Euphausiacés (krill)
Euphausia pacifica. Photo : MPO.
Sur cette page
- Présentation de l’espèce
- Historique de la pêche
- Contexte écosystémique
- Plan de gestion intégrée des pêches
- Sources
- Liens connexes
Présentation de l’espèce
Description physique
Les euphausiacés, également connus sous le nom de « krill », sont des crustacés ressemblant à des crevettes. Il existe plus de 85 espèces de krills dans le monde. Les plus petits mesurent seulement quelques millimètres de long, tandis que les plus grandes espèces vivant en eaux profondes peuvent atteindre 15 centimètres en longueur.
Répartition
La plupart des espèces de krills sont pélagiques, c’est-à-dire qu’elles vivent dans les eaux profondes (au moins 200 mètres). La nuit, les juvéniles et les adultes remontent à la surface pour se nourrir. Ils évitent les prédateurs en retournant dans les eaux plus profondes et sombres pendant la journée.
On trouve environ 23 espèces de krills dans les eaux de la Colombie-Britannique. Les six principales sont les suivantes :
- Euphausia pacifica
- Thysanoessa spinifera
- Thysanoessa inspinata
- Thysanoessa inermis
- Thysanoessa longipes
- Thysanoessa rashii
Euphausia pacifica représente de 70 à 100 % de la biomasse dans le détroit de Georgia. Cette espèce vit :
- le long du plateau ;
- sur le talus du plateau ;
- dans les eaux continentales.
On trouve Thysanoessa spinifera le long du plateau et sur le talus du plateau, et T. inspinata vit sur le talus du plateau et dans les eaux océaniques. Les espèces T. inermis, T. longipes et T. rashii sont présentes dans les eaux continentales.
La taille de la population de krills dans le détroit de Georgia varie selon les saisons et d’une année à l’autre, et ce, principalement en raison des effets du climat et des prédateurs.
Euphausia pacifica cycle biologique
Thysanoessa spinifera mâle. Photo : MPO.
La période de fraie d’Euphausia pacifica est habituellement entre mai et juillet en Colombie-Britannique, mais elle peut commencer dès mars ou avril. Une deuxième période de fraie, moins intense, a également lieu de la fin août au mois de septembre.
Les mâles adultes produisent des capsules de sperme, appelés « spermatophores ». Les spermatophores se fixent à l’extérieur de l’appareil reproducteur de la femelle. Les œufs sont fécondés et libérés dans l’eau, où ils flottent à la surface. Ils éclosent ensuite pour se transformer en larves.
Les œufs et les larves sont vulnérables aux prédateurs. S’ils survivent, ils muent en passant par plusieurs stades larvaires pour devenir des juvéniles, puis des adultes. Dans le détroit de Georgia, le krill adulte cesse de croître en automne et en hiver, lorsque la température de l’eau est basse et le phytoplancton est peu abondant. Euphausia pacifica peut vivre entre 19 et 22 mois.
Historique de la pêche
Les krills sont des espèces sociales et se rassemblent en groupes denses. Ce comportement les rend faciles à pêcher avec un filet. La pêche commerciale du krill a débuté en 1970 dans le détroit de Georgia et était initialement expérimentale. Cependant, en 1983, les permis délivrés à des fins scientifiques ont été remplacés par des permis de pêche commerciale à usage général.
Aujourd’hui, la pêche reste limitée au détroit de Georgia et à quelques bras de mer continentaux le long de la côte sud de la Colombie-Britannique. Les krills sont pêchés à l’aide de chaluts à plancton à maillage fin. Les prises sont limitées par une faible participation, avec peu d’acheteurs et de transformateurs pour cette pêche.
Les krills doivent être congelés 7 à 12 heures après leur capture. Il existe deux types de bateaux pour cette pêche :
- Bateaux avec congélateurs
- Bateaux à poissons frais
Les prises quotidiennes sont limitées en fonction de la capacité des congélateurs. Les bateaux à poissons frais sont équipés de réservoirs pour garder le krill en vie. Les exploitants de ces bateaux peuvent capturer plus de krills en vue de les transformer et de les congeler à terre.
La majeure partie des prises commerciales de krills est utilisée pour l’alimentation des poissons d’aquaculture, et une petite partie sert de nourriture pour les poissons d’aquarium. Quelques marchés sont également en développement pour le krill :
- Produits destinés à l’alimentation humaine
- Additifs alimentaires
- Produits biochimiques
- Enzymes
- Concentrés de protéines
La pêche du krill est gérée par divers moyens :
- Fixation de quotas régionaux
- Ouvertures saisonnières
- Total autorisé des captures (TAC)
- Avis de pêche
- Programme de validation à quai financé par les pêcheurs
Les Premières Nations ne sont pas connues pour pêcher le krill à des fins alimentaires, sociales et rituelles. La pêche récréative du krill est autorisée à l’aide d’épuisettes.
Contexte écosystémique
Le krill est principalement herbivore au début de sa vie, mais certaines espèces deviennent omnivores en vieillissant.
Il constitue un élément important du réseau trophique marin. Il fait partie de l’une des chaînes alimentaires les plus courtes, car il se nourrit de phytoplancton et sert de proies aux :
- poissons ;
- oiseaux de mer ;
- mammifères marins.
Certains prédateurs, comme le rorqual bleu, ne mangent que du zooplancton, principalement des krills. La quantité de krills consommée par certains poissons peut également être assez élevée, en fonction de l’âge du poisson et de la saison :
- 84 % de l’alimentation du merlu du Pacifique
- 89 % de l’alimentation de l’aiguillat commun
- 100 % de l’alimentation du hareng du Pacifique
De 1985 à 1997, on a estimé que la communauté de poissons au large du sud-ouest de l’île de Vancouver avait consommé 297 kilotonnes de krills chaque mois d’août. Ce chiffre représente plus de 650 millions de livres en un mois!
La répartition du krill influe sur les déplacements des prédateurs. Par exemple, les rorquals à bosse se sont éloignés de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver après un déclin du stock de krill. Par conséquent, les rorquals à bosse reviennent maintenant en plus grand nombre dans la mer des Salish.
Plan de gestion intégrée des pêches
Plan de gestion intégrée des pêches pour les euphausiacés
Sources
- Boldt, Joyce, Tucker, Gauthier et Jackson (2025). État des ressources physiques et biologiques et de certaines ressources halieutiques des écosystèmes des eaux canadiennes du Pacifique en 2024 (en anglais seulement). Rapport technique canadien des sciences halieutiques et aquatiques. 3687 : viii + 337 p.
- Heath (1977). The ecology and harvesting of euphausiids in the Strait of Georgia. Thèse de doctorat, Université de la Colombie-Britannique, non publié.
- Mauchline et Fisher (1969). The Biology of Euphausiids. Advances in Marine Biology. Volume 7.
- Robinson (2000). The consumption of euphausiids by the pelagic fish community off southwestern Vancouver Island, British Columbia. J. Plankton Res. 22(9): 1649-1662.
Liens connexes
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