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Chevalier de rivière

Nom scientifique :
Moxostoma carinatum
Statut selon COSEPAC: Préoccupante (avril 2006)
Statut selon la LEP : Préoccupante (décembre 2007)
Région: Ontario, Québec

Statut selon la LEP - Chevalier de rivière

Rapports de situation du COSEPAC - Chevalier de rivière (2007)

Fiche d'information: Le chevalier de rivière


Le chevalier de rivière... une espèce en péril

Cette espèce a été désignée comme étant préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est inscrite sur la liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral et a obtenu la protection en vertu de la LEP en décembre 2007. Une protection supplémentaire est accordée par le biais de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. En vertu de la LEP, un plan de gestion doit être élaboré pour cette espèce.

Description générale

Moxostoma carinatum

Chevalier de rivière

© J. R. Tomelleri

Le chevalier de rivière (Moxostoma carinatum) est un meunier de grande taille appartenant à la famille des catostomidés. Ses noms communs comprennent le suceur ballot, la carpe ballot, le moxostome ballot et le ballot. Il présente les caractéristiques suivantes :

  • Grande taille, corps comprimé latéralement
  • Les spécimens matures ont une longueur totale supérieure à 500 mm et peuvent même dépasser les 700 mm
  • Arc pharyngien avec grandes dents molariformes
  • Bouche subterminale
  • Lèvres profondément plissées sans stries transversales ni papilles (bosses)
  • Nageoire dorsale droite ou légèrement concave; nageoire caudale fourchue
  • Nageoires caudale et dorsale de couleur rouge; nageoires inférieures oranges à rougeâtres
  • Face ventrale blanche; face dorsale brune ou vert olive; flancs de couleur laiton, cuivre ou vert jaunâtre
  • Points foncés en forme de croissant sur chaque écaille dorso-latérale
  • Les mâles en parure nuptiale portent des tubercules sur le museau et sur les nageoires anale et caudale
  • Le nombre d’écailles du chevalier de rivière est habituellement de 12 autour du pédoncule caudal et de 42 à 47 le long de la ligne latérale

Répartition

Le chevalier de rivière est présent dans tout le centre et l’est du réseau du Mississippi et dans le versant du golfe, de la Floride à la Louisiane. Au Canada, on trouve plusieurs populations isolées de chevaliers de rivière dans le sud de l’Ontario et du Québec. Cette espèce a connu des déclins considérables dans la majeure partie de son aire de répartition depuis les 100 dernières années. Des populations fréquentent toujours les rivières Grand, Trent, Thames, Gatineau, Richelieu et Mississippi, et des données récentes semblent indiquer une plus forte présence dans la rivière des Outaouais que ce que l’on croyait précédemment. Cependant, il semble que ce poisson ait disparu des bassins hydrographiques des rivières Ausable, Châteauguay et Yamaska et qu’il a nettement décliné dans le fleuve Saint Laurent.

Aire de répartition du chevalier de rivière

Aire de répartition du chevalier de rivière

Habitat et cycle biologique

Au Canada, le chevalier de rivière habite les cours d’eau de taille moyenne à grande. À la fin du printemps, les poissons migrent des habitats calmes où le courant est faible et la végétation abondante vers des habitats peu profonds faits de rapides ou de bancs où le courant est de modéré à rapide et le substrat grossier (gravier, galets). Le frai a lieu à des températures variant entre 17 et 20ºC, et un comportement rituel est observé. Les oeufs fertilisés éclosent dans les cinq à six jours, selon la température. Les larves sont dispersées par dérive jusqu’à des habitats d’alevinage appropriés. L’âge à la maturité est plus avancé que les populations du sud, s’étendant entre cinq et dix ans. L’âge maximal est de 28 ans au Canada.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du chevalier de rivière se compose d’écrevisses, de larves d’insectes et d’autres invertébrés benthiques. Ce chevalier consomme beaucoup de mollusques, et ses grandes dents lui sont fort utiles pour briser les coquilles de ces organismes.

Menaces

En raison de la gamme limitée d’habitats de prédilection, des conditions de frai et de son intolérance des niveaux élevés de turbidité, d’envasement et de pollution, le chevalier de rivière fait face à un certain nombre de menaces. L’aménagement de barrages hydroélectriques et de barrages d’écrêtement des crues fragmente les habitats et modifie leurs états, ce qui restreint les déplacements des poissons et limite le flux génétique entre les populations. En outre, des changements du régime d’écoulement et l’envasement des habitats de frai peuvent réduire le recrutement. Les activités agricoles et municipales qui ont un impact sur la qualité de l’eau ont aussi un effet défavorable sur l’espèce.

Espèces semblables

Il ressemble à toutes les espèces de chevalier, particulièrement au chevalier rouge (M. macrolepidotum) et au chevalier jaune (M. valenciennesi). Bien que cela soit difficile, il est possible de distinguer le chevalier de rivière de la plupart des autres membres du genre par ses grosses dents pharyngiennes molariformes. Les autres caractéristiques qui peuvent aider à le distinguer incluent ses lèvres entièrement plissées et le nombre d’écailles sur son pédoncule caudal.

Sources des textes : Rapport de situation du COSEPAC 2006.

Pour un complément d'information, consultez le site Web du Registre de la LEP à www.SARAregistry.gc.ca