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Rapport « Ce que nous avons entendu » : Sommet sur l’innovation des engins de pêche

Les 25 et 26 février 2025

Introduction

Après le succès de la première édition, tenue en février 2020 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le deuxième Sommet international sur l’innovation des engins de pêche (le Sommet) a eu lieu à Moncton, au Nouveau-Brunswick, les 25 et 26 février 2025. Cet événement de deux jours a rassemblé des experts mondiaux qui ont discuté d’outils et de pratiques innovants pour lutter contre les engins de pêche perdus et réduire les empêtrements de baleines. Le Sommet a été organisé et accueilli par la Direction de la gestion des ressources halieutiques (Fonds d’adoption des équipements pour la protection des baleines et Programme pour les engins fantômes) de Pêches et Océans Canada (MPO).

Plus de 220 personnes représentant neuf pays ont assisté en personne au Sommet pour participer à des présentations, des discussions de groupe, une salle d’affichage, des activités de réseautage et des stands d’exposition. Parmi les participants figuraient des représentants de l'industrie canadienne de la pêche, des fabricants d’engins de pêche canadiens, des organismes de réglementation du gouvernement fédéral américain et des États, des pêcheurs, experts et fabricants d’engins de pêche américains, des experts de la Norvège, de l’Islande, du Chili, du Mexique, de l’Écosse et de l’Angleterre, des représentants du Marine Stewardship Council, de l’Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, de l’Initiative mondiale de lutte contre les engins de pêche fantômes, d’ONG canadiennes, américaines et internationales, ainsi que de groupes autochtones.

Grâce aux contributions d’un large éventail d’experts, notamment des pêcheurs, des fabricants d’engins de pêche, des innovateurs, des entreprises d’élimination et de recyclage, des entreprises de récupération d’engins et des chercheurs universitaires, l’événement a suscité des discussions de groupe stimulantes et à un dialogue réfléchi, encourageant la participation active des participants. De plus, le Sommet a abrité un salon professionnel dynamique sur les technologies innovantes en matière d’engins de pêche, le Programme pour les engins fantômes et le Programme d’intervention auprès des mammifères marins. Ce fut l’occasion pour les participants d’assister à des démonstrations de produits ou de programmes, d’interagir avec les développeurs, les fabricants et les spécialistes de programmes, et d’élargir leurs réseaux professionnels.

À propos du présent rapport

Ce rapport « Ce que nous avons entendu » donne un aperçu des points saillants du Sommet, tant pour les participants en personne que pour les participants virtuels. Le MPO utilisera ce rapport, ainsi que les informations communiquées lors des présentations, des panels et des discussions de réseautage du Sommet, pour informer et façonner les futures stratégies et pratiques de gestion des pêches.

Les organisateurs du Sommet remercient tous ceux qui ont assisté et participé activement à l’événement. Nous souhaitons exprimer notre reconnaissance à ceux qui ont consacré leur temps et leur expertise à la présentation de leur travail dans le cadre de panels et du salon professionnel. Le succès de l’événement est dû à votre intérêt, à votre mobilisation et à votre participation active.

Ce que nous avons entendu à propos des équipements pour la protection des baleines

Des conférenciers du Department of Marine Resources de l’État du Maine, du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, de la Fundy North Fishermen’s Association et de l’Université Memorial de Terre-Neuve ont ouvert le Sommet en présentant leur expérience pratiques de l’utilisation d’engins à faible résistance à la rupture dans les pêches du homard et du crabe des neiges. Leurs résultats, et la discussion qui a suivi, ont souligné l’importance d’une approche par pêche pour la mise en œuvre d’engins à faible résistance à la rupture. Certaines pêches sont prêtes à adopter une grande variété d’engins à faible résistance à la rupture, tandis que dans d’autres pêches, d’autres essais sont nécessaires pour comprendre les dispositifs et les configurations d’engins appropriés aux conditions de la pêche.

