Zone prioritaire des rivières du sud du golfe du Saint-Laurent

Carte d la zone prioritaire des rivières du sud du golfe du Saint-Laurent (N.-B., N.-É., Î.-P.-É). Voir le texte qui suit.
Le sud du golfe du Saint-Laurent zone prioritaire (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Î.-P.-É)

Cette zone prioritaire comprend certaines rivières du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard qui se déversent dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Ces rivières abritent quatre espèces (le saumon de l’Atlantique, l’anguille d’Amérique, l’esturgeon noir et l’alasmidonte renflée, une espèce de moule d’eau douce) qui figurent sur la liste de la Loi sur les espèces en péril ou que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évaluées comme étant en péril. Les bassins versants qui se déversent dans le sud du golfe du Saint-Laurent sont devenus vulnérables aux menaces, comme la dégradation et la fragmentation de l’habitat entraînées par les activités humaines. L’introduction d’espèces envahissantes, la pollution et les changements climatiques comptent parmi les autres menaces à surveiller.

Efforts de conservation en cours

D’autres recherches doivent être menées pour que l’on comprenne mieux cet écosystème et qu’on soit en mesure d’atténuer les menaces. Un projet mené par le Canadian Rivers Institute de l’Université du Nouveau-Brunswick travaille à définir l’impact de la présence d’un prédateur indigène, le bar rayé, sur les populations de saumon de l’Atlantique et d’anguille d’Amérique de la rivière Miramichi. Cette recherche fournit des renseignements qui contribueront à la protection et au rétablissement de ces espèces. Ce projet suscitera également la participation des collectivités locales des Premières Nations et fournira la capacité nécessaire à la protection de ces espèces.

Un projet entrepris par le Groupe de conservation Mi’kmaw de la Confederacy of Mainland Mi’kmaq s’appuie sur une approche collaborative pour définir les menaces et améliorer l’habitat des espèces en péril qui se trouvent dans trois bassins versants de la Nouvelle-Écosse continentale, dans la zone prioritaire des rivières du sud du golfe du Saint-Laurent. En appliquant une approche à double perspective qui combine le savoir écologique traditionnel des Micmacs à la science occidentale, l’équipe de projet collabore avec les collectivités locales des Premières Nations pour élargir les connaissances et renforcer la participation locale à l’évaluation et à la restauration des habitats.

Grâce à une approche à double perspective semblable, l’Abegweit Conservation Society exécute un programme d’intendance des espèces d’eau douce en péril qui vivent dans les écosystèmes des rivières Midgell, Morell et Mill, à l’Île-du-Prince-Édouard, en insistant particulièrement sur les menaces qui pèsent sur les espèces qui présentent une importance particulière sur le plan culturel. Le projet définit et classe en ordre de priorité les différentes menaces présentes dans chaque rivière afin de cibler les techniques de restauration ou de gestion les plus appropriées. Une fois les menaces définies et classées par ordre de priorité, les mesures de conservation seront mises en œuvre avec une participation maximale des collectivités et des mentors autochtones.

La Nova Scotia Salmon Association a lancé un projet de collaboration visant à restaurer des écosystèmes aquatiques de grande valeur dans quatre rivières de la zone prioritaire du sud du golfe du Saint-Laurent (rivières West et South [Antigonish] et rivières Mabou et Margaree [Cap-Breton]), lequel souligne lui aussi l’importance de la collaboration. Ce projet rassemble des groupes autochtones, des intervenants et d’autres parties intéressées dans le cadre d’activités d’intendance qui soutiennent la planification, l’établissement des priorités et la mise en œuvre d’activités de gestion visant à lutter contre un certain nombre de menaces définies. Ce projet aide les Canadiens à jouer un rôle actif dans notre effort collectif de conservation et de protection de nos écosystèmes locaux.

Les progrès technologiques permettent aux organisations d’utiliser des outils innovants pour atténuer les menaces qui pèsent sur les bassins versants locaux. Le Gespe’gewaq Mi’gmaq Resource Council reconnaît le rôle important que joue la technologie dans les efforts de conservation et a entamé un projet qui facilitera la gestion des écosystèmes aquatiques et la restauration durable des habitats grâce à l’utilisation de données biologiques, d’outils du système d’information géographique (SIG) et d’autres nouvelles technologies. Les informations recueillies grâce à ces outils peuvent soutenir les efforts de restauration des habitats et permettre de trouver des solutions pour gérer des menaces comme les obstacles au passage des poissons et la pollution provenant de sources municipales, agricoles et industrielles. Ces efforts permettent de restaurer de précieux habitats d’eau froide sur 30 sites du bassin versant hydrographique de la rivière Restigouche qui sont essentiels à trois espèces en péril particulièrement importantes sur les plans culturel et économique.

