
Bart DeFreitas
Nom scientifique :
Haliotis kamtschatkana
Taxonomie :
Mollusque
Statut LEP :
En voie de disparition
Statut COSEPAC :
En voie de disparition (2009)
Région : Océan Pacifique
De beaux coquillages
L’haliotide pie a déjà été une importante source alimentaire pour les Premières nations, comme les Haïda, qui appréciaient également la beauté irisée de la paroi intérieure de ce coquillage. On a découvert des haliotides pie dans plusieurs sites des Premières nations dans les régions intérieures, ce qui dénote leur importance dans les cérémonies et leur utilité commerciale.
Pendant des années, l’haliotide pie a été fort prisée des fins gourmets. Elle a été récoltée en grand nombre de 1975 à 1990, provoquant une chute rapide et importante des populations.
L’haliotide pie vit le long de la côte du Pacifique, de Baja, en Californie, à l’Alaska. Le nom scientifique de l’espèce —Haliotis— signifie « mer » et évoque sa coquille aplatie et ovale. Cette coquille colorée a inspiré l’autre nom du coquillage, pinto abalone, utilisé couramment aux états-Unis. Pour respirer, l’haliotide fait passer l’eau à travers des trous sur sa surface et filtre l’oxygène avec ses branchies.
L’haliotide pie se sert de ce qui s’apparente à une « langue » rude pour racler des morceaux d’algues de la surface des rochers. L’haliotide pie adulte se nourrit également de particules d’algues en suspension dans l’eau et des frondes de varech flottantes provenant des eaux environnantes.
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La coquille de l’haliotide pie est mouchetée de rougeâtre ou de verdâtre et elle a des parties blanches ou bleues. Aplatie et ovale, cette coquille sert souvent de camouflage dans les algues. L’intérieur de la coquille est d’un blanc nacré avec de légères irisations de rose et de vert.

On peut trouver l’haliotide pie accrochée à des rochers le long des côtes exposées ou à demi exposées. Les adultes préfèrent une bonne circulation de l’eau et se trouvent généralement à des profondeurs de 10 mètres. Ils ne peuvent se déplacer que de quelques centaines de mètres au cours de leur vie, qui dans plusieurs cas peut durer jusqu’à 50 ans.
Les larves d’haliotide pie nagent librement et utilisent de petits cils ressemblant à des cheveux pour se propulser dans l’eau. Après avoir suivi le courant pendant une semaine ou 10 jours, la larve se fixe au fond de l’eau, se dépouille de ses cils. La coquille commence à se former et l’haliotide entreprend sa vie sédentaire d’adulte.
Même si l’haliotide pie femelle peut pondre des millions d’œufs à la fois, le taux de mortalité des larves et des jeunes adultes est extrêmement élevé : moins de un pour cent surmontent les nombreux dangers auxquels ils seront confrontés avant d’atteindre la maturité sexuelle. L’haliotide pie est vulnérable à la surexploitation parce qu’elle croît lentement et qu’elle vit relativement longtemps, prenant beaucoup de temps pour arriver à maturité.
En dépit d’une interdiction de pêche en 1990, les populations d’haliotide pie ne manifestent aucun signe de rétablissement. Les prises illégales (motivées par la forte demande et les prix élevés en raison de la rareté de l’espèce) continuent d’être un problème majeur. L’efficacité de l’application de cette interdiction pourrait déterminer en fin de compte si l’haliotide pie peut croître. Les changements environnementaux pourraient figurer parmi les autres facteurs contribuant à l’incapacité de l’haliotide de se rétablir.
La loutre de mer est un des principaux prédateurs naturels de l’haliotide pie. Elle-même espèce en péril, la loutre de mer a été réintroduite sur la côte de la Colombie-Britannique entre 1979 et 1972, ce qui pourrait avoir des conséquences sur l’haliotide pie. Si la loutre de mer retrouve toute son aire de répartition historique, elle recouvrera pratiquement tout l’habitat actuel de l’haliotide pie. Celui-ci peut coexister avec la loutre de mer, bien sûr, mais à une densité relativement faible, en vivant caché dans des fissures.
L’haliotide pie est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. L’haliotide est aussi interdite en vertu de la Loi sur les pêches.
Le développement d’un programme de rétablissement de l’haliotide pie est terminé et un plan d’action est en cours d’élaboration.
L’haliotide pie obtiendra la protection qui lui est nécessaire seulement si tous les Canadiens travaillent ensemble à l’élimination des menaces. Sachez que la récolte de l’haliotide pie est illégale au Canada; si vous vivez dans un secteur du pays où vit cette espèce, inscrivez-vous au Programme de surveillance des côtes. Renseignez-vous sur l’haliotide pie et prenez les moyens nécessaires pour protéger l’espèce des dangers qui menacent son habitat essentiel. Participez au Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril ou à un autre organisme de conservation.
Renseignements généraux fournis par Environnement Canada en mars 2004.