Sommet scientifique sur la maladie MSX – Sommaire
Les 13 et 14 novembre 2024 / Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard)
Sur cette page
- Principales inconnues mises en évidence lors du Sommet
- Principaux domaines de recherche mis en évidence lors du Sommet
- Collaboration et échange d’information
- Prochaines étapes
- Liste des participants
Reconnaissant l’urgence de mieux comprendre la transmission, les répercussions et l’atténuation de la maladie de la sphère X multinucléée (MSX) chez les huîtres, Pêches et Océans Canada (MPO) et la province de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.) ont collaboré pour organiser un sommet scientifique avec des experts et des détenteurs de connaissances de ministères fédéraux, de gouvernements provinciaux, d’associations de l’industrie, d’universités et d’organisations autochtones. Ce sommet, coprésidé par le MPO et la province de l’Île-du-Prince-Édouard, s’est tenu les 13 et 14 novembre 2024 à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. Il a accueilli environ 70 participants sur deux jours, en personne et en ligne.
Les objectifs généraux du Sommet étaient de caractériser l’état actuel des connaissances scientifiques sur la maladie MSX, et notamment de cerner les lacunes critiques dans les connaissances afin d’avoir une compréhension commune des futures recherches nécessaires sur la dynamique de la maladie MSX et l’atténuation de sa propagation et de ses répercussions, de même que de décrire les données et les considérations relatives à la conception des études qui contribueraient ainsi à réduire les répercussions de la maladie MSX sur l’industrie ostréicole de la région.
Les participants au Sommet ont fait valoir la gravité et l’urgence de la situation à l’Île-du-Prince-Édouard depuis la première détection de la maladie MSX l’été dernier. Tout au long de la première journée, les allocutions des élus fédéraux et provinciaux ont insisté sur l’importance de cet enjeu, qui pourrait avoir des répercussions socioéconomiques importantes. La nécessité d’une collaboration étroite, d’une communication ouverte et d’une approche coordonnée pour assurer la réussite de l’intervention et du rétablissement était un message récurrent.
Le Sommet s’est déroulé avec une série d’exposés, de tables rondes et d’échanges en plénière. Tout au long du Sommet, des exposés ont été consacrés à des sujets tels que : l’état actuel de la maladie MSX à l’Île-du-Prince-Édouard; les travaux en cours menés par la province de l’Île-du-Prince-Édouard pour surveiller et comprendre la dynamique de la maladie MSX en faisant le suivi de la mortalité des huîtres dans la baie Bedeque (Î.-P.-É.); les renseignements généraux sur ce que l’on sait du cycle vital de la maladie MSX; certaines leçons tirées de l’incidence de la maladie et de la recherche dans les lacs Bras d’Or (Nouvelle-Écosse); la recherche par les instances aux États-Unis (principalement sur la côte Est) sur la surveillance et l’atténuation de la maladie MSX; et le résumé d’un atelier animé en août par la Prince Edward Island Aquaculture Alliance (PEIAA) qui a fourni des renseignements supplémentaires sur les besoins et les priorités de l’industrie en matière de recherche.
Principales inconnues mises en évidence lors du Sommet
Les présentateurs, les panélistes et les participants ont parlé de plusieurs inconnues et domaines clés dans lesquels les connaissances scientifiques sur la maladie MSX sont plus incertaines, en particulier :
- Identification et rôle d’un hôte intermédiaire
Des efforts de recherche considérables ont été déployés jusqu’à présent pour tenter d’identifier un hôte intermédiaire de la maladie MSX qui est impliqué dans la transmission de la maladie chez et entre les huîtres. Les points de vue divergent quant à savoir s’il s’agit d’une priorité absolue pour la recherche. Toutefois, bon nombre de participants reconnaissent que ce sujet demeure important et qu’une meilleure compréhension du cycle vital de la maladie MSX pourrait en fin de compte permettre de mieux comprendre la dynamique de la maladie, ce qui se traduira par des résultats plus prévisibles et des mesures de contrôle et d’atténuation plus efficaces.
