Sébaste à longue mâchoire (Sebastes alutus)
Sur cette page
- Aperçu de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Avis scientifiques et recherche
- Plan de gestion intégrée
- Sources
Aperçu de l’espèce
Description physique
Le sébaste à longue mâchoire est de couleur rouge, avec des taches vert olive qui peuvent aller jusqu'au brun ou au noir. Les variantes de couleur vont du rouge brique au rouge pâle avec une intensité variable des taches. Les résidents des eaux plus profondes sont généralement d'un rouge plus foncé. Le sébaste à longue mâchoire peut être confondu avec d'autres espèces de sébastes, comme le sébaste à bouche jaune, le sébaste à menton pointu et le sébaste à raie rouge.
Le sébaste à longue mâchoire a un corps trapu et s'amincissant vers la queue. La bouche est grande et la mâchoire inférieure fait saillie. L'extrémité de la mâchoire inférieure porte une protrusion osseuse proéminente en forme de cône. Le sébaste à longue mâchoire a plusieurs épines dorsales pointues suivies d'une nageoire dorsale plate. Sa queue est légèrement échancrée.
Les jeunes juvéniles ressemblent aux adultes, mais leur corps est plus allongé, avec les parties supérieures rouges plus pâles qui se fondent dans le bas du corps blanc argenté. Les membranes des nageoires sont peu colorées et les taches sont absentes. Les subadultes acquièrent progressivement une couleur plus profonde. Ils se trouvent plus haut dans la colonne d'eau, de sorte qu'ils conservent une forme de corps plus allongée.
Le sébaste à longue mâchoire grandit lentement, jusqu'à une longueur maximale d'environ 50 centimètres et un poids maximal d'environ 2,05 kilogrammes. Cette espèce peut vivre près d'un siècle.
Aire de répartition
La répartition du sébaste à longue mâchoire forme un arc le long du littoral du Pacifique Nord, de Honshu, au Japon, à la Basse-Californie, au Mexique. Le sébaste à longue mâchoire est le plus abondant du nord des îles Kouriles, en Russie, au nord de la Californie, aux États Unis. Au Canada, son aire de répartition est presque continue le long de la côte de la Colombie-Britannique, avec des ruptures dans le haut du détroit d'Hécate et au large de la côte sud-ouest de Haida Gwaii.
Le sébaste à longue mâchoire vit dans les eaux profondes au bord du plateau continental. Les adultes occupent des profondeurs de 90 à 825 mètres et préfèrent les habitats sableux et rocheux dans les zones à relief vertical ou de coraux. Pendant la journée, les adultes remontent dans la colonne d'eau, suivant la migration quotidienne de leur principale source de nourriture, le krill. Les larves et les juvéniles sont présents près de la surface, mais les subadultes et les adultes se trouvent près des parois des canyons sous-marins.
Cycle vital
Les sébastes à longue mâchoire adultes migrent dans les eaux peu profondes (de 200 à 400 m) en été pour se nourrir et frayer. À l'automne, les femelles migrent plus profondément (de 500 à 700 m) pour libérer les larves près de l'embouchure des canyons sous-marins. Le sébaste à longue mâchoire ne se reproduit pas avant l'âge d'environ 10 ans. Chaque femelle peut produire entre 10 000 et 500 000 œufs. Les œufs se développent dans les femelles et éclosent à l'intérieur. Les larves sont libérées au printemps.
Historique de la pêche
Le sébaste à longue mâchoire est une espèce commercialement importante qui soutient la deuxième plus grande pêche du sébaste en Colombie-Britannique. Cette pêche a un effet économique et culturel important sur les petites collectivités de la Colombie-Britannique comme Prince Rupert.
La pêche au chalut des sébastes du talus continental existe en Colombie-Britannique depuis les années 1940. En plus des chalutiers canadiens, les flottes étrangères ont ciblé le sébaste à longue mâchoire dans les eaux de la Colombie-Britannique pendant une vingtaine d'années. Elles venaient principalement des États-Unis (de 1950 à 1975), de l'URSS (de 1965 à 1972) et du Japon (de 1966 à 1977). Les navires étrangers ont prélevé de grandes quantités de biomasse de sébaste, y compris de sébaste à longue mâchoire, en particulier dans le bassin de la Reine-Charlotte, où l'espèce est la plus abondante. La modélisation de la biomasse reproductrice des femelles a révélé un déclin marqué de 1965 à 1984. La biomasse a ensuite augmenté jusqu'en 1990, avant une nouvelle baisse de 1994 à 2007, qui a persisté jusqu'en 2014. Par la suite, la biomasse reproductrice à l'échelle de la côte a augmenté jusqu'à présent.
