Réponse des Sciences 2018/032

Agrégats d’éponges siliceuses dans la baie Howe : sites, statut du récif et évaluation de l’importance écologique

Contexte

La protection des communautés benthiques et des caractéristiques s’inscrit dans le mandat de Pêches et Océans Canada (MPO) à l’échelle nationale en vertu de la Loi sur les océans, de la Loi sur les pêches,et d’accords internationaux ratifiés. Pour atteindre les objectifs de conservation, d’autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ) vont être mises en œuvre, comme les fermetures de pêches pour protéger les concentrations d’éponges et de coraux vulnérables.

Les récifs d’éponges siliceuses sont des habitats uniques que l’on trouve le long de la côte du Pacifique du Canada et des États-Unis. Leur valeur est historique, écologique et économique. Ils servent de lien entre les milieux benthiques et pélagiques en jouant un rôle important dans la filtration et le traitement du carbone et de l’azote, et en agissant comme des puits de silice (Chu et al. 2011, Tréguer et De La Rocha 2013, Kahn et al. 2015). Ils forment également un habitat pour les différentes communautés d’invertébrés et de poissons, y compris ceux qui présentent une importance économique (Cook et al. 2008, Chu et Leys 2010, Dunham et al. 2015, 2018).

Au cours des 15 dernières années, neuf complexes de récifs d’éponges siliceuses ont été découverts dans le détroit de Georgie et dans la baie Howe par télédétection (Conway et al. 2004, 2005 et 2007), puis vérifiés au sol par le Secteur des sciences du MPO à l’aide de méthode de relevé visuel normalisées en 2012-2013. En 2014, le MPO exige que les pêcheurs qui utilisent des engins qui entrent en contact avec le fond évitent volontairement ces zones pendant la tenue – par le Ministère – de consultations sur des mesures de protection officielles. Après avoir examiné les commentaires importants découlant du processus de consultation avec les Premières Nations, les pêcheurs commerciaux et récréatifs et les organisations de conservation, des fermetures officielles de la pêche de fond ont été établies, à compter du 12 juin 2015. Depuis le 1er avril 2016, ces fermetures s’appliquent également aux pêches des Premières Nations à des fins alimentaires, sociales et rituelles. En 2017, le Secteur des sciences du MPO a fourni des méthodes d’évaluation quantitative examinées par les pairs et approuvées, des moyens et des conseils de surveillance pour ces complexes de récifs (MPO 2017, Dunham et al. 2018).

Récemment, 13 autres zones que l’on pensait être des récifs d’éponges siliceuses ont été découvertes par la Marine Life Sanctuaries Society (MLSS) et des plongeurs volontaires dans la baie Howe, à l’aide de caméras lestées et de relevés par plongée (Clayton et Dennison 2017). En 2016, la MLSS a communiqué ses constatations au Secteur des sciences du MPO et à la Gestion des pêches (Glen Dennison Triumf, Vancouver, Colombie-Britannique, communication personnelle, McAuley 2017), et un projet de collaboration entre la MLSS, le Secteur des sciences du MPO et Ressources naturelles Canada (RNCan) a été mis en place pour cartographier et caractériser ces zones d’éponges siliceuses.

En septembre 2017, la Gestion des pêches du MPO a remis une lettre aux parties intéressées imposant l’évitement volontaire de la pêche dans les 13 zones que l’on pense être des récifs d’éponges (avis de pêche du MPO FN1150, annexe 1) et a demandé à la Direction des sciences du MPO de fournir des conseils sur les caractéristiques et l’importance biologique des récifs d’éponge indiquées dans l’avis. Cet avis sera utilisé au cours de réunions de consultation des parties intéressées prévues pour 2018.

L’avis fourni dans cette réponse des Sciences se sert de méthodes examinées et acceptées par les pairs pour évaluer le statut actuel des récifs d’éponges, tel qu’il a été décrit précédemment (MPO 2017, Dunham et al. 2018).

Les objectifs précis de la présente réponse des Sciences sont les suivants :

  1. Cartographier l’étendue géologique des récifs connus dans la baie Howe à l’aide des données bathymétriques multifaisceaux et de rétrodiffusion disponibles.
  2. Cartographier et définir l’étendue écologique moderne (couverture d’éponges siliceuses hermatypiques) en utilisant les données des relevés visuels disponibles.
  3. Caractériser la mégafaune associée.
  4. Déterminer la fonction écologique des récifs d’éponges siliceuses en utilisant les meilleures connaissances disponibles sur les récifs de la baie Howe et ailleurs le long de la côte de la Colombie-Britannique.
  5. Donner un avis sur les avantages potentiels d’une protection.

L’avis résultant de ce processus de réponse des Sciences du SCCS sera utilisé pour éclairer les décisions de gestion concernant la gestion adaptative et la surveillance future des récifs d’éponges dans la baie Howe, ainsi que pour répondre aux demandes des intervenants souhaitant obtenir des renseignements scientifiques. Il devrait aider la Gestion des pêches du MPO à mettre en œuvre des fermetures des pêches dans un but de conservation et dans le cadre de la progression des AMCEZ, ainsi que pour appuyer l’engagement concernant les objectifs de conservation marine du Canada à protéger 10 % de la côte du Canada d’ici 2020.

La présente réponse des Sciences découle du processus de réponse des Sciences du 2017 décembre sur la Découverte de nouveaux complexes d’éponges silicieuses dans la baie Howe : emplacements, état et évaluation de l’importance écologique.

Avis d’accessibilité :

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