Sélection de la langue

Recherche

Rapport final du Groupe de travail sur le développement de l’énergie marémotrice durable dans la baie de Fundy

Rapport final du Groupe de travail sur le développement de l’énergie marémotrice durable dans la baie de Fundy (PDF, 1 Mo)

Sur cette page

Introduction

Le 20 juin 2023, l’honorable Joyce Murray, qui était à ce moment-là ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, et l’honorable Jonathan Wilkinson, ministre des Ressources naturelles du Canada, ont annoncé la création d’un groupe de travail visant à étudier les enjeux et les possibilités associés à la réalisation de projets d’énergie marémotrice dans la baie de Fundy, plus particulièrement pour :

Le groupe de travail est coprésidé par Pêches et Océans Canada (MPO) et Ressources naturelles Canada (RNCan). Il comprend des membres du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, de l’industrie et des organismes de recherche (voir l’Annexe 1).

Le groupe de travail a publié un rapport provisoire en septembre 2023 et s’est engagé à publier un rapport final qui indiquerait les progrès réalisés et les domaines envisagés pour des actions futures.

Le groupe de travail a tenu huit réunions en personne, un certain nombre de réunions de travail avec divers membres pour soutenir son travail, et des sessions de mobilisation directes avec des membres du secteur de l’énergie marémotrice, des groupes autochtones et des intervenants. Le groupe de travail a visité le site du Fundy Ocean Research Centre for Energy (FORCE) à Parrsboro, Nouvelle-Écosse, où il a rencontré le comité de liaison communautaire du FORCE, puis s’est rendu à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, où il a rencontré des représentants de l’industrie de la pêche commerciale qui exerce ses activités dans la baie de Fundy, ainsi que des groupes autochtones. Le groupe de travail a également rencontré des promoteurs de l’énergie marémotrice à Halifax. Toutes les autres réunions du groupe de travail ont eu lieu à l’Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth, Nouvelle-Écosse. Une liste complète des participants figure à l’Annexe 2.

Le présent rapport résume les progrès réalisés et détermine les prochaines étapes.

Faire progresser l’énergie marémotrice durable dans la baie de Fundy

Grâce à une série de réunions et de présentations d’experts, le groupe de travail a identifié quatre enjeux majeurs de nature réglementaire qui entravent le développement et le déploiement de projets d’énergie marémotrice commercialement viables et déployés en temps opportun dans la baie de Fundy :

  1. l’administration du processus d’autorisation de la Loi sur les pêches;
  2. l’évaluation des risques environnementaux et les normes de surveillance;
  3. la prise en compte des données et des recherches internationales sur les effets environnementaux;
  4. la prise en compte du changement climatique et des avantages économiques dans la prise de décisions.

Le rapport provisoire s’est conclu par un engagement à poursuivre les efforts pour gérer ces enjeux. En réponse, le groupe de travail :

Conclusions du groupe de travail et pistes pour l’avenir

Processus d’autorisation de la Loi sur les pêches

Le MPO est responsable de la conservation et de la protection du poisson et de son habitat, notamment des espèces aquatiques en péril, et doit déterminer s’il délivre une autorisation au titre de la Loi sur les pêches et un permis au titre de la Loi sur les espèces en péril (LEP) lorsque des projets sont susceptibles de présenter un risque pour le poisson et son habitat. En raison de l’incertitude concernant l’impact des dispositifs d’énergie marémotrice (« dispositifs marémoteurs ») sur les poissons, l’approche du MPO a consisté jusqu’à présent à délivrer une autorisation au titre de la Loi sur les pêches pour l’exploitation d’un seul dispositif marémoteur pendant une période d’un an, à condition que toutes les conditions réglementaires soient remplies, y compris un plan approuvé de surveillance et de compensation des effets sur l’environnement. Dans le cadre de cette approche, le MPO peut autoriser le déploiement d’autres dispositifs à condition que le promoteur puisse surveiller efficacement les répercussions néfastes du premier dispositif déployé sur le poisson et son habitat. Cette « approche par étapes », progressive et adaptative, est un moyen de s’assurer que le développement s’appuie sur les résultats des programmes de surveillance des effets environnementaux (PSEE).

