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Plan de rétablissement : Hareng de l’Atlantique, Clupea harengus, composante des reproducteurs de printemps - Division 4T de l’OPANO

Région du Golfe :

  • Date à laquelle il a été déterminé que le stock se situait à un niveau inférieur ou égal au point de référence limite (PRL): 2001
  • Date à laquelle le stock a été prescrit en vertu des dispositions relatives aux stocks de poissons (DSP) de la Loi sur les pêches : le 4 avril 2022
  • Date d’approbation du plan de rétablissement : le 26 mars 2024
Atlantic Herring

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Sommaire

La population de hareng du sud du golfe du Saint-Laurent (sgSL) est constituée de 2 composantes de reproducteurs :

  1. reproducteurs de printemps
  2. reproducteurs d’automne

Ces 2 composantes du hareng de l’Atlantique sont définies comme des stocks différents et gérées sous 2 saisons de pêche (printemps et automne et selon 7 zones de pêche du hareng (ZPH) dans la division 4T de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO). Un total autorisé de capture (TAC) distinct pour chaque composante des reproducteurs a été établi depuis 1985, mais pour simplifier la gestion de la pêche, les allocations et les quotas sont déterminés selon la saison plutôt que par la composante de reproducteurs.

Les débarquements annuels au cours des saisons de pêche de printemps et d’automne ont baissé constamment de 1999 à 2021. Le déclin le plus marqué a été observé pendant la saison de pêche de printemps, lorsque les reproducteurs de printemps sont capturés. À mesure que la biomasse des reproducteurs de printemps entrait dans la zone critique du cadre de l’Approche de Précaution (AP), les TAC ont été progressivement réduits de 21 000 t au début des années 1990 à 500 t pour les saisons de pêche de printemps de 2020 et 2021. La composante des reproducteurs de printemps dans le sgSL est demeurée dans la zone critique du cadre de l’AP depuis 2001. En raison de l’absence de rétablissement du stock et de l’état critique persistant, la pêche commerciale dirigée et la pêche d’appât qui ont lieu au printemps ciblant la composante des reproducteurs de printemps ont été fermées en 2022.

Il a été démontré que le niveau de recrutement des reproducteurs de printemps est influencé par des effets environnementaux, alors que la biomasse reproductrice n’a pas une grande influence sur les variations du recrutement. Dans le golfe du Saint-Laurent, on observe une tendance :

La température de la surface de la mer dans le sgSL et le recrutement des reproducteurs de printemps sont passés brusquement d’un régime d’eau froide/fort recrutement (1978 à 1991) à un régime d’eau plus chaude/faible recrutement (1992 à 2017) au début des années 1990. Le stock des reproducteurs de printemps est moins susceptible de se rétablir dans le régime actuel d’eau plus chaude/faible recrutement.

Comme l’indique le cadre de l’approche de précaution (AP), l’objectif premier de ce plan de rétablissement est de stimuler la croissance de la composante des reproducteurs de printemps du sgSL pour qu’elle puisse sortir de la zone critique en s’assurant que les prélèvements de toutes les pêches soient maintenus au plus bas niveau possible jusqu’à ce que le stock ait quitté cette zone. Dans la zone critique, cet objectif demeure le même, que le stock soit en déclin, stable ou en croissance. Selon le cadre de l’AP, l’objectif primordial du plan de rétablissement est de faire croître le stock hors de la zone critique. La cible de rétablissement du plan sera d’accroître le stock de manière à ce que le niveau de la biomasse du stock reproducteur (BSR) se situe au-dessus du point de référence limite (PRL) de 51 938 t, avec une probabilité élevée (≥75 %). Si la cible de rétablissement peut être atteinte, l’objectif de gestion à long terme dans le Plan de gestion intégrée des pêches (PGIP) sera de poursuivre la croissance du stock vers la zone saine, puis de maintenir la BSR dans cette zone.

Malheureusement, même en l’absence de pêche, d’après les perspectives autant à court qu’à long terme (projections de la BSR jusqu’en 2027 et 2069 respectivement), le rétablissement de la composante des reproducteurs de printemps semble peu probable en raison des conditions actuelles de faible recrutement et de mortalité naturelle élevée. Le régime actuel de température élevée de l’eau/faible recrutement, la réduction du poids selon l’âge et la mortalité naturelle élevée (principalement de la prédation); limitent la probabilité de croissance du stock. Certains modèles de projections à long terme de la population de reproducteurs de printemps, utilisant différents scénarios de relation entre le recrutement et l’environnement, ont été testés pour les années 2020 à 2069. Les modèles les plus prometteurs ont démontré, au fil du temps, peu de changements de la BSR et le stock demeurant dans la zone critique de l’AP.

Il n'a pas été possible de calculer un délai de rétablissement, car même en l'absence de mortalité par la pêche, il est peu probable que le stock se rétablisse dans les conditions actuelles de productivité du stock et de l'écosystème. Le délai est donc fixé à la période de génération de 6 ans pour la composante des géniteurs de printemps (Burbank et al. 2023, MPO 2024a) à partir de 2024.

Lors de chaque examen du plan , on réévaluera les facteurs limitant le potentiel de croissance du stock afin de vérifier s’ils influencent toujours la croissance du stock et, si de nouvelles informations scientifiques supportent le besoin d’une revue de l’objectif de rétablissement et/ou de l’échéancier. Entre-temps et conformément au cadre de l’AP, le plan de rétablissement vise toujours à minimiser, dans la mesure du possible, un plus grand déclin du stock. De cette façon, si les conditions prédominantes qui limitent le rétablissement du stock viendraient à changer, le stock conserve son potentiel de rétablissement.

Guidées par le cadre de l’AP, les mesures de gestion définies dans le présent plan de rétablissement maintiennent une faible mortalité par pêche pour soutenir le rétablissement tout en continuant à surveiller et à évaluer les stocks. À cette fin, on cherchera à :

Glossaire et abréviations

AP
Approche de précaution.
ASR
Pêches alimentaires, sociales et rituelles par les Premières Nations et les organisations autochtones.
Brétablissement
La BSR historique la plus basse à partir de laquelle le stock a pu se rétablir.
BSR
Biomasse du stock reproducteur.
CCPPG
Comité consultatif des petits pélagiques du Golfe.
COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
DSP
Dispositions relatives aux stocks de poissons de la Loi sur les pêches modifiée en 2019.
F
Mortalité par pêche.
F0,1
Taux d’exploitation de référence dans la zone saine de l’AP correspondant au taux de mortalité par pêche auquel le rendement marginal par recrue (c’est-à-dire l’augmentation du rendement par recrue en poids pour une augmentation d’une unité de mortalité par pêche) n’est que de 10 % du rendement marginal par recrue sur le stock non exploité.
GSL
Golfe du Saint-Laurent.
LEP
Loi sur les espèces en péril.
M
Mortalité naturelle.
MCMC
Méthode de Monte Carlo par chaîne de Markov; classe d’algorithmes pour l’échantillonnage à partir d’une distribution de probabilité.
MPO
Pêches et Océans Canada.
OPANO
Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest.
PGIP
Plan de gestion intégrée des pêches (document assez similaire au PPAC mais avec plus de détails pour encadrer la conservation et l’utilisation durable de la ressource).
PPAC
Plan de pêche axé sur la conservation.
PRC
Point de référence cible déterminé par les objectifs de productivité pour le stock, des considérations biologiques plus générales, ainsi que des objectifs sociaux et économiques pour la pêche.
PRL
Point de référence limite représentant la frontière entre la zone critique et la zone de précaution du cadre de l’AP.
PRS
Point de référence supérieur du stock représentant la frontière entre la zone de prudence et la zone saine.
Relevé par NR
Relevé effectué à bord d’un navire de recherche (scientifique), mené chaque année en septembre.
SCAS
Secrétariat canadien des avis scientifiques.
sgSL
Sud du golfe du Saint-Laurent.
SRAPA
Stratégie relative aux pêches autochtones.
T
Tonne métrique ou tonne.
TAC
Total autorisé des captures.
TER
Un taux d’exploitation de référence est le taux maximal acceptable de prélèvement pour le stock.
UD
Unité désignable telle que définie par le COSEPAC.

Définitions importantes utilisées dans ce document

Flottille à engins fixes
Les pêcheurs titulaires d’un permis les autorisant à utiliser des filets maillants (également appelés « pêcheurs au filet maillant »).
Saison de pêche d’automne
Saison de pêche qui s’étend du début du mois de juillet à la fin du mois de décembre et cible les reproducteurs d’automne, mais peut également inclure certains reproducteurs de printemps.
Reproducteurs d’automne
Composante de la population de hareng de l’Atlantique qui fraie en automne.
Flottille à engins mobiles
Les pêcheurs titulaires d’un permis les autorisant à utiliser des sennes coulissantes (également appelés « pêcheurs à la senne »).
Saison de pêche de printemps
Saison de pêche qui s’étend du mois de janvier à la fin du mois de juin (mais de la mi-avril à la fin du mois de juin dans la pratique) et cible les reproducteurs de printemps, mais peut également inclure certains reproducteurs d’automne.
Reproducteurs de printemps
Composante de la population de hareng de l’Atlantique qui fraie au printemps.

