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Section 2: Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

TABLE DES MATIÈRES

Section 2: Des activités scientifiques qui comptent pour les Canadiens

Au cours des deux dernières décennies, le Canada et de nombreuses autres nations ont adopté une approche écosystémique des pêches (AEP), qui reconnaît que les activités humaines comme la pêche doivent être gérées de manière à ne pas nuire à la biodiversité, à la productivité ou à la qualité environnementale globale des écosystèmes marins. De plus en plus, le Secteur des sciences du MPO adopte une approche écosystémique dans le cadre de ses activités, comme on l'explique dans le document du Ministère intitulé Pour un nouveau cadre scientifique écosystémique en faveur d'une gestion intégrée (www.dfo-mpo.gc.ca/science/Publications/Ecosystem/index-fra.htm).

Le MPO joue également un rôle prépondérant dans l'élaboration de cette approche à l'échelle internationale. Pour progresser dans la mise en oeuvre de l'AEP, il faut disposer d'indicateurs écologiques pertinents, choisis avec soin, qui sont révélateurs des effets des pêches sur les écosystèmes marins. Alida Bundy, de la Division d'écologie démographique du MPO, assure la codirection d'IndiSeas (www.indiseas.org), projet international qui vise à sélectionner les indicateurs mesurables les plus importants sur le plan écologique, qui sont sensibles aux pressions de la pêche. Ce projet permettra d'élaborer, en se basant sur les répercussions et changements écosystémiques, des mesures stratégiques et des mesures de gestion dont l'efficacité peut être évaluée.

Mme Bundy a co-animé un atelier d'IndiSeas en 2008 en vue d'analyser la recherche sur l'état et la santé de 19 écosystèmes marins de pêche dans le monde, entre autres les côtes Est et Ouest du Canada, en utilisant 8 indicateurs écologiques. Elle a également aidé à élaborer une approche pour comparer les indicateurs entre les écosystèmes et ainsi évaluer avec plus de précision l'état de chacun d'entre eux. Une série de neuf articles détaillant les résultats initiaux seront publiés en 2010 dans le Journal of Marine Science du Conseil international pour l'exploration de la mer.

Ces indicateurs écosystémiques révèlent certaines tendances intéressantes sur les côtes Est et Ouest canadiennes. Selon l'analyse de l'est du Plateau néo-écossais au large de la Nouvelle-Écosse, on assiste à la fin de la diminution à long terme de la biomasse, de la taille des poissons et d'autres indicateurs, mais on a n'a observé aucune augmentation correspondante des tendances indiquant un rétablissement. Par contre, la tendance positive des indicateurs pour la côte Ouest canadienne témoigne d'une gestion active du poisson de fond et d'une augmentation des migrations dans les eaux canadiennes d'espèces comme le merlu du Chili et la sardine du Pacifique.

RECHERCHE CIBLÉE

La stratégie de survie de la crevette nordique pourrait échouer si les océans se réchauffent

Les conclusions d'un projet de recherche international sur la crevette nordique (Pandalus borealis) - dirigé par Peter Koeller de l'Institut océanographique de Bedford - soulèvent des préoccupations quant à l'éventuelle vulnérabilité des stocks de crevettes au réchauffement des océans provoqué par le changement climatique.

Quand les stocks de morue se sont effondrés au début des années 1990, les populations de crevettes nordiques ont explosé dans tout l'Atlantique Nord-Ouest. Cette augmentation était en grande partie liée à une réduction de la prédation des poissons sur les crevettes, mais il ne s'agissait pas du seul facteur en cause. L'Atlantique Nord était exceptionnellement froid à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Les biologistes spécialistes de la crevette savent depuis longtemps que la crevette nordique se développe bien quand l'eau est froide, mais ils n'en connaissaient pas les raisons.

Pour examiner la sensibilité de la crevette aux changements de température de l'eau, l'équipe de recherche pluridisciplinaire a combiné les données sur les pêches provenant de cinq pays aux images-satellites de la couleur de l'océan utilisées pour localiser les poussées phytoplanctoniques vertes - le phytoplancton est la principale source alimentaire des larves de crevette. Les conclusions de l'équipe, présentées dans le numéro du 8 mai 2009 de la revue Science, révèlent que les oeufs de la crevette nordique éclosent en moyenne dans les jours suivant la poussée phytoplanctonique printanière annuelle dans tout l'Atlantique Nord. C'est remarquable, compte tenu que les périodes de poussée printanière et les périodes d'incubation des oeufs dépendant de la température (périodes allant de 6 à 11 mois) varient grandement dans toute l'aire de distribution de la crevette.

Sur des échelles de temps évolutives, la crevette nordique a génétiquement adapté son cycle de reproduction à la température moyenne locale de l'eau de fond, qui détermine la durée du développement des oeufs. Par exemple, au début des années 1990, quand les températures au fond étaient plus froides, l'éclosion des oeufs se produisait plus tard, à un moment plus proche de la poussée printanière et du réchauffement saisonnier des eaux de surface où vivent les larves. Cette stratégie de survie n'est cependant pas sans écueils. Si le changement climatique finit par chauffer les eaux de fond, les oeufs risquent d'éclore plus tôt, quand la nourriture est rare, et probablement bien avant la poussée printanière. Bien qu'il ne soit pas encore possible de prédire avec précision comment le changement climatique influera sur les stocks de crevettes, il ne fait aucun doute que leur sensibilité à la température de l'eau les rend vulnérables. Ces conclusions joueront un rôle important dans les évaluations écosystémiques des stocks au cours des années à venir.

Le pêcheur acadien Pierre D'Eon vide un cul de chalut de crevettes nordiques (Pandalus borealis) pêchées sur l'est du Plateau néo-écossais près du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Selon un projet de recherche international dirigé par le MPO, en raison du réchauffement des océans, il pourrait y avoir un décalage entre l'éclosion des larves et la disponibilité de nourriture, ce qui pourrait nuire aux stocks de crevettes.

Photo : MPO, Peter Koeller

Dans le détroit de Géorgie, les employés du MPO déploient un carrousel rotatif, appelé le Sea Carousel. Ce carrousel gît sur le plancher océanique et crée un débit afin d'évaluer la stabilité des sédiments. Ces évaluations ont été menées dans le delta du Fraser, point d'entrée des saumons juvéniles et importante halte migratoire des oiseaux de rivage migrateurs. Les conclusions appuieront les prévisions concernant la hausse du niveau de la mer et d'autres répercussions du changement climatique.

Photo : MPO, Terri Sutherland

Recherche écosystémique : le détroit de Géorgie en plein changement

On observe souvent des dauphins dans le détroit de Géorgie.

Photo : MPO, Graeme Ellis

L'écosystème marin du détroit de Géorgie, situé entre la partie continentale de la Colombie-Britannique et l'île de Vancouver, n'est plus le même qu'il y a 50 ans, ni même 25 ans. Ces différences sont attribuables aux interactions entre diverses forces, entre autres les changements climatiques naturels à long terme et les activités humaines comme la pêche intensive et l'augmentation de l'urbanisation et de l'industrialisation de la région bassin de Géorgie-Puget Sound.

Une équipe de 50 scientifiques du MPO de la région du Pacifique étudient ces changements en adoptant une approche écosystémique intégrée. « Le détroit de Géorgie en 2030 », l'une des sept initiatives de recherche écosystémique du MPO en cours au pays, examine l'état actuel du détroit, son évolution et à quoi il pourrait ressembler en 2030. À cette fin, l'équipe doit comprendre comment fonctionne l'écosystème, relever les principaux facteurs à l'origine des changements, analyser les réactions possibles de l'écosystème à ces changements dans l'avenir et déterminer les éventuelles mesures de gestion et les politiques à élaborer.

Cette recherche s'articule autour de deux questions centrales : quels sont les facteurs qui régissent la productivité dans le détroit et quelles sont les caractéristiques de l'écosystème qui renforcent sa résilience contre les graves effondrements et perturbations du système. Pour répondre à ces questions, l'équipe a mené 28 projets, notamment :

En 2008-2009, l'équipe de recherche a modélisé les changements prévus au débit du fleuve Fraser attribuables au changement climatique; étiqueté des saumons juvéniles pour comprendre leur utilisation du détroit; et découvert que le nombre d'épaulards migrateurs avait augmenté tout comme leurs proies, les phoques. Ces constatations et d'autres ont aidé le MPO à aller de l'avant avec une approche écosystémique pour gérer le détroit, à prévoir les répercussions possibles du changement climatique et à examiner les mesures de gestion éventuelles. Pour en apprendre davantage, consultez le site Web du projet à l'adresse Projet de recherche sur l'écosystème du détroit de Géorgie.

Le saviez-vous?

LE DÉTROIT DE GÉORGIE HIER ET AUJOURD'HUI

Au cours des 50 dernières années ou plus, des scientifiques ont observé de nombreux changements dans le détroit de Géorgie, où une initiative de recherche écosystémique du MPO est en cours. Voici quelques-uns des changements qui ont été observés :

Dix ans de recherche scientifique au parc marin du Saguenay-St-Laurent

En octobre 2008, plusieurs scientifiques de l'Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli (Québec) ont fait le point sur l'avancement des connaissances acquises sur les écosystèmes et la biodiversité de l'estuaire du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay, lors d'un colloque organisé à l'occasion du 10e anniversaire du parc marin du Saguenay-St-Laurent. La conférence a souligné dix ans de science au service de la conservation dans cette aire marine protégée unique, cogérée par Parcs Canada et Parcs Québec.

Voici les grandes lignes des conclusions des chercheurs :

Le saviez-vous?