Bien que le MPO ait délivré des autorisations pour des dispositifs d’énergie marémotrice et les premières phases de projets dans la baie de Fundy dans le cadre de l’approche existante, le secteur de l’énergie marémotrice en Nouvelle-Écosse n’a pas dépassé le stade du déploiement d’un seul dispositif. Cette situation contraste avec le rythme d’expansion du secteur dans d’autres pays. Des projets d’énergie marémotrice consistant en de petits réseaux de dispositifs ont été déployés dans d’autres parties du monde. En plus des 94,5 mégawatts (MW) d’installations marémotrices sous contrat au Royaume-Uni et des 17 MW en France mentionnés dans le rapport provisoire, une installation de 16 turbines de 4 MW au Royaume-Uni a été annoncée (en anglais seulement) le 29 novembre 2023 lors de la COP28.

La province de la Nouvelle-Écosse a délivré des permis pour des projets d’énergie marémotrice dans la baie de Fundy au titre du Marine Renewable Energy Act, dont des permis pour des projets de petits réseaux totalisant 22 MW au FORCE. Les permis délivrés pour le site du FORCE sont d’une durée de 15 ans et autorisent un maximum de 5 MW par compartiment.

L’industrie a indiqué que l’approche par étapes du MPO traite effectivement chaque dispositif d’un projet à dispositifs multiples comme un projet distinct. Cela augmente le fardeau administratif et les délais d’examen des projets, ce qui entrave les investissements et la gestion de la chaîne d’approvisionnement.

Le groupe de travail a organisé une série de discussions sur des études de cas qui ont permis d’examiner un projet hypothétique d’énergie marémotrice dans le but de clarifier et d’améliorer les méthodes d’évaluation des risques et d’explorer les approches visant à réglementer les effets potentiels associés aux petits projets de dispositifs multiples. Les discussions ont permis de tirer les conclusions suivantes :

Par conséquent, l’évaluation des risques et la surveillance sont au cœur du processus décisionnel relatif à la délivrance d’une autorisation au titre de la Loi sur les pêches.

Évaluation des risques

Le groupe de travail a discuté des méthodes d’analyse et d’évaluation des risques que présentent les dispositifs marémoteurs pour le poisson et son habitat. Les dispositifs marémoteurs présentent divers risques, mais le risque de collision est celui qui suscite le plus d’incertitude et d’intérêt.

Les discussions du groupe de travail ont indiqué que le secteur de l’énergie marémotrice bénéficierait de la publication de davantage de renseignements publics sur les approches adoptées par le MPO pour évaluer les risques pour le poisson et son habitat, et que les promoteurs de l’énergie marémotrice ont besoin de directives claires sur l’approche d’évaluation des risques du MPO.

Le processus d’évaluation des risques du MPO pour les dispositifs marémoteurs s’aligne sur son approche stratégique nationale pour la conservation et la protection du poisson et de son habitat, qui repose sur des principes de précaution adaptatifs fondés sur les écosystèmes. L’objectif est d’assurer la conservation et la protection du poisson et de son habitat, tout en gérant les incertitudes liées aux processus complexes des écosystèmes par une prise de décision fondée sur des données probantes.

Le MPO tient compte d’un certain nombre de facteurs liés au risque de collision, y compris, mais sans s’y limiter :

Le groupe de travail a discuté des défis de surveillance rencontrés dans l'évaluation du risque de collision avec les poissons lors des dispositifs marémoteurs dans le Minas Passage. Le programme de surveillance environnementale du FORCE se concentre actuellement sur les évaluations environnementales relatives au homard, aux poissons, aux mammifères et aux oiseaux marins, ainsi que sur les effets du son produit par le dispositif. Le FORCE a effectué plus de 5 000 jours de surveillance des mammifères marins (en anglais seulement) à l’aide de plusieurs capteurs, plus de 500 heures d’études hydroacoustiques sur les poissons, ainsi que des études de base sur le homard, des études d’observation des oiseaux marins, des observations bihebdomadaires du littoral et la collecte de données relatives aux sons marins à partir d’appareils dériveurs et fixés au fond marin. Cependant, à l’heure actuelle, en l’absence de dispositifs marémoteurs opérationnels, les capacités d’évaluer les interactions entre le poisson et les turbines sont limitées. Malgré tout, des progrès ont été réalisés pour atteindre cet objectif.

