Palourde japonaise (Ruditapes philippinarum)
Sur cette page
- Aperçu de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Avis scientifiques et recherche
- Plan de gestion intégrée des pêches
- Sources
- Liens connexes
Aperçu de l’espèce
Description physique
La palourde japonaise est une palourde intertidale de taille moyenne. Elle possède deux coquilles épaisses de forme ovale. La surface extérieure des coquilles de la palourde japonaise présente des anneaux parallèles et perpendiculaires aux bords. Ces anneaux permettent de déterminer l’âge des individus. Le bord extérieur des coquilles est lisse. Des lunules plates ou enfoncées sont présentes sur les coquilles.
La surface intérieure des coquilles de la palourde japonaise est lustrée, et de couleur blanche ou jaune avec une tache violette près de la marge extérieure. Couleurs pouvant être présentes sur la surface extérieure des coquilles :
- blanc ;
- jaune ;
- brun ;
- gris.
Les coquilles des jeunes palourdes japonaises peuvent présenter des bandes :
- rouges ;
- bleues ;
- noires.
Les palourdes japonaises âgées sont moins colorées. L’espèce peut atteindre une longueur de 75 millimètres et vivre de 14 à 16 ans.
Répartition
La palourde japonaise est naturellement présente dans les pays suivants :
- Russie ;
- Japon ;
- Corée ;
- Chine.
La palourde japonaise a été introduite accidentellement au Canada dans les années 1930 lors d’envois de naissains d’huîtres creuses du Pacifique. Elle a été découverte pour la première fois dans le havre Ladysmith, en Colombie-Britannique, en 1936. En moins de dix ans, elle s’est répandue dans tout le détroit de Georgia. À la fin des années 1950, la palourde japonaise s’était répandue sur toute la côte ouest de l’île de Vancouver. Elle a probablement été introduite accidentellement dans la baie Barkley en même temps que des naissains d’huîtres creuses du Pacifique. Les palourdes japonaises présentes à Bella Bella ont probablement été introduites sous forme de larves provenant de la baie Quatsino. Aujourd’hui, la palourde japonaise est présente de la côte centrale de la Colombie-Britannique à la Californie.
La palourde japonaise vit dans des cavités temporaires peu profondes (20 centimètres ou moins), car son siphon est court. Elle s’enfouit dans :
- du gravier ;
- de la boue ;
- du sable.
La palourde japonaise vit dans la moitié supérieure de la zone intertidale. Il n’y a pas de populations subtidales significatives de palourdes japonaises en Colombie-Britannique.
Étant donné que la palourde japonaise s’enfouit à de faibles profondeurs, elle peut mourir pendant l’hiver en cas de gel et de vents froids. C’est ce que l’on appelle la « mortalité hivernale ». Le stress thermique est une autre cause de mortalité. La répartition septentrionale de la palourde japonaise est limitée par les températures minimales dont elle a besoin pour survivre.
Cycle de vie
La maturité de la palourde japonaise dépend de la taille et non de l’âge. La palourde japonaise arrive à maturité à une longueur de 20 à 25 millimètres. Elle atteint cette longueur entre les âges de 1 et 2 ans. Les conditions environnementales ont une incidence sur les taux de croissance de la palourde japonaise. Sa croissance est rapide pendant les premières années de sa vie, puis elle ralentit.
En Colombie-Britannique, la fraie se déroule de juin à septembre. C’est une espèce qui expulse ses produits sexuels dans la colonne d’eau; en effet, le sperme et les œufs sont libérés dans l’eau en vue de la fécondation. Une température minimale de 14 ou 15 °C est nécessaire pour la fraie. Les femelles d’une longueur de 40 millimètres peuvent produire 2 350 000 œufs.
Les larves sont pélagiques pendant trois ou quatre semaines, puis elles s’établissent sur le fond de l’océan. Les larves peuvent être transportées vers d’autres plages par les courants marins. Une fois établis, les adultes ne peuvent plus se déplacer vers une autre plage.
Le nombre de nouvelles palourdes japonaises qui rejoignent la population en Colombie-Britannique dépend des conditions environnementales, et il est irrégulier. Il en résulte des fluctuations dans les populations d’adultes au fil du temps.
Historique de la pêche
La pêche aux palourdes intertidales joue un rôle important dans les communautés côtières de la Colombie-Britannique :
- elle est une source d’alimentation traditionnelle essentielle pour les Premières Nations depuis des milliers d’années ;
- elle offre des possibilités d’emploi essentielles ;
- elle offre au public des possibilités de récolte récréative.
La pêche commerciale aux palourdes est pratiquée depuis plus de 100 ans. La palourde jaune était l’espèce ciblée de la pêche commerciale aux palourdes en Colombie-Britannique jusqu’à ce que le marché se tourne vers la palourde du Pacifique et la palourde japonaise dans les années 1980. La palourde japonaise est prisée, car sa chair se sépare facilement des coquilles après la cuisson. La palourde japonaise est couramment vendue sous forme de produit vivant à des restaurants aux États-Unis.