KRILL

La région du parcmarin du Saguenay-Saint-Laurent est le site de la plus grande concentration de krill documentée à ce jour pour l'Atlantique Nord-Ouest. L'énergique circulation estuarienne en deux couches du Saint-Laurent est responsable du pompage, de la rétention et de la concentration du krill adulte provenant du golfe du Saint- Laurent. Ces caractéristiques océanographiques uniques se combinent dans le parcmarin pour créer ce site exceptionnel d'alimentation des baleines depuis des siècles.

Selon des travaux de recherche effectués par Véronique Lesage, chercheuse en écologie des mammifères marins à l'Institut Maurice- Lamontagne, les bélugas du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent sont exposés aux niveaux de bruit les plus élevés et au trafic maritime le plus intense à l'embouchure de la rivière Saguenay.

Photo : MPO, A. MacFarlane

Les chercheurs à bord du navire de recherche NGCC Teleost trient les prises capturées pendant un relevé portant sur plusieurs espèces au chalut de fond dans le golfe du Saint-Laurent. Le relevé surveille les populations de poissons et de macro-invertébrés, comme les mollusques et crustacés et l'ascidie jaune.

Photo : Nils Guse

La communauté de poissons de mer dans le sud du golfe du Saint-Laurent subit des changements

La composition de la communauté de poissons de mer dans le sud du golfe du Saint-Laurent a subi d'importants changements au cours des quatre dernières décennies. Selon les recherches réalisées par le biologiste Hugues Benoît et le chercheur Doug Swain du Centre des pêches du Golfe du MPO à Moncton, au Nouveau-Brunswick, la communauté de plus de 50 espèces, autrefois dominée par de gros poissons de fond comme la morue, l'est maintenant par des espèces de petits poissons comme la lompénie tachetée et le tricorne arctique.

Pour étudier ce qui a provoqué ce changement, les chercheurs ont comparé les variations dans l'abondance de chaque espèce avec ses caractéristiques écologiques, de celle-ci entre autres l'alimentation et la mesure dans laquelle elle est directement touchée par la pêche. Selon eux, tout porte à croire que des niveaux élevés de pêche jusqu'au début des années 1990, une intensification de la prédation des phoques gris depuis les années 1970 et les changements dans la température de l'eau ont tous contribué aux changements dans la composition de la communauté. L'accroissement de l'abondance des espèces de petits poissons a concordé avec la diminution de la prédation des populations effondrées de poissons plus grands. Dans l'ensemble, selon l'étude, dans le sud du golfe du Saint-Laurent :

Acidification des océans : perspective canadienne

Une image reposant sur la recherche conjointe entre le Canada et les États-Unis révèle la profondeur au-delà de laquelle l'eau le long de la côte du Pacifique du Canada et des États-Unis était corrosive (au moment de l'échantillonnage) pour l'aragonite, une forme de carbonate de calcium que certains organismes marins utilisent pour fabriquer leur coquille ou leur squelette.

En 2008, des chercheurs des régions du Pacifique, du Québec et des Maritimes du MPO ont amorcé un projet de trois ans afin d'étudier les répercussions de l'acidification des océans sur les pêches et les écosystèmes marins canadiens. La recherche, financée par l'Initiative des Sciences sur le changement climatique du MPO, a pour but de comprendre la variabilité naturelle et les risques d'acidification dans les trois océans qui bordent le Canada et d'élaborer des modèles biogéochimiques afin de prévoir le cycle de carbone et les niveaux de pH ainsi que les risques futurs. Les résultats du projet et les progrès réalisés à ce jour sont les suivants :

Le saviez-vous?

Les couleurs indiquent le pourcentage moyen de saturation de l'oxygène dans les eaux marines canadiennes selon toutes les données disponibles jusqu'en 2008. Quand la teneur en oxygène des eaux de surface est en équilibre avec l'atmosphère, on dit qu'elle est à 100 p. 100 de saturation. À une saturation inférieure à 30 p. 100, l'eau est jugée hypoxique. La faible teneur en oxygène dans les habitats marins peut être naturelle ou d'origine anthropique, mais les répercussions sont similaires dans les deux cas.

Photo : MPO

ACIDIFICATION DES OCÉANS

Évaluation de l'hypoxie dans les eaux marines canadiennes

Le manque d'oxygène (hypoxie) a de graves répercussions sur les écosystèmes aquatiques, et la tolérance des poissons de mer et des invertébrés marins à cette condition dépend fortement de l'espèce. À des teneurs en oxygène inférieures à une saturation de 30 p. 100, la morue et d'autres espèces intolérantes à l'hypoxie migrent ou meurent. Depuis septembre 2008, une équipe de chercheurs du MPO, sous la direction de Denis Gilbert, de l'Institut Maurice- Lamontagne à Mont-Joli, au Québec, a entrepris une évaluation de l'hypoxie dans les eaux marines canadiennes dans le cadre d'un projet de trois ans financé par l'Initiative des Sciences sur le changement climatique du Ministère. La désoxygénation est maintenant reconnue comme l'une des conséquences probables du changement climatique.

Dans l'écosystème marin du Saint-Laurent, les changements dans la teneur en oxygène sont principalement causés par des changements dans la proportion d'eau du courant du Labrador à teneur plus élevée en oxygène et l'eau du Gulf Stream à teneur moins élevée. Le pourcentage d'eau du courant du Labrador dans les eaux de fond du Saint-Laurent a chuté, passant de 72 p. 100 dans les années 1930 à 3 p. 100 entre 1984 et 2008. Sur la côte Ouest nordaméricaine, l'augmentation de la remontée d'eaux froides côtières et la réduction du mélange vertical en raison d'une plus grande stratification des eaux du large contribuent à la réduction des teneurs en oxygène. Sous l'effet du réchauffement planétaire, la tendance à une stratification accrue et à un mélange vertical réduit risque de se maintenir.

À ce jour, l'équipe de recherche a examiné et regroupé les données historiques sur l'oxygène afin de produire des cartes de la concentration en oxygène du fond marin et de déterminer les teneurs moyennes en oxygène et les tendances dans les eaux marines canadiennes. L'équipe se penchera également sur les répercussions écosystémiques de l'aggravation de l'hypoxie en étudiant la répartition de diverses espèces de poisson de fond en fonction de l'oxygène dans le Pacifique nord-est, le golfe du Saint- Laurent et le Plateaau néo-écossais golfe du Maine. Leurs conclusions aideront à interpréter les changements dans la répartition de ces espèces dans les eaux canadiennes.

Une marée rouge mortelle dans l'estuaire du Saint-Laurent

La vaste floraison d'une algue toxique dans l'estuaire du Saint-Laurent, perceptible par sa couleur rouge (avantplan), a entraîné la mort de 10 bélugas, d'une centaine de phoques ainsi que de milliers d'oiseaux et de poissons en août 2008. Les chercheurs du MPO analysent les animaux morts afin d'en apprendre davantage sur la propagation de cette toxine dans la chaîne alimentaire et d'aider à élaborer un système de prévision des marées rouges.

Photo : MPO, M. Starr

En août 2008, la floraison d'une algue toxique a entraîné la mort de dix bélugas, d'une centaine de phoques, ainsi que de milliers d'oiseaux et de poissons dans l'estuaire du Saint-Laurent. Cette marée rouge, dont l'ampleur et les répercussions sur la faune aquatique sont sans précédent, s'est étendue de l'embouchure de la rivière Saguenay jusqu'à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, pour une période de deux à trois semaines.

Des équipes de scientifiques ont récolté des échantillons d'eau et des carcasses d'animaux à des fins d'analyse à l'Institut Maurice-Lamontagne (IML), à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal à Saint- Hyacinthe et à l'Institut des biosciences marines (Conseil national de recherches Canada) à Halifax. Les résultats des analyses ont confirmé qu'il s'agissait d'une intoxication de la chaîne alimentaire marine par une phycotoxine produite par Alexandrium tamarense, l'algue responsable de la marée rouge (ainsi nommée parce que la prolifération d'algues modifie la couleur de l'eau).

Cette algue microscopique est naturellement présente dans l'estuaire et le golfe du Saint- Laurent et peut produire une toxine qui affecte le système nerveux des poissons, des oiseaux et des mammifères. L'analyse des animaux échoués permettra aux chercheurs de mieux comprendre le transfert de cette toxine dans la chaîne alimentaire. Les résultats de l'ensemble des études aideront également aux scientifiques de l'IML à développer des systèmes de prévision des marées rouges, afin d'aviser les aquiculteurs et faire des recommandations de fermeture de zones coquillières.

Grâce à des techniques semblables à celles employés dans l'émission CSI : Les experts et à des otolithes de poisson, on a percé le mystère de l'histoire de la vie

Photo : MPO, L. Godbout

Une petite structure calcifiée dans l'oreille interne du poisson, appelée otolithe ou concrétion calcaire de l'oreille interne, est au centre des études menées par des chercheurs du MPO qui essaient de percer le mystère des origines et des habitudes migratoires de diverses populations de poisson. La matière qui se dépose dans l'otolithe du poisson pendant sa croissance laisse des signatures chimiques témoins des environnements qu'ils habitent. À l'instar des détectives examinant les preuves médico-légales, les chercheurs de la Station biologique du Pacifique à Nanaimo, en Colombie-Britannique, mesurent les isotopes stables de soufre et de strontium dans les otolithes du saumon adulte pour reconstituer la chronologie de sa migration dans divers environnements et établir son origine maternelle. Comme le centre d'un otolithe comprend du matériel de l'oeuf, il ressemble à une boîte noire qui détient la signature chimique de l'alimentation de la mère, de l'eau ambiante ou des deux.

