
Nom scientifique :
Sebastolobus altivelis
Taxonomie :
Poisson (marin)
Statut LEP :
Préoccupante (2009)
Statut COSEPAC :
Préoccupante (2007)
Région : Océan Pacifique
Le sébastolobe à longues épines est un sébaste qui appartient à la famille des Scorpénidés. Ce sébaste à croissance lente s’est adapté pour survivre en eaux profondes caractérisées par des concentrations réduites d’oxygène et une forte pression. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il est souvent l'espèce prédominante des milieux benthiques profonds (plus de 800 m sous la surface), où il joue probablement un rôle écologique important. Le sébastolobe à longues épines se reconnaît à sa coloration rougeâtre et à ses nageoires partiellement noires, ainsi qu’à ses gros yeux et aux épines robustes et acérées qui lui ornent la tête. Il peut atteindre 35 cm de longueur.

Crédit: NOAA
Le sébastolobe à longues épines se trouve dans le Pacifique, depuis l’extrémité sud de la Basse-Californie, au Mexique, jusqu’aux îles Aléoutiennes, en Alaska, à des profondeurs de 370 à 1 600 m. En Colombie-Britannique, il vit le long du talus continental dans les eaux de 500 à 1 600 m de profondeur. Il y est pêché dans trois zones de gestion des pêches du MPO. Le principal groupe occupe la côte Ouest de l’île de Vancouver ou COIV; deux autres groupes, plus petits, occupent la zone Tidemarks et la baie Rennell, plus au nord.
L’abondance absolue de l’espèce est inconnue, mais les pêcheurs ont extrait environ 6 500 t de sébastolobe à longues épines des eaux côtières canadiennes de 1996 à 2005.

Crédit: NOAA
Le sébastolobe à longues épines préfère les substrats de sable meuble ou de vase, dans des eaux profondes caractérisées par une faible productivité, une forte pression et des concentrations réduites d'oxygène. À ces profondeurs, où peu d’espèces peuvent survivre, peu de proies sont disponibles. Les sébastolobes des eaux profondes sont adaptés à ce milieu; sédentaires, leur rythme métabolique est extrêmement lent, ce qui leur permet d’espacer les périodes d’alimentation de 130 à 180 jours en moyenne.
Au printemps, les femelles pondent de 20 000 à 450 000 œufs fécondés dans une enveloppe gélatineuse qui flotte à la surface, et c'est dans ces eaux superficielles que les œufs éclosent. Les larves et les juvéniles parvenus aux premiers stades de croissance demeurent dans la couche d'eau supérieure de 200 m pendant six mois. À mesure que les juvéniles grossissent, ils migrent progressivement vers des eaux plus profondes et restent généralement à des profondeurs d’environ 600 m pendant un an. Les jeunes poissons finissent par s'établir directement dans l'habitat des adultes, entre 600 et 1 200 m de profondeur. Les juvéniles se nourrissent d'euphausiacés, tandis que les adultes chassent les ophiures, d’autres organismes qui vivent sur le fond. Les gros mangent régulièrement les petits.
Le sébastolobe à longues épines cesse de grossir à une longueur d’environ 30 cm, ce qui correspondrait à l’âge approximatif de 25 à 45 ans. On ne sait pas jusqu’à quel âge il peut vivre, mais les estimations le situe entre 45 et 70 ans.
Le sébastolobe à longues épines est une espèce des grands fonds qui occupe un environnement de faible productivité, et sa principale menace est la surpêche. L'industrie exporte ce poisson au Japon, où il est très prisé pour la préparation de mets raffinés. Depuis le début de la pêche commerciale ciblée de cette espèce, en 1996, les prises commerciales par unité d’effort ont régressé de plus de 50 p. 100 sur 8 ans.
Le sébastolobe à longues épines est inscrit à la liste des espèces préoccupantes de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Ce poisson est protégé en vertu de la Loi sur les pêches. Des totaux autorisés des captures ventilés par zone et par flottille sont en place pour la pêche de l’espèce. À l'heure actuelle, la zone Flamingo (côte ouest de l'île Moresby) est fermée à la pêche au chalut dirigée de ce sébaste. La pêche au chalut n’est pas pratiquée dans la zone Triangle en raison du relief escarpé et accidenté du plancher océanique. Les chalutiers commerciaux n’ont pas l’habitude de pêcher à des profondeurs supérieures à 1 200 m, alors que, de 1996 à 2005, selon les données de recherche, le sébastolobe à longues épines se trouvait à des profondeurs allant jusqu’à 1 600 m.
Le plan de gestion du sébastolobe à longues épines sera prêt d’ici mars 2012.
Source du texte :
COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 32 p. (www.sararegistry.gc.ca/species/speciesDetails_f.cfm?sid=985#ot18)