- Facteurs qui favorisent la résistance à la maladie MSX et marqueurs ou caractères génétiques qui pourraient aider à identifier la résistance
Une grande partie de l’expérience américaine relative à la résistance à la maladie MSX, y compris l’utilisation de programmes de stocks de géniteurs et d’écloseries pour fournir des naissains résistants, s’est concentrée sur la multiplication des descendances des survivants d’épisodes de mortalité à grande échelle afin de réduire la mortalité future des huîtres. Il reste encore une lacune dans la compréhension de ce qui cause la résistance (c.-à-d. la réponse immunitaire) et s’il existe des marqueurs ou des caractères génétiques qui pourraient être utilisés pour trouver des populations d’huîtres susceptibles de présenter une résistance. Cela pourrait mener à une meilleure planification des stocks de géniteurs et des programmes d’écloserie qui ont recours à l’élevage sélectif.
- L’utilisation du développement de stocks de géniteurs et de pratiques d’écloserie comme mesure d’atténuation et les compromis possibles avec les programmes de sélection pour la résistance à la maladie MSX
D’autres instances utilisent les programmes de développement de stocks de géniteurs et les écloseries dans le cadre d’une stratégie globale d’atténuation de la maladie MSX. Les participants ont souligné les connaissances requises sur l’utilisation des programmes de stocks de géniteurs et les répercussions des programmes d’élevage sélectif tels que l’utilisation de triploïdes, etc., sur les populations d’huîtres locales.
- Le rôle que jouent les facteurs environnementaux dans l’étendue de l’infection par la maladie MSX et de la mortalité
Nous disposons de certaines informations sur l’influence que la température et la salinité peuvent avoir sur la maladie MSX, mais des travaux supplémentaires sur le contexte des écosystèmes locaux, y compris les populations d’huîtres adaptées localement et les effets des microclimats, fourniront des renseignements utiles à l’avenir.
- La mesure dans laquelle les leçons tirées de l’expérience des états américaines (par exemple, le Connecticut et la Virginie) et de la Nouvelle-Écosse pourront être transférées à l’Île-du-Prince-Édouard et à d’autres régions du Canada atlantique
Nous avons beaucoup à apprendre de la recherche et des pratiques employées dans d’autres instances. Cependant, des questions clés demeurent quant à la façon dont le climat local pourrait influencer la dynamique de la maladie à l’avenir et si certains des aspects cycliques observés aux États-Unis (par exemple, plusieurs années entre les éclosions) le seront également au Canada.
Principaux domaines de recherche mis en évidence lors du Sommet
Ces points ont débouché sur de nombreuses idées d’orientations de recherche et de projets possibles qui pourraient aider à résoudre les principales inconnues cernées. Voici quelques-uns des principaux thèmes de recherche :
- Recherche sur la résistance à la maladie MSX
La recherche sur la résistance à la maladie MSX sera importante, en particulier la nécessité de mieux comprendre l’héritabilité de la résistance à la maladie MSX, les corrélations entre les marqueurs ou les traits génétiques et les différents phénotypes, notamment d’autres réactions physiologiques et les stresseurs chez les huîtres, ainsi que la meilleure façon de choisir les traits qui entraînent une résistance. Il sera également important de comprendre clairement les résultats de la résistance (par exemple, une résistance prolongée à la maladie MSX, la capacité de croître jusqu’à une taille commercialisable avant des effets importants sur la santé).
- Utilisation d’essais sur le terrain
Les expériences sur le terrain peuvent nous aider à mieux comprendre comment les conditions environnementales et les changements saisonniers influent sur la dynamique de la maladie MSX, comme les infections, la transmission et les taux de mortalité. Ce type de recherche peut également contribuer aux travaux sur la résistance, pourrait déterminer d’autres stratégies d’atténuation possibles et fournir des informations sur les domaines clés où un suivi et une surveillance accrus peuvent être nécessaires.