La coupe transversale d'un otolithe de saumon rouge (ci-dessus) montre les endroits où les mesures des isotopes ont été effectuées. Des chercheurs du MPO percent les mystères de l'origine et des habitudes de migration de certaines populations de poisson en mesurant des éléments traces dans leurs otolithes qui croissent en même temps que le poisson, révélant l'histoire de leur vie. Une étude a révélé que le saumon rouge qui retournait à la rivière Alouette près de Vancouver après 75 ans d'absence était le descendant du saumon kokani. Selon les conclusions, le kokani pourrait être une solution de dernier recours efficace pour rétablir en partie la migration anadrome du saumon rouge puisqu'il s'agit de deux écotypes de la même espèce.

En 2008-2009, cette technique a aidé à déterminer si le saumon quinnat qui revenait frayer dans la rivière Okanagan était anadrome (c.-à-d. qu'il vit principalement dans des habitats marins mais fraie en eau douce) ou si certains vivaient toute leur vie dans le bassin du fleuve Columbia. L'analyse des otolithes a révélé qu'ils étaient anadromes. Dans un autre cas, l'analyse des otolithes a révélé l'origine du saumon rouge qui retournait dans la rivière Alouette près de Vancouver à l'été 2007, 75 ans après que la construction d'un barrage avait mis un terme à cette migration anadrome du saumon rouge. Le poisson était en fait un descendant du saumon kokani qui avait vécu toute sa vie en eau douce et non d'individus errants provenant des rivières toutes proches. Ce retour à l'anadromie a des répercussions pour les projets de rétablissement du saumon ailleurs. Comme le saumon kokani et le saumon rouge sont des écotypes de la même espèce, le kokani pourrait un jour être une solution de dernier recours efficace pour rétablir les populations de saumon rouge anadrome en voie de disparition.

La recherche novatrice sur le thon rouge contribue à la gestion internationale des stocks

Le chercheur scientifique du MPO, John Neilson, enlève l'otolithe ou la concrétion calcaire de l'oreille d'un thon rouge. Le chercheur dirige la recherche pour analyser les marqueurs chimiques dans les otolithes afin de détecter l'aire d'origine du thon rouge adulte et l'évolution du mélange entre les stocks de l'est et de l'ouest. Les conclusions de cette analyse et d'autres recherches en cours sur le thon rouge au MPO influent sur la gestion de cette espèce, tant au Canada qu'à l'échelle internationale.

Photo : Leah McConkey

La recherche internationale sur le thon rouge de l'Atlantique, en collaboration avec le Secteur des sciences du MPO, fournit des éléments nouveaux sur la structure et le mélange des stocks de thon rouge de l'est et de l'ouest et influence la gestion de cette espèce de grands migrateurs tant au Canada qu'à l'échelle internationale. Les stocks de thon rouge ont connu un déclin abrupt depuis les années 1970, et leur rétablissement est entravé par la migration internationale.

L'équipe de recherche, comprenant M. John Neilson de la Station biologique de St. Andrews du MPO ainsi que des chercheurs des États-Unis et d'Italie, a analysé les signatures chimiques (ratios des isotopes stables de carbone et d'oxygène) dans les otolithes ou concrétions calcaires de l'oreille interne de ces thons rouges d'un an. Ces isotopes varient dans l'eau de surface des différentes régions du monde et sont déposés dans les concrétions de l'oreille au cours de la première année d'existence, ce qui en fait des marqueurs chimiques pour déterminer l'aire natale des adultes et l'évolution du mélange des stocks.

Les résultats de six ans d'analyse d'otolithes dans les nourriceries de l'océan Atlantique, tant de l'est que de l'ouest, ont révélé en partie les points suivants :

Dans une autre étude, publiée dans le Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques, les chercheurs de la Station biologique de St. Andrews et de l'Institut océanographique de Bedford ont utilisé les otolithes anciens du thon rouge et une datation au radiocarbone pour déterminer l'âge, la croissance et la longévité du thon rouge nordique. Une marque chimique laissée sur le cartilage du poisson et d'autres organismes calcaires par les essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, a été utilisée pour déterminer l'âge du poisson. L'étude a révélé que la courbe de croissance utilisée par la Commission internationale pour la conservation du thon de l'Atlantique (CICTA) dans son évaluation des stocks de thon rouge surestime probablement la taille maximum atteinte par l'espèce.

« Ces éléments et d'autres conclusions ont déjà guidé certaines analyses menées par la CICTA dans son évaluation des stocks de thon rouge de 2008, et l'organisation a exprimé le désir de faire davantage », indique M. Neilson. L'étude publiée dans le numéro de la revue Science du 31 octobre 2008 conclut que le stock de l'ouest, nettement plus petit et en déclin, nécessite une protection soutenue pour assurer sa durabilité.

La collaboration des Premières nations aide à repérer le saumon de l'arrière-baie de Fundy, qui est une espèce en péril

En collaboration avec les Premières nations de Fort Folly du Nouveau-Brunswick, M. Gilles Lacroix, de la Station biologique de St. Andrews du MPO, étiquette le saumon de l'Atlantique adulte des populations en péril de l'arrière-baie de Fundy, en fixant sur les individus des étiquettes satellites autodétachables à archivage (PSAT) pour découvrir les raisons pour lesquelles on observe un taux aussi élevé de mortalité chez cette espèce. Autrefois, ces populations avaient un taux de survie élevé en mer, et une grande proportion d'adultes retournaient de façon systématique vers leur frayère pendant de nombreuses années. Aujourd'hui, ces saumons matures, d'une importance cruciale pour le maintien de la stabilité de la population, ont pratiquement disparu. Dans les années 1960 et 1970, par exemple, de 2 000 à 5 000 saumons retournaient chaque année frayer dans la rivière Big Salmon, près de St. Martins, au Nouveau-Brunswick. Aujourd'hui, entre 40 et 60 individus seulement y retournent, malgré un vaste programme de repeuplement.

En 2008-2009, les Première nations de Fort Folly ont prêté main forte sur le terrain pour déployer les PSAT sur les saumons noirs au moment où ils quittent les cours d'eau après le frai et pour dénombrer les adultes qui reviennent. Les étiquettes enregistrent la profondeur et la position du poisson d'après la lumière ainsi que la température de l'eau toutes les 15 minutes puis se détachent après une période de quatre mois, ou plus tôt si le poisson meurt, et transmettent les données par le système satellite Argos pour la surveillance environnementale (www.argos-system.org). Sur les 20 étiquettes fixées en novembre 2008 et avril 2009, 15 ont transmis des données. Les résultats préliminaires indiquent que les individus des rivières de l'arrière-baie de Fundy sont demeurés dans la région de la baie de Fundy et du golfe du Maine où ils sont morts dans l'espace de quatre mois. En revanche, les saumons d'un cours d'eau à l'aval de la baie de Fundy, qui ont également été étiquetés, ont migré vers l'océan Atlantique Nord et la mer du Labrador et ont survécu.

L'équipe envisage de déployer davantage de PSAT en 2009-2010 sur des individus de différentes zones de la baie de Fundy pour comparer leur habitat marin et les résultats. « Notre objectif est de déterminer quel est l'habitat marin d'importance cruciale pour les populations de l'arrière-baie de Fundy et d'identifier le lieu de leur mort et les causes possibles de mortalité de façon à ce qu'on puisse espérer prendre des mesures pour aider au rétablissement des stocks », indique M. Lacroix.

Tim Robinson (à gauche) des Premières nations de Fort Folly et le chercheur scientifique Gilles Lacroix du MPO libèrent un saumon noir de l'Atlantique, muni d'une étiquette satellite autodétachable à archivage, près de l'embouchure de la rivière Big Salmon au Nouveau-Brunswick.

Photo: Larry Adair

Terri Sutherland (debout) et Shane Peterson, du Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement, prélèvent des échantillons de sédiments, d'algues et de palourdes dans l'un des 350 jardins de palourdes des Premières nations situés dans l'archipel Broughton, en Colombie-Britannique. Il y a des milliers d'années, les habitants de la région ont commencé à faire rouler de gros rochers vers la mer pour former des murs de roc sur le littoral. Les murs ont aidé à stabiliser et à piéger les sédiments, les matières organiques et les palourdes juvéniles dans les terrasses, que l'on appelle aujourd'hui jardins de palourdes.

Photo : MPO, Jason Dunham

Associer le savoir autochtone et les connaissances scientifiques pour explorer les jardins de palourdes des Premières nations

Les jardins de palourdes des Premières nations sont des caractéristiques archéologiques du plus grand intérêt situées dans l'archipel Broughton en Colombie-Britannique, où l'on observe plus de 350 terrasses réparties dans les îles. La formation de ces jardins aménagés de façon traditionnelle a commencé il y a des milliers d'années par le transport continu de gros rochers au-delà de la ligne de jusant vers de la haute mer pour offrir le maximum de place au recrutement de palourdes. Avec le temps, les murs de roc ont piégé les sédiments, les matières organiques et les palourdes juvéniles pour créer un habitat hautement productif constitué d'un cordon littoral presque plat s'étendant le long du rivage et vers la haute mer. Aujourd'hui, les jardins de palourdes continuent de jouer un rôle essentiel pour la stabilité de la culture et de l'économie des Premières nations.

