Espèces aquatiques en péril - Otarie de Steller

Espèces - Détails

Otarie de Steller
Lee Harding

Nom scientifique :
Eumetopias jubatus
Taxonomie :
Mammifères marins
Statut LEP :
Préoccupante (2005)
Statut COSEPAC :
Préoccupante (2003)
Région : Colombie-Britannique

Le saviez-vous?

La mère est meilleure juge
L'otarie de Steller, à l'exemple de l'homme, est un mammifère au sang chaud. La femelle Steller donne naissance et allaite son rejeton. Le système immunitaire des poupons semble se prémunir contre la plupart des maladies tant qu'ils sont nourris au sein. Alors qu'ils prennent de la maturité et qu'ils se sèvrent, les petits peuvent tomber malades parce que des parasites internes (comme les vers ronds et les plathelminthes) influent sur la croissance et le cycle biologique. La femelle otarie est précisément au fait des besoins de son bébé, elle ne quitte jamais son poupon pour plus d'une journée à la fois pendant les premiers mois décisifs de son existence.

Coup d'œil

Considérée comme le « roi » des otaries, la Steller est la plus grosse des otaries et peut atteindre l'âge de 30 ans. Au Canada, on a observé sa présence le long de la côte rocailleuse de la Colombie-Britannique. Ce mammifère costaud se déplace normalement seul ou en petit groupe mais, judicieusement, il forme de petits groupes pour se protéger pendant la saison des amours et la saison de mise bas. On en connaît peu sur le cycle océanique de l'animal; cependant, il est encourageant de savoir que, pour cette espèce, depuis que cet amoureux de la mer est protégé légalement, en 1970, la taille de la population adulte a plus que doublé.

Au sujet de l'otarie de Steller

Les otaries de Steller sont des carnivores aux dents acérées et aux mâchoires solides capables de broyer leurs proies. Ils attrapent leurs propres poissons, mangeant presque tout ce qui se trouve disponible dans leur secteur. En Colombie-Britannique, le Steller se nourrit principalement de poissons se rassemblant en bancs, tels le hareng, le merlu, le lançon, le saumon et la sardine. À l'occasion, ils plongent plus profondément pour capturer le sébaste, les poissons plats et les raies ainsi que des calmars et des pieuvres.

Ce sont d'excellents nageurs qui peuvent plonger jusqu'à 350 mètres de profondeur à la recherche de nourriture et peuvent demeurer sous l'eau pendant plus de cinq minutes.

La saison des amours se passe entre la fin mai et le début de juillet. Pendant cette période, les femelles retournent à leur roquerie natale, un rocher isolé où les adultes se regroupent pour la reproduction et la mise à bas, pour donner naissance à un seul rejeton. Pendant cette saison, les otaries de Steller se rassemblent en colonies denses pour leur propre sécurité, à l'abri des prédateurs terrestres. Les vocalisations des adultes et les bêlements des nouveau-nés constituent un perpétuel tintamarre. Ces bruits collectifs et retentissants sont censés effrayer les possibles prédateurs.

La femelle lion de mer nourrit son petit pour une durée variant d'un à trois ans. La mère demeure à terre avec son petit pendant un jour et part à la mer le lendemain en quête de nourriture. Elle répète ce stratagème pour amener de la nourriture à ses rejetons tout en continuant de se sustenter elle-même.

Le nouveau-né est une petite créature agile. Dès la naissance, il est capable de ramper et il apprend à nager à environ quatre semaines. Bien qu'il soit assez difficile à évaluer, il semble que le taux de mortalité soit assez élevé chez les jeunes. Il peut finir écrasé par un adulte ou, dans les cas où ils sont forcés de quitter la roquerie, ils se retrouvent à la mer, incapables de nager et ils se noient.

Comment reconnaître une otarie de Steller

otarie de Steller - Lee Harding

Crédit photo : Lee Harding

otarie de Steller - John Ford

Crédit photo : John Ford

Une légère « crinière » de poils rudes se développe sur le cou renflé et le torse volumineux des mâles adultes, d'où le nom de « lion de mer » qu'on donne parfois à cette espèce. On les confond souvent avec les phoques bien qu'il soit facile de les départager. Contrairement aux phoques, les lions de mer se distinguent par la présence de pavillons aux oreilles, qui les protègent de l'eau. Les otaries de Steller ont également une structure osseuse qui leur permet de marcher sur leurs quatre nageoires et de supporter la totalité de leur poids; ce qui en fait de meilleurs grimpeurs que les phoques.