Au cours des dernières années, avec le soutien financier de RNCan, le FORCE a entrepris deux grands projets pour faire progresser les efforts d’évaluation des risques et de surveillance des effets environnementaux :

  1. un projet dans le cadre du Pathway Program (en anglais seulement) pour évaluer et tester un vaste ensemble de technologies acoustiques pour les utiliser efficacement à Minas Passage;
  2. le Programme d’évaluation des risques (en anglais seulement, PDF, 1 600 Ko), collaboration entre plusieurs partenaires : Ocean Tracking Network, Mi’kmaq Conservation Group, université Acadia et Marine Renewables Canada, afin de créer un outil pour déterminer la probabilité que les poissons rencontrent un dispositif d’énergie marémotrice, en fonction de la présence des poissons (marqués d’étiquettes acoustiques et détectés) dans la zone de test du FORCE et des conditions physiques à Minas Passage.

Des études sur les dériveurs menées récemment par l’université Acadia et le FORCE ont contribué à mettre en place des méthodes plus définitives pour évaluer la probabilité de rencontre du poisson, avec une concentration sur le saumon atlantique marqué de l’intérieur de la baie de Fundy.

Le MPO est généralement tenu de gérer l’incertitude lorsqu’il prend des décisions réglementaires et, pour ce faire, il applique le principe de précaution et une approche de gestion adaptative. Les risques sont évalués, l’incertitude est décrite, puis les effets sont surveillés afin de valider les prévisions et d’adapter les exigences en matière de gestion et de surveillance, si nécessaire.

L’approche par étapes du MPO a été conçue pour s’aligner sur les approches ci-dessus et reconnaître à la fois les incertitudes quant aux effets des dispositifs marémoteurs sur les poissons et quant à la capacité de surveiller efficacement les milieux à fort débit comme le Minas Passage.

Approche par étapes révisée

À la suite de réunions sur les études de cas et de discussions internes approfondies, le MPO a élaboré une « approche par étapes révisée » pour les autorisationsde la Loi sur les pêches en vue du déploiement par étapes de petits réseaux de dispositifs marémoteurs, avec des exigences claires en matière de protection et de surveillance des poissons.

Voici les caractéristiques de l’approche :

Cette « approche par étapes révisée » est destinée à fournir des précisions au promoteur et de la souplesse à l’organisme de réglementation afin que des protections environnementales efficaces soient mises en place. Bien qu’elle ait été conçue en tenant compte des conditions du Minas Passage, l’approche par étapes révisée pourrait être adaptée à des projets d’énergie marémotrice dans d’autres parties de la baie de Fundy.

L’approche par étapes révisée commence par exiger des promoteurs qu’ils surveillent les poissons passant dans la zone de balayage du dispositif, ce qui est l’une des conditions préalables au déploiement de dispositifs supplémentaires. Le processus de gestion adaptative exige des promoteurs qu’ils valident les prévisions relatives aux effets de leur projet sur les poissons. Les exigences en matière de surveillance sont proportionnelles au niveau de risque et elles sont évolutives en fonction de l’expérience acquise lors de la surveillance réalisée pendant les premières étapes des déploiements.

Pour que l’approche par étapes révisée soit pleinement efficace, il est nécessaire d’améliorer les technologies de surveillance et les méthodes d’évaluation des risques. Par conséquent, le groupe de travail a créé le groupe de travail sur les risques et la surveillance afin de faire progresser les travaux dans ce domaine.

Faire progresser la surveillance

Présidé par l’Université Acadia et le FORCE, le groupe de travail sur les risques et la surveillance propose un projet pluriannuel, en collaboration avec des partenaires locaux et internationaux, visant à :

L’évaluation du risque de collision nécessitera l’essai d’instruments intégrés conçus sur mesure et une analyse rigoureuse des données, puis l’utilisation d’approches de surveillance adaptatives avec une ou plusieurs turbines opérationnelles déployées pour l’observation des interactions entre les poissons et les dispositifs. Elle impliquera une étroite collaboration entre l’industrie et le milieu universitaire, avec la participation de scientifiques et d’ingénieurs possédant l’expertise nécessaire, d’organismes de réglementation, de titulaires de droits et de pêcheurs. Le MPO sera présent au cours de la détermination du champ d’application, de la conception de l’étude et de l’exécution du projet.