Lors de la première des trois séances consacrées aux défis et aux besoins liés à l’utilisation d’engins de pêche sans cordage ou à la demande, des intervenants de l’Association des crabiers acadiens, du programme de prêt d’engins CanFISH, du centre américain Northeast Fisheries Science Centre et de la  Fondation nationale des sanctuaires marinse ont présenté leurs travaux sur les réalités opérationnelles des technologies d’engins de pêche à la demande dans les pêches du homard et du crabe des neiges. Les participants au Sommet ont également pris connaissance des recherches menées dans une pêche au homard en Écosse visant à réduire le risque d’empêtrement des baleines dans les lignes de fond entre les casiers. Ces travaux, présentés par un représentant de la de la Whale and Dolphin Conservation Society, ont mis en évidence l’importance de faire participer les chasseurs à ce type de recherche. Comme certaines pêches au Canada et ailleurs « remontent » leurs engins pour réduire la quantité de lignes verticales dans l’eau, elles utilisent davantage de lignes de fond entre les casiers, d’où l’importance de comprendre comment minimiser le risque d’empêtrement dans les lignes de fond.

Présentant une vue d’ensemble des engins de pêche à la demande dans les pêches commerciales, la séance sur l’interopérabilité a permis d’examiner la difficulté à fournir à tous les utilisateurs des océans concernés l’emplacement des engins de pêche à la demande immergés, afin de prévenir les conflits liés aux engins. Dans les pêches à forte densité d’engins et dans les zones à multiples utilisateurs de l’océan (flottes de pêche munis d'engins mobiles, ferries, etc.), l’interopérabilité est essentielle. Des présentateurs de la Woods Hole Oceanographic Institute, de CORBO Engineering Inc., de MITRE Corporation et de Sustainable Seas Inc. ont ouvert la discussion sur les modèles proposés pour la transmission, le stockage et la répartition des données relatives à la localisation des engins de pêche. Au minimum, les utilisateurs des océans doivent avoir accès à des données qui reproduisent les informations fournies par les bouées de surface traditionnelles : cet engin se trouve à un endroit précis. Les systèmes d’engins à la demande peuvent également aller au-delà de ces informations traditionnelles, par exemple en fournissant des données de localisation pour les engins qui ont été déplacés. Les approches possibles vont de la transmission localisée directement aux navires proches, à des options infonuagiques plus complexes avec des normes acoustiques ouvertes, qui permettent à différents fabricants de développer des systèmes compatibles. 

Passant du nuage aux points de données, la dernière séance de la première journée a porté sur les données qui doivent être mises à la disposition des pêcheurs, des organismes d’application de la loi et des autres utilisateurs des océans, afin de soutenir l’interopérabilité des engins de pêche à la demande. Des intervenants de l’Équipe de recherche sur les engins de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), du Department of Marine Resources de l’État du Maine, de la Fédération canadienne de la faune et de l'organisme sans but lucratif EarthRanger ont discuté des besoins en matière de sécurité des données, de la protection de la vie privée et de gouvernance afin de favoriser une adoption plus large des engins à la demande. La discussion a porté sur des défis juridiques et logistiques liées à la gestion des données et aux systèmes de gouvernance. L’identification de normes de données techniques sera essentielle pour garantir la sécurité et la confidentialité des données, tout en favorisant le partage des données avec les différents utilisateurs de l’océan, le cas échéant. Les pêcheurs devraient pouvoir refuser de fournir des données autres que des données fonctionnelles essentielles. Les panélistes ont participé à des groupes de travail transfrontaliers (Canada-États-Unis) mis en place pour traiter les questions relatives aux engins de pêche à la demande, y compris la gouvernance des données.

Les discussions qui ont suivi chaque panel le premier jour ont mis en évidence des questions importantes, dont certaines nécessiteront des travaux futurs et l’attention du MPO.

Ce que nous avons entendu sur les engins fantômes

Le Sommet a été l’occasion de s’informer sur les efforts déployés pour lutter contre les engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés (également appelés engins fantômes).

