Un effort de collaboration pour protéger les populations de saumon chinook capturées accidentellement par la flotte de chalutiers de pêche du poisson de fond
Tout au long de l’année, la flotte de chalutiers de pêche du poisson de fond de la Colombie-Britannique s’aventure dans l’océan Pacifique pour pêcher des milliers de tonnes de poissons. Cette pêche au chalut, qui va des petits bateaux exploités par leurs propriétaires aux grands navires industriels, joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement en poisson des marchés national et international. Bien que le chalutage soit un moyen efficace d’attraper des poissons, il peut aussi faire en sorte que l’on intercepte involontairement d’autres poissons nageant à des profondeurs océaniques similaires, en particulier le saumon chinook, lors du chalutage pélagique pour des poissons comme le merlu du Pacifique et la goberge de l’Alaska. Étant donné que de nombreuses populations de saumon chinook dans le Sud de la Colombie-Britannique font l’objet de préoccupations en matière de conservation, la surveillance et l’échantillonnage biologique précis des prises accessoires de saumon sont devenus une priorité pour les Premières Nations, les gestionnaires des pêcheries et les intervenants.
Conscients de la nécessité de disposer de meilleures données sur les prises accessoires et de renforcer les mesures de protection du saumon du Pacifique, nous collaborons depuis 2022 avec l’industrie du chalutage, les organisations environnementales et les fournisseurs de services de surveillance en Colombie-Britannique pour lancer un programme de surveillance et d’échantillonnage des prises accessoires de saumon, avec le soutien des responsables de l’Initiative de la Stratégie relative au saumon du Pacifique (ISSP). Auparavant, les prises accessoires de saumon étaient estimées et déclarées par les pêcheurs, et les déclarations ne comportaient pas de renseignements sur l’origine du saumon. En lançant ce programme, notre objectif était de déterminer avec exactitude les stocks de saumons chinooks capturés en tant que prises accessoires dans le cadre de la pêche au chalut de l’option A, et leurs quantités, afin de mieux comprendre les répercussions potentielles sur les populations faisant l’objet de préoccupations en matière de conservation.
Depuis 2022, la conservation obligatoire des prises accessoires de saumon est exigée pour la pêche au chalut, avec une validation à quai indépendante pour chaque saumon attrapé, afin de garantir la transparence et l’exactitude des données recueillies. Le programme de surveillance des prises accessoires a permis de prendre des échantillons de plus de 10 000 saumons chinooks en deux ans, soit environ le quart du total des prises accessoires de saumons. Nos scientifiques ont déterminé les origines de chaque saumon à l’aide de micromarques magnétisées codées et d’échantillons d’ADN contenant des renseignements génétiques, ce qui a permis de comptabiliser avec précision les prises accessoires par espèce et par stock. Les résultats du programme, maintenant publiés en ligne (en anglais seulement), révèlent que la plupart des prises accessoires de saumon chinook provenaient des stocks américains, tandis que les poissons d’origine canadienne étaient principalement des saumons chinooks de type océanique et de montaison automnale provenant des rivières Harrison et Chilliwack. Au cours de la même période, on a observé une augmentation inattendue des prises accessoires de saumon chinook, les captures annuelles de saumon chinook dépassant les niveaux observés au cours des quinze années précédentes. L’augmentation des prises accessoires de saumon chinook a donné un signal clair : il fallait agir.
En réponse aux conclusions, le MPO a mis en œuvre un plan de gestion des prises accessoires de saumon (en anglais seulement) en 2024 avec l’industrie de la pêche au chalut de la Colombie-Britannique. Le plan prévoyait l’instauration d’un plafond de 9 500 prises accessoires de saumon chinook pour la flotte de chalutiers de pêche du poisson de fond, ainsi que des limites de prises accessoires pour chaque navire, des déclarations quotidiennes ainsi que la conservation et la surveillance obligatoires de tous les saumons capturés. L’industrie du chalutage a également réalisé des études sur l’efficacité des dispositifs de réduction des prises et des modifications des engins qui permettent aux saumons de s’échapper indemnes. Les études ont permis à la flotte d’obtenir des renseignements sur les pratiques de pêche modifiées qui pourraient contribuer à éviter les prises accidentelles de saumon.
Pour les personnes concernées, il ne s’agit pas seulement de chiffres et de filets. C’est une histoire de science en action, où la collaboration et l’innovation contribuent à faire en sorte que le saumon continue de prospérer. En améliorant la manière dont nous surveillons les pêches, nos travaux dans le cadre de l’ISSP soutiennent une gestion des pêches éclairée et fondée sur des données probantes. Dans l’exemple de la pêche au chalut, ces travaux permettent d’harmoniser les activités de pêche avec une approche plus durable et plus prudente afin de conserver le saumon du Pacifique pour les générations à venir.
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