L’objectif du projet est de réduire l’incertitude liée au risque de collision, d’orienter les plans de surveillance efficaces et de faciliter la délivrance de permis et la prise de décision en matière de réglementation. Reconnaissant l’importance de ce travail pour les objectifs généraux du groupe de travail, RNCan a l’intention d’investir 300 000 $ pour appuyer la phase initiale de cet effort.

Prise en considération des recherches internationales

Toutes les parties ont convenu que l’évaluation des risques devrait être basée sur les meilleures données scientifiques disponibles. Dans le cadre des discussions sur les études de cas, le MPO a expliqué l’approche qu’il utilise pour tenir compte des données scientifiques. En règle générale, l’examen initial par le MPO d’un projet proposé s’appuie sur les données scientifiques soumises par le promoteur dans le cadre du processus de demande. Le personnel du MPO valide et complète ces renseignements, le cas échéant, par une analyse documentaire, en examinant à la fois des articles primaires évalués par des pairs et d’autres sources à sa disposition, notamment des documents d’information techniques, des rapports et tout document interne susceptible d’être pertinent. Ce travail résume les meilleures données scientifiques disponibles et l’état actuel de la science. Ce résumé est complété par des discussions avec les experts scientifiques compétents du MPO et par des visites sur le terrain, le cas échéant. Selon la nature du projet, un avis scientifique peut être demandé dans le cadre du processus d’examen par les pairs du SCAS du MPO.

Il a été reconnu qu’étant donné les progrès rapides de l’énergie marémotrice à l’échelle internationale, le MPO pourrait participer davantage à des réunions internationales réunissant des scientifiques et des organismes de réglementation du monde entier qui sont spécialisés dans les énergies renouvelables. Certains membres du groupe de travail ont suggéré que des interactions plus régulières avec des organisations telles que le groupe Ocean Energy Systems de l’Agence internationale de l’énergie pourraient contribuer à renforcer la mobilisation. Son groupe chargé des effets environnementaux (OES‑Environmental) s’emploie à documenter et à améliorer l’état des connaissances sur les interactions entre les dispositifs marémoteurs et l’environnement marin.

Le rapport provisoire comporte un engagement à explorer les moyens de tirer parti du processus du SCAS pour mieux comprendre les effets des turbines sur l’environnement. Cette décision sera prise une fois que le projet du groupe de travail sur l’évaluation et la surveillance des risques aura été entièrement défini et financé, et que la définition des questions scientifiques précises susceptibles d’être traitées dans le cadre du processus du SCAS aura progressé.

Mise à jour sur la mobilisation

Dans le cadre de ses travaux, le groupe de travail a reçu les commentaires d’un certain nombre de partenaires et d’intervenants. Des membres du secteur de l’énergie marémotrice, de la communauté internationale des chercheurs, des organisations autochtones locales, des pêcheurs locaux et des groupes communautaires ont eu l’occasion de participer aux travaux du groupe de travail (pour une liste complète, consulter l’annexe 2). De plus, les parties intéressées ont été informées des délibérations du groupe de travail dans le cadre des interactions régulières du MPO et d’autres membres du groupe de travail avec les partenaires et les intervenants. Les principaux thèmes abordés à ce jour comprennent, notamment :

Autres conclusions

Au cours des délibérations du groupe de travail, d’autres questions ont été soulevées.

Évaluation environnementale stratégique de la baie de Fundy

En 2008, une évaluation environnementale stratégique (EES) a été réalisée pour la baie de Fundy. Il s’agissait d’un processus de délimitation de l’étendue de haut niveau qui a permis de conseiller le gouvernement provincial sur la question de savoir si, quand et dans quelles conditions des projets d’énergie marémotrice devraient être développés dans la baie de Fundy. Une deuxième phase de l’EES (une mise à jour) a été achevée en 2014 pour refléter l’évolution de l’industrie de l’énergie marémotrice ainsi que les changements dans les technologies, la législation, la surveillance des effets environnementaux, l’opinion publique et les effets sociaux, économiques et environnementaux potentiels.

L’EES a formulé 29 recommandations concernant les mesures d’atténuation, notamment la création de l’installation de démonstration qui est devenue le FORCE, l’intégration de l’énergie marémotrice dans le système énergétique de la Nouvelle-Écosse, la mobilisation continue auprès des intervenants et des communautés autochtones et les approches visant à assurer la coexistence des projets d’énergie marémotrice avec d’autres utilisateurs des ressources marines.