Les collectivités de pêcheurs de palourdes des Premières nations de Kwicksutaineuk Ah-Kwa-Mish et Namgis ont fait part de leurs préoccupations concernant les changements observés dans l'écologie intertidale de ces terrasses aménagées sur le littoral, ainsi que les répercussions possibles sur l'abondance des palourdes et la qualité de la nourriture dans l'archipel. Sous la direction du chercheur principal Terri Sutherland, du Centre de recherche sur l'aquaculture et l'environnement, une équipe multidisciplinaire et multiculturelle explore ces motifs de préoccupations et la possibilité d'interaction entre les jardins de palourdes des Premières nations et les activités anthropiques locales, dont l'aquaculture, de même que les changements environnementaux à long terme causés par les changements climatiques. En 2008-2009, l'équipe a intégré le savoir écologique ancestral des Autochtones aux pratiques océanographiques et écologiques pour formuler les objectifs du projet. Des consultations ont été tenues entre les chefs des Premières nations, les anciens, les collectivités de pêcheurs de palourdes, les groupes industriels (Marine Harvest Inc.) et plusieurs organismes publics afin de parvenir à un consensus concernant l'objectif du projet et la conception de l'échantillonnage. Des échantillons d'eau, de sédiments, de palourdes, et d'algues ont été recueillis dans les jardins de palourde, et les résultats sont actuellement en cours d'analyse pour présentation et discussion entre les partenaires du projet. L'objectif est d'intégrer les connaissances scientifiques et le savoir autochtone et d'évaluer les changements observés dans les jardins de palourdes de l'archipel Broughton, qui sont à la base de la culture et de la structure socioéconomique des Premières nations de l'archipel.

Le saviez-vous?

QUAIS ET BRISE-LAMES

Le technicien en sciences aquatiques du MPO Justin Shead (à droite) et le physicien Mike Tate du U.S. Geological Survey relèvent la température et des données sur l'oxygène dans le lac 658 de la Région des lacs expérimentaux, où ont été menées toute une batterie d'expériences à l'échelle de l'écosystème lacustre au cours des 40 dernières années.

Photo: DFO, Martin Lussier

La construction de quais et de brise-lames altère le plancher océanique et l'habitat du poisson, en les détruisant partiellement ou complètement,mais les structures peuvent également offrir un nouvel habitat pour le varech et la colonisation d'autres organismes vivants et, à terme, accroître la productivité des communautés de poisson.M. Robert Gregory, du Centre des Pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, à Terre-Neuve, dirige l'étude s'échelonnant sur dix ans, menée par le MPO sur les effets positifs et négatifs des nouvelles structures, y compris les modifications touchant l'habitat et les répercussions sur le poisson et la faune invertébrée dans 18 sites du littoral terre-neuvien. Les résultats aideront à concevoir des quais et des brise-lames propres à créer des habitats.

La Région des lacs expérimentaux célèbre 40 ans de recherche à l'échelle de l'écosystème

À gauche : M. Gregory muni d'un caméscope filme l'habitat du plancher océanique (varech sur fond de galets) près de Marystown, à Terre-Neuve. À droite : Corey Morris examine les anémones de mer parmi les blocs d'un briselames près de Bauline, à Terre-Neuve.

À gauche : Photo : MPO, Corey Morris; À droite : Photo : MPO, Dan Porter

Depuis les recherches sur le devenir des polluants dans les écosystèmes aquatiques jusqu'à la détermination des causes de la prolifération des algues et l'étude des dommages provoqués par les pluies acides, la Région des lacs expérimentaux (RLE) du nord-ouest de l'Ontario a fait d'importantes contributions à la recherche sur les écosystèmes dulcicoles. Créé en 1968 par le Fisheries Research Board du Canada, le centre a célébré en 2008 quarante ans d'expérimentation et de recherche sur l'écosystème lacustre.

Maintenant administré conjointement par le MPO et Environnement Canada, le centre a offert aux scientifiques canadiens et d'autres pays la possibilité exceptionnelle de mener des recherches expérimentales à la grandeur de l'écosystème lacustre. Au fil des années, les chercheurs ont entrepris dans la RLE plus de 50 manipulations à l'échelle de l'écosystème pour analyser des problèmes environnementaux allant de l'eutrophisation, l'acidification et la biomanipulation aux contaminants (notamment les radio-isotopes, le cadmium, le mercure et les produits chimiques perturbateurs du système endocrinien), en passant par la création et la gestion de réservoirs hydroélectriques et l'aquaculture en eau douce. Le centre a également accumulé une impressionnante somme de données sur l'hydrologie, la météorologie, la chimie et la biologie aquatique pour les lacs de son territoire demeurés intacts. Ces données sont d'une importance incalculable pour évaluer les changements à long terme, dans les lacs d'eau douce, liés au climat et à d'autres facteurs environnementaux. En novembre 2009, un numéro spécial du Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques (vol. 66, nº 11) a été consacré aux recherches récentes dans la RLE.

SURVEILLANCE

Un système de pointe pour la prévision atmosphérique, océanique et de l'état des glaces

M. Denis Lefaivre, chercheur scientifique et gestionnaire, Modélisation numérique de la Section Océanographie opérationnelle du Service hydrographique du Canada (région du Québec), a joué un rôle déterminant dans l'élaboration et la mise en oeuvre du Système canadien de prévision couplée atmosphère-océan-glace.

Photo : MPO, F. Pouliot

Le Système canadien de prévision couplée atmosphèreocéan- glace a été instauré dans le but d'améliorer les prévisions atmosphériques, océaniques et de l'état des glaces dans le golfe du Saint-Laurent. Ce système unique au monde est le fruit d'une collaboration entre Pêches et Océans Canada (Service hydrographique du Canada) et Environnement Canada (Service canadien des glaces). Il fait partie du Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale (CONCEPTS). À l'aide de ce programme, il est possible d'élaborer des versions à l'échelle d'un bassin (soit Atlantique et Pacifique) et à l'échelle globale du modèle couplé atmosphère-océan-glace.

De 1997 à 2008, le modèle atmosphérique d'Environnement Canada utilisait une valeur moyenne de la température océanique et de la couverture de glace pour calculer une prévision atmosphérique quotidienne. À son tour, Pêches et Océans Canada se servait de cette prévision atmosphérique pour calculer la prévision de courants et de glace pour le golfe du Saint-Laurent. Maintenant, le couplage permet un échange de données pendant les calculs, améliorant ainsi les prévisions des trois modèles. Le couplage est particulièrement utile pour mieux prévoir la formation et l'emplacement des rafales de neige durant l'hiver dans le golfe. Il est également efficace en été parce qu'il assure une meilleure représentation des températures à la surface de l'eau et du flux d'humidité, ce qui permet une prévision plus exacte des températures de l'air et des précipitations.

Les avantages de ce système sont déjà manifestes. La Garde côtière canadienne utilise les prévisions océaniques et l'information sur l'état des glaces pour planifier les routes de navigation maritime. Des pêcheurs dans le golfe se servent des prévisions de courants océaniques pour mieux savoir comment tendre leurs filets. Par ailleurs, le modèle de prévision couplée a eu des effets bénéfiques sur la planification des missions de recherche et de sauvetage et d'interventions environnementales lors de déversements d'hydrocarbure dans le golfe du Saint- Laurent.

Trois décennies de données sur les pêches révèlent une évolution de la répartition du poisson liée aux variations climatiques

Une image numérique de la côte Est révèle des écarts de température allant jusqu'à 2 °C du nord au sud au cours d'une longue phase négative de l'indice d'oscillation nord-atlantique (ONA), variation à grande échelle de la pression atmosphérique sur l'océan Atlantique Nord. Un indice d'ONA négatif, caractérisé par une faible zone de haute pression subtropicale et une faible zone de basse pression d'Islande, provoque des températures supérieures à la normale (zones en rouge) dans le nord et inférieures à la normale (zones en bleu) dans le sud, qui influencent la distribution nord-sud du poisson.

Photo : MPO, Brian Petrie

Les dernières études de M. Brian Petrie, de l'Institut océanographique de Bedford, et des scientifiques de l'Université Queen's révèlent que la distribution du poisson correspond de façon spectaculaire à l'indice d'oscillation nord-atlantique (ONA), c'est-à-dire la courbe de l'évolution chronologique de la pression atmosphérique sur l'océan Atlantique Nord, à grande échelle. Les résultats sont fondés sur l'analyse des données sur les pêches recueillies pendant 31 ans par le MPO et le U.S. National Marine Fisheries Service, du Labrador jusqu'au cap Hatteras sur la côte de la Caroline du Nord.

L'ONA influence fortement la météorologie et le climat dans l'Atlantique Nord. Les variations dans le gradient de pression ont une incidence sur les vents et la trajectoire des tempêtes, qui modifient les températures de l'air et de l'eau à la surface de l'océan. Elles provoquent également des changements dans les températures du fond du plateau océanique qui entraînent des déplacements nord-sud des espèces de poisson. Les températures de fond au même endroit au cours des phases positives ou négatives d'ONA révèlent des écarts pouvant atteindre 2 ºC.

Un indice d'ONA négatif - caractérisé par une faible zone de haute pression subtropicale et une faible zone de basse pression d'Islande - conduit à des températures plus élevées et un nombre accru d'espèces dans le nord, et à des températures plus basses et à moins d'espèces dans le sud. Par comparaison, un indice d'ONA positif - caractérisé par une zone de haute pression subtropicale plus forte qu'habituellement et une zone de basse pression d'Islande plus prononcée que la normale - conduit à des températures plus basses et à moins d'espèces dans le nord, à un climat plus chaud et à plus d'espèces dans le sud. La plus petite différence annuelle dans le nombre d'espèces entre le nord et le sud a été de 27 au cours d'une phase d'indice d'ONA négatif, tandis que la plus grande a été de 70 espèces au cours d'une phase d'indice d'ONA positif, soit une amplitude de 43 espèces. Il s'agit d'une réponse très prononcée aux forces atmosphériques dominantes de l'ONA. Les modèles informatiques prédisent que de plus hauts niveaux de gaz à effet de serre atmosphériques renforceraient la tendance de l'ONA et les températures plus basses, ce qui réduirait le nombre d'espèces de poisson dans le nord. Cet élément ferait contrepoids au déplacement vers le nord des espèces de poisson en réaction au réchauffement planétaire. Une surveillance soutenue de l'environnement et des pêches s'impose pour déterminer quelle est l'influence dominante et comment il y a lieu d'ajuster les niveaux de pêche et les stratégies de façon appropriée.