Avant-propos

En 2009, Pêches et Océans Canada (MPO) a préparé le document « Un cadre décisionnel pour les pêches intégrant l’approche de précaution »Note de bas de page 1 (Politique sur l’AP) aux termes du Cadre pour des pêches durablesNote de bas de page 2. Ce document décrit la méthode utilisée par le Ministère pour l’application de l’approche de précaution (AP) aux pêches canadiennes. Un élément important de la Politique sur l’AP stipule que lorsqu’un stock est descendu à un niveau inférieur ou égal à son point de référence limite (PRL), un plan de rétablissement doit être mis en place de manière à avoir une probabilité élevée de ramener ce stock au dessus du PRL dans un délai raisonnable.

En outre, selon l’article 6.2 des dispositions relatives aux stocks de poissons de la Loi sur les pêches modifiée (2019), des plans de rétablissement doivent être élaborés et mis en œuvre pour les principaux stocks prescrits qui sont descendus à un niveau égal ou inférieur à leur PRL. Cette exigence légale est soutenue par l’article 70 du Règlement de pêche (dispositions générales) (RPDG), qui définit le contenu requis de ces plans de rétablissement et établit un échéancier pour l’élaboration de chaque plan de rétablissement.

Ce plan vise à déterminer les principaux objectifs de rétablissement pour la composante des reproducteurs de printemps dans la division 4T de l’OPANO, ainsi que les mesures de gestion permettant d’atteindre les objectifs établis. Ce plan fournit une interprétation commune des « règles » fondamentales régissant le rétablissement du stock. Ce stock est prescrit dans le Règlement de pêche (dispositions générales) (article 69) et est donc soumis à l’article 6.2 de la Loi sur les pêches et à ses exigences réglementaires.

Les objectifs et les mesures énoncés dans le présent plan demeurent en vigueur tant que le stock n’a pas atteint sa cible de rétablissement. Une fois que l’on aura déterminé que le stock a atteint la cible, il sera géré au moyen du PGIP standard ou d’un autre processus de gestion des pêches afin de répondre aux exigences du Règlement de pêche. Les mesures de gestion énoncées dans le présent plan de rétablissement sont obligatoires et peuvent être modifiées, ou d’autres mesures peuvent leur être ajoutées si elles ne mènent pas au rétablissement du stock.

Le présent plan de rétablissement ne constitue pas un instrument juridiquement contraignant qui pourrait tenir lieu de fondement à une contestation judiciaire. Il peut être modifié en tout temps et n’entrave en rien l’exercice du pouvoir discrétionnaire du ministre qui lui est conféré par la Loi sur les pêches. Le ministre peut, pour des raisons de conservation ou pour toute autre raison valable, modifier toute disposition du plan de rétablissement conformément aux pouvoirs reconnus dans la Loi sur les pêches.

Les décisions qui découlent de l’application de ce plan de rétablissement doivent respecter les droits des peuples autochtones du Canada reconnus et affirmés par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, y compris ceux qui sont issus de traités modernes. Lorsque le MPO est chargé de mettre en œuvre un plan de rétablissement dans une zone faisant l’objet d’un traité moderne, le plan de rétablissement sera mis en œuvre d’une manière conforme à cet accord. Le plan devrait également être guidé par la décision Sparrow rendue en 1990 par la Cour suprême du Canada, selon laquelle le droit des groupes autochtones de pratiquer la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles a préséance, sous réserve de la conservation des ressources, sur toute autre utilisation de ces dernières.

L’honorable Diane Lebouthillier, C.P., députée.
Ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne

1.0 Introduction et contexte

1.1 Population et répartition

Les espèces de hareng appartiennent pour la plupart à la famille des clupéidés et constituent le groupe d’espèces fourragères le plus abondant au monde. Elles se trouvent surtout dans les eaux tempérées et peu profondes des océans Pacifique Nord et Atlantique Nord, y compris dans la mer Baltique, ainsi qu’au large de la côte ouest de l’Amérique du Sud.

Le hareng de l’Atlantique est considéré comme l’espèce de hareng la plus abondante. Réparti des deux côtés de l’Atlantique Nord, il constitue plus de la moitié de toutes les captures de hareng dans le monde. Dans l’ouest de l’Atlantique Nord, il s’étend de l’ouest du Groenland au Labrador et vers le sud le long de la côte nord-américaine jusqu’au Cap Hatteras (Stevenson et Scott 2005, Scott et Scott 1988). L’espèce est présente dans le sgSL, de la côte nord de la péninsule gaspésienne (Québec) à l’extrémité nord de l’île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse), y compris les îles de la Madeleine (Simon et Stobo 1983; Claytor 2001; LeBlanc 2016).

1.2 Biologie

La population de hareng du sgSL est constituée de deux composantes de reproducteurs :

  1. les reproducteurs de printemps
  2. les reproducteurs d’automne

Les adultes des deux composantes du hareng passent l’hiver à l’entrée du golfe du Saint-Laurent. Lorsque la glace se brise au printemps, les deux composantes de reproducteurs commencent à revenir dans le sgSL. Les reproducteurs de printemps migrent d’abord vers les frayères et le pic de la fraie a lieu en avril et mai, mais peut se prolonger jusqu’au 30 juin dans diverses zones du sgSL à des profondeurs inférieures à 10 mètres. La fraie d’automne a lieu généralement de la mi-août à la mi-octobre à des profondeurs de 5 à 20 m, mais peut commencer dès le 1er juillet (LeBlanc 2016, McDermid et al. 2018).

Les composantes de printemps et d’automne de la division 4T de l’OPANO sont considérées comme des stocks distincts et sont évaluées séparément. Des études génétiques récentes ont confirmé la différenciation génétique entre ces stocks (Lamichhaney et al. 2017). Le hareng retourne fidèlement sur les mêmes frayères (Wheeler et Winters 1984; McQuinn 1997; Brophy et al. 2006), où il peut former de grands bancs. Ces frayères localisées sont particulièrement ciblées par la pêche au filet maillant, qui capture ainsi les poissons pendant leurs activités de reproduction.

Chaque population ne se reproduit qu’une fois par an sur une période relativement courte. Les femelles pondent leurs œufs sur le fond marin, où ils sont fécondés par les mâles. Les œufs se fixent sur :

Ils forment de vastes concentrations souvent composées de nombreuses couches. En général, les reproducteurs de printemps produisent moins d’œufs (jusqu’à 50 % de moins) que les reproducteurs d’automne pour des femelles de taille comparable. La fécondité peut varier de 23 000 à 261 000 œufs par femelle, mais les grandes femelles peuvent produire jusqu’à 360 000 œufs (Messieh 1988). Les œufs ont un diamètre de 1,0 à 1,4 mm. Ils restent attachés au fond pendant toute la période d’incubation, qui peut durer de 14 à 19 jours selon la température de l’eau, qui varie de 3,3 oC à 9,7 oC pour les œufs pondus au printemps (Messieh 1987).

Pour les populations de la côte est du Canada, le hareng de l’Atlantique peut atteindre une longueur de 45 centimètres et un poids de 1,1 kilogramme. Les taux de croissance varient considérablement d’un stock à l’autre. L’espérance de vie à maturité est de 12 à 16 ans. Certains harengs arriveront à maturité avant l’âge de 3 ans, mais la plupart le feront avant l’âge de 5 ans (Scott et Scott 1988). Dans le sgSL, la longueur à la fourche des femelles à 50 % de maturité (L50) est estimée à 23,5 cm (MPO 2007) et l’âge à la première fraie est généralement de 4 ans (Messieh 1988).

La durée moyenne de génération des reproducteurs de printemps de la division 4T de l'OPANO a été estimée à 6,23 ans en utilisant la série chronologique de 1988 à 2021 (Burbank et al. 2023). Les auteurs de l’étude ont également observé une réduction du temps de génération d'environ 1 an sur la même série temporelle. Cette réduction est normalement observée avec un stock de poissons présentant un déclin de sa croissance dans le temps, accompagné d’une augmentation de sa mortalité naturelle des poissons plus âgés.

1.3 Besoins en matière d’habitat

Le hareng de l’Atlantique est une espèce pélagique qui se regroupe en bancs, notamment pendant la reproduction, l’alimentation et les migrations annuelles. Ces dernières années, les plus grandes frayères de printemps sont concentrées dans les eaux peu profondes du détroit de Northumberland et de la baie des Chaleurs, et les plus grandes frayères d’automne se trouvent dans les eaux côtières au large de Miscou et d’Escuminac (N.-B.), de North Cape et du Cap Bear (Î.-P.-É.), ainsi que de Pictou (N.-É.) (Wheeler et Winters 1984; McQuinn 1997; Brophy et al. 2006; MPO 2018).

Le hareng peut avoir des besoins spécifiques en matière d’habitat pour la fraie puisqu’il fait preuve d’une grande fidélité aux frayères. Les eaux bien mélangées (non stratifiées) et les zones de transition (fronts) entre les eaux bien mélangées et les eaux stratifiées sont les habitats préférés des adultes, qui sont également plus abondants dans les concentrations de plancton ou sur les marges de celles-ci. Les concentrations d’œufs se trouvent normalement dans les eaux côtières où les courants de fond sont forts et le substrat est grossier. Les larves restent sur le fond ou près de celui-ci pendant les premiers jours après l’éclosion, jusqu’à ce que le sac vitellin soit absorbé, puis remontent à la surface et sont dispersées par les courants (Stevenson et Scott 2005). On peut donc considérer l’abondance des sources de nourriture et la nature du substrat du fond marin comme des déterminants clés de la concentration spatiale (Maravelias 2001).

