements proviennent de la côte Nord. Le total autorisé des captures (TAC) commercial est demeuré relativement stable pendant de nombreuses années, jusqu’en 2012, où il a été réduit à la suite d’améliorations aux évaluations des stocks et aux avis sur la pêche. Au cours des années plus récentes, le TAC a été ajusté afin de refléter les changements dans la biomasse estimée associés à la prédation par les loutres de mer et à l’évolution des mesures de gestion spatiale.
Légende de la figure : Débarquements totaux de panope du Pacifique, en tonnes métriques, depuis 1976. Les barres de différentes couleurs représentent les différentes zones de pêche : le nord de la côte, la côte ouest de l’île de Vancouver et les eaux intérieures. La ligne noire représente le total autorisé des captures (TAC) annuel.
Outils de gestion de la pêche :
- TAC ;
- quotas individuels par navire ;
- ouvertures planifiées par secteur ;
- quotas à l’échelle du sous-gisement ;
- programme de vérification des prises.
La pêche sur la côte ouest de l’île de Vancouver est ouverte chaque année afin d’offrir une flexibilité face à l’impact de la prédation par la loutre de mer sur les populations de panope du Pacifique. Les régions du nord de la côte et des eaux intérieures sont chacune divisées en trois zones. Essentiellement, la pêche est ouverte une fois tous les trois ans dans chaque zone. Cette approche de pêche par rotation est essentiellement d’ordre logistique et facilite la gestion et le contrôle de la pêche.
La pêche commerciale est ouverte toute l’année, mais elle peut être fermée ou rouverte en fonction des circonstances :
- contamination par des biotoxines ;
- demande du marché ;
- atteinte du quota.
La panope du Pacifique est pêchée commercialement à la main par des plongeurs utilisant de l’équipement alimenté en surface. Les palourdes vivantes sont retirées du fond marin à l’aide d’un jet d’eau appelé « dard ». Il n’est pas permis d’utiliser de l’équipement de pêche commerciale pour la pêche récréative. Les plongeurs pêchent les palourdes du Pacifique à des profondeurs comprises entre 3 et 20 mètres. La fausse-mactre n’est habituellement pas ciblée, mais elle est capturée accessoirement lors de la pêche à la panope du Pacifique. Il existe une petite pêche dirigée à la fausse-mactre dans les eaux méridionales qui est gérée au moyen d’un TAC.
La majorité des panopes du Pacifique pêchées au Canada sont exportées. Les panopes du Pacifique vivantes sont transportées à des usines de transformation où elles sont emballées et expédiées vivantes vers les marchés asiatiques.
La panope du Pacifique est élevée à petite échelle depuis le début des années 1990.
Contexte écosystémique
De nombreuses panopes du Pacifique vivent dans des refuges naturels, c’est-à-dire en dehors des zones de pêche. Une partie des reproducteurs est donc protégée contre l’exploitation. Les refuges sont les suivants :
- les eaux de moins de trois mètres de profondeur, où les plongeurs ne sont pas autorisés à les pêcher ;
- les zones situées à plus de 20 mètres de profondeur, où les plongeurs ne peuvent pas les atteindre ;
les lits de gravier ou de coquilles d’où les plongeurs ont du mal à les extraire ; les zones fermées, comme :
- les herbiers de zostère protégés ;
- les zones contaminées ;
- les parcs marins et aires marines protégées ;
- les zones désignées pour la recherche.
La panope du Pacifique est consommée par la loutre de mer, dont l’abondance a une incidence sur les populations de panope du Pacifique et leur pêche. Les gisements de panope du Pacifique ne sont pas exploités dans certains secteurs en raison de l’impact de la prédation par la loutre de mer.
Les panopes du Pacifique peuvent accumuler des biotoxines, telles que la toxine paralysante. La pêche peut donc être fermée afin de réduire les risques pour la santé humaine.
Avis scientifiques et recherche
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Plan de gestion intégrée des pêches
Plan de gestion intégrée des pêches pour la panope du Pacifique et la fausse-mactre
Liens connexes
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