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La pêche du thon rouge au Canada – Un modèle de gestion durable

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Narrateur – Au Canada, la pêche du thon rouge est pratiquée depuis plus d’un siècle. À cette époque, les pêcheurs canadiens partaient en mer sur de simples navires, avec un équipement modeste pour tenter de capturer ces magnifiques géants de la mer.

Mais les temps ont changé et pour que la pêche du thon rouge devienne un modèle de gestion durable, le Canada a dû introduire un certain nombre de changements.

Aujourd’hui, le gouvernement, l’industrie et le milieu scientifique canadiens travaillent ensemble afin de veiller à ce que les stocks de thon rouge puissent soutenir la pratique d’une pêche durable et prospère maintenant et pour les années à venir.

TITRE : La pêche du thon rouge au Canada : un modèle de gestion durable

Faith Scattolon, Directeur général régional, Région des Maritimes, Pêches et Océans Canada – Nous considérons que les mesures de gestion que nous avons en place au Canada peuvent servir d’exemple aux autres pays. Nous avons beaucoup d’expérience et de compétences – et nous sommes d’avis que nous avons mis sur pied un système de gestion extrêmement solide. Un bon nombre de nos mesures pourraient être adoptées par d’autres pays pour renforcer la gestion globale et la conservation du thon rouge.

Les mesures que nous avons mises en place visent à limiter les prises de thon rouge ainsi que leur taille. Nous sommes en mesure de retracer tous les thons rouges pris en eaux canadiennes. Nous savons précisément ce qui est capturé et nos mesures de gestion sont fondées sur des avis scientifiques solides.

Jim Jones, Directeur général régional, Région du Golfe, Pêches et Océans Canada – La plupart des intervenants de l’industrie de la pêche acceptent le rôle de nos scientifiques et les aident. Je crois aussi qu’ils sont en mesure de constater les fruits de leur collaboration.

Dr John Neilson, Chercheur scientifique, Division des poissons de mer, Pêches et Océans Canada Nous reconnaissons qu’il faudra déployer des efforts supplémentaires pour nous assurer que notre pêche est durable. Nous savons également que cette espèce est une sorte de symbole. C’est un des plus gros poissons de l’océan et, comme on peut le constater ici, il suscite beaucoup d’intérêt auprès du public. Nous estimons donc avoir une responsabilité particulière à son endroit, celle de nous assurer que cette espèce soit gérée correctement et que nos données scientifiques soient exactes.

Je pense que les rapports entre l’industrie et les chercheurs sont particulièrement positifs, et les pêcheurs tiennent à savoir de quelle façon l’information est utilisée – ça les encourage à collaborer encore plus avec nous.

Faith Scattolon Selon nous, les avis scientifiques sont fondamentaux. S’ils ne sont pas suivis dès le tout début, nous nous mettons immédiatement dans une situation très précaire.

Narrateur – La pêche du thon rouge dans les eaux canadiennes est durable parce que l’industrie respecte la stratégie globale de gestion mise en place et parce que le gouvernement veille de façon rigoureuse à son application.

Faith Scattolon La pêche du thon rouge au Canada est une pêche à accès limité, ce qui signifie que le nombre de permis est restreint et fixe. Ces mesures sont en vigueur depuis des années, de sorte qu’il n’y a pas de nouveaux participants à la pêche. De plus, le thon se pêche à la ligne tendue ou à la canne avec moulinet; c’est l’équipement qui permet de minimiser les prises d’autres espèces.

Troy Atkinson, Représentant de l'industrie – Nous pêchons les poissons un à un. Dans ce type de pêche dirigée, nous utilisons au maximum quatre lignes à la fois.

Faith Scattolon – Dans le cadre de la pêche du thon rouge, chaque pêcheur doit se procurer des étiquettes qu’il doit ensuite conserver à bord de son navire. Ces étiquettes sont numérotées et contrôlées par un système informatisé. Nous savons donc à tout moment quelles étiquettes ont été émises, à qui elles ont été émises et quels sont les numéros de ces étiquettes. Chaque prise ramenée à quai doit porter une étiquette. Nous pouvons donc retracer chaque thon capturé à partir du moment où il est embarqué dans un camion jusqu’à ce qu’il arrive sur un marché, peu importe l’endroit.

Troy Atkinson L’étiquetage est un processus nécessaire qui fait en sorte que seules les captures légitimes se retrouvent sur les marchés.

Narrateur – Sur les quais, des inspecteurs indépendants vérifient toutes les prises de thon rouge débarquées au Canada. Ces observateurs consignent le nombre de poissons capturés, le poids individuel de chaque prise, leur numéro d’étiquette et une multitude d’autres renseignements. Le tout est ensuite enregistré dans une base de données qui fournit de l’information en temps réel aux gestionnaires des pêches, aux scientifiques et aux agents d’application de la loi.

Leslie Hobbs, Agent des pêches L’important, c’est de savoir quels bateaux sont en mer – qui pêche, qui ne pêche pas; qui sort en mer, qui en revient, et qu’est-ce que les pêcheurs ramènent à quai. Nous devrions voir à bord exactement ce qui a été déclaré dans le rapport radio d’arrivée.