En 2009, la province de Nouvelle-Écosse a commandé une étude écologique des Mi’kmaq sur le site du FORCE (en anglais seulement), qui recommandait de rencontrer l’Assemblée des chefs Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse afin de déterminer les éventuelles mesures à prendre concernant l’utilisation de la région par les Mi’kmaq. En réponse, le personnel du FORCE a continué à tenir des séances d’information régulières avec celui du bureau de négociation Kwilmu’kw Maw-klusuaqn pour tenir l’Assemblée informée de ce qui se passe dans le secteur.

Rôle du FORCE

Lors des discussions du groupe de travail, il a été noté que, comme le secteur de l’énergie marémotrice n’est pas encore une industrie mature au Canada, les développeurs de projets bénéficieraient d’un accès à davantage de connaissances localisées et de conseils et à une plus grande capacité scientifique pour élaborer des plans de surveillance des effets environnementaux qui répondent aux exigences réglementaires et qui seraient réalisables du point de vue opérationnel dans la baie de Fundy. Compte tenu du mandat du FORCE et de son expertise dans ce domaine, certains membres ont suggéré que le FORCE pourrait jouer un rôle plus important en offrant une série de services plus robustes aux développeurs.

Le FORCE a été créé en 2009 afin de fournir une installation commune pour tester les dispositifs marémoteurs, et a la capacité d’accueillir de petits réseaux de dispositifs à chacun de ses compartiments. Ses quatre câbles électriques sous-marins peuvent chacun desservir plusieurs dispositifs marémoteurs à la fois et sa sous-station d’une capacité de 30 MW est connectée au réseau électrique.

Initialement, le FORCE avait deux objectifs :

  1. réduire les obstacles à l’innovation – si les marées doivent produire une énergie renouvelable prévisible, des technologies nouvelles et innovantes sont nécessaires;
  2. assurer une intendance crédible de sa zone de concession publique par la collecte et le partage de données environnementales avec les organismes de réglementation et le public.

Une part importante du mandat d’intendance du FORCE concerne la surveillance de l’environnement, la recherche appliquée et la mobilisation des intervenants. Au cours de ces travaux, le FORCE a acquis une expertise opérationnelle et scientifique importante avec des moyens techniques pour répondre aux exigences du site d’essai du FORCE et fournir un soutien aux développeurs de projets. Le FORCE travaille en étroite collaboration avec les universités, l’industrie, le gouvernement, les groupes autochtones et les groupes communautaires et tire parti de leurs connaissances pour mieux comprendre les effets des dispositifs marémoteurs sur l’environnement marin. D’un point de vue international, le FORCE est l’un des principaux contributeurs canadiens au OES-Environmental.

La possibilité que le FORCE puisse consolider son rôle de point central a été discutée; un lieu qui peut intégrer des considérations techniques, environnementales et réglementaires tout en encourageant l’innovation, la science appliquée pratique et le leadership à partir d’une perspective éclairée, collaborative, indépendante et fiable. Certains ont suggéré de tirer parti de l’expertise scientifique considérable du FORCE et de sa compréhension approfondie du processus réglementaire du MPO. Il a également été suggéré qu’à ce titre, le FORCE pourrait jouer un rôle de facilitateur ou d’intermédiaire entre les promoteurs et les organismes de réglementation afin d’assurer la cohérence des demandes, et devenir un centre d’excellence pour le développement, la démonstration et la commercialisation d’approches et de technologies de surveillance des sites à haut débit.

Considération du changement climatique dans la prise de décision et développement de l’économie propre

Les discussions du groupe de travail se sont poursuivies sur la prise en compte du changement climatique dans la prise de décisions réglementaires, dans le contexte de l'engagement pris par le gouvernement du Canada dans le budget 2023 de stimuler l’économie propre. Depuis la publication du rapport provisoire, le premier ministre a convoqué un groupe de travail ministériel chargé de l’efficacité réglementaire des projets de croissance propre. En plus de soutenir le groupe de travail ministériel, le MPO entreprend une analyse des cadres et pratiques réglementaires existants qui s’appliquent au secteur de l’énergie marine renouvelable, avec le soutien du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et d’autres ministères, dans le cadre de l’Examen réglementaire de l’économie bleue. Une feuille de route réglementaire sera publiée en 2024 et présentera des plans visant à faire progresser la modernisation de la réglementation afin de soutenir la croissance économique et l’innovation dans le domaine de l’énergie propre. En conséquence, les travaux stratégiques liés au changement climatique dans la prise de décisions réglementaires s’inscrivent dans un contexte en évolution.