Les flotteurs dérivants Argo favorisent la surveillance dans la mer du Labrador

Évolution saisonnière et interannuelle des températures éventuelles (code couleur en ºC) en fonction de la profondeur de l'eau dans la mer du Labrador, d'après les observations provenant des flotteurs Argo (emplacements sur la carte en médaillon). Les fortes variations saisonnières dans la zone à mi-profondeur de l'océan, qui sont importantes pour la dynamique du climat et de l'écosystème n'avaient pas été détectées au préalable par les relevés annuels à bord des navires.

Photo : Igor Yashayaev, Secteur des sciences du MPO, Maritimes

Le Programme international Argo compte désormais plus de 3 200 flotteurs dérivants sous-marins dans les océans de la planète, qui transmettent par satellite les profils de température et de salinité depuis la surface jusqu' à 2 000 mètres de profondeur. M. Igor Yashayaev et ses collègues de l'Institut océanographique de Bedford utilisent les observations des flotteurs pour compléter les relevés annuels des navires de recherche en mer du Labrador pour le programme de surveillance du climat océanique et de l'écosystème relevant du MPO.

Les profils des flotteurs dérivants comblent un écart temporel essentiel dans les observations à bord des navires en fournissant des renseignements tout au long de l'année sur la structure verticale de la température à faible profondeur, la salinité et la stratification. Les flotteurs jouent donc un rôle important, compte tenu de la forte variation saisonnière des propriétés de l'eau dans les couches supérieures de l'océan et plus particulièrement dans la mer du Labrador, comme l'indique le graphique temps-profondeur de la température à cet endroit depuis 2002. Un fort refroidissement de l'atmosphère de la région en hiver se traduit par un brassage convectif (mélange) des eaux de la partie supérieure de l'océan à des profondeurs variant de 500 à 2 400 mètres ou plus (zones en mauve et en bleu foncé sur le graphique généré par ordinateur) et la formation d'une masse d'eau importante à mi-profondeur appelée « eau de la mer du Labrador ». Cette eau se répand par la suite dans l'océan Atlantique Nord et fait partie de ce qu'on appelle « le grand tapis roulant océanique - circulation nord-sud - de masses d'eau d'orientation ayant un effet régulateur sur le climat de la Terre.

Les observations d'Argo nous indiquent que le brassage vertical s'est produit à une profondeur de 1 600 mètres au cours de l'hiver de 2008, ce qui réactive cet élément du grand tapis roulant. Il s'agit de la plus grande profondeur depuis celle de 2 400 mètres enregistrée en 1994. Cela indique que le tapis roulant océanique dans l'Atlantique Nord est encore très actif et représente un mécanisme important de transfert de la chaleur atmosphérique et du dioxyde de carbone dans les profondeurs océaniques et, par conséquent, qu'il modère les changements climatiques et le réchauffement planétaire. Pour en apprendre davantage, consultez le site http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/argo/index-fra.html.

La recherche sur l'écosystème sonde le réseau trophique inférieur dans la mer de Beaufort

Depuis plusieurs années, les scientifiques du MPO recueillent des données sur les éléments physiques, chimiques et biologiques de la zone côtière de la mer de Beaufort à bord du NGCC Nahidik. Ce programme de recherche vise à comprendre le mode de fonctionnement actuel de l'écosystème de la mer de Beaufort en prévision de l'exploitation future de ressources énergétiques et compte tenu des facteurs de stress continu du milieu.

L'un des principaux objectifs de la saison 2008 de relevés sur le terrain était de déterminer les caractéristiques uniques des aires d'alimentation des baleines boréales et de comprendre ce qui stimule la production du réseau trophique de l'espèce au nord du cap Bathurst. Ces connaissances seront utilisées pour fournir des avis concernant les routes de transport et les activités d'exploitation des ressources dans la région de façon à réduire les impacts. Les baleines boréales présentes dans cette région, au nombre d'environ 10 400 en 2001, figurent sur la liste des « espèces préoccupantes » établie par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

L'évaluation de la biodiversité de l'Arctique englobe la biodiversité à tous les niveaux, depuis les ours polaires et les phoques jusqu'à plus d'un millier d'organismes microscopiques. Certaines de ces espèces, comme le phytoplancton, vivent dans la colonne d'eau. D'autres vivent dans la glace de mer. Cette photo montre les diatomées (microalgues monocellulaires) découvertes dans la glace de rive de la baie de Flanklin en mer de Beaufort. La grande cellule correspond à Entomoneis gigantea var. septentrionalis. On aperçoit à gauche une colonie en formation de Nitzschia frigida. Cette espèce a une distribution dans tout l'Arctique et on la trouve en abondance au printemps.

Une équipe de chercheurs des différents instituts du MPO, à savoir l'Institut des eaux douces de Winnipeg, au Manitoba, l'Institut des sciences de la mer de Sidney, en Colombie- Britannique, le bureau de Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest, et des chercheurs de l'Institut d'océanologie de Pologne et du Musée canadien de la nature ont recueilli des données sur la chimie de l'eau et des sédiments ainsi que sur la distribution et la biomasse du phytoplancton, du zooplancton et des invertébrés benthiques. Ils ont découvert que les diatomées centriques hypercaloriques et à forte concentration de lipides et les protozoaires constituent les principales composantes de la biomasse de phytoplancton dans les aires d'alimentation des baleines boréales. Des concentrations élevées de ce type de phytoplancton n'ont été décelées nulle part ailleurs dans la région.

Comme les changements environnementaux auront vraisemblablement des répercussions touchant en premier lieu les organismes inférieurs du réseau trophique, l'équipe explore également si les sédiments et la composition en acide gras d'organismes comme les algues, le zooplancton et les invertébrés benthiques constituent des outils d'évaluation rapide aux fins de la surveillance des changements environnementaux.

Les filets Bongo sont prêts à être déployés à bord du NGCC Nahidik dans la mer de Beaufort (à gauche), où les scientifiques du MPO recueillent des données physiques, chimiques et biologiques sur le réseau trophique inférieur, en s'attachant notamment à déterminer les caractéristiques particulières des aires d'alimentation des baleines boréales. On a recours à des filets Bongo pour recueillir le zooplancton, des larves de poisson et d'autres matériaux biologiques de façon à ce que les chercheurs puissent évaluer la quantité de plancton présente dans certaines régions.

(à gauche) Photo : Cathy Munroe
(à droite) Photo : MPO, Andreas Blouw

Photo : M. Michel Poulin, Musée canadien de la nature

Le MPO contribue à l'évaluation de la biodiversité de l'Arctique

La biologiste Lisa O'Connor et le scientifique Tom Pratt du MPO trient les ciscos à bord d'un remorqueur de pêche sur le Lac Supérieur. En étudiant l'origine évolutive, la diversité, la distribution, l'abondance et les relations taxonomiques de ces poissons, les scientifiques seront en mesure de recenser les populations ayant besoin de protection.

Photo : MPO

En 2008-2009, le Secteur des sciences du MPO a assumé un rôle de premier plan dans l'évaluation de la biodiversité de l'Arctique, une initiative internationale très en vue sous la direction du Conseil de l'Arctique ayant pour but d'évaluer la situation et les tendances dans la biodiversité de l'Arctique et d'en faire la synthèse. La participation du MPO est au coeur du mandat du Ministère, qui consiste à assurer le développement durable dans le Nord compte tenu des risques accrus d'atteinte à la biodiversité de l'Artique essentiellement en raison du réchauffement climatique et de l'exploitation accrue des ressources.

L'évaluation de la biodiversité de l'Arctique donnera lieu à la production du Arctic Biodiversity Highlights Report (2010) et du Arctic Biodiversity Assessment: Status and Trends Report d'ici 2013. Le Secteur des sciences du MPO est chargé de la rédaction des chapitres sur la diversité des espèces de poisson et des écosystèmes marin et dulcicole dans l'Arctique. Les rapports ont pour but :

Exploration de la diversité du cisco des profondeurs

Comme les eaux douces sont des écosystèmes relativement jeunes (datant habituellement de moins de 10 000 ans), les espèces de poisson dulcicole qu'on y trouve sont endémiques aux lacs et aux cours d'eau canadiens, dans lesquels elles ont évolué. Les espèces les mieux connues sont probablement les épinoches dans certaines îles de la Colombie-Britannique et les ciscos dans les eaux profondes des Grands Lacs et de plusieurs autres lacs du Canada. Le cisco des profondeurs a grandement décliné dans les Grands Lacs au début du XXe siècle, sous la pression de la surpêche et, récemment, des espèces envahissantes. Afin de recenser les populations ayant besoin de protection en vertu de la Loi sur les espèces en péril, les scientifiques du MPO et du ministère des Ressources naturelles de l'Ontario étudient ces espèces pour en apprendre davantage sur la véritable étendue de leur diversité, les relations taxonomiques, leur origine évolutive, leur distribution et leur abondance.

La grande question consiste à déterminer si les différentes formes ont évolué à l'intérieur des lacs au cours des 10 000 dernières années ou si elles ont évolué plus tôt et colonisé les lacs après la dernière période glaciaire. S'ils parviennent à élucider cette question, les scientifiques pourront différencier les populations particulières ayant besoin de protection des populations se rattachant étroitement à des espèces plus communes. En 2008-2009, les chercheurs ont découvert quatre formes morphologiques de ciscos dans deux lacs du parc Algonquin, en Ontario. Les chercheurs étudient également les quatre formes de ciscos restants dans les lacs Supérieur et Nipigon. Dans la région de la baie de Yellowknife du Grand lac des Esclaves, les scientifiques ont capturé à certains endroits de deux à cinq formes morphologiques distinctes. Dans ces lacs, certains ciscos ressemblent étroitement aux espèces en péril, notamment le cisco à mâchoires égales, tandis que d'autres semblent être distincts mais étroitement apparentés à ces espèces.