Narrateur – La surveillance de la pêche du thon rouge dans l’ensemble des eaux canadiennes est l’un des principaux moyens d’assurer la pérennité de cette ressource. Ces activités de surveillance peuvent être officielles ou secrètes.

Allan MacLean, Directeur, Conservation et protection, Région des Maritimes, Pêches et Océans Canada – Nous croyons que le programme de surveillance en mer est un élément très important de notre programme de contrôle, de suivi et de surveillance. Nous voulons être en mer, là où la pêche se pratique; nous voulons surveiller les activités au moment même où les pêcheurs capturent le poisson. Nous prenons notre travail très au sérieux. Nous faisons environ 120 jours de patrouille par année pour nous assurer que les règles soient respectées.

Lors de nos patrouilles, nous vérifions plusieurs choses. Nous nous assurons que le pêcheur a un permis, qu’il a le droit d’être là et qu’il respecte les conditions de son permis. Nous vérifions si les poissons capturés respectent la taille légale, s’ils portent une étiquette et si le pêcheur a rempli son journal de bord correctement. Nous effectuons des patrouilles dans toutes sortes de conditions météorologiques et bien sûr, en mer, nous devons faire face à toutes sortes de situations dans le cadre de nos activités d’application de la loi dans ce secteur.

Allan MacLean – Dans notre région, nous effectuons environ 300 patrouilles aériennes par année. Nous disposons d’équipement à la fine pointe de la technologie. Nous pouvons faire des vidéos à bas niveau de lumière et prendre des photos, même lorsque la visibilité est faible et qu’il y a du brouillard. Nous sommes en mesure de suivre le déplacement des bateaux par radar. Notre programme de surveillance aérienne est très poussé et je dirais même que c’est l’un des meilleurs au monde.

Allan MacLean – Les règles servent à gérer la pêche de façon durable. En imposant des pénalités sévères, nous nous assurons que les pêcheurs suivent les règles, et s’ils ne le font pas, ils savent qu’ils s’exposeront à des sanctions très lourdes.

Faith Scattolon – Notre industrie a fait d’immenses sacrifices au fil des ans pour contribuer à ce plan de rétablissement. Elle a participé activement à l’élaboration du plan de gestion et elle s’y conforme. Mais je crois qu’en même temps, les pêcheurs canadiens commencent à s’impatienter. Ils regardent ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique et voient les mesures en place dans d’autres pays. Ils s’attendent certainement à ce que le Canada encourage fortement la mise en place de nos mesures pour tous les stocks de thon rouge.

Walter Bruce, Pêcheur de thon – Il est très difficile de capturer un thon, un seul thon, au Canada et de ne pas le déclarer. De l’autre côté de l’Atlantique, je crois que quelqu’un a dit que lorsque les pêcheurs voient qu’ils vont dépasser leur quota, ils s’arrangent pour que cela ne paraisse pas. Ils ne prennent donc pas les mesures de conservation et de protection très au sérieux.

Faith Scattolon Le fait que la pêche dans l’Atlantique Est et la Méditerranée ne soit pas bien contrôlée nous préoccupe beaucoup. Les niveaux de récolte dépassent les recommandations des scientifiques et les niveaux de capture dépassent les quotas fixés.

Robert Jamieson, Pêcheur de thon – Je crois que le fait de prendre le double des quotas sans que personne réagisse nous cause beaucoup de tort  Nous respectons nos quotas au poisson de près et nous le pêchons à la canne et au moulinet. Je veux dire que nous ne causons aucun dommage à d’autres poissons, vous savez. Nous gardons ce que nous capturons. Aucun poisson mort n’est rejeté à la mer, rien de tout cela.

Eric Jacquard, Pêcheur de thon – Nous voulons simplement gagner notre vie. Nous voulons certainement voir nos fils et nos petits-fils faire la même chose.

Jim Jones, Directeur général régional, Région du Golfe, Pêches et Océans Canada – Pour gérer adéquatement la pêche d’espèces comme le thon qui se déplacent sur de très grandes distances dans l’Atlantique, il faut une coopération internationale et une organisation qui en coordonne la gestion. Heureusement, l’objectif est bon : conserver les espèces de thon de l’Atlantique. Malheureusement, tout le monde ne suit pas les règles. Mais le fait que toutes les parties concernées n’aient pas en place de mesures adéquates de gestion, de contrôle et de surveillance – et que tous les intervenants ne suivent pas les règles - ne signifie pas que nous devrions simplement baisser les bras. Notre but est 1) de nous assurer que nous respectons convenablement les règles et 2) de les faire comprendre aux autres avec l’aide de nos partenaires.

Nous avons toujours appliqué le principe que nous ne pouvons pas prêcher aux autres le respect de ces règles si nous ne sommes pas prêts à les respecter nous-mêmes.

- END CREDITS -

Nous tenons à remercier les pêcheurs canadiens de thon rouge pour leur engagement en faveur d'une pêche durable.

Pêches et Océans Canada

© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, représentée par Pêches et Océans Canada, 2008.

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