Faire la lumière sure les effets de l'ostréiculture

Sur la côte Est du Canada, la zostère est un habitat pour de nombreuses espèces de poissons, leur fournissant un abri et une bonne alimentation ainsi que des aires de reproduction. Les scientifiques à Pêches et Océans ont découvert que l'ostréiculture peut contribuer à la santé et la productivité globales de la zostère à une échelle de baie plus grande, et maintenant ils enquêtent sur le pourquoi. Apprenez-en plus sur la science derrière cette étude intéressante.

Transcription

Narrateur : Pêches et Océans Canada collabore avec l'industrie de l'aquaculture afin qu'elle puisse fonctionner de manière responsable et durable. Depuis une centaine d'années, les populations d'huîtres de secteurs de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick, comme Cocagne, ont connu un important déclin en raison de la surpêche, d'épidémies dans les années 1950 et d'autres facteurs humains, notamment les activités terrestres que sont la foresterie et l'agriculture, ainsi que la production de déchets.

Les huîtres sont un maillon indispensable de l'écosystème, puisqu'elles filtrent naturellement l'eau.

Cette équipe de chercheurs étudie les effets de l'ostréiculture commerciale sur l'environnement.

M. Thomas Landry, chef de section, Écosystèmes aquatiques, Pêches et Océans Canada, Centre des pêches du Gulfe: On sait qu'on a perdu a peu près 90% de la biomasse d'huîtres au cours du dernier centenaire et puis de pouvoir restaurer ces populations d'huîtres ou du moins la fonction des huîtres, qui est la filtration, ça a une importance assez forte au niveau écologique.

Il y a d'autres espèces qui sont importante dans le fonctionnement de l'écosystème, et puis une de ces espèces là c'est la zostère.

Donc, le but de la recherche que nous sommes en train de discuter présentement c'est d'essayer de voir la relation entre ces deux espèces là.

Donc est ce que le développement de l'aquaculture va avoir un impact sur la productivité, la santé de la zostère.

Guy Robichaud, chargé d’équipe, Programme de protection des pêches, Pêches et Océans Canada, Centre des pêches du Gulfe: Au niveau de l'habitat du poisson, la zostère marine a été définie comme étant une espèce significatif importante pour une estuaire au niveau écologique, elle a la capacité de soutenir beaucoup d'espèces de poissons entre autres, au niveau des refuges, de la nourriture, protège les côtes au niveau de l'érosion, fourni des aires d'alevinage, elle est très importante au niveau de l'habitat du poisson.

Narrateur : En milieu naturel, les huîtres améliorent la qualité et la limpidité de l'eau, ce qui profite à la zostère marine.

Monique Niles, biologiste en sciences aquatiques, Pêches et Océans Canada, Centre des pêches du Gulfe: Et on sait que les huîtres filtrent l'eau, et par ce fait même, améliore la qualité de l'eau, la transparence de l'eau, qui ce peut avoir un effet positif sur la croissance des zostères qu'ont besoin du soleil sur la fond de la mer.

Narrateur : Mais l'introduction de structures d'ostréiculture commerciale complique les choses.

Marc Ouellette, biologiste en sciences aquatiques, Pêches et Océans Canada, Centre des pêches du Gulfe: Il y a plusieurs façons qu'une activité interagit avec différents composantes de l'écosystème, mais certainement, la composante qui est la plus important, qu'on croit, donc ce qui a vraiment focaliser les objectifs de notre enquête, c'est, la plante aquatique a besoin de lumière pour faire de la photosynthèse.

Narrator: À petite échelle, on s'inquiète du fait que les sites d'élevage d'huîtres et de moules font ombrage aux herbiers de zostère vulnérables qu'ils surplombent; toutefois, les chercheurs s'intéressent aux conséquences de la conchyliculture à plus grande échelle, dans une baie par exemple.

Monique Niles: On a trouvé qu'il y avait une relation positive - une relation mathématique positive : plus qu'il y avait d'huîtres dans une baie, plus qu'il y avait de zostère dans la baie...

donc là on a amené ca plus loin, on a demandé la question, bien pourquoi?

Narrator: La recherche comporte de multiples facettes.

L'équipe se sert de données recueillies par relevés lidar aériens (les relevés lidar bathymétriques se font au moyen de lasers qui pénètrent la colonne d'eau et se réfléchissent sur le fond marin).

Cette technologie est jumelée à des photographies de haute résolution afin de créer des cartes détaillées qui vont du rivage aux fonds littoraux; ainsi, on obtient une image du fond de la baie et on parvient à voir l'emplacement et l'abondance des herbiers de zostère.

Ces données sont ensuite comparées à celles recueillies par l'équipe dans la baie, afin de vérifier leur exactitude.

L'équipe mesure d'abord la turbidité de l'eau.

Grâce à ce disque de Secchi, les chercheurs mesurent la profondeur qu'atteint la lumière dans l'eau.

Ils photographient également le fond marin avec une caméra sous-marine, pour déceler la présence d'herbiers de zostère et examiner leur état de santé.

Ensuite, ils utilisent une sonde pour enregistrer la salinité et la teneur en oxygène de l'eau.

Finalement, ils prélèvent des échantillons d'eau, qu'ils amènent au laboratoire.

En laboratoire, l'équipe détermine le type et la quantité de particules en suspension qui troublent la limpidité de l'eau.

Elle étudie également les huîtres afin de déterminer l'efficacité et la rapidité de leur filtrage.

Les données recueillies par les chercheurs servent à concevoir un modèle informatique qui leur permet de prévoir les effets de ce type d'aquaculture à différentes échelles et à différents endroits.

Thomas Guyondet, chercheur, Pêches et Océans Canada, Centre des pêches du Gulfe: Le modèle en lui-même fragmente le système qui est très complexe, en liens essentiels, liens basiques, comme l'activité de filtration par exemple - donc la réduction de la concentration en seston par les bivalves - donc cet outil permet de mettre tous ces processus en commun et de voir les faits net de tous ces processus sur la variable qui nous intéresse qui est la concentration en seston, ou la lumière disponible dans la colonne d'eau pour la production des plantes aquatiques.

Narrator: Certains endroits ne se prêtent pas à l'aquaculture.

Ces prévisions aident donc à déterminer les futurs sites aquacoles de façon stratégique, afin de protéger et de favoriser l'interaction entre les huîtres et la zostère marine.

M. Thomas Landry: Au tout début, lorsque, en absence du développement de l'aquaculture, on mettait beaucoup d'effort pour essayer de restaurer les populations naturelles d'huîtres, a un cout très élevé pour les contributeurs canadiens, donc maintenant on travaille avec le secteur de l'aquaculture qui nous apporte les mêmes bénéfices, mais a un gain, donc un enjeu extrêmement intéressant pour nous.

Narrator: Ce projet s'insère dans le Programme de recherche sur la réglementation de l'aquaculture.

Il fournit des informations cruciales aux autorités de réglementation, afin que celles-ci prennent des décisions qui favorisent la croissance responsable et durable de l'industrie et qui appuient le rétablissement de la santé des écosystèmes dans certains secteurs.

Ceci profite à l'industrie, à l'environnement et aux collectivités côtières.

Charles Maillet, ostréiculteur, Charles Maillet Oysters, Cocagne, Nouveau-Brunswick: C'est bon, à la fin c'est bon... parce ce si vous crée de l'ouvrage pour la province, c'est ça qu'on a besoin, on s'en va dans la bonne direction.

Des huîtres parfaits.