Figure 1, see text version
Figure 1. Zones de pêche du hareng du sud du golfe du Saint-Laurent dans les divisions 4T et 4Vn de l’OPANO.
Version texte

Les neuf zones de pêche du hareng (ZPH) dans le sud du golfe du Saint-Laurent sont comprises dans les divisions de l'OPANO (d'ouest en est) : 4T (ZPH 16A, 16B, 16C, 16D, 16e, 16F et 16G) et 4Vn (ZPH 17 et 18).

Le comportement du hareng adulte est affecté par les changements de température (Stevenson et Scott 2005). Pendant des périodes particulières de son cycle de vie (Blaxter et Holliday 1963), le hareng a probablement des seuils de température et des tolérances caractéristiques et peut percevoir des changements de température inférieurs à 0,1°C (Laevastu 1993). Aux extrémités de la distribution de l'espèce, les stocks sont limités à une seule stratégie de fraie, avec une fraie d'automne au sud et une fraie de printemps au nord. Les changements des conditions environnementales dans le sGSL, caractérisés par une tendance générale au réchauffement de l'eau, favorisent les reproducteurs d'automne (Melvin et al 2009). Les changements environnementaux à grande échelle peuvent introduire une grande variabilité interannuelle et limiter le potentiel de reproduction et de rétablissement d'un stock (Melvin et al 2009).

1.4 Interactions des écosystèmes

Le hareng de l’Atlantique est une espèce fourragère et une des espèces pélagiques les plus importantes de l’Atlantique Nord. Le hareng, qui filtre de minuscules zooplanctons tels les copépodes et les euphausiacés, est consommé par les prédateurs marins de niveau trophique supérieur. De nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins se nourrissent de hareng. Les œufs de hareng sont également la proie d’une variété de prédateurs des grandes profondeurs, notamment :

Le hareng est donc considéré comme un maillon essentiel entre la base du réseau trophique (plancton) et les autres organismes marins.

1.5 La pêche

Les 2 stocks de hareng de l’Atlantique (composantes de reproducteurs de printemps et d’automne) du sgSL sont sous 2 saisons de pêche (printemps et automne) et selon sept zones de pêche du hareng (ZPH 16A à 16G) dans la division 4T de l’OPANO (figure 1). La saison de printemps s’étend du 1er janvier au 30 juin et celle d’automne du 1er juillet au 31 décembre.

Avant 1967, la pêche du hareng du sgSL était principalement pratiquée par la flottille côtière utilisant le filet maillant (nommé aussi engin fixe) et les débarquements moyens de 1935 à 1966 étaient de 34 000 t. Au milieu des années 1960, une pêche à la senne coulissante (nommé aussi engin mobile) fut introduite pour la flottille de senneurs et les débarquements moyens ont augmenté jusqu’à 166 000 t entre 1967 et 1972. Un quota ou total autorisé des captures (TAC) de 166 000 t a été mis en place en 1972 et réduit à 40 000 t en 1973. La flottille de senneurs a effectué la majeure partie des prises de l’introduction du TAC jusqu’en 1981. À partir de 1981, un changement apporté au plan de gestion a modifié la répartition relative du TAC entre la flottille côtière (engin fixe) et la flottille de senneurs (engin mobile). La flottille de senneurs recevait 20 % du TAC à l’intérieur du sgSL et aussi, environ 4 000 t provenant de la zone d’hivernage au large du cap Breton (division 4Vn de l’OPANO). En 1992, la portion de l’allocation du cap Breton a été officiellement reconnue comme faisant partie du TAC du sgSL. Depuis 1992, les allocations sont réparties à raison de 23 % pour la flottille des senneurs et de 77 % pour la flottille côtière (Claytor 2000).

À l’époque, en 1972, le TAC était établi pour les saisons de pêche de printemps et d’automne combinées, sans distinction entre les composantes des reproducteurs de printemps et d’automne. En 1985, un TAC distinct a été établi pour les reproducteurs de printemps et les reproducteurs d’automne. Pour simplifier la gestion de la pêche, les quotas furent déterminés en fonction de la saison (pêche de printemps et d’automne), plutôt que par composante des reproducteurs. Pour l’évaluation du stock, les débarquements sont ensuite attribués aux reproducteurs de printemps ou d’automne d’après les échantillons biologiques prélevés pendant la pêche et traités en laboratoire. Le quota par saison est une considération opérationnelle, car la détermination de la composante des reproducteurs en laboratoire ne peut pas suivre le rythme rapide de la pêche. En général, la flottille des senneurs peuvent cibler une ou les deux composantes de reproducteurs tout au long de l’année, tandis que la flottille côtière à engins fixes capture principalement les reproducteurs de printemps pendant la saison de pêche du printemps et les reproducteurs d’automne pendant la saison de pêche d’automne.

La pêche à engins fixes se concentre dans les ZPH 16A à 16G dans la division 4T de l’OPANO, et la pêche à engins mobiles se déroule dans la division 4T et, par le passé, occasionnellement dans la division 4Vn (figure 1). Pendant les saisons de pêche du printemps et de l’automne, la flottille à engins mobiles n’est pas autorisée à pêcher dans les zones côtières, qui sont réservées exclusivement à la flottille à engins fixes (Claytor et al. 1998). À partir de 2013, les flottilles à engins mobiles ont été autorisées à pêcher les reproducteurs d’automne durant la saison de pêche de printemps en limitant leur effort de pêche dans la moitié nord de la ZPH 16D, le long de la limite de la division 4T de l’OPANO; laquelle est nommée le ‘’edge’’. Puisqu’une partie des reproducteurs d’automne se regroupent dans cette région précise du sgSL, les senneurs sont autorisés à pêcher une partie de leur quota de hareng d’automne pendant la saison de pêche de printemps (mai-juin) le long du ‘’edge’’. Les prises sont ainsi comptabilisées sous la saison de pêche d’automne dans les statistiques de débarquements. Pendant la saison de la pêche d’automne (juillet à décembre), les flottilles à engins mobiles sont également autorisées à pêcher 50 % de leur quota dans la Baie des Chaleurs.

Dans le sgSL, les permis commerciaux et d’appât pour le hareng donnent accès aux pêches de printemps et d’automne. La flottille aux engins fixes représente la grande majorité de l’effort de pêche du hareng (Tableau 1). En 2021, 3 031 permis d’engins fixes et 20 permis d’engins mobiles (11 grands et 9 petits senneurs) ont été renouvelés. Les permis de petits senneurs autorisent l’utilisation de la senne coulissante ou du filet maillant comme type d’engin. Le pourcentage de pêcheurs actifs :

Le nombre de pêcheurs durant chaque saison de pêche peut varier d’une année à l’autre, car chaque détenteur de permis peut décider de pêcher pendant une seule saison de pêche ou les deux. Certains exploitants inactifs peuvent également décider de devenir actifs ou de transférer leurs permis à de nouveaux propriétaires selon la Politique d’émission de permis pour la pêche commercialeNote de bas de page 3.

Tableau 1. Nombre de renouvellements de permis commerciaux (engins fixes et mobiles) et d’appâts, et estimation du nombre de pêcheurs actifs dans la pêche au hareng du sud du golfe du Saint-Laurent en 2021.

Types de permis de pêches :

Sources : Division de l’émission des permis et des statistiques, régions du Golfe et du Québec.

  1. Exploitants actifs utilisant le filet maillant au lieu d’une petite senne.
  2. 2 179 détenteurs de permis pour appât ont aussi un permis de pêche commercial pour le hareng.
  3. Estimation basée sur les appels d’entrée (« hail-ins »).

Le plan de pêche axé sur la conservation (PPAC)Note de bas de page 4 de 2021 présente les informations détaillées sur les mesures opérationnelles de gestion pour la pêche au hareng de l’Atlantique dans le sgSL. Les mesures de gestion identifiées dans le plan de rétablissement viendront remplacer ou complémenter celles identifiées dans le PPAC ou dans un nouveau PGIP.

Les débarquements annuels au cours des saisons de pêche de printemps et d’automne ont baissé constamment de 1999 à 2023 (Figure 2). Le déclin le plus marqué a été observé pendant la saison de pêche de printemps, lorsque les reproducteurs de printemps sont capturés. À mesure que la biomasse des reproducteurs de printemps entrait dans la zone critique de l’AP, les TAC ont été progressivement réduits de 21 000 t au début des années 1990 à 500 t pour les saisons de pêche de printemps de 2020 et 2021. La pêche commerciale dirigée et la pêche d’appât ciblant la composante des reproducteurs de printemps ont été fermées en 2022 en raison de l’absence de rétablissement du stock et son état critique persistantNote de bas de page 5.

Figure 2, see text version
Figure 2. Débarquements (en tonnes) selon la flottille et engins de pêche et total autorisé des captures (TAC) pour les saisons de pêche de printemps et d’automne du hareng de l’Atlantique dans la division 4t de l’OPANO, de 1999 à 2023. À partir de 2013, avec l’autorisation de la pêche sur le « edge » ciblant les reproducteurs d’automne, les captures par la flottille a engins mobiles pendant la saison de printemps ont été déclarés comme des prises de la saison d’automne. Données extraites du document de recherche sur l’évaluation du stock de 2023 (Maynard et al. 2024).
Version texte

Le graphique de gauche présente les débarquements de hareng en tonnes métriques des géniteurs de printemps et d'automne combinés pendant la saison de pêche de printemps de 1999 à 2021. Les barres vertes foncées représentent les débarquements de la flottille à engins fixes et les barres vertes claires ceux de la flottille à engins mobiles. Un graphique similaire à droite présente les débarquements de harengs pendant la saison de pêche d'automne. Les barres orange foncé indiquent les débarquements de la flottille aux engins fixes et les barres orange clair ceux de la flottille aux engins mobiles. Les lignes noires dans les deux graphiques montrent la fluctuation du total admissible des captures (TAC) au cours de la période.