Des collègues étrangers spécialistes des engins fantômes ont fait une présentation sur l’importance de traiter les engins fantômes comme un problème mondial et sur la façon dont l’impact et les méthodes pour y remédier varient. Le Canada a été présenté comme chef de file mondial dans la prise de mesures proactives dans le cadre d’initiatives telles que la déclaration obligatoire des engins perdus pour les pêcheurs commerciaux et le Fonds pour les engins fantômes du ministère des Pêches et des Océans (MPO). Des initiatives visant à traiter les engins de pêche comme des déchets plastiques sont déjà en cours sur la scène internationale dans les forums des Nations unies, notamment l’Organisation maritime internationale (OMI) et le Comité intergouvernemental de négociation (CIN) sur la pollution par les plastiques, ainsi qu’au sein des organisations régionales de gestion des pêches (ORGP). La poursuite de la collaboration entre les nations et le soutien de ces initiatives sont essentiels pour faire progresser les mesures visant à empêcher les engins de pêche de devenir des engins fantômes et pour soutenir la récolte durable des poissons et fruits de mer.

Outre le travail accompli par le Canada et d’autres participants aux forums internationaux, des pays et des régions nous ont également fait part de leurs programmes de lutte contre les engins fantômes. Au Nigeria, l’initiative « Stand Out For Environmental Restoration » s’efforce d’améliorer les moyens de subsistance et de créer des débouchés économiques pour les communautés de pêcheurs en organisant des ateliers d’artisanat à partir d’engins de pêche en fin de vie. En Californie, l’initiative Programme pour les engins de pêche fantômes (Lost Fishing Gear Recovery Program) travaille en étroite collaboration avec les pêcheurs professionnels pour retirer les engins fantômes de la côte californienne. L’Initiative mondiale de lutte contre les engins de pêche fantômes (Global Ghost Gear Initiative) travaille au Mexique pour réduire la menace d’empêtrement que les engins fantômes font peser sur le vaquita, espèce menacée d’extinction. Les programmes de recyclage Bureo et NetPlus transforment les filets de pêche recyclés en matériaux recyclés traçables.

Lors du premier Sommet en 2020, on a présenté de nombreuses nouvelles innovations et technologies destinées à surveiller les engins de pêche, et à détecter et récupérer les engins fantômes. En 2025, nous avons revisité les solutions innovantes pour prévenir, détecter et récupérer les engins fantômes. Blue Ocean Gear et My Gear Tag ont présenté leurs technologies de bouées et d’étiquettes satellites. La Emerald Sea Protection Society et CSR GeoSurveys ont partagé leurs expériences en matière d’utilisation de sonars latéraux et de véhicules sous-marins téléguidés (VTG) pour la détection des engins fantômes en vue de leur récupération, et le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM) a montré comment il utilisait un VTG pour récupérer les engins fantômes.

L’économie circulaire est un modèle économique conçu pour minimiser les déchets et tirer le meilleur parti des ressources disponibles tout en tenant compte du cycle de vie complet d’un produit tel qu’un engin de pêche. L’organisation canadienne, Ocean Legacy Foundation, nous a fait part de ses efforts de recyclage, notamment le traitement des plastiques dans les océans. L’Union européenne a établi une nouvelle norme européenne EN17988 sur la conception circulaire des engins de pêche et des équipements d’aquaculture, qui a été présentée lors d’une intervention sur les programmes de responsabilité élargie des producteurs étudiés et mis en œuvre dans certaines parties de l’Europe. L’Islande a partagé son expérience du leadership dans la lutte contre les engins fantômes avec la mise en œuvre d’un programme d’incitation au retour des engins.

Le déclaration des engins de pêche perdus est reconnu comme un élément important de la gestion des engins fantômes. Les informations collectées à partir des rapports sur les engins perdus peuvent servir de base aux activités de récupération et à l’élaboration de meilleures pratiques de gestion. Le Canada a présenté son Système de déclaration des engins de pêche qui a été élaboré en 2020 pour soutenir la collecte des déclarations obligatoires des engins perdus auprès des pêcheurs commerciaux. L’Initiative mondiale de lutte contre les engins de pêche fantômes (Global Ghost Gear Initiative) a présenté son portail de données, tandis que le Costa Rica et la Norvège ont parlé de leurs exigences nationales en matière de production de rapports. Le Canada maintient sa propre base de données et fournit des données anonymes et regroupées au portail de Global Ghost Gear Initiative une fois par an, conformément aux lois canadiennes sur la protection de la vie privée. Les trois pays ont des apporches différentes quand à la déclaration et la gestion des engins perdus, mais partagent la même finalité, à savoir résoudre le problème par la surveillance des engins de pêche perdus.