Une 400e sortie à la station de monitorage de Rimouski : hypoxie et acidification des eaux observées dans le golfe du Saint-Laurent

Claire Bertolone, stagiaire à l'Institut Maurice-Lamontagne, recueille un échantillon de zooplancton - copépodes et autres organismes marins microscopiques - à la station de monitorage de Rimouski.

Photo : MPO, Pierre Joly

Pierre Joly, assistant de recherche en océanographie biologique à l'Institut Maurice-Lamontagne, a effectué la 400e mission d'échantillonnage à la station de monitorage de Rimouski au cours de l'été 2008. Des observations récentes à la station ont mis en évidence l'hypoxie (la diminution de la quantité d'oxygène) et l'acidification (la diminution du pH) marquées des eaux profondes de l'estuaire, ce qui menace la santé des organismes et de l'écosystème marins dans le golfe du Saint-Laurent et dans son estuaire. L'échantillonnage permet également de détecter la prolifération d'algues toxiques et d'espèces envahissantes.

Située à 20 kilomètres au large de Rimouski, la station fait partie d'un réseau de stations océanographiques utilisées par les chercheurs pour surveiller l'évolution de cet écosystème, notamment sa biologie (plantes et animaux planctoniques aux plus bas échelons de la chaîne trophique) ainsi que ses caractéristiques physiques et chimiques.

Les sorties hebdomadaires à la station de Rimouski servent à prélever des échantillons d'eau à des profondeurs allant jusqu'à 320 mètres, à recueillir des données de salinité, de température, d'oxygène et de pH dans la colonne d'eau et à récolter des spécimens de plancton. Les données compilées à long terme sont d'une grande valeur pour les projets de recherche sur les changements climatiques et sur les processus contrôlant la productivité de l'estuaire du Saint-Laurent, notamment ceux à la base de la chaîne alimentaire (phytoplancton et zooplancton).

Le pistage du bar rayé dans la partie méridionale du golfe du Saint-Laurent

En collaboration avec l'Atlantic Salmon Federation, le biologiste Scott Douglas du Centre des pêches du Golfe dirige la recherche pour surveiller les mouvements et le comportement du bar rayé, espèce qui pourrait être en péril dans la partie méridionale du golfe du Saint-Laurent. La recherche, qui a commencé en 2003, nécessite l'implantation de transmetteurs acoustiques de télémétrie sur des bars rayés adultes. Les récepteurs immergés répartis de façon stratégique dans la rivière Miramichi et le long de la côte est du Nouveau-Brunswick captent les signaux des transmetteurs.

En mai 2008, l'équipe a implanté des transmetteurs sur 40 bars rayés adultes pour repérer leur migration côtière d'été et leur habitat d'hiver. Les signaux renvoyés ont révélé que quelques bars avaient migré au sud de l'estuaire de la Miramichi après le frai tandis que la plupart s'étaient déplacés dans le nord pour l'été - certains aussi loin que la côte méridionale du Québec. Au milieu de l'automne, le poisson a changé de direction et a entrepris son voyage de retour vers la rivière Miramichi pour l'hiver. Le pistage des bars rayés sous la glace a révélé que les individus demeuraient groupés pour l'hiver et progressaient lentement vers la partie supérieure de l'estuaire jusqu'à la fonte des glaces. La découverte que le bar rayé se retrouve aux mêmes endroits de l'estuaire de la Miramichi pour hiverner et frayer est digne de mention. Ces résultats continuent de souligner l'importance de l'estuaire de la Miramichi pour le bar rayé dans le nord, élément qu'il faut prendre en compte au moment de l'élaboration de plans d'action pour protéger l'espèce et son habitat.

Le technicien Trenton Francis (à droite) du North Shore Micmac District Council Inc. laisse descendre l'hydrophone d'un récepteur de transmetteur acoustique dans un trou dans la glace de la zone nordouest de la rivière Miramichi, tandis que le technicien des sciences aquatiques du MPO, Joseph Sheasgreen (à gauche), écoute et enregistre les codes particuliers des transmetteurs implantés sur le bar rayé qui hiverne.

Photo : MPO, John Hayward

À la fin de l'hiver, les chercheurs se rendent en hélicoptère dans les 90 stations du golfe du Saint-Laurent où ils tournent en vol stationnaire à 25 mètres au-dessus de la surface et font descendre les instruments à l'aide d'un câble (à gauche) pour mesurer la température de l'eau et la salinité. Les données, qui aident à prévoir les conditions océanographiques d'été, sont utiles aux biologistes qui évaluent les stocks de poisson.

Photos : MPO, P. Galbraith

Sonder les eaux hivernales pour évaluer les stocks de poissons

À chaque fin d'hiver, depuis 1996, une équipe dirigée par Peter Galbraith de l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO entreprend une mission océanographique héliportée novatrice dans le golfe du Saint-Laurent. Profitant de l'apogée du couvert de glace, l'équipe fait escale, à partir de l'hélicoptère en vol stationnaire, à 90 stations réparties dans le golfe pour mesurer, à l'aide d'une sonde abaissée dans une ouverture dans la glace, la température et la salinité de l'eau jusqu'à 200 mètres de profondeur.

L'analyse de la couche de surface hivernale - une couche formée d'eau dont la température est habituellement près du point de congélation autour de -1,7 °C - aide à anticiper les conditions océanographiques estivales à venir. L'eau de la couche de surface hivernale demeure partiellement isolée au printemps sous les eaux de surface qui se réchauffent pour former la couche intermédiaire froide. Une couche de surface épaisse en hiver se traduit donc par une couche intermédiaire froide plus épaisse en été. La surveillance depuis 14 années a révélé qu'une proportion variant entre 30 et 45 pour cent des eaux du golfe est refroidie près du point de congélation à chaque hiver, avec une incidence correspondante sur l'épaisseur et la température minimum au coeur de la couche intermédiaire froide des étés qui suivent. L'épaisseur de la couche de surface hivernale, qui mesure 75 mètres en moyenne, était sous la normale en 2009, légèrement sous la normale en 2008 et près de la normale en 2007.

Cette information est très utile pour les biologistes qui évaluent les stocks de poissons, puisque le coeur de la couche intermédiaire froide, qui n'excède pas les 2 °C même au plus fort de l'été, constitue pour plusieurs organismes un habitat vital et pour d'autres, un passage obligé. Pour la majorité des espèces pêchées commercialement, le temps de résidence dans la couche intermédiaire froide est une étape cruciale. C'est pourquoi les biologistes et les océanographes attendent avec grand intérêt les données de la mission hivernale à tous les mois de mars, pour découvrir les conditions de la couche intermédiaire froide qui persisteront pour le reste de l'année.

AVIS SCIENTIFIQUES

Le Secrétariat canadien de consultation scientifique coordonne le processus consultatif du Secteur des sciences du MPO en collaboration avec les Centres des avis scientifiques régionaux. Ce réseau de coordination est chargé de faire respecter des normes d'excellence élevées dans la prestation d'information et d'avis scientifiques évalués par les pairs, à l'appui de décisions judicieuses. Au cours de l'exercice 2008-2009, 68 réunions d'examen par les pairs (réunions et ateliers de consultation) ont été tenues et près de 200 publications scientifiques, comprenant des avis scientifiques, des documents de recherche, des comptes rendus et des réponses à des questions scientifiques, ont été produites. Elles abordaient une large gamme de questions, notamment l'évaluation des stocks, les espèces en péril, l'évaluation des écosystèmes, les effets de l'aquaculture, les espèces envahissantes et les aires marines protégées. Plusieurs avis scientifiques susceptibles d'intéresser le grand public ont été diffusés sur la morue, le saumon, le crabe des neiges, le béluga, le requin, le phoque et d'autres espèces d'intérêt particulier. En outre, le Secrétariat a élaboré un cadre fondé sur le risque qui servira à déterminer la priorité des réunions d'examen par les pairs en vue d'assurer la prestation des avis scientifiques requis. Pour consulter les publications et le calendrier d'activités du Secrétariat, aller à : www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/Home-Accueil_f.htm.

Parachèvement du Cadre pour la pêche durable

En 2008, le MPO a tenu deux ateliers nationaux et mis sur pied un groupe de travail national chargé d'élaborer un cadre décisionnel pour la pêche de la crevette et de la crevette tachetée au Canada. L'initiative constitue une première étape en vue d'aider ces pêches à mettre en oeuvre « l'approche de précaution » et de s'attaquer aux exigences de l'écocertification pour préserver leur accès au marché. Pour en apprendre davantage, consultez Compte rendu de l'atelier sur l'approche de précaution pour les stocks et pêcheries canadiens de crevette; les 26 et 27 novembre 2008 sur le site www.dfo-mpo.gc.ca/CSAS/Csas/Publications/Pro-CR/2008/2008_031_f.htm (SCCS CR - 2008/031)

L'approche de précaution constitue un aspect clé du nouveau Cadre pour la pêche durable, et le Secteur des sciences du MPO a joué un rôle de premier plan dans son parachèvement en 2008-2009. Le cadre intègre les politiques actuellement en vigueur sur la gestion, la conservation et l'exploitation durable des pêches, ainsi que sur la gouvernance et les principes économiques, mais comporte également de nouvelles politiques et des politiques à l'étude. Il propose des outils pour surveiller et évaluer les initiatives de conservation et d'exploitation durable de la ressource afin de mettre en évidence les secteurs qui peuvent nécessiter des améliorations. Les principales politiques de conservation et d'exploitation durables sont les suivantes :

Évaluation de l'état des stocks de morue

En mars 2009, les scientifiques du MPO ont mené à bien une évaluation de l'état de cinq populations de morue gérées par le MPO de façon à élaborer des avis scientifiques. La réunion, qui porte le nom de Processus de consultation scientifique zonale sur la morue franche, constitue une étape d'un processus décisionnel global menant à l'élaboration et à l'adoption de plans de gestion des pêches pour 2009. En fait, il s'agit d'un examen scientifique par les pairs qui s'étale sur deux semaines et inclut l'évaluation de toutes les données pertinentes dont on dispose sur les pêches et la recherche concernant chaque stock, y compris les programmes de surveillance du MPO et de l'industrie, les données des activités de pêche, les intrants directs des utilisateurs de la ressource ainsi que la recherche et la surveillance de l'état de l'océan et des prédateurs et proies de la morue.