À titre de plus grosse otarie au monde, l'adulte peut atteindre de deux à trois mètres de longueur. Les femelles pèsent de 200 à 300 kilos alors qu'on a vu des mâles pouvant atteindre jusqu'à 800 kilos. On a déjà vu un immense lion de mer friser une tonne.

Le poupon Steller pèse en moyenne 20 kilos à la naissance. Cette précieuse petite créature est revêtue d'un pelage luisant, brun noirâtre. Les juvéniles et les adultes secs ont une coloration variant du jaune pâle à l'ocre clair, plus sombre sur la face ventrale et près des nageoires, ou pattes natatoires

Le lion de mer fait partie de la famille des pinnipèdes, ce qui signifie littéralement corps fusiforme protégé par le froid par une épaisse couche de graisse. Les nageoires fascinantes ont une structure osseuse semblable aux jambes des animaux terrestres, permettant ainsi aux Steller de supporter son poids total pendant qu'il marche. Dans l'eau, le lion de mer Steller nage en faisant des brasses et peut atteindre une vitesse maximale d'environ 27 kilomètres à l'heure.

L'habitat de l'otarie de Steller

L’otarie de Steller vit dans les eaux côtières du Pacifique Nord depuis les côtes de la Californie jusqu’au détroit de Béring, puis le long de la côte asiatique jusqu’au Japon. On y distingue dans ces eaux deux populations : la population de l’Est et la population de l’Ouest. Les animaux qui vivent au Canada font partie de la population de l'Est.

Au Canada, ils ne sont présents qu'en Colombie-Britannique, où se trouvent trois aires de reproduction principales dans les îles Scott, au cap St. James et au large des îles Banks. En 2002, environ 3 400 petits sont nés en Colombie-Britannique. À l'époque de la reproduction, la population totale d'animaux habitant les eaux côtières se situe entre 18 400 et 19 700 individus dont quelque 7 600 d'entre eux seraient en âge de se reproduire. Les mâles les plus puissants s'accouplent avec plusieurs femelles.

Pourquoi l'espèce est-elle en péril?

Au fil des ans, les facteurs liés à l'homme comme la chasse et l'abattage ont représenté la plus grande menace pour les otaries de Steller. Par chance, il s'agit des risques les plus évitables.

Ce gros mammifère marin est également sujet à s'emmêler accidentellement dans les engins de pêche et peut mourir étranglé par des débris entourés autour du cou. Une otarie emmêlée peut vraisemblablement se noyer avant de s'échapper ou d'être libérée. La pollution, les déversements de pétrole et les contaminants environnementaux du type métaux lourds menacent les habitats essentiels de ces populations d'otaries de Steller. Ces dangers prévisibles peuvent mener au relogement des individus, loin de leurs habitats essentiels et éventuellement une baisse de leur population.

L'otarie de Steller doit également affronter des dangers naturels par exemple la baisse de la nourriture disponible. De plus, ils peuvent être l'objet d'une chasse par les épaulards. Comme pour tous les animaux, une maladie représente un danger potentiel pour les populations d'otaries de Steller.

Ce qui est fait

Bien que l'otarie de Steller a souffert pendant des années de la chasse pratiquée par l'homme, depuis les années 1970 elle est protégée au Canada par la Loi sur les pêches, qui interdit la chasse commerciale du lion de mer. Il y a eu des cas où des permis ont été accordés pour la chasse à l'otarie de Steller dans le but de protéger les piscicultures dont les otaries se gavaient.

Adoptée en 1996, la Loi sur les océans protège les habitats des mammifères marins. Les roqueries particulières d'élevage ont l'avantage d'offrir une protection additionnelle aux termes de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et dans le cadre de la réserve écologique provinciale.

L’otarie de Steller est également désignée comme espèce préoccupante et protégée au Canada par la Loi sur les espèces en péril. Un plan de gestion de l’otarie Steller est en cours d’élaboration.

Que pouvez-vous faire?

Pour que cette population continue de croître, il faut continuer de protéger l'habitat de l'otarie de Steller. Renseignez-vous sur l'otarie de Steller et soyez conscient des menaces à sa survie causées par l'homme, que ce soit l'emmêlement dans les engins de pêche, la pollution de l'eau et les déversements de pétrole. Faites de votre mieux pour réduire ces menaces dans la mesure du possible pour protéger l'habitat essentiel de l'otarie de Steller. Engagez-vous au Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril (HSP) ou un autre organisme de conservation.

Renseignements généraux fournis par Environnement Canada, juillet 2005