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Dysnomie ventrue jaune
S. Staton, Institut national de recherche sur les eaux

Nom scientifique :
Epioblasma torulosa rangiana
Statut selon la LEP: En voie de disparition (juin 2003)
Statut selon COSEPAC: En voie de disparition (mai 2000; avril 2010)
Région : Ontario

La répartition nord-américaine actuelle a été réduite de 95 % de son aire originale. Au Canada, la présence de cette sous-espèce rare, dont l’aire incluait autrefois l’ouest du lac Érié, le lac St-Clair et les rivières Detroit et Sydenham en Ontario, a été rapportée à 20 reprises. À présent, elle se limite à un tronçon de 40 km de la rivière Sydenham où elle est présente en faibles densités. Alors qu’il y a vingt ans, la rivière Sydenham était décrite comme abritant la population la plus en santé en Amérique du nord, l’abondance de cette moule a décliné de plus de 90 % au cours des 30 dernières années.

Fiche d'information: L’épioblasme ventrue

L’épioblasme ventrue… une espèce en péril

Cette espèce a été désignée comme une espèce en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle est inscrite sur la liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral et a obtenu la protection en vertu de la LEP en juin 2004. Une protection supplémentaire est accordée par le biais de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. En vertu de la LEP, un programme de rétablissement doit être élaboré pour cette espèce.

Description générale

Epioblasma torulosa rangiana

Northern riffleshell

Mâle

Femelle

Photo de l' Institut national de recherche sur les eaux

L’épioblasme ventrue (Epioblasma torulosa rangiana) est une espèce rare du genre Epioblasma qui présente les caractéristiques suivantes :

  • L’extérieur de la coquille est de couleur brun jaune à vert jaunâtre marquée de fins rayons verts et diffuse;
  • On reconnait les femelles par leurs bords postérieurs arrondis et très élargis;
  • Le sommet (partie en relief sur le dessus de la coquille) présente de fins bourrelets doubles;
  • L’intérieur de la coquille est blanc, les dents triangulaires sont petites, les dents allongées sont assez courtes et modérément épaisses;
  • Les sommets sont élevés au-dessus de la ligne de charnière et sont modérément profonds; et
  • La longueur des individus matures varie de 45 à 76 mm.

Répartition

L’épioblasme ventrue représente habituellement un constituant mineur de la communauté. Elle a subi une réduction de 95 p. 100 de son aire de répartition en Amérique du Nord au cours du dernier siècle. On la retrouvait jadis dans 6 États américains et dans la province de l’Ontario. En Ontario, on retrouvait autrefois cette espèce dans le bassin ouest du lac Érié ainsi que dans la rivière Detroit, le lac Sainte-Claire, la rivière Sydenham et la rivière Ausable. L’aire de répartition en Ontario se limite maintenant aux tronçons médians des rivières Sydenham et Ausable, la population de la rivière Sydenham représentant une de seulement trois populations reproductrices connues dans le monde.

Distribution

Habitat et cycle biologique

L’épioblasme ventrue se tient dans les eaux très oxygénées des secteurs de rapides des rivières. Ses substrats préférés comprennent les fonds rocheux et sableux ou le sable compacté et le gravier de fin à grossier.

L’épioblasme ventrue est une espèce sexuellement dimorphe dont la durée de vie est
modérément longue, c’est-à-dire 15 ans ou plus. On croit que le frai a lieu à la fin de l’été et que les glochidies (larves) sont libérées au printemps suivant.

Hôtes

Cette espèce est un parasite externe sur les nageoires de son hôte. Le poisson hôte endémique de cette espèce en Ontario est inconnu. La truite brune (Salmo trutta), introduite en 1913, est soupçonnée d’être un hôte. De récentes recherches autorisent à penser que le dard noir (Percina maculate), le fouille-roche (Percina caprodes), le dard arc-en-ciel (Etheostoma caerulem), le dard barré (Etheostoma flabellare) et le chabot tacheté (Cottus bairdi) sont également des hôtes au Canada.

Régime alimentaire

Comme toutes les mulettes, l’épioblasme ventrue se nourrit surtout de bactéries et d’algues.

Menaces

L’épioblasme ventrue est sensible à la pollution provenant des sources municipales, industrielles et agricoles. De plus, l’envasement, la perturbation des habitats et les bassins de retenue des rivières ont probablement détruit une grande partie de l’habitat
pour cette espèce au cours du dernier siècle. Plus récemment, la moule zébrée (Dreissena polymorpha) a dévasté les populations des Grands lacs. L’accès à des espèces hôtes convenables peut également menacer cette espèce.

Espèces similaires

Cette espèce ne ressemble pas beaucoup à aucune autre espèce de moule au Canada.        

Source des textes : Staton et coll. 2000

Pour un complément d’information, consultez le site web du Registre de la LEP à www.SARAregistry.gc.ca