Figure 2 table
Année Saison de pêche du printemps Saison de pêche d'automne
Flotille à engins fixes Flotille à engins mobiles TAC de printemps Flotille à engins fixes Flotille à engins mobiles TAC d'automne
1999 11,881 4,818 18,500 44,791 9,104 60,500
2000 16,182 548 16,500 50,382 8,697 71,000
2001 10,597 1,097 12,500 45,522 10,271 60,500
2002 9,108 884 8,000 41,963 11,602 51,500
2003 9,066 101 11,000 47,803 13,228 62,000
2004 8,045 52 13,500 36,026 7,500 73,000
2005 4,496 - 11,000 51,729 8,840 70,000
2006 2,666 - 9,000 47,923 5,154 68,800
2007 2,230 - 5,000 43,171 6,840 68,800
2008 1,690 - 2,500 38,866 4,211 68,800
2009 1,350 - 2,500 44,850 2,458 65,000
2010 1,155 302 2,000 42,460 4,749 65,000
2011 1,043 - 2,000 36,903 2,036 65,000
2012 417 228 2,000 31,888 643 43,500
2013 898 - 2,000 29,912 5,263 43,500
2014 705 - 2,000 25,918 3,842 35,000
2015 586 - 2,000 25,967 2,775 35,000
2016 827 - 2,000 23,240 1,576 35,000
2017 946 - 2,000 20,596 170 35,000
2018 477 - 500 15,285 1,778 25,000
2019 541 - 1,250 14,888 1,162 22,500
2020 419 - 500 9,675 574 12,000
2021 403 - 500 10,818 16 12,000
2022 - - - 9,548 22 10,000
2023 6 - - 5,566 - 10,000

Bien que les reproducteurs de printemps soient principalement capturés pendant la saison de pêche de printemps, certains le sont également pendant la saison d’automne. On observe la même chose avec certains reproducteurs d’automne pêchés pendant la saison de printemps (figure 3). De 2013 à 2023, le pourcentage moyen de géniteurs de printemps débarqués annuellement durant la saison de pêche d'automne était de 1,9 % (variant de 0,9 % à 3,5 %). Pour la saison de pêche de printemps, étant donné que la saison de pêche commerciale de printemps a été fermée en 2022 et 2023, la période est de 2013 à 2021. La proportion moyenne de géniteurs d'automne débarqués chaque année pendant la saison de pêche de printemps était de 6,9 % (allant de 1,2 % à 18,3 %).

figure 3, see text version
Figure 3. Débarquements (tonnes métriques) par saison de pêche, engin de pêche et composantes reproductrice du hareng de l'Atlantique dans la division 4T de l'OPANO, de 2013 à 2023. 1 - Fermeture de la pêche commerciale de la saison du printemps en 2022 et 2023. 2 - Débarquements associés au programme de filets commerciaux scientifiques. Données extraites de MPO 2024b, MPO 2024c.
Version texte

De 2013 à 2023, les harengs géniteurs d'automne capturés pendant la saison de pêche de printemps représentaient moins de 11 % des débarquements totaux de hareng pour la saison, à l'exception de 2020, où 18,1 % des géniteurs d'automne ont été capturés pendant la saison de pêche de printemps. Aucun géniteur d'automne n'a été signalé lors de la fermeture de la saison de pêche commerciale de printemps en 2022 et 2023. Au cours de la même période (2013 à 2023), 3,5 % ou moins des géniteurs de printemps ont été capturés pendant la saison de pêche d'automne.

Figure 3 table
Années Débarquements, saison de pêche du printemps (tonnes métriques) Débarquements, saison de pêche d'automne (tonnes métriques)
Composante du printemps - Engin fixe Composante d'automne - Engin fixe % de la composante d'automne dans les débarquements Composante d'automne - Engin fixe Composante d'automne - Engin mobile Composante du printemps - Engin fixe Composante du printemps - Engin mobile % de la composante de printemps dans les débarquements
2013 874 24 2.7% 29,911 4,434 1 829 2.4%
2014 634 71 10.1% 25,786 3,357 132 485 2.1%
2015 578 7 1.2% 25,964 2,167 3 608 2.1%
2016 745 82 9.9% 23,195 1,400 45 176 0.9%
2017 928 18 1.9% 20,381 124 215 46 1.3%
2018 438 39 8.2% 15,186 1,517 99 261 2.1%
2019 484 56 10.4% 14,844 644 44 517 3.5%
2020 343 76 18.1% 9,659 360 18 286 2.9%
2021 379 25 6.2% 10,800 - 17 - 0.2%
2022 - - - 9,310 15 236 7 2.5%
2023 6 - 0.0% 5,520 - 82 - 1.5%

1.6 Aperçu de l’importance socioéconomique et culturelle de la pêche

La pêche du hareng de l’Atlantique est la plus importante des pêches de petites espèces pélagiques dans l’est du Canada. Les produits de la pêche comprennent les produits:

Pour 2021, la valeur totale des débarquements de hareng pour la pêche de printemps et d’automne dans la division 4T de l’OPANO est estimée à moins de 8,3 millions de dollars. La valeur des débarquements pour la saison de pêche du printemps est beaucoup plus basse que celle de la pêche d’automne représentant environ 4 % de cette valeur.

Les débarquements de hareng de la division 4T de l’OPANO pendant la saison de pêche de printemps sont présentés dans le tableau 2. En 2021, 123 titulaires de permis actifs de la pêche commerciale du hareng ont déclaré des débarquements de 323 t dans la division 4T de l’OPANO pour une valeur correspondante de 283 127 dollars.

Tableau 2. Débarquements (en tonnes), valeur et effort de pêche de la saison de pêche de printemps du hareng de l’Atlantique dans la division 4T de l’OPANO, de 2010 à 2021

Source : MPO, régions du Golfe et du Québec.

  1. Données préliminaires.
  2. Les valeurs au débarquement pour la pêche d’appâts ne sont pas incluses, car les prises ne sont pas destinées à la vente, mais à l’usage personnel.
  3. Inclut les pêcheurs commerciaux des flottilles à engins fixes et à engins mobiles. Les détenteurs actifs de permis de pêche d’appâts ne sont pas inclus.

Entre 2012 et 2021, la valeur au débarquement de la pêche de printemps du hareng de la division 4T était répartie entre les provinces suivantes :

Avant la fermeture en 2022 de la pêche du printemps du hareng de la division 4T pour la flottille à engins fixes, la dépendance sur cette pêche pour les pêcheurs de cette flottille était considérée faible, puisque 93% des entreprises étaient dépendantes de la pêche commerciale du hareng de printemps pour moins de 25% de leur revenu total de la pêche en 2020 (Tableau 3).

Tableau 3. Dépendance (% du revenu total de la pêche) de la saison de pêche de printemps du hareng en 2020.

Nombre de pêcheurs côtiers actifs :

Source : MPO, régions du Golfe et du Québec

La pêche commerciale de printemps du hareng était normalement considérée comme étant complémentaire aux pêches commerciales, beaucoup plus lucratives, du homard et du crabe des neiges (Tableau 4).

Tableau 4. Valeur des autres espèces capturées par les pêcheurs actifs de hareng au printemps en 2021p (en millions de dollars).

La valeur totale de la saison de printemps du hareng en 2021 était de 0,28 million de dollars. Source : MPO, régions du Golfe et du Québec.

Les permis de pêche d’appât sont délivrés aux pêcheurs pour qu’ils puissent capturer le hareng et le maquereau pour leur usage personnel uniquement. Dans les régions du Golfe et du Québec, environ 2 500 permis de pêche d’appât hareng/maquereau sont émis chaque année pour des pêches utilisant :

Toutefois, en 2021, seuls 169 participants étaient actifs dans la pêche de printemps du hareng et du maquereau comme poissons-appâts.

Jusqu’à l’année 2019 inclusivement, seul un document de surveillance des appâts (région du Golfe) ou un journal électronique (région du Québec) était demandé aux participants à la pêche d’appât du hareng et du maquereau et puisque la conformité était faible, on dispose de relativement peu de données pour cette pêche. Depuis 2020, les pêcheurs des régions du Golfe et du Québec doivent effectuer un appel d’entrée pour communiquer l’estimation des prises avant d’entrer au port. Les appels d’entrée au port, les documents retournés pour le suivi de la pêche d’appât (région du Golfe) et les journaux de bord électroniques (JBE, région du Québec) permettent de déterminer les débarquements de la pêche d’appât. Des journaux de bord obligatoires (format papier) ont également été établis en 2022 et l’utilisation volontaire du JBE en 2024 pour les saisons d’automne de la pêche commerciale et d’appât dans la région du Golfe.

Avec la mise en œuvre des nouvelles déclarations obligatoires, il devient possible d’estimer à 95 t les débarquements totaux de la pêche d’appât de la saison de printemps de 2021 pour les régions du Golfe et du Québec. Puisque les prises de la pêche d’appât ne peuvent être vendues (réservées à l’usage personnel), il n’y a pas de transactions d’achat ou de mécanisme formel pour en estimer la valeur. Bien qu’un prix précis n’ait pas encore été déterminé, une estimation de 2,20 $/kg tirée des discussions avec des membres de l’industrie correspondrait à une valeur de plus de 200 000 dollars si les pêcheurs devaient acheter du hareng à un fournisseur d’appâts.

