Programme d’intervention auprès des mammifères marins : Rapport annuel 2023-2024
Sur cette page
- Aperçu
- Chiffres de base sur les interventions en 2023-2024
- Nombres d’incidents par région
- Règlement sur les mammifères marins
- Autres initiatives nationales pour protéger les baleines
Aperçu
Le rapport annuel sur le Programme d’intervention auprès des mammifères marins comprend les données sur les incidents et les interventions reçues des régions du MPO et des partenaires externes partout au Canada au cours de l’exercice financier.
Partenaires d’intervention
Le MPO compte plusieurs partenaires contractuels qui fournissent des services essentiels d’intervention auprès des mammifères marins à l’échelle nationale :
- The Campobello Whale Rescue Team (CWRT) – Canadian Whale Institute (CWI)
- Tangly Whales – Whales Release and Strandings
- Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)
- The Marine Animal Response Society (MARS)
- Vancouver Aquarium Marine Mammal Rescue
- The British Columbia Marine Mammal Response Network (BCMMRN)
Vétérinaires
- Université de Montréal
- Collège vétérinaire de l’Atlantique
- Dr. Steven Raverty Consulting
Chiffres de base sur les interventions en 2023-2024
Entre avril 2023 et mars 2024, un total de 1 970 incidents impliquant plus de 2 300 animaux ont été signalés à travers le Canada. Sur le nombre total d’incidents déclarés, on a enregistré 1 386 interventions. Sur le nombre total d’incidents déclarés, 335 étaient des incidents impliquant des espèces visées par la Loi sur les espèces en péril (LEP) [plusieurs incidents concernaient des espèces non identifiables; par conséquent, le nombre d’incidents impliquant des espèces visées par la LEP pourrait être supérieur]. Les partenaires sont intervenus sur 300 des 335 incidents signalés mettant en cause des espèces visées par la LEP.
Les types d’incidents comprenaient les suivants :
- empêtrements;
- approches de navires à proximité;
- harcèlement;
- collisions;
- échouements d’animaux vivants;
- signalements d’animaux blessés ou malades
- observations/nageant librement;
- animaux morts (échoués et flottants);
- animaux en détresse;
- tirs;
- animaux interagissant avec le public.
Parmi les types d’intervention figuraient les suivants :
- libération de baleines et de pinnipèdes empêtrés;
- prélèvement d’échantillons et réalisation de nécropsies sur des animaux morts;
- regroupement d’animaux échoués avec leurs congénères;
- intervention faisant suite à des déclarations de harcèlement;
- remise à flot d’animaux échoués vivants;
- surveillance d’animaux malades;
- surveillance des approches de navires à proximité;
- réchauffement de tortues de mer étourdies par le froid.
Avis de non-responsabilité
De multiples raisons peuvent expliquer pourquoi une intervention peut être inutile ou impossible, notamment lorsqu’un même incident est déclaré deux fois ou lorsqu’une intervention sécuritaire n’est pas envisageable. Il est important de noter que les chiffres fournis dans le présent rapport ont été recueillis de façon opportuniste dans les rapports d’organismes d’intervention. Par conséquent, le nombre réel d’animaux touchés par les activités humaines ne peut être déterminé. Comme tous les incidents ne sont pas signalés, les données présentées ici constituent probablement une sous-estimation de la fréquence réelle pour ces espèces et ces populations.
Nombres d’incidents par région
Remarque :
Certains incidents signalés sont des observations d’animaux pour lesquelles aucune intervention n’était possible ou requise, mais qui ont donné lieu au recueil de renseignements. Certains incidents sont également signalés plusieurs fois (chaque appel qui arrive est enregistré pour montrer le niveau d’activité des lignes d’assistance téléphonique); c’est pour cette raison que le nombre d’interventions peut être différent du nombre de signalements reçus.
- Pacifique : On a enregistré un nombre total de 950 incidents déclarés et d’environ 912 interventions réalisées. Parmi celles-ci, 326 visaient des cétacés et 580 des pinnipèdes. Sur les 950 incidents, 68 incidents concernaient des animaux empêtrés.
- Québec : On a enregistré un nombre total de 496 incidents déclarés et de 196 interventions réalisées. Parmi celles-ci, 11 visaient des espèces inscrites sur la liste de la LEP.
- Golfe : On a enregistré un nombre total de 219 incidents déclarés et de 94 interventions réalisées. Parmi celles-ci, 9 visaient des espèces inscrites sur la liste de la LEP.
- Maritimes : On a enregistré un nombre total de 248 incidents déclarés et de 136 interventions réalisées. Parmi celles-ci, 3 visaient des espèces inscrites sur la liste de la LEP.
- Terre-Neuve-et-Labrador : On a enregistré un nombre total de 57 incidents déclarés et de 48 interventions réalisées. Parmi celles-ci, 8 visaient des espèces inscrites sur la liste de la LEP.
Règlement sur les mammifères marins
Tous les mammifères marins sont assujettis aux dispositions du Règlement sur les mammifères marins en vertu de la Loi sur les pêches. Le gouvernement du Canada a modifié le Règlement sur les mammifères marins en 2018 afin de mieux protéger les mammifères marins, notamment les baleines en péril du Canada.
