
Nom scientifique :
Myoxocephalus thompsoniiStatut selon la LEP Préoccupante (décembre 2007)
Statut selon COSEPAC: Préoccupante, (avril 2006)
Région : Centre et Arctique, Québec
Le chabot de profondeur est une espèce de fond que l’on ne trouve que dans les lacs froids (< 5ºC), profonds et bien oxygénés. Dans les Grands Lacs, les adultes se trouvent ordinairement à une profondeur de 60 à 150 m.
Statut selon la LEP - Chabot de profondeur
Rapports de situation du COSEPAC - Chabot de profondeur (2006)
Fiche d'information: Le chabot de profondeur (Grands Lacs - ouest du fleuve Saint-Laurent)
telle qu’elle est désignée en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral
Dans l’unité désignable des Grands Lacs-ouest du fleuve Saint Laurent, cette espèce a été désignée comme étant préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est inscrite sur la liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral et a obtenu la protection en vertu de la LEP en décembre 2007. Une protection supplémentaire est accordée par le biais de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. En vertu de la LEP, un plan de gestion doit être élaboré pour cette espèce.
Myoxocephalus thompsonii

© J. R. Tomelleri
Le chabot de profondeur (Myoxocephalus thompsonii) habite les lacs et appartient à la famille des cottidés. Il présente les caractéristiques suivantes :
L’aire de répartition du chabot de profondeur est presque entièrement limitée au Canada, sauf pour ce qui est de la partie américaine des Grands Lacs et de certains lacs intérieurs du Michigan et du Minnesota. Au Canada, sa répartition est inégale et limitée aux lacs froids et profonds des régions antérieurement englacées ou accessibles depuis des lacs pro-glaciaires. Ceci comprend la région de Gatineau jusqu’aux Grands Lacs laurentiens, le Manitoba et la Saskatchewan et, vers le nord, jusqu’au Grand lac de l’Ours et au Grand lac des Esclaves dans les Territoires du Nord-Ouest. Une population isolée a également été identifiée dans le lac Waterton en Alberta. Les populations des Grands Lacs-ouest du fleuve Saint Laurent, qui ne se trouvent que dans 10 lacs de l’est du Canada, ont été désignées en péril (préoccupante). En Ontario, ce poisson est présent dans les lacs Nipigon, Ontario, Supérieur, Fairbank, Huron et Érié. Dans le lac Érié, on n’a observé que des larves (jeunes de l’année). Au Québec, il fréquente les lacs Roddick, des Îles, des Trente-et-un milles et Heney. Les populations des lacs Heney et des Îles sont en déclin ou peuvent être disparues.

Le chabot de profondeur est une espèce de fond que l’on ne trouve que dans les lacs froids (< 5ºC), profonds et bien oxygénés. Dans les Grands Lacs, les adultes se trouvent ordinairement à une profondeur de 60 à 150 m. On sait peu de choses de la biologie de ce poisson. On ne comprend pas entièrement son cycle de reproduction, et la période de frai est inconnue. L’âge à la maturité a été estimé à trois ans chez les femelles et à deux ans chez les mâles. Il semble que les individus des Grands Lacs, particulièrement ceux du lac Ontario, sont généralement plus grands que ceux des autres populations. Par ailleurs, le chabot de profondeur compte pour beaucoup dans l’alimentation du touladi (Salvelinus namaycush).
Le régime alimentaire du chabot de profondeur se compose en grande partie de Mysis relicta, de Diporeia spp. et de larves de chironomes. Le zooplancton fait probablement partie de son régime alimentaire au stade larvaire, qui est pélagique (en mer libre).
Le chabot de profondeur subit probablement les impacts des changements dans la composition et l’abondance des espèces de zooplancton. Par exemple, un déclin de Diporeia spp. dans les Grands Lacs d’aval peut constituer une menace pour ce poisson, puisqu’il s’agit d’une source importante de nourriture. En outre, l’enrichissement des lacs en éléments nutritifs (eutrophication) et les faibles concentrations d’oxygène qui en résultent dans les eaux de fond ont probablement contribué au déclin du chabot de profondeur dans le lac Heney et le lac des Îles.
Les formes dulcicoles et marines du chaboisseau à quatre cornes (M. quadricornus) sont deux taxons étroitement apparentés qui ressemblent au chabot de profondeur. Cependant, ils ont quatre épines qui ressemblent à des cornes sur le dessus de la tête, que n’a pas le chabot de profondeur.
Sources des textes : Rapport de situation du COSEPAC 2006.
Pour un complément d'information, consultez le site Web du Registre de la LEP à www.SARAregistry.gc.ca