Il n’y a actuellement aucune pêche récréative autorisée avec accès au hareng dans la division 4T de l’OPANO.

Le hareng est également visé par la pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR). En tout, 12 Premières Nations et organisations autochtones peuvent pêcher au printemps et à l’automne à des fins ASR dans les régions du Golfe et du Québec. La pêche à des fins ASR est gérée en vertu du Règlement sur les permis de pêche communautaires des Autochtones et des ententes liées à la Stratégie relative aux pêches autochtones (SRAPA). Les espèces capturées à des fins ASR ne peuvent pas être vendues. Il n’y a pas de captures déclarées ou d’estimations disponibles pour les prélèvements de hareng dans cette pêche ASR, mais la quantité est probablement minime (d’après les observations qualitatives transmises par les agents des pêches de Conservation et Protection).

1.7 Participation des intervenants et des groupes autochtones à l’élaboration du plan

Des consultations ont été menées entre le 13 février et le 16 mars 2020 auprès de différentes :

Les consultations ont eu lieu dans les provinces suivantes :

Un cahier de travail a été élaboré pour faciliter les discussions mais surtout, pour faciliter la collecte de commentaires par écrits. Les participants ont également été invités à proposer des ajustements ou des alternatives aux mesures de gestion présentées.

2.0 tendances et état du stock

En 2003, le Bureau du Conseil privé, au nom du gouvernement du Canada, a publié un cadre applicable à tous les ministères du gouvernement fédéral. Ce document établit des principes directeurs pour l’application de l’approche de précaution dans un processus décisionnel relatif aux risques de causer des dommages graves ou irréversibles en cas d’absence complète de certitude scientifique.

Un cadre décisionnel pour les pêches intégrant l’approche de précaution a été élaboré (MPO 2009) et s’applique lorsque des décisions sur les stratégies de pêche ou les taux de récolte d’un stock doivent être prises pour déterminer le TAC ou d’autres mesures de contrôle des pêches. Il s’applique aux principaux stocks exploités qui sont gérés par le MPO, c’est-à-dire les stocks précis visés par une pêche, qu’elle soit pratiquée à des fins commerciales, récréatives ou de subsistance. La totalité des stocks prélevés par les différents types de pêche doit être prise en considération dans l’application du cadre.

Voici les principales composantes du cadre décisionnel général :

Les points de référence (Tableau 5), tel que définis par le cadre de l’AP (MPO 2009), ont été estimés pour la première fois en 2005 pour la composante des reproducteurs de printemps (Chouinard et al. 2005; MPO 2005), puis mis à jour ou modifiés en :

figure 4, see text version
Figure 4. Estimation de la biomasse du stock reproducteur (BSR) au début de la saison de pêche (1er avril) de la composante des géniteurs de printemps du hareng dans le sud du golfe du Saint-Laurent, de 1978 à 2023. La ligne continue représente l'estimation médiane et l'ombrage clair son intervalle de confiance à 95 %. La ligne pointillée horizontale rouge est le point de référence limite (51 938 t de BSR) et la ligne pointillée horizontale verte est le point de référence supérieur (103 877 t de BSR) (MPO 2024c, Maynard et al. 2024).
Version texte

Les estimations de biomasses du stock reproducteur (BSR) ont augmentées, passant de faibles niveaux au début des années 80 à des niveaux plus élevés entre le milieu des années 80 et le milieu des années 90. La BSR a diminué au milieu des années 90 pour atteindre la zone critique de l'approche de précaution en 2001. La BSR a légèrement augmenté jusqu'en 2010, demeurant toutefois dans la zone critique, mais a de nouveau diminué par la suite.

Figure 4 table
Année BSR en t Intervalle de confiance inférieur Intervalle de confiance supérieur
1978 82 63 121
1979 63 48 94
1980 42 28 69
1981 36 21 68
1982 41 24 76
1983 70 42 126
1984 108 67 192
1985 140 92 233
1986 176 121 280
1987 146 104 225
1988 127 91 191
1989 104 75 155
1990 101 73 151
1991 108 77 161
1992 166 119 255
1993 162 117 247
1994 141 101 216
1995 186 137 287
1996 136 100 209
1997 112 83 174
1998 92 70 140
1999 72 56 106
2000 61 48 89
2001 52 41 77
2002 38 30 57
2003 33 26 52
2004 23 18 38
2005 26 18 47
2006 25 17 46
2007 30 21 53
2008 35 23 62
2009 37 25 65
2010 43 29 73
2011 41 28 68
2012 38 26 63
2013 36 26 60
2014 36 25 59
2015 30 21 49
2016 29 20 49
2017 41 29 68
2018 45 31 73
2019 38 26 62
2020 35 24 58
2021 35 24 59
2022 33 22 57
2023 28 18 50

Tableau 5. Sommaire des points de référence du cadre de l’approche de précaution pour le hareng de l’Atlantique de la division 4T de l’OPANO, composante des reproducteurs de printemps.

Point de référence de l’AP (Source : MPO 2024a)

La dernière évaluation complète du stock de hareng et de la biomasse du stock reproducteur (BSR) de la composante des reproducteurs de printemps du sgSL de la division 4T de l’OPANO, a été réalisée en 2024 (MPO 2024c, Maynard et al. 2024)

Les estimations de la BSR fondées sur le modèle d’évaluation modifié de 2022 (Rolland et al. 2023) sont présentées à la figure 4 de 1978 à 2023 (MPO 2024a). L’estimation de la BSR est passée, des niveaux faibles du début des années 1980 aux niveaux les plus élevés entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990. En utilisant les points de référence de la biomasse redéfinis (MPO 2024a), la BSR a diminué au milieu des années 1990, atteignant la zone critique en 2001. Elle a légèrement augmenté jusqu’en 2010, mais a ensuite diminué de nouveau et a fluctué autour d’une valeur moyenne de 39 550 t jusqu’en 2021. Les BSR estimées en 2022 et 2023 étaient de 33 214 t et 28 245 t, respectivement. L’estimation pour 2023 est de 54 % du PRL (51 938 t).

L’estimation du recrutement (nombre de poissons de 2 ans) et l’abondance des recrues de la pêche (poisson de 4 ans entrant dans la pêche) ont été les plus élevés dans les années 1980 et au début des années 1990, mis ont diminué depuis pour atteindre de faibles valeurs (Rolland et al. 2022).

La BSR a commencé à diminuer en 1994 et pour atteindre une valeur minimale en 2004. Au même moment, la mortalité de la pêche est passée de 0,20 en 1997 à 0,59 en 2004. L’effort de pêche a été réduit après 2004 et la mortalité de la pêche a fortement diminué jusqu’en 2012 et depuis, elle a continué de baisser à un rythme plus faible. Le recrutement a légèrement augmenté entre 2002 et 2008, ce qui s’est traduit par une lente augmentation de la BSR. Cependant, la mortalité naturelle a augmenté rapidement depuis 2010 (figure 5) et le recrutement a de nouveau diminué après 2008, entraînant une nouvelle baisse de la BSR (Maynard et al. 2024). Le recrutement a varié légèrement à des niveaux bas depuis 2017 et la mortalité naturelle a été la plus élevée, ce qui a maintenu une faible BSR. De plus, la diminution du poids selon l’âge durant la série chronologique a également contribué à la baisse de la BSR (Rolland et al. 2022).

Depuis la fermeture de la pêche du printemps du hareng dans la division 4T en 2022, il n'y a pas eu de débarquements commerciaux pendant la saison de printemps et, par conséquent, aucune donnée n'est disponible pour calculer les prises par unité d'effort (PUE) pour 2022 et 2023. Un programme scientifique à petite échelle de pêche commerciale au filet a été mis en place au printemps 2022 et est envisagé comme alternative pour pallier ce manque de données. Les prises de ce programme et des filets expérimentaux ont été échantillonnées au port par les échantillonneurs du MPO afin de continuer le suivi de l'indice des captures selon l’âge.

2.1 Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Ce stock n’a pas été évalué par le COSEPAC et son inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) n’est donc pas envisagée.

2.2 Savoir autochtone

Le MPO vise à intégrer les considérations relatives aux connaissances traditionnelles autochtones et aux connaissances écologiques traditionnelles dans les processus scientifiques, et inviter des représentants autochtones en tant que participants aux réunions d’examen par les pairs, et dans la planification de la gestion des pêches en tant que membres du Comité consultatif des petits pélagiques du Golfe (CCPPG). Les connaissances autochtones peuvent également être recueillies par le biais de consultations menées auprès des Premières Nations et d’autres organisations autochtones.

