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Document de recherche 2004/008

Périodes d'absence et de reprise de la fraie du hareng du Pacifique

Par Ware, D.M., Tovey, C.

Résumé

Ce document est le quatrième d'une série de documents qui présentent des données montrant que, par sa répartition spatiale et ses interactions, le hareng de la Colombie-Britannique (C.-B.) forme une métapopulation. Ce document vise à analyser une série chronologique pour y déceler les périodes sans reproduction et les périodes de reprise de celle-ci dans les zones de fraie. Dans certaines collectivités de la C.-B., on croit que chaque baie où le hareng fraie contient un stock génétiquement distinct. Si un de ces «stocks» ne revient pas frayer, cela signifierait probablement qu'une composante unique de la diversité génétique est perdue. Le concept de métapopulation offre une explication écologique du fait que de petits groupes de géniteurs peuvent disparaître pour un certain temps en raison de leur dispersion ou d'autres causes naturelles et que l'habitat inoccupé sera recolonisé lorsque les conditions redeviendront favorables. Nous avons analysé la série chronologique de données sur la fraie (de 1943 à 2002) dans 76 secteurs de fraie du hareng en C.-B. Nous avons relevé 82 périodes sans fraie et trouvé qu'il y a eu au moins une de ces périodes dans 55 % des secteurs depuis 60 ans. Les périodes de disparition et de reprise de la fraie étaient plus fréquents dans les petits secteurs que dans ceux contenant davantage d'habitat de fraie. En moyenne, les secteurs inoccupés sont recolonisés au bout de 11 ans par des géniteurs égarés provenant d'autres secteurs. Certains secteurs ont été recolonisés en moins de cinq ans, tandis qu'un secteur ne l'a pas été depuis 35 ans. Seulement 53 % des tentatives de recolonisation ont été réussies. Le niveau d'égarement élevé entre des secteurs avoisinants explique pourquoi les groupes de géniteurs sont si dynamiques d'une année à l'autre (à l'échelle des secteurs) et présentent une très faible cohérence. Dix-huit secteurs connaissent actuellement une période sans fraie : ils contiennent moins d'habitat de fraie et présentent une probabilité plus forte de périodes sans fraie que les secteurs occupés. Dans le sud de la C.-B., le rapport entre les taux de disparition et de reprise de la fraie a changé vers la fin du dernier régime climatique « frais ». Durant la première moitié du régime « chaud » qui a suivi, le taux de disparition était beaucoup plus élevé que le taux de recolonisation, et le nombre de secteurs occupés par des géniteurs a donc baissé. Dans les secteurs nordiques, les taux de disparition et de recolonisation tendent à être plus équilibrés. Toutefois, depuis 60 ans, lorsque les taux de disparition (et de recolonisation) sont plus élevés dans le sud, ils ont tendance à l'être aussi dans le nord. Trente-quatre des 76 secteurs étudiés n'ont connu aucune période sans fraie; ces secteurs importants contiennent environ 85 % de l'ensemble de l'habitat de fraie du hareng en
C.-B. et devraient donc être protégés contre l'aménagement du littoral, la pollution et d'autres facteurs de dégradation de l'habitat. La perte de ces habitats nuirait presque sûrement à la dynamique et à résilience de la métapopulation.

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