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Zone de protection marine (ZPM) de Sarvarjuaq

Remarque :

Les cartes, diagrammes et coordonnées sur ce site Web sont fournis à titre indicatif seulement et ne doivent pas être utilisés pour la pêche, la navigation ou autres. Veuillez consulter le Règlement sur la zone de protection marine ou communiquer avec votre bureau régional de Pêches et Océans Canada pour obtenir les coordonnées officielles.

Signification du nom de la ZPM

Sarvarjuaq est le nom inuktitut que les Inuits Qikiqtani donnent au côté canadien de la polynie des eaux du Nord. Sarvarjuaq signifie « lieu qui ne gèle jamais », en référence à la polynie, une zone d’eau entourée de glace ouverte toute l’année.

Sur cette page

En bref

Carte de la ZPM de Sarvarjuaq

Carte de la ZPM de Sarvarjuaq

Emplacement

Sarvarjuaq se trouve du côté canadien de la polynie des eaux du Nord, située dans le nord de la baie de Baffin, entre l’archipel arctique canadien et le Groenland. La polynie est aussi appelée Pikialasorsuaq en Kalaallisut (dialecte de l’Ouest du Groenland) et est l’une des plus grandes polynies récurrentes de l’Arctique.

Superficie (km2) qui contribue aux objectifs de conservation marine

Environ 73 700 km2

Pourcentage de couverture qui contribue aux objectifs de conservation marine

Environ 1,28 %

Date de désignation

Mars 2026

Objectifs

Interdictions

L’arrêté ministériel établissant la ZPM de Sarvarjuaq interdit toute activité humaine susceptible de perturber, d’endommager, de détruire ou de retirer, à l’intérieur des limites désignées de la ZPM, les éléments suivants :

Ces restrictions ne s’appliquent pas à certaines activités, notamment :

Les catégories d’activités suivantes sont également autorisées dans la ZPM de Sarvarjuaq :

Contexte environnemental

La polynie des eaux du Nord est une zone de glace mince et d’eau libre entourée d’une banquise plus épaisse, qui revient périodiquement. La glace de mer provenant du nord, dans la mer de Lincoln, est poussée vers le sud dans les étroits chenaux montagneux du détroit de Nares par des vents et des courants forts. Cette glace de mer est poussée vers les goulots d’étranglement les plus étroits du détroit, le plus souvent juste au sud du bassin Kane dans le détroit de Smith, créant ainsi un pont de glace. Le passage de la glace de mer est alors bloqué et crée une zone d’eau libre (ou de glace très mince) dans le nord de la baie de Baffin.

La région de Sarvarjuaq et ses environs présentent des caractéristiques physiques uniques dans la région et est un haut lieu de la biodiversité marine. Les eaux libres de la polynie constituent un habitat essentiel pour toute une diversité d’animaux marins. La disponibilité de zones libres de glace dans un autrement environnement glacé permet d’augmenter la productivité primaire. La lumière du soleil peut pénétrer dans l’eau plus profondément qu’à travers la glace de mer épaisse et favoriser la croissance du phytoplancton qui est la base du réseau trophique marin. La polynie sert de zone d’alimentation et de reproduction essentielle pour de nombreuses espèces marines de l’Arctique, notamment les :

Écosystème

Les mammifères marins (baleines, phoques et morses) utilisent cette région de manière saisonnière et certaines espèces restent dans les eaux libres de glace pendant les mois d’hiver. Des millions d’oiseaux marins arrivent dans les polynies des eaux du Nord au printemps et utilisent les régions côtières et les fjords entourant la polynie pour se reproduire, s’alimenter et nicher. Ces espèces animales migrent souvent sur de longues distances pour atteindre la polynie, ce qui souligne son importance dans leur cycle de vie.

La polynie des eaux du Nord présente des caractéristiques océanographiques changeantes, notamment la glace de mer et les icebergs provenant des glaciers de la région. L’eau douce est abondante dans la région en raison de la fonte des calottes glaciaires du Canada et du Groenland.

Les effets du changement climatique et de l’augmentation des eaux de fonte sur les polynies des eaux du Nord sont incertains. Récemment, les ponts de glace qui permettent la formation de la polynie sont devenus moins stables et se forment de manière moins prévisible. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre ces changements. Comme beaucoup d’autres régions arctiques, la polynie est vulnérable aux effets du changement climatique, qui entraînent notamment les événements suivants :

Les régions de Sarvarjuaq et Pikialasorsuaq ont toutes deux une importance sociale et culturelle. Depuis des millénaires, ces régions abritent certains des établissements humains les plus nordiques. La polynie a relié des collectivités au Canada et au Groenland et a soutenu bon nombre de ces établissements grâce aux éléments suivants des :

Il est important de comprendre et de préserver cet écosystème unique pour ceux qui dépendent de la région, ainsi que pour la recherche sur le changement climatique et les efforts de conservation à l’échelle mondiale.