3.0 Causes probables du déclin du stock

La surpêche des stocks de hareng, qui a eu lieu par le passé, a certainement contribué au déclin du stock de reproducteurs de printemps dans le sgSL (Conseil pour la conservation des ressources halieutiques 2009). La BSR a commencé à diminuer en 1994 et a atteint une valeur minimale en 2004. Au même moment, la mortalité par la pêche est passée de 0,20 en 1997 à 0,59 en 2004 (Rolland et al. 2022). L’effort de pêche a été réduit après 2004 et la mortalité par la pêche a fortement diminué jusqu’en 2012; depuis, elle continue de baisser. Malgré la réduction continuelle de la mortalité par la pêche depuis 2004 n’a pas permis au stock de se reconstituer.

figure 5, see text version
Figure 5. Estimation du taux de mortalité naturelle instantanée (axe de gauche) et de la mortalité annuelle (%, axe de droite) de la composante de reproducteurs de printemps, à partir du modèle de population, pour les harengs de 2 à 6 ans (graphique du haut) et de 7 à 11 ans et plus (graphique du bas). Les lignes représentent les estimations médianes et l’ombrage indique leur intervalle de confiance à 95 % (Maynard et al. 2024).
Version texte

Les estimés de la mortalité naturelle pour le groupe d'âge plus jeune (âges 2-6) ont fluctué entre 0,23 et 0,51 (entre 21 % et 40 % de la mortalité annuelle) de 1978 à 2023 et étaient en moyenne de 0,37 en 2022 et 2023. Pour le groupe d'âge plus vieux (âges 7-11+), la mortalité naturelle a augmenté progressivement de 0,30 à 0,52 (entre 25 % et 41 % de la mortalité annuelle) entre 1978 et 2006, avant de diminuer à 0,4 (37 % de la mortalité annuelle) en 2009. À partir de 2010, les estimations ont fortement augmenté pour atteindre un maximum de 0,86 (57 % de la mortalité annuelle) en 2018 avant de diminuer pour atteindre une valeur moyenne de 0,62 (46 % de la mortalité annuelle) en 2022 et 2023.

Figure 5 table
Année Taux de mortalité naturelle instantanée, ages 2 à 6 Intervalle de confiance inférieur, ages 2 à 6 Intervalle de confiance supérieur, age 2 à 6 Taux de mortalité naturelle instantanée, ages 7 à 11+ Intervalle de confiance inférieur, ages 7 à 11+ Intervalle de confiance supérieur, ages 7 à 11+
1978 0.36 0.24 0.49 0.29 0.20 0.40
1979 0.36 0.24 0.50 0.30 0.20 0.41
1980 0.35 0.23 0.49 0.31 0.21 0.43
1981 0.33 0.22 0.46 0.33 0.23 0.46
1982 0.31 0.20 0.42 0.35 0.24 0.49
1983 0.28 0.19 0.39 0.37 0.25 0.51
1984 0.27 0.18 0.37 0.39 0.27 0.54
1985 0.25 0.17 0.34 0.41 0.28 0.55
1986 0.24 0.17 0.33 0.42 0.29 0.57
1987 0.23 0.17 0.32 0.44 0.30 0.60
1988 0.23 0.16 0.31 0.44 0.31 0.59
1989 0.23 0.17 0.32 0.43 0.31 0.56
1990 0.24 0.17 0.33 0.40 0.30 0.51
1991 0.25 0.18 0.34 0.39 0.29 0.49
1992 0.26 0.18 0.34 0.39 0.30 0.49
1993 0.25 0.18 0.34 0.42 0.31 0.52
1994 0.26 0.19 0.34 0.45 0.33 0.56
1995 0.26 0.19 0.35 0.49 0.35 0.63
1996 0.27 0.20 0.36 0.50 0.36 0.66
1997 0.30 0.22 0.40 0.49 0.35 0.64
1998 0.34 0.24 0.46 0.47 0.33 0.61
1999 0.38 0.28 0.52 0.44 0.31 0.58
2000 0.41 0.30 0.55 0.44 0.31 0.60
2001 0.42 0.32 0.56 0.46 0.32 0.62
2002 0.44 0.32 0.57 0.48 0.33 0.66
2003 0.45 0.35 0.58 0.48 0.34 0.68
2004 0.46 0.36 0.57 0.51 0.35 0.73
2005 0.46 0.37 0.58 0.51 0.35 0.74
2006 0.47 0.38 0.58 0.52 0.35 0.73
2007 0.48 0.38 0.59 0.51 0.35 0.70
2008 0.49 0.39 0.60 0.48 0.35 0.65
2009 0.51 0.41 0.63 0.45 0.34 0.58
2010 0.49 0.39 0.60 0.46 0.37 0.57
2011 0.44 0.36 0.54 0.51 0.41 0.62
2012 0.41 0.32 0.49 0.55 0.46 0.66
2013 0.38 0.30 0.46 0.61 0.51 0.72
2014 0.35 0.28 0.43 0.69 0.58 0.81
2015 0.33 0.27 0.41 0.79 0.67 0.94
2016 0.32 0.26 0.40 0.86 0.73 1.02
2017 0.32 0.26 0.39 0.86 0.73 1.01
2018 0.33 0.26 0.40 0.83 0.70 0.98
2019 0.34 0.27 0.43 0.73 0.62 0.86
2020 0.36 0.27 0.46 0.65 0.54 0.77
2021 0.37 0.28 0.49 0.60 0.49 0.74
2022 0.37 0.27 0.50 0.62 0.48 0.78
2023 0.37 0.26 0.51 0.62 0.47 0.81

La principale source de dommages graves à la productivité des stocks et la cause du déclin des stocks a probablement été l’échec du recrutement lié à l’environnement depuis 1992, associé à un changement de régime d’une eau froide/recrutement élevé à une eau plus chaude/faible recrutement. Les autres sources de dommages graves incluent la réduction de la croissance, l’augmentation de la mortalité naturelle attribuable à la prédation, la mortalité élevée par pêche pendant et après le déclin du stock, la réduction de la fécondité et l’état de faible production et de faible biomasse (MPO 2024a).

Les poissons pélagiques tels que le hareng présentent souvent des pointes de recrutement sporadiques, ce qui rend les projections à long terme très incertaines. Cependant, le recrutement est actuellement faible chez les reproducteurs de printemps et d’automne. Il a été démontré que le niveau de recrutement des reproducteurs de printemps est déterminé par des effets environnementaux, et que la biomasse reproductrice n’a pas une grande influence sur les variations du recrutement (Brosset et al. 2018; Turcotte 2022). Des résultats similaires ont été rapportés pour d’autres stocks de hareng (Szuwalski et al. 2019).

Depuis 1992, le sgSL a connu une tendance vers :

La température de la surface de la mer dans le sgSL et le recrutement des reproducteurs de printemps sont passés brusquement d’un régime d’eau froide/fort recrutement (1978 à 1991) à un régime d’eau plus chaude/faible recrutement (1992 à 2017) au début des années 1990 (Turcotte 2022). Ces changements environnementaux, souvent liés aux changements climatiques, peuvent avoir déclenché des fluctuations saisonnières de la production de phytoplancton et de zooplancton, en d’autres termes un changement de la principale source de nourriture du hareng avec une diminution de l’abondance des espèces de copépodes d’eaux froides et une augmentation de l’abondance des espèces de copépodes d’eaux chaudes (Blais et al. 2021). Le stock de reproducteurs de printemps est moins probable de se reconstituer dans le régime actuel d’eaux plus chaudes que dans l’ancien. Ce résultat est conforme à un modèle indiquant que des conditions environnementales froides favorisent les reproducteurs de printemps et que les conditions chaudes favorisent les reproducteurs d’automne dans les stocks de hareng de l’Atlantique Ouest (Melvin et al. 2009).

Pour les deux stocks, soit les reproducteurs de printemps et les reproducteurs d’automne, l’augmentation de la mortalité naturelle chez le groupe des harengs de 7 à 11 ans et plus est en corrélation avec les hausses des indices de l’abondance du phoque gris, du thon rouge de l’Atlantique et du fou de Bassan, les plus importants consommateurs de hareng dans le sgSL (Benoit et Rail 2016; Turcotte et al. 2021). Même si la prédation est considérée comme le principal facteur de la mortalité naturelle, il faudra analyser de manière plus approfondie l’abondance, la répartition spatiale, la distribution des tailles, le régime alimentaire et la réponse fonctionnelle des prédateurs envers leurs proies pour quantifier les effets des différents prédateurs sur la mortalité naturelle des reproducteurs de printemps et d’automne du hareng.

Le poids selon l’âge du hareng a lui aussi diminué de 39,6 % entre 1978 et 2021 et demeure proche des niveaux historiquement bas. Normalement, dans les populations de poissons, un changement de la structure selon l’âge vers des reproducteurs plus jeunes et moins productifs peut avoir un effet négatif sur la productivité. Les causes de ce déclin du poids selon l’âge et leurs conséquences sur le taux de recrutement sont inconnues (Rolland et al. 2022).

Les effets cumulatifs de plusieurs facteurs sont responsables du maintien du stock dans la zone critique depuis 2001 (Maynard et al. 2024). Il est possible que le faible recrutement soit le principal processus qui maintient ce stock dans la zone critique (Turcotte 2022). Dans le régime actuel de température élevée/faible recrutement combinant un poids réduit selon l’âge et une mortalité naturelle élevée, ce stock ne devrait pas se rétablir à court terme. Les projections sur six ans de la BSR ne montrent aucun changement significatif entre 2022 et 2027 , même sans pêche (niveau de prise = 0 t) (Rolland et al. 2022, MPO 2022).

Certains modèles de projections à long terme de la population de reproducteurs de printemps, utilisant différents scénarios de relation entre le recrutement et l’environnement, ont été testés de l’année 2020 à 2069 (Turcotte 2022). Ceux qui ont donné les meilleurs résultats montraient peu de changements dans la BSR au fil du temps, le stock restant dans la zone critique de l’approche de précaution. Bien que ces modèles soient caractérisés par de grandes incertitudes, le pronostic à long terme permet de penser que, dans les conditions environnementales actuelles (c.-à-d. ; température élevée/faible recrutement), il est peu probable que le stock de reproducteurs de printemps se rétablisse.