Les décisions réglementaires du MPO concernant la conservation et la protection du poisson et de son habitat sont prises dans le cadre juridique établi par les exigences de la Loi sur les pêches et de la Loi sur les espèces en péril et constituent la base du mandat du MPO, qui consiste à protéger et à conserver les écosystèmes aquatiques du Canada pour les générations futures. Ce cadre est un moyen pour le ministère des Pêches et des Océans d’appuyer l’engagement du gouvernement du Canada à atteindre les objectifs de biodiversité du Cadre mondial de la biodiversité, qui demande aux gouvernements d’arrêter et d’inverser la perte de biodiversité.

L’examen de ces questions stratégiques relève de processus extérieurs au groupe de travail. La croissance de l’économie propre et le respect des engagements en matière de carboneutralité nécessiteront le développement rapide de projets de croissance propre, y compris de projets d’énergie marémotrice, d’une manière qui respecte les normes rigoureuses en matière de protection de l’environnement qui sont en vigueur au Canada.

Prochaines étapes

Le groupe de travail a réalisé ou entrepris des progrès dans la réalisation de ses principaux résultats visés, à savoir :

L’autorisation conditionnelle de 15 ans de la Loi sur les pêches prévue par « l’approche par étapes révisée » offre une précision plus importante aux promoteurs de projets marémoteurs. Elle permet de réaliser des économies sur le plan réglementaire et administratif en élargissant le champ d’application d’une autorisation pour y inclure le cycle de vie du projet, tout en conservant la souplesse dont les organismes de réglementation ont besoin pour assurer des protections environnementales solides. Cette approche élimine les processus d’autorisation successifs que les promoteurs doivent suivre dans le cadre de l’approche par étapes existante. Bien qu’elle ait été conçue en tenant compte des conditions du Minas Passage, l’approche par étapes révisée pourrait être adaptée à des projets d’énergie marémotrice dans d’autres parties de la baie de Fundy.

L’approche par étapes révisée et les projets du groupe de travail sur les risques et la surveillance amélioreront la transparence et la méthodologie de l’évaluation des risques et de la prise de décision dans le cadre du déploiement des dispositifs marémoteurs.

Afin d’améliorer la compréhension de l’évaluation et de la surveillance des risques, le MPO va :

Un certain nombre de conditions nécessaires pour le développement d’un secteur de l’énergie marémotrice durable dans la baie de Fundy ont également été soulevées lors des discussions du groupe de travail :

Le groupe de travail a tracé une voie à suivre pour l’énergie marémotrice qui s’aligne sur les conditions d’autorisation actuelles de la Nouvelle-Écosse pour les projets d’énergie marémotrice. Le groupe de travail reconnaît qu’en tant que secteur d’énergie renouvelable relativement nouveau, il existe une tension dynamique entre le besoin de précision des développeurs quant aux exigences réglementaires du MPO et le besoin de flexibilité du MPO pour répondre aux leçons tirées de l’expérience.

Le groupe de travail se réunira à nouveau en tant que comité de surveillance afin de suivre et de surveiller les progrès accomplis dans la réalisation des livrables, et d’assurer la surveillance et la responsabilité du groupe de travail sur les risques et la surveillance. Il se réunira d’ici la fin du mois de juin 2024 et à nouveau à l’automne 2024 pour déterminer la nature et la fréquence des futures réunions. À ce titre, il continuera à collaborer avec les partenaires et les intervenants concernés.

Compte tenu de l’importance du déploiement des dispositifs marémoteurs pour faire progresser les livrables du groupe de travail sur l’évaluation et la surveillance des risques, les membres du groupe de travail continueront à faire participer les groupes autochtones intéressés par l’intermédiaire des tables existantes afin de soutenir les partenariats sur le développement de l’énergie marémotrice dans la baie de Fundy. Ces activités ne remplaceront pas l’obligation du gouvernement du Canada de consulter les peuples autochtones sur les activités pouvant avoir des effets préjudiciables sur leurs droits et de prendre des mesures d’accommodement au besoin.

Annexe 1 – Membres du groupe de travail

Annexe 2 – Mobilisation des partenaires et des intervenants

Date de modification :