Gestion et conservation

Une ZPM établie par arrêté ministériel en vertu de la Loi sur les océans vise à protéger des zones à court terme (jusqu’à cinq ans) en gelant l’empreinte des activités qui ont eu lieu au cours des 12 mois précédant l’établissement ou qui ont autrement été autorisées en vertu des lois fédérales applicables ou des lois d’une province ou d’un territoire. Cela signifie que les activités déjà en cours (ou qui avaient été autorisées) au cours de cette période de 12 mois peuvent se poursuivre dans la ZPM, mais aucune nouvelle activité n’est permise. Nous avons ainsi plus de temps pour bien comprendre l’écosystème et les priorités des collectivités de la région et aucun nouvel impact causé par les activités humaines ne peut être introduit dans la zone. Plus important encore, une ZPM établie par arrêté ministériel nous donne plus de temps pour apprendre comment les Inuits souhaitent conserver, protéger et gérer la zone à long terme.

La zone de Sarvarjuaq est située en partie au Nunavut. Comme l’exige l’Accord du Nunavut, le gouvernement du Canada et la Qikiqtani Inuit Association ont négocié une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits, pour l’établissement des ZPM de Qikiqtait et de Sarvarjuaq. À titre d’autorité fédérale responsable de la ZPM de Sarvarjuaq, le Pêches et Océans Canada (MPO) assume la responsabilité générale d’assurer le respect et l’application de l’arrêté ministériel. Les activités d’application de la loi découlent du mandat officiel du Ministère et des responsabilités qui lui incombent en vertu de la Loi sur les océans, de la Loi sur les pêches et d’autres lois concernant :

Des agents d’application de la loi nommés par le ministère aux termes de l’article 39 de la Loi sur les océans appliqueront l’arrêté ministériel dans cette zone. Quiconque enfreint l’arrêté commet une infraction et peut être passible des peines prévues à l’article 37 de la Loi sur les océans.

Jalons de conservation

En 2013, le Conseil circumpolaire inuit et Océans Nord organisent un atelier intitulé Pikialasorsuaq : Bridging the Bay. Des Inuits issus des collectivités canadiennes et groenlandaises, ainsi que des chercheurs des deux pays, se réunissent pour discuter de conservation. À la suite de cet atelier, la Commission Pikialasorsuaq est créée pour fournir une vision inuite éclairée de l’avenir de cette région. Au cours de 2016, la Commission Pikialasorsuaq mène une tournée de consultation dans 11 collectivités au Canada et au Groenland. Cette tournée a donné lieu à un rapport intitulé People of the Ice Bridge : The Future of the Pikialasorsuaq (PDF, 4,3 Mo, en anglais seulement), qui recommande la conservation et la gestion menées par les Inuits afin d’assurer la santé à long terme de cet écosystème important.

En septembre 2021, des représentants de la Qikiqtani Inuit Association, du gouvernement du Nunavut et du gouvernement du Canada (représenté par MPO, Environnement et Changement climatique Canada et Transports Canada) créent un groupe de travail afin de discuter des approches possibles visant la conservation marine dans les ZPM de Qikiqtait et de Sarvarjuaq. Ce groupe de travail a fait progresser les processus nécessaires à l’établissement d’une protection à court terme de Qikiqtait et Sarvarjuaq.

En 2022, la Qikiqtani Inuit Association publie un document intitulé Regional Conservation Approach (PDF, 10,3 Mo) (en anglais seulement), qui désigne la région de Qikiqtait comme zone marine de conservation.

En décembre 2022, le gouvernement du Canada annonce un montant maximal de 800 millions de dollars pour soutenir jusqu’à quatre initiatives de conservation dirigées par les Autochtones dans le cadre du modèle de financement de la conservation au moyen de la modèle de financement de la conservation de l’initiative de financement de projets pour la permanence (FPP). La région de Qikiqtani au Nunavut est sélectionnée comme l’une des quatre initiatives faisant progresser une FPP en raison de ses importantes caractéristiques écologiques et culturelles. L’accord de SINAA, signé en 2025 par le gouvernement du Canada, la Qikiqtani Inuit Association, le Pew Charitable Trusts et l’Aajuraq Conservation Fund Society, fait progresser la conservation et l’autodétermination menées par les Inuits en soutenant l’intendance et la gouvernance inuites. La ZPM de Sarvarjuaq est partie intégrante de l’accord de SINAA.

Des membres du groupe de travail Qikiqtait et Sarvarjuaq se rendent dans six collectivités pour mener des consultations et recueillir des commentaires sur la ZPM de Sarvarjuaq. À la suite de ces consultations, les associations de chasseurs et trappeurs ainsi que les conseils de hameau des six collectivités ont manifesté leur soutien à l’établissement de la ZPM.

Recherche

En collaboration avec des experts internationaux, le milieu universitaire et d’autres ministères, le MPO continue de mener des recherches multidisciplinaires dans la région de Sarvarjuaq. Les programmes de recherche collaborative recueillent des données physiques, chimiques et biologiques de la colonne d’eau afin d’étudier l’écosystème marin et de mieux comprendre les répercussions des changements climatiques sur les espèces, les habitats et la disponibilité des ressources marines pour les collectivités de l’Arctique. Ces programmes de recherche comprennent des études à bord des navires, comme :

Contactez-nous

DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca

Publications

Liens connexes

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