En vertu de la Loi sur les pêches, l’habitat du poisson est défini comme comprenant toutes les eaux fréquentées par les poissons et toutes les autres zones dont les poissons dépendent directement ou indirectement pour mener à bien leurs processus vitaux. Les types de zones qui peuvent soutenir directement ou indirectement les processus vitaux comprennent, mais sans s’y limiter :

Compte tenu de la compréhension actuelle et des meilleures preuves scientifiques disponibles, il est peu probable que la perte ou la dégradation des fonds marins nécessaires au hareng (principalement sur les frayères) ait contribué au déclin du stock. Les principaux facteurs de ce déclin sont présentement le faible recrutement, la diminution du poids selon l’âge et l’augmentation de la mortalité naturelle. Ces facteurs sont associés à la composante de l’habitat du hareng correspondant à la colonne d’eau, car ils sont directement ou indirectement liés à de multiples facteurs, notamment :

Certains de ces facteurs peuvent être liés aux changements climatiques. Ces facteurs environnementaux et biologiques sont suivi de près, mais sont considérés hors du contrôle du MPO en termes de mesures de gestion des pêches.

4.0 Objectifs mesurables visant le rétablissement du stock

4.1 Cible de rétablissement et échéancier

Comme l’indique le cadre de l’AP (MPO 2009), l’objectif premier de ce plan de rétablissement est de favoriser la croissance du stock pour le faire sortir de la zone critique (d’amener au-delà du PRL), en veillant à maintenir les prélèvements de toutes les pêches au plus bas niveau possible jusqu’à ce que le stock ait quitté cette zone. Dans la zone critique, cet objectif demeure le même, que le stock soit en déclin, stable ou en croissance. D’après le cadre de l’AP, l’objectif primordial pour la composante de reproducteurs de printemps du hareng de l’Atlantique est donc de sortir de la zone critique. L’objectif de rétablissement du plan sera d’accroître le stock pour qu’il se situe au-dessus du PRL (BSR de 51 938 t), avec une probabilité élevée (≥75 %). En plus de la forte probabilité de croissance, la cible doit inclure les éléments suivants (MPO 2024a) :

Si la cible de rétablissement peut être atteinte, l’objectif de gestion à long terme à l’intérieur d’un PGIP sera de poursuivre la croissance du stock vers la zone saine, puis de maintenir la biomasse du stock reproducteur dans cette zone. Cet objectif à long terme profiterait à tous les Canadiens, y compris les pêcheurs, les secteurs étroitement liés à l’industrie de la pêche et les collectivités tirant des bénéfices économiques de cette ressource.

Malheureusement, même en l’absence de pêche, d’après les perspectives autant à court qu’à long terme (projections de la BSR jusqu’en 2027 et 2069 respectivement), le rétablissement de la composante des reproducteurs de printemps semble peu probable en raison des conditions actuelles de faible recrutement et de mortalité naturelle élevée (Rolland et al. 2022, Turcotte 2022). Le régime actuel de température élevée/faible recrutement, la réduction du poids selon l’âge et la mortalité naturelle élevée limitent la probabilité de croissance du stock. Les modèles de projections de population à long terme (2020 à 2069) selon différents scénarios de relation entre le recrutement et l’environnement donnent à penser qu’il est peu probable que le stock de reproducteurs de printemps se rétablisse.

Un échéancier de rétablissement n’a pas pu être élaboré puisque, même en l’absence de mortalité par pêche, il est peu probable que le stock se rétablisse dans les conditions écosystémiques et de productivité du stock qui prévalent. L’échéancier est alors établi au temps de génération du hareng de printemps du sGSL, c’est-à-dire 6 ans (Burbank et al. 2023, MPO 2024a), à partir de 2025.

Lors de chaque examen du plan de rétablissement (voir la section 8.0 : Examen périodique du plan de rétablissement), on réévaluera les facteurs limitant le potentiel de croissance du stock afin de déterminer s’ils influencent toujours le stock et si de nouvelles informations scientifiques supportent le besoin d’une revue de l’objectif de rétablissement et/ou de l’échéancier. Entre-temps et conformément au cadre de l’AP, ce plan de rétablissement vise toujours à minimiser, dans la mesure du possible, un plus grand déclin du stock. Cette mesure a pour but de préserver le stock, de manière à ce que, si les conditions prédominantes limitant le rétablissement du stock changent, le stock conserve son potentiel de rétablissement.

4.2 Objectifs mesurables supplémentaires et échéanciers

Dans le cadre de l’AP, lorsque le stock se trouve dans la zone critique, les mesures de gestion doivent favoriser la croissance du stock, les prélèvements de toutes les sources de pêche doivent être maintenus au niveau le plus bas possible et aucun déclin évitable ne doit être toléré. De plus, ce stock a été prescrit en avril 2022 en vertu de la section 6.2 de la DSP, ajoutant à l'urgence d'agir. Pour ces raisons, la pêche commerciale dirigée et la pêche d’appât ciblant la composante des reproducteurs de printemps ont été fermées en 2022; avant la mise en œuvre du présent plan de rétablissement.

Le tableau 6 donne un aperçu des objectifs secondaires de rétablissement pour la composante des reproducteurs de printemps. Ces objectifs visent à permettre au MPO de surveiller; toutes les sources de mortalité, les répercussions de la mise en œuvre de mesures de gestion et si l’état du stock et de l’écosystème s’améliorent.

Tableau 6. Objectifs mesurables supplémentaires et échéanciers pour le rétablissement de la composante des reproducteurs de printemps dans la division 4T de l’OPANO.

Objectifs secondaires :

5.0 Mesures de gestion permettant d’atteindre les objectifs

Plusieurs mesures de gestion sont nécessaires pour atteindre les objectifs indiqués dans le tableau 6. Ces mesures et leurs résultats escomptés sont présentés dans le tableau 7. Elles s’inspirent des nombreuses politiques du cadre pour la pêche durable (CPD) du MPO, comme l’approche de précaution (MPO 2009) ou les politiques sur les prises accessoires (MPO 2013) et la surveillance des prises (MPO 2019b). Puisqu’il est peu probable que la composante de reproducteurs de printemps du hareng de l’Atlantique se rétablisse dans les conditions actuelles (voir la section 3.0 : Causes probables du déclin du stock), les objectifs visent à préserver le stock de sorte que, si les conditions actuelles limitant son rétablissement venaient à changer, le stock conserve le potentiel de rétablissement.

Tableau 7. Sommaire des mesures de gestion visant à atteindre les objectifs du plan de rétablissement pour la composante des reproducteurs de printemps du hareng de l’Atlantique (division 4T de l’OPANO). Les détails de chaque mesure de gestion sont présentés à l’annexe 1.
Objectif Mesure(s) de gestion Résultat escompté Biologie ou conditions environnementales prises en compte

1 - Maintenir les prélèvements de toutes les sources au niveau le plus bas possible en continuant à mettre en œuvre ou à élaborer de nouvelles mesures de gestion pour toutes les pêches qui visent ou interceptent le hareng reproducteur de printemps.

Maintenir la fermeture complète de la pêche commerciale dirigée et la pêche d’appât ciblant la composante des reproducteurs de printemps pendant la pêche printanière.

Remarque : Cette fermeture de la pêche a été mise en œuvre en 2022.

Maintenir les limites de prises accessoires de reproducteurs de printemps pour la flottille mobile lorsqu’elle vise les reproducteurs d’automne en fermant la pêche pour la saison lorsque l’un des deux éléments déclencheurs se produit :

  • une quantité totale de 25 t de prises accessoires de reproducteurs de printemps a été capturée;
  • plus de 10 % de prises accessoires de reproducteurs de printemps pendant deux sorties consécutives.

Remarque : La flotte à engins mobiles est autorisée de cibler les reproducteurs d’automne pendant les mois de mai et juin (c.-à-d. la pêche sur le « edge ») où le niveau de prises accidentelles de reproducteurs de printemps est faible et dans le sgSL pendant la saison d’automne régulière.

Autoriser un maximum de 25 t de reproducteurs de printemps pour les activités d’échantillonnage de l’évaluation scientifique du stock.

Remarque : En raison des faibles prises accessoires de reproducteurs de printemps et de l’incapacité de surveiller en temps réel le ratio de reproducteurs de printemps et d’automne, aucune limite de prise n’est fixée pour les reproducteurs de printemps capturés par la flottille à engins fixes lors de la pêche d’automne.

Ces mesures devraient permettre de maintenir les prélèvements au niveau le plus bas possible.

Les prises accessoires de reproducteurs de printemps durant la saison de pêche du hareng d’automne seront les seules sources de capture de la composante des reproducteurs de printemps.

Tenir compte de l’incapacité de distinguer les reproducteurs de printemps et d’automne à bord des navires à engins fixes pendant les activités de pêche d’automne.

Les prises de la pêche à des fins ASR sont non significatives (données qualitatives provenant d’observations sur le terrain d’agents de la Conservation et Protection), aucune mesure supplémentaire n’est en développement pour le moment.

2 – Surveiller les sources de mortalité par pêche et faire respecter les mesures de gestion.

Maintenir l’échantillonnage des prises et la surveillance des activités de pêche afin d’estimer le volume de reproducteurs de printemps capturés pendant la saison de pêche d’automne du hareng (flottilles à engins fixes et mobiles), le niveau de l’effort de pêche et la répartition.

