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Requin-taupe bleu

Nom scientifique :
Isurus oxyrinchus
Taxonomie :
Poisson (marin)
Statut d’après la LEP :
à l’étude
Dernière évaluation du COSEPAC :avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : : menacé
Région : Océan Atlantique

Requin-taupe bleu

Requin-taupe bleu
National Oceanic and Atmospheric Administration

Au sujet de la morue franche de la région nord-laurentienne

Le requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus) est l'une des cinq espèces de la famille des Lamnidés, qui comprend le grand requin blanc et le requin-pélerin. C'est un requin fusiforme, dont la couleur varie du bleu nuit au pourpre sur la partie dorsale et au blanc vers le bas. Il est doté d'une tête conique, d'un museau pointu et d'une nageoire caudale en forme de croissant. Sa bouche en U est garnie de grandes dents pointues qui paraissent même quand la bouche est fermée. Il peut atteindre plus de 4 mètres.

Répartition

Le requin-taupe bleu est présent dans toutes les mers tempérées et tropicales du monde. Dans l'Atlantique Nord-Ouest, il fréquente aussi bien les eaux du large que les zones côtières, des Bermudes à l’est de Terre-Neuve. Dans les eaux canadiennes, qui représentent la limite son aire de répartition, on en a observé dans les Grands Bancs du large de Terre-Neuve ainsi que le long du plateau néo-écossais jusqu'au banc Georges

Les expériences de marquage indiquent que le requin-taupe bleu est un grand migrateur et que sa répartition semble être liée à la température de l'eau, qu’il préfère de 17 à 22 oC. Il migre vers la côte atlantique du Canada, habituellement à la fin de l'été et en automne, où il fréquente habituellement les eaux chaudes du Gulf Stream.

Habitat

Ce poisson possède une très grande faculté d'adaptation. Il peut supporter d'importants changements de température ainsi que des variations de la disponibilité des aliments dans toute son aire de répartition. Le requin-taupe bleu se nourrit habituellement d'autres poissons, dont le thon, le maquereau, le tassergal et l'espadon, mais il peut aussi manger des mammifères marins.

Requin-taupe bleu

Biologie

Contrairement à la plupart des autres requins, les Lamnidés peuvent régulariser leur température corporelle; le requin-taupe bleu maintient la sienne de 1 à 10 oC au-dessus de celle de l'eau ambiante. Cela permet à ce requin (qui est un des plus rapides au monde) de continuer à nager très vite lorsqu'il traverse des eaux plus profondes et plus froides.

Les femelles atteignent à maturité une longueur totale de 2,7 à 3 m (vers environ 17 ans) et leur progéniture se compose d'environ 4 à 25 petits, qui naissent au terme d'une période de gestation d'environ 15 à 18 mois. À la naissance, les petits mesurent environ 70 cm. Bien que les mâles soient de taille un peu plus petite (2 à 2,2 m) que les femelles, ils arrivent à maturité beaucoup plus tôt (7 à 9 ans). Sa longévité minimale a été estimée à 24 ans et son espérance de vie peut aller jusqu'à 45 ans.

Menaces

Selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), la pêche, en particulier à la palangre pélagique, est la menace la plus importante qui pèse contre le requin-taupe bleu. Il n'y a pas d'estimation fiable de l'abondance de cette espèce et le fait que la pêche à la palangre est très peu surveillée accroît l'incertitude quant aux tendances de l'abondance de cette espèce.

Le requin-taupe bleu ne fait pas l’objet d’une pêche dirigée au Canada atlantique, mais il est capturé accessoirement dans d'autres pêches de poissons pélagiques, comme celles de l'espadon, d'autres requins et du thon. Les études sur les prises accessoires dans les eaux canadiennes de l'Atlantique indiquent que le requin-taupe bleu représente de 2 à 3 % du poids total des prises de la pêche de l'espadon à la palangre pélagique. Comme ce requin a une chair très convoitée, les prises accessoires sont rarement remises à l'eau.

Des études internationales fondées sur les données de prises à la palangre des pêcheurs américains et japonais indiquent un déclin (de 40 à 50 %) des taux de prises de requin-taupe bleu. Bien qu'on n'ait pas observé pareil recul dans les eaux canadiennes de l'Atlantique, des études préliminaires dénotent une diminution récente de l'abondance des gros spécimens.

Le requin-taupe bleu est prisé des pêcheurs sportifs, qui l'apprécient pour sa « combativité » et pour sa chair comestible.

Protection existante

Ce requin est géré en vertu du Plan de gestion intégrée de la pêche des requins pélagiques du Canada atlantique, qui autorise des prises accessoires illimitées de requin-taupe bleu, mais exige une vérification à quai intégrale (100 %) des prises. Quant à la pêche récréative, il s'agit uniquement d'une pêche avec remise à l'eau des captures, sauf lorsqu'elle a lieu dans le cadre de tournois de pêche, où les carcasses peuvent être gardées à des fins d'études scientifiques. Enfin, l'ablation des ailerons (pratique consistant à enlever les ailerons pour les vendre et à rejeter la carcasse) est interdite dans les eaux canadiennes depuis 1994.

Bibliographie

COSEPAC 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin-taupe bleu (population de l’Atlantique) Isurus oxyrinchus au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 24 pp. (www.sararegistry.gc.ca/).

MPO, 2002. Plan de gestion intégrée de la pêche des requins pélagiques du Canada atlantique 2002-2007.

Site Web du laboratoire de recherche sur les requin du Canada : http://www.marinebiodiversity.ca/shark/french/mako.htm