Il est illégal de perturber un mammifère marin. Vous ne pouvez pas :
- nourrir un mammifère marin, nager en sa compagnie ou interagir avec lui;
- déplacer un mammifère marin (y compris en l’attirant ou en l’obligeant à se déplacer);
- séparer un mammifère marin de son groupe ou vous placer entre celui-ci et un petit;
- piéger un mammifère marin ou un groupe entre un navire et le rivage ou entre des navires;
- étiqueter ou marquer un mammifère marin.
Non seulement il s’agit d’infractions à la Loi, mais des situations impliquant des mammifères marins en détresse peuvent être très dangereuses, voire mortelles, tant pour les personnes que pour les animaux. Seuls le personnel de sauvetage des mammifères marins autorisé et les organisations partenaires qui utilisent de l’équipement et des techniques spécialisés peuvent aider les animaux marins en détresse.
Si vous voyez un mammifère marin en détresse, ne vous approchez pas et signalez-le dès que possible.
Autres initiatives nationales pour protéger les baleines
Mesures de gestion des pêches pour la protection des baleines et innovation en matière d’équipement
- Au cours des dernières années, le MPO a mis en œuvre dans nos pêches une gamme de mesures nationales de protection des mammifères marins qui incluent :
- l’obligation de signaler tout contact accidentel avec les baleines, y compris la déclaration des interactions entre les pêches et les baleines;
- les mises à jour du Règlement sur les mammifères marins afin de définir davantage les restrictions en matière de perturbation et d’identifier les limites de la distance à laquelle les navires peuvent s’approcher des baleines;
- le soutien au développement et à la mise en œuvre d’engins de pêche innovants pour réduire les empêtrements de baleines.
- En 2021, le Canada a lancé le Fonds d’adoption d’engins de pêche sécuritaires pour les baleines de 20 millions de dollars afin d’aider les groupes de pêcheurs, les organisations autochtones, les chercheurs et les fabricants d’engins de pêche à mieux comprendre comment des engins de pêche sécuritaires pour les baleines pourraient être mis en œuvre dans les pêches du Canada atlantique et du Québec. Le Fonds a soutenu 34 projets en 2021-2023, mettant à l’essai et perfectionnant divers types d’engins de pêche sécuritaires pour les baleines.
- En février 2023, Pêches et Océans Canada a annoncé qu’il travaillerait avec les pêcheurs, les groupes autochtones, les organisations non gouvernementales et d’autres intervenants pour élaborer une stratégie nationale sur les engins de pêche sécuritaires pour les baleines. Le MPO a entrepris des consultations ciblées à l’automne 2024 et à l’hiver 2025, et prépare actuellement la stratégie.
- Cette stratégie de cinq ans guidera la mise en œuvre des engins de pêche sécuritaires pour les baleines dans les pêches canadiennes, notamment des engins à faible résistance à la rupture et des engins à la demande, adaptés aux conditions particulières de chaque pêche et éclairés par les résultats des essais sur les engins et les commentaires des personnes concernées.
Initiative de lutte contre les engins fantômes
- Le terme « engin fantôme » désigne tout engin de pêche abandonné, perdu ou rejeté (p. ex. filets, lignes, cordages, casiers, nasses et flotteurs). Les autres termes courants sont « engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés » (EPAPR) et « engins de pêche abandonnés » (EPA). Cette pollution marine constitue l’un des types de débris les plus nocifs présents dans nos océans; elle peut être mortelle pour les poissons, les mammifères marins et d’autres formes de vie marine, présente un risque pour la navigation et se décompose en d’autres formes de pollution, comme les microplastiques.
- En 2019, Pêches et Océans Canada (MPO) a mis en place le Programme des engins fantômes, en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada dans le cadre de l’initiative horizontale zéro déchet de plastique, et plus tard dans le cadre de l’engagement du gouvernement du Canada de 2022 visant à promouvoir l’économie circulaire des plastiques au Canada.
- Le Programme des engins fantômes a donné suite à l’engagement du Canada de lutter contre la pêche fantôme au Canada et dans le monde en prenant des mesures pour récupérer les engins fantômes dans les zones côtières et marines et pour mettre au point des outils pour prévenir et réduire les pertes d’engins à l’avenir.
- Le Programme a pour mandat de créer une stratégie qui traite de la prévention, de l’atténuation et de l’intervention à long terme pour les engins fantômes, y compris l’élaboration du Plan d’action du Canada sur les engins fantômes, qui sera publié en 2027.
- En 2023-2024, le MPO a financé 48 projets au Canada et à l’étranger pour aider les groupes autochtones, les pêcheurs, l’industrie de l’aquaculture, les organisations non gouvernementales et les collectivités à prendre des mesures concrètes dans la lutte contre les engins fantômes. Ces projets ont permis de récupérer 18 757 unités d’équipement (ou 551 tonnes), ainsi que 420 km de cordages. Ces projets ont été financés en réponse à l’ouragan Fiona, qui a touché terre en 2022.
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