L'examen a conclu que quatre des cinq stocks de morue gérés étaient inférieurs au seuil de conservation des stocks, c'est-à-dire le point auquel la capacité de reconstitution d'un stock devient aléatoire. Les stocks évalués sont les suivants :

Pour en apprendre davantage, consultez le site www.dfo-mpo.gc.ca/csas/

Les marqueurs ADN facilitent l'évaluation des stocks de naissain de moule

En utilisant des marqueurs ADN pour différencier les espèces de moules, les scientifiques du MPO aident les mytiliculteurs de Terre- Neuve à découvrir les meilleurs sites pour le prélèvement de naissain et à évaluer la qualité de leurs stocks.

Photo : MPO

L'expansion de la mytiliculture à Terre-Neuve est limitée par la quantité et la qualité du naissain. Le recensement de sites permettant de recruter de nouveaux naissains pour l'exploitation commerciale constitue une priorité pour l'industrie. De nombreux stocks de naissain indigène situés le long de la côte terre-neuvienne possèdent des proportions relativement élevées de l'espèce M. trossulus, qui a été par le passé une source majeure de problèmes pour l'industrie en raison d'une médiocre croissance, du faible rendement et de l'aspect insatisfaisant de la coquille pour le marché. Avant qu'on puisse recommander des investissements commerciaux dans le nouveau stock de naissain, il est urgent de mener des évaluations du rendement dans un cadre expérimental afin de s'assurer que les stocks sont des stocks de naissain M. edulis à haut rendement et non M. trossulus.

À cette fin, une équipe de recherche du MPO au Centre des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest de St. John's, à Terre- Neuve, utilise deux marqueurs ADN (Me16/16 et ITS) pour différencier les deux espèces. Cette méthode a permis à l'équipe, dirigée par le chercheur Randy Penney, du MPO, de déterminer le ratio de chaque espèce dans plusieurs stocks de naissain et d'identifier rapidement et avec exactitude le stock de naissain à haut rendement pour le recrutement. Des essais sont également menés pour connaître le rendement des stocks lorsqu'ils sont transférés dans de nouveaux sites et pour déterminer s'il s'agit d'une option viable pour les mytiliculteurs. Les premiers résultats de cette recherche financée par le Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture ont été présentés aux mytiliculteurs en mars 2009. La technique est maintenant utilisée pour aider les mytiliculteurs de Terre- Neuve à évaluer la qualité de leurs stocks et à découvrir les meilleurs sites pour le prélèvement de naissain.

Recherche sur la réglementation visant les interactions écosystémiques avec la conchyliculture

Le Programme de recherche sur la réglementation de l'aquaculture (PRRA) vise à accroître les connaissances scientifiques et à appuyer des décisions éclairées en matière de réglementation fédérale de l'aquaculture, notamment à l'appui des engagements relatifs à la gestion écosystémique. La recherche réglementaire sur la conchyliculture dans la région des Maritimes du MPO englobe l'enrichissement des connaissances, des outils prévisionnels, des stratégies de surveillance et des indicateurs des effets écologiques de la mytiliculture à l'échelle locale et de la baie. Le but est de réduire le plus possible les problèmes sociaux et environnementaux associés à la mytiliculture tout en permettant à l'industrie de demeurer économiquement viable.

En 2008, un projet de recherche mené dans l'une des entreprises de mytiliculture les plus importantes, sous la direction de M. Peter Cranford de l'Institut océanographique de Bedford, a testé l'efficacité des prévisions des répercussions environnementales pour le site et du programme de surveillance en cours. Les résultats serviront à recommander des améliorations aux protocoles d'évaluation des sites de mytiliculture.

Comme l'étendue et l'ampleur des interactions écologiques avec la mytiliculture sont toujours spécifiques au lieu, les études portant sur plusieurs sites améliorent notre capacité de prévoir et d'évaluer les répercussions. Des collaborations nationales et internationales contribuent au développement du savoirfaire et d'approches de gestion des élevages. En 2008-2009, M. Cranford a également participé activement à une recherche internationale en vue d'améliorer l'aquaculture et les normes de certification.

Un puits d'expertise en systèmes aquicoles

La salle des bassins de l'Institut Maurice-Lamontagne du MPO est une installation à la fine pointe de la technologie qui permet de mener en laboratoire des études expérimentales à grande échelle avec des organismes vivants récoltés en mer et conservés dans des bassins d'eau de mer.

De nombreux groupes, partenaires et consultants s'inspirent de cette salle pour développer leurs propres équipements de recherche ou pour créer des expositions et des activités éducatives uniques sur les sciences marines. L'équipe responsable du système aquicole, dirigée par Bernard Chenard, a réalisé, entre autres, la conception de base d'un aquarium en forme de bateau installé en 2009 à la Station exploratoire du Saint-Laurent à Rivière-du-Loup, au Québec. Les scientifiques sont régulièrement consultés par des organismes tels que l'Aquarium du Québec, l'Institut des sciences de la mer de Rimouski et des centres de recherche gouvernementaux pour la construction et la mise au point d'installations utilisant l'eau de mer. Les échanges portent sur les systèmes sophistiqués d'échangeur thermique ou de refroidissement, les matériaux résistants à l'eau de mer, la tuyauterie et les caractéristiques mécaniques et techniques, ainsi qu'une multitude de nouvelles techniques dans le domaine aquicole.

La salle des bassins de l'Institut Maurice-Lamontagne permet de mener en laboratoire des études expérimentales à grande échelle.

Photo: F. Tremblay

Une étude de 18 jours portant sur 500 kilomètres carrés de fonds marins au large de la côte méridionale de Terre-Neuve a été menée par le Service hydrographique du Canada (SHC) en 2008-2009. On a eu recours à des éco-sondeurs multifaisceaux à bord de navires et de vedettes pour recueillir les données. Les zones colorées de la carte 4826 du SHC représentent la zone de levé, et les couleurs chaudes correspondent aux eaux peu profondes tandis que les couleurs froides représentent les eaux profondes.

Photo : Service hydrographique du Canada, Région de l'Atlantique

Le Service hydrographique du Canada présente toute une gamme d'applications

Depuis 1883, le Service Hydrographique du Canada (SHC) a canalisé ses connaissances approfondies et sa solide expertise afin d'effectuer des levés hydrographiques des fonds marins. Aujourd'hui, le SHC est en mesure d'offrir des vues tridimensionnelles des fonds marins du Canada et des mises à jour en temps réel des niveaux d‚eau dans le Saint-Laurent, et plus encore. En 2008, le Service hydrographique du Canada (SHC) a mené des levés d'un océan à l'autre pour recueillir des données en vue de son propre programme de cartographie hydrographique de même que pour les autres ministères et organismes fédéraux, dont Ressources naturelles Canada (RNCan) et la Garde côtière canadienne. Parmi les projets entrepris par le SHC, mentionnons :

Les hydrographes appuient le nouveau projet de port pour petits bateaux à Pangnirtung

Le personnel du Service hydrographique du Canada a effectué des levés topographiques et hydrographiques à Pangnirtung, au Nunavut, et dans le détroit de Cumberland pour appuyer la conception et la construction de nouvelles installations portuaires.

Photo : MPO, Terese Herron

Le Service hydrographique du Canada (SHC) a effectué les levés sur le terrain à Pangnirtung, au Nunavut, au cours de 2008. Les données sont utilisées pour élaborer la cartographie de base nécessaire au Programme de ports pour petits bateaux du MPO afin de concevoir et de construire la meilleure infrastructure possible pour la collectivité. Le SHC exploite et administre un réseau national de ports qui offrent des installations sûres et accessibles aux pêcheurs d'espèces commerciales et aux autres utilisateurs.

En juillet 2008, le SHC a déployé deux marégraphes submersibles et deux ampèremètres dans le détroit de Cumberland, puis il est revenu recueillir les données en septembre. Ce relevé lui a fourni des renseignements sur les courants océaniques et lui a permis de confirmer l'amplitude de la marée et d'améliorer l'exactitude des prévisions de marée dans la région.

Le SHC a également effectué des levés topographiques pour compléter la cartographie du Nunavut et les levés hydrographiques de 2003-2004, menant ainsi à bien les levés d'études requis pour le Programme de ports pour petit bateaux.

Activités à l'appui des espèces en péril

À l'appui de la Loi sur les espèces en péril, le MPO a tenu en 2008 un atelier national organisé par le Secteur des sciences pour faciliter l'élaboration de lignes directrices visant à interpréter de façon cohérente à l'échelle nationale les termes et concepts relatifs aux évaluations du potentiel de rétablissement et à d'autres activités liées à la Loi sur les espèces en péril. Plus de 60 membres du personnel du MPO de toutes les régions du Canada ont assisté à l'atelier, dont les résultats seront publiés dans la série de rapports du Secrétariat canadien de consultation scientifique.

