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épioblasme tricorne
Crédit photo : Shawn Staton

Statut selon la LEP: En voie de disparition
Statut selon COSEPAC: En voie de disparition

Ontario

Les moules d’eau douce sont des mollusques au corps mou sans squelette, donc des invertébrés, qui vivent au fond des ruisseaux, des rivières, des lacs et des étangs. Elles utilisent leur pied musculeux pour creuser et nager et elles sont dotées d’une paire de coquilles articulées. Ce sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire des purificateurs d’eau naturelle, qui servent de nourriture à d’autres espèces de la faune comme les poissons, les loutres, les visons, les rats musqués et certains oiseaux. Les moules d’eau douce sont aussi l’une des espèces les plus menacées de disparition sur terre.

Certains mollusques sont hermaphrodites, ce qui veut dire que les individus de l’espèce possèdent les organes de reproduction mâle et femelle. D’autres - comme l’épioblasme tricorne - sont, au plan sexuel, dimorphe, ce qui veut dire que les mâles et les femelles ont des caractéristiques physiques distinctement différentes.

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) au Canada (2012)

Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et la villeuse haricot au Canada (2007)

L'épioblasme tricorne

Description
Habitat
Menaces
Information scientifique
Renseignements supplémentaires

Description

L’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) fait partie des 54 espèces de moules d’eau douce du Canada. Il s’agit de l’espèce la plus répandue du genre Epioblasma. L’épioblasme tricorne est une petite moule unique en son genre qui présente les caractéristiques suivantes :

  • Sa coquille est solide et épaisse – celle des mâles est triangulaire et celle des femelles est quelque peu plus allongée et bombée;
  • Les mâles peuvent atteindre 7 cm de long et les femelles, 6 cm de long;
  • La partie en relief au sommet de sa coquille (le bec) est bombée et sculptée de trois ou quatre bourrelets doubles;
  • Sa coquille est arrondie aux deux extrémités, tandis que les bords supérieur et inférieur sont presque parallèles;
  • L’extérieur de sa coquille est lisse, d’une couleur jaunâtre à vert jaune, et il est marqué de nombreux rayons vert foncé qui sont souvent brisés en taches triangulaires qui ressemblent à des gouttes de peinture;
  • L’intérieur de sa coquille, c’est-à-dire la nacre, est blanc et lustré sur la moitié arrière et il présente une teinte bleu gris dans le creux situé à l’intérieur du bec;
  • L’intérieur de sa coquille présente des marques profondes, là où les muscles retiennent les deux moitiés de sa coquille ensemble.

Epioblasma triquetra

Mâle (à gauche) | Femelle (à droite)

Épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) : male à gauche; femelle à droite

Crédit photo : Environnement Canada

Habitat

L’épioblasme tricorne était autrefois présente en Ontario dans les lacs Érié et Sainte-Claire, et dans les rivières Ausable, Grand, Niagara, Sydenham et Thames. On ne la signale plus maintenant que dans un tronçon de 93 km de la partie est de la rivière Sydenham, ainsi que dans cinq sites situés dans un tronçon de 91 km de la rivière Ausable. Auparavant, l’épioblasme tricorne était présente dans 18 États américains, mais il semble qu’elle ait disparu aujourd’hui des États de l’Iowa, du Kansas, de New York et du Mississippi. De manière générale, cette espèce a disparu de près de 60 % des rivières et des ruisseaux qu’elle occupait autrefois en Amérique du Nord, et les populations restantes sont petites et isolées les unes des autres.

L’épioblasme tricorne vit principalement dans des rivières de petite à moyenne taille dans des zones de rapides peu profondes où l’eau est propre et limpide et où le substrat grossier est solide et formé de roches, de gravier ou de sable. C’est une espèce sexuellement dimorphe (c’est-à-dire que les mâles et les femelles ont une apparence distincte) dont la durée de vie est modérément longue, soit au moins 10 ans, et tout porte à croire que le frai se produit à la fin de l’été et que les glochidies (larves des moules) sont libérés aux mois de mai à juin suivants. Comme c’est le cas pour la plupart des autres moules d’eau douce, les glochidies de l’épioblasme tricorne mènent une vie parasitaire sur les poissons. À l’aide de sa coquille, l’épioblasme tricorne femelle s’accroche à un poisson hôte et libère les glochidies dans sa bouche. Les glochidies s’accrochent ensuite au poisson hôte en passant dans ses branchies et y demeurent jusqu’à ce qu’elles deviennent des juvéniles autonomes, après quoi elles se détachent pour tomber sur le substrat. Les épioblasmes tricornes adultes sont sédentaires et passent leur vie partiellement ou complètement enfouies dans le substrat. Au cours de leur vie, il se peut qu’elles ne se déplacent que de quelques mètres dans le substrat.

Au Canada, le fouille-roche zébré (Percina caprodes) est le principal poisson hôte observé pour l’épioblasme tricorne, mais il se peut que le dard à ventre jaune, le chabot tacheté, l’achigan à grande bouche, l’épinoche à cinq épines et le dard arc-en-ciel soient aussi des poissons hôtes pour cette espèce.

Comme toutes les espèces de moules d’eau douce, l’épioblasme tricorne filtre la nourriture présente dans l’eau et se nourrit surtout de bactéries et d’algues.

La carte montre la répartition de l’épioblasme tricorne. La carte indique les sites courants et historiques dans la sud-ouest de l’Ontario.

Snuffbox distribution

Menaces

La perte de l’habitat et la destruction attribuable aux activités urbaines, industrielles et agricoles croissantes demeurent les principales menaces pour l’épioblasme tricorne. L’inondation des zones de rapides et les bassins de retenue des grandes rivières ont également entraîné la perturbation de son habitat et l’ont détruit en grande partie au cours du dernier siècle. Plus récemment, la moule zébrée a dévasté les populations d’épioblasmes tricornes dans les Grands Lacs, mais le gobie à taches noires, qui est en concurrence avec les deux poissons hôtes connus de l’épioblasme tricorne et qui se nourrit des moules juvéniles, pourrait représenter une nouvelle menace.

Renseignements supplémentaires

En vertu de la LEP, un programme de rétablissement et un plan d'action ont été élaborés dans le but d'empêcher la disparition de l'épioblasme tricorne au Canada et de rétablir des populations saines et autosuffisantes dans les rivières Ausable, Grand, Sydenham et Thames et dans le delta du lac Sainte-Claire.

Des activités de recherche, de gérance des terres et de l'eau, de surveillance et de sensibilisation sont en cours. Une législation provinciale qui réglemente les nutriments agricoles et protège l'eau saine en Ontario a été promulguée. L'habitat essentiel de l'épioblasme tricorne a également été désigné en vertu de la LEP, ce qui permet une meilleure protection et un meilleur rétablissement de l'habitat de cette espèce.

Sources du texte : Rapport de situation du COSEPAC sur l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra) de 2011; Metcalfe-Smith et al. Photo field guide to the freshwater mussels of Ontario, 2005; Pêches et Océans Canada. Plan d’action pour la rivière Sydenham au Canada (proposition), 2012; Pêches et Océans Canada. Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et la villeuse haricot au Canada (proposition), 2012.

Pour un complément d’information, consultez le site Web du Registre de la LEP.

Information scientifique

Nom scientifique : Epioblasma triquetra
Statut selon la LEP : En voie de disparition (juin 2003)
Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition (mai 2001 ; novembre 2011)