Initiative des sciences de l’aquaculture pour l'évaluation des risques environnementaux

Pêches et Océans Canada (MPO) a lancé l'Initiative des sciences de l’aquaculture pour l'évaluation des risques environnementaux dans le cadre du Programme d'aquaculture durable renouvelé afin d'appuyer la prise de décisions fondées sur des renseignements scientifiques en ce qui concerne les activités reliées à l’aquaculture. Cette initiative permettra de synthétiser les données et l'information, d'intégrer l'opinion d'experts, et de donner des avis scientifiques grâce à une série d'évaluations du risque pour les poissons sauvages et l'environnement lié à certains facteurs de perturbation potentiels résultant des activités associées à l'aquaculture dans l'ensemble du pays.

L'Initiative des sciences de l’aquaculture pour l’évaluation des risques environnementaux s'appuie sur un avis scientifique de 2009 intitulé Les séquences d'effets liées à l'aquaculture des poissons, des mollusques et des crustacés, qui décrit les liens possibles entre les activités liées à l’aquaculture, les facteurs de perturbations et les effets connexes. Dans le cadre de ce processus, sept catégories de facteurs de perturbation ont été définies : altération physique de la structure de l'habitat; altération de la lumière; bruit; libération de produits chimiques et de déchets; libération/ pertes d'éléments nutritifs, d'organismes sauvages et d'autres matières organiques; libération/ perte de poissons; libération d'agents pathogènes.

Afin d'assurer l'uniformité tout au long de l'Initiative, le Ministère a mis en place le Cadre d'évaluation des risques environnementaux dans le domaine de l'aquaculture, qui décrit le processus et les composantes de chaque évaluation. Le Cadre (figure 1) s'harmonise avec les normes internationales et nationales suivant un processus en quatre étapes, et il est amélioré au moyen d'examens externes par des pairs. Ce cadre permettra d'assurer que les évaluations du risque sont systématiques, structurées, transparentes, opportunes et exhaustives.

Figure 1 : Aperçu de la marche à suivre pour mener une évaluation du risque conformément au Cadre.

Étape 1 : Objectifs de gestion et de protection

La première étape du processus d'une évaluation du risque consiste à définir les composantes et les paramètres de l'écosystème qui sont susceptibles d'être touchés ou qui doivent être protégés ou gérés. Par exemple, l'objectif de gestion pourrait être d'élargir ou d'inclure une activité particulière (p. ex., aquaculture), tout en protégeant une composante (p. ex., stocks de poissons sauvages) et un attribut (p. ex., l'abondance) particulier de l'écosystème. Une fois que les composantes et les attributs de l'écosystème sont déterminés, la tolérance au risque est définie et peut être illustrée sur une matrice des risques (p. ex., tableau des risques).

Étape 2 : Formulation du problème

Cette étape définie la portée de l'évaluation du risque. À cet effet, les dangers sont identifiés et un modèle théorique, qui illustre la relation entre les composantes de l'écosystème à protéger et les facteurs de perturbation possibles, est élaboré. Ce modèle aide à prédire l'incidence possible d'un facteur de perturbation sur une composante de l'écosystème et à identifier les paramètres pertinents qui pourraient faire l'objet d'une surveillance (p. ex., l'abondance de l'espèce, les niveaux de contaminants, la zone d'habitat à protéger, le taux de maladie, etc.). La définition du problème comprend également la catégorisation et des définitions claires de la probabilité des événements, de la gravité des conséquences et des incertitudes.

Étape 3 : Évaluation du risque

L'évaluation du risque est fonction de l'équation suivante largement utilisée : risque = probabilité x conséquences. Pour ce faire, les évaluateurs du risque estiment d'abord la probabilité que des événements aient lieu. Ensuite, ils caractérisent l'ampleur et la gravité des répercussions éventuelles sur l'environnement. La probabilité et les conséquences sont ensuite inscrites dans une matrice des risques afin d'estimer le risque associé au facteur de perturbation.

L'évaluation du risque elle-même peut être documentée au moyen de publications scientifiques, d'avis scientifiques spécialisés et de connaissances traditionnelles, le cas échéant, et des pratiques de gestion actuelles. Un aspect important de l'évaluation du risque consiste à reconnaître les incertitudes liées à chaque étape afin d’assurer la transparence du processus.

Étape 4 : Avis scientifique et examen des risques par les pairs

Toutes les évaluations et analyses scientifiques du risque effectuées grâce à cette Initiative seront examinées par des pairs par l'intermédiaire du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) du MPO. Le processus d'examen par les pairs fera en outre l'objet d'une réunion en personne à laquelle des experts scientifiques du gouvernement et des représentants du milieu universitaire, de l'industrie, des Premières Nations et d'organisations non gouvernementales seront invités à participer. Tous les documents de recherche, avis scientifiques et comptes rendus de réunions examinés par les pairs sont publiés sur le site internet des publications du SCCS.

Les documents de recherche comprendront la caractérisation des espèces à protéger, de l'environnement et du facteur de perturbation étudiés, ainsi que les pratiques actuelles utilisées pour atténuer les impacts du facteur de perturbation sur les poissons et l'environnement. Les analyses, les conclusions et les recommandations de l'évaluation du risque seront publiées sous la forme d'un avis scientifique, qui comprendra les incertitudes connexes, la détermination des lacunes de connaissances et des propositions d'options d'atténuation ainsi que les effets subséquents estimés sur le résultat du risque.

Les évaluations du risque de l’aquaculture sur l'environnement peuvent faire l'objet d'un examen cyclique des avis qui peut être déclenché par, entre autres, une modification au règlement, de nouvelles technologies, de nouveaux résultats de recherche, ou des changements environnementaux.