Un projet d’amélioration des habitats d’eau froide mené par la North Shore Micmac District Council Inc. est axé sur l’atténuation des effets à long terme des changements climatiques sur le bassin de la rivière Miramichi. Les habitats d’eau froide de la rivière Miramichi jouent un rôle important dans le cycle vital du saumon de l’Atlantique et d’autres espèces en péril pendant les chauds mois d’été. L’équipe du projet d’amélioration des habitats d’eau froide mène des recherches pour repérer les zones de la rivière qui pourraient servir de refuges thermiques, ainsi que pour lancer des activités d’amélioration des habitats afin d’assurer la durabilité de ces habitats d’eau froide essentiels. Le projet met également en œuvre des mesures de contrôle en vue de réduire au minimum les répercussions de l’achigan à petite bouche, une espèce aquatique envahissante, sur les espèces indigènes.

Grâce aux activités prévues, qui comprennent la définition et l’évaluation de menaces précises, la réalisation de recherches, l’élaboration de stratégies de gestion et la mise en œuvre d’activités de conservation, ces projets appuyés par le Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril (FNCEAP) contribuent à un effort cumulatif considérable visant à protéger la zone prioritaire des rivières du sud du golfe du Saint-Laurent. Bon nombre de ces projets soulignent l’importance de l’intendance et de la collaboration avec les groupes autochtones locaux, les intervenants, les groupes environnementaux et le grand public. En mobilisant les Canadiens, nous prenons les mesures nécessaires pour favoriser le rétablissement et la conservation des précieux écosystèmes de la zone prioritaire des rivières du sud du golfe du Saint-Laurent, ainsi que des espèces qui y vivent.

En savoir plus sur les projets dans ce secteur

Intendance Etuaptmumk (double regard) des espèces d’eau douce en péril et des écosystèmes dans les rivières Midgell, Morell et Mill à l’Île-du-Prince-Édouard

Intendance Etuaptmumk (double regard) des espèces d’eau douce en péril et des écosystèmes dans les rivières Midgell, Morell et Mill à l’Île-du-Prince-Édouard

Bénéficiaire : Abegweit Conservation Society

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Réhabilitation de l’habitat : Enlèvement des débris et des obstacles pour restaurer la connectivité – Cascumpec Bay Watershed Association 
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Formation : Participants de Lennox Island et Abegweit avec l’instructeur Ron Jenkins

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans vise à intégrer les principes de la science et du savoir autochtone (double regard) dans la gestion des menaces qui pèsent sur deux espèces en péril présentant une importance particulière sur le plan culturel dans les rivières Midgell, Morell et Mill, à l'Île du Prince Édouard.

Tout d’abord, les menaces seront définies et classées par ordre de priorité pour chaque rivière. Les connaissances autochtones traditionnelles sur les rivières et les espèces seront combinées aux données produites par la science occidentale afin de guider l’élaboration d’un plan d’action pour chaque rivière et chaque espèce. Diverses caractéristiques de l’habitat seront étudiées, cartographiées et modélisées dans les trois rivières. Des tendances et des projections futures seront produites pour orienter la hiérarchisation des travaux de restauration dans le cours d’eau ou d’autres options de gestion.

Une fois les menaces définies et classées par ordre de priorité, on sélectionnera les meilleures techniques de restauration pour chaque rivière. Les mesures possibles comprennent des travaux de restauration dans les cours d’eau et les zones riveraines, tels que le retrait des obstacles au passage des poissons, la restauration de l’habitat dans les cours d’eau (p. ex. stabilisation des berges pour freiner l’érosion, remplacement des ponceaux), la diversification du couvert forestier sur les rives (plantation) et la correction de l’hydrologie perturbée par l’utilisation humaine historique (p. ex. établissement de la forme naturelle des méandres, rapport largeur/profondeur du canal). Elles seront réalisées tout en maximisant la participation des mentors autochtones afin de renforcer la capacité de leadership en matière d’intendance parmi les peuples autochtones locaux liés aux trois réseaux versants.

