Rapport sur l'Évaluation du carbone bleu en tant que stratégie efficace d'atténuation des changements climatiques pour le Canada
Un groupe de travail sur le carbone bleu, composé d'experts du MPO et d'universitaires, a été réuni pour évaluer si la protection, la restauration et l'expansion des habitats du carbone bleu peuvent contribuer de manière significative aux objectifs de réduction des émissions de carbone du Canada. En juin 2024, le groupe a participé à un atelier pour élaborer conjointement un rapport qui fournit un aperçu complet des connaissances existantes, des principales limites et des lacunes critiques en matière de connaissances par type d'habitat et par région géographique. Ce rapport servira de base à la recherche future et à l'élaboration de politiques.
Vous trouverez ci-dessous le résumé du rapport. Une publication principale est actuellement en cours d'élaboration par les participants à l'atelier, sur la base des discussions et des résultats de l'atelier de juin 2024.
Résumé
Les écosystèmes côtiers végétalisés (au Canada : marais salés, herbiers marins, champs de macroalgues) et les sédiments côtiers non végétalisés absorbent le dioxyde de carbone (CO2) et stockent une quantité importante de carbone organique sur des échelles de temps pertinentes par rapport au climat (> 100 ans), ce qui a suscité un intérêt général pour le carbone bleu en tant que solution climatique naturelle.
Les principales lacunes en matière d'information au Canada (et à l'échelle mondiale) sont les suivantes : cartographie détaillée et évaluation des risques pour le carbone stocké; cartographie détaillée des zones d'expansion potentielle de l'habitat; mesures des taux d'enfouissement du carbone dans différents environnements; échelles de temps pour la préservation du carbone particulaire et dissous exporté par les macroalgues et les herbiers marins; réduction du CO2 net découlant de l'enfouissement du carbone inorganique; taux d'émission naturelle de gaz à effet de serre autres que le CO2 (méthane, oxyde nitreux) provenant des écosystèmes de carbone bleu.
Les travaux en cours au Canada contribueront à combler les lacunes cernées ci-dessus; toutefois, ces lacunes nécessitent des recherches beaucoup plus approfondies.
Le Canada pourrait potentiellement élargir ses écosystèmes de carbone bleu en restaurant des zones dégradées ou en englobant de nouvelles aires. Ces efforts pourraient réduire davantage le CO2.
La perturbation des écosystèmes ou de leurs sols et sédiments pourrait potentiellement libérer le carbone stocké, augmentant ainsi les émissions de CO2 du Canada. L'aménagement du littoral et les changements climatiques menacent particulièrement les écosystèmes de carbone bleu, tout comme la perte potentielle de carbone stocké dans les sédiments non végétalisés en raison du dragage.
Bien que nous manquions de données détaillées sur l'expansion ou la perte potentielle d'habitats de carbone bleu, les mérites relatifs de ces deux voies doivent être évalués. Bien que l'on s'attende à ce que les taux de perte soient beaucoup plus élevés que les taux d'expansion, leur équilibre peut différer selon le type d'écosystème en fonction 1) de la zone d'expansion potentielle par rapport aux zones existantes d'écosystèmes végétalisés; et 2) des délais d'accumulation du carbone – où la perte concerne la perte instantanée ou graduelle du carbone accumulé sur des centaines ou des milliers d'années, alors que les nouveaux gains de carbone ne s'accumuleraient que lentement, une année à la fois.
Un mécanisme de financement accessible aux scientifiques/organisations gouvernementales et non gouvernementales, aux praticiens communautaires et aux Premières Nations collaborant permettrait d'améliorer l'intégration des données, de réduire les redondances et de soutenir une approche coordonnée.
Même en l'absence d'informations permettant de quantifier les avantages du carbone bleu en matière d'atténuation du changement climatique, la protection de ces écosystèmes offrirait de multiples avantages complémentaires : protection des habitats essentiels, protection du littoral, valeurs culturelles, sécurité alimentaire, tourisme, ainsi que protection des stocks de carbone existants. L'évaluation d'une voie de mise en œuvre du carbone bleu pour le Canada nécessitera une évaluation écologique et économique complète des écosystèmes de carbone bleu.
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