- Échantillonnage non létal
Il sera important de comprendre comment l’échantillonnage non létal des huîtres pourrait faire progresser la recherche et d’autres formes de suivi et de surveillance et compléter l’échantillonnage létal.
- Méthodes d’essai à utiliser dans la prise de décisions non réglementaires
Les tests pour la prise de décisions réglementaires (par exemple lors de la confirmation de la présence de la maladie MSX) nécessitent des méthodologies spécifiques et sont effectués par l’intermédiaire du Système de laboratoire national pour la santé des animaux aquatiques du MPO, certifié par l’ISO. Ce système demeure très important dans les cas où une définition de cas de maladie doit être respectée à des fins réglementaires. À mesure que nous progressons dans l’intervention et le rétablissement relatifs à la maladie MSX, les intervenants peuvent chercher à utiliser d’autres types et méthodologies de test à différentes fins, telles que la détection rapide, et tenter de comprendre les liens entre la prévalence de la maladie MSX (révélés par des tests comme la qPCR, le séquençage, etc.) et la mortalité. Pour ces types de recherche et à ces fins de gestion, une normalisation sera essentielle à l’échange de données et d’information, et d’autres travaux sur des méthodes de détection rapide ou portative pourraient être utiles.
Collaboration et échange d’information
Les participants ont parlé avec ferveur de la nécessité de la collaboration et de l’échange d’information pour faire avancer la recherche sur la maladie MSX sans trop dédoubler les travaux et pour encourager et stimuler une culture de la communication et de la coopération. Voici quelques-unes des suggestions des participants :
- Création d’un forum où les chercheurs pourraient indiquer leurs intérêts, leur expertise et leur disponibilité pour participer aux activités liées à la maladie MSX. Ce forum pourrait faciliter les contacts entre les chercheurs, ainsi qu’entre d’autres détenteurs de connaissances et intervenants.
- Collaboration avec les instances américaines où des huîtres résistantes à la maladie MSX sont utilisées comme stratégie d’atténuation clé contre la maladie, afin de faire avancer la recherche sur les marqueurs génétiques.
- Davantage de discussions sur la façon d’échanger les données et d’améliorer leur disponibilité (en reconnaissant que les lois sur la protection de la vie privée peuvent régir les données recueillies par certaines entités).
- Partage de protocoles et de procédures liés à la collecte d’échantillons, à la collecte de données et aux essais afin d’accroître l’interopérabilité des données et l’élaboration d’une terminologie commune.
Cette partie du Sommet était principalement axée sur la génération d’idées plutôt que sur les mécanismes de mise en œuvre des diverses idées. Les participants ont insisté sur l’importance de trouver des sources engagées de financement à long terme pour appuyer ce travail et le temps nécessaire pour mettre en place la coordination et l’organisation avant de lancer les appels associés aux possibilités de financement.
Prochaines étapes
Le Sommet s’est concentré en grande partie sur les lacunes scientifiques liées aux besoins et aux incertitudes des pêcheurs et de l’aquaculture. Cependant, les participants ont reconnu que des questions écologiques plus vastes seront importantes à mesure que nous progresserons dans l’atténuation des répercussions de la maladie MSX, comme la possibilité de répercussions à grande échelle sur la région de la baie en raison de la mortalité des huîtres, qui pourrait se répercuter sur plusieurs niveaux trophiques. Ce sujet plus général pourrait être pris en considération pour les discussions futures.
Les contributions des présentateurs invités et des panélistes ont été le catalyseur d’une participation passionnée. C’est à espérer que ce Sommet sera une première étape de la promotion d’un réseau de chercheurs et de collaborateurs qui continueront d’échanger et de participer à la recherche sur la maladie MSX dans la région.
Liste des participants
Ordre alphabétique, après les coprésidents. Les participants ont assisté aux réunions en personne ou en ligne.