Les outils d’échantillonnage et de surveillance utilisés varient selon la flottille et comprennent les appels d’entrée/sortie radio, la vérification à quai/l’échantillonnage des débarquements, un niveau de présence d’des observateurs en mer, les journaux de bord et les systèmes de surveillance des navires.

Des données fiables et opportunes pour quantifier les prises dans la pêche du hareng d’automne.

Il faudrait disposer de méthodes et de niveaux de surveillance qui permettent de produire des estimations de meilleure qualité pour les stocks peu abondants capturés dans d’autres pêches gérées avec des objectifs de conservation et de conformité différents (pêche d’automne).

Pour la flottille à engins mobiles, maintenir l’utilisation du protocole de protection des poissons de petite taille conformément au PGIP.

Remarque : Le protocole de protection des poissons de petite taille ne s’applique pas à la flottille à engins fixes, car elle utilise des filets maillants dont le maillage est conçu pour permettre aux harengs de petite taille de s’échapper.

3 – Poursuivre les efforts pour l’avancement des connaissances scientifiques actuelles dans les domaines du suivi de l’état des stocks, du recrutement et des conditions environnementales, ainsi que des facteurs écosystémiques susceptibles d’influencer le recrutement, la croissance, l’habitat et la santé du stock.

Maintenir le protocole d’échantillonnage pour déterminer les proportions de reproducteurs de printemps et d’automne dans les prises.

Effectuer des relevés annuels de l’abondance du stock pour les composantes de reproducteurs de printemps et d’automne.

Poursuivre et développer les programmes de recherche sur le recrutement du hareng, la recherche sur les impacts des changements environnementaux et de l’écosystème, et les effets de la prédation sur la mortalité naturelle, incluant le calcul du niveau de recrutement et de mortalité naturelle nécessaire pour permettre au stock de rétablir.

Note : En vertu du cadre conceptuel d'évaluation des risques pour l’intégration des considérations relatives aux changements climatiques dans l’évaluation des stocks halieutiques (MPO 2019a), l'équipe scientifique de la Région du Golfe continuera de travailler avec les autres régions du MPO sur la recherche reliant les variables climatiques, océanographiques ou écologiques et la dynamique des populations, et sur le développement d'outils afin d’intégrer les processus liés aux changements climatiques dans la prestation des avis scientifiques.

Les évaluations du stock et les résultats des recherches sont examinés par des pairs et publiés.

-

6.0 Analyse socioéconomique

Bien qu’une analyse sommaire de la contribution financière globale du stock et des pêcheurs concernés ait été présentée à la section 1.6 du présent document, cette section propose une analyse permettant d'évaluer les impacts de la fermeture de la pêche et d’autres mesures sur les différents marchés et utilisations du hareng de printemps. Étant donné que la fermeture de la saison de pêche de printemps a eu lieu en 2022, avant le présent plan de rétablissement, il n'y aura pas d'impacts supplémentaires sur les pêcheurs commerciaux ou les pêcheurs d'appât.

L’aperçu général de la contribution économique de la pêche du hareng de printemps et le nombre de pêcheurs qui la pratiquent dans le sgSL appuient la conclusion que la mise en œuvre de nouvelles mesures visant à restreindre et à surveiller davantage les captures de reproducteurs de printemps aura des conséquences différentes sur plusieurs secteurs de l’industrie de la pêche.

La pêche d’appât du hareng est plus difficile à analyser en raison du manque de données fiables sur les prises et l’effort. La fermeture de la pêche de printemps du hareng pour l’appât en 2022 pourrait toutefois entraîner une augmentation de l'effort sur les géniteurs d'automne au cours de la saison de pêche à l'appât d'automne, ce qui fera l'objet d'un suivi attentif. Tel que discuté à la section 1.6, on sait que les appâts constitués de hareng sont très recherchés par les pêcheurs de homard, de crabe des neiges, de crabe commun et de thon.

7.0 Méthode de suivi des progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs

Les paramètres de rendement fournissent au MPO un moyen d’évaluer les progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs du plan de rétablissement. Pour chaque objectif, le tableau 8 indique comment et quand les progrès seront mesurés.

Tableau 8. Sommaire des paramètres de rendement et de la fréquence des mesures associées à chaque objectif de ce plan de rétablissement.

  1. Objectif : Maintenir les prélèvements de toutes les sources au niveau le plus bas possible en continuant à mettre en œuvre ou à élaborer de nouvelles mesures de gestion pour toutes les pêches qui visent ou interceptent le hareng reproducteur de printemps.
    • Paramètre de mesure des progrès : Le total des prises accessoires de reproducteurs de printemps par la flottille à engins mobiles ne dépasse pas 25 t. Le total des prises pour les activités d’échantillonnage scientifique et d’évaluation du stock ne dépasse pas 25 t.
    • Fréquence des mesures : Annuelle
  2. Objectif : Surveiller les sources de mortalité par pêche et faire respecter les mesures de gestion.
    • Paramètre de mesure des progrès : Évaluation qualitative de l’efficacité et de l’efficience des programmes de suivi des prises avec les différentes flottilles (engins fixes et mobiles) et les différents pêcheurs (commerciaux, appâts et ASR) durant la pêche d’automne.
    • Fréquence des mesures : Annuelle dans le cadre d’un examen de toutes les activités de gestion et des pêches menées dans le sgSL (division 4T de l’OPANO) (région du Golfe – Examen annuel d’après-saison).
  3. Objectif : Poursuivre les efforts pour l’avancement des connaissances scientifiques actuelles dans les domaines du suivi de l’état des stocks, du recrutement et des conditions environnementales, ainsi que des facteurs écosystémiques susceptibles d’influencer le recrutement, la croissance, l’habitat et la santé du stock.
    • Paramètre de mesure des progrès : Réaliser des relevés scientifiques annuels. Nouvelles conclusions des travaux scientifiques publiées dans les documents de recherche du Secrétariat canadien des avis scientifiques (SCAS). Certains résultats peuvent également être publiés dans des revues scientifiques spécialisées.
    • Fréquence des mesures : Évaluations des stocks effectuées et publiées selon un cycle de deux ans. Les nouvelles conclusions de la recherche sont publiées dès qu’elles sont disponibles.

8.0 Examen périodique du plan de rétablissement

Le Ministère mobilisera les intervenants pour toute question liée à la mise en œuvre ou à l’examen du plan de rétablissement dans le cadre du processus établi du Comité consultatif des petits pélagiques du Golfe. La fréquence de révision devrait être fixée à tous les 4 ans, ce qui correspond à 2 cycles d'évaluation des stocks. L'objectif de chaque révision est de déterminer si des progrès ont été accomplis dans la réalisation des objectifs du plan, y compris la cible de rétablissement, et si des révisions du plan de rétablissement sont nécessaires pour atteindre ces objectifs. Toute nouvelle information importante au cours du cycle de révision peut déclencher une révision anticipée du plan. L’examen du plan sera basé sur les données recueillies à l’aide des paramètres indiqués dans la section Méthode de suivi des progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs du présent document. Il évaluera les progrès de la mise en œuvre des mesures de gestion et les preuves de leur efficacité, ainsi que l’état du stock et les tendances récentes. De plus, l’examen comprendra des possibilités de consultation avec les organisations autochtones et les intervenants sur leurs points de vue concernant les progrès du rétablissement du stock.

Le processus d’examen produira un rapport qui évaluera les progrès accomplis vers chaque objectif de gestion par rapport à ses échéanciers avec les preuves correspondantes et pourra proposer des ajustements au plan de rétablissement si cela est nécessaire pour atteindre les objectifs.

Le rétablissement des stocks n’est pas toujours un processus lent et régulier, ni même prévisible. Les stocks peuvent fluctuer et se maintenir à des niveaux bas pendant des années jusqu’à ce que les conditions favorisent une production excédentaire, entraînant une croissance rapide de la population. Ainsi, l’absence de signes de rétablissement n’indique pas forcément que les objectifs du plan de rétablissement ou les mesures de gestion sont insuffisants ou inefficaces.

9.0 Références

Annexe 1. Mesures de gestion jusqu'à la prochaine révision du plan de rétablissement à la fin de la période de 4 ans.

La fermeture de la pêche commerciale et d'appât du hareng au printemps 2022 fut effectuée avant le présent plan de rétablissement. Bien que le plan de rétablissement vise à remédier à la situation des reproducteurs de printemps du hareng, certaines mesures de gestion ont été mises en œuvre pendant la saison d’automne de la pêche du hareng, principalement pour réduire les prises accessoires des reproducteurs de printemps. Certaines mesures de gestion pourraient être modifiées d’une année à l’autre.

Objectif 1 : Maintenir les prélèvements de toutes les sources au niveau le plus bas possible en continuant à mettre en œuvre ou à élaborer de nouvelles mesures de gestion pour toutes les pêches qui visent ou interceptent le hareng reproducteur de printemps.

2024-2027 :

Objectif 2 : Surveiller les sources de mortalité par pêche et le niveau de conformité aux mesures de gestion selon la flottille et zone de pêche.

2024-2027 :

PSP (programme de suivi des prises) : Débarquements vérifiés par une compagnie certifiée.

PVQ (programme de vérification à quai) : Estimation des captures rapportée par appel d’entrée.

1 Mesure de gestion supplémentaire en comparaison avec 2022.

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