
Joseph R. Tomelleri
Nom scientifique :
Noturus stigmosus
Taxonomie :
Poisson (eau douce)
Statut :
En voie de disparition, sur la liste de la LEP
Région : Ontario
Le chat-fou du Nord est un poisson nocturne avec de petits yeux. Par conséquent, il détecte ses proies surtout par des indices chimiques plutôt que par la vue, puis il se sert de ses moustaches ou barbillons pour confirmer ses déductions.
Voir aussi - Feuillet d'information des espèces de la région Centre & Arctique : Chat-fou du Nord (version PDF)
Parce qu’il avait fait son apparition en Ontario en 1963, on a d’abord cru que le chat-fou du Nord venait des États-Unis. Les scientifiques croient maintenant que sa présence remonte à beaucoup plus longtemps. Une espèce globalement rare, il est possible que des populations de chat-fou du Nord soient établies dans les lacs St-Clair et Détroit ainsi que la rivière Thames. Cependant, il n’existe pratiquement pas de données historiques ou contemporaines disponibles pour le prouver et nous ne savons pas si ces populations sont viables ou en déclin. La mauvaise qualité de l’eau et l’introduction d’espèces étrangères pourraient avoir une incidence sur ces populations.
Contrairement à la plupart des autres espèces de poisson, le chat-fou du Nord mâle est un bon père et surveille les oeufs de même que les alevins nouvellement éclos pendant un certain temps après leur naissance. La période de frai survient au printemps et à la fin juillet dans les secteurs où le courant est moyen. La femelle dépose ses œufs collants en masse dans des nids faits de roches plates entourées d’épaisseurs de plantes aquatiques. Le frai survient surtout pendant la nuit. Le chat-fou du Nord se nourrit de larves d’insectes, de crustacés et de petits poissons.
Membre de la famille des barbotes, le chat-fou du Nord est petit et corpulent avec quatre paires caractéristiques de barbillons – ou moustaches – à sa bouche et des épines acérées pourvues de sacs de venin pouvant infliger des blessures douloureuses. Le poisson est d’un brun marbré avec trois taches irrégulières en forme de selle, situées devant et derrière la nageoire dorsale, ainsi qu’au niveau de la nageoire adipeuse. Les épines courbées des nageoires pectorales sont solidement dentées tant à l’avant qu’à l’arrière et la nageoire du milieu est marquée par un trait noir. Le chat-fou du Nord atteint une taille maximale de 10 centimètres de longueur.

Joseph R. Tomelleri
Bien qu’on le trouve normalement dans de grands ruisseaux et de grandes rivières, le chat-fou du Nord vit également dans les eaux profondes de la rivière Détroit et du lac St-Clair. Au Canada, ce poisson a également fait son apparition dans les rivières Thames et Sydenham. Le chat-fou du Nord préfère les eaux claires à turbides de larges ruisseaux ou de grandes rivières au courant modéré à rapide. On le trouve sur fonds de sable, de gravier ou de roches, occasionnellement où il y a du limon, des déchets ou des accumulations de débris.
Le chat-fou du Nord semble avoir une faible tolérance à la pauvre qualité de l’eau et il est certainement sensible à la pollution, particulièrement dans les eaux plus polluées des rivières Détroit et St-Clair. La population de la rivière Thames pourrait être en péril en raison des changements de la qualité de l’eau et de l’habitat essentiel que provoque l’activité agricole et l’expansion urbaine. L’introduction d’espèces de poissons exotiques l’affecte probablement aussi de façon négative.
Le chat-fou du Nord est désigné espèce en voie de disparition et est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Ce poisson est également protégé en vertu de la Loi sur les pêches.
Un programme de rétablissement pour le chat-fou du Nord et plusieurs autres espèces en péril est en vigueur dans le cadre de plans de rétablissement des rivières Sydenham et Thames. Ces plans visent à maintenir et à améliorer les espèces aquatiques indigènes de la rivière.
Le chat-fou du Nord obtiendra la protection dont l’espèce a besoin seulement si tous les Canadiens et Canadiennes travaillent ensemble à l’élimination des menaces. Renseignez-vous sur le chat-fou du Nord et soyez conscient des dangers créés par l’activité humaine, que ce soit la pollution ou l’introduction d’espèces non indigènes dans les eaux canadiennes. Faites votre possible pour atténuer ces menaces et mieux protéger l’habitat essentiel du chat-fou du Nord. Participez en joignant le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril ou un autre organisme de conservation.
Renseignements généraux fournis par Environnement Canada en mars 2004.