- Matthew Hardy (co-président), Pêches et Océans Canada
- Kim Gill (co-présidente), Île du Prince Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Jennifer Acheson, Nouveau-Brunswick, Agriculture, Aquaculture et Pêches
- Janelle Arsenault, Île-du-Prince-Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Rod Beresford, University of Cape Breton
- Lydia Bienlien, State of Connecticut
- Jeff Bishop, Aquaculture Association of Nova Scotia
- Ginevra Brocca, University of Prince Edward Island
- Ellen Careen, Pêches et Océans Canada
- Ryan Carnegie, Virginia Institute of Marine Sciences
- Fraser Clark, Dalhousie University
- Jeff Clements, Pêches et Océans Canada
- Luc Comeau, Pêches et Océans Canada
- Lori Cuddy, Pêches et Océans Canada
- Roland Cusack, Aquatic Vets Limited
- Delphine Ditlecadet, Pêches et Océans Canada
- Khalil Eslamloo, Centre of Marine Applied Research
- Nathaniel Feindel, Nouvelle-Écosse, Pêches et Aquaculture
- Britta Fiander, Genome Atlantic
- Lillian Figueiredo, Onda
- Kaitlin Fitzpatrick, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Jesse Fortune, Bill Stanley Oyster Company
- Jessica Fry, Atlantic Aqua Farms
- Nellie Gagné, Pêches et Océans Canada
- David Groman, University of Prince Edward Island
- Larry Hammell, University of Prince Edward Island
- Leighanne Hawkins, Nouveau Brunswick, Agriculture, Aquaculture et Pêches
- Tiago Hori, Atlantic Aqua Farms
- Ryan Horricks, Centre of Marine Applied Research
- Eric Ignatz, Dalhousie University
- Kristopher Jackson, Agence de promotion économique du Canada atlantique
- Gaitee Joshua, Prince Edward Island Aquaculture Alliance
- Jesse Kerr, Île-du-Prince-Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Michele Koughan, Prince Edward Island Department of Fisheries, Tourism, Sport and Culture
- Stephen Lewis, Agence de promotion économique du Canada atlantique
- Leah Lewis-McCrea, Centre of Marine Applied Research
- Bob MacLeod, Prince Edward Island Shellfish Association
- Lynn MacVicar, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Martin Mallet, Les Huîtres Mallet
- Atef Mansour, Pêches et Océans Canada
- Thierry Marcoux, Pêches et Océans Canada
- Danielle Martin, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Francois Martin, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
- Emily McGurk, Rutgers University
- Arran McPherson, Pêches et Océans Canada
- Jim Meade, Pêches et Océans Canada
- Jolene Millar, Prince Edward Island Shellfish Association
- Christine Miller, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Chris Mills, Pêches et Océans Canada
- David Nanang, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Ben Normand, Alliance de l’industrie Canadienne de l’aquaculture
- Martin O’Brien, Cascumpec Bay Oyster Co.
- Marc Ouellette, Pêches et Océans Canada
- Edward Parker, Pêches et Océans Canada
- Victoria Pedersen, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Guy Perry, Bideford Hatchery
- Aaron Ramsay, Île-du-Prince-Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Melissa Rommens, Sustain Aqua
- Sarah Rooney, Pêches et Océans Canada
- Tirosh Shapira, Onda
- Hannah Sharpe, Île-du-Prince-Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Katherine Shaw, Pêches et Océans Canada
- Rémi Sonier, Pêches et Océans Canada
- Ivan Stefanov, Pêches et Océans Canada
- Sarah Stewart-Clark, Dalhousie University
- Erica Stuart, Pêches et Océans Canada
- Amanda Swim, Nouvelle-Écosse, Pêches et Aquaculture
- Peter Sykes, Nouveau-Brunswick, Agriculture, Aquaculture et Pêches
- Peter Warris, Prince Edward Island Aquaculture Alliance
- Daryl Whelan, Gouvernement de Terre Neuve et Labrador
- Danielle Williams, Agence canadienne d'inspection des aliments
- Amanda Winegardner, Pêches et Océans Canada
- Jill Wood, Île-du-Prince-Édouard, Pêches, Tourisme, Sport et Culture
- Amanda Xuereb, Université Laval
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