Fonds alloués : 1 352 800 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

Comprendre les menaces que fait peser sur le saumon de l’Atlantique et l’anguille d’Amérique un prédateur indigène de plus en plus présent dans la rivière Miramichi et les zones environnantes du golfe du Saint-Laurent

Comprendre les menaces que fait peser sur le saumon de l’Atlantique et l’anguille d’Amérique un prédateur indigène de plus en plus présent dans la rivière Miramichi et les zones environnantes du golfe du Saint-Laurent

Bénéficiaire : Canadian Rivers Institute, l’Université du Nouveau-Brunswick

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Pêche à l’électricité
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Surveillance des étiquettes

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans étudie le niveau de la menace que pourrait représenter un poisson prédateur indigène pour deux espèces de poissons indigènes en péril dans la rivière Miramichi. Ce projet comporte deux volets. Le premier consiste à mener la recherche nécessaire sur les effets prédateurs du bar rayé sur deux espèces de poissons en péril. Cette recherche vise à contribuer à assurer une protection efficace, le rétablissement et la gestion scientifique de ces espèces aquatiques en péril.

Le second volet cherche à faire participer les communautés locales des Premières Nations et à renforcer leurs capacités. Ce projet, en partenariat avec les communautés locales des Premières Nations (Metepenagiag et Natoaganeg), visera 1) à améliorer la sensibilisation aux questions de conservation et aux problèmes culturels auxquels sont confrontées ces espèces en péril; 2) à former les Premières Nations locales aux techniques de pêche (pêche à l’électricité, télémétrie, suivi acoustique) et à leur transmettre des connaissances dans ce domaine; 3) à améliorer et à conserver les compétences et les capacités de recherche (équipement du projet, individus) des Premières Nations locales participant au projet afin de créer un patrimoine naturel durable.

Fonds alloués : 473 000 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

Restauration de l’habitat de trois espèces préoccupantes dans le bassin versant et l’estuaire de la rivière Restigouche

Restauration de l’habitat de trois espèces préoccupantes dans le bassin versant et l’estuaire de la rivière Restigouche

Bénéficiaire : Gespe’gewaq Mi’gmaq Resource Council

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Imagerie lidar montrant l'information d'élévation pour le sous-bassin versant de la rivière Upsalquitch (Arsenault et coll., 2020)
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Identification à distance de 3 803 traversées à des points d'intersection des routes et des cours d'eau dans le bassin versant de la rivière Restigouche
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Évaluation des ponceaux pour déterminer la passibilité des espèces cibles, la qualité de l'habitat et le potentiel de restauration

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans vise à recenser et à restaurer les habitats prioritaires de trois espèces de poissons en péril dans le bassin versant de la rivière Restigouche et son estuaire. L’objectif principal de ce projet est d’établir et de soutenir des partenariats pour la gestion des espèces aquatiques afin de permettre le co-développement d'une stratégie de restauration durable des habitats fondée sur les données biologiques disponibles, les outils du système d’information géographique et les nouvelles technologies.

Ce projet soutiendra des travaux de restauration de l’habitat, tels que le remplacement ou la modification des obstacles au passage des poissons afin de rétablir la connectivité des habitats, et la réduction du ruissellement des infrastructures municipales, agricoles et industrielles. Ces mesures permettront d’éviter une dégradation plus grave des habitats et d’atténuer les impacts cumulatifs de la fragmentation des habitats, de la pollution et de la charge en nutriments.

De plus, le projet contribuera aux efforts de collaboration avec les communautés autochtones et les institutions universitaires en vue d’acquérir une compréhension des systèmes de connaissances écologiques des Micmacs, et d’instaurer des mécanismes permettant de mieux étayer les décisions de gestion concernant les espèces en péril ciblées.

Fonds alloués : 661 600 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

Programme de résilience aux changements climatiques – Amélioration des habitats d’eau froide dans l’ensemble du bassin de la rivière Miramichi

Programme de résilience aux changements climatiques – Amélioration des habitats d’eau froide dans l’ensemble du bassin de la rivière Miramichi

Bénéficiaire : North Shore Micmac District Council Inc., Anqotum Resource Management

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Technicienne de terrain effectuant un relevé sur l’alasmidonte renflée dans le lac Miramichi
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Technicienne de terrain effectuant un levé du ruisseau Wildcat en vue de la conception de l’amélioration des habitats d’eau froide

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans vise à renforcer la résilience de l’ensemble du bassin de la rivière Miramichi aux changements climatiques en améliorant les habitats d’eau froide pour les espèces de poissons pendant les épisodes de température élevée en été. Pour ce faire, le projet localisera les zones présentant un fort potentiel pour servir de refuges thermiques, puis effectuera des travaux de restauration, tels que des projets d’amélioration de l’habitat des espèces aquatiques en péril, des relevés pour mieux comprendre la répartition des espèces et l’atténuation des impacts des espèces envahissantes par des mesures de gestion et de lutte. Ces mesures visent à créer un patrimoine durable et viable qui profitera aux espèces aquatiques en péril de l’ensemble du bassin de la rivière Miramichi.