Bien que des palourdes japonaises et des palourdes du Pacifique aient été signalées dans les débarquements commerciaux depuis 1951, la pêche dirigée ne s’est développée qu’à la fin des années 1970. Les débarquements de palourdes japonaises ont été en moyenne de 189 tonnes de 1951 à 1979. Les débarquements les plus élevés de palourdes japonaises ont été de 3 909 tonnes en 1988. Les débarquements ont commencé à diminuer après 1989, lorsque des mesures de gestion plus restrictives ont été introduites en raison de craintes de surexploitation. Des limitations de permis ont été introduites en 1998.
Ces dernières années, les périodes d’ouverture de la pêche commerciale ont été réduites dans la plupart des zones à quelques jours par an. Les palourdes japonaises sont pêchées à marée basse. Les pêcheurs utilisent des râteaux ou des grattoirs pour les extraire du substrat, puis ils les ramassent à la main.
Une pêche commerciale à la palourde japonaise a été développée le long de la côte centrale, près de Bella Bella, dans les années 1990, en partenariat avec la nation Heiltsuk.
Contexte écosystémique
La palourde japonaise est un mollusque filtreur. Elle utilise son siphon pour capter des particules de nourriture dans la colonne d’eau . Elle ne se nourrit que lorsqu’elle est sous l’eau. Lorsque la marée est basse, la palourde japonaise ferme hermétiquement ses coquilles et attend que la marée la recouvre pour se nourrir.
Les mollusques bivalves sont très sensibles à la qualité de l’eau, car ils se nourrissent en filtrant les organismes microscopiques présents dans l’eau. Ce type d’alimentation peut favoriser l’accumulation de bactéries nocives, de virus et de biotoxines marines dans les tissus des mollusques. Leur consommation peut causer des maladies chez l’humain.
Faites preuve de prudence lorsque vous pêchez des mollusques. Vérifiez l’absence de contamination dans la zone où vous prévoyez d’en pêcher. Consultez notre carte en temps réel sur les zones sécuritaires pour la pêche aux mollusques bivalves. S’il n’y a pas de fermeture pour contamination, vérifiez les règlements relatifs aux espèces et les restrictions de pêche supplémentaires.
En plus de l’humain, la palourde japonaise est consommée par les animaux suivants :
- natices ;
- étoiles de mer ;
- crabes ;
- poissons de fond ;
- oiseaux de mer ;
- oiseaux de rivage ;
- loutres de mer ;
- ratons laveurs.
La palourde japonaise vit dans la même zone intertidale que la palourde du Pacifique indigène. Il n’y a pas de chevauchement avec la palourde jaune. Il n’y a pas d’hybridation de la palourde japonaise avec les palourdes indigènes de la Colombie-Britannique.
Avis scientifiques et recherche
Avis scientifiques et recherche sur les palourdes japonaises
Plan de gestion intégrée des pêches
Plan de gestion intégrée des pêches sur les palourdes intertidales
Sources
- MPO 2012. Sommaires biologiques pour trois mollusques exotiques, Palourde Japonaise (Venerupis philippinarum), Huître Creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) et Pétoncle Japonais (Mizuhopecten yessoensis) pour lesquels on a accordé un permis d’aquaculture en Colombie-Britannique.
- Gillespie et Bond 1997. Evaluation of harvest models for Manila clam fisheries in British Columbia.
- Gillespie et Kronlund 1999. A Manual for Intertidal Clam Surveys. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences (Rapport technique canadien des sciences halieutiques et aquatiques) 2077.
- Harbo et al. 1997. Intertidal Clam Resources (Manila, Littleneck and Butter Clam) Volume II: The Southern Inside Waters of Vancouver Island and the British Columbia Mainland. Rapport manuscrit canadien des sciences halieutiques et aquatiques no 2417.
- Gillespie et al. 2001. Examen des cadres d’évaluation et de gestion concernant la pêche de dépuration des coquillages intertidaux en Colombie-Britannique. Status of Manila Clam (venerupis philippinarum) Stocks in Area 7, British Columbia, with a Proposal for Active Management of a Data-limited Fishery - État des stocks de palourde japonaise (Venerupis philippinarum) dans la zone 7 (Colombie-Britannique) et proposition de gestion active d’une pêche à données limitées
- Harbo 1997. Shells and Shellfish of the Pacific Northwest: A field guide, Harbour Publishing, Madeira Park, C.-B., Canada.
- Raymond et al. 2022. « Assessment of the impacts of an unprecedented heatwave on intertidal shellfish of the Salish Sea », The Scientific Naturalist. https://doi.org/10.1002/ecy.3798 (en anglais seulement)
- Bourne 1982. « Distribution, reproduction, and growth of Manila clam, Tapes philippinarum (Adams et Reeve), in British Columbia », Journal of Shellfish Research, vol. 2(1) : p. 47-54.
- Bower 1992. « Winter mortalities and histopathology in Japanese littlenecks [Tapes philippinarum (A. Adams and Reeve, 1850)] in British Columbia due to freezing temperatures », Journal of Shellfish Research, vol. 11(2) : 255-263.
Liens connexes
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