Le Secteur des sciences du MPO a également participé à la préparation de rapports sur l'état des espèces pour le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Des réunions d'examen par les pairs ont été tenues pour transférer au Comité les données du MPO sur le sébaste tacheté, le sébaste à bouche jaune, la lampsile fasciolée, la dolly varden (forme nordique), la morue, la grande raie, le saumon de l'Atlantique et le corégone atlantique. Le compte rendu de ces réunions sera affiché dans le site Web du Secrétariat (www.dfo-mpo.gc.ca/csas/). Le Secteur des sciences a également participé à l'élaboration de plusieurs politiques du gouvernement du Canada sur les espèces en péril, de même qu'à la formulation de lignes directrices sur l'habitat essentiel, en particulier le recensement de cet habitat.

GESTION DES DONNÉES ET DE L'INFORMATION

La quantité de données océaniques en temps réel a pratiquement doublé

La quantité de données océaniques gérées par la direction de la Gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) du Secteur des sciences a continué d'augmenter en 2008-2009. Par exemple, le nombre de profils de température de l'océan transmis en quelques jours de collecte a presque doublé, passant de 18 000 à 32 000. Cette situation est en grande partie attribuable à l'appui soutenu de la communauté internationale au programme mondial des flotteurs dérivants Argo. Outre les données mondiales en temps réel d'Argo dont elle assure la gestion, la GDSI traite et gère les données de quelque 120 profileurs canadiens qui, en 2008-2009, ont transmis environ 3 700 profils indiquant la température et la salinité de l'océan, depuis la surface jusqu'à 2 000 mètres de profondeur.

La GDSI gère les données de programmes du MPO comme le Programme de monitorage de la zone atlantique, BioChem (la base de données sur les échantillons d'eau et de plancton) de même que celles du Programme international des bouées dérivantes. Ce dernier fournit tous les mois près d'un million de relevés de paramètres océaniques comme la température de l'eau et de l'air ainsi que les variations de la pression atmosphérique. Ces données sont utilisées par l'ensemble des services météorologiques nationaux disposant d'une fonction de modélisation atmosphérique pour les prévisions météorologiques à court terme.

La direction coordonne le financement pour l'amélioration des activités de gestion des données du Secteur des sciences du MPO. Ces fonds sont consacrés à une variété d'initiatives, notamment l'élargissement des capacités de gestion des données par l'élaboration de nouvelles capacités d'accès grâce à la technologie des services Web. Des initiatives sont en cours pour sauvegarder les données anciennes en les stockant dans des archives gérées. En 2008-2009, on a mis l'accent sur le traitement des données anciennes de l'Arctique canadien, de façon à disposer d'un contexte historique pour les données de la recherche réalisée dans le cadre de l'Année polaire internationale.

Pour améliorer l'accessibilité des Canadiens à l'information, la GDSI a recours à la technologie de base de données et à des outils modernes de développement de sites Web pour reconstruire ses propres pages Web ou celles d'autres groupes du Secteur des sciences du MPO, notamment le Service hydrographique du Canada et la Promotion stratégique des sciences.

Le saviez-vous?

ARCHIVES BIOCHEM

Les pointillés sur la carte représentent les emplacements où certaines données sont recueillies pour la base de données BioChem, qui est gérée par la direction de la Gestion des données scientifiques intégrées (GDSI). En janvier 2008, les archives BioChem sont devenues accessibles par Internet à quiconque désire interroger la base de données en expansion. Au cours de l'année écoulée, la GDSI a également converti nombre de ses archives en un systèmemoderne plus convivial, afin que les autres ministères du gouvernement, les universités, les organismes du secteur privé, les organisations non gouvernementales et le grand public puissent facilement y avoir accès.

En 2008-2009, le SHC a également introduit huit nouvelles cartes marines électroniques pour les collectivités du Nunavik qui sont indiquées par des points rouges sur la carte.

Photo : MPO, John Mercuri

Le Service hydrographique du Canada travaille à la conversion des 64 publications d'Instructions nautiques pour assurer la livraison par impression sur demande.

PRODUITS DE DONNÉES ET SERVICES

Modernisation de la prestation de produits pour la navigation

De 2006 à 2009, le Service hydrographique du Canada a refait les levés des eaux entourant Kitimat, en Colombie-Britannique. L'aire des levés effectués en 2009, que l'on voit sur la carte morphographique avec les profondeurs bathymétriques indiquées par des codes de couleur, de 0 mètre (rouge foncé) à 400 mètres (bleu foncé), embrasse l'extrémité nord du chenal Douglas - le principal chenal menant à Kitimat - de même que certains chenaux secondaires, dont les chenaux Devastation, Loretta et Sue, ainsi que le Passage Verney.

Photo : SHC-MPO

Depuis 2007, le Service hydrographique du Canada (SHC) améliore la prestation de données hydrographiques et de produits pour la navigation aux marins et à la communauté scientifique grâce à ses produits numériques et à son programme d'octroi de licences de propriété intellectuelle. En tant que service hydrographique officiel du pays, le SHC a pour mission d'offrir les cartes nautiques les plus fiables possibles pour la navigation en eaux canadiennes. Cela inclut la production et la distribution de cartes en format papier et en deux formats électroniques pour répondre à la fois aux besoins de la navigation de plaisance et de la navigation commerciale. Les améliorations apportées en 2008-2009 sont les suivantes :

* Le format BSB est le format informatique standard utilisé pour la distribution des cartes nautiques matricielles.

Les données hydrographiques et bathymétriques recueillies par le SHC sont utilisées pour la cartographie, mais aussi par des centaines d'intervenants pour la recherche et des projets en génie ainsi qu'à une variété d'autres fins. En 2008-2009, le SHC a élargi sa clientèle en négociant des accords de licence de propriété intellectuelle avec des entreprises pour ajouter de nouvelles caractéristiques et fonctions aux données et aux cartes qu'il produit. Ces produits ont été redistribués pour être adaptés à des systèmes de cartes électroniques, des cartes de pointage, des dispositifs et systèmes mobiles et des téléphones intelligents comme le iPhone.

Le SHC a également accru le nombre de produits livrés par impression sur demande et entrepris de convertir les 64 publications d'Instructions nautiques en vue de ce mode de livraison. Les cartes nautiques et les Instructions nautiques livrées par impression sur demande améliorent la sécurité des marins en faisant en sorte que les produits soient imprimés uniquement lorsqu'ils ont été commandés par un distributeur, de façon à ce que les marins reçoivent les changements et les avis les plus récents.

Kitimat : De nouvelles cartes facilitent la navigation pour le port de la côte Ouest

Tout changement qui touche le commerce s'accompagne d'un changement dans les besoins relatifs à la navigation. Tel est le cas sur la côte nord de la Colombie-Britannique aux abords de Kitimat. Le trafic maritime dans la région s'est diversifié et l'on rencontre des navires de transport commercial, des traversiers, des navires de croisière, des remorqueurs et des barges, de même que des bateaux de pêche et des bateaux de plaisance. Comme on envisage de doter Kitimat d'un terminal pour les exportations de pétrole et l'importation de condensats, le Service hydrographique du Canada a modernisé sa série de produits nautiques pour le secteur. Pour élaborer 24 nouvelles cartes, le SHC a fait de nouveaux levés dans 95 p. 100 de la région entre 2006 et août 2009. À ce jour, le SHC a publié six nouvelles cartes bilingues fondées sur le Système de référence nordaméricain de 1983 (NAD 83*), avec des échelles communes et des unités métriques, et 21 cartes marines électroniques pour répondre à la demande.

* L'acronyme NAD83 représente le North American Datum 1983, qui est le système de référence standard des coordonnées géographiques pour la Terre approuvé pour les cartographes des États-Unis, du Canada et de l'Amérique centrale.

Conférence hydrographique Canadienne de 2008

Le Service hydrographique du Canada a appuyé la Canadian Hydrographic Association et l'Association des arpenteurs des terres du Canada en accueillant conjointement la Conférence hydrographique canadienne de 2008, qui s'est tenue en mai à Victoria, en Colombie-Britannique. Le thème de la conférence était « Réunir terre et mer ». Plus de 500 délégués et exposants de 16 pays représentant à la fois les arpenteurs de terres et les hydrographes ont assisté à cet événement international. Le débat a été axé sur les nombreux défis et les possibilités qui s'offrent à la profession au XXIe siècle, et a fait la promotion du transfert des idées, des connaissances et de la technologie au sein d'une collectivité géomatique plus vaste.

Promotion stratégique des sciences

À l'appui de la culture scientifique au Canada, le Secteur des sciences du MPO a poursuivi ses efforts pour sensibiliser aux sciences aquatiques en s'adressant à des auditoires clés, notamment les milieux scientifiques et de la recherche au sein des établissements publics et dans la sphère internationale, les universités et le public canadien lui-même. Pour rendre le Secteur des sciences du MPO plus accessible, l'unité de Promotion stratégique des sciences a lancé un annuaire en ligne des scientifiques du MPO. Les histoires en ligne du Secteur des sciences du MPO ont continué à gagner en popularité et sont transmises automatiquement aux abonnés sur une base régulière. Pour soutenir les projets de l'Année polaire internationale du Ministère, l'unité a organisé la Journée polaire sur les océans et la vie marine, consacrée à des conférences et à des festivités. L'unité a géré la publication d'une série de documents d'orientation clés pour l'initiative de renouvellement des sciences, en ce qui concerne les priorités de recherche et le passage à une approche scientifique axée sur l'écosystème. L'unité a produit le rapport annuel du Secteur des sciences du MPO et gère des alliances et des partenariats externes entre des organismes fédéraux et provinciaux pour la mise sur pied de conférences et d'expositions scientifiques dans les centres nationaux des sciences, des activités de relations publiques avec des organisations gouvernementales qui contribuent à l'apprentissage des sciences et à l'établissement de programmes d'études en sciences, ainsi que des activités intéressant le personnel, comme les conférences internes et extérieures sur les sciences.

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