Des pêcheurs de la Petty Harbour Fisherman’s Co-operative Society, de la Fundy North Fisherman’s Association, de la Coldwater Lobster Association et de l’Association des Crabiers Acadiens nous ont expliqué en quoi la lutte contre les engins fantômes est importante pour eux et pour leurs pêches. Ils ont parlé de l’application et de l’utilisation concrètes d’outils innovants et de leur impact sur l’eau.

Certaines questions et discussions ont été soulevées, qui  nécessiteront d’autres travaux et l’examen du MPO :

Ce que nous avons entendu à propos du Sommet

Nombreux sont ceux qui, de l’industrie aux partenaires internationaux, ont tenu à souligner le succès de la réunion, réitérant que la mobilisation directe des pêcheurs et des experts sur les solutions est essentielle, non seulement pour la protection de l’environnement marin et des espèces, mais aussi pour maintenir l’accès durable au marché des produits de la mer et le succès de ces derniers.

Les possibilités de mise en réseau offertes par le Sommet ont donné lieu à des discussions sur les questions de marché, notamment sur la manière de se préparer à des questions telles que les droits de douane, et sur les alternatives de marché, en notant que la question de la baleine noire est au cœur des préoccupations des pêches du homard et du crabe.

Dans l’ensemble, 96 % des participants au Sommet qui ont répondu au relevé post-Sommet se sont déclarés satisfaits ou très satisfaits du Sommet et 94 % sont susceptibles de participer aux prochains Sommets sur l’innovation en matière de technologies de l’information. Les participants ont été satisfaits du lieu, mais ont fait remarquer que Moncton était difficile d’accès et ont recommandé que les futures conférences se tiennent dans une ville plus grande pour les personnes se trouvant au Canada et à l’étranger. Pour les participants canadiens, le fait que la réunion se soit tenue sur la côte est du Canada a également permis une plus grande participation et une meilleure représentation de la côte est, étant donné que le temps et le coût du voyage depuis la côte ouest du Canada étaient élevés.

Les présentateurs, le calendrier, les services d’interprétation et les possibilités de mise en réseau ont fait l’objet de commentaires extrêmement positifs. Les améliorations suggérées comprenaient des demandes pour plus de temps pour les questions et les discussions, en particulier sur les engins fantômes. En outre, les participants espéraient un élargissement des sujets (pour inclure des discussions sur les débris marins, les navires abandonnés et les engins anciens) et une plus grande représentation et participation d’autres secteurs, tels que les groupes autochtones, l’aquaculture, la pêche récréactive et la côte ouest du Canada. 

Nous apprécions la rétroaction, car environ 22 % des participants ont répondu au sondage.

Animation graphique

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Camille Perron-Cormier, une illustratrice basée à Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui a participé au Sommet et a produit des représentations graphiques de l’événement en anglais et en français.

La fresque colorée dessinée au marqueur comprend une illustration d'une baleine franche de l'Atlantique Nord et de son baleineau, du texte sur des rubans, des bulles de messages avec des slogans en anglais et en français, parmi d'autres gribouillis et notes.
Figure 1 : Illustration du résumé du premier jour
Description longue :

Sommet international sur l’innovation des Engins de Pêche
25-02-2025 – Jour 1



Utilisation – Programmes financement, Effets agrandissant

Ça se fait


Interopérabilité


Données – Nos rôles 

National Oceanic and Atmospheric Administration

Maine Department of Marine Resources

Canadian Wildlife Federation

EarthRanger


Les phrases et mots écrits sur des rubans :

La fresque colorée dessinée au marqueur comprend une illustration de pêcheurs tirant leur filet dans leur bateau, du texte sur des rubans et des bulles de message avec des slogans en anglais et en français, parmi d'autres gribouillis.
Figure 2 : Illustration du résumé du deuxième jour
Description longue :

Sommet international sur l’innovation des Engins de Pêche
26-02-2025 – Jour 2


Scène Internationale

Pas une solution pour tous


Programmes


Data


Prévention, Récupération

Bon équipement en vaut la peine.

Perspective des Pêcheurs

Défis de la circulation, technologie, communication, habitudes changent, veut pas le perdre

Économie Circulaire

Engins fantôme, aider recycleurs

Les phrases et mots écrits sur des rubans :

Date de modification :