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Bar rayé
U.S. Fish & Wildlife

Nom scientifique :
Morone saxatilis
Statut d'après le COSEPAC :menacée (novembre 2004)
Statut d’après la LEP :
à l’étude
Région : Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse

Espèces aquatiques en péril - Bar rayé (Population du sud du golfe du Saint-Laurent)

Ayant déjà été une espèce d’importance commerciale dans l’est du Canada, le bar rayé demeure encore aujourd’hui un poisson très prisé par les pêcheurs. Il s’agit d’une espèce anadrome : la fraye a lieu en eau douce. Les jeunes bars descendent ensuite vers les eaux saumâtres puis salées, pour s’y alimenter et atteindre la maturité. Le dos du bar rayé est vert olive foncé, ses côtés sont plus pâles et argentés alors que son ventre est blanc. Il arbore également 7 ou 8 bandes horizontales foncées sur ses flancs. Le bar rayé est une espèce dont la durée de vie peut atteindre 30 ans. Bien que les plus gros spécimens capturés puissent mesurer jusqu’à 1,8 m, dans les eaux canadiennes le bar rayé atteint rarement une taille de plus de 1 m.

Répartition et population

L'aire de répartition naturelle du bar rayé couvre la côte est de l'Amérique du Nord, de l’estuaire du Saint-Laurent à la rivière St. Johns dans le nord-est de la Floride. Des populations indigènes de bar rayé ont aussi été présentes dans les cours d'eau tributaires du golfe du Mexique, de la rivière Suwannee (dans le nord-ouest de la Floride) au lac Pontchartrain (en Louisiane). L'espèce a été introduite sur la côte ouest américaine à la fin du XIXe siècle et s’y est établie. Le bar rayé a notamment été introduit dans de nombreux lacs et réservoirs du sud des États-Unis pour favoriser la pêche sportive.

Selon des données historiques, le bar rayé aurait déjà frayé dans cinq rivières de l'est du Canada, bien que trois de ces populations aient désormais disparu. Aujourd’hui, selon les études scientifiques, le bar rayé ne se reproduit plus que dans deux rivières canadiennes : les rivières Miramichi (sud du golfe du Saint-Laurent) et Shubenacadie (baie de Fundy).

La population du sud du golfe du Saint-Laurent occupe le sud du golfe, particulièrement la côte est du Nouveau-Brunswick, mais également les côtes de l’Île-du-Prince-Édouard et une partie de la côte de la Nouvelle-Écosse. Le nord-ouest de la rivière Miramichi est la seule zone de fraye connue de cette population. De 1993 à 2002, on estime qu’entre 3 400 et 50 000 adultes sont retournés dans cette zone.

Habitat

L'espèce est habituellement associée aux estuaires et aux eaux côtières. Le bar rayé requiert des habitats de reproduction et d'alevinage en bonne condition et a besoin d’une faune aquatique abondante pour son alimentation. De plus, il constitue un élément important de la biodiversité des milieux aquatiques.

Chez le bar rayé, la fraye a lieu en eau douce ou parfois en eau saumâtre. Les étapes de l’incubation des œufs et du développement des larves puis des jeunes de l'année correspondent à une descente graduelle vers l’eau salée, où les jeunes continuent de s’alimenter et de croître pendant quelques années jusqu’à ce qu’ils atteignent la maturité.

Les populations canadiennes de bar rayé ont la particularité d’hiverner dans les rivières, sans doute afin d’éviter les températures froides de l’océan.

Le bar rayé peut vivre en eau douce et, dans certains cas, y compléter son cycle vital, bien qu’il n’y ait pas de population canadienne connue vivant en eau douce.

Bar rayé
U.S. Fish & Wildlife

Biologie

Au printemps, lorsque la température de l’eau augmente, le bar rayé remonte vers les aires de fraye en eau douce ou légèrement saumâtre. La fraye a habituellement lieu au crépuscule lorsque la température de l'eau s'élève au-dessus de 10 °C et peut durer trois ou quatre semaines, quand le nombre de géniteurs est élevé. Les œufs sont maintenus en suspension dans une colonne d’eau pendant 2 ou 3 jours avant l’éclosion. La survie des larves est étroitement liée à l’abondance de zooplancton (organismes minuscules qui vivent dans la colonne d’eau). Le stade larvaire du bar rayé dure de 35 à 50 jours. La larve se transforme alors en juvénile, qui mesure environ 20 mm de long.

Tout au long de l’été, les jeunes de l’année descendent vers les estuaires et les baies où ils continuent de s’alimenter et de croître. Les adultes migrent le long de la côte à la recherche de proies, notamment de petits poissons tels que des harengs, des éperlans ou des poulamons juvéniles. À l’automne, les populations canadiennes de bar rayé remontent les rivières et passent l’hiver en eau douce ou saumâtre afin d’éviter les températures froides de l’océan.

Les mâles atteignent la maturité vers 3 ans alors que les femelles deviennent matures entre 4 et 6 ans. Le bar rayé adulte est un poisson prolifique : chaque femelle peut pondre entre 50 000 et 1,5 million d’œufs.

Menaces

La pêche illégale et les prises accessoires comptent parmi les causes de mortalité du bar rayé. Au Canada, la présence de ce poisson à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce le rend plus vulnérable aux facteurs environnementaux. Tous ces éléments limitent le rétablissement de la population de bar rayé. L’espèce est menacée par les prises accessoires, notamment au cours de la pêche au gaspareau et à l'éperlan, ainsi que par des prises illégales durant la pêche sur la glace. Sa reproduction peut aussi être compromise lorsque les habitats de fraye, d’incubation ou d’alevinage sont perturbés.

Mesures de protection

Les signes d’une baisse d’abondance du bar rayé dans le sud du golfe au cours des années 1980 et 1990 ont entraîné, à partir de 1992, l’entrée en vigueur graduelle de mesures limitant les prélèvements. Les pêches commerciales de l’espèce ont été fermées et pour la première fois, la pêche sportive a été réglementée. L’année 1993 a marqué l’introduction d’un principe de conservation qui fixe à 5 000 le nombre minimum de reproducteurs. Les estimations des effectifs étant en deçà de ce niveau, le gouvernement a imposé, en 1996, la fermeture complète de la pêche commerciale, y compris les prises accessoires, ainsi que la remise à l’eau obligatoire pour les prises sportives. Finalement, la pêche sportive de même que les allocations réservées aux Premières nations à des fins alimentaires, sociales et rituelles ont été suspendues en 2000. Cette série de mesures de plus en plus sévères semble avoir permis à la population d’amorcer un rétablissement.

Source

COSEPAC 2004. Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le bar rayé (Morone saxatilis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 43 p.