Espèces aquatiques en péril - Lampsile jaune

Espèces - Détails

lampsile jaune
Pêches et Océans Canada

Nom scientifique :
Lampsilis cariosa
Taxonomie :
Mollusque
Statut selon COSEPAC
Préoccupante (2004)
Statut selon la LEP :
Préoccupante (2005)
Région : Nouveau-Brunswick/Nouvelle-Écosse

Le saviez-vous?

La population de lampsile jaune de la Nouvelle-Écosse est isolée et séparée de celle du par une distance d’au moins 500 km. On croit que l’espèce s’est implantée dans la rivière Sydney, en Nouvelle-Écosse, il y a environ 7 000 ans, à l’ère postglaciaire. Le niveau de la mer était alors plus bas et il existait une vaste pleine côtière parcourue de plusieurs rivières parvenues à maturité qui offraient vraisemblablement un habitat propice à la lampsile jaune. Depuis, le climat s’est refroidi et le niveau de la mer a monté, éliminant l’habitat. Ces changements ont isolé la population de la rivière Sydney, qui reste intacte parce que les conditions continuent de lui être favorables dans cette rivière.

Coup d'œil

La lampsile jaune est un mollusque d’eau douce qu’on ne trouve que dans deux bassins hydrographiques au Canada, soit ceux des rivières Sydney et Saint-Jean. Quoique dans l’immédiat elle soit peu menacée, elle suscite certaines préoccupations à long terme. La lampsile jaune est classée comme espèce « préoccupante » et est protégée aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cette désignation s’applique à des espèces qui sont particulièrement vulnérables aux activités humaines ou à des phénomènes naturels, mais qui ne sont pas des espèces menacées ou en voie de disparition. Même si elle n’est pas consommée par les humains, la lampsile jaune joue un rôle important dans l’écosystème et dans la chaîne alimentaire naturelle. En effet, le retrait d’une espèce quelconque de l’écosystème déséquilibre entièrement celui-ci.

Au sujet de la lampsile jaune

Bien qu’elle puisse vivre jusqu’à 17 ans, la lampsile jaune ne voyage que dans sa prime jeunesse. Sa larve se fixe à un poisson-hôte, habituellement un baret ou une perchaude, l’accompagnant ensuite dans tous ses déplacements. Quand la larve arrive à maturité, la jeune moule se détache alors du poisson pour tomber au fond du milieu aquatique et se fixer sur le substrat. La lampsile jaune poursuit alors sa vie en se nourrissant du phytoplancton et des détritus organiques qu’elle filtre, sans jamais s’éloigner beaucoup de son point de chute. Pour cette raison, elles sont souvent utilisées comme indicateurs biologiques dans les écosystèmes aquatiques.

Comment reconnaître la lampsile jaune

Lampsile jaune

Pêches et Océans Canada

La lampsile jaune a une coquille ovale et une surface extérieure lustrée dont la couleur varie du jaune vif au brun rougeâtre. L’intérieur de la coquille est blanc rosé et la charnière comporte plusieurs dents fortes. Les parties molles du corps, formant le manteau, sont visibles entre les valves des coquilles chez les animaux vivants. Les bords visibles du manteau sont lisses et pigmentés de stries et de points gris. Quoiqu’on en ait observé dont la largeur atteignait 110 mm, la lampsile jaune mesure en général 75 mm environ.

Son habitat

Au Canada, on ne connaît que deux endroits où est implantée la lampsile jaune : la rivière Sydney, au Cap- Breton (Nouvelle-Écosse) et le cours inférieur de la rivière Saint-Jean, près de Fredericton (Nouveau-Brunswick). C’est dans le lac Blackett's, formé lors de la construction du barrage de la rivière Sydney, en 1902, qu’est surtout concentrée la population de lampsile jaune de la Nouvelle-Écosse. La majeure partie de la population canadienne de lampsile jaune se trouve sous la ligne extrême des eaux de marée dans le cours principal de la rivière Saint-Jean ainsi que dans cinq de ses grands affluents et dans plusieurs grand lacs.

Pourquoi la lampsile jaune est-elle en péril?

La lampsile jaune est considérée comme une espèce menacée dans toute son aire de distribution naturelle aux États-Unis et elle est en voie de disparition ou a déjà disparu dans certains bassins hydrographiques de ce pays. Bien que ses populations canadiennes semblent assez grandes et stables, la lampsile jaune n’est présente que dans deux de nos bassins hydrographiques, ce qui la rend vulnérable aux changements à ces écosystèmes. Parmi les préoccupations que suscite à long terme la survie de la population de lampsile jaune, il faut citer l’introduction possible de moules zébrées dans la rivière Saint-Jean et la difficulté de maintenir la qualité de l’habitat dans le milieu suburbain entourant la population de lampsile jaune de la rivière Sydney.

Que pouvez-vous faire?

L’espèce obtiendra la protection dont elle a besoin seulement si tous les Canadiens et Canadiennes travaillent ensemble à éliminer les menaces. Toute personne qui vit près de la rivière Sydney ou du bassin hydrographique du bas Saint-Jean est encouragée à participer au processus de protection. Soyez attentifs à l’habitat de la lampsile jaune et assurez-vous qu’il n’y pas d’espèces envahissantes sur la coque de votre bateau avant de vous y aventurer. De plus, encouragez et appuyez les programmes d’éducation communautaires et les activités d’intendance dans ces régions. Jetez un coup d’œil au Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril pour de plus amples renseignements.

Consultez le plan de gestion de la lampsile jaune.

Pour un complément d’information, visitez le Registre public des espèces en péril.