En 1979, l'Unité de gestion du poisson de fond du MPO a imposé des quotas sur le sébaste à longue mâchoire. Dans les années 1980, une surpêche expérimentale a été tentée dans deux régions de la côte de la Colombie-Britannique.
- Au large de la côte ouest de l'île de Vancouver, le total autorisé des captures (TAC) a été établi à 500 tonnes (t) en 1980 avant de revenir à 300 t en 1984. Le TAC a ensuite été réduit à 100 t en 1986 et est resté bas jusqu'en 1993.
- Sur la côte nord-ouest de Haida Gwaii, les quotas ont été entièrement supprimés en 1983 pour permettre cinq années de pêche non restreinte, suivies de cinq années de pêche strictement limitée. Cependant, une fermeture prévue en 1988 n'a pas été appliquée, car les pêcheurs et la région étaient devenus dépendants des niveaux de prises élevés. La zone a été fermée à toutes les pêches au chalut en 1993.
En 1996, un programme d'observateurs à bord a été instauré. Des observateurs étaient alors assignés à bord de tous les chalutiers hauturiers. En 1997, un système de quota individuel de bateau a été mis en place afin d'allouer à chaque navire enregistré des droits échangeables pour une part du TAC. Le MPO a réduit le TAC du sébaste à longue mâchoire dans la zone 5CD de 300 t en 2001, puis de 700 t en 2006. Après 2010, le MPO a mis en œuvre une mesure de conservation : la réduction du TAC dans les zones 5AB + 5CD de 258 t par an sur trois ans.
En 2012, des mesures ont été prises en vue de réduire et de gérer les prises accessoires de coraux et d'éponges dans les pêches au chalut de fond de la Colombie Britannique. Ces mesures ont été élaborées conjointement par l'industrie et des organisations non gouvernementales de l'environnement. Elles comportaient notamment :
- la limitation de l'empreinte des activités de pêche au chalut de fond du poisson de fond;
- l'établissement d'une limite combinée de conservation des prises accessoires pour les coraux et les éponges;
- l'établissement d'un protocole en cas de rencontre de coraux et d'éponges pour chaque trait de chalut, lorsque les prises combinées de ces organismes dépassent 20 kg.
Ces mesures ont été intégrées dans le Plan de gestion intégrée des pêches aux poissons de fond du MPO pour la région du Pacifique et s'appliquent à tous les chalutiers de la Colombie-Britannique.
Contexte écosystémique
Les larves de le sébaste à longue mâchoire se nourrissent de zooplancton. Les juvéniles mangent des copépodes. Les adultes se nourrissent de crustacés (krill, crevettes, etc.) et de petits poissons.
Les espèces qui se nourrissent de juvéniles de le sébaste à longue mâchoire sont les suivantes :
- des oiseaux de mer
- d'autres sébastes
- le saumon
- la morue-lingue
- d'autres grands poissons de fond
Les espèces qui se nourrissent de adultes de le sébaste à longue mâchoire sont les suivantes :
- la morue charbonnière
- le flétan
- le grand cachalot
- l'otarie à fourrure du Nord
Avis scientifiques et recherche
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Plan de gestion intégrée
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Sources
- Leaman 1998. Experimental rockfish management and implications for rockfish harvest refugia. In M. Yoklavich, ed., Marine Harvest Refugia For West Coast Rockfish: A Workshop, p. 17–26. NOAA-TM-NMFS-SWFSC-255
- Leaman and Stanley 1993. Experimental management programs for two rockfish stocks off British Columbia, Canada. In S. J. Smith, J. J. Hunt and D. Rivard, eds., Risk evaluation and biological reference points for fisheries management, p. 403-418. Canadian Special Publication of Fisheries and Aquatic Sciences 120.
- Love et al. 2002. The Rockfishes of the Northeast Pacific. University of California Press, Berkeley and Los Angeles, California.
- Stocker 1981. Groundfish stock assessments off the west coast of Canada in 1981 and recommended total allowable catches for 1982. Can. Manuscr. Rep. Fish. Aquat. Sci. 1626. xxx + 282 p.
- Wallace et al. 2015. Canada's Pacific groundfish trawl habitat agreement: A global first in an ecosystem approach to bottom trawl impacts. Mar. Pol. 60: 240-248.
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