Le Banc-des-Américains : un trésor de vie marine dans le golfe du Saint-Laurent

L’aire marine protégée du Banc-des-Américains se laisse découvrir grâce à de l’imagerie de très haute qualité obtenue par l’utilisation du ROPOS, un robot sous-marin téléguidé canadien.

Transcription

Narrateur :

La vie se révèle dans toute sa splendeur sur le Banc-des-Américains, ce haut-fond marin qui est le prolongement du parc national Forillon.

La zone à protéger fait 1000 kilomètres carrés, plus de 5 fois la superficie de l’île d’Orléans, allant s’accoler au parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé. Historiquement, ce secteur était convoité pour la pêche.

Texte à l'écran :

Virginie Roy
Chercheure scientifique
Pêches et Océans Canada

Virginie Roy :

Le Banc-des-Américains est un endroit unique, un vrai trésor dans le golfe du Saint-Laurent. C’est un milieu marin très productif qui attire des baleines, des poissons… parce que la nourriture y est en abondance.

Texte à l'écran :

Geneviève Faille
Biologiste en sciences aquatiques
Pêches et Océans Canada

Geneviève Faille :

Dans cette zone, on va retrouver des habitats très distincts. Entre autres, la crête rocheuse qui se trouve à des faibles profondeurs et on va pouvoir y retrouver certaines espèces comme des algues rouges, des concombres de mer, des étoiles de mer...

Narrateur :

Des habitats que l’on explore grâce à une imagerie de très haute qualité obtenue par l’utilisation du ROPOS, un robot sous-marin téléguidé canadien. Un milieu qui fascine chercheurs et biologistes.

Virginie Roy :

Jusqu’à maintenant, on avait des images et des vidéos de la crête et des plaines du Banc-des-Américains. Mais pour la première fois, avec le ROPOS, on a été capables d’avoir des images de la falaise rocheuse.

Geneviève Faille :

Donc on y retrouve des organismes qui peuvent s’y fixer, entre autres, plusieurs espèces d’éponges, des espèces d’anémones, des oursins et des étoiles de mer. Ce qui est aussi unique dans le Banc-des-Américains, c’est les courants océaniques qui vont concentrer les nutriments et entraîner une grande diversité d’espèces qu’on va retrouver sur ce territoire.

Virginie Roy :

Les animaux qui vivent sur les fonds marins sont connectés à la surface de l’océan. Ils ont besoin des algues, du zooplancton, qui, lorsqu’ils meurent, vont couler comme une pluie de particules au fond. Ils vont nourrir tous les animaux qui s’y trouvent.

Geneviève Faille :

Il y a également un autre type d’habitat qui sont les plaines, qui sont beaucoup plus profondes avec des sédiments plus fins, comme du sable, des cailloux.

Narrateur :

À ces profondeurs, une grande variété d’espèces se côtoient. Le Banc-des-Américains abrite une multitude d’anémones, de crustacés, de mollusques et d’éponges. S’y regroupent des sébastes, des capelans et plusieurs autres espèces de poissons qui y trouvent refuge.

Virginie Roy :

On connaît très peu de choses de nos fonds marins. Souvent, on dit qu’on connaît mieux la surface de la Lune que nos propres fonds marins sur la Terre. C’est des endroits qui sont très difficiles d’accès, on a besoin de navires, d’engins spéciaux, pour les échantillonner.

Geneviève Faille :

Et on va pouvoir y retrouver des espèces comme des bancs de capelans, des crevettes et également certains organismes fixés au fond. On souhaite vraiment que la protection de cette zone va permettre de conserver l’ensemble de la biodiversité du territoire du Banc-des-Américains.

Narrateur :

Il est essentiel d’agir pour protéger ce véritable trésor. Le gouvernement du Canada et celui du Québec collaborent pour créer une aire marine protégée qui contribuera à conserver ce milieu unique, si particulier. Ces mesures permettront de protéger les fonds marins et de maintenir la biodiversité du Banc-des-Américains, et, globalement, d’améliorer la santé et la productivité des écosystèmes, au profit des générations à venir.

Texte à la fin de la vidéo :

Exploration dans le golfe du Saint-Laurent

Du 23 août au 30 août 2017, des scientifiques de Pêches et Océans Canada et d’Oceana Canada ont exploré des zones peu accessibles, dans le golfe du Saint-Laurent. Leur mission a permis d’effectuer des relevés d’habitats et d’espèces importants et d’explorer quatre zones clés d’une profondeur de 20 m à 400 m : le chenal laurentien nord et sud, le banc des Américains et la cuvette du Cap Breton.

Crédit pour les images sous-marines : Canadian Scientific Submersible Facility/ROPOS, Oceana Canada et Pêches et Océans Canada.