Enfin, ce projet permettra d’établir un programme d’études pour les techniciens autochtones de l’environnement afin de renforcer les capacités à effectuer de futurs travaux environnementaux techniques.

Fonds alloués : 725 150 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

Planification et mise en œuvre de la restauration de l’habitat dans quatre bassins hydrographiques de la Nouvelle-Écosse dans la zone prioritaire des rivières du Sud du golfe du Saint-Laurent, et collaboration dans ce domaine

Planification et mise en œuvre de la restauration de l’habitat dans quatre bassins hydrographiques de la Nouvelle-Écosse dans la zone prioritaire des rivières du Sud du golfe du Saint-Laurent, et collaboration dans ce domaine

Bénéficiaire : Nova Scotia Salmon Association

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Restauration de la rivière Margaree – Septembre 2019
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Stabilisation des berges

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans vise à restaurer des écosystèmes aquatiques de grande valeur dans quatre rivières prioritaires de la zone prioritaire des rivières du Sud du golfe du Saint-Laurent : les rivières West et South (Antigonish) et les rivières Mabou et Margaree au cap Breton. Il favorisera le rétablissement des espèces aquatiques en péril par la planification, la priorisation et la mise en œuvre d’activités qui atténuent les menaces définies (comme la baisse de la qualité de l’eau ou la fragmentation de l’habitat).

Il permettra de créer un héritage à long terme pour les mesures de rétablissement et de mettre en place une collaboration stratégique et durable avec et entre les peuples autochtones, les intervenants et les autres parties intéressées.

Fonds alloués : 866 232 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

Évaluation des bassins versants abritant des espèces en péril et gestion des espèces de poissons présentant une importance particulière sur le plan culturel par une approche double regard chez les Mi'kma'ki, dans la partie continentale de la Nouvelle-Écosse

Évaluation des bassins versants abritant des espèces en péril et gestion des espèces de poissons présentant une importance particulière sur le plan culturel par une approche double regard chez les Mi'kma'ki, dans la partie continentale de la Nouvelle-Écosse

Bénéficiaire : The Confederacy of Mainland Mi'kmaq

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La Confederacy of Mainland Mi’kmaq – Mi’kmaw Conservation Group aide les partenaires du projet à relâcher des saumons de l’Atlantique (Plamu’k) dans les bassins versants de l’intérieur de la baie de Fundy
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L’équipe FNCEAP de la Confederacy of Mainland Mi’kmaq – Mi’kmaw Conservation Group présente les objectifs du projet et les activités à venir lors de l’atelier sur la conservation et la surveillance des milieux aquatiques

Objectif du projet : Ce projet de quatre ans détermine les menaces et améliore l’habitat du poisson pour plusieurs espèces aquatiques en péril en menant des évaluations biologiques et des activités de restauration de l’habitat et de sensibilisation à l’intendance dans les communautés micmaques participantes.L'approche dite du « double regard » de ce projet réunira les connaissances écologiques des Mi'kmaq (MEK) et la science occidentale, ce qui permettra de mieux comprendre le rôle et l'importance de multiples perspectives.

Le projet se déroule dans trois régions de la partie continentale de la Nouvelle-Écosse : les bassins versants de la rivière Sainte-Croix, de la rivière Stewiacke et du sud du golfe du Saint-Laurent. Cette approche traite les menaces prioritaires pour les espèces aquatiques en péril et pour les espèces importantes dans la culture micmaque à des fins alimentaires, sociales et rituelles. L’engagement et la participation des communautés micmaques et leur intendance des espèces en péril sont des éléments essentiels de ce projet et garantiront qu’il aura un impact positif et durable sur les plans de la conservation, d’une plus grande sensibilisation et de la capacité à protéger les espèces en péril pour les générations futures.

Fonds alloués : 2 308 257 $

Échéancier : 4 ans

Espèces qui bénéficient de ce projet :

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